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mercredi 21 août 2019

Syrie : La Turquie dénonce l’attaque d’un de ses convois par les forces syriennes et russes...

À l’été 2018, les forces gouvernementales syriennes ne cachèrent pas leur intention de lancer une offensive en direction de la province d’Idlib, alors dominée aux deux tiers par l’organisation jihadiste Hayat Tahrir Al-Cham [HTS, ex-branche syrienne d’al-Qaïda] et, pour le tiers restant, par des groupes rebelles affiliés au Front national de libération [FNL], soutenu par la Ankara.

Or, cette province d’Idleb faisait partie des quatre régions qualifiées de « zones de désescalade » par l’accord d’Astana qui, conclu en septembre 2017 par la Turquie, la Russie et l’Iran, ne concernaient pas les entités jihadistes, comme l’État islamique [EI ou Daesh] et le HTS. Et les forces turques y installèrent, à la périphérie, des « postes d’observation ».

La Turquie chercha donc à empêcher une offensive des forces syriennes dans cette région. Offensive alors soutenue par la Russie, qui parlait de « vider l’abcès » terroriste qui s’y était développé à cause, d’ailleurs, de la stratégie suivie par Damas et Moscou.

« Chaque fois que le régime de Bachar-al-Assad, appuyé par les Russes, parvient à résorber une poche, il le fait en permettant l’évacuation et le regroupement des mouvements terroristes les plus durs dans cette poche d’Idleb », avait ainsi rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA]. Et d’ajouter : « Cette poche devient problématique dès lors qu’elle peut être le lieu de la reconstitution d’une base à partir de laquelle ces mouvements terroristes n’auront d’autre souci que d’organiser des actions en Europe et en France en particulier. C’est pour cette raison qu’il est souhaitable que cette poche soit résorbée. »

Seulement, avec près de 3 millions d’habitants, une opération visant la région d’Idleb risquait de donner lieu à de graves problèmes humanitaires. D’ailleurs, la Turquie insista sur cette éventualité, craignant de devoir accueillir un flux trop important de réfugiés sur son sol. Mais il s’agissait aussi pour Ankara de protéger les groupes rebelles syriens qui lui étaient favorables.

D’où un nouvel accord trouvé avec la Russie en septembre 2018. Accord qui ne fut que partiellement appliqué, les organisations jihadistes ayant refusé de se retirer d’Idleb.

Puis, en janvier, le HTS passa à l’offensive contre contre le Jabhat Tharir Souriya, une formation radicale qui, née de la fusion d’Ahrar al-Cham avec le Harakat Nour al-Din al-Zenki, rejoignit le Front national de libération en août 2018.

Le succès du HTS dans la poche d’Idleb changea la donne. Fin avril, les forces gouvernementales syriennes, avec l’appui de l’aviation russe, passèrent à l’action. Depuis, 400.000 civils auraient fui les combats, selon les Nations unies.

Quoi qu’il en soit, le 18 août 2019, soit après environ trois mois de combats et de bombardements, les forces favorables au régime syrien sont entrées dans la ville de Khan Cheikhoun [qui fut le théâtre d’une attaque chimique en 2017, nldr]. Une première depuis 2014…

Les objectifs de Damas [et de Moscou] sont de s’assurer le contrôle de l’autoroute stratégique qui relie Damas à Alep et d’imposer un siège au nord de Hama, notamment vers la ville de Morek, où un poste d’observation turc est installé.

Mais la Turquie a réagi à cette avancée majeure des forces pro-Damas, avec l’envoi, en direction de Maaret al-Noomane, à 15 kilomètres au nord de Khan Cheikhoun, d’un convoi d’une cinquantaine de véhicules, dont, selon un correspondant de l’AFP, des blindés et au moins cinq chars.

« Des véhicules turcs chargés de munitions […] ont pris la direction de Khan Cheikhoun pour secourir les terroristes […], ce qui confirme encore une fois le soutien apporté par le régime turc aux groupes terroristes », a immédiatement dénoncé une source au ministère syrien des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle Sana. « Ce comportement hostile du régime turc n’affectera en aucun cas la détermination de l’armée syrienne », a-t-elle ajouté.

Et, visiblement, les forces syriennes et russes ont empêché la progression de ce convoi turc. D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], des frappes aériennes ont été effectués non loin de ce dernier afin de le stopper.

Un véhicule appartenant au Faylaq al-Chamn un groupe rebelle soutenu par la Turquie, aurait été visé par un raid russe, alors qu’il ouvrait la voie au convoi turc aux abords de Maaret al-Noomane. D’où la réaction d’Ankara.

Ainsi, le ministère turc de la Défense a indiqué, via un communiqué, que la Russie avait été informée de l’envoi de ce convoi, lequel devait « ravitailler l’un des postes d’observation » installé par les forces turques à Idleb.

« Nous condamnons fermement cette attaque qui est en contradiction avec les accords existants, la coopération et le dialogue avec la Russie », a ainsi dénoncé le ministère turc. « En dépit d’avertissements répétés que nous avons adressés à la Russie, les opérations militaires menées par les forces du régime continuent à Idleb, en violation des mémorandums existants et des accords passés avec la Russie afin de maintenir les voies d’approvisionnement ouvertes, d’assurer la sécurité de notre poste d’observation et d’empêcher de nouvelles pertes de vies civiles / innocentes dans la région », a-t-il encore fait valoir. Et de conclure : « Sans préjudice de nos droits de légitime défense, nous espérons que les mesures nécessaires seront prises pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. ».

Source : Zone Militaire

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mardi 13 août 2019

Terrorisme : Sept ans de prison pour une jeune femme radicalisée qui projetait un attentat "banal"...

Un attentat juste "banal"...

Janna C. avait été interpellée en 2016. Alors âgée de 18 ans, elle envisageait de commettre un attentat en France au nom de l'organisation État islamique. 

Lors de l'audience, la jeune femme avait reconnu que, à l'époque de son projet, elle considérait un attentat comme "banal".

Aujourd'hui âgée de 21 ans, Janna C. passera les sept prochaines années de sa vie en prison. La jeune femme, radicalisée, avait été arrêtée en 2016, alors qu'elle n'avait que 18 ans. Elle avait pour projet de commettre un attentat sur le sol français au nom des djihadistes de l'État islamique. Or, le tribunal correctionnel de Paris a décidé, mercredi, de la condamner à une peine de sept ans de prison, assortie d'une période de sûreté des deux tiers. Il a également prononcé son maintien en détention et ordonné un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Le 12 juillet 2019, le parquet avait requis la peine maximale de dix ans d'emprisonnement, à l'encontre de la jeune femme. Abreuvée de la propagande de l'EI, elle avait été interpellée le 10 août 2016 dans un jardin public de Clermont-Ferrand, après avoir évoqué un projet d'attentat dans des messages et auprès de sa famille. Cette jeune radicalisée (comme on dit) avait la veille recherché sur Internet « comment fabriquer une ceinture explo » (sic) ou la technique de « fabrication du TATP », un explosif artisanal très instable prisé des djihadistes. Sur Snapchat, elle avait donné « rendez-vous dans le paradis éternel ».

Le tribunal retient un « projet d'action violente »

À l'époque, « j'étais dans mon délire, (...) dans ma bulle » et commettre un attentat était « banal », avait expliqué la jeune femme à l'audience. L'enquête avait débuté après un appel à commettre des attentats en France par le propagandiste français de l'EI Rachid Kassim, relayé sur une chaîne du réseau social Telegram. Les enquêteurs avaient repéré Janna C. en remontant ses échanges avec la créatrice de cette chaîne, alors mineure, poursuivie dans un dossier distinct. Elle était aussi jugée pour avoir incité cette mineure à commettre un attentat et pour avoir envisagé de se rendre en Syrie, ce qu'elle nie.

Le tribunal a retenu un « projet d'action violente » à l'explosif contre Janna C., mais pas de volonté de départ en Syrie. Une autre radicalisée, Djelika S., 25 ans, qui était très proche de Janna sur Internet et qui comparaissait à ses côtés, a, elle, été condamnée à six ans d'emprisonnement. Jeune femme à la personnalité instable, Djelika s'était accusée devant les policiers, indiquant que Janna et elle, avaient prévu deux attaques au couteau pour « tuer le maximum de personnes »; des déclarations faites sans avocat et qui n'ont jamais été corroborées par l'enquête, a souligné le tribunal. Les juges l'ont par conséquent uniquement condamnée pour des velléités de départ en Syrie. Huit ans avaient été requis à son encontre. 

Sources : AFP et Le Point.fr


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dimanche 26 mai 2019

Irak : Trois jihadistes Français condamnés à mort pour appartenance à Daesh

Trois Français ont été condamnés à mort pour appartenance au groupe Etat islamique (EI), a annoncé à l'AFP un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés, dimanche 26 mai. C'est un verdict inédit pour des ressortissants français dans ce pays. Il s'agit de Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-EI avant d'être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, qui prévoit la peine de mort pour quiconque a rejoint une organisation "terroriste", qu'il ait combattu ou non, les trois hommes ont trente jours pour faire appel.

Jusqu'ici, trois Français ont déjà été reconnus coupables d'avoir rejoint le groupe terroriste en Irak : Mélina Boughedir, 27 ans, Djamila Boutoutaou, 28 ans, et Lahcène Gueboudj, 58 ans. Tous trois ont été condamnés à la prison à perpétuité, équivalente à vingt ans de détention en Irak, alors que la France refuse la peine de mort. Ces nouveaux verdicts pourraient relancer le débat sur l'épineuse question du retour des jihadistes, qui suscitent un vif rejet dans l'opinion publique en Europe.

Un avocat dénonce "une justice expéditive"

Léonard Lopez, Parisien de 32 ans converti à l'islam, a répondu aux questions du juge en arabe lors de l'audience de dimanche, après quatre mois d'interrogatoires, sur la base desquels la cour a rendu son jugement. Il a fait partie, au début des années 2000, des plus actifs sur le site jihadiste francophone de référence d'alors, Ansar Al-Haqq. En juillet 2015, sous contrôle judiciaire pour son activité sur ce site, il est parti avec sa femme et leurs deux enfants. D'abord à Mossoul, puis en Syrie, selon les enquêteurs français.

Contacté par l'AFP à Paris, son avocat, Nabil Boudi, a dénoncé une "justice expéditive". "On condamne à la peine capitale un ressortissant français, sur la base uniquement d'une série d'interrogatoires passés dans des geôles de prison à Bagdad", a-t-il affirmé. "Le ministère des Affaires étrangères nous avait pourtant garanti que les Français auraient tous droit à un procès équitable, même en Irak", a-t-il encore dit à l'AFP alors que les défenseurs des droits humains dénoncent "de vrais risques de torture" et "aucune garantie pour des procès équitables".

La toile jihadiste, de Raqqa à Mossoul

Entré illégalement en Syrie via la Turquie, selon ses dires, Kévin Gonot a d'abord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie) avant de prêter allégeance au "calife" autoproclamé du groupe terroriste, Abou Bakr al-Baghdadi. Celui qui se faisait appeler Abou Sofiane a affirmé avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané, en Syrie, en 2015. Il a assuré au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, le fief du groupe jihadiste en Irak de 2014 à 2017, pour y être hospitalisé et non pour y combattre. En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Quant à Salim Machou, 41 ans, il a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité du groupe Etat islamique menée par un ancien légionnaire français, Abdelilah Himich, selon le CAT. Cette "cellule de combattants européens, vivier d'auteurs d'attaques", a compté jusqu'à "trois cents membres", selon les autorités américaines. Salim Machou a hébergé à Raqqa Jonathan Geffroy, selon le CAT, un Français capturé en Syrie et remis à la justice française qui a fait de nombreuses révélations, notamment sur les frères Clain.

Neuf Français doivent encore être jugés en Irak

Neuf autres Français doivent encore être jugés en Irak. Il s'agit de Fodil Tahar Aouidat, Mustapha Merzoughi, Yassine Sakkam, Karam El Harchaoui, Vianney Ouraghi, Brahim Nejara, Bilel Kabaoui, Mohammed Berriri et Mourad Delhomme. Récemment, Bagdad, qui a déjà condamné plus de cinq cents étrangers – hommes et femmes – pour appartenance au groupe Etat islamique, s'est proposé de juger également le millier d'étrangers actuellement aux mains des Kurdes en Syrie. L'Irak demande pour cela à leur Etats d'origine une somme de deux millions de dollars par personne.

Lors de sa visite en France au mois de février, le président irakien, Barham Saleh, avait déclaré que treize Français, remis par les forces arabo-kurdes de Syrie et soupçonnés d'être des combattants du groupe terroriste, seraient "jugés selon la loi irakienne". On ne sait pas si les trois noms concernés faisaient partie de ce contingent. Emmanuel Macron, quant à lui, avait déclaré qu'il revenait aux autorités irakiennes "de décider souverainement si [les jihadistes devaient] faire l'objet de procédures judiciaires sur place".

Le président français avait également ajouté que Paris s'assurerait "que les droits de la défense [soient] bien assurés" et demanderait que les éventuelles peines de mort soient commuées "en une peine à la perpétuité", que la France reconnaît.

Source : FranceTVinfo.fr /AFP

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dimanche 24 février 2019

Syrie : Retour de jihadistes français par l’entremise des forces américaines ?

Apparu, un fusil d’assaut dans les mains, dans une vidéo de propagande diffusée par Daesh en novembre 2014, Quentin L. alias « Abou Ossama Al-Faranci », avait brûlé son passeport après avoir appelé ses co-religionnaires à rejoindre le « califat » autoproclamé. Moins de cinq ans plus tard, il pourrait faire partie des jihadistes français susceptibles d’être rapatriés de Syrie…

La question du retour de ces ressortissants français ayant pris les armes contre leur pays est devenue plus épineuse qu’elle l’était auparavant, notamment à cause de la perspective du retrait militaire américain – et donc de celui de la coalition anti-jihadiste – de Syrie.

Jusqu’à présent, la position des autorités françaises était simple, même si elle pouvait prêter le flanc à un recours en justice, comme celui déposé en janvier 2018 par les avocats d’Émilie König, une militante de Daesh, capturée par les Forces démocratiques syriennes [FDS].

« Si nous agissons dans le cadre de la légalité internationale, nous prenons en charge toute personne sur le territoire français, pour autant nous n’irons pas les chercher où ils sont », avait ainsi expliqué Nicole Belloubet, la ministre de la Justice.

« Beaucoup de ces personnes détenues sur ces théâtres continuent d’affirmer leur volonté de rentrer pour poursuivre le combat en France. Aussi, le souhait légitime des autorités locales de juger les crimes commis sur leur territoire ne saurait être négligé », avait ajouté Florence Parly, la ministre des Armées, dans un entretien donné à Libération.

Seulement, le désengagement américain de Syrie, qui devrait être terminé d’ici avril prochain, change la donne, en ce sens que les FDS, auxquelles les milices kurdes syriennes fournissent le gros des troupes, pourraient faire l’objet d’une offensive lancée par la Turquie dans le nord de la Syrie. Se pose le dilemme : rapatrier les jihadistes français et leurs familles, les laisser à eux-mêmes, quitte à ce qu’ils puissent échapper à tout contrôle et constituer ainsi une menace, ou bien encore les laisser aux mains d’un régime [syrien en l’occurrence] qui pourraient les utiliser comme moyen de pression?

Aussi, la première option est-elle privilégiée. Ce qui donne lieu à beaucoup de commentaires [et à des débordements, dont l’ex-journaliste Nicolas Hénin, ancien otage de Daesh, a fait les frais…]. Or, d’après une information donnée par BFMTV et confirmée par l’AFP, l’un des scénarios envisagés serait de rapatrier les jihadistes français avec le concours des forces armées américaines.

« Les forces spéciales américaines, qui ont déjà rapatrié une dizaine de ressortissants américains sur leur territoire, vont donc extraire ces Français des camps détenus par les Kurdes, les regrouper et les mettre dans des avions. Les Américains les raccompagneront également jusqu’en France. A bord des appareils, aucune escorte française, mais des gendarmes du GIGN sur le tarmac pour les réceptionner », a en effet avancé BFMTV.

Ce plan prévoit le rapatriement de 150 individus, dont une cinquantaine de majeurs [hommes et femmes] et une centaine d’enfants, dont certains en bas âge. Et il pourrait se dérouler en deux temps. Ainsi, un premier avion transportant des figures « sensibles » de Daesh actuellement détenues par les Kurdes, ainsi que des combattants, devrait atterrir en France [sur la base aérienne de Villacoublay?] d’ici quelques semaines. Et il sera suivi par un second vol, qui, cette fois, concernerait les mineurs.

« Un fois sur le sol français, les majeurs qui font l’objet d’un mandat d’arrêt international seront directement présentés à un magistrat du pôle antiterrorisme afin d’être mis en examen. Les autres seront d’abord placés en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI] à Levallois-Perret. La justice aura à charge d’évaluer, au cas par cas, les suites à donner dans chaque dossier », explique BFMTV.

Une source gouvernementale a confirmé l’existence d’un tel scénario auprès de l’AFP. Du moins a-t-elle indiqué qu’il est « fortement envisagée », même si aucune décision définitive n’a encore été prise. « Parmi les options possibles, il y a aussi le maintien [des jihadistes français] sur le territoire syrien », a-t-elle ajouté.

Quoi qu’il en soit, et sans revenir sur les options en cours d’examen, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a une nouvelle fois assuré, depuis Dreux, ce 8 février, que tout jihadiste de retour en France « fera l’objet d’une interpellation, sera présenté à la justice, sera sanctionné. »

Source: Zone Militaire - Photo : Site Intelligence

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jeudi 21 février 2019

Syrie : Le jihadiste français de Daech, Fabien Clain a été tué par une frappe aérienne !

Le jihadiste Fabien Clain "voix du 13 novembre" est mort !
Son frère Jean-Michel est gravement blessé...

Le jihadiste français Fabien Clain a été tué mercredi après-midi lors d'une frappe aérienne à Baghouz, dernier bastion du groupe Etat islamique en Syrie, Daech.

"C'est une bonne nouvelle", réagit le président d'une association de victimes des attentats du 13-Novembre 2015 à Paris.


Le jihadiste français Fabien Clain a été tué mercredi 20 février, dans l'après-midi, en Syrie, par une frappe de la coalition internationale et son frère, Jean-Michel, est gravement blessé, révèle franceinfo jeudi 21 février. Fabien Clain a été tué par une frappe aérienne à Baghouz, dernier bastion de l'organisation terroriste État islamique en Syrie. Le gouvernement français attend encore une analyse ADN pour officialiser sa mort.

Les frères Clain sont les voix qui avaient été rapidement identifiées dans la revendication du groupe État islamique après les attentats du 13-Novembre à Paris. Fabien Clain, 40 ans, était la voix du message sonore du groupe terroriste diffusé au lendemain des attaques perpétrées par trois commandos d'hommes revenus de Syrie. Son frère Jean-Michel, 38 ans, avait été reconnu dans les Anasheeds - chants religieux - de l'enregistrement.

Repérés il y a plusieurs jours à Baghouz

Vétérans du jihad, ils étaient dans le viseur des services antiterroristes depuis des années. Estimant avoir démontré leur implication dans les attentats du 13-Novembre, les juges d'instruction ont émis un mandat d'arrêt contre eux en juin 2018. Les deux frères se trouvaient donc toujours en Syrie : Fabien et Jean-Michel avaient été repérés il y a plusieurs jours dans la région.

Converti à l'islam dans les années 1990, Fabien Clain, alias "frère Omar", et son frère se seraient radicalisés au début des années 2000. En 2009, Fabien Clain est condamné à 5 ans de prison, aux côtés de Thomas Barnouin, dans l'affaire dite de la filière d'Artigat. Fabien Clain était devenu la "voix officielle" du groupe État islamique en français, traduisant les communiqués de l’organisation. Il avait réussi à quitter la France avec sa famille pour la Syrie en mars 2015. Originaires de La Réunion, les deux frères ont grandi dans l'Orne avant de s’installer à Toulouse et de devenir des proches de Mohamed Merah, auteur de tueries dans la même ville en 2012.

Source : FranceTVinfo.fr

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vendredi 15 février 2019

Syrie : Artilleurs et aviateurs français dans l’assaut final contre Daesh

Dans son dernier compte-rendu des opérations, l’État-major des armées a précisé que les artilleurs de la Task Force [TF Wagram], déployés avec 3 CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] en Irak, à deux pas de la frontière avec la Syrie, n’avaient effectué qu’une seule mission de tir entre le 30 janvier et le 5 février, en soutien des Forces démocratiques syriennes [FDS, alliance arabo-kurde, ndlr]. Et qu’aucune des 20 sorties aériennes assurées par les Rafale de la force Chammal ne donna lieu à une frappe.

Cette inactivité, inhabituelle, avait une raison : une pause opérationnelle des FDS devant permettre aux civils de fuir avant de lancer l’ultime assaut contre ce qui reste du « califat physique » de l’État islamique [EI ou Daesh] sur la rive orientale de l’Euphrate, dans la province syrienne de Deir ez-Zor.

Or, les FDS ont annoncé, dans la soirée du 9 février, avoir lancé la « bataille finale » pour « éliminer » les jhadistes, repliés dans un secteur d’environ 4 km2, entre le village de Baghouz et la frontière irakienne. Selon Mustefa Bali, un porte-parole de l’alliance arabo-kurde cité par l’AFP, il y aurait encore « entre 500 et 600 terroristes » présents dans cette zone.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH] a fait état, ce 10 février, de « combats intenses » dans les environs de Baghouz.

« La bataille est en cours. Il y avait d’intenses combats ce matin, avec des explosions de mines », a en effet indiqué Rami Abdel Rhamane, son directeur. Et d’ajouter que la coalition anti-jihadiste, dirigée par les États-Unis, appuie les FDS via des frappes aériennes et des tirs d’artillerie.

Pour les artilleurs français de la TF Wagram, actuellement armée par le 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique [RAA], qui sera prochainement relevé par le 11e Régiment d’Artillerie de Marine [RAMa], c’est le dernier coup de boutoir contre Daesh, après plus de deux ans et demi de présence au Levant. « Achevez le combat! », leur a lancé Florence Parly, la ministre des Armées, le 9 février.

« Aujourd’hui, nous sommes parvenus à un tournant. La destruction du califat physique est presque consommée. Il y a des à-coups mais la fin est proche. Avec votre aide, les contre-attaques ont été systématiquement neutralisées. Les terroristes sont sans chefs, sans communication, dans le désordre de la déroute », avait précédemment affirmé Mme Parly, après avoir rendu un hommage appuyé aux artilleurs français.

« À Fil Fayl, à Qayarrah, à Mossoul, à Al Assad, toujours, au plus près du combat, toujours, talonnant les terroristes. Vos déploiements successifs, c’est la liste des défaites de Daesh, à portée de canon », a souligné la ministre. « Vous déplaçant avec les combats, vous avez porté le fer au plus profond, y compris lorsque personne d’autre ne le pouvait. Certaines semaines, quand les tempêtes de sable ou la couverture nuageuse ne permettaient pas à l’aviation d’opérer, c’était à vous, et encore à vous, qu’on faisait appel pour pilonner Daesh », a-elle encore rappelé.

Au cours  de l’opération Roundup, qui a vu la prise de Hajine et dont l’assaut contre la poche de Baghouz est la dernière phase, la TF Wagram a déjà tiré pas moins de 3.500 obus. Depuis leur engagement contre Daesh, en septembre 2016, les artilleurs français ont assuré plus de 2.400 missions de tirs, ce qui représente 18.000 obus tirés.

Reste à voir combien de temps dureront les combats pour reprendre Baghouz et ses environs. Puis se posera la question du sort qui sera fait aux FDS, à la merci d’une offensive turque après le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie.

« Sans leur soutien, rien n’aurait été possible. Nous leur devons beaucoup. Le Président de la République et moi-même n’avons eu de cesse, dans nos discussions avec les Américains, d’insister sur ce point. Leur sacrifice nous oblige ; notre départ ne doit pas les placer en situation de vulnérabilité », a assuré Mme Parly aux artilleurs de la TF Wagram.

Source: Zone Militaire - Photo : EMA

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vendredi 25 janvier 2019

Syrie : En décembre 2018, les forces françaises ont détruit une centaine de positions jihadistes

Le 14 décembre 2018, et après avoir repoussé de vigoureuses contre-attaques lancées par l’État islamique [EI ou Daesh] à la faveur de mauvaises conditions météorologiques ayant perturbé les opérations aériennes de la coalition internationale dirigée par les États-Unis, les Forces démocratiques syriennes ont annoncé avoir chassé les jihadistes de la localité de Hajine, située sur la rive orientale de l’Euphrate, à une portée de canon de la frontière irakienne.

En outre, et alors que le président Trump venait d’annoncer le retrait des troupes américaines de Syrie, la coalition [opération Inherent Resolve, ou OIR] a visiblement accentué son action au profit des FDS, avec pas moins de 469 frappes [aviation et artillerie] contre Daesh entre le 16 et le 29 décembre. Soit quasiment autant que durant la période allant du 2 au 15 décembre.

Comme l’a expliqué l’État-major des armées, à Paris, dans son compte-rendu du 27 décembre, après les FDS ont poursuivi « leur offensive le long du fleuve et ont atteint la localité d’Abu Hassan où Daesh dispose toujours d’une forte capacité de résistance », après avoir « achevé la sécurisation de la ville d’Hajine. »

Si une très grande partie des frappes contre Daesh sont le fait des États-Unis, il n’en reste pas moins que la force française Chammal fait son maximum avec les moyens qui sont les siens, soit 10 Rafale basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis et trois CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] déployés en Irak, à la frontière syrienne, par la Task Force [TF] Wagram.

Ainsi, rien qu’en décembre 2018, la force Chammal a détruit « près d’une centaine de positions ennemies […] par les moyens terrestres et aériens » de son pilier « appui ». Ce qui inclut, précise l’EMA, une « cinquantaine de véhicules blindés ou piégés, des armes lourdes et des mitrailleuses ». Cette « attrition du potentiel de combat ennemi […] a contribué à faciliter la progression des FDS dans la poche d’Hajine », souligne-t-il.

Une fois encore, les CAESAr auront joué un rôle déterminant. « En décembre, des assauts ennemis ont tenté de percer les lignes défensives des FDS. Ces offensives de Daesh ont été repoussées avec l’appui notamment de l’artillerie française », explique l’EMA.

« Grâce à des matériels de haute technologie dotés d’une capacité de tirer six coups par minute, servis par des artilleurs aguerris par une expérience au combat unique, l’artillerie française s’est révélée aux côtés de ses homologues alliés de la coalition comme un un appui feu essentiel aux opérations terrestres, contribuant à la destruction du potentiel de combat de l’ennemi », insiste l’état-major français.

Entre le 28 novembre 2018 et le 1er janvier 2019, et si l’on se réfère aux points de situation publiés durant cette période, les artilleurs français ont ainsi assuré 88 missions de tir de destruction contre des cibles jihadistes. Et, pour la première fois en opération, la TF Wagram a mis en œuvre l’obus BONUS [BOfors NUtating Shell] pour détruire 8 blindés utilisés par Daesh, ce qui a permis de disloquer une colonne ennemie constituée par une quarantaine de véhicules.

Pour rappel, l’obus BONUS a été conçu pour détruire des véhicules blindés par le toit, qu’ils soient à l’arrêt ou en mouvement. Doté de capteurs et d’un dispositif de reconnaissance de cible, il peut détruire plusieurs véhicules en un seul tir. « À n’en pas douter, l’emploi réussi de l’obus Bonus fera date et va modifier la perception encore trop répandue d’une artillerie ‘arrosant’ le champ de bataille », avait commenté, à l’époque, le colonel commandant la TF Wagram.

D’une portée de près de 40 km, les CAESAr ont la capacité de fournir en permanence, et à court préavis, plusieurs effets lors d’une manœuvre d’ensemble : tirs de destruction, de barrage ou d’interdiction et tirs d’éclairement ou visant à créer des rideaux fumigènes temporaires afin de masquer la progression des troupes amies aux forces ennemies.

Quant aux Rafale, leurs opérations ont été rendues plus compliquées en raison des conditions météorologiques. Cependant, ils ont effectué 33 raids en appui des FDS durant la même période, dont 13 pour la seule semaine allant du 19 au 25 décembre.

Lors de ses vœux aux Armées, le 17 janvier, le président Macron a indiqué que la France resterait militairement engagée au Levant, son objectif « stratégique » étant « d’éradiquer Daesh en privant cette organisation terroriste de toute empreinte territoriale et en empêchant sa résurgence. »

Source : Zone Militaire

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lundi 14 janvier 2019

Turquie : Menace voilée, si la France protege les milices YPG kurdes de Syrie, ça « ne sera bénéfique pour personne »...

Menace voilée de la Turquie - Si Paris persiste à protéger les milices kurdes syriennes, alors ce « ne sera bénéfique pour personne »...

Si le ministère des Armées rechigne à le reconnaître officiellement en raison de la confidentialité qui entoure leurs missions [*], les forces spéciales françaises sont présentes aux côtés des milices kurdes syriennes, qui sont à la pointe du combat contre l’État islamique [EI ou Daesh]. Cette présence a été attestée par un certain nombre de photographies et de vidéos diffusés via les réseaux sociaux et même confirmée par James Mattis, le chef du Pentagone, qui a démissionné de son poste après l’annonce de M. Trump visant à mettre un terme aux opérations militaires américaines en Syrie.

Cette décision est un feu vert donné à la Turquie pour mener une nouvelle offensive dans le nord de la Syrie, contre les milices kurdes syriennes, considérées comme « terroristes » à Ankara, à cause de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan [PKK].

D’où l’embarras des membres de la coalition anti-jihadiste, dirigée par les États-Unis, et dont la France fait évidemment partie. « Un allié se doit d’être fiable », a ainsi commenté le président Macron, critiquant ainsi la décision du chef de la Maison Blanche.

La France « partage l’inquiétude des forces kurdo-arabes », fit savoir, plus tôt, la présidence française. La décision de M. Trump « revient, si on la prend à la lettre, à livrer à elles-mêmes les troupes arabo-kurdes et les populations » mais elle « ne saurait être le prélude à une offensive turque », avait ajouté l’Élysée.

Déjà, en mars 2018, alors que M. Trump avait ouvertement évoqué un retrait américain de Syrie, le président Macron avait assuré les Forces démocratiques syriennes, dont les milices kurdes constituent l’épine dorsale, du « soutien de la France, en particulier pour la stabilisation de la zone de sécurité au nord-est de la Syrie, dans le cadre d’une gouvernance inclusive et équilibrée, pour prévenir toute résurgence de Daesh dans l’attente d’une solution politique au conflit syrien. »

En réponse, l’agence de presse semi-officielle turque Anadolu avait alors publié une carte sur laquelle étaient désignées les positions présumées des forces spéciales françaises en Syrie. Ce qui avait été vu comme une possible « mise en garde » des autorités turques à l’égard de la France.

Ce 25 décembre, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a adressé une menace voilée à Paris. « Ce n’est un secret pour personne que la France soutient les YPG [milices kurdes syriennes, ndlr]. [M.] Macron a rencontré leurs représentants », a-t-il commencé par rappeler, selon l’agence Anadolu.

« Nous n’avons pas d’information sur l’envoi de nouveaux soldats [français] mais ils maintiennent leur présence actuelle. S’ils restent pour protéger les YPG, cela ne sera bénéfique pour personne », a ensuite affirmé le chef de la diplomatie turque.

Une éventuelle offensive turque contre les FDS détournera inévitablement ces dernières du combat contre Daesh… Et elle risque de provoquer la libération des jihadistres faits prisonniers au cours de ces derniers mois… Avec tout ce que cela peut impliquer au niveau sécuritaire.

Pour rappel, et outre la présence de forces spéciales aux côtés des milices syriennes, le dispositif militaire français pour la Syrie s’appuie sur des moyens d’artillerie [TF Wagram], déployés à la frontière irako-syrienne, ainsi que sur des capacités aériennes, lesquelles reposent notamment sur des Rafale basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

[*] Toutefois, Sylvie Goulard, éphémère ministre des Armées [mai/juin 2017], avait vendu la mèche sur les ondes d’Europe1

Source : Zone Militaire


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jeudi 10 janvier 2019

Syrie : Donald Trump déclare que les alliés ne « profiteront » plus des États-Unis... Une désertion « en coordination » ?

La décision de Donald Trump de retirer les troupes américaines de Syrie – et donc de mettre un terme à leurs opérations contre l’État islamique [EI ou Daesh] qu’il juge vaincu alors que ce n’est pas encore le cas – a provoqué du désarroi parmi les alliés des États-Unis… Et la démission de James Mattis, le chef du Pentagone.

Dans la lettre adressée à M. Trump pour justifier son départ, l’ex-général des Marines a estimé qu’il fallait « traiter les alliés avec respect ». Chose que le chef de la Maison Blanche s’est gardé de faire depuis le début de son mandat, notamment en critiquant vertement les membres de l’Otan pour la faiblesse de leurs dépenses militaires (NDLR : ce qui n'est pas totalement inexact), ou encore en prenant des décisions sans la moindre concertation préalable.

« Un allié se doit d’être fiable, de se coordonner avec ses autres alliés » et « être allié, c’est combattre épaule contre épaule », a d’ailleurs fait valoir le président Macron, après avoir dit « regretter très profondément » la décision de son homologue américain au sujet de la Syrie.

L’attitude de M. Trump indispose même jusque dans les rangs du Parti républicain. « Je suis juste triste pour notre pays. Je suis triste pour les relations abîmées avec les pays qui ont été avec nous », a ainsi commenté Bob Corker, le chef de la commission sénatoriale des Affaires étrangères du Sénat. Ténor du Grand Old Party [GOP], le sénateur Lindsey Graham a parlé de « tache sur l’honneur des États-Unis ».

Pour autant, ces commentaires ne sont pas de nature à faire ciller M. Trump. « Aux quelques sénateurs qui pensent que je n’aime pas ni apprécie être allié avec d’autres pays, ils ont tort, J’AIME BIEN », a-t-il fait savoir, via Twitter, le 24 décembre. « Ce que je n’aime pas en revanche, c’est quand nombre de ces mêmes pays profitent de leur amitié avec les États-Unis, à la fois pour la Protection militaire et le Commerce », a-t-il ajouté.

« Le général Mattis ne voyait pas ça comme un problème. Moi si, et c’est en train d’être réglé », a encore affirmé M. Trump.

Lors du dernier sommet de l’Otan, à Bruxelles, en juillet dernier, le président américain avait demandé si les Alliées allaient « rembourser les États-Unis » pour la protection que ces derniers leur avait donné depuis près de 70 ans… Est-ce à dire que cette question va encore revenir sur le tapis en 2019?

Pour rappel, et jusqu’à présent, seuls les États-Unis ont fait jouer la clause de défense collective de l’Otan [article 5], après les attentats du 11 septembre 2001. Et depuis près de 30 ans, de nombreux Alliés ont été de toutes les coalitions dirigées par Washington… Enfin, M. Trump oublie aussi que l’industrie américaine de l’armement profite pleinement de ce jeu d’alliances, avec un chiffre d’affaires de 226,6 milliards de dollars en 2017, soit 57% du marché mondial.

Source : Zone Militaire

Un retrait en coordination avec nos alliés

Récemment, début janvier, un responsable du département d’État a précisé le retrait annoncé par Donald Trump fin décembre 2018.

«Nous n’avons aucun délais pour le retrait de nos troupes de Syrie. Le Président a pris la décision de retirer nos militaires, mais cela sera fait d’une manière pesée et en étroite coordination avec nos alliés et partenaires»

Les États Unis souhaitent maintenir une certaine pression sur l'EI et éviter de créer un vide pour les terroristes de Daech encore présent sur le terrain.

Ce 10 janvier, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo en voyage au Caire, interrogé par un journaliste l'AFP sur le retrait de Syrie, déclare que l’armée américaine a commencé à procéder à un retrait de matériel de Syrie : « Je peux confirmer le déplacement de matériel de Syrie. Pour des raisons de sécurité, je ne vais pas donner davantage de détails pour l’instant ».

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dimanche 23 décembre 2018

Syrie : Avec l’appui de la coalition, les Forces démocratiques syriennes ont chassé l’EI

Au cours de ces dernières 24 heures, l’opération Roundup, menée par les Forces démocratiques syriennes [FDS, alliance de groupes armés arabo-kurdes, nldr] avec le soutien de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, a connu une avancée majeure.

Une semaine après avoir brisé les lignes de défense mises en place par l’État islamique [EI ou Daesh] autour de la ville de Hajine, son dernier bastion important en Syrie, situé sur la rive orientale de l’Euphrate, dans la province de Deir ez-Zor, les combattants des FDS ont rapidement progressé, malgré le danger des mines disséminées par les jihadistes.

Ainsi, le 13 décembre 2018, Mustefa Bali, un porte-parole des FDS, a indiqué que le « centre-ville et la grande mosquée » d’Hajine avaient été « libérés ». « Désormais les éléments de l’EI sont présents dans des tunnels, mais aussi à l’extrémité Est de la ville », a précisé ensuite l’Observatoire syrien des droits de l’Homme [OSDH], qui dispose d’un réseau d’informateurs dans le pays.

Le mouvement s’est ensuite accéléré car, ce 14 décembre, l’OSDH a annoncé que, « au bout d’une semaine de combats acharnés et de raids aériens, les FDS sont parvenues à chasser l’EI de Hajine. » Et d’ajouter : « L’opération s’est achevée à l’aube. »

Pour autant, tout n’est pas terminé étant donné qu’il reste encore « quelques poches de résistance » qui devraient être « nettoyées » dans les prochaines heures et que des combattants de l’EI seraient encore « confinés » dans un réseau de tunnels et à la lisière de Hajine, localité située à une trentaine de kilomètres de la frontière irakienne. D’après l’OSDH, Daesh tiendrait encore les villages de Soussa et d’al-Chaafa.

D’après ce qu’affirmé le commandant en chef des FDS, Mazloum Kobani, à l’agence Reuters, il resterait encore 5.000 jihadistes dans la région, dont 2.000 combattants étrangers. Ce qui est impossible à confirmer (ou à infirmer), l’évaluation des effectifs réels de l’EI ayant toujours été compliquée.

L’opération Roundup a connu de nombreuses difficultés. En octobre, la menace d’une intervention militaire turque dans le nord de la Syrie, contre les milices kurdes syriennes, avait conduit les FDS à suspendre leur offensive [et cette menace est de nouveau d’actualité, ndlr]. En outre, ces dernières ont dû faire face à des contre-attaques de l’EI, facilitées par des conditions météorologiques favorables et menées par des jihadistes à la fois expérimentés et déterminés.

La décision s’est faite après le déploiement massif de troupes des FDS aux portes de Hajine, associé avec un soutien important de la coalition, via des frappes aériennes et des tirs d’artillerie depuis la frontière irakienne.

Ces derniers jours, et alors qu’ils n’avaient jusqu’alors effectué que peu de missions d’appui au sol (une à deux par semaine), les Rafale de la force française Chammal « ont été significativement engagés dans l’appui aux FDS puisque les équipages ont conduit 7 frappes […] permettant de neutraliser 9 objectifs ennemis », a indiqué l’État-major des armées [EMA], dans son dernier compte-rendu des opérations.

Les trois CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] de la Task Force française Wagram, déployée à la frontière irakienne aux côtés d’une unité américaine [la batterie « bravo » du 3rd Cavalry Regiment, ndlr] ont connu une intense activité.

« En trois semaines, Wagram a fourni un effort important pour stopper les contre-attaques de Daesh puis appuyer les opérations des FDS qui reprennent l’initiative dans les derniers réduits tenus par l’organisation terroriste. Ainsi, depuis le 21 novembre, 161 missions de tir ont été réalisées et près de 1000 obus ont été tirés », a ainsi souligné l’EMA. Rien que pour la semaine passée, les artilleurs français ont assuré 38 missions de tir, dont 20 d’éclairement et 18 de destruction.

Cela étant, ayant anticipé la disparition du califat qu’il avait proclamé en juillet 2014 en renouant avec la clandestinité, l’État islamique reste encore une organisation dangereuse, d’autant plus que l’on ignore où se trouve Abu Bakr al-Baghdadi, son chef, et que les conditions d’un règlement politique de la situation, tant en Irak qu’en Syrie, n’ont pas encore été réunies.

« L’EI avait anticipé sa défaite sur le champ de bataille, la perte de son califat, et s’était préparé en conséquence. Des centaines de combattants jihadistes ont pu fuir la Syrie, ont soudoyé des garde-frontières pour entrer en Turquie et, de là, ont disparu. Sous la surface, l’EI a toujours joué le temps long », a ainsi résumé, auprès de l’AFP, Bruce Hoffman, professeur à l’université Georgetown.

Le 28 novembre, Massoud Barzani, l’ex-président du gouvernement régional du Kurdistan irakien a estimé que « Daesh n’est pas vaincu et ne le sera pas aisément ». Et d’ajouter : « Ils étaient sur terre, maintenant ils sont sous terre. […] Ils sont revenus dans de nombreux endroits bien plus forts qu’avant ».

D’après des chiffres compilés par le Center for Strategic and International Studies [CSIS], le nombre d’attaques attribuées à l’EI a quasiment doublé dans certaines provinces irakiennes, par rapport à l’an passé. Dans celle de Kirkouk, la moyenne est de 75 attaques par mois…

Les conclusions d’un rapport intitulé « La seconde résurgence de l’État islamique » et publié en octobre dernier par l’Institute for the Study of War (ISW), incitent à la prudence. Ainsi, écrivent ses auteurs, Brandon Wallace et Jennifer Cafarella, l’EI a « trouvé de nouvelles sources de revenus et a reconstruit un système de contrôle et de commandement sur ce qui lui reste de forces afin de se préparer à une future insurrection à grande échelle, à la fois en Irak et en Syrie. » En outre, il est parvenu à exfiltrer une partie de son trésor de guerre pour l’investir dans des pays de la région, via un réseau de « sociétés écran » comprendrait notamment « des vendeurs de voitures, des magasins d’électronique, des pharmacies et des bureaux de change ».

Source : Zone Militaire - Photo : TF Wagram (c) EMA


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jeudi 4 octobre 2018

Chammal en Syrie : Les artilleurs du CAESAR français font parler la poudre contre Daesh

Cela fait maintenant quatre ans que l’opération Chammal a été lancée contre l’État islamique [EI ou Daesh] qui, à l’époque, occupait un vaste territoire à cheval entre la Syrie et l’Irak. Dans le cadre de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, les forces françaises ont ainsi assuré la formation 9.500 soldats irakiens (via les TF Monsabert et Narvik) et 8.477 sorties aériennes et détruit 2.249 positions et objectifs ennemis.

Désormais, l’organisation jihadiste ne contrôle plus que 1% des territoires sur lesquels elle avait mis son emprise. Depuis une dizaine de jours, la coalition et l’alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes [FDS] ont lancé la dernière phase de l’opération Round up, qui vise à chasser Daesh de l’un de ses derniers fiefs en Syrie, plus précisément à Hajine, sur la rive orientale de l’Euphrate.

Comme l’on pouvait le supposer, les artilleurs français de la Task Force Wagram sont une nouvelle fois très sollicités. Ainsi, au cours de la semaine passée, indique l’État-major des Armées [EMA], ils ont assuré 22 missions de tirs avec leurs CAESAr [Camion équipé d’un système d’artillerie de 155 mm].

Dans son compte-rendu, l’EMA souligne que les missions de tir de la TF Wagram se font « depuis le territoire irakien », ce qui coupe court aux rumeurs sur leur présence en Syrie. Pour rappel, Hajine se trouve à une trentaine de kilomètres de l’Irak, c’est à dire à la portée des canons français, laquelle peut être supérieure à 38 km.

Au total, depuis leur engagement en Irak, en septembre 2016, les artilleurs français ont effectué 1.911 missions de tirs (soit près de 12.000 obus tirés).

Ces missions peuvent être d' »aveuglement », de « neutralisation », de « semonce », « d’interdiction » des axes de circulation ou encore de « déception ».

« Couplés à des moyens ROEM, ROHUM et ROIM, des effets ont été proposés aux forces partenaires pour accompagner les opérations de ratissage et de sécurisation de la frontière irako syrienne lors des opérations de contre insurrection, s’adaptant, en milieu de mandat à un adversaire cherchant à reconstituer des zones sanctuaires ou à se fondre dans un terrain difficile », souligne, dans le dernier ArtiMag, le lieutenant-colonel Frédéric Jordan, chef de corps du 40e Régiment artillerie, qui a armé la TF Wagram entre octobre 2017 et février 2018.

Les CAESAr n’occupent pas toujours une position fixe, le colonel Jordan ayant par exemple évoqué un raid de près de 12 heures « en dehors de toute emprise sécurisée », avec des effets produits « très diversifiés ». En outre, ces missions de tir sont possibles grâce à un échelon logistique, qui assure un « flux de soutien remarquable ».

Cela étant, s’agissant de l’offensive en direction d’Hajine, les Rafale de l’armée de l’Air, basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis, n’ont, pour le moment, pas été sollicités pour des missions d’appui. Selon le compte-rendu de l’EMA, « aucune frappe n’a été réalisée » au cours de la semaine écoulée. Toutefois, les avions de la force Chammal (Rafale, Atlantique 2, avion ravitailleur, et sans doute Transall C-160 Gabriel) ont effectué 19 sorties.

Après quatre ans d’opérations au Levant, l’EI a donc perdu la quasi totalité de son emprise territoriale. Pour autant, la menace qu’il incarne est loin d’avoir disparue. Elle est maintenant probablement plus complexe.

« À mesure que l’État islamique perdait du terrain, il est passé d’une structure de commandement et de contrôle centralisée à un modèle plus diffus. Il a expérimenté et utilisé de petits systèmes aériens sans pilote et des armes chimiques rudimentaires. Le groupe a encouragé les sympathisants à utiliser toutes les armes disponibles – comme les gros véhicules – contre les cibles molles et les espaces publics. De plus en plus, la responsabilité de décider où, quand et comment attaquer est dévolue aux terroristes locaux, inspirés ou habilités par l’EI, à mener des opérations loin de la zone de guerre », a ainsi relevé Nathan Sales en introduction du rapport annuel du département d’État américain sur le terrorisme.

Source : Zone Militaire - Image Defense.gouv.fr

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mercredi 18 juillet 2018

Terrorisme : L’État islamique envisage de s’attaquer à des zones rurales françaises

« Des lionceaux du califat » dans la campagne française !

Originaire de Toulouse, Jonathan Geffroy (alias Abu Ibrahim al Faransi) avait rejoint les rangs de l’État islamique (EI ou Daesh) depuis deux ans quand il fut fait prisonnier par les rebelles syriens soutenus par la Turquie lors de la bataille d’al-Bab, dans le nord de la Syrie, en février 2017. Remis aux autorités françaises, ce jihadiste, qui se dit maintenant « repenti », a été « mis en examen pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. »

En réalité, Jonathan Geffroy était un proche de deux autres jihadistes d’origine toulousaine : Jean-Michel et Fabien Clain, deux responsables de la propagande de l’EI et qui sont, à ce jour, les deux plus haut cadres français encore en vie de l’organisation terroriste. Et, par conséquent, il a beaucoup de choses à raconter.

En mars 2018, le site Mediapart avait révélé une partie du contenu de ses auditions menées par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Et Geffroy avait expliqué que l’EI avait le projet de commettre des attentats en Europe avec des enfants, en l’occurrence ceux appartenant au groupe appelé « les lionceaux du califat ». Ce projet aurait été proposé par les frères Clain à la haute hiérarchie de Daesh.

Dans son édition du 27 juin 2018, le quotidien Le Monde confirme cette information, en citant des extraits des procès-verbaux d’auditions de Geffroy, effectuées par la DGSI et un juge d’instruction.

« Je sais que les futures opérations extérieures seront commises par des enfants qui auront grandi sur zone et qui, passé l’adolescence, seront envoyés en Occident, en Europe et en France, pour y mener des opérations suicides. Mais surtout, ils seront méconnaissables du fait qu’on ne pourra pas les identifier au faciès […]. Mais c’est un projet au long cours, car ils veulent qu’ils grandissent pour pas qu’il y ait de reconnaissance faciale », a ainsi expliqué celui qui se faisait appeler « Abu Ibrahim al Faransi ».

Cependant, on ignore l’état d’avancement de ce « plan », qui, selon Geffroy, a été accepté par la direction de l’EI. « Ça a été validé, donc je pense que ça va se faire, quand ils disent une chose, ils le dont », a-t-il confié aux enquêteurs. Depuis 2017, la situation a énormément évolué : Daesh a perdu ses bastions de Mossoul et de Raqqa, ainsi que la majeure partie du territoire qu’il contrôlait en Irak et en Syrie. D’où la question de savoir s’il est encore en mesure de mener à bien une telle opération.

En tout cas, d’après les propos de Geffroy, ce serait l’un des fils de Fabien Clain qui aurait été nommé à la tête de « opérations extérieures ‘enfants' » pour la France. Comme le souligne Le Monde, à ce jour, une trentaine de mineurs français sont soupçonnés d’avoir participé aux activités de Daesh. Mais seulement trois ont été formellement identifiés parce qu’ils étaient apparus dans des vidéos d’exécutions.

Mais les révélations de Geffroy ne s’arrêtent pas là. Ainsi, les frères Clain seraient « très proches » de la haute direction de l’EI et l’un d’eux – Fabien – pourrait même être le responsable des opérations extérieures de l’organisation jihadiste.

Qu’a-t-il en tête? D’après Geffroy, il aurait eu l’idée de « frapper » des zones rurales en France. « Le deuxième projet, dont ils attendaient des nouvelles quand je suis parti » consistait « à faire des opérations dans des campagnes isolées où il n’y a pas de caméra », a-t-il dit. « Ce n’est pas de grosses attaques mais c’est pour mettre la terreur dans la campagne française », a-t-il précisé.

On ignore, là encore, si ce projet a été validé par la haute hiérarchie de l’EI. Toutefois, la prise d’otage d’un supermarché à Trèbes, une localité d’environ 5.600 habitants située près de Carcassonne, pourrait le suggérer. Si l’auteur de cette attaque, Radouane Lakdim, s’est réclamé de Daesh, il ne s’est jamais rendu en zone irako-syrienne et, a priori, il n’aurait même pas eu de contact avec des membres de l’organisation terroriste.

Le Schéma national d’intervention présenté par le ministère de l’Intérieur en avril 2016 prenait en considération la possibilité d’attaques en zone rurale. « La répartition des forces d’intervention spécialisée est donc cohérente sur l’ensemble du territoire national. Ces unités sont concentrées dans les zones où le risque est très élevé mais n’ignorent pas les territoires éloignés ou de moindre densité de population (outre-mer, certains territoires ruraux et péri-urbains) », y est-il en effet expliqué.

Enfin, et cela rejoint une tendance observée par Europol, le recours à des substances toxiques fait partie des plans de Daesh. Ainsi, Geoffroy a parlé de drones utilisant des « produits chimiques » et fabriqués par un jihadiste français, sans plus de précisions.

Source : Zone Militaire

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lundi 18 juin 2018

Secret-défense ! Les échecs de missiles français tirés en Syrie... Bug ou piratage ?

Syrie : enquête sur les ratés des missiles français

Des missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis bombardent la Syrie. Mais plusieurs missiles français ne partent pas à cause de défaillances. L’État se retranche derrière le secret-défense pour ne pas fournir d’explications.

"Tous les missiles français sont parvenus à leur objectif". Le 14 avril 2018, Florence Parly, la ministre des Armées, annonce que les frappes visant la Syrie qui viennent d’être conduites par la France et ses deux alliés, sont un succès. Une affirmation pourtant partielle, qui cache une réalité moins "glorieuse" pour la Défense française : quatre missiles sur les seize prévus n'ont finalement pas été tirés. Que s’est-il donc passé ce jour-là ?

Une opération coordonnée

Ces missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad, après l'attaque chimique commise une semaine plus tôt, le 7 avril, à Douma, que la France et ses alliés attribuent au régime de Damas. Paris, Washington et Londres décident de frapper militairement des sites de fabrication et de stockage d’armes chimiques en Syrie. Plusieurs cibles sont prévues : l’une en banlieue de Damas, visée par les britanniques et les américains, et deux autres dans le centre du pays, près de Homs, sur lesquelles vont intervenir les Français. Le 14 avril, à 3h du matin, le président américain Donald Trump annonce les frappes.

Un scénario simple qui s'enraye

Dans ce dispositif commun, l'action de la France se décompose en deux volets : l’un aérien et l’autre maritime. Côté air, onze avions de combat dont cinq Rafales sont prévus, ces derniers transportant chacun deux missiles Scalp. Côté mer, trois frégates multi-missions (FREMM) sont déployées en Méditerranée, toutes équipées pour la première fois de missiles de croisière navale (MdCN, d'une portée de 1 000 km).

Mais lors de l'opération, tout ne se passe pas comme prévu. Le 17 avril, le site La lettre A révèle que les frégates ont connu plusieurs aléas techniques. "La première frégate a fait face à un bug informatique et n'a pas pu tirer, confirme Jean-Marc Tanguy, grand reporter au magazine RAIDS. Sur la deuxième, les missiles font long feu et ne partent pas." Les commandants décident alors de recourir à la troisième frégate de secours. "C'est elle qui se charge de tirer les trois missiles MdCN, les seuls qu'elle détient à bord", poursuit le journaliste.

Cette opération militaire se déroule dans un laps de temps très court, avec un créneau de tir de seulement quelques minutes. Impossible donc pour les deux premières frégates de retenter leur chance. Résultat : au lieu des huit missiles prévus, seuls trois sont effectivement tirés.

Un des avions Rafale a lui aussi a connu des ratés. Un des dix missiles Scalp n'a pas donné toutes les garanties nécessaires à son lancement. "Quand l'ordre est donné de frapper, le missile fait lui-même ses vérifications grâce à son intelligence artificielle intégrée, explique un militaire qui préfère rester anonyme. Si tout va bien, les feux sont au vert, mais là ça n'a pas été le cas. En raison du temps très court pour mener à bien la mission, les pilotes ont préféré désactiver la charge et larguer le missile en pleine mer."

Bug ou piratage ?

Comment les autorités expliquent-elles ces bugs à répétition ? La ministre des Armées Florence Parly invoque le secret-défense sur cette opération militaire. "Nous n'avons pas l'habitude de commenter ce que nous faisons, se défend la ministre. Ce sont des informations classifiées." Pas question pour l'armée de donner des informations à l’adversaire. Malgré nos sollicitations, ni la Marine nationale, ni Naval group (l’industriel français qui construit les frégates), ni MBDA (leader européen de la fabrication de missiles) n'ont donné suite à nos demandes d'interviews.

Difficile dans ce contexte de pouvoir apporter une réponse précise sur ce qui s'est réellement passé cette nuit-là. Mais plusieurs sont évoquées pour tenter de d'expliquer ces ratés.

Les nouveaux missiles MdCN ont-ils suffisamment été testés ?

"Il n'y a eu qu'un seul test officiel effectué pour ces missiles, relève Vincent Groizeleau rédacteur en chef du magazine Mer et Marine. Ce n'est peut-être pas assez, mais cet essai a très bien fonctionné". Généralement, plusieurs essais sont réalisés avant la mise en service opérationnelle. "On a considéré que ce système était valide, constate le journaliste. L'armée a décidé qu'il n'y avait pas besoin de faire d'autres tests."

Ces bugs à répétition ont-ils été causés par un piratage russe ? "Dans la zone où sont positionnées les frégates françaises, la présence de sous-marins russes a été relevée, affirme un parlementaire membre de la commission de la Défense nationale. Les russes semblent avoir retrouvé d'importantes capacités militaires." De là à penser qu'il y a pu avoir piratage ? "C'est une question pour l'heure sans réponse."

D’autres experts considèrent que cette hypothèse ne tient pas la route. "Cela me parait peu probable, explique le chercheur Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales. Les systèmes de tirs de ces frégates ne communiquent pas avec l'extérieur. Un sous-marin peut faire des écoutes, ou tenter de gêner le déploiement des bateaux, mais en l'occurrence les russes préfèrent rester discrets plutôt que dévoiler leurs positions et risquer de ne plus pouvoir remplir leurs missions."

Conséquences commerciales et industrielles

L’hypothèse la plus probable reste donc un problème technique. Mais en continuant d'invoquer le secret-défense, le ministère des Armées ne protègerait-t-il pas les intérêts des industriels qui fabriquent ces missiles ?

Dans cette histoire, l’enjeu est de taille pour ces derniers. Un missile MdCN coûte environ un million d’euros pièce. La France en a commandé 150 à l'entreprise MBDA, et compte potentiellement en vendre à l’étranger, mais ce type d’incident technique peut avoir des conséquences commerciales sérieuses. "La crédibilité technique et opérationnelle d'un système est importante pour convaincre des acheteurs potentiels, estime le chercheur Corentin Brustlein. On l'a vu au moment de la mise en service du Rafale, les nombreux tests effectués à l'époque ayant permis de démontrer sa valeur stratégique." Une raison qui pourrait expliquer la réticence de l'État français à communiquer autour des résultats des tirs de missiles en Syrie.

Est-ce pour autant un bon calcul de taire ces éventuels dysfonctionnements ? "Il va falloir donner une réponse, sinon l'arme risque de ne pas être déployée, prévient Jean-Marc Tanguy, du magazine Raid. Une arme qui n'est pas fiable ne peut pas être utilisée, ce qui serait une mauvaise affaire pour la défense française." Un sujet d'autant plus sensible qu'il n'y a déjà que peu de clients susceptibles d'investir dans l'achat de ces missiles.

Le secret-défense est-il pour autant nécessaire dans cette affaire ?

"Il y a des opérations qui doivent rester secrètes, comme lorsque les soldats risquent leur vie, affirme Jacques Gautier, ancien vice-président Les Républicains de la commission de Défense du Sénat. Mais lorsqu'une opération est achevée et que des dysfonctionnements sont constatés, il vaut mieux être les premiers à réagir, plutôt que d'attendre que les journalistes fassent des hypothèses. Le ministère doit réfléchir en amont à sa communication."

La ministre des Armées Florence Parly est attendue le 27 juin 2018 pour s'expliquer devant la commission à l’Assemblée nationale. Et selon nos informations, les industriels et militaires doivent quant à eux rendre un rapport exhaustif cet été sur ce qu’il s’est vraiment passé. Un rapport qui sera sans doute lui aussi classé secret-défense.

Source : francetvinfo.fr - Cellule investigation de franceinfo, Nathalie Hernandez - Radio France

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mardi 12 juin 2018

Syrie : Task Force WAGRAM - Les artilleurs français dans l’offensive contre l’EI...

Depuis le 1er mai2018, et avec l’appui de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis [Inherent Resolve, ndlr], les Forces démocratiques syriennes [FDS], une alliance formée par les milices kurdes syriennes et des groupes arabes armés, mène l’opération « Roundup » qui vise à réduire les dernières positions tenues par l’État islamique [EI ou Daesh] dans l’est de la Syrie, plus précisément dans la moyenne vallée de l’Euphrate [MERV].

En outre, cette opération se fait en coordination avec les Forces de sécurité irakiennes (FSI), positionnées en « interdiction » de l’autre côté de la frontière.

En deux semaines, les FDS ont ainsi repris 30 km2 de terrain à l’EI. Et, il y a quelques jours, elles ont chassé les jihadistes de la localité de Baghuz, située au sud-est de celle d’Abou Kamal, sur la rive orientale de l’Euphrate.

Les artilleurs français de la Task Force [TF] Wagram, dotée de quatre CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie de 155 mm] sont visiblement très impliqués dans l’opération Roundup. L’État-major des armées (EMA) n’a pas précisé leur localisation précise, si ce n’est qu’ils opèrent dans les environs d’al-Qaïm, localité située en territoire irakien, à environ 40 km au sud de Baghuz.

Entre le 1er et le 22 mai, la TF Wagram a ainsi effectué 84 missions de tirs en appui des FDS, dont 34 lors des 7 derniers jours. Dans son compte-rendu hebdomadaire des opérations, l’EMA ne précise pas la nature de ces missions, qui peuvent être d’interdiction, de destruction ou d’éclairement.

Si l’on se fie au nombre moyen de tirs par mission (6,7), l’on peut avancer que les CAESAr français ont au minimum fait feu à 560 reprises depuis le début de ce mois.

Les artilleurs de la TF Wagram ne sont pas les seuls à prendre part à l’opération Roundup étant donné qu’ils opèrent aux côtés d’une unité d’artillerie de l’US Marine Corps.

Comme la bande de Baghuz a été reprise à Daesh par les FDS, l’activité des artilleurs français pourrait baisser d’intensité dans les prochains jours. En effet, le prochain objectif de l’opération Roundup est désormais la localité de d’Hajin, située à une cinquantaine de kilomètres d’al-Qaïm. Or, leur portée étant de 37 km, les CAESAr ne devraient pas être concernés, sauf à les redéployer au plus près de la frontière irako-syrienne.

A priori, de nombreux cadres de l’EI seraient présents à Hajin, ville encerclée par les FDS. Des F-16 irakiens y ont effectué un nouveau raid, ce 25 mai, contre, selon Bagdad, un « QG de dirigeants » de Daesh ainsi que sur un « dépôt d’explosifs ». Ce raid irakien est le troisième à avoir été mené en un mois.

Par ailleurs, toujours dans le cadre de l’opération Chammal, les avions français (Rafale, Atlantique 2 et Transall C-160 Gabriel, dont une photographie a été diffusée par la page Twitter d’Inherent Resolve) ont assuré 12 sorties entre le 16 et le 22 mai, en appui des FDS. Aucune frappe n’a été réalisée.

Contrairement aux artilleurs, les aviateurs français semblent moins sollicités. Cependant, dans la nuit du 14 au 15 mai, deux Rafale de la base H5 [Jordanie] ont détruit un « bâtiment logistique » de Daesh dans le cadre d’une frappe « planifiée ».

Source : Zone Militaire

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samedi 19 mai 2018

Guerre contre Daesch : L'aviation française a effectué plus de 8000 sorties aériennes contre l'Etat islamique

Le porte-parole de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, le colonel Ryan Dillon, a fait état d’une hausse du nombre de frappes aériennes contre des positions occupées par l’État islamique (EI ou Daesh) en Syrie au cours quinze derniers jours. Ainsi, lors de la dernière semaine, 14 raids ont été effectués, a priori par des avions américains étant donné que les aviateurs français de l’opération Chammal n’ont délivré aucune munition entre le 18 et le 24 avril.

Cependant, les appareils de l’armée de l’Air (et l’Atlantique 2 de la Marine nationale) ont assuré 21 sorties aériennes « en appui des forces locales engagées au sol » au cours de la période considérée. Et c’est ainsi que le seuil des 8.000 sorties a été franchi le 23 avril dernier, à l’occasion d’une mission conduite en appui des Forces démocratiques syriennes (FDS) par une patrouille de Rafale ayant décollé la base aérienne projetée H5 en Jordanie.

« Ce chiffre rappelle l’ampleur et l’intensité de l’engagement français dans la lutte contre Daesh depuis septembre 2014, un engagement notamment marqué par la création d’une base aérienne projetée en Jordanie dès les premiers mois de l’opération […] ainsi que par 3 engagements du groupe aéronaval », a souligné le ministère des Armées.

L’aviation française (armée de l’Air et aéronautique navale) réalise quatre types de missions, qui vont du « renseignement dans la profondeur », pour « cartographier » l’adversaire et élaborer des dossiers d’objectifs, aux frappes planifiées et d’opportunité, en passant par le ravitaillement en vol, la coordination et le contrôle (C2) ou encore le transport (8.500 tonnes de fret acheminées depuis la France et entre les différents « spots » Chammal).

Et cela, dans un environnement particulièrement compliqué, notamment dans ciel syrien. «L’imbrication des forces au sol est de plus en plus marquée, au fur et à mesure que l’étau se resserre sur Daesh en Syrie. Il en est de même dans les airs. Les avions de la coalition évoluent désormais quotidiennement dans un mouchoir de poche à proximité des Sukhoï russes et des Mig syriens, tout cela au coeur des systèmes de défense sol-air des forces armées russes et syriennes », avait expliqué, en octobre dernier, le général André Lanata, le chef d’état-major de l’armée de l’Air.

Encore récemment, l’État-major des armées (EMA) donnait le détail précis du nombre d’avions engagés dans l’opération Chammal. Ce n’est désormais plus le cas puisqu’il parle maintenant d’une « dizaine d’appareils, essentiellement des Rafale. »

Or, à la fin de l’année 2017, il était question de réduire le format de la force Chammal, le président Macron ayant assuré que la guerre contre l’EI serait terminée d’ici la fin février 2018. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, les opérations continuent dans la mesure où l’organisation jihadiste a maintenu ses positions à la frontière irako-syrienne, profitant de l’offensive turque à Afrin, laquelle a détourné les Forces démocratiques syriennes (FDS).

« La France restera engagée aussi longtemps que nécessaire auprès de la coalition internationale, des autorités irakiennes et des Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde) », a affirmé, le 26 avril, le président Macron, à la fin d’une conférence internationale contre le financement du terrorisme. « Cette bataille militaire contre Daesh se poursuivra jusqu’à son terme et sous toutes les formes nécessaires pour empêcher de reconstituer quelque marge de manoeuvre que ce soit », a-t-il insisté.

« Ne nous trompons pas, Daesh fera tout ce qui est en son pouvoir pour miner les efforts de l’Irak dans son travail de reconstruction d’un Etat viable et d’une société apaisée, et ces groupements terroristes feront tout dans la durée pour que la Syrie ne soit pas un Etat stable », a encore averti M. Macron.

Source : Zone Militaire - Photo : EMA/ Ministère des Armées

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