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dimanche 5 avril 2020

Attaque terroriste au couteau : Au moins 2 morts et 7 blessés à Romans-sur-Isère !

Le parquet antiterroriste se saisit de l'enquête
Un homme a poignardé plusieurs personnes dans le centre-ville de Romans-sur-Isère

Les faits

Un homme a tué samedi matin deux personnes et en a blessé cinq autres à Romans-sur-Isère (Drôme) lors d’une attaque à l'arme blanche.

Armé d’un couteau, le suspect "s’est rendu dans un bureau de tabac" dont il a attaqué le responsable. Sa femme est intervenue et a été blessée.  L’assaillant s'est ensuite dirigé dans une boucherie. Il a pris un couteau, en sautant par-dessus le comptoir, et a poignardé un client, puis est reparti en courant. "Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain", a indiqué le patron de la boucherie. L’homme a ensuite poursuivi sa course dans le centre de cette ville de 35 000 habitants, attaquant des passants, notamment devant une boulangerie. "Ceux qui avaient la malchance de se trouver sur son passage ont été agressés", a indiqué la maire de Romans-sur-Isère.

Le suspect

Le suspect est un certain Abdallah A.-O., réfugié d’origine soudanaise né en 1987. Il a obtenu le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans en juillet de la même année. Il est inconnu des services de police ou de renseignement français ou européens. Il habitait au centre-ville de Romans-sur-Isère.

Il a été interpellé sans résistance très rapidement après les faits par l’une des nombreuses patrouilles de police chargées de faire respecter le confinement [ndlr: mesure de lutte contre le coronavirus].  "Il se trouvait à genoux sur un trottoir priant en langue arabe", selon les enquêteurs. Il a été placé en garde à vue samedi soir, tout comme "une de ses connaissances", et n’avait pas encore été auditionné.

L'enquête

Le parquet national antiterroriste a annoncé en début de soirée samedi dans un communiqué ouvrir une enquête notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".  

Les investigations ont été confiées à la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, à la Direction centrale de la police judiciaire ainsi qu’à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Les premiers éléments "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur".

Le parquet national antiterroriste indique que lors d’une perquisition à son domicile ont été retrouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", "a priori" écrits par lui.

Les victimes

Deux personnes ont été tuées : ce sont deux hommes respectivement âgés de 44 et 55 ans selon nos confrères du Dauphiné Libéré.
Un homme de 63 ans a été blessé et se trouve dans un état grave. Quatre autres personnes ont été blessées, deux hommes âgés de 65 ans et 59 ans, et deux femmes âgées de 48 et 49 ans.

Les réactions

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a qualifié l’attaque d’"acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines" et sur lequel "toute la lumière sera faite".

Dans l’après-midi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner présent sur les lieux avait évoqué déjà "le parcours terroriste" du suspect. "Je salue l’engagement total des forces de sécurité qui ont interpellé rapidement le suspect et qui sont mobilisées sur cette enquête. Je veux avoir une pensée pour les victimes et leurs proches, mais aussi les personnels soignants qui sont totalement mobilisés pour le Covid-19 mais qui ont répondu présents. Je salue aussi les commerçants de Romans qui ont apporté les gestes de premiers secours aux blessés ", a-t-il déclaré sur place.

Source : Dernières Nouvelles d'Alsace - dna.fr / photo AFP


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vendredi 3 avril 2020

Barkhane : Quatre officiers français testés positifs au coronavirus...

Quatre officiers se trouvant «depuis plusieurs semaines» au Sahel ont été testés positifs au coronavirus.
Ce que l'on sait des 4 militaires français de l'opération Barkhane touchés par le Covid-19


Quatre officiers déployés au Sahel ont été testés positif. Trois d'entre eux ont été rapatriés en France. Il n'est pas indiqué s'ils ont contracté le virus sur place.

Quatre officiers français déployés au Sahel dans le cadre de l'opération anti-djihadiste Barkhane ont été testés positifs au coronavirus, a indiqué jeudi l'état-major des Armées. Il s'agit des premiers cas rendus publics parmi les forces françaises projetées en opérations extérieures [OPX]. "L'opération Barkhane a connu ses quatre premiers cas confirmés d'infection par le coronavirus", selon l'état-major.

L'opération anti-djihadiste Barkhane, forte de 5100 militaires, lutte contre les mouvements djihadistes en collaboration avec les pays du Sahel, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad. C'est la principale opération extérieure des armées françaises.
Où sont soignés ces militaires?

Parmi ces quatre officiers, "un des patients est pris en charge et soigné sur place, et trois autres ont déjà été rapatriés" vers la France, "de même qu'un autre officier symptomatique sans pour autant avoir été testé", précise le porte-parole de l'état-major, le colonel Frédéric Barbry.

Ces quatre militaires étaient "arrivés en bande sahélo-saharienne il y a plusieurs semaines", indique-t-il, sans préciser dans quel pays exact ils étaient déployés, et s'ils ont ou non contracté le virus sur place.

Quel est leur état actuel ?

Ces quatre officiers, sont "à ce stade asymptomatiques". Le diagnostic a été confirmé par des tests effectués sur place par le service de santé des armées, par un laboratoire biologique civil local ou à leur arrivée en France.

La mission Barkhane est-elle poursuivie ?

"Tous les cas 'contact' ont été identifiés et placés en quatorzaine en zone dédiée", souligne le colonel Barbry. "Ces cas de contamination" au sein de Barkhane, comme "les dispositions prises pour préserver le personnel de la force n'ont pas d'impact sur les opérations, qui se poursuivent à un rythme soutenu" dans la zone dite des trois frontières (Mali-Niger-Burkina Faso), réputée abriter le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), assure cependant l'état-major. 

Fin mars, la France a décidé de rapatrier jusqu'à nouvel ordre ses 200 militaires déployés en Irak, pays durement frappé par le Covid-19.

Source : lexpress.fr


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mardi 31 mars 2020

Sahel : Pour le général Lecointre, la capacité de régénération des terroristes est forte...

Après le succès de l’opération Serval, lancée au Mali par la France, en 2013, et la montée en puissance d’une mission des Nations unies [MINUSMA] ainsi que la mise en place d’une mission européenne pour la formation des forces armées maliennes [FAMa], on pouvait penser que le plus dur avait été accompli contre les groupes jihadistes qui menacèrent un temps Bamako. D’où la décision de Paris de conduire une opération différente avec Barkhane, à partir d’août 2014, afin de lutter contre des groupes terroristes « résiduels » et perturber leur logistique dans la bande sahélo-saharienne [BSS].

Cependant, la question des mouvements touareg indépendantistes dans le nord du Mali [Azawad] restait encore à régler. Mais les discussions ayant abouti aux accords d’Alger, en 2015, laissait présager une issue favorable.

« À la mi 2014, la menace était résiduelle, à la portée des États de la région », a rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat dont le compte-rendu a récemment été publié. « Nous pensions alors que la peur d’un effondrement de l’État malien avait été suffisamment forte pour que les élites militaires et politiques du pays donnent à leurs forces de sécurité les moyens de se redéployer dans les zones conquises par Serval et de rétablir l’État de droit », a-t-il relaté. 

Quant à l’opération Barkhane, a souligné le CEMA, il « ne s’agissait pas de remporter une victoire militaire définitive » contre des groupes jihadistes, « trop dilués pour que nous puissions le faire, mais de maintenir au plus bas niveau possible les trafics, d’empêcher toute reconstitution d’un califat géographique et de laisser la place à l’action politique de gouvernance et de développement. »

Seulement, comme on le sait, rien ne s’est passé comme prévu. « Notre optimisme a été déçu et Barkhane n’a pas été accompagnée d’un retour de l’appareil d’État ni de la refonte efficace des forces armées, notamment maliennes. De même, l’application concrète de l’accord de paix et de réconciliation […] est restée en souffrance, maintenant le chaos dans des territoires où la présence de l’État, lorsqu’elle est préservée, est contestée sinon combattue, comme en Azawad ou dans le Liptako », a expliqué le général Lecointre.

Aussi, la menace terroriste a commencé à reprendre de la vigueur. « Elle descendue vers le sud, s’est concentrée dans la boucle du Niger élargi, puis dans l’ensemble du Liptako, avant d’atteindre le Niger et le nord du Burkina Faso. En 2019, elle a atteint la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ainsi que celle entre le Burkina Faso et le Ghana. Et l’on peut désormais craindre qu’elle ne s’étende rapidement au Sud Mali, voire au sud de Bamako », a décrit le CEMA.

Et, désormais, a-t-il continué, « nous nous trouvons donc dans une situation comparable à celle d’il y a sept ans, avec la constitution d’une zone géographique homogène dans laquelle renaît une véritable menace terroriste qui occupe un territoire et s’acharne à le vider des forces de sécurité des trois États concernés. Nous assistons à la reconstitution d’un califat territorial, l’État islamique au Grand Sahara [|EIGS], succursale de Daesh auquel il a fait allégeance en 2016. »

Pour faire face à cette situation, et jusqu’à encore récemment, la force Barkhane ne pouvait mettre que 2.000 soldats sur le terrain, sur les 4.500 dont elle disposait. « Une fois soustraits les éléments de logistique et de soutien, la capacité de protection de nos emprises […] je me trouve avec […] un volant de manœuvre de la taille d’un régiment dans cet immense espace, ce qui est très peu », avait déjà eu l’occasion de dire le général Lecointre, lors d’une précédente audition parlementaire.

D’où la décision prise après le sommet de Pau par le président Macron d’envoyer 600 militaires de plus au Sahel, de concentrer les efforts sur la zone dite des trois frontières ainsi que de renforcer la coopération entre Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel [FC-G5S]. « 600 hommes supplémentaires peuvent apparaître dérisoires compte tenu de l’étendue de cette zone. Toutefois, ce renforcement va nous permettre d’augmenter de 70% notre volume de forces déployées », a assuré le général Lecointre.

Face à Barkhane, aux armées locales et à la FC-G5S, « nous avons un ennemi au volume moyen assez faible, mais capable de mobiliser rapidement et ponctuellement des effectifs importants – de l’ordre de la centaine, à moto – pour mener des actions sur des objectifs à "forte valeur ajoutée". Le reste du temps, ils sont dilués dans la zone », a expliqué le CEMA.

Ces actions, du reste, ne font qu’augmenter la résilience de l’EIGS car « chaque attaque est l’occasion de prélever des moyens sur les armées nationales », a-t-il fait observer aux sénateurs. Qui plus est, les jihadistes « prennent progressivement un ascendant moral sur les forces de sécurité », lesquelles ont perdu entre 350 et 400 membres en 2019.

L’atout dont bénéficie l’EIGS [et qui lui permet de se « diluer »] réside dans une population locale « structurée autour de liens ethniques forts » et qui « se sent abandonnée par l’État ». Elle fournit ainsi à l’organisation terroriste des « jihadistes qui, en enfants du pays, maîtrisent parfaitement le terrain, savent pouvoir se diluer dans les villages et bénéficient du soutien des habitants », a souligné le général Lecointre.

Pourtant, et les points de situation hebdomadaires de l’État-major des armées l’assurent, les jihadistes subissent eux-aussi de lourdes pertes. Seulement, leur « capacité de régénération est forte », a affirmé le général Lecointre.

« Ils sont chez eux. Ils instrumentalisent des tensions interethniques. Ils recrutent des combattants de plus en plus jeunes. Ils bénéficient de la complicité d’une partie importante de la population, au sein de laquelle ils se fondent. Comme j’ai coutume de le dire, nous combattons un ennemi qui ne respecte aucun droit de la guerre et qui est très intriqué dans la population », a détaillé le général Lecointre. « C’est aussi une guerre de conviction auprès de la population : il faut absolument éviter que la population peule ne bascule définitivement dans les rangs ou en appui de l’EIGS et que ce conflit ne dégénère en conflit interethnique. C’est l’une de nos craintes », a-t-il insisté.

Enfin, la situation du Burkina Faso est particulièrement préoccupante. Ce pays est « en train de devenir le deuxième homme malade de la région », a estimé le général Lecointre. « Le président Kaboré considère que le Burkina Faso utile est encore sous contrôle de l’État. Or, une zone de non-droit est en train de se constituer au nord du Burkina Faso, comme au nord de Niamey. Ces dernières semaines, les attaques les plus terribles au Burkina Faso ne se sont pas déroulées contre les armées burkinabè – qui ont déserté la zone – mais contre les populations mossies du nord du pays. […] Le risque d’une dégénérescence de la crise au Burkina Faso est donc très important », a-t-il prévenu.

Source : ZONE MILITAIRE - Une sélection PC


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mercredi 25 mars 2020

Barkhane : Plusieurs jihadistes neutralisés après avoir tendu une embuscade aux forces maliennes

Début février 2020, soit quelques heures après une « opération d’opportunité » conduite par la force française Barkhane ayant abouti à la neutralisation d’une « vingtaine de jihadistes dans le Gourma malien grâce à des frappes aériennes assurées notamment par des Mirage 2000D et un drone MQ-9 Reaper, une unité des Forces armées maliennes [FAMa] est tombée dans une embuscade dans les environs de Hombori, une localité située dans la région de Mopti [Gourma].

Mais la présence de « guetteurs aériens tactiques avancés » [GATA] maliens au sein de cette unité aura été déterminante étant donné que leur prompte réaction a permis de guider efficacement une patrouille de Mirage 2000D sur les lieux. Les chasseurs-bombardiers français ont alors survolé les positions tenues par les jhadistes à très basse altitude afin de leur adresser un ultime avertissement. Ce « show of force » a produit l’effet escompté puisque les assaillants ont pris la fuite.

Pour autant, l’affaire était loin d’être terminée. En effet, une patrouille d’hélicoptères Tigre engagée dans la zone a été « au contact » d’une groupe armé terroriste [GAT]. Un terroriste a été mis hors de combat.

Puis, dans la lancée, des actions de recherche ont été entreprises afin de localiser le GAT à l’origine de l’embuscade tendue dans les environs de Hombori. Ce qui s’est concrétisé, le 12 février, par une nouvelle opération menée contre un campement abritant des terroristes dans la région de Gossi. Ce dernier a été la cible de frappes réalisées par des Mirage 2000D et des hélicoptères – dont le type n’a pas été précisé par l’État-major des armées [EMA]. Puis, des commandos français ont été déployés dans la zone.

Selon l’EMA, « une quantité importante de matériel a été détruite, et plusieurs terroristes ont été mis hors de combat au cours de cette action de Barkhane. « Des motos, de l’armement et des vêtements militaires ont été saisis, de même qu’un important volume de carburant », a-t-il ensuite précisé.

Selon des médias maliens, 14 jihadistes auraient été tués lors de cette opération de Barkhane. Ce qui n’a été ni confirmé, ni infirmé par l’État-major des Armées. En revanche, ce dernier a insisté sur la réaction des FAMa lors de l’attaque d’un de leur poste à Dinangourou, au sud-ouest de Hombori, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Après avoir repoussé les assaillants au cours de violents combats qui ont permis de préserver leur emprise, les soldats ont fait appel à des renforts des forces aériennes maliennes. Leur action coordonnée a permis d’infliger de lourdes pertes au groupe terroriste les ayant attaqués. Cette réaction illustre la progression des forces armées maliennes, et est une conséquence directe des efforts fournis par Barkhane et ses partenaires dans le cadre du partenariat militaire opérationnel », a en effet souligné l’état-major français.

Enfin, sans donner de détails, ce dernier a également indiqué qu’une frappe aérienne réalisée par Barkhane avait neutralisé « près d’une dizaine de jihadistes » dans le Liptako nigérien, le 8 février. Les opérations menées par les militaires français au Niger ont été plutôt rares jusqu’à présent. L’un d’entre-elles avait été menée en décembre 2018 dans la région de Tongo-Tongo, contre des éléments de l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

Source : ZONE MILITAIRE


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vendredi 20 mars 2020

Mali : Barkhane inflige de lourdes pertes aux jihadistes de la région de Mopti

Un récent rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné la situation préoccupante de la région de Mopti [centre du Mali], où 85% des violences commises à l’égard des populations civiles y avaient été commises durant le dernier trimestre de l’année 2019. En outre, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA] y avait subi pas moins de 46 attaques [sur les 68 constatées durant cette période].

En outre, a encore relevé M. Guterres, toujours au sujet du centre du Mali, « les violences intercommunautaires continuent de faire de nombreuses victimes et sont mises à profit par des groupes extrémistes, les cercles de Bandiagara, Bankass et Koro étant les plus touchés. »

Si la force Barkhane se concentre en particulier sur la région dite des trois frontières, c’est à dire dans un secteur situé aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, elle ne se désintéresse pas pour autant de celle de Mopti, où elle a mené une série d’opérations entre le 9 et le 17 février 2020.

Le mode opératoire de ces dernières aura été identique à celui qui a été suivi pour les actions précédemment conduites dans le Liptako-Gourma. Ainsi, précise l’État-major des armées [EMA] dans son compte-rendu hebdomadaire, ces opérations se sont déroulées en deux phases.

Lors de la première, qui a eu lieu les 9 et 10 février, au nord-ouest de la ville de Mopti, des frappes aériennes effectuées par des Mirage 2000D, un drone MQ-9 Reaper ainsi que l’engagement d’hélicoptères d’attaque ont permis de mettre hors de combat une vingtaine de jihadistes, et notamment un cadre de l’État islamique au grand Sahara [EIGS] dont l’identité n’a pas été précisée.

Cette action a été suivie par une seconde action menée cette fois au sud de Mopti, les 16 et 17 février, contre la katiba Macina. Elle a mobilisé à nouveau des Mirage 2000D, un drone Reaper ainsi que des hélicoptères de combat. À l’issue des frappes réalisés par ces moyens aériens, un assaut héliporté a été conduit par Barkhane. Là, une trentaine de jihadistes ont été neutralisés [comprendre : tués, blessés ou capturés].

Au total, plus de 50 terroristes ont été mis hors de combat. En outre, une trentaine de motos et deux pick-up ont été détruits. Et de l’armement a été saisi, de même que des téléphones et du matériel électronique. Leur exploitation permettra sans doute d’obtenir de nouveaux renseignements utiles pour planifier de nouvelles actions.

Ces deux opérations « au bilan matériel et humain très lourd » ont « concrétisé un travail de préparation et de renseignement permettant de caractériser avec certitude l’activité des groupes armés terroristes », a souligné l’EMA.

À noter que l’état-major des Forces armées maliennes [FAMa] a annoncé avoir mené une opération dans le secteur de Somadougou, situé également dans la région de Mopti.

« Les hélicos FAMa ont mené des frappes aériennes avec précision aux alentours de Somadougou jusque dans le village de Diallo route de Bankass », a-t-il relaté. Et d’annoncer que « 3 chefs terroristes étrangers ont été capturés » durant cette action, au cours de laquelle « plusieurs » jihadistes ont été tués.

Par ailleurs, dans le même temps, le groupement tactique désert « Acier » a mené une opération dans le Liptako malien, plus précisément dans une zone reculée où les jihadistes « optent régulièrement pour une stratégie de dissimulation au sein de la population, qu’ils maintiennent sous pression par la menace, tout en s’appuyant sur des plots logistiques dans lesquels ils peuvent cacher armes et équipements », a expliqué l’état-major.

Lors d’un contrôle de zone près d’un village, les militaires français ont surpris des terroristes. Lors d’un échange de tir, l’un d’eux a été « neutralisé » et sa moto détruite. Une opération de ratissage a ensuite été lancée dans le secteur, certains oueds semblant plus intéressant que d’autres… étant donné qu’ils dissimulaient « plusieurs ressources » appartenant aux groupes armés terroristes [GAT]. Finalement, un point d’approvisionnement jihadiste a été découvert, avec de nombreuses munitions et motos.

Source : ZONE MILITAIRE


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samedi 29 février 2020

Etats Unis - Afghanistan : Accord de paix entre USA et les talibans afghans... ?

L’Otan et la Russie se félicitent de l’accord que s’apprêtent à signer les USA et les talibans afghans..

Dans l’édition internationale du New York Times [datée de ce 21 février] et alors qu’un accord de paix doit être signé la semaine prochaine par les talibans et les États-Unis, on peut lire une tribune pour le moins surprenante de Sirajuddin Haqqani, présentée par le journal comme étant le « chef adjoint » du mouvement taleb, ce qui est quelque peu réducteur…

En effet, pour les autorités américaines, Sirajuddin Haqqani est aussi le chef d’un réseau qui, qualifié de « terroriste » en 2012, a été créé par son père, Jalaluddin, dont le décès a été annoncé en septembre 2018. Accusé d’avoir planifié plusieurs attentats, sa tête est encore mise à prix pour 10 millions de dollars dans le cadre du programme « Reward for Justice ».

Cela étant, rien de cela ne paraît sous la plume de Sirajuddin Haqqani. Selon les discussions entre les émissaires des États-Unis et les représentants du mouvement taleb, il serait question d’un retrait des troupes américaines d’Afghanistan en échange de garanties sécuritaires.

Pour rappel, c’est parce qu’al-Qaïda avait ses aises en Afghanistan que les États-Unis y ont lancé une opération militaire au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

Dans sa tribune publiée par le New York Times, l’émir adjoint du mouvement taleb assure ainsi qu’il n’est pas dans l’intérêt des Afghans d’autoriser des groupes terroristes à s’installer de nouveau dans leur pays…. Après avoir affirmé que « les informations sur les groupes étrangers en Afghanistan sont des exagérations motivées par des considérations politiques de la part d’acteurs bellicistes. »

« Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour faire de l’Afganistan un bastion de stabilité », écrit ensuite Haqqani. En outre, il explique aussi que le soutien de la communauté internationale demeurera « crucial » pour aider à stabiliser et à développer le pays. Et d’estimer que les États-Unis pourront y jouer un rôle constructif à cet égard une fois qu’ils auront retiré leurs troupes.

Enfin, le chef du réseau Haqqani s’est dit « confiant » dans le fait que, une fois « libérés de la domination et des interférences étrangères », les Afghans trouveront le chemin pour « construire un système islamique dans lequel ils auront tous les mêmes droits ». S’agissant des femmes, les droits que leur accorde l’Islam, comme « l’accès à l’éducation et au travail » seront « garantis ». Enfin, il assure que chacun sera traité selon son mérite. 

Pour autant, il y a les mots d’un côté et les faits de l’autre. Or, si l’on en croit de récents rapports publié par le comité de l’ONU relatif aux sanctions visant la mouvance jihadiste, le réseau Haqqani est resté lié à al-Qaïda.

« Al-Qaïda continue de voir dans l’Afghanistan un refuge pour ses dirigeants, du fait de ses liens solides et de longue date avec le commandement taleb. Avec l’aide des talibans, al-Qaïda souhaite renforcer sa présence dans la province de Badakhchan, en particulier dans la zone de Chighnan, qui borde le Tadjikistan, ainsi qu’à Barmal, dans la province de Paktika. Al-Qaïda continue de coopérer étroitement avec Lashkar-e-Taïba et le réseau Haqqani. Et les membres d’al-Qaïda continuent de servir régulièrement d’instructeurs militaires et religieux pour les talibans », a ainsi rapporté un rapport publié en juillet 2019.

Celui diffusé en janvier dernier évoque à nouveau cette proximité avec le réseau terroriste fondé par Oussama ben Laden. « Al-Qaïda s’inquiète du fait que les dirigeants des talibans se concentrent actuellement sur les pourparlers de paix. Les représentants d’al-Qaïda ont entrepris une navette diplomatique destinée à persuader diverses factions des talibans et des commandants d’opérations de ne pas appuyer les négociations avec le gouvernement afghan tout en leur promettant un plus grand soutien financier », y lit-on.

« Les groupes d’Asie centrale, qui connaissent des difficultés financières, ont tendance à appuyer al-Qaïda » et « si un accord de paix est conclu, al-Qaïda entend tenir un autre discours pour justifier la poursuite du conflit armé en Afghanistan » d’autant plus que ses « relations avec les talibans continuent d’être étroites et mutuellement bénéfiques, al-Qaida leur fournissant des ressources et des formations en échange de leur protection », analyse encore l’équipe de suivi du comité des sanctions.

Enfin, quand Sirajuddin Haqqani évoque les « interférences étrangères » dans sa tribune, il semble oublier que son réseau a bénéficié des largesses de l’Inter-Services Intelligence [ISI], c’est à dire des puissants services de renseignement pakistanais. D’ailleurs, Islamabad a reconnu avoir offert le gîte et le couvert au mouvement taleb afghan quand celui-ci fut chassé de Kaboul. Pour le Pakistan, avoir des « amis » au pouvoir à Kaboul est essentiel dans sa rivalité avec l’Inde, l’Afghanistan pouvant lui donner de la profondeur stratégique.

Quoi qu’il en soit, la perspective d’un accord de paix avec le mouvement taleb afghan a été saluée par l’Otan, qui avait déployé la Force internationale d’assistance à la sécurité [ISAF] en Afghanistan, laquelle a été remplacée en 2014 par la mission « Resolute Support ».

« Je me félicite de l’annonce faite aujourd’hui qu’un accord a été conclu sur une réduction significative de la violence en Afghanistan », a en effet déclaré Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan. « Il s’agit d’un test critique de la volonté et de la capacité des talibans à réduire la violence et à contribuer à la paix de bonne foi. Cela pourrait ouvrir la voie à des négociations entre les Afghans, à une paix durable et à la garantie que le pays ne sera plus jamais un refuge pour les terroristes », a-t-il ajouté.

Même la Russie, accusée par des responsables militaires américains d’avoir soutenu les talibans, se félicite de cet accord. « Ce sera un évènement important pour le processus de paix en Afghanistan », a ainsi affirmé Zamir Kaboulov, le représentant spécial du président russe pour l’Afghanistan, lequel avait déclaré, en décembre 2015, que les « intérêts de la Russie coïncidaient objectivement avec ceux des talibans afghans dans la lutte contre l’État islamique. » L’an passé, il avait plaidé en faveur d’une levée des sanctions contre le mouvement taleb afghan.

Source : ZONE MILITAIRE


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mardi 25 février 2020

Justice : L'islamiste qui avait foncé en 2016 sur des militaires à Valence a été condamné à 17 ans de prison

Le 1er janvier 2016, quatre militaires du 93e Régiment d’Artillerie de Montagne [RAM], qui surveillaient la mosquée de Valence dans le cadre de la mission intérieure [MISSINT] Sentinelle, ouvrirent le feu après sommations pour immobiliser Raouf El Ayeb, le conducteur d’un véhicule qui venait de foncer sur eux à deux reprises.

Deux des militaires furent blessés [avec 5 et 8 jours d’interruption temporaire de travail]. Touché aux bras et aux jambes, l’agresseur, un ressortissant tunisien alors âgé de 29 ans au moment des faits, avait été hospitalisé dans la foulée. Selon les déclarations du procureur de la République, il avait dit aux enquêteurs, de manière « confuse », qu’il avait voulu « tuer » des soldats ou « être tué » par eux car ceux-ci « tuaient des gens ». Pour le magistrat, c’était une façon pour lui de se présenter comme un martyr.

En outre, ce « musulman pratiquant mais pas radical », selon le procureur, n’était alors connu ni de la police, ni de la justice ni des services de renseignement. Et à l’époque, il n’avait pas de « passé psychiatrique connu ». Et, même si de la propagande jihadiste avait été découverte sur le disque dur de son ordinateur, la qualification « terroriste » avait été écartée pour cette affaire, survenue à peine deux après les attentats de Paris.

Par la suite, Raouf El Ayeb expliqua avoir voulu « taper » des militaires parce qu’il « avait les nerfs », puis se suicider en s’en prenant à des soldats armés avant d’évoquer des « troubles mentaux. »

Puis, lors de sa mise en examen, rappelle l’AFP, il avait dit au médecin venu l’examiner : « Je ne suis ni Tunisien, ni Français, mon seul pays c’est l’État islamique et la loi c’est celle d’Allah, c’est la charia. »

Quatre ans plus tard, cet individu a donc été jugé par la Cour d’assise de la Drôme pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique. La peine maximale pour ce type de faits est de trente ans de prison. C’est d’ailleurs celle qui a été récemment prononcée à l’encontre de Moussa Coulibaly, reconnu coupable d’avoir attaqué au couteau trois militaires à Nice, en février 2015.

La santé mentale de l’accusé a occupé une partie des débats… étant donné que les expertises psychiatriques sur son état au moment des faits ne sont pas toutes arrivées aux mêmes résultats. Certains ont conclu à l’altération, voire à l’abolition du discernement de Raoul El Ayeb. Une autre a estimé au contraire qu’il était entièrement responsable pénalement.

Quoi qu’il en soit, avant la plaidoirie de la défense, l’avocat général, Michel Coste, a retenu l’altération du discernement de l’accusé, ce qui l’a conduit à requérir une peine de 12 ans de prison à l’encontre de ce dernier. « Il était déterminé par le contexte dans lequel nous nous trouvions », a-t-il dit. C’est à dire par la situation post-attentats du 13 novembre 2015.

Cela étant, rapporte France Bleu Auvergne Rhônes-Alpes, l’avocat des militaires visés, Me Thibault de Montbrial, a souligné que le geste commis par l’accusé était un « cas d’école d’acte d’inspiration islamiste. » En effet, l’État islamique [EI] avait préconisé à ses sympathisants de mener des attaques à la voiture-bélier là où ils se trouvaient.

Quant à la défense de l’accusé, elle a mis l’accent sur son état mental, tout en minimisant la portée de ses actes. « Sur le plan physique, c’est huit jours d’ITT pour l’un, cinq jours pour l’autre, zéro pour les autres, et avec ça on vous fait une tentative de meurtres », a lancé Me Philippe Tatiguian. Et d’ajouter : « on veut faire le procès d’un terroriste mais c’est un malade mental, un schizophrène! » et « dans une société civilisée, on ne juge pas les malades mentaux. » Puis il a également fait valoir que si son client n’était « pas musulman, on n’en serait pas là. »

Quoi qu’il en soit, les jurés n’ont suivi pas suivi les réquisitions de l’avocat général et encore moins les arguments de la défense. Le 29 janvier, ils n’ont pas retenu l’altération du discernement et donc reconnu l’accusé coupable de tentative d’homicide. En conséquence, ils l’ont condamné à une peine de 17 ans de réclusion criminelle et demandé un suivi socio-judiciaire de 5 ans.

Source : ZONE MILITAIRE


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samedi 22 février 2020

Golfe de Guinée : Le Togo redoute la contagion jihadiste

En mars 2019, lors de l’opération antiterroriste Otapuanu, menées dans l’est du Burkina Faso, les forces de sécurité locales capturèrent un certain Oumarou Diallo [alias Diawo Oumarou], le chef de la katiba jihadiste appelée « groupe de Diawo ».

Lié au prédicateur Amadou Koufa, qui dirige la katiba « Macina », une formation membre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM, lié à al-Qaïda], cet individu s’était fait connaître au Mali, avant de s’établir au Burkina Faso. Lors de son arrestation, il se trouvait non loin de la frontière du Togo, pays où il s’avéra qu’il possédait quelques contacts, comme également au Bénin et au Ghana.

Justement, toujours durant l’opération Otapuanu, en avril, les autorités togolaises firent savoir que leurs forces de sécurité avaient arrêté plus d’une vingtaine de jihadistes en provenance du Burkina Faso et dont certains « étaient en possession de sommes d’argent importantes. »

Cet épisode illustre la menace à laquelle sont exposés certains pays côtiers du golfe de Guinée. En effet, les groupes jihadistes ne font pas mystère de leur intention d’y étendre leur influence, d’autant plus que ces États présentent; par certains côtés, les mêmes fragilités que leurs homologues du Sahel [communautés se sentant négligées, si ce n’est abandonnées par l’État central, tensions inter-ethniques, développement inégal, etc].

Dans une vidéo diffusée le 8 novembre 2018, les principaux responsables du GSIM [les maliens Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa ainsi que l’algérien Yahya Abou al-Hammam, alias Djamel Okacha] avaient appelé les Peuls à la guerre sainte [jihad] dans plusieurs africains, dont la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Nigéria, le Cameroun et le Bénin.

Si certains d’entre-eux étaient alors déjà aux prises avec la menace jihadiste, la Côte d’Ivoire et le Bénin en étaient relativement éloignés, même si le territoire ivoirien fut le théâtre d’une attaque commise en 2016 à Grand-Bassam et de quelques incidents isolés à sa frontière avec le Mali.

Quoi qu’il en soit, la pression, exercée par les différentes formations jihadistes actives dans la région, se fait de plus en plus forte sur les pays du golfe de Guinée. Ainsi, la province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest [ISWAP] profite de l’insécurité qui règne dans l’État nigérian de Zamfara pour étendre son influence vers le nord du Bénin et le sud du Niger, où, précisément, l’État islamique au Grand Sahara [EIGS], avec lequel elle a intensifié ses relations au cours de ces derniers mois, tente de s’ouvrir un corridor passant par Dogondoutchi afin de relier le nord du Mali au nord-ouest du Nigéria.

Mais la situation sans doute la plus préoccupante concerne le Burkina Faso, régulièrement visé par des attaques jihadistes. Or, ce pays fait la jonction entre le Sahel et le golfe de Guinée, via le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Bénin.

Le Bénin justement. En mai 2019, ce pays a été confronté une première fois au terrorisme avec l’enlèvement de deux ressortissants français dans le parc de Pendjari [même s’il a été question de « bandits » devant « revendre » leurs otages à un groupe jihadiste].

Plus récemment, c’est à dire le 9 février dernier, le poste de police de Kérémou [à 700 km au nord de Cotonou, près de la frontière avec le Burkina Faso] a été attaqué par une demi-douzaine d’individus, à moto, armés de machettes et de fusil de chasse. Officiellement, pour les autorités béninoises, il s’agirait l’oeuvre de « bandits » et de « braconniers », qui courent toujours. Mais la rumeur évoque un acte terroriste… Une hypothèse que semble reprendre à son compte Faure Gnassingbé, le président togolais.

Le 17 février, lors d’une visite aux forces togolaises déployées le long de la frontière avec le Burkina Faso, M. Gnassingbé a affirmé que la pression jihadiste se fait « très forte » dans l’extrême-nord de son pays.

« La menace est réelle et la pression est très forte […] nous avons connu récemment des combats jusqu’à 7 km de notre frontière », a confié le président togolais à l’AFP. « Nous notons que les attaques [au Burkina Faso] sont de plus en plus meurtrières, malheureusement le Bénin aussi vient de subir un coup, donc cette pression là, nous la ressentons chaque jour un peu plus », a-t-il ajouté.

Pour contrer cette menace, M. Gnassingbé, actuellement en campagne pour la prochaine élection présidentielle, a dit vouloir « tirer les leçons de ce qui se passe ailleurs ». Et d’ajouter : « c’est pour cela que j’essaie de dire aux populations, aux leaders religieux, aux chefs traditionnels […] qu’ils doivent aider les forces de défense et de sécurité », lesquelles « doivent « éviter les brimades, les petites corruptions qu’on voit parfois sur nos routes. »

Faute de quoi, a-t-il poursuivi, « notre principale richesse c’est la stabilité et la sécurité, si nous perdons cela tous nos projets de développement seront compromis et remis en cause. »

Cependant, M. Gnassingbé se refuse à dire qu’il y ait des « cellules » jihadistes « constituées » dans son pays. Mais « elles sont tellement poreuses » qu’il « y a certainement des éléments qui sont en transit ou qui séjournent un temps et qui repartent. »

Cela étant, le Togo a déjà pris quelques mesures, comme avec une nouvelle loi sur la sécurité intérieure et la création, en mai 2019, d’un « Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent » [CIPLEV] dont la mission est « d’œuvrer à éradiquer ou à réduire sensiblement la propagation de l’extrémisme violent en donnant aux communautés de base les outils et le soutien dont elles ont besoin pour lutter contre ce fléau et de renforcer la coopération et la collaboration entre l’administration, les forces de défense et de sécurité pour une prévention et une lutte efficace. »

Source : ZONE MILITAIRE


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mardi 18 février 2020

OPEX : Décès d'origine inconnue du sergent-chef Morgan Henry au Burkina Faso

Un soldat français de la force Barkhane a été retrouvé mort, dimanche 16 février dans son campement au Burkina Faso, a indiqué le ministère des Armées. La cause du décès est pour l'instant inconnue.

Un soldat de la force française Barkhane, déployée au Sahel pour lutter contre les djihadistes, a été retrouvé mort dans son campement au Burkina Faso, a indiqué lundi 17 février le ministère des Armées, précisant ne pas connaître l'origine du décès.

Le sergent-chef Morgan Henry, du 54ème régiment de transmissions de Haguenau (est de la France), est décédé dimanche. «Il a été découvert mort au sein de son campement. Les causes du décès ne sont pas connues», a indiqué le ministère dans un communiqué. Une enquête de gendarmerie a été ouverte.

Le militaire opérait au sein de Barkhane depuis novembre. La force Barkhane vient d'annoncer son passage de 4500 à 5100 hommes d'ici fin février, concrétisation de la volonté de la France d'inverser le rapport de forces sur le terrain.

Les groupes djihadistes du Sahel multiplient depuis des mois les attaques, entretenant une insécurité chronique pour les civils et infligeant des pertes régulières aux armées locales. La France a perdu 13 soldats en novembre au Mali, dans un accident entre deux hélicoptères au combat.

Source : LeFigaro.fr avec AFP

Né le 17 mars 1991 à Gruchet-Le-Valasse [Seine Maritime], Morgan Henry avait été admis à l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent en octobre 2012. Nommé sergent à l’issue de sa formation militaire initiale, il obtint son brevet supérieur de l’armée de Terre en 2014. Affecté au 54e Régiment de Transmissions l’année suivante, il prit part une première fois à l’opération Barkhane, au Mali, de mai à septembre 2016.

Puis, un an plus tard, il participa à l’opération Chammal, en Irak, où il se distingua « particulièrement par ses initiatives », au point d’obtenir une citation comportant l’attribution de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze.

Ce sous-officier « particulièrement brillant », selon sa hiérarchie, a effectué deux autres missions en Irak, au titre de l’opération Chammal. Ses compétences et son sang-froid firent « l’unanimité » à chaque fois. Il fut ainsi de nouveau cité avec attribution de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile d’argent.

Le sergent-chef Henry était titulaire de la Croix du combattant, de la médaille outre-Mer avec agrafes « Moyen-Orient » et « Sahel », de la médaille de la reconnaissance de la Nation et de la médaille d’argent de la Défense nationale, avec agrafes « Transmissions » et « Missions d’opérations extérieures ».

Pour rappel, le 54e Régiment de Transmissions est une unité spécialisée dans la guerre électronique. Ses missions consistent à collecter du renseignement d’origine électromagnétique [ROEM] et d’attaquer les réseaux radioélectriques adverses. « Son but majeur est d’intercepter, définir et rendre intelligible des signaux imperceptibles pour des oreilles non averties », explique l’armée de Terre.

Source : ZONE MILITAIRE

 

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jeudi 30 janvier 2020

Sahel : La France pourrait recevoir un soutien de l’Otan... Si elle le demande...

Actuellement, au Sahel, la France peut compter sur l’appui de plusieurs pays, par ailleurs membres de l’Otan. Pour autant, cela ne veut pas dire que l’Otan, en tant qu’organisation, lui fournit une aide, comme celle qu’elle avait apportée lors de l’intervention en Libye, avec l’opération « Unified Protector ».

« Proclamer son attachement à la sécurité collective ne suffit pas. Une véritable alliance, ce sont des actes, pas des mots », a cependant affirmé le président Macron, le 28 novembre 2019, après avoir reçu Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan. Cela veut-il dire que Paris s’apprête à solliciter l’organisation atlantique?

En tout cas, pour le moment du moins, la priorité de la France est de convaincre ses partenaires européens de s’engager militairement au Sahel, notamment via l’opération Takuba.

« Notre objectif, c’est aussi d’avoir plus d’Européens en première ligne. C’est par exemple l’objet de la mission de la force Takuba, que nous préparons afin de disposer de forces spéciales européennes pour accompagner les unités locales au combat. Les Tchèques, les Belges et les Estoniens ont répondu les premiers. D’autres suivront une fois que leur Parlement aura validé leur déploiement », a ainsi rappelé Florence Parly, la ministre des Armées, dans les colonnes du Journal du Dimanche [édition du 1er décembre 2019].

Cela étant, interrogé par France24, M. Stoltenberg a évoqué un éventuel soutien de l’Otan au Sahel. « Les alliés de l’Otan soutiennent la France au Sahel. Surtout les États-Unis, qui fournissent un soutien significatif », a rappelé l’ex-Premier ministre norvégien. Il aurait pu également citer les contributions de l’Estonie, de l’Espagne ou encore du Royaume-Uni [et bientôt du Danemark]…

Mais l’Otan, en tant que telle, pourrait soutenir la France au Sahel à condition que Paris lui en fasse formellement la demande, a indiqué M. Stoltenberg. « Je ne vais pas spéculer. Mais si la France demande le soutien de l’Otan, je m’attends à ce que les alliés considèrent la question très sérieusement pour faire face au[x] défi[s] du Sahel », a-t-il dit.

« L’Otan a des structures de commandement et des capacités en matière de renseignement et d’entraînement. Nous avons souvent mené des opérations de combat. Nous l’avons fait dans les Balkans […], en Afghanistan, en Irak et ailleurs », a affirmé M. Stoltenberg.

« Donc, l’Otan a les capacités de faire face à une grand nombre de défis pour soutenir la France au Sahel, mais elle ne le fera pas sans demande de la France », a insisté le secrétaire général, avant d’estimer qu’une telle requête ne pourrait qu’être examiné très sérieusement pas les alliés « compte tenu de l’importance du combat contre le terrorisme dans la région ».

Á ce titre, il serait intéressant de voir la position de la Turquie, après les insultes proférées par le président Recep Tayyip Erdogan à l’adresse de M. Macron…Quoi qu’il en soit, M. Stoltenberg a aussi rappelé que la cohérence de l’Otan était de « pouvoir relever les défis sécuritaires d’où qu’ils viennent », c’est à dire du Sud à l’Est en passant par le cyberespace.

Reste que les propos du président sur la « mort cérébrale » de l’Otan ont fait couler beaucoup d’encre… Et le sommet de l’Alliance, qui aura lieu les 3 et 4 décembre à Londres, s’annonce tendu. « L’attitude unilatérale de la Turquie en Syrie a mis à rude épreuve l’unité de l’Alliance. La mise en évidence d’un risque de mort cérébrale de l’Otan a été qualifiée par la presse anglo-saxonne de sonnerie de réveil. Le président de la République a mis des mots sur des questions qui se posent depuis longtemps au sein de l’organisation », a expliqué Mme Parly au Journal du Dimanche. « Certains en veulent au messager, mais notre message est de vouloir ouvrir un débat utile et salutaire pour redynamiser les fondamentaux de cette Alliance nécessaire. C’est cela qui doit être au cœur du débat que nous aurons mercredi à Londres au sommet des chefs d’État de l’Otan », a-t-elle ajouté.

Enfin, toujours au sujet de l’Otan, et réaffirmant que l’article 5 [clause de défense collective, ndlr] ne devait pas devenir l’article F-35, Mme Parly a estimé que « l’Europe n’a pas encore les outils militaires pour être à la hauteur de ce qu’elle est en tant que puissance économique et politique » et que « l’Otan ne sera jamais l’outil de notre souveraineté ». Et d’insister : « C’est aux Européens de construire leur propre souveraineté. »

« Mais il faut arrêter de faire croire que nous devons choisir entre l’Europe et l’Otan. Nous voulons l’Europe souveraine et l’Alliance transatlantique. Les deux doivent pouvoir se renforcer mutuellement », a conclu la ministre.

Source : ZONE MILITAIRE

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mardi 14 janvier 2020

MALI : Selon l'EMA les pertes de l’armée malienne sont dues à la jeunesse et au sous-équipement de ses soldats

En un peu plus d’un mois, les Forces armées maliennes [FAMa] ont perdu au moins 120 soldats au cours de trois attaques distinctes. La première, menée le 30 septembre 2019 et revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM], a décimé le bataillon malien de la Force conjointe du G5 Sahel, lequel a déploré 40 tués dans ses rangs ainsi que de nombreux disparus. Et il a été dit que, l’assaut ayant été lancé à l’aube, la garnison avait été surprise.

L’effet de surprise a également été avancé pour expliquer les lourdes pertes subies à In Delimane [au moins 49 tués, ndlr], lors d’une attaque revendiquée par l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] le 2 novembre, l’assaut ayant été donné à l’heure du déjeuner.

Seulement, même si elles n’avaient pas donné lieu à de tels niveaux de pertes, des attaques similaires avaient déjà été lancées par les groupes jihadistes par le passé. On pouvait donc penser que, avec les retours d’expérience [RETEX], des mesures de protection avaient été prises pour éviter ce type d’assaut. Ou du moins en limiter les effets.

Enfin, le 18 novembre, lors d’une opération transfrontalière conjointe menée avec l’armée nigérienne et appelée Tongo Tongo, une unité malienne est tombée dans une embuscade dans la vallée de Tabankort, au sud de Menaka. Selon un dernier bilan, 30 soldats maliens ont été tués et 100 autres se sont repliés au Niger. La force française Barkhane a engagé une patrouille d’hélicoptères d’attaque Tigre puis une autre de Mirage 2000, ce qui a permis de « neutraliser des terroristes armés et mettre hors d’état des ressources diverses, en deux actions distinctes », a indiqué l’État-major des armées [EMA]. Selon les FAMA, 17 terroristes ont ainsi été mis hors de combat.

Là encore, de telles embuscades avaient déjà eu lieu précédemment, notamment au Niger et au Burkina Faso. La Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] y a également été confrontée.

Quoi qu’il en soit, souligne Paris, le « nombre des attaques n’a pas nécessairement augmenté, mais elles sont de toute évidence plus meurtrières » car « l’ennemi fait face à une armée qui est jeune, dont l’équipement est perfectible, et qui est en voie d’opérationnalisation. » Et cela alors que la mission de l’Union européenne EUTM Mali, lancée en 2013, a formé 14.000 soldats maliens et qualifié 8 bataillons des FAMa.

Cela étant, il est certain que l’équipement des soldats maliens est « perfectible ». Cela avait d’ailleurs été mis en lumière en novembre 2017, lors de l’une des premières opérations menée par la Force conjointe du G5 Sahel à laquelle les FAMa contribuent.

« La capacité de la Force conjointe à concevoir, commander et conduire une opération a été validée, démontrant qu’elle dispose de cadres formés capables de mettre en œuvre des procédures communes », avait indiqué l’EMA, à l’époque. Cependant, il était apparu des lacunes dans les domaines de l’appui aérien, de la logistique, des transmissions et de l’évacuation sanitaire.

Un rapport de l’International Crisis Group [ICG] avait par ailleurs expliqué, en décembre 2017, que l’armée malienne n’existait que « sur le papier » et qu’elle n’avait « qu’une très faible capacité opérationnelle ». Et d’ajouter : « Sa refondation progresse très lentement » et elle « reste en grande partie ce corps désorganisé qu’elle était à la veille du coup d’État du capitaine Sanogo en mars 2012. »

Le sous-équipement des FAMa est régulièrement dénoncé par lors de manifestations organisées après chaque attaque meurtrière dont elles sont la cible. « Aujourd’hui, c’est un moment fort de soutien aux forces de défense et de sécurité. Nous savons qu’elles sont déterminées à accomplir leur mission. Leur détermination se nourrit également de notre détermination à nous tous », a ainsi affirmé Modibo Sidibé, un ex-Premier ministre désormais dans l’opposition, le 15 novembre.

« Nous avons également dénoncé toute la corruption et la mal gouvernance qui malheureusement ont mis nos propres armées dans des situations extrêmement difficiles. Nous avons exigé qu’il y ait un audit sérieux sur le montant alloué par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de programmation militaire », a également insisté Soumaïla Cissé, du Front pour la sauvegarde de la démocratie [FDS], cité par RFI.

Une autre raison avancée par l’État-major français est que les FAMa « contestent le terrain des groupes armés terroristes » et veulent « s’implanter dans le Liptako, dont elles étaient absentes il y a quelques mois encore. »

Aussi, souligne l’EMA, il « est de notre devoir de les accompagner, de souligner leurs efforts et leurs résultats, comme lors de Bourgou 4, ou la reprise du camp de Boulkessi, mais également de les soutenir lors des épisodes douloureux, qui sont malheureusement une facette de leur montée en puissance. »

Cela étant, l’EMA a rappelé la stratégie de la France au Sahel. Ainsi, l’objectif est que les États du G5 Sahel puissent avoir la « capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome ». Au niveau politique, elle repose sur une approche 3D, pour « Défense, Diplomatie et Développement. »

Le volet militaire « repose sur une stratégie zonale de résolution de crise, avec un effort concentré sur la région du Liptako-Gourma, tout en restant capable d’intervenir dans l’ensemble de la bande sahélo-saharienne en tant que de besoin », explique l’EMA. Et cela, dans un environnement à la fois rude et complexe, en raison de la diversité sociale et ethnique des populations.

« La complexité de cet environnement amène donc Barkhane à dépasser le cadre de la lutte contre les groupes armés terroristes, et à mettre en œuvre des actions ciblées regroupées sous trois objectifs distincts mais convergeant vers le même état final recherché », poursuit l’EMA.

Ces trois objectifs visent à réduire la menace terroriste et à entraver la liberté d’action des groupes jihadistes, à mettre ces derniers à portée des forces armées locales et de réduire leur influence via des actions civilo-militaires auprès des populations.

« Notre action auprès de nos partenaires suppose d’une part de les former, de les équiper et de les accompagner au combat. Elle suppose d’autre part de pouvoir les appuyer directement sur le terrain dans les domaines du renseignement, du commandement ou de l’appui aérien », souligne encore l’EMA.

Source : ZONE MILITAIRE - Crédit image AFP

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dimanche 5 janvier 2020

Attentat : Le parquet antiterroriste se saisit de l’enquête sur l’attaque au couteau à Villejuif !

L’assaillant souffrait de troubles psychiatriques, mais les premières investigations « ont permis d’établir une radicalisation ainsi qu’une préparation organisée de son passage à l’acte », a justifié le PNAT.

A Villejuif après l’attaque au couteau qui a fait un mort et deux blessés, le 3 janvier.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé samedi 4 janvier se saisir de l’enquête sur l’attaque au couteau de Villejuif, dans le Val-de-Marne, lors de laquelle une personne est morte et deux blessées. Celle-ci avait été perpétrée la veille par un jeune homme atteint de troubles psychiatriques et converti à l’islam.

« Si les troubles psychiatriques importants de l’auteur des faits sont avérés, les investigations des dernières heures ont permis d’établir une radicalisation certaine du mis en cause ainsi qu’une préparation organisée de son passage à l’acte », a ainsi fait valoir le PNAT dans un communiqué. Les premiers éléments de l’enquête ont en outre « démontré un parcours meurtrier réfléchi et sélectif de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

Ces éléments justifient la poursuite des investigations des chefs d’assassinat et tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteur terroriste criminelle. Celles-ci ont été confiées à la direction régionale de la police judiciaire de Paris, initialement en charge du dossier et la direction générale de la sûreté intérieure.

Ouvrages « salafistes » et lettre « testamentaire »

Nathan C., 22 ans, qui a agressé au couteau des passants vendredi dans un parc de Villejuif a mené son attaque aux cris de « Allahou Akbar », avait déclaré samedi la procureure de Créteil lors d’une conférence de presse. Le jeune homme a perpétré cette attaque d’une « extrême violence » avec une « extrême détermination », selon Laure Beccuau. Il a été abattu par les policiers qui lui ont demandé à plusieurs reprises de jeter son couteau, a-t-elle ajouté.

Les enquêteurs cherchent notamment à comprendre « la nature de (la) radicalisation » de Nathan C., qui s’était converti à l’islam en « mai ou juillet 2017 » et souffrait depuis son enfance de graves troubles psychiatriques. Il a été hospitalisé à plusieurs reprises et avait quitté son dernier établissement en mai avant d’interrompre en juin le traitement qui lui avait été prescrit.

Dans un sac retrouvé sur les lieux, les policiers ont notamment découvert des ouvrages qualifiés de « salafistes », ainsi qu’une « lettre testamentaire avec des répétitions assez caractéristiques du musulman qui s’autoflagelle et qui sait qu’il va peut-être faire le grand saut », a expliqué devant la presse Philippe Bugeaud, directeur adjoint de la police judiciaire de Paris. Le logement qu’il occupait dans la capitale avait par ailleurs « tous les signes d’un appartement qui n’allait plus être occupé », selon la procureure Laure Beccuau.

Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, Nathan C. avait d’abord épargné une première personne, celle-ci lui ayant fait part de sa confession musulmane et lui ayant « récité une prière en arabe », a détaillé Laure Beccuau. Le jeune homme s’est alors attaqué à un couple, blessant mortellement l’homme au niveau du cœur et blessant grièvement sa femme au niveau du cou. Il a ensuite blessé une joggeuse au dos. Les deux femmes blessées sont sorties de l’hôpital.

Source : LeMonde.fr - Photo AFP

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samedi 4 janvier 2020

Burkina Faso : Attaque djihadiste - 7 soldats, 35 civils, et 80 terroristes tués !

Trente-cinq civils, dont 31 femmes, ont été tués dans une attaque djihadiste à Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, une des plus meurtrières de l'histoire de ce pays sahélien, qui a décrété 48 heures de deuil national. 

C'est le président burkinabè Roch Kaboré en personne, à qui a souvent été reproché son manque de poigne face aux groupes djihadistes, qui a annoncé sur Twitter le macabre bilan de cette «attaque barbare».

Quatre soldats et trois gendarmes ont également péri, et «80 terroristes ont été neutralisés» (tués), selon le président et l'état-major des armées burkinabè, qui avait annoncé l'attaque plus tôt dans un communiqué.  «un nombre important de terroristes ont attaqué simultanément le détachement militaire et les populations civiles d'Arbinda», dans la province du Soum, selon l'état-major des armées. L'attaque, d'une «rare intensité», a duré «plusieurs heures».

«Dans leur fuite, les terroristes ont lâchement assassiné 35 civils, dont 31 femmes, et blessé six personnes», a précisé dans un communiqué le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Remis Dandjinou. Une vingtaine de soldats ont aussi été blessés, selon le ministre. Il s'agit d'une des attaques les plus meurtrières qu'ait connus ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest, en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes, comme ses voisins le Mali et le Niger. Début novembre 2019, 38 employés d'une société minière avait été massacrés lors de l'attaque de leur convoi dans l'Est du pays.

Le président Kaboré a salué «l'engagement et la bravoure» des Forces de défense et de sécurité, qui ont «repoussé l'attaque contre le détachement d'Arbinda». «Une centaine de motos, de l'armement et des munitions en grande quantité ont également été récupérés», selon l'état-major. «En ce jour de Noël, ayons une pensée pieuse pour les familles éplorées par les attaques terroristes contre notre pays et soyons en communion avec nos vaillants soldats qui se battent avec héroïsme pour assurer la sécurité du territoire national», a écrit le chef de l'Etat dans la nuit.

Depuis 2015, les attaques djihadistes au Burkina ont fait plus de 700 morts, selon un décompte de l'AFP, et environ 560.000 déplacés et réfugiés, d'après les Nations unies. Le Nord et l'Est du pays sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Ces attaques sont rarement revendiquées mais attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique. Les djihadistes mènent des assauts de plus en plus massifs et organisés, avait expliqué récemment à l'AFP Serge Michailof, expert à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Les forces de l'ordre burkinabè, qui paient un lourd tribut, semblent incapables d'enrayer les violences djihadistes. Elles restent sous-équipées et sous-entraînées, en dépit des discours volontaristes du gouvernement. Depuis deux mois, les forces de défense et de sécurité burkinabè ont revendiqué une série de succès, affirmant avoir tué une centaine de djihadistes au cours de plusieurs opérations. Des bilans toutefois impossibles à confirmer de source indépendante.

Face au péril djihadiste, cinq Etats sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) qui tentent depuis 2015 de mettre sur pied une force militaire conjointe de 5.000 soldats, ont appelé mi-décembre la communauté internationale à les soutenir davantage.

Malgré la présence de forces françaises (4.500 soldats de l'opération Barkhane), de l'ONU (Minusma au Mali), ainsi que de forces américaines, le Sahel subit des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012. La France a convié en janvier 2019 les cinq Etats sahéliens à un sommet pour «redéfinir plus clairement les objectifs militaires, politiques et de développement» de la lutte commune contre les groupes djihadistes, selon le président Emmanuel Macron, qui estime ambiguë l'attitude des présidents burkinabé et malien sur le soutien français.

Source : Le Figaro avec AFP - Photo AFP

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jeudi 26 décembre 2019

Mali : Des militaires russes prochainement en soutien des forces maliennes ?

Des militaires russes vont ils apporter prochainement leur soutien aux forces maliennes ?

Après les récentes attaques meurtrières subies par les Forces armées maliennes, notamment à Boulikessi et à In Delimane, des centaines de manifestants ont réclamé, à Bamako, une aide militaire de la Russie…. Pendant que d’autres voix, notamment médiatiques, ont demandé non seulement le départ de la force française Barkhane mais aussi celle de la Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] et ses 13.000 Casques bleus.

En outre, ce sentiment pro-russe est notamment porté par le « Groupe des Patriotes du Mali », une association de la « société civile » visiblement proche de l’ambassade de Russie à Bamako…

« Certains tentent d’instrumentaliser un sentiment antifrançais afin de se positionner sur le terrain politique. Il ne faut rien généraliser sur ce sujet, la France n’est ni rejetée, ni conspuée, ce qui n’empêchera jamais les critiques à l’égard de notre action », a récemment commenté Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’un entretien donné à l’AFP.

Cela étant, en juin dernier, le Mali et la Russie ont signé un accord de coopération militaire, en marge du salon de l’armement « ARMY 2019 », organisé à Moscou. « À notre avis, l’intensification des liens militaires est dans l’intérêt de nos deux pays. […] La Russie est prête à contribuer à la normalisation de la situation au Mali et à la création de conditions pour une paix et une stabilité durables », assura, à l’époque, Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense.

Pour la Russie, qui cherche à renforcer son influence en Afrique, comme en Centrafrique, où, en échange de concessions minières, elle a envoyé des armes et des « instructeurs » auprès des forces locales, il s’agissait ainsi de renouer le fil avec un pays qui avait gravité dans l’orbite soviétique durant la Guerre Froide, le Mali s’étant orienté, après son indépendance, vers un modèle de type « socialiste collectiviste ». Cette proximité avait évidemment une portée militaire, Moscou ayant livré des blindés, des avions de combat et autres hélicoptères à l’armée malienne.

Cela étant, et avant la signature de cet accord, la Russie avait livré deux premiers hélicoptères d’attaque Mil Mi-35M [sur 4 commandés, ndlr] à la force aérienne malienne. Il est compliqué de préciser l’usage qui est fait de ces appareils. On sait seulement qu’ils ont été réceptionnés sur la base aérienne 101 de Senou-Bamako.

Quoi qu’il en soit, le ministre malien de la Défense, le général Ibrahim Dahirou Dembele, a dû s’expliquer devant les députés au sujet des lourdes pertes subies par les FAMa au cours de ces dernière semaines. La presse malienne s’est fait l’écho des débats.

Ainsi, interpellé par le député Moussa Diarra, qui a mis en doute la « sincérité » des forces françaises au Mali, le général Dembele a été très clair. « En 2013, si la force Serval n’avait pas été là, c’était fini pour nous », a-t-il lancé.

La France et le Mali ont « des relations de coopération militaire et non d’accord de défense. La France, dans le cadre de cette coopération, appuie les troupes maliennes sur le terrain », a ensuite rappelé le ministre malien, avant de déplorer les accusations portées « à tort et à travers » contre Barkhane. « À maintes reprises les troupes françaises sont intervenues pour appuyer les FAMa. La plus récente aide a été le soutien apporté aux soldats blessés après l’embuscade contre les soldats maliens à Tabankort« , a-t-il poursuivi.

« J’attends beaucoup de nos compatriotes qui accusent la France de ne pas intervenir lorsque les soldats sont attaqués. Les troupes françaises ne peuvent que soutenir les FAMa techniquement et non de se substituer aux Forces de défense et de sécurité maliennes. C’est à nous Maliens de créer les conditions nécessaires à notre appareil de défense. Ce n’est pas quelqu’un [d’autre] qui va le faire », a ensuite fait valoir le général Dembele.

Les comptes-rendus de ces débats publiés par la presse malienne se recoupent sur les propos tenus par le ministre au sujet de la coopération militaire avec la France. Ce qui n’est pas tout à fait vrai pour celle avec la Russie.

En effet, selon le quotidien « L’indicateur du Renouveau », repris par les portails Aumali.net et Malijet.co, le général Dembele aurait annoncé « l’arrivée dans les prochaines semaines de militaires russes au Mali pour soutenir techniquement » les FAMa, et en particulier pour assurer la maintenance des deux hélicoptères Mi-35 ainsi que le « perfectionnement » de leurs pilotes.

En revanche, Maliactu.net rapporte des propos plus nuancés. « Ce n’est pas en signant une coopération avec la Russie que les Russes vont nous amener des appareils. Il faut payer. On a commandé quatre hélicoptères. Ils [en] ont donné deux et le 3e est bloqué parce que l’État n’a pas payé le reste de l’argent. Si tu ne paies rien, on ne te donne rien. Rien n’est gratuit aujourd’hui », aurait affirmé le général Dembele.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : Présidence malienne

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lundi 23 décembre 2019

Terrorisme : L’assaillant de trois militaires de l’opération Sentinelle condamné à 30 ans de prison

Le 3 février 2015, soit moins d’un mois après les attentats commis contre la rédaction de Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, à Paris, trois militaires du 54ème Régiment d’artillerie furent attaqués à l’arme blanche par un certain Moussa Coulibaly, alors qu’ils surveillaient un centre communautaire juif situé à Nice, dans le cadre de l’opération Sentinelle.

Les images de vidéo-surveillance montrèrent que l’assaillant était passé à trois reprises devant les soldats avant de passer à l’action. Ayant fait tomber son sac pour faire diversion, il s’était ensuite saisi de son couteau pour frapper deux militaires, avant d’être maîtrisé par le troisième.

Plus tard, il apparut que Moussa Coulibaly venait d’être refoulé de Turquie, à la demande de la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI], qui l’avait repéré pour son prosélytisme religieux. Lors de sa garde à vue, se revendiquant « combattant d’Allah », il avait exprimé sa haine de la France et des militaires.

Il aura fallu attendre décembre 2019 pour voir Moussa Coulibaly être jugé par la Cour d’assises spéciale de Paris. Au premier jour de son procès, le 9 décembre, il avait reconnu l’intégralité des faits qui lui étaient reprochés, avant de revenir sur ses déclarations, deux jours plus tard.

« Ces accusations m’ont peiné. J’étais abattu. J’étais pressé que ça se termine. Je vous ai dit que je reconnaissais les faits mais je ne les reconnais pas », a-t-il en effet déclaré, le 11 décembre. Et il a ensuite expliqué avoir commis son geste sous le coup d’une impulsion, après d’être rappelé d’un verset du Coran. Puis, il s’est défendu d’avoir cherché à tuer les militaires, expliquant qu’il avait voulu « laisser une marque » en les attaquant au visage. Quant aux regrets, il n’en a exprimé aucun. « Je me suis interdit de regretter par solidarité envers les pays musulmans qui subissent les bombardements », a-t-il fait valoir.

« Je conteste avoir voulu me rendre en Syrie, je conteste la tentative d’assassinat, et je conteste la préméditation », a encore insisté l’accusé.

Reste que les explications données par Moussa Coulibaly ne correspondent pas avec les témoignages et les faits.

« Je lui ai fait une balayette, il a chuté. Au sol, il se débattait en me donnant des coups, il essayait de prendre mon Famas. Il avait la rage », a témoigné l’un des trois militaires attaqués. « J’ai cru qu’il était fou. Il avait les larmes aux yeux, les yeux tout rouges, mais il ne disait rien », s’est-il souvenu. Et pour ce brigadier, les intentions de Coulibaly étaient claires. « S’il se débattait comme ça, c’est qu’il avait un sentiment de regret, de ne pas avoir fini son affaire », a-t-il dit.

Quoi qu’il en soit, la Cour d’assises spéciale a suivi les réquisitions de l’avocat général, pour qui l’affaire Coulibaly est « un symbole de la menace terroriste quotidienne » visant la France, depuis l’appel de l’État islamique « à tuer des infidèles », lancé par Abou Mohammed al-Adnani, en septembre 2014.

En effet, les juges ont reconnu Moussa Coulibaly coupable de tentatives d’assassinat et d’association de malfaiteurs terroristes pour avoir tenté de rejoindre la Syrie et l’EI via la Turquie.

En conséquence, ils l’ont condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Une peine assortie d’une période de sûreté des deux tiers, estimant que, lors de l’attaque des militaires, il avait montré une « détermination quasi fanatique », appliquant « à la lettre les injonctions » de Daesh à commettre des attentats en France. En outre, ils ont souligné la « personnalité inquiétante » de ce jihadiste, dont la « dangerosité n’a visiblement pas été atténuée » par les années passées en prison et qui a exprimé « peu ou pas d’empathie à l’audience. »

Source : ZONE MILITAIRE


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