FNCV Infos et Actualités des Combattants Volontaires

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 13 novembre 2019

OPEX - Barkhane : La France en soutient des forces sahéliennes face aux jihadistes

Comme on pouvait s’en douter, la force Barkhane a été sollicitée pour appuyer les Forces armées maliennes [FAMa] lors des combats ayant suivi les attaques jihadistes des postes de Boulikessi et de Mondoro, deux localités de la région de Mopti, situées près de la frontière avec le Burkina Faso.

Dans un communiqué publié le 2 octobre 2019, la ministre des Armées, Florence Parly, avait en effet indiqué que les unités maliennes envoyées en renfort pour « pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes » ont bénéficié d’un appui d’avions de chasse [Mirage 2000] et d’hélicoptères d’attaque Tigre.

« La détermination de ces unités [maliennes] a permis de rétablir une situation délicate et compromise, et d’infliger des pertes aux terroristes », a souligné Mme Parly.

Selon Bamako, les jihadistes auraient perdu une quinzaine de combattants durant ces combats. Mais ils ont dans le même temps infligé de lourdes pertes aux FAMa, avec au moins 25 tués et près d’une cinquantaine de disparus [11 soldats maliens ont été « récupérés » lors des opérations de ratissage menées après la reprise des postes attaqués, ndlr].

En attaquant les postes de Mondoro et de Boulikessi [qui avait déjà été ciblé en 2017…], les jihadistes ont porté un coup dur à la Force conjointe du G5 Sahel étant donné qu’une des deux unités maliennes visées était placée sous le commandement de cette dernière. Qui plus est, ils ont mis la main sur des équipements ainsi que sur d’importantes quantités d’armes et de munitions. En outre, leur opération, comme cela fut déjà le cas lors de l’attaque du camp de Dioura [le 17 mars dernier], met le gouvernement malien en difficulté face à l’opinion publique.

Et il n’est pas le seul. Au Niger, les embuscades de Baley Beri [en mai, avec 27 soldats tués] et l’attaque « complexe » du camp d’In-Ates [juillet, avec 18 tués] ont illustré les faiblesses des forces armées locales. Même chose au Burkina Faso, avec l’attaque de Koutougou [24 soldats tués le 20 août] et celles menées en septembre contre des camions [au moins 29 tués parmi les civils]. Et ces « incidents » sécuritaires donnent lieu de plus en plus souvent à des tensions entre les communautés. Tensions qui profitent aux jihadistes.

« Les forces maliennes, comme l’ensemble des forces des pays du Sahel sont engagées dans un effort exigeant et de longue durée contre l’insécurité et le terrorisme. Elles consentent des sacrifices importants et se battent sur de nombreux fronts. Elles peuvent compter sur notre soutien et sur notre détermination dans ce combat commun », a encore assuré Florence Parly.

Selon le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, l’objectif de la force Barkhane au Mali est d’affaiblir les groupes jihadistes afin de les mettre à la portée des FAMa, qui « doivent pouvoir les affronter seules ou en tout cas en étant moins accompagnées » par les troupes françaises. Et, dans le même, il s’agit de les faire « monter en puissance », notamment « dans le cadre Union Training Mission [EUTM] » et par un « accompagnement » de la MINUSMA [mission des Nations unies au Mali, ndlr].

Mais, visiblement, cela n’est pas encore suffisant. Au-delà de la formation, les questions capacitaires se posent… En outre, tant que les accords de paix d’Alger, signé par les autorités maliennes et les groupes indépendantistes touareg de l’Azawad [nord du Mali, ndlr], ne seront pas pleinement appliqués, il sera toujours compliqué de combattre les formations jihadistes, dont celles inféodées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM] et l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

D’ailleurs, et ce n’est pas nouveau, certains de ces groupes armés touareg ne jouent pas franc jeu. Tel est notamment le cas, même s’il s’en défend, du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], qui, implanté dans la région de Kidal, compte dans ses rangs de nombreux transfuges d’Ansar Dine, une formation jihadiste dont le chef, Iyad Ag Ghali, dirige le GSIM.

D’après RFI, cité par Le Point, des cadres importants du HCUA ont été impliqués dans plusieurs attaques jihadistes au Niger. Un combattant du HCUA a « participé en mai dernier à l’attaque de Tongo Tongo [ou de Baley Beri], où 27 soldats nigériens ont été tués. Les armes prises ont été acheminées par les terroristes dans la vallée d’Inadar et réceptionnées par le chef d’état-major du HCUA. En juillet dernier, d’autres armes récupérées pendant l’attaque d’Inates sont transportées toujours au Mali, près de Menaka », explique l’hebdomadaire.

Quoi qu’il en soit, l’objectif de Paris est d’impliquer davantage ses partenaires européens au Sahel. « Nous aurions tort de croire que le terrorisme est une menace pour la France seule : nos partenaires ont tous été touchés, et c’est ensemble que nous devons réagir. Et pour ceux qui n’ont pas été frappés directement, il y a le devoir de solidarité », fit ainsi valoir la ministre des Armées, lors d’un déplacement au 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales [RHFS], en juin dernier.

« Il faut accompagner les forces armées sahéliennes après les avoir formées, y compris lorsqu’elles vont au combat, et pas seulement dans les états-majors. Ce n’est pas un sport de masse, j’en conviens », avait-elle continué. Et de demander : « Si les Européens, qui sont directement concernés, ne le font pas, qui, alors, le fera? »

Lors d’une audition parlementaire, le général Lecointre avait confirmé cette intention. « Nous réfléchissons à un partenariat militaire opérationnel auquel nous devons encourager nos partenaires. Je souhaite que les Européens soient de plus en plus sensibilisés à cette possibilité. À cet égard, nous travaillons à mettre sur pied une force qui serait coordonnée à l’opération Barkhane et qui serait capable de faire ce travail d’accompagnement des Maliens au combat une fois que nous porterons notre effort dans une autre zone », avait-il indiqué.

En clair, il s’agit de solliciter les autres pays européens afin de mettre en place un système inspiré de celui des OMLT [Operational Mentor Liaison Team], qui, en Afghanistan, reposait sur la présence d’instructeurs auprès des unités locales. Trouver des contributeurs ne sera pas forcément aisé… D’autant moins qu’il faudra composer avec les règles d’engagement propres à chaque pays.

« Un des principaux effets que nous recherchons est de pouvoir compter sur des énergies nouvelles pour accompagner les forces locales. Mais il ne faut pas que cela pèse sur Barkhane qui est déjà très employée », a résumé un officier français auprès de l’AFP.

En attendant, il y a urgence… « Je crains que nous n’ayons collectivement échoué à enrayer les causes profondes de la crise – la pauvreté, les failles de gouvernance, l’impunité – qui nourrissent la montée de l’extrémisme violent. Les groupes terroristes instrumentalisent les conflits locaux et se positionnent en défenseurs des communautés », relevait récemment Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.

D’après les chiffre qu’il a donnés, le nombre de civils tués entre 2012 et 2018 dans les seuls pays du G5 Sahel [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad] a été multiplié par quatre. Et « plus de 5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, plus de 4 millions ont été déplacées, 3 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et près de 2 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. »

Aussi, avait prévenu M. Guterres, « soyons clairs, nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence. Nous devons redoubler d’efforts. » D’autant plus que la menace jihadiste est désormais susceptible de s’étendre jusqu’aux pays du golfe de Guinée.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : © EMA

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 5 novembre 2019

WANTED : 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara

Les États-Unis offrent 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara !

Le 4 octobre 2017, quatre commandos américains du 3rd Special Forces Group, partis en patrouille avec un détachement de l’armée nigérienne, furent tués lors d’une embuscade tendue par des jihadistes appartenant à l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] dans le secteur de Tongo Tongo, près de la frontière malienne.

Deux ans plus tard, dans le cadre de leur programme « Rewards for Justice », les États-Unis ont annoncé qu’ils offriraient jusqu’à 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant de localiser Adnan Abou Walid Sahraoui, le chef de l’EIGS. Ce dernier avait déjà été inscrit sur la « liste noire » américaine l’an passé.

En outre, une autre récompense, d’un montant identique, sera également proposée pour tout renseignement permettant « l’arrestation ou la condamnation dans n’importe quel pays de toute personne qui a commis, ourdi ou favorisé l’embuscade. »

« À ce stade, je ne pense pas que nous ayons arrêté qui que ce soit en lien avec le guet-apens », mais avec les récompenses, « nous espérons obtenir des indices ou informations qui permettent au gouvernement américain ou nigérien d’enquêter et de trouver les auteurs de cette attaque », a expliqué un responsable de la diplomatie américaine, cité par l’AFP.

Cela étant, en août 2018, l’un des responsables de l’embuscade de Tongo Tongo, un certain Mohamed Ag Almouner, a été tué par une frappe aérienne menée par la force Barkhane dans la région de Menaka [Mali].

Quant à Adnan Abou Walid Sahraoui, il est parvenu à passer entre les mailles du filet lors d’une opération française conduite à Intameda [Mali], en février 2018. Le général Bruno Guibert, qui commandait la force Barkhane à l’époque, confiera plus tard que le chef de l’EIGS s’était probablement réfugié en Mauritanie.

Pour rappel, Sahraoui a fait allégeance à l’EI en 2015, après avoir rompu avec le groupe al-Mourabitoune, qu’il avait rejoint alors qu’il était le porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest [MUJAO].

À noter que le programme « Rewards for Justice » offre des récompenses pour des renseignements concernant deux autres jihadistes actifs au Sahel, à savoir Hamad el-Khairy [pour son appartenance au MUJAO], et Malik Abou Abdelkrim [membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique]. Le chef d’al-Mourabitoune, Mokhtar Belmokhtar, ne figure plus sur cette liste, alors que sa tête avait été mise à prix pour 5 millions de dollars. Et pour cause : il aurait été tué par une frappe aérienne française menée au sud de la Libye en novembre 2016. Mais sa mort n’a cependant jamais été officiellement confirmée.

Par ailleurs, le 19 septembre, le général Stephen Townsend, le chef de l’US AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique, a annoncé que les États-Unis allaient « renforcer » et « équiper » les forces armées nigériennes dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes et les activités criminelles. Et cela, alors que Niamey a autorisé les forces américaines à utiliser son territoire pour mettre en oeuvre des drones armés, notamment à partir d’Agadez.

« La mise en service effective de la base 201 d’Agadez apportera au Niger davantage de capacité de mission, d’agilité, de polyvalence et une gamme d’options de sécurité », a ainsi fait valoir le général Townsend. « Cela profitera également à la sécurité régionale dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Source : Zone Militaire

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

dimanche 3 novembre 2019

Mali : Un militaire français tué par une IED, l’Etat islamique revendique l’attaque

Le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, a été tué par un engin explosif dans la région de Ménaka.

C’est le vingt-cinquième militaire français tué au Mali depuis le lancement en 2013 de l’opération française « Serval ».

Un militaire français a été tué lors d’une opération, samedi 2 novembre au matin au Mali, après « le déclenchement d’un engin explosif improvisé (IED - Improvised Explosive Device) au passage de son véhicule blindé », a indiqué l’Elysée dans un communiqué. La victime, le brigadier  24 ans, faisait partie du premier régiment de Spahis de Valence, dans la Drôme.

Dans la soirée, l’attaque a été revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI). « Les soldats du califat ont pris pour cible un convoi de véhicules des forces françaises (…) près d’Indelimane, dans la région de Ménaka, en déclenchant un engin explosif », a écrit l’EI dans un communiqué signé « Province Afrique de l’Ouest », publié sur ses chaînes de messagerie Telegram.

L’explosion de l’engin artisanal qui a tué le soldat français est survenue pendant une mission de sécurisation prévue de longue date menée près de la frontière du Niger, dans le nord-est du Mali. C’est déjà dans cette même région que 49 soldats maliens avaient été tués vendredi. Cette attaque, l’une des plus meurtrières de ces dernières années pour les forces maliennes, avait également été revendiquée par l’EI. Il n’y a toutefois « aucun lien » entre les deux attaques, a affirmé le porte-parole de l’état-major français, le colonel Frédéric Barbry.
Vingt-cinquième soldat français tué au Mali

Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a salué « le sacrifice » du militaire et exprimé « ses pensées vers ses camarades engagés dans les opérations au Sahel », « ainsi que vers leurs frères d’armes des armées sahéliennes, qui paient un lourd tribut dans la lutte contre le terrorisme ».

La ministre des armées, Florence Parly, a, elle, annoncé qu’elle se rendrait « très prochainement au Mali, afin de s’entretenir avec les autorités maliennes ».

« Dans un contexte sécuritaire dégradé, la mort du brigadier Ronan Pointeau nous montre que le combat contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel n’est pas terminé et notre détermination à le poursuivre est entière ».

M. Pointeau, qui s’était engagé dans l’armée en 2016, est le vingt-huitième militaire français tué dans la région depuis le lancement en 2013 de l’opération française « Serval » dans ce pays, suivie de l’opération antiterroriste « Barkhane » élargie à cinq pays du Sahel en 2014.

Violences persistantes

Depuis 2012, le nord du Mali est tombé sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement, en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours.

Malgré la mission des Nations unies au Mali (Minusma), une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5 Sahel, les violences djihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l’Organisation des Nations unies (ONU). Des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards.
Lire aussi Au Mali, l’opération « Barkhane » ensablée en terre oubliée

Depuis 2015, les violences se sont propagées du nord au centre du pays, beaucoup plus densément peuplé, où elles se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires. Une tuerie imputée à des chasseurs dogons se présentant comme un « groupe d’autodéfense » anti-djihadiste a ainsi fait quelque 160 morts le 23 mars dans le village peul d’Ogossagou, près de la frontière burkinabée.

Les deux communiqués de l’EI ont été publiés une semaine après la mort, dimanche, du chef de l’organisation terroriste, Abou Bakr Al-Baghdadi, tué lors d’un raid américain en Syrie.

Source : Le Monde.fr

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

lundi 28 octobre 2019

Syrie : Le chef de l'état islamique DAECH abattu lors d'une opération des forces spéciales américaines

M. Trump, le chef de Daesh est « mort comme un chien » !

Pour Paris et Londres, le combat n’est pas terminé.

Ce 27 octobre 2019, lors d’une allocution suivie par une conférence de presse, le président Trump a confirmé la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’État islamique [EI ou Daesn], lors d’une opération héliportée des forces spéciales américaines, menée quelques heures plus tôt à Barisha, un village situé dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Ainsi, selon les éléments donnés par le chef de la Maison Blanche, huit hélicoptères ont été utilisés pour ce raid, qu’il a qualifié d' »audacieux » et de « dangereux ».

« Nous devions survoler des zones contrôlées par la Russie. L’Irak a été excellent. Les combattants de l’EI sont détestés autant par les Russes qu’ils le sont par nous, ce qui explique, je crois, qu’ils peuvent faire le reste », a précisé M. Trump, qui a remercié la Syrie, la Turquie et un les Kurdes syriens.

Cependant, plus tôt, un responsable militaire américain avait confié à Newsweek que la Turquie n’avait pas été prévenue de cette opération contre le chef de Daesh.

« Nous savions que le bâtiment avait des tunnels. Nous avons atterri avec huit hélicoptères et avons fait exploser des murs sur le côté du bâtiment pour éviter les pièges. J’ai pu le voir depuis la Situation Room. C’était comme de regarder un film, très clair », a ensuite raconté le président américain.

Alors qu’il était pourchassé par les commandos américains et leurs chiens dans le bâtiment où il se trouvait, al-Baghdadi a « traîné trois de ses jeunes enfants avec lui » dans un tunnel sans issue, « gémissant et pleurant et criant tout du long », a poursuivi M. Trump.

« Il n’est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche [|…]Lors de l’opération de nos soldats, il a atteint le bout d’un tunnel, traqué par nos chiens. Il a déclenché son gilet d’explosifs, causant sa mort et celle de ses trois enfants. Son corps a été mutilé par les explosions et le tunnel s’est effondré sur lui », a précisé le président américain. « Le voyou qui a essayé d’intimider les autres a passé ses derniers instants dans une peur terrible, en panique et inquiétude totales, terrifié par les forces américaines qui s’abattaient sur lui », a-t-il insisté.

Par ailleurs, cette opération a permis de mettre la main sur de nombreux documents « précieux » de Daesh. Et, selon M. Trump, un « grand nombre » de jihadistes ont été tués et les forces spéciales américaines n’ont subi aucune perte.

Le chef de Daesh « est mort comme un chien, comme un lâche », a martelé M. Trump lors de son intervention. « Le monde est maintenant un lieu plus sûr », a-t-il estimé.

Cela étant, la mort d’al-Baghdadi ne signifie pas pour autant la fin de l’organisation jihadiste. C’est un « moment important dans notre combat contre la terreur mais la bataille contre le fléau de Daesh n’est pas encore terminée », a souligné Boris Johnson, le Premier ministre britannique.

« Nous travaillerons avec nos partenaires de la coalition pour mettre un terme aux activités meurtrières, barbares de Daech une bonne fois pour toute », a encore affirmé le locataire du 10 Downing Street.

« Al-Baghdadi ne manquera pas au monde », a réagi Ben Wallace, le ministre britannique de la Défense. « L’EI est l’organisation terroriste la plus meurtrière de notre génération. Leurs chefs ont tordu l’islam pour rallier des milliers de gens à leur cause maléfique », a-t-il fait valoir, en saluant le succès de l’opération américaine.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a souligné que la fin d’al-Baghdadi ne signifie pas la fin de son organisation. « Nous poursuivrons le combat sans relâche contre Daech, avec nos partenaires, en nous adaptant aux nouvelles circonstances régionales », a-t-elle assuré. Et d’ajouter : « Je félicite nos alliés américains pour cette opération. J’ai aussi aujourd’hui une pensée particulière pour toutes les victimes de la folie de Baghdadi et des criminels qui l’ont suivi. »

« La mort d’al-Baghdadi est un coup dur porté contre Daesh, mais ce n’est qu’une étape », a commenté, plus tard, le président Macron. « Le combat continue avec nos partenaires de la coalition internationale pour que l’organisation terroriste soit définitivement défaite. C’est notre priorité au Levant », a-t-il ajouté.

Quant aux Forces démocratiques syriennes [FDS], auxquelles les milices kurdes syriennes fournissent le gros des troupes, elles s’attendent à des représailles.

« Les cellules dormantes vont venger Baghdadi. Donc on s’attend à tout, y compris des attaques contre les prisons » où sont détenus les combattants jihadistes, a dit le général Mazloum Abdi, le général [kurde] des FDS. Peu après l’intervention de Donald Trump, ce dernier a évoqué une « coopération de renseignement sur le terrain » et une « véritable surveillance » ayant duré cinq mois, soit jusqu’à la réussite de l’opération « commune » ayant abouti à la mort d’al-Baghdadi.

Cependant, et alors que le président Trump a remercié la Russie, lors de sa conférence de presse, le ministère russe de la Défense a exprimé des doutes sur la mort d’al-Baghdadi.

« Le ministère de la Défense russe ne dispose pas d’informations fiables sur les actions de l’armée américaine dans la zone de désescalade d’Idleb […] concernant une énième mort » d’al-Baghdadi, a en effet déclaré le général , Igor Konachenkov, son porte-parole, via un communiqué. Selon lui, il y aurait des « détails contradictoires » qui « soulèvent des questions légitimes et des doutes sur la réalité et, surtout, sur le succès de cette opération américaine ».

Source: ZONE MILITAIRE

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mercredi 23 octobre 2019

Offensive turque en Syrie : Macron craint « une situation humanitaire insoutenable »

Le chef de l'État français va réunir un conseil de défense restreint ce dimanche à 22 heures pour faire le point sur la situation en Syrie. 13/10/2019 -  

« Notre volonté commune est que cette offensive cesse », a déclaré le président français, qui recevait la chancelière allemande ce dimanche à l'Elysée.

La rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel s'est déroulée ce dimanche sous le signe de la gravité, alors que la Turquie mène depuis mercredi une offensive sanglante contre les Kurdes. Cette opération en Syrie risque de créer une « situation humanitaire insoutenable » et d'aider l'État islamique « à réémerger dans la région », a déclaré le chef de l'État français à l'Élysée alors qu'il recevait la chancelière allemande.

« Nous avons échangé, qui avec le président (américain) Trump, qui avec le président (turc) Erdogan, et nous avons passé le message clair de notre volonté commune que cette offensive cesse », a ajouté le président français, avant un dîner des deux dirigeants européens à l'Élysée. « Notre conviction est que cette offensive prend le risque d'une part, et nous le constatons d'ores et déjà sur le terrain, de créer des situations humanitaires insoutenables et, d'autre part d'aider Daech à réémerger dans la région », a ajouté Emmanuel Macron, qui a convoqué dimanche à 22 heures un conseil restreint de défense sur la Syrie.

Ce Conseil de défense réunira notamment le Premier ministre Édouard Philippe, les ministres de la Justice, des Affaires Étrangères, des Armées et de l'Intérieur, ainsi que le chef d'état-major des armées, l'Amiral Rogel. « J'ai parlé une heure avec le président Erdogan, nous devons tenir compte des intérêts et de la sécurité de la Turquie. Mais nous pensons aussi qu'il faut mettre un terme à cette invasion turque, car il y a des raisons humanitaires et on ne peut pas accepter cette situation contre les Kurdes », a ajouté Angela Merkel.

Emmanuel Macron appelle les Européens à « s'unir »

« Face à cette situation, nous resterons très coordonnés, comme nous l'avons été pour signifier aux Turcs la fin de toutes nos ventes d'armes, mais également sur les initiatives à prendre dans les prochaines heures et les prochains jours », a conclu le président français. Il a aussi appelé les Européens à s'unir dans « ce moment, européen et international difficile et parfois inquiétant ». « Nous ne pouvons nous permettre ni de vision ni aveuglement ni faiblesse », a-t-il ajouté, « l'Europe ne peut s'offrir le luxe de vaines querelles, de petites disputes ou d'ajouter des crises internes aux tensions du monde qui nous affectent déjà ».

Au 5e jour de leur attaque, les forces turques et leurs alliés locaux ont avancé en profondeur en Syrie dimanche, semblant en passe d'achever la première phase de leur offensive contre les forces kurdes, lâchées par Washington qui a annoncé le retrait de près de 1 000 soldats du nord syrien. Les autorités kurdes ont annoncé la fuite de près de 800 proches de jihadistes de l'État islamique d'un camp de déplacés.

Source : AFP et Le Point International

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mercredi 16 octobre 2019

Syrie - Offensive turque : Retrait des forces spéciales américaines... Macron réunit un conseil de défense...

Malgré la résistance que leur opposent les milices kurdes syriennes [YPG], et selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], les forces turques et leurs supplétifs syriens ont conquis la ville frontalière de Tal Abyad, au cinquième jour de l’opération « Source de paix », lancée justement après le retrait des forces spéciales américaines de cette localité, sur ordre du président Trump.

Ce dernier, estimant que le combat contre l’État islamique [EI ou Daesh] était terminé alors que des opérations des Forces démocratiques syriennes [FDS, alliance arabo-kurde] étaient encore en cours dans le secteur de Baghouz, avait annoncé le retrait de Syrie des forces américaines. Ce qui, à l’époque, avait donné lieu à une vive polémique et provoqué le départ de James Mattis, alors chef du Pentagone.

Pour autant, la portée de la décision de M. Trump avait été par la suite atténuée, dans la mesure où il était question, selon ses propres mots, d’un retrait devant se faire à un « rythme adapté » et de « façon prudente. »

Mais, désormais, il n’est plus question de prudence, alors même que, comme l’a souligné un récent rapport des Nations unies, l’EI « renforce les conditions propices à son éventuelle résurgence ». En outre, le Pentagone a estimé de son côté qu’un désengagement de la coalition de Syrie serait prématuré étant donné que les FDS n’ont pas encore les capacités suffisantes pour mener des opérations de contre-guérilla.

En effet, le chef du Pentagone, Mark Esper, a annoncé le retrait de jusqu’à 1.000 soldats américains actuellement présents dans le nord de la Syrie, « sur ordre » de Donald Trump.

« Nos forces peuvent se retrouver prises en étau entre deux armées opposées qui avancent et c’est une situation intenable », a justifié M. Espert, sur la chaîne de télévision CBS, ce 13 octobre.

« Dans les dernières 24 heures, nous avons appris que [les Turcs] ont probablement l’intention d’étendre leur offensive plus au sud que ce qui était prévu à l’origine et à l’ouest », a encore affirmé M. Esper. « Nous avons également appris dans les dernières 24 heures que […] les FDS cherchent à conclure un accord, si vous voulez, avec les Syriens et les Russes pour riposter contre les Turcs dans le Nord », a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient quelques heures après que le Pentagone a confirmé que des tirs d’artillerie turcs avaient eu lieu à proximité d’une base américaine située à Kobané, ville kurde qui, normalement, n’est pas concernée par l’opération « Source de paix ».

Ce retrait pose la question du maintien, sur place, des forces spéciales françaises [dont l’agence officielle turque Anadolu avait publié les emplacements qu’elles occupaient en mars 2018] et britanniques, qui appuient les Forces démocratiques syriennes face à l’État islamique.

D’après le quotidien The Times, il aurait été préalablement décidé que les commandos britanniques quitteraient le nord de la Syrie en cas de retrait américain. En revanche, on ignore ce que décidera Paris pour ses forces spéciales…

« L’offensive turque en Syrie est au cœur de nos préoccupations. […] Nous avons échangé avec les présidents Trump et Erdogan. Notre objectif est que cette offensive cesse. Cette offensive crée des situations humanitaires insoutenables et permet à Daesh de se renforcer », a fait valoir, en attendant, le président Macron, qui doit réunir, dans la soirée, un conseil restreint de défense.

Par ailleurs, et selon l’agence Sana, Damas se prépare à envoyer des troupes dans le nord de la Syrie afin de « contrer l’agression de la Turquie. » Mais elle n’a pas donné de détails sur le volume des forces qui seront mobilisées. « Toutes les options sont étudiées face à l’offensive turque, le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour affronter l’agression », a commenté un responsable kurde, sous le couvert de l’anonymat.

Source : Zone Militaire

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

dimanche 13 octobre 2019

Armement : Le DOGO, un drone terrestre armé israélien, évalué par le 1er RPIMA...

Le 1er RPIMa pourrait prochainement déployer un nouvel « auxiliaire robotique » lors des délicates missions de libération d’otages ou de lutte contre le terrorisme, apprenait-on jeudi lors d’une visite ministérielle au 4e RHFS de Pau. Depuis l’an dernier, le régiment de Bayonne évalue en effet le robot terrestre DOGO conçu par l’Israélien General Robotics et dont l’originalité repose sur l’emport d’une solution létale.

Régiment « action » du Commandement des forces spéciales Terre (CFST), le 1er RPIMa maîtrise de nombreux domaines opérationnels, à commencer par la lutte contre le terrorisme et à la libération d’otages. Ces missions sont l’apanage des équipes CTLO (Contre-Terrorisme Libération d’Otages) dont l’action est soutenue par un éventail de systèmes robotiques dédiés à la reconnaissance, tel le minidrone aérien DJI Mavic Pro. Déterminantes mais « passives », ces solutions n’excluaient pour autant pas le scénario d’une intervention frontale potentiellement périlleuse pour les membres du 1er RPIMa. Dévoilé en 2016 par General Robotics, le drone DOGO représentait dès lors un compromis idéal entre reconnaissance et neutralisation, autorisant les opérateurs à rester à couvert durant pratiquement toutes les phases de l’intervention. Il a donc rapidement trouvé acquéreur, notamment en Asie et en France, où un unique exemplaire a été livré au 1er RPIMa à des fins d’évaluation.


Léger et rapide, le DOGO a, en l’apparence, tout d’un robot terrestre « classique ». Et pourtant, celui-ci cache des caractéristiques plutôt uniques dans ce segment. Il comprend premièrement une vision périphérique à 360°, assurée par les huit caméras installées sur l’avant de la plateforme et sur les deux bras rotatifs installés à l’arrière. Il est également doté d’un micro et d’un haut-parleur, permettant aux opérateurs d’écouter discrètement les conversations, voire d’entamer des négociations avec l’adversaire. Les données recueillies sont transmises via une connexion haut débit cryptée à la station de contrôle durcie Panasonic Toughpad FZ G1. Les deux bras mobiles lui permettent ensuite d’évoluer sur des terrains irréguliers et de monter sans grande difficulté une rangée d’escaliers. La portée théorique s’étend à 300 mètres, mais se réduit à « une cinquantaine de mètres » lors des scénarios étudiés par le 1e RPIMa, en raison de l’environnement confiné dans lequel évolue le drone.
 
Le drone DOGO acquis par le 1er RPIMa et sa station de contrôle

Au-delà de sa fonctionnalité de reconnaissance, partagée avec la quasi-totalité des drones du même type, le DOGO est une solution duale offrant plusieurs options « offensives » létale ou incapacitante. La version livrée au 1er RPIMa intègre ainsi une cartouche de gaz incapacitant CS fixée sur le rail Picatinny installé sur le capot, ainsi qu’un Glock 26 placé dans un compartiment escamotable et doté d’un système de visée laser intuitif. Grâce aux joysticks de la station de contrôle, l’opérateur peut désormais sélectionner la cible et déclencher le tir à distance. L’intérêt est des plus évidents: maintenir une capacité de réaction quasi immédiate sans passer par une phase d’assaut prompte à exposer l’équipe CTLO. Le DOGO se veut être « le prolongement de l’opérateur en milieu clos », résume l’un des militaires intégré au programme d’évaluation.

Inutile de fantasmer sur le scénario du « drone tueur incontrôlable » de type Terminator, le DOGO place d’emblée l’opérateur au centre de la boucle décisionnelle. « La capacité létale, c’est finalement la prolongation directe de l’opérateur. Celui-ci demeure en permanence quelques mètres derrière et garde un contrôle total sur l’engin », rassure notre interlocuteur. De fait, rien n’est automatisé et l’opérateur évalue constamment la situation via la caméra, détermine lui-même la cible via le désignateur laser et « ne délivre le coup que si cela s’avère nécessaire pour pouvoir après investir les lieux et libérer un otage ».

Après une année de tests, le DOGO se révèle « être une réelle plus-value pour nous pour ouvrir les angles et pour ne pas exposer les équipiers dans un combat très complexe, qui est celui du milieu clos », précise le 1er RPIMa. « Ce drone est particulièrement intéressant en cas de retranchement de l’adversaire, lorsqu’il est impossible de pénétrer dans la pièce pour le neutraliser », ajoute-t-il. La fonction tir notamment, uniquement testée sur cible afin de « symbioter » l’arme avec le système de visée, s’est jusqu’à présent révélée « satisfaisante ». La seule problématique resterait celle de l’élongation, les murs et autres obstacles étant susceptibles d’impacter la portée. Ce type de RETEX transite auprès de la cellule développement du 1er RPIMa, qui se charge ensuite de les transmettre à l’industriel afin qu’il puisse effectuer les éventuels ajustements.

Vidéo Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=CYMtX3E-Lgs


Source : Forces Operations Blog - Nathan Gain

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

samedi 5 octobre 2019

Radicalisation : Attaque islamiste au couteau à la préfecture de police de Paris - Le parquet antiterroriste saisi de l’enquête !

Le 3 octobre 2019, muni d’un couteau de cuisine en céramique qu’il venait d’acheter le jour même, Mickaël H, un fonctionnaire de 45 ans originaire de la Martinique, affecté au service informatique de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris [DRPP], a tué deux policiers [le major Damien E., 50 ans et le gardien de la paix Anthony L., 39 ans] ainsi qu’un adjoint administratif [Brice L., 38 ans] et un agent du soutien opérationnel la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne [Aurélia T., 39 ans].

Puis il a blessé une employée des ressources humaines et un autre fonctionnaire avant d’être abattu par un jeune agent de police.

Selon les informations données par la presse, Mickaël H. travaillait au service informatique de la DRPP depuis 2003, en qualité d’adjoint administratif employé de catégorie C. Et il était jusqu’alors décrit comme étant un « fonctionnaire modèle ».

Il n’avait « jamais présenté de difficultés comportementales », a ainsi assuré Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur. Ce qu’ont confirmé plusieurs syndicats de police. « Ça ressemble vraiment à un acte de folie », a commenté Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, auprès de France Info.

Seulement, l’hypothèse de l’acte de « folie » s’est dissipée au fil des investigations. Marié et père de deux enfants, Mickaël H., converti à l’islam, aurait entretenu des liens avec des personnes appartenant à la mouvance salafiste, a envoyé plusieurs SMS à son épouse [qui a été placée en garde à vue] accréditant la thèse d’un acte prémédité.

Aussi, au vu de ces éléments, le Parquet national antiterroriste [PNAT] s’est saisi de cette affaire. Et l’enquête a été reprise sous les qualifications « d’assassinat et tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste » et « d’association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Reste que la présence d’un individu apparemment radicalisé au sein de la préfecture de police de Paris interroge. D’autant plus que la DRPP a notamment la mission de lutter « contre les extrémismes à potentialités violentes et le terrorisme, en particulier l’islamisme radical » et que les investigations qu’elle conduit « visent principalement à déjouer les projets d’attentats et à démanteler les filières d’acheminement des jeunes vers les zones de combat. Les recherches portent également sur le soutien logistique et financier que certains groupes ou individus sont susceptibles d’apporter à des structures terroristes et sur le prosélytisme en faveur du djihad exercé par certains. »

À ce titre, et comme l’a indiqué Didier Lallement, le préfet de police de Paris, Mickaël H était « habilité au secret défense » et il était « en règle avec les obligations inhérentes à ce type d’habilitations.

« Comment se fait-il que dans le cœur de la lutte antiterroriste, quelqu’un qui est radicalisé, n’a pas été détecté? » a demandé Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat de police Unité-SGP-FO.

Pourtant, la loi du 30 octobre 2017, dite SILT [Sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme] a modifié l’article L114-1 du Code de la sécurité intérieure afin d’autoriser des enquêtes administratives « en vue de s’assurer que le comportement des personnes physiques ou morales concernées n’est pas devenu incompatible avec les fonctions ou missions exercées. »

Le rapport des députés Éric Diard et Éric Poulliat, publié en juin dernier et intitulé « Les services publics face à la radicalisation« , donne quelques chiffres.

La détection des individus radicalisés se concentre d’abord sur le recrutement. Mais, notent les députés, « en raison d’une dissimulation toujours possible, il n’existe pas de garantie absolue qu’une personne radicalisée ne puisse pas être recrutée. »

En outre, ajoutent-ils, une « radicalisation peut intervenir postérieurement à l’entrée dans la police, en particulier à la suite d’une conversion. » Pour faire face à cette menace « post-recrutement », l’Inspection générale de la police nationale [IGPN] a mis en place, en 2016, une cellule spéciale chargée de surveiller les policiers soupçonnés de radicalisation.

« Une réunion trimestrielle rassemblant la DGSI, le Renseignement territorial, la direction de la formation de la Police nationale et l’IGPN permet d’évoquer les personnes sources de préoccupation. Ce sont généralement les services de renseignement qui alertent sur l’existence de signes de radicalisation [fréquentation d’une mosquée de tendance salafiste, par exemple] », explique le rapport parlementaire.

Ainsi, au niveau de la Police nationale, il y aurait eu 28 cas de radicalisation constatés parmi les 150.000 fonctionnaires de police.

« Ces cas de radicalisation concerneraient essentiellement des policiers de la sécurité publique, celle-ci comptant les effectifs les plus nombreux. Ils se répartiraient en quatre catégories : agents réputés en lien ou en contact avec des milieux islamistes radicalisés, agents ayant des pratiques religieuses ostentatoires, agents ayant des prises de position publiques ou manifestant un intérêt soutenu pour l’islamisme radical et agents dont le comportement se serait radicalisé », avance le rapport.

S’agissant de la préfecture de police de Paris, la DRPP, où travaillait donc Mickaël H. a recensé une quinzaine de cas, sur plus de 43.000 agents.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : © Préfecture de police de Paris


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 10 septembre 2019

Barkhane : Des soldats estoniens dans une opération franco-malienne à Gao

Depuis l’été 2018, un peloton d’infanterie estonien, fort d’une cinquantaine de militaires, est déployé à Gao [Mali] pour y assurer la surveillance et la protection de la plateforme opérationnelle « Désert » [PfoD] de la force Barkhane.

Cette mission n’est pas sans risque car, le 22 juillet, six soldats estoniens ont été blessés lors d’une attaque à la voiture piégée devant la base française.

Après cette attaque, et selon un communiqué publié par Tallinn, la ministre française des Armées, Florence Parly, avait « remercié » les soldats estoniens pour leur « action exemplaire » et souligné que leur « professionnalisme est la raison pour laquelle les militaires français ont une telle estime » à leur égard.

« Nous sommes fiers des soldats estoniens qui protègent la sécurité de l’Europe au Mali. Il est dans notre intérêt de nous tenir aux côtés de nos alliés contre les menaces, de comprendre leurs besoins réciproques et de renforcer nos relations », fit alors valoir Jüri Luik, le ministre estonien de la Défense.

Les relations entre les forces estoniennes et françaises ont pris de l’ampleur au cours de ces derniers mois dans la mesure où, outre leur coopération au titre de l’opération Barkhane, la France a déployé un sous-groupement tactique interarmes [S/GTIA Lynx] en Estonie, dans le cadre des mesures de réassurance de l’Otan face à la Russie.

Et cette coopération entre les forces estoniennes et françaises a récemment pris une nouvelle dimension.

Jusqu’à présent, ce détachement estonien n’avait pas encore pris part à une opération « antiterroriste » aux côtés des forces françaises et maliennes. C’est désormais chose faite.

En effet, selon une information de la radio-télévision nationale estonienne [Eesti Rahvusringhääling], confirmée par le ministère estonien de la Défense, le peloton « ESTPLA-32 » s’est joint « aux unités françaises et maliennes pour la première fois » afin de prendre part « à une opération dans la ville de Gao ».

« L’implication du peloton estonien dans une telle opération démontre que les unités précédentes ont gagné la confiance des alliés », a commenté le lieutenant Taavi Eesalu, qui commande l’ESTPLA-32.

« Participer à une opération de près de huit heures, dans ce climat chaud et humide était épuisant. Mais la formation et l’expérience antérieures nous ont permis de faire preuve de professionnalisme et de mener à bien cette tâche. Les Français nous ont déjà invités à participer à une autre opération similaire. Nous ferons donc tout notre possible pour assurer une coopération continue », a ajouté l’officier estonien.

Cette opération conjointe visait à saisir des « armes illégales ». Les forces françaises et estoniennes ont encerclé des bâtiments afin de permettre aux militaires de maliens de mener leurs fouilles en toute sécurité.

Les militaires estoniens qui ont pris part à cette opération viennent de relever leurs camarades de l’ESTPLA-30. L’action de ces derniers a été saluée par le colonel Nicolas James, le chef de corps du GT-D1 « Belleface ».

« Les hommes et les femmes du contingent qui s’en va ont honoré les forces de défense estoniennes par une discipline exemplaire au cours de cette mission exigeante. Je vous remercie, en mon nom personnel et au groupe de combat dans son ensemble, pour votre excellent travail », a déclaré le colonel français lors d’une cérémonie.

À noter que les forces estoniennes participent également à la mission de formation lancée par l’Union européenne au profit de l’armée malienne [EUTM MALI] ainsi qu’à la Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA].

Source : Zone Militaire


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 27 août 2019

Burkina Faso : Attaque jihadiste sur les Forces armées burkinabé, 24 soldats tués au combat !

Les tensions interethniques dont profitent les groupes armés terroristes, la faiblesses de ses forces armées ainsi que l’influence de prédicateurs radicaux auprès des populations estimant avoir été délaissées par le pouvoir central font que le Burkina Faso est considéré comme étant le maillon faible de la lutte contre la mouvance jihadiste au Sahel.

Ces derniers mois, les attaques jihadistes se sont multipliées, notamment dans l’est et le nord du pays. Et la dernière en date, commise le 19 août contre le détachement militaire de Koutougou, localité située dans parte orientale de la province du Soum, a infligé de lourdes pertes aux Forces armées du Burkina Faso [FANBF].

« Au petit matin, le détachement militaire de Koutougou, province du Soum, a été la cible d’une attaque d’envergure perpétrée par des groupes armés terroristes. 

« En réaction à cette attaque barbare, une vaste opération aérienne et terrestre de ratissage a permis de neutraliser de nombreux assaillants », a continué l’état-major, sans donne plus de détails sur les moyens engagés. Sans doute que la force française Barkhane a été sollicitée, comme le permet un accord signé par Paris et Ouagadougou en décembre 2018.

En décembre 2016, un groupe fort d’une quarantaine de jihadistes avait attaqué un poste militaire situé à une une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Mali. Douze militaires et gendarmes burkinabé y avaient laissé la vie. Depuis, l’état d’urgence a été instaurée dans cette région.

Les auteurs de cette attaque contre le détachement de Koutougou pourraient appartenir au groupe Ansarul Islam, fondé par le prédicateur Malam Dicko, tué lors d’un raid mené par force Barkhane dans la forêt de Foulsaré, au Mali, en mai 2017 [opération Bayard]. Cette organisation est en effet très active dans la province du Soum, où les prêches de son ex-chef trouvèrent un terrain favorable parmi la population.

Bien qu’indépendant, Ansarul Islam cultive des liens étroits avec des formations ayant rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM ou JNIM] d’Iyad Ag Ghali, comme la Katiba Serma et la Katiba Macina, dirigée par Amadou Koufa.

L’est du Burkina Faso est surtout le terrain du groupe État islamique dans le grand Sahara [EIGS], lui même affilié à l’ISWAP, c’est à dire la branche de Boko Haram reconnue par l’EI.

« Le Parc national du W, situé à cheval sur le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, est en train de devenir un nouveau bastion pour les groupes terroristes de la région, notamment l’État islamique du Grand Sahara, qui continue de coopérer avec JNIM au Mali et au Niger », expliquait un récent rapport des Nations unies, pour qui les « groupes terroristes implantés au Sahel empiètent de plus en plus sur les frontières du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo. »

Le président burkinabé a décrété jeudi un deuil national de 72h après la mort des 24 soldats dans l'attaque d'un détachement militaire à Koutougou dans le nord du pays.

Le deuil national va du vendredi 23 août à 0h au dimanche 25 à minuit.

Ce décret tombe alors que mercredi une rumeur dans la capitale faisait état d'un mouvement d'humeur de soldats après l'attaque de Koutougou.

Dans les casernes des rumeurs avaient parlé d'une baisse du moral de la troupe à l'annonce de la tuerie de lundi.

C'est une réaction qualifiée de compréhensible qui n'entame en rien leur détermination à tenir haut le flambeau de la nation selon l'armée.

Mais dans un communiqué l'armée qui annonce avoir retrouvé vivants les cinq soldats disparus, parle d'une émotion normale et invite les populations à faire fi des rumeurs.

Les 24 soldats tombés au combat ont été inhumés à Dori, chef-lieu de la région.

Source : Zone Militaire

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mercredi 21 août 2019

Syrie : La Turquie dénonce l’attaque d’un de ses convois par les forces syriennes et russes...

À l’été 2018, les forces gouvernementales syriennes ne cachèrent pas leur intention de lancer une offensive en direction de la province d’Idlib, alors dominée aux deux tiers par l’organisation jihadiste Hayat Tahrir Al-Cham [HTS, ex-branche syrienne d’al-Qaïda] et, pour le tiers restant, par des groupes rebelles affiliés au Front national de libération [FNL], soutenu par la Ankara.

Or, cette province d’Idleb faisait partie des quatre régions qualifiées de « zones de désescalade » par l’accord d’Astana qui, conclu en septembre 2017 par la Turquie, la Russie et l’Iran, ne concernaient pas les entités jihadistes, comme l’État islamique [EI ou Daesh] et le HTS. Et les forces turques y installèrent, à la périphérie, des « postes d’observation ».

La Turquie chercha donc à empêcher une offensive des forces syriennes dans cette région. Offensive alors soutenue par la Russie, qui parlait de « vider l’abcès » terroriste qui s’y était développé à cause, d’ailleurs, de la stratégie suivie par Damas et Moscou.

« Chaque fois que le régime de Bachar-al-Assad, appuyé par les Russes, parvient à résorber une poche, il le fait en permettant l’évacuation et le regroupement des mouvements terroristes les plus durs dans cette poche d’Idleb », avait ainsi rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA]. Et d’ajouter : « Cette poche devient problématique dès lors qu’elle peut être le lieu de la reconstitution d’une base à partir de laquelle ces mouvements terroristes n’auront d’autre souci que d’organiser des actions en Europe et en France en particulier. C’est pour cette raison qu’il est souhaitable que cette poche soit résorbée. »

Seulement, avec près de 3 millions d’habitants, une opération visant la région d’Idleb risquait de donner lieu à de graves problèmes humanitaires. D’ailleurs, la Turquie insista sur cette éventualité, craignant de devoir accueillir un flux trop important de réfugiés sur son sol. Mais il s’agissait aussi pour Ankara de protéger les groupes rebelles syriens qui lui étaient favorables.

D’où un nouvel accord trouvé avec la Russie en septembre 2018. Accord qui ne fut que partiellement appliqué, les organisations jihadistes ayant refusé de se retirer d’Idleb.

Puis, en janvier, le HTS passa à l’offensive contre contre le Jabhat Tharir Souriya, une formation radicale qui, née de la fusion d’Ahrar al-Cham avec le Harakat Nour al-Din al-Zenki, rejoignit le Front national de libération en août 2018.

Le succès du HTS dans la poche d’Idleb changea la donne. Fin avril, les forces gouvernementales syriennes, avec l’appui de l’aviation russe, passèrent à l’action. Depuis, 400.000 civils auraient fui les combats, selon les Nations unies.

Quoi qu’il en soit, le 18 août 2019, soit après environ trois mois de combats et de bombardements, les forces favorables au régime syrien sont entrées dans la ville de Khan Cheikhoun [qui fut le théâtre d’une attaque chimique en 2017, nldr]. Une première depuis 2014…

Les objectifs de Damas [et de Moscou] sont de s’assurer le contrôle de l’autoroute stratégique qui relie Damas à Alep et d’imposer un siège au nord de Hama, notamment vers la ville de Morek, où un poste d’observation turc est installé.

Mais la Turquie a réagi à cette avancée majeure des forces pro-Damas, avec l’envoi, en direction de Maaret al-Noomane, à 15 kilomètres au nord de Khan Cheikhoun, d’un convoi d’une cinquantaine de véhicules, dont, selon un correspondant de l’AFP, des blindés et au moins cinq chars.

« Des véhicules turcs chargés de munitions […] ont pris la direction de Khan Cheikhoun pour secourir les terroristes […], ce qui confirme encore une fois le soutien apporté par le régime turc aux groupes terroristes », a immédiatement dénoncé une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. « Ce comportement hostile du régime turc n’affectera en aucun cas la détermination de l’armée syrienne », a-t-elle ajouté.

Et, visiblement, les forces syriennes et russes ont empêché la progression de ce convoi turc. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], des frappes aériennes ont été effectués non loin de ce dernier afin de le stopper.

Un véhicule appartenant au Faylaq al-Chamn un groupe rebelle soutenu par la Turquie, aurait été visé par un raid russe, alors qu’il ouvrait la voie au convoi turc aux abords de Maaret al-Noomane. D’où la réaction d’Ankara.

Ainsi, le ministère turc de la Défense a indiqué, via un communiqué, que la Russie avait été informée de l’envoi de ce convoi, lequel devait « ravitailler l’un des postes d’observation » installé par les forces turques à Idleb.

« Nous condamnons fermement cette attaque qui est en contradiction avec les accords existants, la coopération et le dialogue avec la Russie », a ainsi dénoncé le ministère turc. « En dépit d’avertissements répétés que nous avons adressés à la Russie, les opérations militaires menées par les forces du régime continuent à Idleb, en violation des mémorandums existants et des accords passés avec la Russie afin de maintenir les voies d’approvisionnement ouvertes, d’assurer la sécurité de notre poste d’observation et d’empêcher de nouvelles pertes de vies civiles / innocentes dans la région », a-t-il encore fait valoir. Et de conclure : « Sans préjudice de nos droits de légitime défense, nous espérons que les mesures nécessaires seront prises pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. ».

Source : Zone Militaire

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 13 août 2019

Terrorisme : Sept ans de prison pour une jeune femme radicalisée qui projetait un attentat "banal"...

Un attentat juste "banal"...

Janna C. avait été interpellée en 2016. Alors âgée de 18 ans, elle envisageait de commettre un attentat en France au nom de l'organisation État islamique. 

Lors de l'audience, la jeune femme avait reconnu que, à l'époque de son projet, elle considérait un attentat comme "banal".

Aujourd'hui âgée de 21 ans, Janna C. passera les sept prochaines années de sa vie en prison. La jeune femme, radicalisée, avait été arrêtée en 2016, alors qu'elle n'avait que 18 ans. Elle avait pour projet de commettre un attentat sur le sol français au nom des djihadistes de l'État islamique. Or, le tribunal correctionnel de Paris a décidé, mercredi, de la condamner à une peine de sept ans de prison, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Il a également prononcé son maintien en détention et ordonné un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Le 12 juillet 2019, le parquet avait requis la peine maximale de dix ans d'emprisonnement, à l'encontre de la jeune femme. Abreuvée de la propagande de l'EI, elle avait été interpellée le 10 août 2016 dans un jardin public de Clermont-Ferrand, après avoir évoqué un projet d'attentat dans des messages et auprès de sa famille. Cette jeune radicalisée (comme on dit) avait la veille recherché sur Internet « comment fabriquer une ceinture explo » (sic) ou la technique de « fabrication du TATP », un explosif artisanal très instable prisé des djihadistes. Sur Snapchat, elle avait donné « rendez-vous dans le paradis éternel ».

Le tribunal retient un « projet d'action violente »

À l'époque, « j'étais dans mon délire, (...) dans ma bulle » et commettre un attentat était « banal », avait expliqué la jeune femme à l'audience. L'enquête avait débuté après un appel à commettre des attentats en France par le propagandiste français de l'EI Rachid Kassim, relayé sur une chaîne du réseau social Telegram. Les enquêteurs avaient repéré Janna C. en remontant ses échanges avec la créatrice de cette chaîne, alors mineure, poursuivie dans un dossier distinct. Elle était aussi jugée pour avoir incité cette mineure à commettre un attentat et pour avoir envisagé de se rendre en Syrie, ce qu'elle nie.

Le tribunal a retenu un « projet d'action violente » à l'explosif contre Janna C., mais pas de volonté de départ en Syrie. Une autre radicalisée, Djelika S., 25 ans, qui était très proche de Janna sur Internet et qui comparaissait à ses côtés, a, elle, été condamnée à six ans d'emprisonnement. Jeune femme à la personnalité instable, Djelika s'était accusée devant les policiers, indiquant que Janna et elle, avaient prévu deux attaques au couteau pour « tuer le maximum de personnes »; des déclarations faites sans avocat et qui n'ont jamais été corroborées par l'enquête, a souligné le tribunal. Les juges l'ont par conséquent uniquement condamnée pour des velléités de départ en Syrie. Huit ans avaient été requis à son encontre. 

Sources : AFP et Le Point.fr


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mercredi 26 juin 2019

Niger : Les jihadistes récemment neutralisés par Barkhane étaient liés à l’embuscade meurtrière de Baley Beri

Le 17 juin 2019, l’État-major des armées [EMA] a publié un communiqué pour annoncer que, quatre jours plus tôt, dans le Liptako malien, la force Barkhane venait de mettre hors de combat un groupe armé terroriste [GAT] fort d’une vingtaine de combattants liés à l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

Il aura fallu attendre quelques jours de plus pour en savoir davantage. Ainsi, appelée « Aconit », l’opération qui a permis ce résultat a été planifiée et conduite avec « un très faible préavis », à la demande du président nigérien Mahamadou Issoufou, en réponse à l’embuscade qui, tendue par l’EIGS à Baley Beri [Niger], fit plus d’une vingtaine de tués parmi les forces armées nigériennes [FAN], le 13 mai dernier.

Cette opération a été mené en partenariat avec les Forces armées maliennes [FAMA] et nigériennes. La coordination entre les différents acteurs a été primordiale étant donné que plusieurs secteurs, situés de part et d’autre de la frontière séparant le Mali et le Niger, ont été concernés par cette intervention [comme les villages d’Akabar, In Taglal, Kosseye, Tongo Tongo, Tabarkone, Zongo Dey et In Foukareteine].

Au total, la force Barkhane a engagé la quasi-totalité de ses composantes et fourni le gros des troupes, avec 400 militaires et près d’une centaine de véhicules du Groupement tactique désert [GTD] « Edelweiss », dont des AMX-10RC qui ont eu à faire parler la poudre. À cela, il faut ajouter les groupes commandos, le groupe tactique « aérocombat » Hombori 22, des Mirage 2000 du détachement Chasse de Niamey, des drones MQ-9 Reaper et un avion Atlantique 2 de la Marine nationale.

« À leurs côtés, les forces armées maliennes et nigériennes ont respectivement engagé une section et une compagnie, combattant aux côtés de Barkhane sur leurs territoires respectif », a précisé l’EMA.

Tout s’est joué grâce à l’exploitation rapide des renseignements fournis par les FAN. Dès que la présence du groupe jihadiste a été confirmée dans la forêt d’Azambara, une « série d’actions dans la profondeur a été lancée […], mêlant héliportage de commandos, frappes aériennes par les hélicoptères du GTD aérocombat ‘Hombori 22’ ainsi que par les Mirage 2000, opération de bouclage – ratissage par le GTD ‘Edelweiss' », raconte l’EMA.

« Cette rapidité d’exécution et la rapidité de la manœuvre ont permis de créer un effet de choc sur le groupe armé terroriste clairement identifié, appartenant à l’Etat islamique au Grand Sahara, et de le contraindre à l’affrontement », fait-il encore valoir.

Lors de cette opération, un hélicoptère d’attaque Gazelle a dû faire à un atterrissage d’urgence. Et son équipage [trois militaires] a été évacué vers la France par « mesure de précaution ». Dans les explications qu’il a données ce 20 juin, l’EMA ne revient pas sur cet incident. Comme il passe aussi sous silence certaines affirmations du gouvernement nigérien, lequel a évoqué un « soutien du partenaire américain », via un communiqué publié ce 20 juin.

Par ailleurs, le ministère nigérien de la Défense a donné le bilan de « 18 terroristes neutralisés » et de « 5 terroristes, dont trois Nigériens, faits prisonniers. »

Quoi qu’il en soit, ce groupe armé terroriste était certainement lié à l’embuscade de Baley Beri.

« L’opération ACONIT aura permis de neutraliser plus d’une vingtaine de terroristes et de saisir un volume conséquent de ressources comprenant des armes de petits calibre, un lance-roquette, une vingtaine de motos et des moyens de communication. Le matériel saisi a permis de confirmer le lien entre ce groupe terroriste et l’attaque contre les FAN du 14 mai 2019 à Baley Beri. En particulier, des moyens optiques dérobés au FAN à cette occasion ont été retrouvés », a en effet indiqué l’EMA.

Source : Zone Militaire - Photos : État-major des armées


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 18 juin 2019

Afrique : Le Drian, les pays du Sahel ne doivent pas « rester dans le confort d’avoir Barkhane derrière eux »

« Barkhane ne peut pas tout faire »

Au Sahel, la situation prend une « dimension complexe », a estimé Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères, le 28 mai. En effet, outre les actions « classiques » des groupes armés terroristes [GAT], il vient se greffer des affrontements interethniques ainsi que des attaques à « dimension religieuse », en particulier contre les communautés chrétiennes du Burkina Faso et du Niger. Et les organisations jihadistes en profitent pour accentuer leur influence.

« Cela nécessite de la part des pays concernés le renforcement de leurs mesures de sécurité internes et externes », a estimé M. Le Drian. Et cela passe, notamment, par la Force conjointe du G5 Sahel [FC-G5S], dont la mise en place ne se fait pas « suffisamment vite », selon lui.

Cependant, les membres du G5 Sahel [Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie] ne sont pas forcément à blâmer, l’aide financière qui leur avait été promise tardant à être débloquée. Ce qui, évidemment, a ralenti le déploiement de la FC-G5S, laquelle doit par ailleurs faire face à des déficits capacitaires importants [transmissions, logistique, appui ...].

« La Force conjointe continue de se heurter à un manque important de formation, de moyens et de matériel », a souligné Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unis, dans le rapport sur la FC-G5S qu’il a récemment remis au Conseil de sécurité. Et de citer, notamment, « le manque de protection individuelle, de véhicules blindés et de moyens de transport, ainsi que l’absence de chaînes d’approvisionnement logistique permettant de transporter du carburant et des vivres. »

Reste que, pour M. Le Drian, « la force commune doit progressivement assumer ses responsabilités » car « Barkhane ne peut pas tout faire ». D’ailleurs, sur le ton de la confidence, il a estimé qu’il « ne faudra pas que les autorités des pays du Sahel restent dans le ‘confort’ d’avoir Barkhane derrière ».

Et d’ajouter : « C’est une tentation [pour eux] » mais il faut qu’on leur « dise que la sécurité des Africains se fera par les Africains eux-mêmes car Barkhane n’a pas vocation à rester une éternité. »

Selon le rapport de M. Guterres, les pays du G5 Sahel n’on guère avancé, ces derniers mois, sur « la mise en place, aux niveaux technique et politique, du Groupe de soutien de la Force conjointe, qui servirait de plateforme pour des échanges de vue sur l’opérationnalisation de la Force conjointe et pour la coordination avec les partenaires nationaux, régionaux et internationaux, comme l’a préconisé le Conseil de sécurité dans sa résolution. »

Par ailleurs, pour le chef du Quai d’Orsay, le renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA] n’est pour le moment pas acquis. Or, cette dernière apporte un appui logistique à la FC-G5S au Mali…

En cause? Les États-Unis, qui ont estimé, en mars 2019 que la MINUSMA n’avait pas réussi à rétablir la paix au Mali et qu’il fallait par conséquent envisager son retrait partiel. « Nous sommes déçus face à l’absence de progrès significatifs. […] Le moment est venu de voir si une opération de maintien de la paix est bien le meilleur moyen de régler la situation au nord du Mali », avait martelé David Hale, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques.

« Les États-Unis exercent une pression pour réduire les coûts des forces de maintien de la paix et pourraient convaincre certains acteurs [pour limiter la mission, ndlr] », a expliqué M. Le Drian aux députés. Le renouvellement du mandat de la MINUSMA se décidera – ou pas – en juin prochain.

Seulement, selon le rapport de M. Guterres, si elle « reste un élément essentiel d’un ensemble d’entités et de dispositifs de sécurité régionaux et internationaux visant à faire face aux groupes armés extrémistes au Sahel et à d’autres problèmes transfrontaliers », la force conjointe du G5 Sahel « ne peut, à elle seule, sécuriser le Sahel. »

Source : Zone Militaire - Photo : EMA


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

dimanche 26 mai 2019

Irak : Trois jihadistes Français condamnés à mort pour appartenance à Daesh

Trois Français ont été condamnés à mort pour appartenance au groupe Etat islamique (EI), a annoncé à l'AFP un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés, dimanche 26 mai. C'est un verdict inédit pour des ressortissants français dans ce pays. Il s'agit de Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-EI avant d'être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, qui prévoit la peine de mort pour quiconque a rejoint une organisation "terroriste", qu'il ait combattu ou non, les trois hommes ont trente jours pour faire appel.

Jusqu'ici, trois Français ont déjà été reconnus coupables d'avoir rejoint le groupe terroriste en Irak : Mélina Boughedir, 27 ans, Djamila Boutoutaou, 28 ans, et Lahcène Gueboudj, 58 ans. Tous trois ont été condamnés à la prison à perpétuité, équivalente à vingt ans de détention en Irak, alors que la France refuse la peine de mort. Ces nouveaux verdicts pourraient relancer le débat sur l'épineuse question du retour des jihadistes, qui suscitent un vif rejet dans l'opinion publique en Europe.

Un avocat dénonce "une justice expéditive"

Léonard Lopez, Parisien de 32 ans converti à l'islam, a répondu aux questions du juge en arabe lors de l'audience de dimanche, après quatre mois d'interrogatoires, sur la base desquels la cour a rendu son jugement. Il a fait partie, au début des années 2000, des plus actifs sur le site jihadiste francophone de référence d'alors, Ansar Al-Haqq. En juillet 2015, sous contrôle judiciaire pour son activité sur ce site, il est parti avec sa femme et leurs deux enfants. D'abord à Mossoul, puis en Syrie, selon les enquêteurs français.

Contacté par l'AFP à Paris, son avocat, Nabil Boudi, a dénoncé une "justice expéditive". "On condamne à la peine capitale un ressortissant français, sur la base uniquement d'une série d'interrogatoires passés dans des geôles de prison à Bagdad", a-t-il affirmé. "Le ministère des Affaires étrangères nous avait pourtant garanti que les Français auraient tous droit à un procès équitable, même en Irak", a-t-il encore dit à l'AFP alors que les défenseurs des droits humains dénoncent "de vrais risques de torture" et "aucune garantie pour des procès équitables".

La toile jihadiste, de Raqqa à Mossoul

Entré illégalement en Syrie via la Turquie, selon ses dires, Kévin Gonot a d'abord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie) avant de prêter allégeance au "calife" autoproclamé du groupe terroriste, Abou Bakr al-Baghdadi. Celui qui se faisait appeler Abou Sofiane a affirmé avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané, en Syrie, en 2015. Il a assuré au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, le fief du groupe jihadiste en Irak de 2014 à 2017, pour y être hospitalisé et non pour y combattre. En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Quant à Salim Machou, 41 ans, il a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité du groupe Etat islamique menée par un ancien légionnaire français, Abdelilah Himich, selon le CAT. Cette "cellule de combattants européens, vivier d'auteurs d'attaques", a compté jusqu'à "trois cents membres", selon les autorités américaines. Salim Machou a hébergé à Raqqa Jonathan Geffroy, selon le CAT, un Français capturé en Syrie et remis à la justice française qui a fait de nombreuses révélations, notamment sur les frères Clain.

Neuf Français doivent encore être jugés en Irak

Neuf autres Français doivent encore être jugés en Irak. Il s'agit de Fodil Tahar Aouidat, Mustapha Merzoughi, Yassine Sakkam, Karam El Harchaoui, Vianney Ouraghi, Brahim Nejara, Bilel Kabaoui, Mohammed Berriri et Mourad Delhomme. Récemment, Bagdad, qui a déjà condamné plus de cinq cents étrangers – hommes et femmes – pour appartenance au groupe Etat islamique, s'est proposé de juger également le millier d'étrangers actuellement aux mains des Kurdes en Syrie. L'Irak demande pour cela à leur Etats d'origine une somme de deux millions de dollars par personne.

Lors de sa visite en France au mois de février, le président irakien, Barham Saleh, avait déclaré que treize Français, remis par les forces arabo-kurdes de Syrie et soupçonnés d'être des combattants du groupe terroriste, seraient "jugés selon la loi irakienne". On ne sait pas si les trois noms concernés faisaient partie de ce contingent. Emmanuel Macron, quant à lui, avait déclaré qu'il revenait aux autorités irakiennes "de décider souverainement si [les jihadistes devaient] faire l'objet de procédures judiciaires sur place".

Le président français avait également ajouté que Paris s'assurerait "que les droits de la défense [soient] bien assurés" et demanderait que les éventuelles peines de mort soient commuées "en une peine à la perpétuité", que la France reconnaît.

Source : FranceTVinfo.fr /AFP

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

- page 1 de 37