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Tag - Printemps arabe

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samedi 21 février 2015

Frappes égyptiennes en Libye : Tension entre le Caire et Doha

Le torchon brûle entre Le Caire et Doha après les frappes égyptiennes en Libye

Quelques heures après la diffusion d’une vidéo montrant la décapitation de 21 coptes égyptiens par l’État islamique (EI) sur une plage libyenne, l’Égypte a bombardé la ville de Derna, connue pour être un bastion jihadiste, en représailles et a ensuite demandé une intervention miliaire internationale en Libye.

Seulement, le Qatar, qui soutient la milice islamiste Fajr Libya ainsi que le gouvernement «révolutionnaire» libyen, qui, installé à Tripoli, refuse d’admettre ou du moins minimise la présence de l’EI en Libye, a émis des réserves sur la réaction égyptienne, lors d’une réunion de la Ligue arabe. Pour Doha, Le Caire aurait dû consulter « avant toute action militaire unilatérale contre un autre Etat membre » de l’organisation.

La réponse du délégué égyptien, Tarek Adel, a été immédiate : « En émettant des réserves sur un projet de résolution arabe soutenant le droit de l’Egypte à la légitime autodéfense et à mener des raids contre des organisations terroristes, le Qatar a révélé son soutien au terrorisme », a-t-il affirmé.

Pour protester contre cette mise en cause, le Qatar a rappelé son ambassadeur en Égypte pour « consultations ». Les relations entre les deux pays étaient déjà tendues, notamment en raison de la destitution, en 2013, du président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, soutenus par Doha, et de la répression de ses sympathisants qui a suivi.

Ce soutien du Qatar à la confrérie, classée comme mouvement terroriste en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, avait été la cause de sa brouille avec les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Mais cette fois, Doha a pu compter sur le soutien de cette organisation.

« Ces accusations sont infondées et erronées. Elles ignorent les efforts sincères déployés par le Qatar, avec les autres membres du CCG et les pays arabes, pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme », a réagi le bahreïni Abdellatif al-Zayani, son secrétaire général. « Les déclarations égyptiennes ne contribuent pas à renforcer la solidarité arabe au moment où nos pays sont confrontés à d’énormes défis qui menacent leur sécurité, leur stabilité et leur souveraineté », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le groupe arabe au Nations unies devait demander la levée de l’embargo sur les armes pour le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, installé à Tobrouk, afin de l’aider à lutter contre le terrorisme tout en le maintenant pour les milices libyennes. Cette option est non seulement défendue par l’Égypte mais aussi demandée par Mohammed al-Dairi, le ministre libyen des Affaires étrangères.

« La Libye a besoin que la communauté internationale fasse preuve de détermination pour nous aider à renforcer nos capacités militaires nationales et cela implique de lever l’embargo sur les armes pour que notre armée puisse recevoir des équipements et des armes pour lutter contre le terrorisme », a expliqué ce dernier lors d’une réunion du Conseil de sécurité dédiée à la situation libyenne.

Cependant, plusieurs membres du Conseil ne sont pas favorables à une telle option. Comme la Russie. « Vu ce à quoi ressemble le pays ces jours-ci, nous devons examiner de manière prudente la manière d’appliquer cette suggestion », a fait valoir Vitali Tchourkine, l’ambassadeur russe auprès des Nations unies.

Pour d’autres, comme les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, l’accent doit avant tout être mis sur une solution politique afin de pouvoir former un gouvernement d’unité nationale. Et cela alors que les islamistes et les libéraux se livrent à des combats meutriers.

« J’espère qu’un accord politique pourra être trouvé bientôt. Les divergences entre les parties ne sont pas insurmontables », a toutefois indiqué Bernardino Leon, le réprésentant de l’ONU en Libye. En attentant, le temps passe… Et les jihadistes étendent leur influence dans le pays.

Source : Zone Militaire


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samedi 15 novembre 2014

Tunisie - Elections : Défaite d'Ennahda. Les électeurs ont choisi l'anti-islamisme...

Le résultat des législatives rassure l’Europe et les Tunisiens.

Leur pays tourne le dos à l’islamisme. Une leçon pour tant d’États arabo-musulmans plongés dans la violence.

La défaite sans équivoque du parti islamiste Ennahda aux élections législatives du 26 octobre est une bonne nouvelle pour la Tunisie, pour le monde arabo-méditerranéen et, d’une certaine façon, pour l’Europe, qui pouvait redouter un nouvel afflux de migrants clandestins vers l’Italie en cas de victoire des islamistes. Le Maghreb (l’Afrique du Nord) et le Machrek (l’est du monde arabe) échappent à la naissance d’un État islamiste aux contours et aux amitiés qui pouvaient inquiéter ses voisins méditerranéens, qui contrôlent strictement l’apparition de tout phénomène islamiste (Algérie, Maroc) ou qui ont dû reprendre la maîtrise du pays, au prix de violences extrêmes (Égypte).

En première ligne face aux à-coups politiques et sociaux du Maghreb, la France, comme l’Italie ou Malte, peut aussi être soulagée de l’issue favorable du scrutin à Tunis. Une Tunisie islamiste aurait rendu encore plus compliquée la situation déjà anarchique en Libye, un pays tombé aux mains de milices, dont le sud est devenu une plaque tournante de tous les trafics djihadistes du nord de l’Afrique.

Les électeurs tunisiens (4 millions d’inscrits) ont voté dans un contexte de profond désenchantement. C’est ce que traduit la participation de 61,8 %. En 2011, 4,3 millions de Tunisiens avaient voté. Cette année, ils n’étaient plus que 3,1 millions. Une partie des électeurs qui avaient choisi le camp islamiste, en octobre 2011, par seul souci de changement, se sont cette fois abstenus.

Le résultat est qu’Ennahda a perdu son duel contre Nidaa Tounes, la principale formation anti-islamiste, arrivée en tête à l’Assemblée nationale (217 sièges élus à la proportionnelle parmi environ 1 300 listes de candidats) : Nidaa Tounes obtient 38,2 % des voix et 83 sièges, devant Ennahda (31,3 %, 68 députés), en net recul (moins 21 élus) par rapport à 2011. La nouvelle Assemblée est éclatée, comme le montrent les résultats significatifs de l’Union patriotique libre, créée par l’étonnant homme d’affaires Slim Riahi et devenue le troisième parti du pays (7,83 %, 17 sièges), juste devant le Front populaire (extrême gauche) de Hamma Hammami, crédité de 5,55 % des suffrages (12 députés). Ces deux partis monnaieront sans doute leur renfort pour permettre de bâtir une coalition majoritaire....

Source : Valeurs actuelles

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mercredi 5 février 2014

Tunisie : Etape historique.. La nouvelle Constitution est adoptée

L'Assemblée nationale constituante (ANC) tunisienne a adopté, tard dans la soirée dimanche 26 janvier 2014, la nouvelle Constitution du pays, plus de trois ans après la révolution qui avait déclenché le printemps arabe.

Les élus de l'ANC ont approuvé cette loi fondamentale à une majorité écrasante de 200 voix pour, 12 contre et 4 abstentions. Les 149 articles du texte avaient déjà été approuvés un par un lors de débats houleux entre le 3 et le 23 janvier, opposant notamment Ennahda et ses détracteurs.

Les élus ont célébré l'évènement en chantant l'hymne national, brandissant des drapeaux tunisiens et les doigts en signe de victoire. Ils ont scandé « fidèles, fidèles au sang des martyrs de la révolution » de janvier 2011, qui chassa Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir. «Nous sacrifions notre âme et notre sang pour toi, Tunisie», ont-ils aussi crié, dans un moment d'unité rare dans cet hémicycle, après deux années marquées par les invectives et les controverses.

Place réduite de l'islam, parité homme-femme

« Dans cette Constitution, tous les Tunisiens et Tunisiennes se retrouvent, elle préserve nos acquis et jette les fondements d'un Etat démocratique », a déclaré le président de l'Assemblée, Mustapha Ben Jaafar. Ce texte consacre un exécutif bicéphale et accorde une place réduite à l'islam. Elle introduit aussi pour la première fois dans le monde arabe un objectif de parité homme-femme dans les assemblées élues.

Ce compromis vise à éviter une dérive autoritaire dans un pays qui a connu plus d'un demi-siècle de dictature, sous Habib Bourguiba, puis sous Ben Ali. Mais aussi à rassurer ceux qui craignaient que les islamistes n'imposent leurs positions dans un pays à forte tradition séculière. L'Assemblée a été élue en octobre 2011 et devait à l'origine achever la loi fondamentale en un an, mais ses travaux ont pris un retard considérable en raison de crises à répétition.

Le long chemin de la Tunisie pour sa Constitution

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a aussitôt salué l'adoption de cette Constitution, qu'il a qualifiée « d'étape historique », en présentant la Tunisie comme un possible « modèle pour les autres peuples aspirant à des réformes ». Il a aussi encouragé « les acteurs politiques en Tunisie à garantir que les prochaines étapes de la transition soient conduites d'une manière paisible, inclusive et transparente », et à « garantir que la croissance économique soit obtenue de manière équitable et durable ».

Source: AFP/STR

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jeudi 9 janvier 2014

Tunisie : La liberté de conscience à propos de la religion, dans la Constitution

Une première dans le monde arabe...

La liberté de conscience à propos de la religion, inscrite dans la Constitution tunisienne.

En Tunisie, la liberté de conscience l'emporte sur la charia. Les premiers articles fraîchement adoptés de la nouvelle Constitution tunisienne font de la religion une question individuelle. Une première dans le monde arabe.

Une révolution qui ne dit pas son nom se joue en Tunisie. Avec un an et trois mois de retard, l'Assemblée nationale, où les députés du parti islamiste Ennahda sont majoritaires, a commencé à adopter, le 4 janvier 2014, les premiers articles de la nouvelle Constitution, dont celui garantissant "la liberté de conscience". La Constitution tunisienne est ainsi la première du monde arabe à reconnaître la liberté de conscience dans un de ses articles.

Concrètement, les Tunisiens pourront se déclarer "a-religieux" et, mieux encore, ils pourront décider de changer de religion. Chose impensable - officiellement - pour un musulman puisqu'il risque d'être considéré comme apostat et, à ce titre, menacé de mort par des islamistes radicaux. Et si la majorité des pays arabes - à l'exception des pays du Golfe et du Maroc, où le statut de commandeur des croyants du roi implique que les Marocains, sauf s'ils sont juifs, sont ipso facto musulmans - ont tous des citoyens à la fois arabes et chrétiens de naissance, les conversions ne sont officiellement pas possibles.

La société tunisienne est, comme dans la quasi-totalité des pays arabes et musulmans, divisée entre "un pôle moderne et séculier et un pôle conservateur et religieux", selon les termes de Séverine Labat, chercheur au CRNS*, et ce grand pas vers la liberté et la modernité ne s'est pas fait sans mal. Il explique le retard pris dans l'adoption de la nouvelle Constitution de l'après-Printemps arabe. Vendredi et samedi, les débats sur le préambule de la nouvelle loi fondamentale ont été plus houleux, obligeant à plusieurs interruptions de séance.

Aucune référence à la charia

Non seulement les députés ont adopté l'article sur la "liberté de conscience", mais, en plus, le parti islamiste Ennahda, au pouvoir depuis octobre 2011 et très contesté par l'opposition moderniste et séculière, a accepté, dès le printemps 2012, de ne pas introduire de référence à la charia (la loi islamique) dans la nouvelle Constitution. Il avait donné son accord à la reprise des deux premiers articles de la Constitution de 1959 : l'article 1 qui précise que "La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain. L'islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime." Les députés ont tous voté (à trois exceptions près) en faveur de cet article qui précise "qu'il ne peut être amendé " ; et l'article 2, non amendable aussi, qui prévoit l'instauration d'"un État à caractère civil, basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit".

Les amendements proposant l'islam comme "source principale de la législation" ont donc été rejetés par l'Assemblée. Un renoncement mal vécu par l'aile dure du parti islamiste. Mais au fil des mois et de la contestation grossissante contre Ennahda, celui-ci n'avait plus guère de choix.

L'État reste "gardien de la religion"

Par contre, le compromis passé entre Ennahda et l'opposition fait de l'islam "la religion du pays". C'était déjà le cas dans la Constitution adoptée sous Bourguiba en 1959, au lendemain de l'indépendance. L'État devient par ailleurs le "protecteur du sacré" et le "gardien de la religion" (article 6). Ces formulations vagues peuvent-elles être interprétées pour tenter de remettre en question la liberté de conscience ? Certains s'y essaieront probablement.

Il reste encore aux députés tunisiens à voter, avant le 14 janvier prochain, 132 autres articles de la Constitution ainsi qu'une loi électorale pour organiser des élections législatives et mettre fin à la période de transition qui a commencé avec le départ de Ben Ali, l'ancien président, le 14 janvier 2011. Dans l'immédiat, un consensus semble avoir été trouvé pour que la nouvelle loi fondamentale soit adoptée à la majorité des deux tiers des élus et ainsi éviter l'organisation d'un référendum.

Source : Le Point.fr

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Une «victoire» pour les féministes

La Tunisie est devenue lundi le premier pays du monde arabe à inscrire dans sa constitution l'égalité entre hommes et femmes.

«Tous les citoyens et les citoyennes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi sans discrimination aucune», dispose l'article 20 du projet de Constitution adopté par 159 voix sur 169 votants. Cette formulation est le fruit d'un compromis entre les islamistes d'Ennahda, majoritaires à l'assemblée, et l'opposition laïque. Ce texte unique dans le monde arabe s'ajoute à d'autres concessions des islamistes sous la pression de la société civile et de l'opposition.

Ennahda avait fait scandale durant l'été 2012 en annonçant vouloir introduire le concept de «complémentarité» homme-femme. Confronté à une levée de boucliers, le parti a finalement renoncé à ce projet. Les islamistes ont aussi accepté au fil des mois de renoncer à inscrire l'islam comme source de droit et à punir les «atteintes au sacré». Ils ont aussi voté dimanche, sous la pression de l'opposition laïque, l'interdiction des «accusations d'apostasie», un élu ayant affirmé avoir été menacé après avoir été qualifié d'ennemi de l'islam, alors que deux opposants ont été assassinés en 2013 par la mouvance jihadiste.

Source : LeParisien.fr

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vendredi 12 juillet 2013

Egypte : Cinquante personnes auraient été tués par des cartouches à blanc !

Tués par des balles à blanc ?

Sur une vidéo diffusée par TF1, on voit des frères musulmans, excités, montrant à la télévision les étuis des cartouches que l'armée égyptienne aurait utilisée contre leurs coreligionnaires, faisant selon eux une "cinquantaine de morts dont cinq enfants".

Sauf que ...... les étuis présentés sont des étuis de cartouches à blanc (dites feuillettes). Ces cartouches n'ont pas de balles : l'extrémité de la douille est repliée sur elle même et il n'y a que de la poudre à l'intérieur, et aucun projectile.
Ce type de munition est normalement inoffensif (saut à très courte distance ou à bout portant).

A notre connaissance, les journalistes français n'ont pas relevé ce qui apparaît clairement comme une tentative de discréditer à tort l'armée égyptienne, qui pourtant, a fait preuve dans cette affaire de beaucoup de retenue et de professionnalisme face à une situation particulièrement difficile. 

On peut se demander pourquoi.
Des comptes rendus plus objectifs de la part de la chaîne TF1 seraient les bienvenus.
Source vidéo : Egypte : plusieurs dizaines de morts Vidéo jt_tf1   Le13H du 8 juillet 2013 -
©TF1

Source : AC FNCV

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jeudi 4 juillet 2013

Egypte : Président Morsi, c'est fini ! Maintenant général Al-Sissi...

"Maintenant, c'est notre temps, celui de la liberté, l'égalité et la justice". Au Caire, les opposants sont unis dans la joie d'avoir fait tomber Morsi. La seule chose qui les unit.

"Dégage, dégage !", "Nous fêtons le fait d'être débarrassés de Morsi", "Je n'attends qu'une chose, c'est que Morsi parte"... dans la rue cairote, l'opposition est unie pour demander la chute du président Morsi. Mercredi après-midi, le chef désigné de l'opposition Mohamed ElBaradei, des représentants de Tamarrod, le mouvement à l'origine de l'appel à manifester, mais aussi le patriarche copte orthodoxe d'Alexandrie Tawadros II et le grand imam Ahmed Al-Tayeb d'Al-Azhar, principale autorité sunnite étaient réunis au ministère de la Défense, quelques heures seulement avant que l'armée ne signifie à Mohamed Morsi qu'il n'était tout simplement plus président.

Le reflet d'une opposition unie ? Structurée ? Prête à reprendre le pouvoir ?

Non. Depuis quatre jours, c'est un mouvement très disparate qui a investi la rue : on y voit les électeurs déçus des Frères musulmans, les jeunes révolutionnaires, les supportes de l'ancien régime mais, aussi, les fortes têtes des Black Bloc… Tous sont là pour exprimer un ras-le-bol.

"Les gens n'expriment que le rejet du pouvoir"

Cependant, explique la spécialiste de l'Egypte Sophie Pommier, "contrairement à 2011 où les gens étaient descendus dans la rue en espérant mettre en place quelque chose de vertueux, là, ils n'expriment que leur rejet" du pouvoir. Et, à l'annonce de la chute de Morsi, leur immense joie  : "Fière d'affirmer que je suis égyptienne et que nous avons une nouvelle fois écrit l'histoire" écrit une jeune habitante du Caire sur Twitter. Les réseaux sociaux étaient inondés de réactions de joie des anti-Frères musulmans mercredi soir. "C'est fini, nous avons réussi, c'est notre temps maintenant, celui de la liberté, l'égalité et la justice", confie un jeune démocrate joint au Caire. Le temps est à la fête.

"Personne à proposer" pour prendre la tête du pays

Avant un réveil douloureux jeudi matin ? "Nous verrons cela demain, pour le moment c'est la joie", estime un autre manifestant, joint au Caire, qui refuse de considérer l'armée comme désormais au pouvoir dans le pays.

Certes, celle-ci a annoncé, comme l'avait réclamé le mouvement Tamarrod, une élection présidentielle anticipée. "Mais pour voter pour qui ?" s'interroge Sophie Pommier. Ce mouvement "n'a personne à proposer. Tamarrod n'est qu'un mouvement qui a donné un mot d'ordre et qui n'a pas de programme politique". Le problème récurent de l'opposition en Egypte aujourd'hui : "en dehors des salafistes, dont le programme est l'application pure et dure de la Charia, les autres ne sont unis que par la demande de départ des Frères musulmans. Et il est assez significatif d'avoir ce même slogan – "Erhal !" - Dégage ! – qu’en 2011, car c'est demander le départ de ce qu'on a, sans savoir ce qu'on voudrait à la place."

Des anciennes figures de l'opposition parviendront-elles finalement à faire leur place sur le nouvel échiquier politique égyptien ? "L'opposition a eu deux ans pour se mettre en ordre de bataille et ne l'a pas fait. Ces hommes sont dans une logique d'ego, ensemble seulement dans la dénonciation. C'est gravissime", souligne l'experte. Le nom de Mohamed El Baradei revient sans arrêt. C'est lui qui semble incarner cette révolution de velours. "Mais si El Baradei n'a pas été capable de structurer l'opposition en deux ans, je ne vois pas ce qu'il va pouvoir faire en quelques semaines…", souligne Sophie Pommier.
Aucune concurrence aux Frères musulmans

"Il faudrait arriver à un consensus politique, mais trouver une plate-forme politique dans laquelle tout le monde – des libéraux aux salafistes – se retrouve est extrêmement difficile. Il manque aujourd'hui une ou des personnalités responsables, charismatiques, capables de faire des concessions", regrette la chercheuse qui souligne "qu'aucun parti ne peut concurrencer actuellement les Frères musulmans, ni en terme d’organisation ni pour l’action sur le terrain. Il n'y a personne pour leur donner la contradiction, à part peut-être les salafistes." Des salafistes dont le parti le plus important, Al-Nour, a, selon son porte-parole, participé aux négociations, avec le ministre de la Défense Al-Sissi, qui ont conduit à la chute de Morsi.

Ce mercredi, ils étaient donc tous liés pour faire chuter les Frères musulmans, sous la tutelle de l'armée. Mais, tard dans la nuit, un nouveau slogan est déjà chanté : "Plus de Morsi, c'est fait. Plus de militaires, ça vient". La révolution disparate qui reprochait à Morsi tant son incurie que son impéritie n'a peut-être pas dit son dernier mot. Même si son avenir politique reste très flou.

Source : Lenouvelobs.com


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Le général Al-Sissi, nouvel homme fort de l'Egypte

Le ministre de la Défense, qui est également général, veut placer l'armée dans un rôle central après la destitution de Mohamed Morsi.

Le ministre égyptien de la Défense, le général Abdel Fattah Al-Sissi, qui apparaît comme l'homme fort du pays, veut placer l'armée dans un rôle central pour résoudre la crise actuelle, après la destitution de Mohamed Morsi. Il va chercher aussi à dissiper les craintes d'un retour à un pouvoir militaire direct comme celui qui a suivi la chute de Hosni Moubarak. S'il ne s'est pas adressé personnellement aux manifestants massés à travers le pays depuis trois jours, il a fait envoyer au-dessus du Caire des hélicoptères militaires déployant le drapeau national, salués par les manifestants hostiles au président Mohamed Morsi qui lançaient "l'armée et le peuple, unis".

Une semaine avant les manifestations géantes contre le président islamiste, le général Sissi avait jugé du devoir des forces armées "d'intervenir pour empêcher l'Égypte de plonger dans un tunnel sombre de conflit et de troubles" et pour prévenir "l'effondrement des institutions de l'État". L'ultimatum du commandement militaire donnant jusqu'à mercredi au président islamiste pour "satisfaire les demandes du peuple" porte à l'évidence sa marque. Sa photo en uniforme était affichée à l'écran pendant la diffusion du texte à la télévision. Cette intervention fracassante dans la crise a toutefois amené l'armée à diffuser un communiqué affirmant qu'elle ne voulait pas faire un "coup", mais pousser à un règlement politique.
Al-Sissi s'était heurté aux Frères musulmans

"Le général Sissi avait déjà essayé à la fin de l'année dernière de promouvoir un consensus national lors de la crise autour de la nouvelle Constitution, mais il s'était heurté à l'époque au refus des Frères musulmans", rappelle Mostafa Kamel el-Sayyed, professeur de sciences politiques à l'université du Caire. Pour les politiques et les journalistes qui ont pu l'approcher, sa préoccupation première serait de redorer l'image de l'armée, ternie par la période controversée de gestion du pays par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), de la chute de Hosni Moubarak en février 2011 à l'élection de Momahed Morsi en juin 2012.

Après le court état de grâce qui a suivi la chute de l'ancien président, l'armée s'est retrouvée à son tour conspuée aux cris de "À bas le régime militaire", un slogan faisant écho à celui lancé contre Hosni Moubarak. Abdallah al-Sennaoui, journaliste du quotidien indépendant al-Chourouq qui a rencontré le général Sissi à plusieurs reprises, souligne qu'"il s'est clairement dit affecté par la détérioration de l'image de l'armée et de sa crédibilité" dans sa gestion du pouvoir.
Al-Sissi, l'homme du sérail militaire

Âgé de 58 ans, Abdel Fattah Al-Sissi est de vingt ans plus jeune que son prédécesseur, le maréchal Hussein Tantaoui, vétéran des guerres israélo-arabes et qui fut l'un des plus proches collaborateurs de Hosni Moubarak. La mise à l'écart du maréchal Tantaoui par le président Morsi en août 2012, et son remplacement par Sissi, avait alimenté de nombreuses spéculations sur une mise au pas de l'armée par le pouvoir civil, et sur une possible allégeance de l'institution militaire aux nouveaux dirigeants islamistes auxquels elle était autrefois hostile.

Même s'il participe à un gouvernement où les islamistes sont en force, le général Sissi, qui a fait une brillante carrière d'officier supérieur jusqu'à décrocher le poste sensible et stratégique de chef du renseignement militaire, apparaît avant tout comme un homme du sérail militaire. Il a à plusieurs reprises affiché sa préoccupation "d'augmenter l'efficacité des forces armées", jugées enfermées dans des schémas militaires dépassés, et aujourd'hui en grande difficulté pour faire revenir l'ordre dans la région troublée du Sinaï. Pieux, il a été accusé lors de sa nomination d'être proche des islamistes, mais dans la tradition des militaires égyptiens il est aussi un fervent admirateur de l'ancien président nationaliste Gamal Abdel Nasser.

Né au Caire en novembre 1954, diplômé en sciences militaires de l'académie militaire égyptienne en 1977, il a ensuite étudié dans une académie militaire britannique en 1992 avant de rejoindre, comme de nombreux officiers égyptiens, une école militaire américaine en 2006. L'armée égyptienne a des liens étroits avec l'armée américaine, qui lui apporte la majeure partie de son équipement et assure une grande partie de son entraînement. Depuis les accords de paix égypto-israéliens de 1979, l'armée égyptienne reçoit une aide importante de Washington, qui se monte actuellement à 1,3 milliard de dollars par an.

Source : AFP / Lepoint.fr


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mardi 28 mai 2013

Tunisie : Tensions entre le gouvernement et les salafistes

Le gouvernement tunisien durcit le ton face aux salafistes et djihadistes 

Samedi 18 mai 2013, un important dispositif sécuritaire avait été mis en place à Kairouan, haut lieu de l'islam dans le centre de la Tunisie, où devaient se réunir en meeting les djihadistes d'Ansar al-Charia, malgré l'interdiction du gouvernement. La mosquée Okba Ibn Nafaa, où s'était tenu l'an dernier le second congrès annuel d'Ansar al-Charia qui avait réuni quelque 5 000 personnes, est fermée ce dimanche. "C'est la première fois, je crois", pense Cheikh Taieb Ghozzi, principal de la mosquée Okba Ibn Nafaa, d'obédience malékite, qui prêche depuis les années 1980.

C'est sur cette même place vide, derrière les remparts de la vieille ville, que, l'an dernier, Abou Iyadh, de son vrai nom Seifallah Ben Hassine, vétéran d'Afghanistan, avait fait allégeance à Oussama Ben Laden et présentait un programme social basé sur la charia. Il est désormais recherché par les autorités pour son rôle présumé dans l'attaque de l'ambassade américaine de Tunisie, en septembre dernier, qui avait fait quatre morts.

Le gouvernement a récemment durci le ton face aux djihadistes, qu'il accuse d'être en lien avec les événements de Chaambi, près de Kasserine, où une quinzaine d'agents des forces de l'ordre ont été blessés par des mines artisanales. Mais aussi après l'assassinat d'un policier près de Tunis, où les djihadistes sont aussi montrés du doigt. "Il y a eu des pressions de l'opinion publique, mais aussi peut-être de l'appareil sécuritaire sur le gouvernement pour intervenir. Sans oublier que le dialogue national apaise la situation politique et permet à Ennahda de s'attaquer au problème sécuritaire. Mais là, ils ciblent des actions pacifiques comme la prédication", commente Michael Ayari, chercheur à l'International Crisis Group, qui mettait en garde dans un rapport contre une réponse sécuritaire.

"Jeu politique"

La semaine dernière, des tentes de prédication ont été démantelées par les autorités, faute d'autorisation. Des échauffourées ont éclaté. Peu après, de sa cachette, le leader du mouvement djihadiste, Abou Iyadh, lançait un message virulent au gouvernement : "Vous ne combattez pas des jeunes, mais la religion d'Allah. (...) Nos jeunes ont remporté des victoires pour défendre l'islam en Afghanistan, en Tchétchénie, en Irak, en Somalie et en Syrie. Ils n'hésiteront pas à se sacrifier pour la défendre en terre de Kairouan."


Seifeddine Erraies, porte-parole du mouvement, affirmait jeudi qu'aucune demande d'autorisation n'avait été formulée par le mouvement. Une association avait bien tenté de faire la demande en leur nom auprès du gouverneur, "mais pendant la conférence de presse, ils (les membres d'Ansar, NDLR) ont insulté les forces de l'ordre", explique le gouverneur. Le gouvernement sera "responsable de toute goutte de sang versée", avait en effet lancé Seifeddine Erraies, avant d'être, semble-t-il, arrêté la nuit dernière. "Il s'agit d'un mouvement djihadiste qui joue sur la rhétorique anti-système, comme le fait le leader. Mais, d'un autre côté, ils agissent pragmatiquement, comme ils sont en train de le faire sur les pages Facebook en lançant des appels au calme", commente Fabio Merone, chercheur italien, spécialiste de la mouvance djihadiste.

Soutien des djihadistes d'Aqmi et de Syrie

"Le gouvernement veut faire croire à la population que ce mouvement est un danger. Mais en quoi des tentes de prédication sont-elles dangereuses ? Il s'agit d'un jeu politique dont l'une des conséquences sera la répression des salafistes djihadistes", craint Bilel Chaouachi, jeune imam djihadiste, qui écume les plateaux télé tunisiens. Prosélytisme, actions caritatives, soins médicaux gratuits..., les jeunes du mouvement sillonnent le pays pour aller à la rencontre de la population. "Ansar al-Charia est une organisation dont la logique est, selon moi, politique. À leurs yeux, ils ont le droit de faire un congrès, comme les autres. Sinon, cela signifie pour eux qu'on les empêche d'exister", analyse Fabio Merone, qui précise que "les négociations se poursuivent en coulisse". Ansar al-Charia en Libye, des djihadistes de Syrie ou encore al-Qaida du Maghreb islamique ont envoyé des messages de soutien au mouvement tunisien.

Tandis que les cheikhs avaient appelé les jeunes d'Ansar al-Charia à reporter le meeting à la semaine prochaine, des réunions ont lieu dimanche, dans différentes villes de la banlieue de Tunis. Vers midi, des affrontements ont éclaté entre jeunes et policiers à la cité Ettadhamen, dans l'ouest de Tunis, et à Kairouan, avant d'être rapidement dispersés.

Source : Le Point.fr

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vendredi 8 février 2013

Tunisie : Assassinat de Chokri Belaïd, opposant au pouvoir islamiste

L'émotion, considérable en Tunisie dès l'annonce, mercredi 6 février 2013, de l'assassinat par balles, de Chokri Belaïd, une figure de l'opposition de gauche, abattu alors qu'il sortait de son domicile, n'a cessé de s'amplifier tout au long de la journée.

Le président tunisien, Moncef Marzouki, revenu précipitamment du Caire, devait intervenir à la télévision nationale. Tous les partis politiques ont, de leur côté,  organisé des réunions de crise. Dans l'opposition, quatre d'entre eux – Nida Tounès, Al-Joumhouri,  Al-Massar et le Front populaire – ont annoncé la suspension de leur participation aux travaux de l'Assemblée constituante et appelé à une grève générale jeudi 7 février. 

A la clinique Ennasr de Tunis, une foule considérable et très émue était déjà présente lors de l'annonce officielle du décès de Chokri Belaïd. Puis l'information s'est rapidement propagée et plus d'un millier de personnes commençaient à s'attrouper devant le ministère de l'intérieur tandis qu'à Paris, un rassemblement devant l'ambassade de Tunisie était organisé dès la fin de matinée.

En début d'après-midi, plusieurs locaux d'Ennahda (le parti islamiste au pouvoir), notamment à Sidi Bouzid, Gafsa et au Kef, étaient attaqués par des manifestants en colère. Les forces de sécurité tentaient de les repousser avec des gaz lacrymogènes.

A Paris, des opposants à Ennahda occupent symboliquement l'ambassassade de Tunisie pour réclamer la démission du gouvernement et la dissolution des Ligues de protection de la révolution (LPR), qualifiées de milices islamistes.

LA FAMILLE ACCUSE ENNAHDA

L'assassinat de Chokri Belaïd n'a pas été revendiqué. Mais partisans et sympathisants de l'opposition dénoncent déjà à l'unisson le "premier assassinat politique" en Tunisie depuis la chute de l'ancien dirigeant Zine El-Abidine Ben Ali en janvier 2011 et affirment : "On a assassiné un démocrate". Tous les regards se portent en particulier contre Ennahda, ouvertement accusé par la famille d'être responsable du meurtre de l'opposant.

 Bien connu des Tunisiens, avec sa casquette vissée sur sa tête et sa grosse moustache, Chokri Belaïd, 47 ans, secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifié, allié au Front populaire (qui réunit plusieurs formations de gauche) ne ménageait pas ses critiques contre Ennahda.

 La veille encore de son assassinat, mardi 5 février, il dénonçait sur un plateau de télévision "la stratégie méthodique d'explosion de violence à chaque crise au sein du Mouvement Ennahda". Quelques jours plus tôt, il avait également accusé les "milices" du parti, les Ligues de protection de la révolution (LPR) maintes fois soupçonnées de violences, d'être à l'origine de plusieurs agressions contre les rassemblements organisés par des partis d'opposition. Il avait, enfin, été très actif lors des manifestations de Siliana, en novembre, violemment réprimées.

"PLONGER LE PAYS DANS LE DÉSORDRE"

Mercredi matin, le chef du gouvernement tunisien Hamadi Jebali, issu du parti islamiste Ennahda, a réagi en dénonçant "un acte criminel, un acte de terrorisme pas seulement contre Belaïd, mais contre toute la Tunisie". "Le peuple tunisien n'est pas habitué à ce genre de choses, c'est un tournant grave, a-t-il déclaré sur la radio Mosaïque FM. Notre devoir à tous, en tant que gouvernement, en tant que peuple c'est de faire preuve de sagesse et de ne pas tomber dans le piège du criminel qui vise à plonger le pays dans le désordre". Selon M. Jebali, Chokri Belaïd, a été tué de trois balles tirées à bout portant par un homme portant un vêtement de type burnous, le long manteau traditionnel en laine dotée d'une capuche.

Depuis le bureau d'Ennahda à Londres, le chef du parti Rached Ghannouchi a fait parvenir un communiqué dans lequel il "condamne fortement le crime haineux qui a visé M. Belaïd" et appelle les Tunisiens "à l'unité et à la vigilance contre ceux qui cherchent à plonger le pays dans la violence".

L'assassinat de Chokri Belaïd intervient dans un contexte politique très tendu en Tunisie. La troïka au pouvoir, formée après les élections d'octobre 2011 par Ennahda, le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki, et le parti Ettakatol dirigé par le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jafaar, est au bord de l'implosion, les trois partis ne parvenant pas à se mettre d'accord sur le remaniement ministériel promis depuis des mois.

Source : Isabelle Mandraud - Le Monde.fr

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ÉGYPTE : Haute tension avant le référendum entre anti et pro-Morsi !


Source : NouvelObs.com / C. Lussato

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mardi 11 décembre 2012

Egypte : Haute tension avant le référendum entre anti et pro-Morsi

A quatre jours du référendum constitutionnel, les deux camps appellent à descendre dans la rue..

Sans assurance que cela fasse évoluer les choses !

Impossible de dire ce que va donner la journée de manifestations prévue ce mardi 11 décembre en Egypte pour laquelle pro et anti-Morsi se sont donnés rendez-vous à quelque distance et heure d’intervalle.

A quatre jours du référendum sur le texte de la nouvelle constitution très décriée par les opposants du président égyptien issu des rangs des Frères musulmans, les camps vont se mesurer.

D'un côté, les partisans des islamistes au pouvoir. De l'autre, leurs opposants (au président Morsi). Quel va être le rapport de force ?

De l'avis des spécialistes, les manifestations en faveur du pouvoir rassemblent ces derniers temps pas mal de monde, ne serait-ce qu'en raison d'une meilleure organisation et d'un meilleur budget. Ces derniers ont repris en effet les anciennes pratiques de l'ex-président Moubarak en organisant des convois de cars vers les lieux de rassemblement et, même, en payant une partie des manifestants, indiquent plusieurs témoignages...


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ÉGYPTE : Haute tension avant le référendum entre anti et pro-Morsi !


Source : NouvelObs.com / C. Lussato

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dimanche 9 décembre 2012

Egypte - Manifestations sanglantes contre Morsi, les Frères musulmans et les salafistes

Égypte : des manifestations contre les décisions de Mohamed Morsi s'organisent

Des manifestants ont incendié des locaux du parti des Frères musulmans dont est issu le président Mohamed Morsi vendredi 23 novembre 2012 en Égypte où des rassemblements rivaux ont eu lieu au lendemain de l'annonce d'un renforcement considérable des pouvoirs du chef de l'État.

Les locaux du parti ont été aussi pris d'assaut dans la ville d'Alexandrie, où des accrochages ont éclaté entre manifestants des deux camps, a déclaré un responsable du parti islamiste.

Le président égyptien cherche à islamiser la Constitution et à museler la justice.

Les partisans du président égyptien Mohamed Morsi et ses opposants avaient commencé à manifester chacun de leur côté vendredi dans la matinée. Les premiers, rassemblés devant le palais présidentiel dans le nord de la capitale, scandaient "le peuple soutient les décisions du président".

Les opposants, en majorité des libéraux, se sont pour leur part regroupés place Tahrir, dans le centre du Caire, qui fut l'épicentre de la révolte pro-démocratie ayant chassé du pouvoir l'ex-président Hosni Moubarak en février 2011.

Selon Morsi, "l'Égypte est sur la voie de la liberté et de la démocratie"

Le président Mohamed Morsi a déclaré plus tard dans la journée devant ses partisans que l'Égypte était sur la voie de "la liberté et de la démocratie", au lendemain de l'annonce d'un renforcement considérable de ses pouvoirs, dénoncé par ses détracteurs.

"La stabilité politique, la stabilité sociale et la stabilité économique, c'est ce que je souhaite et ce pourquoi je travaille", a-t-il ajouté.

Les États-Unis inquiets

Les Etats-Unis ont souligné que le renforcement des pouvoirs du président égyptien Mohamed Morsi jeudi "suscitait des inquiétudes" et appelé les différentes parties à résoudre leurs différends "pacifiquement et par le dialogue démocratique."

Rappelant qu'une "des aspirations de la révolution était de s'assurer que le pouvoir ne serait pas trop concentré entre les mains d'une seule personne ou d'une institution", les Etats-Unis prône l'adoption d'une "constitution qui comporte des contre-pouvoirs, qui respecte les libertés fondamentales et les droits individuels, avec un droit qui soit conforme aux engagements internationaux de l'Egypte".

Élu en juin 2012 premier président civil et islamiste du pays le plus peuplé du monde arabe, Morsi s'est arrogé dans une "déclaration constitutionnelle" le droit de "prendre toute décision ou mesure pour protéger la révolution" de 2011.

"Les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président sont définitives et ne sont pas sujettes à appel" tant que ne sera pas achevée la nouvelle Constitution, dont le projet doit être rédigé d'ici à la mi-février, selon cette déclaration.

Morsi cumule déjà les pouvoirs exécutif et législatif -la chambre des députés ayant été dissoute en juin-, et entretient des relations tendues avec une grande partie de l'appareil judiciaire. Il avait renforcé son pouvoir en écartant en août le ministre de la Défense de l'ex-régime, Hussein Tantaoui.

"Enfer politique"

L'opposition, qui a parlé de coup d'État, a appelé à des manifestations à travers le pays. Mohamed ElBaradei, un ancien chef de l'agence nucléaire de l'ONU, avait accusé la veille Morsi de s'être "proclamé nouveau pharaon".

"C'est un coup d'État contre la légalité (...) Nous appelons tous les Égyptiens à protester vendredi sur toutes les places d'Égypte", avait dit Sameh Achour, chef du syndicat des avocats, jeudi soir. "Morsi conduit le pays vers un enfer politique", selon lui.

Morsi accusé de monopoliser le pouvoir

Accusé par ses opposants de "monopoliser les trois branches du pouvoir", et de chercher à "anéantir l'indépendance du pouvoir judiciaire", Mohamed Morsi a notamment demandé "de nouveaux jugements" dans les procès sur les meurtres de centaines de manifestants durant la révolte, ce qui fait planer une menace sur certains hauts responsables militaires ou de la police.

Le président a par ailleurs limogé le procureur général, Abdel Meguid Mahmoud, nommé du temps de Moubarak, et l'a remplacé par Talaat Ibrahim Abdallah pour quatre ans.

Morsi a aussi décidé qu'aucune instance judiciaire ne pouvait dissoudre la commission chargée de rédiger la future Constitution. Il ôte ainsi le droit à la Haute cour constitutionnelle d'examiner un appel contre la composition de cette commission constituante, dominée par les islamistes.

Ces décisions visent à "nettoyer les institutions" et "détruire les infrastructures de l'ancien régime", a expliqué le porte-parole de la présidence, Yasser Ali.

Source : le Huffington Post et AFP

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NDLR FNCV : D'un côté, il y a le président Morsi, les islamistes avec les Frères musulmans et les salafistes en tête, qui cherchent, comme on pouvait s'y attendre, à instaurer la charia comme mode de gouvernement

De l'autre, on trouve les millions de musulmans modérés, libéraux, chrétiens, coptes et Egyptiens de toutes obédiences, qui s'opposent à cette dictature et veulent conserver l'Etat laïque légué par les précédents gouvernements, y compris celui du président Moubarak. 

L'enjeu est considérable. C'est la paix (déjà toute relative) du moyen et du proche-Orient qui est davantage fragilisée par le joyeux "printemps arabe" qui débouche sur un bien triste hiver. 

Le "printemps arabe" a eu pour effet de placer au premier plan cette tendance religieuse ultra-rigoriste  "qui prône un retour aux sources de l'islam, en réaction à la sécularisation des sociétés arabes et au modernisme occidental".

En Égypte, le parti salafiste Nour (lumière) a remporté 24 % des voix aux élections législatives. En Tunisie, les actions violentes des «Partisans de la charia» s'aggravent. En Syrie, de nombreux groupes (Faucons de Damas, Ahrar al-Cham) invoquent l'idéologie salafiste et ont pris les armes pour imposer leur idéologie. Cette nébuleuse islamiste dictatoriale est financièrement soutenue par l'Arabie saoudite, la maison mère du salafisme, et de son bras armé, la Ligue des oulémas. musulmans.

Cette affaire est à suivre de près...


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