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samedi 26 octobre 2019

Budget OPEX : Alerte du Sénat, il manque 300 millions d’euros pour financer les opérations extérieures !

En juillet 2019, les parlementaires ont reçu un tableau précisant les plafonds de dépense de chaque ministère pour le prochain exercice budgétaire. Et s’agissait du ministère des Armées, il y est indiqué que son budget augmenterait de 1,53 milliard d’euros. Seulement, le souci est que la trajectoire financière de la Loi de programmation militaire 2019-25 prévoit un hausse de 1,7 milliard

Comme l’a souligné le journal Le Monde, le ministère de l’Action et des Comptes publics « raisonne par rapport aux montants budgétés en 2019, lors de la loi de finances initiale, et qui peuvent donc varier par rapport aux crédits effectivement dépensés ». Et d’expliquer que cette hausse moins importante qu’attendu prendrait en compte la « démographie déclinante » de la mission « Anciens combattants ».

En tout cas, le 13 juillet, à l’Hôtel de Brienne, le président Macron avait assuré que « l’effort budgétaire pour notre défense sera […] tenu » parce que « le contexte stratégique le nécessite, parce que c’est ma responsabilité de chef des armées de voir loin, de ne jamais céder aux sirènes du court terme, mais au contraire, de maintenir notre nation dans le temps long de l’histoire. Parce que notre nation, si fière, à juste titre, de son passé, doit aussi agir aujourd’hui pour rester demain maître de son destin, aux côtés des Européens. »

Lors de l’Université d’été de la Défense, la ministre des Armées, Florence Parly, a rappelé cet engagement. La LPM « sera respectée », a-t-elle dit. Et « j’aurai l’occasion de détailler prochainement le contenu du budget 2020 lors de la présentation du projet de loi de finances en conseil des ministres à la fin du mois. » On en saura donc un peu plus à ce moment-là.

Cependant, il a déjà été précisé par l’entourage de Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, que les dépenses de l’État devraient augmenter de 4,6 milliards d’euros en 2020, ce qui permettra de financer les priorités gouvernementales, dont la Défense, la Solidarité et l’Éducation nationale. Mais « les dépenses augmentent moins vite que la croissance. Leur part va donc baisser dans le produit intérieur brut’, ont confié ces sources au quotidien Le Monde.

Mais avant d’évoquer le budget 2020, il reste à boucler l’exercice budgétaire 2019. Et comme tous les ans, à pareille époque, la question de sous-financement des opérations extérieures [dotées de 850 millions d’euros en Loi de finances initiale, ndlr] revient dans le débat.

En 2018, M. Darmanin avait annulé 404,2 millions de crédits destinés à la mission Défense pour financer les surcoûts liés aux opérations extérieures [OPEX] et aux missions intérieures [MISSINT]. Et il avait donc écarté tout recours à la solidarité interministérielle, principe pourtant réaffirmé par la LPM 2019-25. Ce qui lui valut d’être sous le feu des critiques au Parlement, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative.

À l’époque, il fut expliqué que le ministère des Armées pouvait supporter ces annulations de crédit étant donné que ses dépenses de personnel avaient été moins élevées que prévu. En outre, il pouvait puiser dans les 164 millions d’économies réalisées sur des programmes d’armement. Qu’en sera-t-il cette année, sachant que, selon toute vraisemblance, il manquerait encore 300 millions d’euros pour financer les surcoûts liés aux OPEX ?

En tout cas, le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, a d’ores et déjà pris les devants, lors d’une intervention à l’Université d’été de la Défense.

« Cette année encore, au moins 300 millions d’euros resteront à financer, si ce n’est plus. Ce surcoût doit être pris en charge par la solidarité interministérielle. C’est la loi, c’est aussi le respect de la parole donnée. 300 millions, c’est l’équivalent de trois ans de livraison des véhicules blindés Griffon : c’est donc, enfin, la condition de la modernisation des armées », a fait valoir M. Cambon, après avoir rappelé que le Sénat « avait introduit cette clause de sauvegarde dans la loi de programmation militaire (LPM), pour protéger les ressources des armées. »

La Haute-Assemblée avait également adopté une mesure visant à empêcher toute ponction du budget des Armées pour financer le Service national universel [SNU]. Or, là encore, M. Cambon a lancé un avertissement.

« A l’heure où le gouvernement chiffre le SNU à 1,5 milliard d’euros par an, je demande la création dans le projet de loi de finances pour 2020 d’une mission budgétaire spéciale, pour éviter tout risque d’un siphonnage des crédits de la défense. Chacun sait bien que le SNU n’est pas financé! », a affirmé le sénateur.

Voilà qui promet une session parlementaire animée...

Source : ZONE MILITAIRE

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mardi 3 septembre 2019

Chronique : La valeur sacrée de l’engagement, soldat, civil, humanitaire...

L’engagement, un acte sacré !

Nous évoluons dans des environnements qui oscillent entre le culte virtuel de l’héroïsme et la complainte médiatique de la victimisation permanente. Désormais il n’est plus de bon ton de prendre des risques et encore moins de reconnaître la valeur suprême de l’engagement alors que tout est subordonné au principe de précaution et soumis à l’omnipotence bureaucratique. Pourquoi aller au-delà pour soi-même et vis-à-vis des autres quand on vous garantit en permanence que vos actes quotidiens sont assurés en termes de bien-être et réassurés en termes de sécurité...

Il faut reconnaître que nos sociétés se recroquevillent de plus en plus sur des postures matérialistes, individualistes, hédonistes, indolentes avec des formes de communications qui sont devenues quasi tribales autour des réseaux sociaux. Alors pourquoi s’engager et avoir besoin de donner du sens à ce que l’on vit quand il suffit de se laisser porter par le bruit ambiant, l’argent facile et l’agitation du moment pour se considérer comme heureux…

« Choisir ». C’est l’acte qui permet d’affirmer sa responsabilité mais aussi sa liberté

S’engager signifie « choisir ». C’est l’acte qui permet d’affirmer sa responsabilité mais aussi sa liberté face à soi-même et aux autres. C’est la décision suprême d’une vie lorsque nous sommes confrontés à des rendez-vous majeurs. Souvent c’est la seule qui a compté lorsque l’on fait le bilan de son propre cheminement. Cette notion d’engagement peut prendre de multiples formes au cours d’une existence.  C’est l’enfant qui rejoint les scouts et qui ne le devient vraiment que lorsqu’il fait sa « promesse ». Il en est de même pour le combattant, résistant ou soldat de l’armée dite régulière, qui décide de défendre les valeurs de son pays contre l’adversité en « s’engageant volontairement au feu » alors qu’il n’est pas contraint de le faire. C’est la même démarche pour le médecin qui va « prêter serment » pour protéger la vie humaine.

Il en est de même pour l’hospitalier qui va consacrer ses nuits à soigner les malades voire à les accompagner jusqu’à leur dernier souffle, pour l’humanitaire qui va œuvrer pour le « respect de la dignité humaine », pour le prêtre qui va « porter l’espérance » au travers de son sacerdoce. Nous pourrions ainsi multiplier les exemples en termes de formes d’engagement au sein de nos sociétés. Heureusement ils sont encore là, multiples, discrets et intemporels dans leurs expressions quotidiennes. Ils sont l’expression de notre humanité dans ce qu’elle a de plus louable.

Pour autant il nous faut nous battre plus que jamais pour re-sacraliser cette notion d’engagement à tous les niveaux. Nous assistons en effet depuis quelques décennies à un glissement des sémantiques du fait de l’emprise bureaucratique qui prévaut dans le fonctionnement de nos sociétés et dans la subordination de nos cerveaux. Il faut admettre que nos décideurs ont progressivement abandonné toute autorité face à leurs légistes et que nos populations, qui ont beaucoup perdu en discernement et en esprit critique,  sont de plus en plus soumises à une multiplicité de processus juridiques et administratifs… Lorsque nous parlons « d’engagement » il nous est opposé désormais et quasiment systématiquement la notion de « professionnalisation » et de « contractualisation ». L’engagement est réduit à un acte juridique entre des parties prenantes, à un ensemble d’obligations envers des tiers en contrepartie d’un paiement ou d’un salaire … Il n’y a plus sur la forme que des règles d’engagement et l’engagement ne fait plus sens sur le fond.

Un soldat qui s’engage volontairement pour défendre son pays et qui vit l’épreuve du feu sur des terres lointaines en opérations extérieures ne le fait désormais que parce qu’il « a signé un contrat pour servir  en tout temps, en tout lieu et en toutes circonstances». Il n’est plus un valeureux « combattant volontaire » qui s’est engagé pour défendre de nobles causes mais juste un « professionnel » qui ne fait qu’exécuter un contrat en bonne et due forme. S’il meurt au combat ce ne sera que contractuellement et conformément aux « contraintes inhérentes à l’état militaire » mais désormais dans l’indifférence collective, excepté si le politique décide, pour alimenter une opportunité médiatique, d’en faire un héros pour quelques heures. Il en est de même si la société est touchée par un désastre naturel ou par un acte qualifié de terroriste, les victimes seront sublimées avec des milliers de bougies pendant 48 heures.

Personne ne se pose honnêtement la question de savoir quel est vraiment le prix à payer et quels sont les véritables niveaux d’engagements individuels et collectifs qu’il serait nécessaire de mettre en œuvre pour assurer normalement la sécurité de nos sociétés… D’autres pays le font ! Mais il est plus aisé pour toutes les parties de s’enfermer dans une sorte de schizophrénie collective en instrumentalisant l’émotion, en glorifiant la victimisation et en neutralisant ainsi toute capacité de résistance et de résilience des populations face aux aléas de la vie ou aux turbulences de l’histoire.  Après tout nous payons suffisamment d’impôts afin que nos « professionnels » assurent 24h sur 24h le « risque zéro » pour nos sociétés … Nous sommes dans la tragédie grecque par excellence !

Cette notion de « professionnalisation » et de contractualisation de la mission qui s’exprime d’abord sous un angle juridique avant de l’être en termes de sens et de valeur prévaut dans tous les domaines. Elle efface la notion de responsabilité, réduit les champs de liberté et détruit toute la sacralité inhérente à l’acte suprême qu’est fondamentalement l’engagement. L’humanitaire qui part dans un pays en guerre ou détruit par un désastre naturel doit d’abord être certifié et devra désormais respecter des process vérifiables et durables avant de penser à sa mission vis-à-vis des populations. Le médecin, et encore plus le chirurgien, devront avant d’envisager de sauver une vie humaine, s’assurer qu’ils sont bien protégés sur le plan juridique afin de pouvoir faire face à tout contentieux des patients. Même l’ecclésiastique aujourd’hui doit veiller à ce que son engagement spirituel soit d’abord conforme aux chartes édictées par ses autorités et imposées par les débats d’opinion avant de pouvoir prétendre porter un message d’espérance pour toute une communauté. Nous marchons sur la tête et n’avons plus le sens de l’essentiel.

Nous confondons de plus en plus le fait d’être professionnel quels que soient nos domaines de compétence et la notion d’engagement qui est ce supplément d’être et cette force d’âme qui s’incarnent au travers des actions que nous pouvons porter au profit des autres. Pourtant l’histoire nous montre que la vie des sociétés, des peuples, des pays n’est au bout du compte qu’une somme d’engagements d’hommes et de femmes qui sont allés au-delà de ce que l’on pouvait attendre d’eux sur le plan juridique parce qu’ils avaient des convictions, des intuitions et la volonté de défendre des valeurs suprêmes. Ces valeurs sont la plupart du temps toujours les mêmes : celles de la dignité humaine, de la vie et de la liberté. S’engager c’est d’abord « promettre » que notre humanité sera toujours supérieure à la barbarie et à l’infamie et « porter cette espérance » sans laquelle notre vie n’aurait pas de sens. Cela vaut pour un couple qui s’engage pour fonder une famille jusqu’au soldat qui va jusqu’à donner sa vie pour défendre son pays et nos valeurs civilisationnelles.

«Nous nous sommes trompés trop longtemps sur le rôle de l’intelligence.»

Pour retrouver cette humanité qui fait la force et la singularité de notre histoire occidentale, il faut re-sacraliser sans attendre la notion d’engagement et arrêter de l’enfermer dans ces réductionnismes juridiques et administratifs qui tirent vers le bas tout ce qu’il y a de plus noble et de plus beau dans l’expression d’une vie humaine et dans le fonctionnement de nos sociétés.
C’est le message de Saint Exupéry dans Pilote de guerre, message que nous devrions méditer sans cesse : «Nous nous sommes trompés trop longtemps sur le rôle de l’intelligence. Nous avons négligé la substance de l’homme. Nous avons cru que la virtuosité des âmes basses pouvait aider au triomphe des causes nobles, que l’égoïsme habile pouvait exalter l’esprit de sacrifice, que la sécheresse du cœur pouvait par le vent des discours fonder la fraternité ou l’amour… Seul l’esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’homme».

Source : www.magistro.fr
Xavier GUILHOU Président FNCV Finistère


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jeudi 18 avril 2019

Paris Notre-Dame : Jean-Louis Georgelin, un général 5 étoiles pour reconstruire la cathédrale

Nommé mercredi "Monsieur reconstruction" de la cathédrale Notre-Dame, le général d'armée (cinq étoiles) Jean-Louis Georgelin, 70 ans, revient aux responsabilités, après plus de deux ans et demi de retraite.

Homme "du sérail" qui a fait l'essentiel de sa carrière à Paris, connu pour son franc-parler*, il a été chef de l'état-major particulier du président de la République, Jacques Chirac (2002-2006), puis chef d'état-major des armées (Cema, 2006-2010), soit huit années au cœur du pouvoir politico-militaire.

Il est ensuite devenu Grand chancelier de la légion d'honneur, jusqu'en août 2016.

En tant que Cema, il a été le maître d'œuvre des opérations extérieures de l'armée française, notamment en Côte d'Ivoire, Afghanistan, dans les Balkans ou au Liban, et a supervisé plus généralement toute présence militaire française en opération.

Voix forte et solide carrure, ce célibataire a toujours passé pour un homme décidé, au caractère rugueux. "Il sait engueuler les gens", disait à l'AFP en 2006 un gradé à propos de ce général haut en couleur qu'on adorait... ou pas.

Passionné de politique et d'histoire, grand lecteur, Jean-Louis Georgelin est un homme croyant, restant discret sur sa foi.

Homme à la parole rare

Il n'avait pas hésité à égratigner le président Macron, après la crise ouverte en 2017 entre le chef de l'Etat et son chef d'état-major Pierre de Villiers à propos de questions budgétaires. Une crise qui avait provoqué le départ de ce dernier et jeté un froid au sein des armées.

"Ce qui reste (de cet épisode) à mon sens dans les armées aujourd'hui, c'est cette agression verbale du président de la République sur le chef d'état-major", avait dit en 2018 le général Georgelin, homme à la parole rare, sur France Culture.

Né le 30 août 1948 à Aspet (Haute-Garonne), ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, titulaire d'un brevet d'études militaires supérieures générales et de parachutisme, Jean-Louis Georgelin est diplômé du Command and general staff college (Fort Leavenworth, Kansas, Etats-Unis).

Aide de camp du chef d'état-major de l'armée de Terre au début des années 80, il gravit les échelons dans cette armée et dirige le bureau "planification finances" à l'état-major (1988-1991).

Commandant du 153e régiment d'infanterie à Mutzig (1991-1993), il est adjoint terre du chef de cabinet militaire du Premier ministre (1994-1997), avant d'être nommé adjoint au général commandant de la 11e division parachutiste en mai 1997. Chef du bureau des plans à la SFOR (Force de l'Otan en Bosnie) en 1997-1998), il fait de la planification à l'état-major des armées de 1998 à 2002, avant de rejoindre l'Élysée.

Source : actu.orange.fr - AFP

* Le prix des otages français : Jean Louis Georgelin, un général qui n'a pas la langue de bois !
* Général de Villiers : Déclarations de l'ex-CEMA devant les députés de la commission de la Défense


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dimanche 17 mars 2019

Manifestation des Gilets jaunes : Violences, pillages et saccages aux Champs Elysées à Paris !

Les commerçants de la plus belle avenue de France ont demandé, ce dimanche 17 Mars 2019, à être reçus par le Premier ministre Édouard Philippe

Au lendemain de l'acte XVIII des Gilets jaunes, les commerçants de l'avenue des Champs-Élysées constatent les dégâts. Quatre-vingts enseignes ont été touchées, dont une vingtaine pillées ou victimes de départs d'incendie lors du saccage samedi des Champs-Élysées, ont ainsi estimé ces commerçants. Ils demandent à être reçus par le Premier ministre Édouard Philippe. «  Il y a eu un déferlement de violence, on se remet du chaos. On tente de rassurer les salariés, et puis on pense aux habitants, bien sûr  », a déclaré à l'Agence France-Presse Jean-Noël Reinhardt, président du Comité Champs-Élysées, une association de promotion qui revendique 180 adhérents, en grande partie des commerces.

«  On a demandé un rendez-vous au Premier ministre, pour lui faire part de notre exaspération et lui présenter nos doléances. Il faut que les pouvoirs publics mettent un terme à cette situation  », a-t-il poursuivi avant d'ajouter : «  En cumulé, on a eu 35 samedis et dimanche marqués par des perturbations.  »

«  Trop, c'est trop  »

Samedi, l'acte XVIII de la mobilisation des Gilets jaunes a été marqué par une flambée de violences à Paris, en particulier sur les Champs-Élysées, théâtre d'affrontements, de pillages et de départs de feu. Parmi les boutiques et commerces les plus touchés : la brasserie huppée le Fouquet's, des enseignes de prêt-à-porter (Celio, Lacoste, Hugo Boss), le chocolatier Jeff de Bruges, mais aussi le magasin du fabricant chinois de smartphones Xiaomi, inauguré mi-janvier, ainsi que de modestes kiosques à journaux.

«  Trop, c'est trop. Et ce samedi était le samedi de trop  !  » a tempêté pour sa part dans un communiqué Bernard Stalter, président de CMA France, réseau national des chambres de métiers et de l'artisanat. Interpellant les ministres de l'Intérieur et de l'Économie et des Finances, lui aussi demande «  à être reçu avec une délégation d'artisans dès cette semaine afin de trouver ensemble les solutions qui permettront de mettre un terme à une situation devenue aussi explosive qu'inacceptable  ». 

Source : Le Point.fr


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samedi 16 février 2019

Société : Amendement du 4e Commandement de Dieu - Désormais, tu honoreras parent 1 et parent 2

Formulaire scolaire : “parent 1 et parent 2” remplacent “père et mère”

Un amendement adopté par les députés supprime la mention du genre des parents dans les formulaires scolaires

L’homoparentalité est désormais reconnue pour les formulaires scolaires. L’Assemblée a adopté en première lecture mardi 12 février 2019 un amendement qui supprime les mentions « père » et « mère », et les remplace par « parent 1 » et « parent 2 », rapporte le Parisien.

« Du politiquement correct qui ne correspond pas à la réalité »

Ce vote est passé dans le cadre du projet de loi « l’école de la confiance ». « Cet amendement vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école », a expliqué la députée Valérie Petit (LREM), à l’origine du texte. « On a des familles qui se retrouvent face à des cases figées dans des modèles sociaux et familiaux un peu dépassés. Aujourd’hui, personne ne devrait se sentir exclu par des schémas de pensée un peu arriérés. Pour nous, cet article est une mesure d’égalité sociale », a défendu dans l’hémicycle sa collègue Jennifer de Temmerman (LREM).

Le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, et la rapporteure (Ndlr: rapporteuse ;-) du projet de loi, Anne-Christine Lang (LREM), ont donné un avis défavorable à cet amendement, estimant que le changement réclamé ne relevait pas du domaine législatif.

Source : Valeurs actuelles


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jeudi 31 janvier 2019

Budget des Armées : Aucune économie ne sera faite sur la défense pour financer les mesures sociales et fiscales

« Il n’y aura aucune économie faite sur la défense... » Emmanuel Macron

Baisse de la CSG pour les retraités dont la pension mensuelle est inférieure à 2.000 euros, revalorisation de la prime d’activité pouvant aller jusqu’à 100 euros, heures supplémentaires défiscalisées… Les mesures annoncées par le président Macron (et votées au Parlement) afin de répondre au mouvement des « gilets jaunes », lequel a exprimé, depuis, d’autres revendications, auront un coût de 8 à 10 milliards d’euros selon les estimations.

À cela, il faut ajouter les conséquences économiques des blocages, lesquels devraient peser sur la croissance. Et donc sur les rentrées fiscales.

Étant donné le niveau de la dette publique, qui frôle déjà le seuil des 100% du PIB, la question de savoir comment ces mesures allaient être financées s’est rapidement posée. Avant même les annonces présidentielles, la ministre des Armées, Florence Parly, avait même dit ne pas exclure une contribution de son ministère. De quoi menacer la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25 avant même son entrée en application.

« La recrudescence des menaces est aujourd’hui peu contestée. En revanche, il n’est pas certain que le soutien que l’opinion publique apporte au redressement de l’effort de défense, se maintiendra toujours à un niveau si élevé », avaient, par ailleurs, alerté les sénateurs Cédric Perrin et Hélène Conway-Mouret, dans un rapport pour avis sur l’Équipement des forces [programme 146], dans le cadre du projet de loi de finances initiale 2019.

Lors de son déplacement au Tchad, où il a rencontré les militaires de la force Barkhane, M. Macron a rappelé que le coût des mesures relatives au pouvoir d’achat sera compensé par « des économies en matière de dépenses publiques ». Cependant, le budget du ministère des Armées devrait être préservé.

« Il n’y aura aucune économie faite sur la défense, nos armées et la loi de programmation militaire », a en effet assuré M Macron, alors qu’il était interrogé par l’AFP.

« Nous avons pris la peine en début de quinquennat d’avoir une analyse de notre situation stratégique, d’autre part […] de préparer cette loi de programmation, [qui] a été longuement débattue et votée », a ensuite souligné le président Macron. Et cette LPM est « ce que nous devons à nos soldats, à leur quotidien. C’est ce que nous devons à nos concitoyens parce que c’est leur défense et leur sécurité, aujourd’hui et demain, parce que la menace est constamment en train de changer », a-t-il fait valoir.

Source : Zone Militaire - Photo : AFP


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mardi 22 janvier 2019

Le président Macron aux militaires : « Soyez fiers! »

Cette année, le président Macron a réservé aux seuls militaires et personnels civils de la Défense son unique cérémonie des vœux pour la nouvelle année. Et, ce 17 janvier, il s’est donc rendu au Pôle national des opérations aéroportées de Toulouse-Francazal à cette fin.

Fier de servir la France, fier de votre engagement, fier de protéger...

À cette occasion, le chef de l’État a pris la parole pendant près d’une heure, abordant les opérations, les questions budgétaires ou encore la condition militaire.

Sans trop entrer dans les détails, M. Macron a ainsi défendu la nécessité de poursuivre la transformation du ministère des Armées en insistant sur l’innovation et l’amélioration des processus d’acquisition des matériels. Non pas pour dégager des marges de manoeuvres budgétaires ou pour « faire plus avec moins » mais pour pour porter une ambition plus élevée. Il faut « voir haut, voir grand », a-t-il lancé, assurant que la période des « réformes subies » était désormais révolue au profit de celle des « transformations choisies ».

Par ailleurs, le président Macron a également évoqué la réforme des retraites à venir, en donnant une nouvelle fois l’assurance qu’elle préservera le modèle d’armée et qu’elle tiendra compte des sujétions propres au métier des armes.

Mais c’est à la fin de son discours que le président a semblé sortir de son fil conducteur en livrant un plaidoyer en faveur de la notion de l’engagement et de l’honneur de « servir ».

« Il y a une chose qui nous rend plus forts que tous les autres. Les jeunes s’engagent comme nulle part ailleurs. Ils sont fiers de servir le pays. Et d’autres sont fiers de les commander. Et ça, ça n’a pas de prix. Ce ne sont pas des décrets , des lois. C’est l’histoire de la Nation française et la force de ses armées », a lancé M. Macron.

« Je veux simplement vous redire : soyez fiers. Fiers de servir la France. Soyez fiers comme le chef des Armées est fier de vous. Soyez fiers comme le peuple français et fier de ses militaires », a enchaîné le président Macron. Et cela, a-t-il continué, « parce que votre engagement épargne des vie, protège des populations entières, fait progresser chaque jour la justice, la liberté, la paix ».

« Soyez fiers parce que vous êtes des exemples pour notre jeunesse », a encore insisté le président. « Soyez fiers comme je suis fier de vous, parce qu’il n’y a rien de plus noble que de servir son pays, son avenir et qu’il n’y a rien de plus fort, de plus noble que de se battre pour les valeurs universelles de la France, ces valeurs universelles qu’elle défend depuis si longtemps », a-t-il conclu, sous les applaudissements.

Source : Zone Militaire

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vendredi 4 janvier 2019

Emmanuel Macron : La construction d’un nouveau porte-avions n’est pas forcément garantie

Lors du dernier salon Euronaval, la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé le lancement des études relatives au futur porte-avions destiné à la Marine nationale, en précisant qu’elles devaient répondre à au moins trois questions à savoir les menaces que ce navire aura à affronter, les choix technologiques qu’il suppose et l’innovation qui devra l’accompagner tout au long de sa vie opérationnelle.

« Faisons de ce porte-avions, une véritable base avancée de notre marine. […] Nous devrons être réalistes mais ambitieux. Et grâce à ces études approfondies, imaginatives et rigoureuses, nous pourrons établir l’architecture de ce futur porte-avions et poser les bases de l’organisation industrielle nécessaire pour le bâtir en respectant les délais et les coûts », avait affirmé Mme Parly.

Ses propos ne laissaient guère de place au doute : la construction d’un nouveau porte-avions semblaient alors inscrite dans le marbre. Ou presque.

Seulement, lors de son intervention télévisée du 14 novembre, faite justement depuis le porte-avions Charles de Gaulle, le président Macron a laissé entendre que ce n’était pas forcément le cas.

« Dans ce lieu inouï [le Charles-de-Gaulle], le seul porte-avions européen à propulsion nucléaire, nous sommes les seuls au monde avec les Américains à disposer d’une telle technologie. […] C’est un joyau de notre armée, de notre technologie, de notre industrie de défense et de l’excellence des hommes et des femmes de notre armée », a déclaré M. Macron.

Après avoir abordé la question de l’autonomie stratégique européenne dans le domaine militaire, il a été demandé à M. Macron si la France allait « bâtir un ou deux autres porte-avions nucléaires » dans les années à venir.

« Il est trop tôt pour le dire », a répondu le président Macron. Évoquant les études en cours, dont les conclusions seront connues en 2020 (une «année charnière », a-t-il dit), il a ajouté que cela dépendra de l’évolution de la menace.

« Est-ce que c’est cet équipement qui est la meilleure réponse ou est-ce qu’il faut d’autres types de réponses?, a demandé le chef de l’Élysée. En outre, il faudra regarder l’évolution des technologies et voir aussi « comment évoluent nos partenaires ». Et donc, a-t-il continué, « c’est tout ce que nous sommes en train d’étudier ». Et d’ajouter : « Ce sont des tas de sujets stratégiques, techniques et opérationnels. »

Mais, a fait observer le président Macron, il y aura également un aspect budgétaire. « Un autre porte-avions comme celui-ci [le Charles-de-Gaulle], c’est 4 à 5 milliards d’euros. C’est aussi un coût. Donc, ce choix, on le fera en 2020 mais rien n’est exclu aujourd’hui. Ce choix sera conduit par un objectif : protéger la France et les Français » en permettant « à nos soldats d’avoir les meilleurs outils pour cela ». En un mot : «Être en capacité de répondre aux menaces du monde d’aujourd’hui et de demain ».

Si le porte-avions est un marqueur incontestable de la puissance d’une marine (et, par extension, de celle d’un État), il n’en reste pas moins que sa pertinence, telle qu’on la connaît actuellement, a été remise en cause par plusieurs rapports publiés récemment aux États-Unis par des centres de réflexion.

« Alors que la marine américaine jouit depuis longtemps d’une liberté d’action sur les océans du monde, son règne sans précédent est sur le point de s’achever. Au cours des dernières années, un certain nombre de pays, dont la Chine, la Russie et l’Iran, ont accéléré leurs investissements dans les capacités de déni et d’interdiction d’accès [A2/AD] avec des systèmes de défense anti-aérienne avancés, des missiles balistiques et de croisière anti-navires, des sous-marins et des porte-avions. Ces capacités vont probablement se multiplier dans les années à venir, imposant des contraintes plus grandes que jamais aux opérations des porte-avions américains », estimait ainsi, en 2016, le Center for a New American Security.

Ces capacités A2/AD vont ainsi obliger les porte-avions américains à opérer loin de leurs objectifs afin d’éviter de s’exposer à une telle menace. D’où d’ailleurs le développement du drone MQ-25 Stingray, destiné à ravitailler en vol les chasseurs-bombardiers embarqués.

Quant à la menace des missiles balistiques anti-navires, que la Chine est en train de développer avec le DF-21, elle suscite un certain scepticisme chez les spécialistes.

« Je n’ai pas d’éléments précis sur les missiles anti-navire chinois. J’en entends parler mais il me paraît difficile – je suis missilier balistique de formation – d’atteindre un bâtiment en mouvement avec un missile balistique. Mais pourquoi pas ? Les Chinois ont montré qu’ils étaient capables d’aveugler des satellites avec des lasers. Cependant, je me méfie », avait ainsi expliqué l’amiral Bernard Rogel, ex-chef d’état-major de la Marine nationale et actuellement chef d’état-major particulier du président Macron.

Et pour cause : un fois lancé, un missile balistique suit une trajectoire suborbitale pour ensuite se diriger vers une cible statique. Et, a priori, le DF-21 chinois, présenté comme étant un « tueur de porte-avions », n’a encore jamais touché un objectif en mouvement, ce qui relative beaucoup de chose. En revanche, tel n’est pas le cas des missiles hypervéloce (ou hypersonique), qui seront plus difficiles à repérer et à intercepter. La Russie en développerait un, à savoir le 3M22 Tsirkon.

Source : Zone Militaire

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dimanche 9 décembre 2018

Saccage de Paris : Ambiance Gilets Jaunes - Témoignage et analyse...

8 décembre 2018 - Je rentre de six heures de crapahut sur le terrain parisien

J’aime bien parler de ce que je connais et de ce que j’ai pu voir de visu; c'est pourquoi je suis allé au contact de toutes les zones dites de «combat»…

Ce que j’ai pu constater c’est une situation extrêmement hétérogène et confuse avec des gilets jaunes qui déambulaient par petits groupes de 10 à 20 personnes ne sachant trop où aller ni ce qu’il fallait faire, que ce soit sur les "Champs" ou dans les rues adjacentes qui étaient relativement vides…A côté, il y avait des groupes de fous furieux, ultras-gauche et droite, anar et Blackdors, qui fonçaient au contact des policiers avec des niveaux de violence extrême. Derrière, des grappes de racailles profitaient de ce processus pour piller les magasins dans les rues parallèles. Le secteur de l’Elysée était totalement bunkérisé à l'intérieur d'un cercle de 200 m de diamètre.

En fin de journée, les gilets jaunes ont rejoint leurs cars, fatigués de piétiner sur les Champs et à errer dans les rues de Paris. En revanche, l’ultra gauche et les racailles se sont acoquinés à partir de 18h pour mettre le feu dans les avenues de Paris, du côté de la Madeleine, Courcelles, Ternes, notamment. Les ultras-gauche fixaient les policiers en brûlant les voitures et poubelles, et pendant ce temps les délinquants des banlieues pillaient les magasins. En arrière-plan, toute la journée sur les chaines de TV, nous n'avons eu que des incompétents pour commenter les évènements, avec un focus essentiellement d'ordre public alors que la problématique est d’ordre politique et stratégique pour le pays. 

Ce mouvement des gilets jaunes était initialement un mouvement de « bons Gaulois » un peu paumés et désenchantés. Ils sont en train de se rendre compte qu’ils ont été déshumanisés et aspirent à un autre futur qu’ils ont du mal à définir. Il y a beaucoup de désespérance dans leur mouvement qui n’a que « le pouvoir d’achat » comme expression. Le pouvoir les a bien pris en otage en instrumentalisant les extrêmes qui n’ont jamais eu autant de publicité avec cette bataille des images pitoyables pour l’image et le rayonnement de notre pays. 

En revanche, « les autres » sont bien là. 

Je les ai vu arriver à partir de 17 h par grappes, profitant de la tombée de la nuit, tous habillés de noir avec des capuches (toujours très courageux). Des Bac+15 comme vous devez les imaginer … J’ai vu 3 magasins pillés sous mes yeux (un resto sushi, un opticien – ils n’ont pris que les lunettes de marque de soleil…, et une supérette – l’un des pillards s’est retrouvé face à moi avec 10 bouteilles de champagne dans les bras…). Les gilets jaunes qui y assistaient se montraient totalement indifférents à ces vols et actes de vandalisme, comme si c'était naturel. Lorsque j’ai signalé à des policiers qui repoussaient les ultras qu’il y avait une bande à 100m, en train de vider une pauvre supérette dans une ruelle derrière le parc Monceau, deux gars, particulièrement crades, de l’ultra gauche sont venus à mon contact en m’accusant d’être un «collabo» (autant vous dire que cela n’a duré que le temps d'une minute pour un petit-fils de résistant…ils sont partis en courant mais ce fut quand même chaud…)… En bref, c’est la chienlit !

Tout ceci parce que nous sommes embarqués dans un processus catastrophique pour notre pays avec des élites dirigeantes qui n’ont pas eu, et n'ont toujours pas une visibilité suffisantes, et ne possèdent pas les valeurs nécessaires pour anticiper et prendre les mesures fortes qui s'imposent, et cela en temps utile. A présent, il faut faire front. Ces tristes évènements révèlent un niveau de déliquescence, d’indifférence et de désordre à l’image de l’effondrement moral, spirituel et économique du pays. 

Source : Xavier


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vendredi 7 décembre 2018

Analyses sur le mouvement Gilets Jaunes : Vous vouliez une « transition », vous avez une « révolution » !

La bataille des images fait rage sur les écrans et les réseaux sociaux autour de symboles profanés

Les commentateurs ouvrent allègrement des boites de Pandore en parlant d’insurrection et de guerre civile sans savoir ce que c’est réellement. Pendant ce temps la France glisse dans la confusion, la sidération et l’émotion.

Il y a 10 ans, quand j’ai écrit « Quand la France réagira… », j’avais évoqué, comme le ferait un médecin de façon préventive, trois symptômes pour qualifier la gravité de la crise qui caractérise notre pays à savoir :

  • Le symptôme argentin du fait de la courbe de la dette et de la faillite des politiques publiques qui permettent de masquer le déclassement du pays et de bloquer toute transformation de notre société afin de maintenir l’illusion d’un train de vie.
  • Le symptôme yougoslave avec l’émergence d’un divorce profond entre la population et les élites qui provoque une implosion de la « Res-Publica » et une fractalisation des cohérences et cohésions territoriales.
  • Le symptôme libanais avec des centaines de zone de non-droit qui se sont enkystées partout dans les périphéries de nos villes et  agglomérations avec des logiques communautaristes et religieuses qui sont devenues les nouvelles références autour de la propagation rampante d’un islam radical qui s’est imposé progressivement en termes de gouvernance.

Beaucoup se sont amusés de ce diagnostic. Aujourd’hui les mêmes « rient jaune » avec les évènements de ces dernières semaines qui viennent déstabiliser leurs certitudes intellectuelles et leur confort financier… Entre temps la dette a explosé du fait de la crise de 2008 et surfe sur la crête des 100% du PIB (selon les critères de Maastricht). Tous les spécialistes tremblent à l’idée d’une hausse des taux et surtout d’une nouvelle crise bancaire qui nous mènerait sur des pentes vertigineuses dans les prochains mois. Le déficit public est pour sa part devenu insoutenable et le déclassement de la France est tel en termes de compétitivité que les quelques contrats d’armement ou d’avions ne suffisent plus pour cacher la misère de notre comptabilité nationale. 

Nous pouvons toujours dire que c’est de la faute des autres, des Allemands, de l’Europe, du prix du pétrole … une chose est certaine, notre pays connaît des difficultés chroniques pour garder son rang et surtout pour créer de la vraie richesse…A force d’avoir désindustrialisé et délocalisé nos actifs à forte valeur-ajoutée, il faut bien finir par admettre qu’il y a un prix à payer notamment sur le plan social. Certes il est facile, avec de l’argent quasiment gratuit, de développer une économie consumériste avec des retours sur investissements rapides, mais ces choix ne contribuent pas à créer des emplois et n’enrichissent pas un pays. 

Tout a déjà été écrit sur ce sujet et les experts n’ont cessé d’alerter sur ces dérives, mais l’autisme réciproque des français et de leurs dirigeants est catastrophique. Tout le monde a privilégié l’illusion d’un pseudo train de vie à la promotion de l’effort, de l’innovation et de l’excellence. A l’arrivée il n’y a plus assez d’argent dans les caisses et chacun y va de sa rhétorique totalement infantile !
 
Quant au lien Etat-Nation, le constat de tous les experts est unanime : il est en implosion totale. Beaucoup dissertent sur l’absence actuellement de relais crédibles et de médiateurs légitimes. Mais tout a été fait pour appauvrir ces relais qui permettent un vivre ensemble intelligent et durable. La baisse du niveau éducatif et culturel à tous les niveaux, la suspension du service militaire obligatoire, le pouvoir des réseaux d’influences, des lobbies, la médiocrité des médias et l’irruption des réseaux sociaux… tout a contribué à tirer vers le bas les relations entre les citoyens et ceux qui les représentent. Cette évolution de fond est très grave. Dans l’Histoire ces processus se terminent toujours mal avec au mieux des formes de résistances civiques au travers de l’émergence de collectifs plus ou moins homogènes, voire des formes d’insurrections révolutionnaires autour des injustices sociales et fiscales, comme nous sommes en train de connaitre, au pire des guerres civiles lorsque le vivre ensemble devient impossible et insoutenable, comme en Ex-Yougoslavie où les populations se sont entretuées pendant dix ans sur des questions identitaires, religieuses, communautaires.
 
La question la plus préoccupante reste celle de la libanisation des marges violentes de nos sociétés où les référentiels ne sont plus ceux de la République et encore moins ceux de la Démocratie. Soyons clair, l’Islam n’est pas soluble dans ces principes politiques et sociétaux que nous avons progressivement mis en place au cours des siècles dans notre pays. Aujourd’hui Il n’y a plus beaucoup de marges de manœuvre pour sauvegarder le vivre ensemble sur ces espace-temps qui se sont affranchi de tout, à commencer par l’autorité de l’Etat et de ses substituts sur le terrain. Cela se traduit d’ores et déjà par des logiques de ghettos que nous connaissons trop bien. Les événements avec les émeutes urbaines de 2005, dont peu de nos dirigeants ont tiré les véritables enseignements, sont ceux d’une volonté de franchise territoriale et d’autonomie politique. D’ores et déjà, dans certains quartiers, nous ne sommes plus sûr des questions de respect de l’état de droit mais sur l’imposition de fait d’une forme d’Etat quasi islamique à la place de l’Etat français avec la charia comme cadre juridique.
 
Depuis 3 semaines, toutes ces réalités ont explosé sur les écrans de télévision avec des manifestation émaillées d’émeutes, puis d’insurrections suffisamment violentes et préoccupantes pour déboucher sur une situation d’urgence pour la sauvegarde de nos institutions. Malheureusement Il n’y a aucune surprise dans le surgissement de cette forme de catharsis sociétale et dans l’expression de ces violences protéiformes et hétérogènes de tous les corps de la société. Nous avions déjà les germes en 2005 avec les banlieues, en 2009 avec "la lutte contre la profitassion" dans les Antilles, les crises récurrentes autour des prix du carburant, les bonnets rouges contre l’écotaxe, la question de la ZAD de Notre Dame des Landes … Tous ces micros évènements ont constitué autant de laboratoires dans lesquels nous retrouvons tous les ingrédients qui se coagulent et démultiplient actuellement.
 
Alors pourquoi en sommes-nous arrivés à un tel niveau de colère, de haine et de dégâts alors que tout a été diagnostiqué depuis longtemps et que tous les symptômes auraient pu être traités très en amont ? La réponse est simple : il n’y a eu aucune anticipation stratégique des vraies questions depuis 30 ans… La responsabilité première incombe aux politiques, comme aux dirigeants du monde économique, qui savaient exactement quels étaient les risques d’un non traitement sur le fond des questions posées depuis les années 1975, dont la fameuse transition écologique pour sortir de l’emprise des énergies fossiles, jusqu’aux migrations de population… Ils savent tous depuis un demi-siècle quels sont les rendez-vous et ce sur quoi il fallait anticiper pour mettre nos pays à l’abri de tragédies collectives.  Rien n’a été fait ! En revanche ils ont tous préféré faire de l’argent en surfant sur les "dividendes de la paix" et faire de la politique politicienne au jour le jour en redistribuant l’argent public à tous les raquetteurs qui avaient parfaitement compris l’usage qu’ils pouvaient en faire.
 
Cette forme d’imposture collective a finalement mis l’Etat en faillite. De fait les corps intermédiaires se retrouvent d’eux-mêmes totalement décrédibilisés, à commencer par les syndicats, mais aussi toutes les organisations représentatives du monde économique et autres agences gouvernementales, qui ont bien vécu sans apporter de véritable valeur ajoutée à notre économie et à notre société. Ils ont tous contribué depuis 30 ans à cet affaissement de notre économie et à l’appauvrissement des relations sociales en se cachant derrière une langue de bois et des pratiques qui valent les meilleures heures du soviet suprême. Mais ne nous leurrons pas, Il y a aussi la population qui s’est satisfait pour une bonne part de cette situation facile où la réversion de la main invisible publique lui assurait une fausse quiétude et prospérité. Malheureusement elle se retrouve aujourd’hui avec des enfants de plus en plus incultes et démunis face aux exigences de la mondialisation et des services régaliens dégradés, il suffit de regarder dans quel état se retrouve nos armées, notre justice etc. A l’arrivée tous les ingrédients de ces symptômes argentins, yougoslaves et libanais finissent par s’agréger pour constituer un mélange explosif.
 
Le déclencheur des insurrections en cours tient en grande partie à cette impasse démocratique qui a permis à une minorité de profiter de la dislocation des blocs politiques, sous prétexte de "dégagisme", pour ramasser le pouvoir. Lors de la dernière élection présidentielle il n’y a eu aucun débat sur le fond. Ce ne fut que des parades séductrices avec des coups de menton. De fait le débat se joue en ce moment dans la rue avec une troisième mi-temps qui ne peut-être que violente. Les populations viennent de découvrir à leurs dépens la face cachée des feuilles de route de l’exécutif en place… qui auraient été aussi celles de leurs concurrents s’ils avaient pu prendre le pouvoir étant donné qu’il n’y a plus rien dans les caisses….  Dès lors 80 % de la population vient enfin de comprendre que l’Etat est en faillite, qu’il n’a plus aucune marge de manœuvre budgétaire et qu’il a besoin de se renflouer d’urgence sur le plan financier en ayant recours à l’arme fiscale dans un pays qui est devenu le champion des pays de l’OCDE en termes de prélèvements obligatoires (3) (46,2 % du PIB) ...
 
Ceux qui ont pris le pouvoir sont incontestablement les plus intelligents et brillants de la classe. Mais leurs préoccupations et orientations politiques sont devenues totalement inaudibles pour les opinions. Leurs décisions se comprennent sur un temps long qui aurait dû être celui de leurs prédécesseurs au cours de ces 50 dernières années en termes d’anticipation stratégique. Mais la population ne voit que la courbe immédiate de la pression de la fiscalité directe, et surtout indirecte, qui monte sans cesse au point de poser désormais un problème budgétaire vital à des pans entiers de la société. Du fait de l’appauvrissement et du déclassement du pays beaucoup ont en effet glissé dans la précarité. Plus grave, ce qui contribue à alimenter la colère sourde et la violence irrationnelle du mouvement des gilets jaunes, beaucoup ont désormais peur de se retrouver aussi dans les prochains mois ou années dans cette situation.
 
Certes il est louable et souhaitable de sauver l’Etat. Nous savons ce que donne un pays livré au chaos total faute d’une colonne vertébrale. Mais l‘Etat ne doit pas tuer la France et spolier les français. Dans le contexte actuel qui peut déboucher sur une révolution convulsive et mortifère, les Français ne sachant pas gérer leur contrat social, la seule chose à faire est de remettre à plat le cadre fiscal et de retrouver équilibre et justice. C’est vital. Des petits moratoires fiscaux ne servent à rien sinon à entretenir et nourrir les prochaines révoltes sociales. Mais la transformation du pays ne peut s’envisager qu’avec du temps, ce qui est incompatible avec les urgences sociales et l’impression d’injustice sociétale qui s’expriment depuis 20 jours. La véritable question qui se pose désormais est celle de l’autorité politique pour arbitrer ce moment crucial où les urgences et les priorités sont confondues dans un maelstrom de revendications, de haines et de peurs.
 
Quelles que soient les astuces pour calmer les exigences des gilets jaunes ou l’expression de la fermeté utilisée par l’exécutif pour endiguer la volonté de destruction de nos institutions ou la tentation de pillage de nos centres-villes, il faudra bien expliquer à un moment donné aux français que la "fête est finie" et que nous allons entrer dans une autre temporalité où tout le monde devra faire preuve de bon sens, d’intelligence et de frugalité pour remettre les comptes en ordre et le pays en état de marche. Cela va supposer de prendre des mesures drastiques, courageuses et douloureuses, comme l’ont fait les Canadiens en leur temps, et d’arrêter cet effet de ciseau pervers, et désormais catastrophique pour le pays, qui est celui de l’emballement de la dette et de l’addiction au déficit public.
Tous les autres discours sur la transition sont cosmétiques et idéologiques. La véritable révolution ne consiste pas à destituer violemment à la Ceausescu notre monarque républicain, à rêver de 1791, à piller les magasins et à discourir sur les plateaux de télévision sur une VIème République. La véritable révolution, puisqu’il faudra bien la faire, nous n’avons plus le choix face à la pression des évènements, devra être celle d’un nouveau pacte fiscal et d’un véritable contrat social. Pour cela il faut retrouver à tous les niveaux le langage du bon sens et de la responsabilité afin de ne pas tomber dans l’insoutenable et le drame avec des insurrections qui déboucheraient sur une guerre civile…

Ceux qui ont vécu Beyrouth et Sarajevo savent ce que cela signifie. Nous ne sommes plus comme en 68 : le monde de cette époque révolue revendiquait le partage de la cagnotte et ne risquait rien.
Aujourd’hui il n’y a plus de cagnotte et nous risquons tout !

Source : Xavier Guilhou - « Quand la France réagira… » Eyrolles – 2007

Voir à ce sujet les excellentes analyses de l‘économiste Claude Sicard, dont son dernier article du 5 décembre : « La France en révolte : faut-il compatir à la jacquerie des gilets jaunes ? »


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mercredi 5 décembre 2018

Gilet jaunes : Le renfort de l’armée pour protéger les bâtiments officiels...

Le syndicat Alliance Police nationale demande un soutient de l'armée...

Après un premier rassemblement des « gilets jaunes » ayant dégénéré sur les Champs-Élysées, à Paris, le 21 novembre, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, avait annoncé que, pour le second, prévu le 1er décembre, la « plus belle avenue du monde » serait fermée à la circulation mais « ouverte aux piétons », après des contrôles d’identité la fouille des sacs. En clair, il s’agissait d’établir un dispositif analogue à celui des « fanzones », comme pendant les événements sportifs.

Pour les forces de l’ordre, les Champs-Élysées sont compliqués à sécuriser et à protéger en raison de la configuration de cette avenue (1.910 mètres de long pour 70 mètres de large) et du nombre de voies qui y mènent. La fermer totalement n’était pas envisageable, afin de « soutenir les commerces », avait expliqué M. Castaner.

« Nous savons […] que l’ultra-droite et l’ultra-gauche, se mobilisent pour venir une nouvelles fois casser. Nous serons intraitables. Non seulement le périmètre sera protégé mais nous aurons des forces d’interpellation sur le site et dès qu’il y aura des dégâts, des provocations, nous sanctionnerons, nous interpellerons et nous livrerons à la justice », avait ajouté le ministre de l’Intérieur, le 29 novembre, sur France3.

Seulement, malgré des effectifs de policiers des compagnies républicaines de sécurité [CRS] et de gendarmes mobiles, la manifestation du 1er décembre a une nouvelle fois dégénéré, avec des scènes de guérilla urbaine, comme l’a résumé Jeanne d’Hauteserre, Mme le maire du 8e arrondissement de Paris. L’Arc de Triomphe n’a pas été seulement « souillé » avec des tags mais aussi saccagé, de même que des magasins, qui ont aussi été pillés. Des véhicules et des restaurants ont été incendiés tandis que les forces de l’ordre et de secours ont été violemment prises à partie. Au total, l’on compte une centaine de blessés (dont au moins 24 policiers et gendarmes) et 378 personnes placées en garde à vue. Et près de 190 départs de feu ont été traités par les sapeurs-pompiers de Paris et six immeubles ont été incendiés.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, s’est dit choqué par « la mise en cause de symboles qui sont les symboles de la France, le fait que l’Arc de Triomphe ait été tagué, le fait qu’autour du tombeau du soldat inconnu, une manifestation violente puisse avoir lieu ». Et d’ajouter : « Nous sommes déterminés à faire en sorte que rien ne soit excusé à ceux qui ne viennent sur place que dans la seule volonté de casser, de provoquer les forces de l’ordre, de porter soit un discours révolutionnaire soit des préoccupations qui n’ont rien à voir avec les questions qui ont été évoqués par le président de la République et que le gouvernement entend régler. »

« Ce qu’il s’est passé aujourd’hui à Paris n’a rien à voir avec l’expression pacifique d’une colère légitime. Aucune cause ne justifie que les forces de l’ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des bâtiments publics ou privés soient incendiés, que des passants ou des journalistes soient menacés, que l’Arc de Triomphe soit ainsi souillé. Les coupables de ces violences ne veulent pas de changement, ne veulent aucune amélioration, ils veulent le chaos : ils trahissent les causes qu’ils prétendent servir et qu’ils manipulent. Ils seront identifiés et tenus responsables de leurs actes devant la justice », a réagi le président Macron, depuis Buenos Aires, où il participait au sommet du G20.

Mais ces violences n’ont pas seulement concerné Paris. Des préfectures et des sous-préfectures ont été visées, comme à Albi [avec des « projectiles inflammables], à Narbonne ou encore au Puy-en-Velay. Des violences ont été signalées à Toulouse, Marseille, Dijon et à Charleville-Mézières.

Évidemment, ces débordements mettent les forces de l’ordre sous tension. Elles sont « au bout du rouleau », a lâché Yves Lefebvre, du syndicat Unité-SGP Police FO, sur Franceinfo. « À une semaine d’intervalle, on est confrontés à des violences extrêmes. En province, on a des points de rassemblements relativement calmes mais mes collègues sont déployés quasiment 24 heures sur 24. On n’en peut plus », a-t-il continué. « Il faut que ça cesse, que le président de la République comprenne que sa police, la dernière barrière face à ces mouvements sociaux, est exténuée », a-t-il ajouté.

À l’antenne de France Inter, ce 2 décembre, le secrétaire national du syndicat Alliance Police nationale, Stanislas Gaudon, a demandé l’instauration de l’état d’urgence et le renfort de l’armée pour faire face à un « climat insurrectionnel ».

« Pendant dix heures, ça a été la guérilla urbaine. C’était l’insurrection en plein Paris, avec des scènes de guérilla aussi en province, où on n’a pas hésité à attaquer les escadrons de gendarmerie, les compagnies républicaines de sécurité et les autres collègues qui étaient dans des véhicules isolés. […] Il n’y avait pas de limite […] C’est pour ça qu’on demande des mesures fortes », a expliqué M. Gaudon.

En outre, a-t-il continué, il y avait « 6 compagnies républicaines de sécurité mises en stand by pour surveiller de l’institutionnel. […] Pour nous, ce n’était pas possible : on avait des collègues qui en prenaient plein la tête pendant qu’il y en avait d’autres qui [les] voyaient se faire matraquer, attaquer. » D’où la requête du syndicat Alliance : « On demande à ce que l’armée nous soulage » pour « la protection des bâtiments institutionnels afin de dégager les forces mobiles ».

« Il y a eu une stratégie gérée par des professionnels du désordre, des professionnels de la casse […] On a identifié à peu près 3.000 personnes qui ont tourné dans Paris » et ont commis des dégradations, « ce qui a rendu effectivement beaucoup plus difficile l’intervention des forces de l’ordre », a expliqué M. Castaner sur BFM-TV. « Nous étudierons toutes les procédures qui nous permettront de sécuriser plus encore », a ensuite affirmé le ministre. « Tout ce qui permettra de sécuriser plus, moi je n’ai pas de tabou. Je suis prêt à tout regarder », a-t-il dit au sujet de l’éventualité d’instaurer l’état d’urgence.

Reste maintenant à voir les mesures que prendra le gouvernement, une « réunion interministérielle avec les services compétents » devant se tenir ce 2 décembre.

En matière de maintien de l’ordre, le code de la Défense classe les forces armées selon trois catégories :

« Les formations de la gendarmerie départementale et de la garde républicaine constituent les forces de première catégorie. Les formations de la gendarmerie mobile constituent les forces de deuxième catégorie. Les formations des forces terrestres, maritimes, aériennes et les services communs ainsi que les formations de la gendarmerie mises sur pied à la mobilisation ou sur décision ministérielle constituent les forces de troisième catégorie », indique l’article D1321-6.

Et l’article D1321-9 précise que « les forces de troisième catégorie sont destinées en priorité à des missions tendant à renforcer les unités de première et deuxième catégories ainsi que les forces de police ainsi qu’à des missions de protection. Et, « dernier ressort, elles peuvent être requises pour des opérations de force nécessitant des mesures de sûreté exceptionnelles. »

Source : Zone Militaire


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dimanche 28 octobre 2018

Guerre d'Algérie : Accueil indigne des harkis en France - L'Etat condamné par le Conseil d'Etat

Victoire judiciaire à lourde charge symbolique: le Conseil d'État a pour la première fois condamné l'État à indemniser un fils de harki pour l'accueil "indigne" réservé aux supplétifs de l'armée française en Algérie à leur arrivée dans l'Hexagone.

"La responsabilité pour faute de l'État doit être engagée à raison des conditions de vie indignes réservées à l'intéressé" dans les camps dits "de transit et de reclassement" où les harkis sont arrivés dans les années 1960 et 1970, a indiqué le Conseil d'État dans une décision transmise mercredi.

La plus haute juridiction administrative a condamné l'État à payer au requérant 15.000 euros "en réparation des préjudices matériels et moraux" qu'il y a subis. C'est beaucoup moins que le million d'euros réclamé en première instance devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui l'avait débouté en 2014.

Mais c'est la première fois que le Conseil d'État, saisi d'une demande de réparation liée aux camps de harkis, reconnaît l'État responsable et le condamne à verser une indemnisation, a précisé la juridiction.

"Cela ouvre une brèche, et ceux qui ont été enfermés dans ce genre de camps vont maintenant profiter de cette brèche. Les autres harkis, s'ils veulent obtenir des réparations matérielles, vont y aller", a affirmé à l'AFP Fatima Besnaci-Lancou, historienne et cofondatrice de l'association "Harkis et droits de l'homme".

Cette condamnation de l'Etat "nous conforte dans notre volonté de demander une véritable réparation", a ainsi affirmé le Comité national de liaison des harkis (CNLH).

"Le Conseil d'Etat désapprouve l'Etat. C'est un énorme coup de main qui nous aide" à poursuivre notre combat, a commenté son porte-parole Mohamed Badi.

Le requérant était né au camp Joffre de transit et de reclassement des anciens supplétifs de l'armée française en Algérie, situé à Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) avant d'être transféré en 1964 au camp de Bias (Lot-et-Garonne) -- "le pire de France, quasiment un camp d'enfermement", selon Mme Besnaci-Lancou -- où il a vécu jusqu'en 1975 .

Dans ces camps, les conditions d'accueil et de vie ont entraîné chez le plaignant "des séquelles qui ont exigé un accompagnement médico-psycho-social" et "ont aussi fait obstacle à son apprentissage du français", précise le Conseil d'État.

"Précédent"

"Cette condamnation crée un précédent, mais il était attendu, après la reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans le sort des harkis par François Hollande en 2016", a ajouté Mme Besnaci-Lancou. L'ancien chef de l'État avait alors reconnu "les responsabilités" de la France dans "l'abandon" des harkis.

Sur les quelque 150.000 Algériens recrutés par l'armée française comme auxiliaires durant la guerre d'Algérie (1954-1962), environ 60.000 sont parvenus à partir pour la métropole avec les "pieds-noirs". Mais leur accueil s'est fait dans des conditions précaires (camps, hameaux de forestage et cités urbaines), sans réelles perspectives d'intégration pour eux-mêmes ou pour leurs enfants.

Les autres ont été livrés à leur sort en Algérie où le nouveau régime les considérait comme des traîtres.

Les harkis "attendent une reconnaissance de l'État français pour ce qu'ils ont fait pour la France", a convenu en septembre la secrétaire d'État auprès de la ministre des armées, Geneviève Darrieussecq, en présentant un "plan harkis" de 40 millions d'euros destiné à revaloriser les pensions des anciens combattants et à venir en aide à ceux de leurs enfants qui vivent dans la précarité.

Après la reconnaissance, le 13 septembre, de la mort aux mains de l'armée française de l'opposant communiste Maurice Audin pendant la guerre d'Algérie, le gouvernement avait ainsi pris une nouvelle initiative visant à "travailler sur l'apaisement des mémoires" autour de cette page douloureuse de l'Histoire française.

Après avoir promu en septembre d'anciens combattants harkis et des représentants d'associations dans l'ordre de la Légion d'honneur, le chef de l'État doit aussi présider dans les prochains mois une cérémonie d'hommage exceptionnelle, selon Mme Darrieussecq.

Dans sa décision, le Conseil d'État a par ailleurs de nouveau refusé de se prononcer sur le préjudice lié, selon le requérant, à l'absence de rapatriement des harkis après la signature des accords d'Evian le 18 mars 1962, qui ont consacré la "défaite française" en Algérie.

"Conformément à sa jurisprudence, le juge ne contrôle pas (...) les actes qui se rattachent à l'action du gouvernement dans la conduite des relations internationales et leurs éventuelles conséquences", précise la juridiction.

Source : LePoint.fr

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dimanche 7 octobre 2018

Plan mixité des Armées : La ministre des Armées veut 10% de femmes parmi les officiers généraux d’ici 2022...

Actuellement, les forces françaises sont les 4e plus féminisées au monde, avec cependant des disparités entre les armées et les services. Ainsi, l’armée de Terre compte 10,1% de femmes dans ses effectifs, soit quasiment deux fois moins que l’armée de l’Air (22,9%). La Marine nationale s’est donné comme objectif d’atteindre un taux de féminisation de 15% (contre 14,3% en 2017).

S’agissant des directions et des services, le Service de Santé des Armées [SSA] et les Affaires pénales militaires [APM, dont l’effectif est de seulement 70 militaires] sont les plus féminisés [respectivement 59,7% et 54,3%], suivi par le Service du commissariat des armées [SCA].

Cependant, là où les choses commencent à se compliquer, c’est au niveau de l’égalité professionnelle. En décembre 2017, il fut rapporté par le journal Le Monde que le ministère des Armées s’était fait épingler pour avoir manqué aux obligations imposées par la loi dite Sauvadet, laquelle prévoyait de réserver 40% des primo-nominations à des postes d’encadrement supérieur à des femmes.

D’où le volontarisme affiché par la ministre des Armées, Florence Parly, lors d’une allocution prononcée le 18 septembre à l’occasion de l’assemblée générale de l’association « Avec les femmes de la défense ».

« Je veux que le féminin de général ne soit plus femme de général. Je souhaite que chacun ait sa chance et puisse donner l’exemple. 10% d’officiers généraux féminins d’ici 2022, je crois que c’est un objectif que nous pouvons atteindre », a en effet affirmé Mme Parly.

« La fraternité, c’est cette solidarité qui lie tous les militaires. Elle exige un comportement exemplaire et qui permet d’affirmer que sous l’uniforme, il n’y plus de femmes, plus d’hommes, il n’y a que des militaires », avait-elle assuré un peu plus tôt.

L’objectif fixé par Mme Parly n’a en effet rien d’insurmontable. Selon les chiffres du dernier bilan social de la Défense, en 2017, sur les 630 officiers généraux en activité au sein des armées, des direction et des services (donc, en comptant les contrôleurs adjoints, contrôleurs et contrôleurs généraux des armées et les médecins chef des services), 49 étaient des femmes. Soit un peu moins de 8%. Du chemin a donc été parcouru depuis Valérie André, qui fut la première femme à avoir été nommée au grade de général, en 1976. Mais ce n’est donc pas suffisant.

« Les femmes doivent savoir que les armées sont ouvertes et accessibles, et qu’elles seront jugées en fonction de leur talent et de leur mérite, et en aucun cas en fonction de leur genre », avait répondu Mme Parly à une question lui venait de lui être posée à l’Assemblée nationale.

« C’est la raison pour laquelle j’ai confié à l’amiral Anne de Mazieux la responsabilité de me proposer un vaste plan mixité, qui aura pour objet de consolider l’égalité professionnelle, de veiller à la conciliation entre vie familiale et engagement militaire et de poursuivre la lutte contre tous les comportements sexistes – car, en cette matière, mon mot d’ordre n’a pas changé : c’est ‘tolérance zéro’. Nos armées doivent donc donner l’exemple », avait-elle ajouté.

Cela étant, l’armée de Terre aura du mal à atteindre l’objectif donné par la ministre. En janvier 2018, sur les 78 nouveaux chefs de corps nommés, l’on ne comptait qu’une seule femme, désignée pour commander le 54e Régiment de Transmissions. Et cela pour une raison simple : les Écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan ont compté trop peu d’élèves féminins dans leurs rangs par le passé.

Source : Ministère des Armées

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vendredi 21 septembre 2018

Guerre d'Algérie : Légion d'honneur et reconnaissance pour une vingtaine de harkis

Macron élève des anciens combattants harkis dans l'ordre de la Légion d'honneur et du Mérite

Emmanuel Macron a promu une vingtaine de harkis dans l'ordre de la Légion d'Honneur et l'ordre du Mérite par décret du 20 septembre paru au JO du 21 septembre selon une publication.

Six anciens combattants harkis et la cofondatrice d'une association de harkis sont promus au grade de chevalier de la Légion d'honneur. Quatre personnes sont promues au grade d'officier de l'ordre national du Mérite et quinze autres au grade de chevalier du même ordre, majoritairement représentantes d'associations ou fédération.

Ce geste intervient une semaine après la reconnaissance de l'utilisation de la torture sur le mathématicien Maurice Audin, grâce à un "système légalement institué" par l'Etat français, un pas de plus dans le travail de mémoire sur la guerre d'Algérie. Cette décision qui avait levé un tabou officiel, avait été unanimement saluée par les historiens, mais également par les autorités algériennes.

La Journée nationale d'hommage aux harkis doit également se tenir mardi 25 septembre.

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Des réparations exigées

A la fin de la guerre d'Algérie (1954-1962), quelque 60.000 des Algériens recrutés comme auxiliaires de l'armée française avaient été admis en France après les accords de paix. Les autres - entre 55.000 et 75.000 selon les historiens - avaient été abandonnés et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes qui les considéraient comme des traîtres.

Un groupe de travail, lancé à l'initiative du chef de l'État, avait préconisé en juillet de créer un "fonds de réparation et de solidarité" de 40 millions d'euros pour les harkis et leurs enfants. Mais ce montant est très loin des attentes des associations.

Début septembre, la communauté harkie avait appelé le président de la République à lui accorder des réparations à la hauteur du préjudice subi à la fin de la guerre d'Algérie, rappelant le soutien qu'elle lui a apporté en 2017 et menaçant de porter plainte contre la France pour crimes contre l'humanité.

Quelques jours plus tard, le Comité national de liaison des harkis (CNLH) avait réitéré sa volonté de se battre "jusqu'au bout" et d'aller plaider sa cause devant les tribunaux internationaux s'il n'obtenait pas satisfaction auprès de l'État.

Source : huffingtonpost.fr

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lundi 26 mars 2018

Nicolas SARKOZY : Contre-attaque vigoureuse sur l'affaire du supposé financement libyen...

Invité sur TF1, l’ancien président s’est exprimé pour la première fois publiquement depuis sa garde à vue et sa mise en examen.

Mis en examen dans l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007, Nicolas Sarkozy était invité sur le plateau du 20 heures de TF1 ce jeudi pour s’expliquer.

L’ancien président de la République, qui a demandé en vain de bénéficier du statut de témoin assisté, a été mis en examen mercredi soir pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens », et placé sous contrôle judiciaire.

Placé sous contrôle judiciaire, l’ancien chef de l’Etat a interdiction d’entrer en contact avec une dizaine de protagonistes du dossier et de se rendre dans quatre pays. Mais rien ne l’empêche de s’exprimer dans les médias pour se défendre. Ses arguments sont les suivants:

« Je suis accusé par des proches d'un dictateur » dont « nous avons détruit le régime de terreur » en 2011, a plaidé Nicolas Sarkozy pour qui « il n'y a pas le plus petit élément, il n'y a pas le moindre élément d'une preuve » contre lui dans ce dossier.

- Il attaque Mediapart. Nicolas Sarkozy affirme que le document produit par Mediapart est un faux. Sur Twitter, le journaliste Fabrice Arfi répond à l’ancien président sur la note « Moussa Koussa ». 

- « C’est une monstruosité ! ». Nicolas Sarkozy s’élève contre les reproches de proximité avec la dictature de Kadhafi, dont l’entourage est qualifié de «bande d’assassins ».

- « Il n’y a que la haine, la boue, la médiocrité, la calomnie » dans ce dossier, dit Nicolas Sarkozy.

- « Avez-vous reçu trois valises de liquide ? », interroge Gilles Bouleau. « C’est une ignominie ! », réplique l’ex-président. Il dénonce les « ignobles mensonges » de Ziad Takieddine, qualifié d’«escroc».

- « Kadhafi était un fou ».

- Il réfute les accusations de Takieddine. « Mes agendas ont été saisis par la justice au moment de l’affaire Bettencourt. On n’a retrouvé la moindre trace d’un rendez-vous avec ce M. Takieddine. » « Il dit avoir rencontré mon directeur de cabinet dans son bureau au 1er étage du ministère de l’Intérieur. Le bureau est au rez-de-chaussée. » « Il a menti plusieurs fois, j’ai des preuves. Il affirme m’avoir croisé le 27 janvier 2011 et m’avoir donné une valise. Il n’a pas de chance : j’ai la preuve que je n’étais pas à Paris ce jour-là, ni la veille, ni le lendemain. » 

- « La politique, c'est fini, mais la France, ce ne sera jamais fini. (...) Que chacun comprenne que je suis blessé, pas pour moi, mais pour notre pays. On n’a pas le droit de jeter des gens dans la boue parce que des assassins l’ont voulu. Je ne peux pas laisser faire ça ». Il répète que les accusations proviennent d’une « bande d’assassins, d’escrocs, de manipulateurs ». 

Source : Le Parisien - Image TF1

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Un roman de politique fiction... Il n'y a que certains juges pour y croire... ?

L'affaire Sarkozy serait si grave pour notre démocratie qu'il n'y a que certains juges pour y croire. 

C'est juste un cauchemar démocratique. Une dictature méditerranéenne voulait rentrer dans le concert des nations après un long ostracisme. Pour cela, elle aurait acheté un candidat aux élections présidentielles; Ce candidat aurait, grâce à cet argent, financé sa campagne et gagné les élections. La Commission chargée de contrôler les comptes, faible en moyens et en pouvoirs n'y aurait vu que du feu. Une fois élu, le président aurait récompensé le dictateur en le recevant avec un faste inhabituel. Il a ordonné qu'on ferme les ponts de la Seine le temps d'une escapade en bateau-mouche. Il a organisé une chasse au faisan dans la forêt de Rambouillet. Et comme le dictateur affichait des coutumes nomades, notre président l'a invité à planter sa tente dans les jardins de l'hôtel Marigny, résidence des hôtes du pays.

 Selon une rumeur insistante, le président aurait aussi envisagé de vendre au dictateur une centrale nucléaire. Mais cela aurait été juste à des fins pacifiques, pour le dessalement de l'eau de mer. Quelques avions et chars ont aussi été vendus, mais en petit nombre et même pas des Rafale. La société Amesys a vendu au dictateur le fleuron des technologies françaises pour la surveillance des télécommunications et de ceux qui s'en servent. On dit que ce ne sont pas seulement les islamistes qui auraient été traqués, mais les opposants politiques, dont plusieurs dizaines seraient morts sous la torture. Mais Amesys est une société privée et l'Etat ne peut tout surveiller.

 Comme dans le 1984 d'Orwell, l'ami d'hier est devenu l'ennemi, moins de trois ans et demi après avoir été reçu à Paris. A partir du 31 mars 2011, la France, dans le cadre de l'OTAN, conduit des opérations militaires. Généreuse, elle offre 320 millions d'euros, pour être le plus important contributeur de la coalition. Les armes françaises, anglaises et américaines font merveille. Les belges, les grecs sont aussi de la partie, avec des moyens plus modestes. On s'interroge encore sur les vrais buts de guerre. En tous cas, l'objectif n'était pas de juger le dictateur, mort après avoir été capturé, poignardé par une baïonnette dans l'anus.

 Une autre preuve qu'il s'agit d'un cauchemar: on soupçonne une diplomatie parallèle, on subodore des accords secrets prévoyant des versements via des paradis fiscaux. Un ancien premier ministre du dictateur aurait d'après Médiapart parlé du déblocage de 50 millions d'euros. Son ancien directeur de cabinet aurait donné le nom de la banque. Un ambassadeur de France se serait souvenu de mouvements de fonds suspects. Un ancien ministre du pétrole a laissé dans un carnet le détail d'une série de versements. Mais il est mort, ainsi qu'un certain nombre de témoins, comme dans un mauvais film policier. Ce sont certainement de fausses nouvelles; des "fake news", comme on dit aujourd'hui, qui seront bientôt condamnées par la justice aussitôt parues.

  Car nous savons bien qu'un tel concentré de corruption et de cynisme est improbable dans une démocratie aussi avancée que la France. Les campagnes sont des débats d'idées et demandent peu d'argent, car la force de conviction ne coûte rien et les apparitions à la télévision sont gratuites. Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non pourrait venir s'essuyer les pieds du sang des ses forfaits. La preuve, c'est qu'une ministre des droits de l'homme l'a dit. Et nous ne sommes pas le genre de pays où on tue pour s'assurer du silence de témoins gênants. Nos dirigeants aiment le pouvoir et cherchent légitimement à le conquérir pour le bien de tous. Mais ils savent aussi que la fin ne justifie pas les moyens. 

Des journalistes sérieux ont publié un ouvrage ("Avec les compliments du guide"!), qui semble très documenté, mais on se doute bien qu'il s'agit d'un roman de politique fiction. C'est normal que la justice ait pris tout son temps pour examiner les quelques indices qui pourraient rattacher ce cauchemar à la réalité. Mais c'est seulement par conscience professionnelle que les policiers interrogent notre ancien président. Ils savent bien, comme les juges qui ont donné commission rogatoire, qu'en France, le pouvoir présidentiel ne peut être ainsi usurpé. Ou alors il y aurait eu une éclipse de démocratie dans le pays des droits de l'homme.

Sources : HuffPost et AFP

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