FNCV Infos et Actualités des Combattants Volontaires

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Seconde Guerre Mondiale

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi 17 septembre 2012

Le Normandie Niemen fête ses soixante-dix ans

Soixante-dixième anniversaire du Normandie-Niémen

Créé le 1er septembre 1942, le Régiment de Chasse 2/30 “Normandie-Niémen” fête dignement aujourd’hui ses 70 années d’existence à Mont-de-Marsan. Pour l’occasion, un Rafale a reçu une magnifique livrée (photo) rappelant celle des Yak dont cette unité des Forces aériennes françaises libres (FAFL) était dotée à ses débuts, en Russie.

Le “Neu-Neu” comme on l’appelle familièrement (et aussi avec affection) est l’une des unités les plus prestigieuses de l’armée de l’Air. Mise en sommeil en 2009, elle vient de renaître à Mont-de-Marsan, équipée désormais de Rafale.

Au cours de son engagement en Russie lors de la Seconde Guerre Mondiale, le Neu-Neu a obtenu 273 victoires homologuées et 37 autres probables, effectué 5.240 missions et pris part à 869 combats aériens. Mais dans le même temps, il a perdu 42 pilotes sur les 97 qu’il a comptés à cette période. Parmi eux, l’on trouve pas moins de 21 Compagnons de la Libération, dont Marcel Albert, Roland de la Poype, Marcel Lefevre, Albert Littolf, Joseph Pouliquen, Joseph Risso, Jean Tulasne ou encore Pierre Pouyade.

D’autres qui n’ont pas reçu cette décoration ont eu également un comportement admirable. Comment ne pas citer Roger Sauvage, “ce grand garçon, merveilleux combattant, que ses 15 victoires officielles classent parmi les tout premiers as de l’aviation française”, pour reprendre les mots du colonel Pouyade à son sujet ? Ou encore l’héroïque Maurice de Seynes et Albert Preziosi, dont la base aérienne de Solenzara porte le nom et qui a ouvert le compteur des victoires homologuées du Neu-Neu?

En avril 1943, le groupe de chasse Normandie venait d’arriver à Polotniani-Zavod, à plusieurs dizaines de kilomètres du front. Affectée à la Ière armée aérienne soviétique, commandée par le général Khondiakov, l’unité reçut trois missions principales : protéger les bases du secteur et les troupes au sol, intercepter tout avion de reconnaissance ennemi, escorter et protéger les bombardiers P2.

Pendant une dizaine de jours, les pilotes du Normandie rongèrent leur frein, en partageant leur temps entre les fausses alertes et l’attente, sanglés dans leur Yak. Mais le 5 avril, les choses sérieuses commencèrent. Compagnon de Libération, Albert Durand, qui sera hélas abattu le 1er septembre de la même année, raconte (*) : “Deux Focke Wulf. Au retour. On était “en pigeonnier”, au-dessus du P.2. Ils ont foncé comme à l’hallali. Ils ne nous ont pas vus. Preziosi s’est mis dans la queue du premier. Une seule rafale a suffi. Plein arrière et à peine à 50 mètres. Le Frisé a piqué droit sur le sol. J’ai eu le second par trois quarts avant. Il s’est tiré en perdant de l’altitude et en crachant de la fumée noire”.

A peine la nouvelle de ces deux victoires connue, le major Dymtchenko, commandant le 261ème régiment de bombardiers vint remercier en personne les deux pilotes. “Franzouskis!… Ah! Franzouskis!… Vous avez sauvé l’un de mes avions. Notre général Khondiakov avait raison… Confiance et affection à nos amis français!” (*).

(*) “Normandie-Niémen”, Yves Courrère – Editions Presses de la Cité - Photo : publiée avec l’amabilité du 2/30 Normandie-Niémen (c) Philippe Chaillet

Source : Zone Militaire

* * *

mercredi 9 mai 2012

8 mai : Une cérémonie "républicaine"

8 mai 2012, les présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande réunis pour un symbole républicain

Une fois déjà, deux présidents s'étaient retrouvés dans une situation similaire : François Mitterrand et Jacques Chirac, en 1995.

Le président sortant a proposé. Le président entrant a accepté. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont donc été tous deux, mardi matin à 11 h 15, aux cérémonies commémorant l'armistice du 8 mai 1945, au pied de l'Arc de triomphe.

Le président élu était arrivé sur place peu avant 11h. Le président sortant, lui, est arrivé vers 11h10, a passé en revue les troupes puis s'est dirigé vers la tribune où il a salué brièvement François Hollande avant de l'inviter à le suivre pour la cérémonie proprement dite.

Les deux hommes ont alors déposé la gerbe et rallumé la flamme sur la tombe, avant d'écouter, côte à côte, La Marseillaise, puis le Chant des partisans, entonné par les chœurs de l'armée française. Tous deux ont ensuite salué d'anciens combattants.

À la fin de cette courte cérémonie, l'élu et le sortant ont échangé quelques mots en souriant, avant d'aller saluer les personnalités et anonymes. Ils se sont séparés après une dernière poignée de main, sans faire de déclaration officielle.

Complicité présidentielle

Nicolas Sarkozy s'est peut-être remémoré qu'en 2007, il n'avait pas donné suite à l'invitation de Jacques Chirac de célébrer avec lui les cérémonies du 8 Mai. Il était parti pour Malte sur un yacht, poursuivant après la soirée au Fouquet's une période «bling bling» qui lui fut tellement reprochée.

Une fois déjà, deux présidents s'étaient retrouvés dans une situation similaire: François Mitterrand et Jacques Chirac, en 1995. Il s'agissait d'une cérémonie d'un faste particulier, en présence de nombreuses têtes couronnées européennes, cinquante ans après la victoire sur l'Allemagne nazie. Jacques Chirac s'y était distingué par sa galanterie: lorsque le vent avait fait s'envoler l'écharpe jaune de Danièle Mitterrand, il avait promptement mis le genou droit à terre pour ramasser ladite écharpe et la remettre à l'épouse du président.

Le 13 mai, l'entrant et le sortant s'étaient à nouveau retrouvés, cette fois dans la tribune du Parc des Princes, pour la finale de la Coupe de France de football entre Paris-Saint-Germain et Strasbourg. Le PSG l'avait emporté.

Les deux présidents, après s'être si longtemps combattus, avaient en ces deux occasions pris un malin plaisir à faire éclater aux yeux de tous une complicité très présidentielle. Le vieux président socialiste, malade, n'était peut-être pas mécontent de voir le leader de la droite l'emporter, plutôt que le socialiste Lionel Jospin, tant il semblait douter de la capacité d'un autre socialiste que lui à conquérir l'Élysée.

Source : LeFigaro.fr

* * *

vendredi 13 avril 2012

La face cachée de Raymond Aubrac, agent communiste

L'historien du communisme, Stéphane Courtois, décrit la face cachée du résistant.

Directeur de recherches au CNRS, l'historien Stéphane Courtois est un spécialiste du communisme. Elève d'Annie Kriegel, il a été le maître d’œuvre du Livre noir du communisme. Ses derniers livres sont "le Bolchevisme à la française" (Fayard)  et, sous sa direction, "Sortir du communisme, changer d'époque" (PUF). Historien engagé, mais grand connaisseur des archives, il nous décrit la face cachée d'un personnage aujourd'hui encensé.

* * *

Qui était vraiment Raymond Aubrac ?

Un agent soviétique, mais pas au sens où il aurait travaillé pour les services d'espionnage de l'Union soviétique. Il était plutôt un membre important du réseau communiste international, un sous-marin communiste si l'on veut ; en tout cas, beaucoup plus qu'un agent d'influence. Un homme comme lui avait évidemment un correspondant à Moscou.

En a-t-on des preuves ?

Nous n'avons pas de documents, comme par exemple dans le cas de l'ancien ministre radical Pierre Cot. Toutefois, l'ancien dissident tchèque Karol Bartosek avait découvert dans les archives du PC à Prague des documents qui montrent qu'Aubrac y était reçu par Klement Gottwald, le chef historique du PC tchécoslovaque, qui fut aussi un agent du Komintern.

Mais Aubrac a toujours expliqué qu'il n'avait jamais été membre du PCF ?

(Rire). C'est exact, formellement, mais tout cela est cousu de fil rouge. Il faisait partie de ce qu'on appelle les "hors-cadres", des gens de haut niveau dont le PCF n'avait pas besoin qu'ils prennent leur carte. Ils leur étaient plus utile à l'extérieur. Aubrac était un ingénieur, sorti de l'Ecole des Ponts et Chaussées, et le PCF ne voulait pas le mettre en avant. Ce qui ne l'empêchait pas de participer à des réunions de cellules comme "observateur". Avant guerre, sa future épouse Lucie était elle-même communiste, proche d'André Marty - qui fut représentant du PCF au Komintern.

Ses biographes le présentent comme une sorte d'industriel à la tête d'une entreprise d'urbanisme. Qu'en est-il ?

La société qu'il dirigeait était le Berim - le Bureau d'études et de recherches pour l'industrie moderne. Placé sous la responsabilité de Jean Jérôme, l'un des hommes les plus importants et les plus secrets du PCF - cette société servait aussi de pompe à finances au Parti. C'est, par elle, que passait une partie des financements en provenance de l'Est - sous la forme de contrats plus ou moins bidons. Même chose avec les maires communistes.

On apprend qu'il était à Saïgon lors de l'arrivée des chars du Nord-Vietnam en 1975. Qu'y faisait-il ?

Aubrac a joué un rôle très particulier dans l'affaire du Vietnam. Lorsque le dirigeant communiste Hô Chi Minh vint en France en 1946, il fut hébergé par les Aubrac à la demande de Jacques Duclos. Puis il servit de contact entre l'appareil communiste international et Henry Kissinger lui-même. Du sérieux, on le voit.

Son rôle durant la Résistance a fait l'objet de polémiques. On se souvient d'un procès contre l'historien Gérard Chauvy et d'une table ronde organisée en 1997 par Libération. Qu'en pensez-vous ?

Pendant longtemps, Aubrac et son épouse Lucie ont raconté qu'il s'était évadé à la suite d'une opération de la Résistance. Or, Arthur Kriegel - qui a participé à cette action commando - assurait qu'Aubrac n'était pas là quand elle eut lieu. Puis Aubrac a reconnu dans la biographie "autorisée" que Pascal Convert lui a récemment consacrée qu'il ne s'était pas évadé, mais qu'il avait été libéré.

Un autre épisode pose problème. A la Libération, il est commissaire régional de la République à Marseille. Or De Gaulle va le virer sans ménagement et sans explication.  A Marseille, il avait créé des CRS (Compagnies républicaines de sécurité) dont on découvrit plus tard qu'elles étaient entièrement infiltrées par le PCF.

Quant à la table ronde de Libération, une anecdote est significative : Aubrac s'est mis en colère au moment même où Daniel Cordier lui a demandé d'avouer enfin qu'il était communiste. Jusqu'au bout, il l'aura nié. C'était un gros poisson de l'appareil, très bien camouflé, en particulier derrière l'image de son épouse Lucie Aubrac.

Source : Secret défense - Jean-Dominique Merchet

* * *

jeudi 12 avril 2012

Résistance : Mort de Raymond Aubrac - Hommage pour son dernier maquis

Son quasi-siècle de vie fut un roman, traversé par les ombres de la guerre et marqué par l’esprit de résistance à toutes les oppressions.

«Résister, c'est réagir face à l'injustice, donc agir »

Toute une vie d'engagement

Cofondateur du mouvement « Libération Sud », Raymond Aubrac était le dernier survivant des responsables de la Résistance réunis et arrêtés par Klaus Barbie le 21 juin 1943 à Caluire, près de Lyon, avec Jean Moulin, le chef du Conseil national de la Résistance (CNR).

 "La Résistance ? De petits gestes et quelques aventures"

En 1947 et 1950, il avait été témoin à charge lors des deux procès du résistant René Hardy (décédé en 1987 à Melle, dans les Deux-Sèvres), accusé d'avoir livré Jean Moulin à la Gestapo et acquitté au bénéfice du doute.
Sa légende est indissociable de celle de Lucie, sa femme, épousée en 1939 et disparue voici cinq ans. Héroïne de la Résistance, hissée au rang de mythe, cette intellectuelle avait libéré son époux les armes à la main lors d'un transfert de prisonniers en octobre 1943. Cet épisode est au centre des films de Jean-Pierre Melville L'Armée des ombres (1969) et de Claude Berri, Lucie Aubrac, sorti en 1997, avec Carole Bouquet dans le rôle de l'héroïne. Recherché par la Gestapo, le couple est parti pour Londres. Raymond a gagné Alger ensuite où il est devenu délégué à l'Assemblée consultative, en juin 1944. A la Libération, il est promu commissaire régional de la République à Marseille, responsable du déminage du littoral, puis inspecteur général à la Reconstruction avant d'entreprendre une longue carrière de haut fonctionnaire international.

Né Raymond Samuel, le jour de l'assassinat de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, quelques heures avant le début de la Première Guerre mondiale dans une famille de commerçants juifs de Vesoul, Raymond Aubrac a perdu ses parents dans les camps d'extermination nazis. Cet ingénieur de formation, profondément patriote et républicain, fut longtemps compagnon de route du Parti communiste. Citoyen très actif, il s'est rendu des années durant dans les collèges et les lycées de France en compagnie de sa femme pour témoigner et raconter la Résistance. « Je ne supporte pas la solitude après 67 ans de vie commune. Alors quand je me suis retrouvé seul, j'ai été heureux d'avoir des invitations de scolaires qui me donnaient le sentiment d'être encore un peu dans la vie », expliquait en 2010 Raymond Aubrac à « La Nouvelle République » lors de l'inauguration d'un établissement portant son nom dans cette ville.

« Résister ? C'est essayer de comprendre ce qui se passe dans la société qui nous entoure. Et quand on a le sentiment qu'on est devant une injustice, c'est réagir à l'injustice, et ne pas se contenter de la constater mais essayer de faire quelque chose. Pour moi, ajoutait-il, c'est ça la Résistance, ça couvre des petits gestes et aussi quelques aventures. » Grand-croix de la Légion d'honneur, croix de guerre 39-45, rosette de la Résistance, Raymond Aubrac avait publié en 1996 son autobiographie, Où la mémoire s'attarde.

L'ère du soupçon et le poison de la calomnie

Peut-on en finir avec Caluire ? Cinquante après ces événements, et en dépit de deux procès intentés contre René Hardy, participant à la fatidique réunion et principal suspect, voici que surgit au printemps 1997 un ouvrage réorientant les soupçons vers les époux Aubrac. Journaliste lyonnais et historien de circonstances, Gérard Chauvy s'appuie sur un texte de 63 pages condensant les vénéneuses confessions de Klaus Barbie, jugé dix ans plus tôt à Lyon et mort dans l'intervalle. Le bourreau y désigne sa victime, précédemment arrêté par la Gestapo comme agent double. Une commission d'historiens incontestables dissipera cette calomnie posthume. Les époux Aubrac obtiendront d'autre part la condamnation de son propagateur pour diffamation sans jamais chercher à exploiter cette réparation judiciaire.

Souvenir - Flamme

La flamme de la Résistance qui les animait c'était cela aussi. Ces visites réitérées auprès des collèges et des lycées, les débats sans hauteur et de plain-pied avec les élèves, leurs parents parfois et et leurs enseignants. A vingt reprises peut-être les époux Aubrac, puis Raymond seul ces dernières années, sont passés par le Berry, le Poitou ou la Touraine où un établissement porte leur nom à Luynes. La NR l'interrogeait voici deux ans sur son ralliement à la Résistance. « Je n'ai pas vraiment l'impression d'y être entré », estimait Raymond Aubrac, qui ne semblait pas disposé à en sortir.

Source : La nouvellerepublique.fr

* * *

Raymond Aubrac, créateur du service français de déminage

On sait peu que le résistant fut à la fin de la guerre responsable du déminage du territoire, truffé de mines antipersonnel et d'obus.

C'est un aspect peu connu de la carrière du résistant Raymond Aubrac que nous rappelle le lieutenant-colonel Florent Hivert, officier de communication à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, qui dépend du ministère de l'Intérieur.

À la Libération, Raymond Aubrac avait occupé d'importantes fonctions et fut notamment le fondateur à la fin de la Seconde Guerre mondiale du service de déminage de la Sécurité civile. Durant la remontée victorieuse des troupes alliées vers l'Allemagne, le génie militaire pouvait à peine traiter les engins laissés par les troupes en retraite. Ce sont donc des démineurs civils qui en furent chargés, après le passage des troupes. Raymond Aubrac dirigea cette mission. Il fallut des années de dépollution pour nettoyer le plus gros des sites infestés par les bombes non explosées, les stocks dispersés de munitions inutilisées, et bien sûr les plages truffées de mines antipersonnel. On se souvient que les prisonniers allemands furent souvent affectés à ces tâches meurtrières et qu'ils furent très nombreux à y laisser la vie.
13 millions de mines détruites en 1947

Ainsi que le rappellent les héritiers de ces opérations, le service de déminage est mis en place le 21 février 1945 au sein du ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Il est dirigé par Raymond Aubrac sous l'autorité de Raoul Dautry. À cette occasion, le jeune résistant a été nommé inspecteur général, responsable des opérations de déminage sur l'ensemble du pays. 3 200 volontaires français et 48 500 prisonniers de guerre allemands sont alors affectés à cette tâche colossale. À la fin de l'année 1947, les travaux de neutralisation des champs de mines connus et répertoriés sont considérés comme terminés. À cette époque, près de 13 millions de mines réparties sur 4 757 km2 de terrain ont été détruites ainsi que plus de 16 millions d'obus, bombes et autres munitions non explosées.

Le bureau du déminage de la Sous-direction des moyens nationaux de la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises poursuit aujourd'hui cette mission. En 2011, 603 tonnes de munitions ont été collectées et détruites par les 305 démineurs de la Sécurité civile.
Qui est le plus jeune ?

Dans son ouvrage Où la mémoire s'attarde (Odile Jacob, 1996), Raymond Aubrac évoque ainsi sa nomination : "Rentrant un jour du conseil des ministres, Raoul Dautry réunit ses directeurs et les commissaires présents à Paris. Nous avons, nous dit-il, une nouvelle tâche. Les militaires veulent être déchargés de la responsabilité du déminage (...). Il faudra, à la cadence actuelle, dix ans et une centaine de milliards, disent-ils. Tous leurs moyens sont consacrés à la poursuite de la guerre. Or l'enlèvement des mines est, nous le savons bien, un préalable à la reconstruction. J'ai donc accepté cette responsabilité. Qui de vous, messieurs, est volontaire pour s'en occuper ? Un grand silence répondit au ministre. Le déminage faisait peur. Il ne se passait pas un jour sans que l'on apprenne par la presse que les mines avaient fait de nouvelles victimes, souvent des enfants. Et nos propres activités militaires ne nous avaient guère accoutumés à ces engins.

Bien, dit le ministre. Je vois. Qui d'entre vous est officier du génie ? Nous levâmes tous la main puisque nous étions tous officiers de réserve dans cette arme. Alors, demanda Raoul Dautry, qui est le plus jeune ? Cette fois je fus le seul à lever la main. C'est ainsi que le sort me désigna."

Source : Lepoint.fr - Jean Guisnel

* * *

mardi 3 avril 2012

Le colonel Mademba Sy, grand officier de la Légion d'honneur

Claude Mademba-Sy, 88 ans, a été élevé, le 20 mars 2012, à la dignité de grand officier de la Légion d'Honneur. Né à Versailles en 1923, Claude Mademba-Sy est une exceptionnelle figure franco-africaine.
D'origine sénégalaise, son père Abedlkader était l'un des premiers officiers "indigènes" à servir dans les troupes coloniales durant la 1ère guerre mondiale, jusqu'au grade de commandant. Il était issu d'une lignée très militaire, dont un ancêtre combattait déjà avec Faidherbe, au milieu du XIXème siècle.
 
Orphelin très jeune, Claude est en Tunisie avec sa mère - d'origine européenne - lorsque la seconde guerre mondiale éclate. En juin 1943, il s'engage au Régiment de marche du Tchad, une unité de la 2ème DB du général Leclerc. Avec le RMT, il débarque en France en Normandie en 1944, et participe à la libération de Paris, puis à la campagne d'Alsace et d'Allemagne. Il intègre Coetquidan en 1945 (promotion Victoire) puis poursuit sa carrière dans l'armée, servant en Indochine et en Algérie, au sein du 6ème RPIMa notamment.

Lors de l'indépendance du Sénégal en 1960, il opte pour le Sénégal où le président Senghor l'appelle pour créer la nouvelle armée du pays. Mais très vite, le pouvoir - qui se méfie des forces armées - éloigne le colonel Mademba-Sy de Dakar en le nommant ambassadeur. Il entame alors une nouvelle carrière diplomatique.
 
Aujourd'hui installé en France, il est l'un des grands défenseurs de la cause des tirailleurs sénégalais, notamment autour de la question de la décristallisation des pensions - aujourd'hui acquise.

Source : Secret Defense

* * *

jeudi 11 août 2011

Etats Unis : Un Ranger décoré de la Médaille d'Honneur par le président Obama

Le sergent Petri, décoré de la Médaille d'Honneur par le président des Etats Unis

La Medal of Honor est la plus haute distinction militaire américaine. Elle est décernée avec parcimonie puisqu’en 150 d’existence, elle n’a été attribuée que 3.500 fois. Et même depuis la guerre de Sécession, environ seulement 2.000 soldats américains l’ont obtenue pour avoir accompli une acte héroïque « au-delà du devoir ».

Au moins 84 combattants à qui elle a été attribuée sont encore en vie actuellement, dont 55 vétérans de la guerre du Vietnam, 13 de la guerre de Corée et 15 et la Seconde Guerre Mondiale. L’an passé, fait rarissime donc, le sergent-chef Salvatore Giunta l’a reçue des mains du président Obama, pour sa conduite héroïque lors d’une embuscade en Afghanistan. Avant lui, quatre autres militaires américains l’avaient obtenue, mais à titre posthume.

Le 12 juillet 2011, et pour la deuxième fois depuis la guerre du Vietnam, un autre soldat, le sergent Leroy Petri, s’est vu remettre, de son vivant, la Medal of Honor. Membre du 75th Rangers Regiment, de l’US Army Special Operation, ce sous-officier originaire de Santa Fe (Nouveau-Mexique), s’est illustré le 26 mai 2008 lors d’un assaut contre contre un compound où s’étaient réfugiés quarante insurgés, dans la province de Paktia, en Afghanistan.

Ce père de quatre enfants, bientôt âgé de 32 ans, s’est saisi, ce jour là, d’une grenade lancée par l’ennemi et tombée près de ses hommes. Déjà blessé par balles aux jambes, la munition a explosé juste au moment où il venait de la jeter. Le sergent Petri a eu sa main arrachée et le corps criblé d’éclats. Malgré ses blessures, il a continué à combattre et son action a permis de sauver la vie à deux de ses camarades.

« Leroy Petri a montré que les vrais héros existent toujours » a déclaré le président Barack Obama, au moment de lui remettre la Medal of Honor, dans les salons de la Maison Blanche. Le Ranger a désormais une prothèse dotée de capteurs en lieu et place de sa main. Actuellement, il est affecté au Special Operation Command en qualité d’agent de liaison.

Source : Zone Militaire

* * *

dimanche 8 mai 2011

Paris : Rue Mohamed Bouazizi ? ... Quel hommage pour nos héros ???

En ce jour de commémoration de la capitulation l'armée allemande le 8 mai 1945, ou se tiennent les cérémonies en hommage à la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie.
Plus de soixante ans après la Seconde Guerre Mondiale, il faut encore se battre, encore et encore... Contre l'oubli maintenant ! 

 

* * *


Pourquoi donner à un lieu de Paris le nom du Tunisien Mohamed Bouazizi et ignorer nos soldats morts pour la France ?

55 morts pour la France en Afghanistan...

Bertrand Delanoë, le maire de Paris, propose de baptiser Mohamed- Bouazizi un lieu de la capitale, pour rendre hommage à ce jeune chômeur, dont l'immolation, le 17 décembre 2010, fut à l' origine de la révolution tunisienne. N' a-t-il jamais entendu parler du maître principal Loïc Le Page, de l' adjudant-chef Pascal Correia, du sergent Damien Buil, du caporal Alexis Taani, du lieutenant Lorenzo Mezzasalma, de l' infirmier Thibault Miloche, du capitaine Benoît Dupin et de tant d' autres, morts pour la France en Afghanistan ?

Cinquante-cinq soldats français ont laissé leur vie depuis 2004 sur ce théâtre.

Ils sont, à plus d' un titre, des figures de proue pour notre société, qui hésite pourtant à les mettre en valeur, comme si l' agenda médiatique ou politique ne le permettait pas.

Aucun de ces cinquante cinq militaires n' a encore donné son nom à une rue ou à une place de France.

Est-il donc urgent de le faire, à Paris, pour Bouazizi ? Leur sacrifice, net de toute considération sociale, ethnique ou religieuse, n' est-il pas le meilleur des creusets d'intégration, dans une société qui en a tant besoin ?

Les armées se posent ces questions.

Quinze ans de professionnalisation et le retour de la guerre de haute intensité alimentent ces réflexions sur la place accordée par la société à ceux qui risquent leur vie pour elle. L'ambitieuse revue Inflexions, éditée par l' armée de terre, organise même, ce 27 avril, une journée d' études sur le thème "Que sont les héros devenus ?" Les points traités - "Héroïsme sans héros': "Pourquoi les héros ont disparu" - traduisent bien les interrogations de l' institution de défense sur la légitimité de l' héroïsme militaire.

Valoriser le statut de victime...

Les militaires constatent que notre société reconnaît le statut de héros aux grands navigateurs, à des humanitaires et à quelques sportifs (ndlr : et artistes), mais, gommant la guerre, elle ostracise de facto le héros militaire, valorisant au contraire le statut de victime. La mort au combat semble presque devenue un accident du travail, comme le montre la judiciarisation de l'affaire d'Ouzbine (10 soldats français morts en vallée d'Uzbeen - Aout 2008), sans la valeur de sacrifice suprême et de dépassement de soi, consubstantielle au métier militaire.

Nourrie d' une forte tradition héroïque, la communauté militaire sait qu 'elle honore des modèles forts que la société civile oublie, rejette ou ne comprend même plus. La France compte pourtant nombre de figures héroïques. Enrichie au fil des siècles, cette cohorte fut exaltée par les historiens et enseignée par les maîtres: ils savaient que cette geste nationale aidait à souder les générations, à intégrer les nouveaux Français à ceux de souche.

Le malaise est né après 1945. Le rejet idéologique de la colonisation a banni de notre mémoire d'authentiques héros, civils et militaires, ceux dont l' action permet à notre pays de ne pas rougir de cette période. Les soubresauts de la décolonisation ont entretenu le malaise. Les morts au combat et leurs camarades survivants de cette période sont tenus dans le même opprobre.

L' armée continue d' honorer des héros guerriers, à travers les noms de baptême de ses promotions d' officiers et de sous officiers. Mais ces cérémonies, comme les décorations pour faits d'armes, restent encore trop souvent confinées dans des enceintes militaires, loin du regard de la société, notamment de sa jeunesse. A quand un baptême de promo ou une remise de Valeur militaire devant le Stade de France, place Bellecour à Lyon, sur la Canebière à Marseille, ou les Quinconces à Bordeaux, entre République et Bastille ?

Des soldats français risquent leur vie en opérations. Tous ne sont pas des héros, mais certains se comportent de façon magnifique. Quelques-uns n' en reviennent pas. En d'autres temps, leur sacrifice aurait été beaucoup mieux valorisé par les responsables politiques, raconté et expliqué sans préjugés par les médias et les enseignants. Quelques maillons de cette chaîne ne sont plus au rendez-vous.

Source : FRÉDÉRIC PONS

* * *

mercredi 23 février 2011

Jean Lartéguy : L'auteur des Centurions, nous a quittés...

Jean Lartéguy, soldat volontaire, grand reporter, écrivain...

Vous vous souvenez sans doute du film « Les Centurions », avec l’acteur américain Anthony Quinn incarnant un personnage inspiré par le général Marcel Bigeard, Alain Delon dans le rôle du capitaine Esclavier, Claudia Cardinale et Maurice Ronet.

Ce long-métrage était une adaptation du roman éponyme écrit par Jean Lartéguy, qui vient de s’éteindre à l’âge de 90 ans à l’Institution nationale des Invalides, à Paris, où il avait été admis il y a maintenant 5 ans.

Né à Maisons-Alfort (Val-de-Marne) en septembre 1920, Jean Lartéguy, de son vrai nom Lucien Osty, s’était engagé dans l’armée en 1939, après une enfance passée en Lozère. Il avait rejoint la France Libre trois ans plus tard, après être passé par l’Espagne, où il fut interné pendant quelques mois. C’est ainsi qu’il participa à la seconde guerre mondiale en tant qu’officier au 1er groupe de commandos d’Afrique.

Après avoir quitté l’armée avec les galons de capitaine et obtenu une licence en lettres, Jean Lartéguy entama une carrière de journaliste "grand reporter à Paris Match" et d’écrivain. En 1955, il obtint le prix Albert Londres pour sa série d’articles consacrés à la guerre d’Indochine.

Certains de ses livres connurent un énorme succès. Outre « Les centurions », adapté au cinéma, « Les mercenaires » se vendirent à plus de 700.000 exemplaires. D’autres romans sortis de sa plume connurent également un succès appréciable dont « Mourir pour Jérusalem » , « Les prétoriens » et "La Guerre nue".

Romancier de la décolonisation, Jean Lartéguy était chevalier de la Légion d’Honneur et décoré de la Croix de guerre 39-45 et des TOE avec 4 citations.

© PC FNCV

* * *

dimanche 28 novembre 2010

Etats Unis : Un soldat américain reçoit la Medal of Honor de son vivant

Etats Unis : Un soldat américain, le sergent-chef Salvatore Giunta, reçoit la Medal of Honor de son vivant des mains du président Barack Obama

Héros de guerre en Afghanistan,
Un soldat américain reçoit la Medal of Honor de son vivant.
Une première depuis la guerre du Vietnam !

Depuis près de 150 ans qu’elle existe, la « Medal of Honor », la plus haute distinction militaire aux Etats-Unis, n’a été décernée qu’à 3.500 reprises, dont 1.500 fois au cours de la guerre de Sécession. C’est dire qu’il faut avoir accompli un « acte d’héroïsme au-delà du devoir » pour l’obtenir, compte tenu du nombre de conflits auxquels l’armée américaine a pris part.

Depuis la guerre du Vietnam, la Medal of Honor n’a jamais été décernée à un militaire américain encore en vie. Mais ce n’est plus le cas depuis le 16 novembre 2010 puisque le sergent-chef Salvatore Giunta, 25 ans, l’a reçue des mains du président Obama au cours d’une cérémonie organisée à la Maison-Blanche, pour avoir eu un comportement héroïque au cours d’une embuscade tendue par les insurgés dans la vallée de Korengal, en Afghanistan, le 25 octobre 2007.

Ce jour-là, le jeune sous-officier avait été chercher deux de ses camarades sous un feu nourri, en lançant des grenades contre les assaillants pour se couvrir. Et il n’hésita pas à attaquer deux taliban qui emmenaient son meilleur ami, le sergent Joshua C. Brennan, alors sérieusement touché. Malheureusement, ce dernier ne survivra pas à ses blessures. Mais comme l’a indiqué le président Obama, pas un seul homme du peloton du sergent-chef Salvatore Giunta n’est revenu sans avoir été touché au cours de cette embuscade, où les positions étaient si proches que les hélicoptères Apache n’osèrent pas intervenir pour dégager les militaires américains.

« La Medal of Honor traduit la reconnaissance du pays tout entier » a déclaré le président Barack Obama, avant de la décerner au sergent-chef Giunta. Ce sous-officier ainsi honoré a fait preuve d’une modestie peu commune, ce qui est souvent la marque des héros authentiques. « Si je suis un héros, alors tout homme qui se trouve autour de moi, chaque femme dans l’armée, tout le monde qui va vers l’inconnu est un héros » aura-t-il déclaré avant de recevoir la plus haute distinction américaine.

« J’adore vraiment ce type ! » a lancé le président Obama en parlant du sergent-chef Giunta. «C’est de cela que les Etats-Unis sont faits, cela vous rend fier. » a-t-il ajouté.

La Medal of Honor a été décernée à quatre reprises lors de la campagne afghane. Outre le sergent-chef Giunta, le lieutenant de l’US Navy Michael P. Murphy ainsi que les sergents Jared C. Monti et Robert James Miller l’ont également obtenue, mais à titre posthume.

Actuellement, seulement 87 soldats décorés de la Medal of Honor sont encore en vie, dont 18 anciens combattants de la Seconde Guerre Mondiale, 13 de la guerre de Corée, 55 vétérans de la guerre du Vietnam.

Source: Zone Militaire

* * *

mercredi 3 novembre 2010

75.000 soldats, vétérans des OPEX vont bénéficier de la carte du combattant !

Aux Anciens Combattants des OPEX

Hubert Falco, secrétaire d'État à la Défense, a accordé une interview à Jean Guisnel - Le Point.fr.

Question : La France va reconnaître prochainement la qualité d'anciens combattants à tous les soldats ayant servi en opérations extérieures (Opex). Pourquoi cette mesure ?

Hubert Falco : Elle était réclamée depuis vingt ans ! Jusqu'à présent, les critères permettant d'obtenir la qualification de combattant exigeaient que le soldat concerné ait été directement confronté à un ennemi, les armes à la main. C'était sûrement valable pour celle que nous appelons la "première génération du feu" qui a combattu durant la Première Guerre mondiale, pour la seconde qui a connu la Deuxième Guerre mondiale et pour la troisième qui a vécu les conflits indochinois et algérien. Aujourd'hui, on est entré dans une nouvelle définition de la génération du feu : nos soldats sont des soldats de la paix. Ils combattent, mais sur les territoires sur lesquels ils sont engagés, ils ont aussi à conduire des missions de surveillance ou de maintien de la paix. Nous avons aujourd'hui 10.000 militaires en Opex. Ils ne se battent pas en permanence contre l'ennemi. En Afghanistan, au Liban ou ailleurs, ils maintiennent la vigilance, ils luttent contre le terrorisme. À terre ou en mer, ces soldats sont des combattants au même titre que ceux des guerres mondiales.

Qu'est-ce qui a motivé votre décision ?

Nous devions réparer des injustices. Par exemple, tous nos militaires ayant participé à la guerre du Golfe lors de l'opération Daguet (1990-1991) n'étaient pas reconnus comme des combattants. Dorénavant, ils pourront tous bénéficier de la carte du combattant, à la condition qu'ils en fassent la demande. Ils recevront donc la retraite du combattant à partir de 65 ans. Ce n'est pas une somme extraordinaire puisqu'il s'agit de 589,95 euros par an. Mais elle n'est pas symbolique, et 50 euros par mois, ce n'est pas rien. Avec la carte de combattant, ils peuvent bénéficier des maisons de retraite et de toute l'action sociale de l'Onac (Office national des anciens combattants). Mais ils attendaient surtout la reconnaissance de leur statut, et c'est bien normal. Ces hommes et femmes valeureux se sont battus pour le drapeau, se sont engagés pour des valeurs. Ils sont susceptibles de mourir pour elles, il est juste de les reconnaître pour ce qu'ils sont : des anciens combattants. Ils sont 75.000 dans cette situation, et disposeront de la carte d'ancien combattant s'ils ont participé à une Opex pendant quatre-vingt-dix jours.

Quel est le calendrier de mise en place ?

Le décret est déjà passé par le Conseil d'État. Le ministre de la Défense Hervé Morin et moi-même l'avons paraphé et il se trouve aujourd'hui à la signature du ministre du Budget François Baroin. Je dois souligner qu'il m'a vivement soutenu et que la publication au Journal Officiel interviendra dans les jours qui viennent. Les services historiques de la Défense seront ensuite garants de l'objectivité des attributions.

Source : Défense Ouverte

NDLR: La grande nouvelle tant attendue arrive. Nous ne nous sommes donc pas battus en vain aux côtés d'autres grandes associations pour obtenir un tel résultat, et nous ne pouvons que nous en féliciter. C'est une reconnaissance bien méritée pour nos camarades combattants des OPEX. C'est aussi, pour ceux d'entre eux qui ont été volontaires, une étape indispensable qui vient d'être franchie. En leur nom à tous, la FNCV exprime au gouvernement sa gratitude pour ce geste fort, qui l'honore, et pour avoir réparé cette injustice. Notre combat continue...

* * *

- page 1 de 4