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Tag - Marine Nationale

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mercredi 23 mai 2018

Marine nationale : Le porte-avions Charles de Gaulle remis à flot...

Après quinze mois passés en cale sèche pour son second arrêt technique majeur (ATM), le porte-avions Charles de Gaulle a quitté le bassin Vauban, à Toulon, le 16 mai 2018. Le premier détail qui saute aux yeux est sa coque, qui, repeinte, est comme neuve.

Mais au-delà de ce côté anecdotique, le navire amiral de la Marine nationale dispose désormais d’une passerelle de défense à vue réaménagée, d’un Système d’exploitation navale des informations tactiques [SENIT 8] et de réseaux informatiques modernisés, avec une « maîtrise renforcée du risque ‘cyber' ».

Les radars du porte-avions ont été changés, le SMART S [surveillance aérienne et surface – Thales] ayant remplacé le DRJB-11B, d’une portée moindre tandis que le radar de navigation DRBN-34 a été démonté pour faire la place au SCANTER 6002. Et un nouveau système optronique multifonction, l’EOMS NG de Safran, a été installé.

Étant donné que les Super Étendard Modernisés ont été retirés du service, les bancs d’essais  de ces derniers ont été remplacés par d’autres, dédiés aux Rafale, avec le souci d’optimiser l’espace disponible pour assurer la maintenance. Une nouvelle optique d’appontage IFLOLS (Improved Fresnel Lens Optical Landing System) a été installée tandis que la PFOA [plate-forme « officier d’Appontage »] a été modernisée.

Dans le même temps, le Système Automatique de TRAnquillisation et de Pilotage (SATRAP), qui compte 4 ailerons de stabilisation, 2 gouvernails et 12 trains COGITE (Compensation de la GITE), a été révisé.

Un autre gros morceau de cet ATM a concerné la propulsion du navire. Le combustible de ses deux chaufferies nucléaires a donc été remplacé » et les circuits alimentant les chaudières ont été passés au peigne fin.

« La sortie de bassin du navire est une étape sensible du fait du tonnage du bâtiment ; elle nécessite une bonne coordination de tous les acteurs sur le site. La phase suivante consiste à poursuivre à flot les travaux ainsi que les essais de bon fonctionnement des installations », précise Naval Group, qui conduit les travaux.

La dernière étape consistera à mener des essais en mer. « En premier lieu, ce sont les capacités de navigation du porte-avions qui seront validées, puis les installations liées aux aéronefs et, enfin, le système de combat », précise la Marine nationale. Et, Si tout va bien, la remontée en puissance du porte-avions se fera à l’automne prochain, afin qu’il puisse être opérationnel au début de l’année 2019.

En attendant, le groupe aérien embarqué (Gaé) continue son entraînement à bord du porte-avions américain USS George H.W Bush au large de Norfolk, dans le cadre de la mission « Chesapeake » tandis que l’équipage continue de suivre des formations relatives à la mise en oeuvre des nouveaux systèmes de navigation et de combat.

À ce sujet, la Marine nationale précise que les « formations en simulateur vont désormais davantage laisser la place aux différentes activités d’entraînement à bord avec, en perspective, la validation des qualifications de l’équipage. »

Cette refonte à mi-vie du porte-avions Charles de Gaulle, qui coûte 1,3 milliard d’euros, représente plus de 4 millions d’heures de travail, dont 1,8 million d’ingénierie et de conception. Ce chantier mobilise chaque jours plus 2.100 personnes, dont les 1.100 marins de l’équipage et 160 entreprises sous-traitantes. Près de 200.000 tâches sont à effectuer, de même que 2.000 tests et essais.

Photo : Marine nationale - Source: Zone Militaire

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samedi 19 mai 2018

Guerre contre Daesch : L'aviation française a effectué plus de 8000 sorties aériennes contre l'Etat islamique

Le porte-parole de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, le colonel Ryan Dillon, a fait état d’une hausse du nombre de frappes aériennes contre des positions occupées par l’État islamique (EI ou Daesh) en Syrie au cours quinze derniers jours. Ainsi, lors de la dernière semaine, 14 raids ont été effectués, a priori par des avions américains étant donné que les aviateurs français de l’opération Chammal n’ont délivré aucune munition entre le 18 et le 24 avril.

Cependant, les appareils de l’armée de l’Air (et l’Atlantique 2 de la Marine nationale) ont assuré 21 sorties aériennes « en appui des forces locales engagées au sol » au cours de la période considérée. Et c’est ainsi que le seuil des 8.000 sorties a été franchi le 23 avril dernier, à l’occasion d’une mission conduite en appui des Forces démocratiques syriennes (FDS) par une patrouille de Rafale ayant décollé la base aérienne projetée H5 en Jordanie.

« Ce chiffre rappelle l’ampleur et l’intensité de l’engagement français dans la lutte contre Daesh depuis septembre 2014, un engagement notamment marqué par la création d’une base aérienne projetée en Jordanie dès les premiers mois de l’opération […] ainsi que par 3 engagements du groupe aéronaval », a souligné le ministère des Armées.

L’aviation française (armée de l’Air et aéronautique navale) réalise quatre types de missions, qui vont du « renseignement dans la profondeur », pour « cartographier » l’adversaire et élaborer des dossiers d’objectifs, aux frappes planifiées et d’opportunité, en passant par le ravitaillement en vol, la coordination et le contrôle (C2) ou encore le transport (8.500 tonnes de fret acheminées depuis la France et entre les différents « spots » Chammal).

Et cela, dans un environnement particulièrement compliqué, notamment dans ciel syrien. «L’imbrication des forces au sol est de plus en plus marquée, au fur et à mesure que l’étau se resserre sur Daesh en Syrie. Il en est de même dans les airs. Les avions de la coalition évoluent désormais quotidiennement dans un mouchoir de poche à proximité des Sukhoï russes et des Mig syriens, tout cela au coeur des systèmes de défense sol-air des forces armées russes et syriennes », avait expliqué, en octobre dernier, le général André Lanata, le chef d’état-major de l’armée de l’Air.

Encore récemment, l’État-major des armées (EMA) donnait le détail précis du nombre d’avions engagés dans l’opération Chammal. Ce n’est désormais plus le cas puisqu’il parle maintenant d’une « dizaine d’appareils, essentiellement des Rafale. »

Or, à la fin de l’année 2017, il était question de réduire le format de la force Chammal, le président Macron ayant assuré que la guerre contre l’EI serait terminée d’ici la fin février 2018. Mais comme rien ne se passe jamais comme prévu, les opérations continuent dans la mesure où l’organisation jihadiste a maintenu ses positions à la frontière irako-syrienne, profitant de l’offensive turque à Afrin, laquelle a détourné les Forces démocratiques syriennes (FDS).

« La France restera engagée aussi longtemps que nécessaire auprès de la coalition internationale, des autorités irakiennes et des Forces démocratiques syriennes (FDS, alliance arabo-kurde) », a affirmé, le 26 avril, le président Macron, à la fin d’une conférence internationale contre le financement du terrorisme. « Cette bataille militaire contre Daesh se poursuivra jusqu’à son terme et sous toutes les formes nécessaires pour empêcher de reconstituer quelque marge de manoeuvre que ce soit », a-t-il insisté.

« Ne nous trompons pas, Daesh fera tout ce qui est en son pouvoir pour miner les efforts de l’Irak dans son travail de reconstruction d’un Etat viable et d’une société apaisée, et ces groupements terroristes feront tout dans la durée pour que la Syrie ne soit pas un Etat stable », a encore averti M. Macron.

Source : Zone Militaire - Photo : EMA/ Ministère des Armées

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mercredi 25 avril 2018

Marine nationale : La France, pour l'amiral PRAZUCK, seconde puissance maritime du monde...

La France, est-elle la deuxième puissance maritime du monde ?

Incontestablement, lors que l’on considère les moyens de l’US Navy et de l’US Coast Guard ainsi que l’étendue de leur zone économique exclusive (ZEE), les États-Unis constituent la première puissance maritime du monde. Mais qui est la seconde ?

Pour l’amiral Prazuck, le chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM), la France occuperait la seconde position. Devant la Chine, qui étoffe chaque jour davantage ses forces navales (ces dernières ont mis en service, rien qu’en 2016, 25 nouveaux navires).

Certes, avec une zone économique exclusive (ZEE) de près de 11 millions de kilomètres carrés (la seconde du monde, derrière celle des États-Unis), la France est incontestablement un pays à vocation maritime. Cela étant, cela suffit-il pour dire qu’elle est la « seconde puissance maritime » à l’échelle mondiale, sachant que la souveraineté sur un domaine maritime ne vaut que si on est en mesure de la faire respecter?

En tout cas, l’on prendrait moins de risque à dire que la Marine nationale est la « première » d’Europe. Encore que, cela fait aussi débat.

« De nombreuses personnes se sont demandé si j’avais eu raison de dire que la marine française était la première marine européenne », a ainsi admis l’amiral Prazuck, lors de sa dernière audition devant les députés de la commission de la Défense nationale.

Qu’en sera-t-il en 2025, c’est à dire à la fin de la Loi de programmation militaire, actuellement discutée au Parlement ? « Cela dépendra aussi des autres marines, en particulier de celle qui occupe la troisième place. Si elle donne un coup de reins… », a répondu le CEMM. Toutefois, a-t-il fait observer, il y a « de nombreuses façons d’établir un classement : par le nombre de bateaux, par le nombre de marins, par le tonnage… »

Aussi, l’amiral Prazuck se place sur le terrain des capacités et non du tonnage pour justifier son affirmation.

« Je retiens surtout l’extrême variété de compétences de notre marine nationale, du porte-avions à catapulte aux sous-marins, en passant par les forces spéciales et la chasse embarquée ou les hélicoptères de lutte anti-sous-marine. Cette variété de compétences ne se retrouve que dans la marine américaine, mais elle est dix fois supérieure en nombre à la marine française. Je me demande parfois comment nous arrivons à accomplir un tel exploit. Cela signifie, en tout cas, que nous avons des marins hors du commun », a-t-il fait valoir auprès des députés.

En outre, a continué l’amiral Prazuck, « nous sommes aussi présents sur tous les océans du monde, notamment grâce à nos départements, régions et collectivités d’outre-mer, et à nos partenaires brésiliens, indiens, australiens… ». Ce qui lui fait dire qu’une « telle présence dans le monde n’a pas d’équivalent ». Et d’insister : « Nous sommes une marine d’emploi, nous sommes à la mer, et nous sommes sur toutes les mers du monde. »

« D’autres marines disposeront-elles de cette variété de compétences et de déploiement en 2025 ? Ce pourrait être le cas de la marine chinoise qui lance son deuxième porte-avions et en annonce un troisième, équipé de catapultes électromagnétiques. Elle est présente dans l’océan Indien, en Méditerranée, dans l’océan Atlantique et dans le Pacifique », a toutefois reconnu le CEMM.

Cela étant, l’on pourrait ajouter à « cette variété des compétences et de déploiement » la capacité à innover, laquelle est une priorité de la prochaine LPM.

Sur ce point, a expliqué l’amiral Prazuck, « nous allons, grâce aux drones embarqués, accroître significativement les capacités de surveillance de nos bâtiments de surface. Grâce à l’intelligence artificielle, nous pourrons demain analyser la masse considérable d’informations maritimes pour mieux distinguer les trafiquants en tous genres et les bateaux au comportement suspect. Enfin, dans le domaine sous-marin, grâce aux véhicules autonomes, nous pourrons demain continuer à entrer dans les zones non permissives, par exemple des champs de mines qui pourraient sembler à première vue impossibles d’accès. »

Source : Zone Militaire

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mercredi 21 mars 2018

Service National : Le général Ménaouine, directeur du groupe de travail sur le SNU

À l’occasion de ses voeux aux « forces vives » de la Nation, le 30 janvier 2018, le président Macron avait annoncé la mise en place d’un groupe de travail chargé d’examiner les modalités du service national universel (SNU) qu’il avait promis lors de la course à l’Élysée, en mars 2017.

Malgré les réserves, nombreuses, suscitées par ce projet, M. Macron a depuis précisé ses intentions. Ce service national devra être donc «obligatoire » et sa durée sera non plus d’un mois, comme annoncé précédemment, mais de trois, voire six mois. Enfin, il pourrait « avoir une ouverture sur la chose militaire ».

Signe que le caractère militaire de ce service pourrait être prééminent, l’agence Reuters a indiqué, ce 16 février, que le général Daniel Ménaouine avait été désigné pour diriger les travaux du groupe sur le service national annoncé deux semaines plus tôt par le président Macron.

Fils d’un ancien sous-officier du 8e RPIMa, artilleur, le général Ménaouine a notamment été chef d’état-major de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies au Mali (MINUSMA) et chef de cabinet du chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT).

Ce groupe de travail, qui rendra ses conclusions le 30 avril,  comptera également Guy Lavocat dans ses rangs. Passé par l’école de management de l’ESM Saint- Cyr Coëtquidan, il a effectué une grande partie de sa carrière professionnelle dans l’armée de Terre. Il a ainsi contribué à la création de la première école spécialisée dans les ressources humaines de l’armée nationale afghane et participé au projet de la création d’une école de Saint-Cyr au Qatar. Revenu à la vie civile, il a été conseiller social du directeur régional de la SNCF en Auvergne, avant d’être nommé chargé de mission en « évaluation d’impact social au sein du Service militaire volontaire. »

Secrétaire d’État aux victimes entre février 2016 et mai 2017, Juliette Méadel, qui avait plaidé pour un service civique obligatoire, participera aux travaux de ce groupe, de même que le conseiller d’État Thierry Tuot, le préfet Kléber Arhoul actuellement coordinateur national pour l’accueil des migrants en France), Emmanuelle Pérès (déléguée générale de la Fédération de la formation professionnelle) et Marion Chapulut (présidente de CitizenCorps, une association visant à « permettre aux adolescents de prendre confiance en eux et en leur capacité à changer les choses »).

Ces personnalités devront donc répondre à plusieurs questions difficiles. La première porte évidemment sur le coût de ce service national universel, et avant tout sur son financement (2,4/3 milliards par an). Une autre concernera l’implication des militaires dans ce projet, alors que 2.500 d’entre eux sont déjà mobilisés pour les dispositifs existants (service militaire volontaire, service militaire adapté, etc), qui seront par ailleurs prolongés dans le cadre de la Loi de programmation militaire (LPM).

Le caractère obligatoire de ce service devra être précisé. Le 15 février, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq a déclaré qu’il ne fallait pas l’envisager « sous l’angle de la coercition. » Ce qui est un concept à préciser (une obligation sans coercition est-elle encore une obligation?). En outre, des exemptions seront-elles prévues (pour celles et ceux qui sont déjà parents, par exemple, ou qui ont des ennuis de santé).

Autre réponse attendue : celle concernant l’hébergement. Durant la campagne présidentielle, M. Macron avait avancé l’idée d’ouvrir les établissement scolaires et universitaires pour accueillir les « appelés ». Mais comme ce service pourrait durer 3, voire 6 mois, il faudra donc trouver autre chose… et donc de quoi loger 200.000 jeunes tous les trimestres

Enfin, les modalités pratiques de ce service devront être définies. Il y aura-t-il une tenue unique pour tout le monde (tout le monde en survêtement?) Quelle prise en charge pour les frais déplacement? Qui sera l’employeur? Quelles activités? etc…

« Beaucoup disent que c’est impossible à faire. Mais, rassurez-vous, je suis depuis bien longtemps habitué à ces débuts de discussion. Cela forge plutôt en moi la conviction que c’est une nécessité de le faire. Et cela répond à ce qui corrode au plus profond la cohésion de la Nation, à la tentation de l’individualisme », a assuré M. Macron, le 30 janvier dernier. C’est au pied du mur que l’on voit le maçon…

Source : Zone Militaire

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mardi 13 février 2018

US Navy : Des Rafale M prochainement embarqués à bord du PA George H. Bush

Le porte-avions Charles de Gaulle étant immobilisé à Toulon pour son second arrêt technique majeur jusqu’à l’été 2018, les pilotes de l’aéronautique navale ont à préparer la remontée en puissance du groupe aéronaval. D’où l’idée, avancée dès mars 2016, d’une coopération avec l’US Navy à cette fin.

« Apponter n’est pas un sport de masse (…) Il faut maintenir ce savoir-faire », avait souligné, à l’époque, le contre-amiral René-Jean Crignola, alors commandant du groupe aéronaval français lors du déploiement Arromanches 2.

Depuis l’immobilisation du Charles-de-Gaulle, des Rafale M ont été déployés en Jordanie afin de prendre part aux opérations aériennes de la force Chammal au Levant. Leur mission a pris fin en décembre dernier. En outre, ils ont également participé à la posture permanente de sûreté aérienne à Lann-Bihoué.

Mais, comme l’avait dit l’amiral Christophe Prazuck, le chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM) en octobre 2017, les pilotes de la chasse embarquée doivent faire « leurs gammes d’appontage ». « Les États-Unis ont mis à leur disposition à cet effet un de leurs porte-avions pendant plusieurs jours », avait-il ajouté.

L’attaché naval français en poste à Washington, le capitaine de vaisseau Jean Emmanuel Roux de Luze, a donné quelques détails, rapportés par le site spécialisé USNI News.

Ainsi, dans le cadre d’un accord conclu en décembre par l’amiral Prazuck et le chef des opérations navales de l’US Navy, l’amiral John Richardson, 350 marins français, des Rafale M et un avion de guet aérien E-2C Hawkeye de la flottille 4F prendront la direction de la base aéronavale d’Oceana, à Virginia Beach, en avril 2018.

Puis, après une phase d’exercices à terre avec leurs homologues américains, les équipages de Rafale M et de l’E-2C Hawkeye ainsi que le personnel technique embarqueront à bord du porte-avions USS George H.W Bush, vraisemblablement en mai. Ils seront intégrés à une escadre aérienne embarquée américaine.

Selon le capitaine de vaisseau Roux de Luze, il s’agit de démontrer la capacité de l’aéronautique navale française à opérer au sein d’un environnement opérationnel américain. « Nous voulons montrer que nous faisons l’entretien, démontrer que nous pouvons charger des armes », a-t-il dit. « Aujourd’hui, nous sommes interopérables à 95% » mais « notre préoccupation est de savoir si nos marines seront capables de travailler ainsi dans 10 ans, dans 15 ans », a-t-il ajouté.

La coopération entre la Marine nationale et l’US Navy dans le domaine aéronaval est ancienne, d’autant plus que les porte-avions français et américains fonctionnent de la même manière (ce sont les seuls à être en configuration dite CATOBAR, c’est à dire qu’ils sont dotés de catapultes et de brins d’arrêt).

La recherche d’une interopérabilité étroite est une constante. Ainsi, en 2010, pour la première fois, une équipe technique de la Flottille 12F avait changé un des deux moteurs d’un Rafale M F3 à bord de l’USS Harry S. Truman tandis que des F/A-18 effectuaient une série de « touch and go » sur le pont du Charles-de-Gaulle.

Cette coopération a même atteint un niveau inédit lors de la mission Arromanches 2. Alors que l’US Navy n’était pas en mesure de disposer d’un porte-avions dans la zone des opérations, le groupe aéronaval français avait pris la tête d’une « task force » américaine afin d’assurer la permanence de la capacité aéronavale de la coalition anti-État islamique (EI ou Daesh).

« Atteindre ce niveau d’interopérabilité au point que le groupe aéronaval du Charles-de-Gaulle puisse prendre le commandement de la Task Force 50 – c’était la toute première fois qu’un bâtiment non-américain prenait le commandement d’une de nos task-forces – illustre notre partenariat et la capacité d’exécuter des missions du plus haut niveau », avait commenté, en juin 2016, l’amiral John Richardson.  

Source : Zone Militaire

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jeudi 8 février 2018

France : Le SMV, Service Militaire Volontaire, maintenu, voire développé dans les années à venir...

On ignore encore quelle forme prendra le « service national universel » auquel est attaché le président Macron, comme il l’a rappelé lors de ses vœux aux armées, le 19 janvier. L’on sait juste que son coût n’aura – du moins en théorie – aucun impact sur la prochaine Loi de programmation militaire (LPM).

En théorie car, même si plusieurs ministères seront concernés par l’instauration de ce nouveau service national, on ignore quelle sera l’implication des armées. En juin 2017, un rapport du Sénat avait donné une évaluation haute en avançant que 16.000 à 18.000 militaires pourraient être sollicités pour encadrer 600.000 jeunes. « Il s’agirait d’un effort colossal en termes de ressources humaines, dont on peut craindre qu’elle absorbe l’énergie des armées », avaient mis en garde les sénateurs Jean-Pierre Raffarin et Daniel Reiner.

D’autant plus que les armées sont déjà à la manœuvre pour le Service militaire volontaire (SMV), né d’une suggestion faite peu avant les attentats de janvier 2015 par le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT).

Inspiré par le Service militaire adapté (SMA) en vigueur dans les départements et territoires d’outre-Mer, le SMV vise à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté. Actuellement, il existe six centres : Brétigny-sur-Orge, Montigny-lès-Metz, La Rochelle, Châlons-en-Champagne pour l’armée de Terre, Brest pour la Marine et Ambérieu-en-Bugey pour l’armée de l’Air.

Le SMV a été lancé à titre expérimental, avec une enveloppe de 35 millions d’euros financée par le ministère des Armées.

« Le problème est que nous sommes victimes de notre succès : ce système donne tellement satisfaction que, d’une certaine manière, il est devenu la référence alors que c’est en quelque sorte de l’artisanat et qu’il est censé déboucher sur l’emploi. Aujourd’hui, plus de 75 % des jeunes accèdent à l’emploi à l’issue de leur service militaire volontaire, c’est vraiment une réussite pour nous, et d’autant plus que ce SMV est une sorte de dernier recours : si ces jeunes échouaient au service militaire volontaire, il n’y aurait plus rien pour eux, et j’ignore vraiment de quelle manière ils se comporteraient dans la société de demain », avait expliqué, en juillet dernier, le général Bosser.

Que deviendra ce SMV dans le cadre de la prochaine Loi de programmation militaire ? Lors de ses vœux pour l’année 2018, Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès de Florence Parly, la ministre des Armées, a indiqué qu’il serait maintenu dans les années à venir.

« Devant ce succès, l’expérimentation du Service Militaire Volontaire a été prolongée jusqu’à la fin de l’année 2018. Nous avons décidé qu’elle sera maintenue dans son format actuel dans la prochaine loi de programmation militaire », a en effet affirmé Mme Darrieussecq.

Enfin, s’agissant du Service national universel voulu par le président Macron, la secrétaire d’État a précisé que, en relation avec Mme Parly, elle travaille « à identifier le rôle des armées dans ce projet de société. »

« Ce futur Service National Universel s’annonce comme un élément essentiel du lien armées-nation et de l’esprit de défense », a-t-elle dit. «Tout le monde semble impatient de connaitre ce projet en cours de réflexion et d’élaboration. L’essentiel n’est pas la rapidité mais plutôt le sens qu’on veut lui donner, la structuration solide. L’année 2018 sera l’occasion de développer tout cela », a-t-elle ajouté.

Source: Zone Militaire

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dimanche 28 janvier 2018

Histoire : Le mystère de la disparition du sous marin La Minerve au large de Toulon...

Il y a 50 ans disparaissait le sous-marin La Minerve, fleuron de la Marine française...

Jeudi 2 février 1968, à Toulon. Les opérations de sauvetage du sous-marin La Minerve sont suspendues. Cinq jours après la disparition du submersible, l’espoir de retrouver des survivants s'est évanoui. "Dès le début de l’opération de sauvetage, on n’y croyait pas trop de toute façon", se rappelle Georges Kévorkian. A l'époque, ce jeune ingénieur de la Direction des constructions navales avait été chargé de mener les secours à partir du lundi 29 janvier, deux jours après la dernière communication enregistrée avec le sous-marin.

La Minerve et son équipage ne seront jamais retrouvés. Et cinquante ans après le drame, le mystère plane toujours. Comment le sous-marin a-t-il coulé ? Avarie ? Erreurs humaines ? Problèmes techniques ? Une conjonction des trois ? Les familles des victimes, qui commémorent le 50e anniversaire de la disparition à Toulon le 27 janvier 2018, attendent encore les réponses. Visée, l'armée n'a jamais levé les zones d'ombre qui entourent ce drame. Un silence suspect, selon certains.

Dernière plongée de "La Minerve", sous-marin français disparu le 27 janvier 1968.
A 7h55, "La Minerve" plonge dans le silence


En ce début d’année 1968, les eaux de la Méditerranée sont agitées. Le mistral souffle à 100 km/h. C’est dans ces conditions que La Minerve s’apprête à effectuer un exercice avec un avion. "Le premier qui voit l’autre a gagné", éclaire Georges Kévorkian. Le sous-marin plonge alors que le Bréguet Atlantic, qui a décollé quelques minutes plus tôt de la base aéronavale de Nîmes-Garons, arrive sur zone à 7h15. Un premier contact entre les deux appareils est pris quatre minutes plus tard. Mais les conditions climatiques rendent les communications difficiles. A 7h45, l’avion annonce qu’il renonce à sa dernière vérification radar, raconte Libération. Dix minutes plus tard, réponse de La Minerve par la voix du second maître Nicolas Migliaccio, en charge des liaisons radio :

    Je comprends que vous annuliez cette vérification. M'avez-vous entendu ?
    Nicolas Migliaccio, second maître à bord de La Minerve


Ce sera le dernier signe de vie du sous-marin.

La suite ? Mystère. A terre et dans l’avion, en raison de la météo, on ne s’inquiète pas vraiment de ce silence. La Minerve doit rentrer au port au plus tard dimanche 28 janvier, à 1 heure du matin. A l’heure fatidique, toujours rien. Georges Kévorkian raconte la scène dans son livre, Accidents de sous-marins français 1945-1983 (éd. Marines) : "Chef, j’ai vu des matafs [matelots] ce matin... qui m’ont dit que La Minerve était perdue : elle n’est pas retournée à la base comme prévu", rapporte un ouvrier.

Les recherches sont officiellement lancées à 2h15. Soit 18 heures et 25 minutes après la dernière communication du sous-marin. La Minerve dispose d'une centaine d'heures d'oxygène, le temps presse. Le matériel à l’époque ne permet pas de sonder les fonds marins très profondément. Or, au large de Toulon, ils peuvent atteindre 2 000 m. C’est justement dans ce secteur, au sud du cap Sicié, que La Minerve menait son exercice. Malgré la vingtaine de bateaux venus aider pour les recherches, des hélicoptères, des avions et même la soucoupe plongeante du commandant Cousteau, le submersible reste introuvable.

    'La Minerve' a probablement coulé par 1 000 m de profondeur. La seule trace visible du naufrage fut une tache d'huile en surface.
    Le Service d'informations et de relations publiques des armées (Sirpa)


Présent sur le porte-avions Clémenceau mobilisé pour les recherches, Joël Lannuzel, 30 ans au moment du drame, raconte avoir "fait des tours et des tours en Méditerranée". "On n’a jamais entendu parler d’une seule tache d’huile", soutient-il. Second maître radio sur La Minerve de mars 1962 à octobre 1965, il connaissaît le bâtiment "comme sa poche". Pour lui, seul un "abordage avec un autre navire" a pu couler La Minerve. Une hypothèse parmi d’autres.

La soucoupe plongeante du commandant Cousteau, mobilisée lors de l'opération de recherche de "La Minerve" le 31 janvier 1968.

Une vérité qui n'émerge jamais

Comment ce monstre de 800 tonnes a-t-il pu disparaître sans laisser la moindre trace ? Le flou demeure un demi-siècle plus tard. "Pendant huit, dix jours, on a dit tout et n’importe quoi, se rappelle Thérèse Scheirmann-Descamps, veuve du second maître Jules Descamps. On m’avait même demandé de ne pas lire les journaux." On peut y voir fleurir des théories farfelues comme un coup de force russe. D’autres sont plus plausibles.

La plus répandue ? Un problème de "schnorchel". Il s'agit en fait de deux tubes, l'un alimente en air le sous-marin, l’autre permet de rejeter les gaz d’échappement. Quand le bâtiment est en immersion périscopique, c'est-à-dire à quelques mètres de la surface, ces tuyaux sortent et de l’eau peut y rentrer. En temps normal, un clapet se referme pour empêcher l’inondation. Ce 27 janvier 1968, un incident a pu empêcher ce clapet de bien fonctionner, La Minerve s’est alors remplie et a coulé irrémédiablement.

Ce sous-marin de type Daphné pouvait plonger jusqu’à 525 m. Au-delà, la coque ne peut résister à la pression. En coulant dans cette zone au large de Toulon, La Minerve est descendu bien plus bas et a dû imploser. Dans son livre, Georges Kévorkian fait état d’un "signal susceptible de résulter de l’écrasement brutal vers 700 m de profondeur d'un 'récipient' contenant environ 600 m3 d’air à la pression atmosphérique". Une description qui pourrait correspondre au sous-marin disparu. Ce signal a été enregistré par différentes stations sismologiques "à 7 heures 59 minutes et 23 secondes, à quelques secondes près". Soit quatre minutes après la dernière communication de La Minerve.

Cette théorie du schnorchel est toutefois repoussée par l’écrivain puisque "quelques minutes avant sa disparition, il n’est pas avéré que le sous-marin naviguait au schnorchel". La thèse de l’abordage, défendue par Joël Lannuzel, a également été envisagée. Le secteur était largement emprunté par des bateaux commerciaux. Mais là encore, ce n’est resté qu’une possibilité parmi d’autres.

    On a pensé bien sûr à une collision. Mais contre quoi ? A-t-on retrouvé un bateau ou un quelconque objet ?
    Le Sirpa


Reste l’erreur humaine, que tout le monde réfute. Les regards se sont tournés vers le commandant André Fauve. Aurait-il pu engager une manœuvre trop périlleuse, comme le sous-entend Georges Kévorkian ? L’amiral Thierry d’Arbonneau, jeune officier au moment de l’accident, a été un des élèves du capitaine Fauve. Sa description d'un homme "hyper-compétent" rend peu probable cette hypothèse. "C’était notre officier de manœuvre, il nous apprenait à naviguer. Il avait une aura évidente, il était jeune, calme, pondéré", explique l'amiral. Pourtant, malgré un capitaine "respecté et reconnu", un équipage entraîné et un bâtiment en bon état, La Minerve n'est jamais remontée.

L’impossible deuil des familles

En coulant au large de Toulon, La Minerve a laissé derrière elle 52 familles endeuillées, 28 orphelins et 17 veuves. Martine Coustal est l’une d’elles. Elle avait 18 ans à l’époque et devait se marier avec Marcel Coustal, électromécanicien embarqué à bord, quelques jours après le retour du sous-marin. Cinquante ans après, cette femme à l’accent chantant du sud de la France n'a rien oublié. "On y pense toujours, souffle-t-elle, mais le plus émouvant, c’est d’être sur les lieux de la commémoration."

La "Grande Muette" se tait

Cinquante ans plus tard, avec l’amélioration des techniques, de nouvelles recherches auraient pu être menées, mais rien n’a jamais été entrepris. "On aurait pu les relancer, s’insurge Patrick Meulet. Dire qu’on ne peut pas le retrouver, c’est choquant, d’autant qu’on connaît le secteur où il est censé être." Le président de l’AGASM est entré dans la marine un an, jour pour jour, après le drame de La Minerve et accompagne le désir de vérité des familles.

Comment ? Pourquoi ? Où ? Voilà les questions qui résonnent dans les têtes.
"Pourquoi un tel mutisme ?" s’interroge Thérèse Scheirmann-Descamps. Des choses seraient-elles cachées ? "Comment voulez-vous expliquer un accident alors que l'on n'a jamais rien retrouvé ?" se défendait le Service d'informations et de relations publiques des armées en 2000.

    Les autorités ne pouvaient décemment pas répéter éternellement 'nous ne savons rien'. A quoi cela aurait-il servi ? Mais elles n'ont pas cherché à cacher quoi que ce soit.
    Le Sirpa


Dix-huit ans plus tard, le discours n'a pas changé. Le capitaine Bertrand Dumoulin, porte-parole de la Marine nationale, confirme que "les causes de l'accident n'ont jamais pu être élucidées".

"L'Eurydice a bien été retrouvé alors qu’on est descendu à 1 000 m", conteste Patrick Meulet. Il sait de quoi il parle. Patrick Meulet était à bord du submersible, un autre sous-marin de type Daphné, trois mois avant son naufrage, le 4 mars 1970. Avant de couler en Méditerranée, l'Eurydice avait d'ailleurs servi pour l'hommage national rendu à l'équipage de La Minerve par le général De Gaulle, le 8 février 1968.

L'Eurydice et La Minerve, deux "Daphné", faisaient le prestige de la marine française – et il y aurait pu avoir un troisième drame mais le Flore a évité le naufrage le 19 février 1971 (le schnorchel avait été clairement mis en cause et des améliorations avaient été faites dans la foulée pour éviter de nouveaux accidents). Entre 1965 et 1975, une dizaine de submersibles de type Daphné ont été vendus à l’Afrique du Sud, au Pakistan ou encore à l’Espagne. Les intérêts économiques ont-il dicté le silence de l’armée ? "Clairement, non ! répond Bertrand Dumoulin. Si la cause de l'accident était connue, il eut été absurde de ne pas la communiquer à nos partenaires étrangers."

    Vingt ans après le drame, on nous a dit d’attendre. A trente et quarante ans aussi. Il y a des limites, ça commence à bien faire.
    Thérèse Scheirmann-Descamps


Elle espère. Car l’armée pourrait très bien taire d'éventuelles réponses. Et justifier une fois de plus son surnom de "Grande Muette". Patrick Meulet soupire : "On espère qu’au bout de cinquante ans, on va réussir à la faire parler."

Source : Franceinfo.fr

Ndlr : Nous vous invitons à retrouver l'intégralité de ce passionnant article de Benoît Jourdain, sur Franceinfo.fr...

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vendredi 29 décembre 2017

Finances publiques : Coup de gel sur le budget des Armées 2018-2022

Il y a des sujets autrement plus importants qu’un séjour présidentiel au château de Chambord qui mériteraient de faire l’objet d’une polémique…

Ainsi en est-il, par exemple, des 700 millions d’euros du budget des armées encore gelés par le ministère de l’Action et des Comptes publics, ou encore de l’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques (LPFP) pour les années 2018-2022, examiné par les députés le 15 décembre 2017 au soir.

L’un des premiers à avoir mis en garde contre les conséquences potentiellement dévastatrices de ce texte pour les Armées est le député (LR) François Cornut-Gentille. Lors de son intervention en commission élargie, lors de l’examen des crédits de la mission « Défense » pour 2018, le parlementaire avait interpellé Mme le ministre des Armées, Florence Parly, sur ce point.

« L’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques gèle le reste à payer pour les années à venir au montant de celui de 2017 soit environ 100 milliards pour l’Etat, dont 50 milliards pour le ministère des armées dont 35 milliards pour le seul programme 146 [équipement des forces, ndlr]. Dans ces conditions, la modernisation des équipements militaires au cœur de la prochaine loi de programmation militaire risque d’être sérieusement mise à mal. En effet, les équipements militaires obéissent à une logique pluriannuelle incompatible avec le couperet » de ce texte, avait prévenu M. Cornut-Gentille.

« La stricte mise en œuvre de l’article 14 ne risque-t-elle pas d’entraîner le retour des fameuses sociétés de projet ou d’autres types d’achat en leasing, au final plus coûteux que l’acquisition patrimoniale ? », s’était en outre inquiété le député de la Haute-Marne.

Interrogée, plus tard, sur cet article 14 par les sénateurs, Mme Parly avait admis que « s’il devait devait être appliqué de manière unilatérale au seul ministère des Armées, ce serait évidemment un frein majeur à la modernisation des équipements. » Et d’assurer qu’elle serait «extrêmement attentive à ce que ne soit pas le cas et que la capacité d’engagement du ministère dont les programmes d’équipement s’étalent sur un grand nombre d’années soit préservée. »

Seulement, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ne l’entend pas de cette oreille. Si les sénateurs ont exclu le ministère des Armées de cet article 14, le gouvernement a en effet soumis au vote l’amendement n°45 pour rétablir ce texte dans sa version initiale.

« Cet article vise avant tout à assurer une meilleure transparence et information du Parlement. Il concerne l’ensemble du budget général de l’État et ne cible aucune mission en particulier. Exclure les investissements du ministère des armées (sauf la mission ‘Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation’) aurait par conséquent peu de sens », est-il avancé dans cet amendement. Peu de sens, vraiment?

Poids lourd de la majorité et président de la commission de la Défense, le député Jean-Jacques Bridey a croisé le fer quand cet amendement a été discuté dans l’Hémicycle, le 15 décembre.

Sans remettre en cause l’objectif de contenir la hausse des « restes à payer », M. Bridey a toutefois fait remarquer que le mécanisme imaginé pour les limiter « fait cependant peser plusieurs risques sur la prochaine loi de programmation militaire. »

Parmi ces risques, le président de la commission de la Défense a cité une gestion plus difficile « des aléas inhérents aux programmes d’armement », un « effet de ciseaux » et un « plafonnement des restes à payer, qui pourrait inciter à recourir à des stratégies de contournement », avec le retour possible des « sociétés de projets envisagées dès 2015 pour s’exonérer des contraintes budgétaires ».

S’agissant plus particulièrement de « l’effet de ciseaux », M. Bridey a rappelé que, selon la volonté du gouvernement, il « suffirait que les autorisations d’engagement d’autres ministères soient couvertes par des crédits de paiement pour redonner des marges de manœuvre au ministère des armées. » Or, a-t-il demandé, « est-il bien raisonnable de soumettre la programmation de la défense nationale à la rigueur d’autres ministères, ou de prendre par exemple le risque d’une remise en cause très rapide de ce plafond s’il se révélait intenable? »

Enfin, le député a souligné un risque « plus paradoxal ». Alors que cet article 14 est « vendu » comme étant un élément de bonne gestion, « le plafonnement trop rigide des restes à payer pourrait empêcher la réalisation d’économies d’échelle dans le cadre de commandes globales », a-t-il dit.

« L’amendement du gouvernement présente donc un risque sérieux de remise en question de nos ambitions stratégiques telles qu’elles ont été élaborées de manière consensuelle dans la récente revue stratégique et telles que nous aurons à les traduire prochainement lors de nos débats sur la programmation militaire », a ensuite conclu Jean-Jacques Bridey.

Mais ses arguments n’ont pas été entendus… et l’article 14 a été rétabli dans sa version initiale. Ce qui a fait réagir le député Cornut-Gentille. «Cinglant camouflet infligé cette nuit par Bercy au ministère des Armées via la loi de programmation des finances publiques : la majorité LREM a privé la future loi de programmation militaire de tout levier budgétaire », a-t-il dénoncé via Twitter.

« En intégrant la Défense dans le plafonnement des restes à payer, Bercy prive Florence Parly de la capacité à lancer de nouveaux programmes pour moderniser les équipements de la Marine nationale, de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air. On comprend mieux la priorité donnée au MCO [Maintien en condition opérationnelle, ndlr] », a encore ironisé le député de la Haute-Marne.

Avec la coupe de 850 millions d’euros faite cet été dans le programme 146 « Équipements des Forces », les 700 millions d’euros encore gelés (et qui concernent le même programme) et l’adoption de cet article 14 de la LPFP, cela fait beaucoup en si peu de temps pour le ministère des Armées, que l’on croyait pourtant prioritaire.

Source : Zone Militaire

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samedi 9 décembre 2017

Marine d'Outre Mer : Etat des moyens... Un 3ème PLG pour les Antilles...

Voici l’état de la situation en matière navale, selon l’état-major de la Marine.

Comme l’expliquait l’amiral Christophe Prazuck aux députés, le 26 juillet 2017, depuis 1982, « le format minimum pour chaque département ou territoire d’outre-mer » était composé de quatre bateaux par théâtre, soit « deux patrouilleurs, d’un bâtiment logistique – ce que l’on appelait auparavant bâtiment de transport léger (BATRAL) et que l’on appelle maintenant B2M – et d’une frégate de surveillance ».

Aujourd’hui, la situation se présente ainsi :

  • Nouvelle Calédonie : 1 frégate de surveillance, 1 B2M, 2 vieux patrouilleurs P400
  • La Réunion : 2 frégates de surveillance, 1 B2M, 1 vieux patrouilleur
  • Antilles : 2 frégates de surveillance, le Batral a désarmé en juin dernier - après avoir été déjà prolongé de trois ans - et ne sera remplacé par un B2M qu’ à l’été 2019. Il y a bien un « trou capacitaire ».
  • Tahiti : 1 frégate de surveillance, 1 B2M, 1 vieux patrouilleur
  • Guyane : 2 nouveaux patrouilleurs légers guyanais (PLG) à faible tirant d’eau, qui ont remplacé les 2 P400. Avec ces conditions spécifiques (faible fonds, port en eaux peu profondes), la Guyane a des besoins spécifique et le retour d’expérience de ces nouveaux patrouilleurs est jugé «bon » par la Marine.

La ministre des armées a récemment annoncé la commande d’un troisième PLG pour les Antilles, où il arrivera en 2019.

A noter que, selon la Marine, « les B2M sont des bâtiments multi-missions avec une forte capacité logistique, très adaptés à des missions de ravitaillement. Ils remplacent les batral mais n’ont pas de capacité de plageage. C’est une série de quatre dont trois sont en service ».

La Marine rencontre des « difficultés » avec ses patrouilleurs : ils sont vieux et seront prochainement désarmés, alors que leurs successeurs, les Batsimar, se font attendre. « L’une de mes priorités est donc d’accélérer le programme « Bâtiment de surveillance et d’intervention », indiquait l’amiral Prazuck aux députés.

Source : Jean Dominique MERCHET - Secret Défense


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mercredi 22 novembre 2017

Argentine : L' Ara San Juan, sous-marin argentin, porté disparu depuis le 15 novembre...

Qu’est-il arrivé à l’ARA San Juan (S-42), l’un des deux sous-marins argentins de la classe TR-1700, livrés par le constructeur naval allemand ThyssenKrupp Marine Systems dans les années 1980?

Parti de la base navale de Mar del Plata (400 km au sud de Buenos Aires) pour rejoindre Ushuaia (3.200 km plus au sud), ce sous-marin n’a plus fait signe...

« Nous n’avons pas encore pu le trouver ni avoir un contact, visuel ou par radar, avec l’ARA San Juan », a en effet déclaré Enrique Balbi, le porte-parole de la marine argentine, lors d’une conférence de presse donnée ce 17 novembre 2017.

Le sous-marin, avec 44 membres d’équipage à bord, venait de reprendre la mer après une escale de trois jours à Ushuaia.

La dernière communication avec ce sous-marin remonte au matin du 15 novembre, alors qu’il se trouvait près de Puerto Madryn, à 15 milles au large des côtes. Des recherches ont été lancées par la suite, avec un avion, un destroyer et deux corvettes. Menées au large de la Péninsule de Valdez, elles n’ont pour le moment rien donné en raison de « mauvaises conditions météorologiques dans la zone des opérations », a expliqué Enrique Balbi, qui se veut toutefois rassurant. Il faut être « prudent » car « on ne sait pas ce qui s’est passé, je ne veux pas dramatiser cette affaire », a-t-il dit.

Il est vrai que des rumeurs, évoquant un incendie à bord, ont vite fait le tour des rédactions. Mais la marine argentine privilégie pour le moment un « problème de batteries, par manque d’alimentation électrique », ce qui aurait affecté ses communications. Mais normalement, a précisé son porte-parole, le sous-marin aurait dû faire surface, selon « le protocole prévu. »

La marine argentine compte trois sous-marins, dont deux appartenant à la classe TR-1700 et un autre, de type 209, de conception plus ancienne.

Entré en service en 1986, l’ARA San Juan avait été immobilisé en 2008 afin de subir de lourdes opérations de maintenance censées prolonger sa vie opérationnelle pendant au moins une vingtaine d’années.

Source : Zone Militaire


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mercredi 25 octobre 2017

Armée : 60% des militaires de carrière envisagent de quitter les rangs...

Entre la vocation, le désir de servir et de s’engager pour les autres, la recherche de valeurs, les envies d’ailleurs, la soif d’aventures, l’opportunité d’avoir une première expérience professionnelle, la tradition familiale ou encore le prestige de l’uniforme, les raisons qui poussent un jeune homme (ou une jeune femme) à se rendre dans un centre de recrutement (CIRFA) sont à la fois nombreuses et variées.

Cela étant, une fois que le contrat d’engagement signé, il faut veiller à éviter les désillusions, qui surviennent quand la réalité n’est pas conforme à ce qu’avait imaginé la recrue. Ainsi, dans son rapport sur la Fonction militaire, le Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM) constate un niveau élevé du taux de dénonciation des contrats, en particulier chez les militaires du rang, au cours de la période probatoire de 6 mois (renouvelable une fois, sous certaines conditions).

Ce taux de dénonciation de contrat concerne davantage l’armée de Terre (entre 20 et 28% depuis 2005) que la Marine nationale et l’armée de l’Air (entre 10 et 20%).

« Cette réalité est préoccupante pour les gestionnaires. Une part n’en demeure pas moins naturelle. Rejoindre une unité militaire revient à découvrir un monde en soi, dont les modes de fonctionnement et de rapport aux autres sont marqués par de fortes particularités qui peuvent désorienter une jeune recrue », explique le HCECM.

L’armée de Terre s’est donné pour objectif de réduire ce taux de dénonciation de contrat à 15%. Ce qui est « très souhaitable mais sans doute difficile à atteindre », note le rapport, qui appelle à prendre des mesures pour prendre en compte l’évolution de la société française afin de «prévenir tout creusement d’écart rédhibitoire entre la fonction militaire et les jeunes qui pourraient être appelés à la rejoindre. »

Quant à ceux qui n’ont pas dénoncé leur contrat au terme de la période probatoire, ils sont nombreux à envisager de quitter l’armée, même si le statut militaire, la participation active à la défense du pays, l’impression d’être utile, les valeurs, les rapports humains et l’esprit de cohésion sont de « puissants leviers » pour y rester.

Source : Zone Militaire

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samedi 14 octobre 2017

Marine nationale : Projet d'alliance avec l'Italie pour la construction des navires de surface

En juillet 2017, peu après l’annonce de la nationalisation « temporaire » du chantier naval STX France, faute d’avoir pu trouver un accord sur sa reprise par le groupe italien Fincantieri, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait annoncé son intention d’étendre les discussions avec Rome à la construction navale militaire.

« Jusque-là, on partait sur une base de coopération dans le secteur industriel civil : la réalisation de paquebots de plaisance, pour résumer. Eh bien, nous disons à nos amis italiens : regardons aussi ce que nous pouvons faire dans le secteur militaire, dans les navires de surface précisément, et bâtissons un grand champion de l’industrie navale européenne », avait en effet déclaré M. Le Maire, dans les colonnes du Journal du Dimanche.

En quelque sorte, mettre sur la table la perspective d’une telle coopération dans la construction navale militaire devait permettre à Paris d’arrondir les angles avec les autorités italiennes, froissées par la nationalisation temporaire de STX France.

Le 1er août 2017, ayant exprimé « leur intention de dépasser leurs différences sur l’équilibre de la structure du capital de STX » dans une déclaration conjointe, les ministres français et italiens en chargé de ce dossier ont « exprimé leur souhait de faciliter la création d’une industrie navale européenne plus efficace et plus compétitive. Ils partagent l’objectif d’avancer vers une alliance forte entre les deux pays, à la fois dans le domaine civil et militaire. »

Et d’ajouter : « Rapprocher les forces de Fincantieri, de STX et de Naval Group permettrait de créer un leader européen global qui aura pour objectif d’être le plus grand exportateur sur les marchés civils et militaires, avec une activité significative dans les systèmes et les services. »

L’alliance entre Naval Group (ex-DCNS) et Fincantieri, qui ont déjà travaillé ensemble par le passé (FREMM, frégates Horizon) refaisait ainsi surface, après avoir été évoquée à plusieurs reprises au cours de ces dernières années. Seulement, comme le dossier de la reprise de STX est lié, l’affaire s’annonce compliquée, d’autant plus que Rome n’a pas changé d’idée et réclame toujours la majorité du capital du chantier naval de Saint-Nazaire.

Quoi qu’il en soit, le 5 septembre, à l’occasion de l’Université d’été de la Défense, la ministre des Armées, Florence Parly, a fait part de sa détermination à nouer une alliance avec l’Italie dans le domaine de la construction navale militaire.

« Nous travaillons avec nos collègues italiens à la constitution d’une alliance entre les industries navales militaires française et italienne, dans le domaine des bâtiments de surface, avec l’ambition de constituer à terme un leader mondial », a déclaré la ministre, depuis la base navale de Toulon. « Ce projet ambitieux avance, en concertation étroite avec les industriels concernés », a-t-elle ajouté, sans donner de détails.

Reste à connaître les modalités qui seront retenues pour ce rapprochement. Sera-t-il question de participations croisées ? De former une co-entreprise sur le modèle de l’alliance de Nexter et de Krauss Maffei Wegmann dans le secteur de l’armement terrestre ?
Quid de l’activité civile de Fincantieri, alors que Naval Group est absent du marché des paquebots mais détient une compétence reconnue dans le domaine des sous-marins (qui ne fera pas partie de l’accord) ?

Quelle valeur, dans ces conditions, aura l’ex-DCNS, dont le carnet de commandes est bien rempli grâce, notamment, au contrat visant livrer 12 submersibles Shortfin Barracuda ? Enfin, que deviendra Kership, l’entreprise que le groupe a créée avec le chantier naval Piriou ? Les réponses à ces questions (ainsi qu’à d’autres) devraient sans doute être données lors du sommet annuel franco-italien, le 27 septembre 2017.

Source : Zone Militaire

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mercredi 11 octobre 2017

Harpie en Guyane : Les Forces armées ont détruit 24 puits illégaux d’orpaillage

Outre la pêche illégale, la Guyane doit faire face à l’orpaillage illégal, qui est un fléau par les dommages que cette pratique inflige à l’environnement et par la criminalité qu’elle induit, les « garimpeiros » n’étant pas des enfants de chœur.

Si, grâce aux moyens déployés par la Marine nationale (embarcation remonte-filets, patrouilleurs légers guyanais), des succès ont été remportés sur le front de la pêche illégale, il en va autrement avec la lutte contre l’orpaillage clandestin, qui relève du mythe de Sisyphe.

Ainsi, entre le 23 et le 27 août 2017, dans le cadre de l’opération Willau XVII/3, un détachement fort d’une trentaine de sapeurs et de fantassins du 9e Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa) a été héliporté sur la vaste commune de Maripasoula afin de mettre un terme aux activités repérées dans une zone d’exploitation primaire illégale, située sur la crique Eau Claire.

Au total, 24 puits d’orpaillage ont été détruits à l’explosif par les hommes du 9e RIMa, de même que, a précisé la préfecture de Guyane, trois galeries qui « rongeaient les flancs de la montagne Bellevue de l’Inini. » Dans le même temps, les gendarmes qui les accompagnaient ont mis la main sur 500 kg de matériel ainsi que sur « plusieurs téléphones satellitaires ».

« Cette opération mettant en œuvre les capacités spécifiques des forces armées est la troisième menée cette année, elle porte à 47 le nombre de puits détruits dont 37 sur la crique Eau Claire », a souligné la préfecture de Guyane, avant de rappeler que, en 2016, la force Harpie avait détruit « 113 puits d’orpaillage illégal de cette façon. »

Malheureusement, ces opérations sont comme un coup d’épée dans l’eau… En effet, les autorités ont à peine le temps de se réjouir des résultats obtenus contre l’orpaillage illégal que les garimpeiros reviennent déjà pour exploiter d’autres sites.

En effet, alors que l’annonce de la destruction de ces 24 puits d’orpaillage venait d’être faite, le Parc amazonien de Guyane (PAG) a indiqué que le nombre de chantiers aurifères illicites s’était élevé à 177 en août. Un record. Et de déplorer une « une dégradation sans précédent de l’orpaillage illégal sur le territoire du Parc amazonien » et une « situation dramatique qui s’aggrave (et qui) est indigne de notre pays. »

Lors de la précédente campagne d’observation, menée en mars 2017, il avait été constaté la présence de 99 sites illégaux d’orpaillage sur les 34.000 km² du PAG. En clair, leur augmentation en l’espace d’à peine 6 mois aura été de près de 79%.

La commune de Maripasoula est particulièrement touchée par ce phénomène puisque le nombre de sites actifs y a plus que doublé entre mars et août (114 contre 53). Et celle de Camopi a retrouvé le niveau de 2013, avec 35 chantiers repérés.

Pourtant, l’activité des FAG est constante. Ainsi, en juillet, la 2e compagnie du 9e RIMa a détruit de « nombreuses zones de vie » et saisi un quad ainsi que trois pirogues et plusieurs barges dans la zone de la Tampok. 

Quelques jours plus tard, la 1ère compagnie a fait de même lors d’une patrouille sur le lac de Petit Saut (6 kg de mercure, plusieurs propulseurs de pirogues et moyens de transmission satellitaires saisis, une motopompe, deux pirogues et plus de 1600 litres de carburant détruits). Idem pour la compagnie d’appui du 3e REI, qui, armée par le 54e Régiment d’Artillerie (RA), a en plus saisi des documents et permis l’interpellation de plusieurs orpailleurs illégaux.

Source : Zone Militaire

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lundi 18 septembre 2017

Guyane : Les EDO du patrouilleur léger La Confiance arraisonnent des tapouilles à 35 noeuds...

Le patrouilleur léger guyanais La Confiance donne pleinement satisfaction

Officiellement entré en service le 27 avril 2017, le patrouilleur léger guyanais (PLG) « La Confiance », spécialement étudié et conçu pour opérer dans les eaux guyanaises par SOCARENAM a récemment mené sa première opération de police des pêches, appelée « Halicorne ».

Pour rappel, la pêche illicite est, avec l’orpaillage clandestin, l’un des fléaux qui affecte la Guyane, avec des milliers de tonnes de poissons prélevées illégalement dans ses eaux chaque année. Pour lutter contre ce phénomène, la Marine nationale dispose de patrouilleurs (uniquement des P-400 jusqu’à très récemment) et de l’embarcation remonte filet (ERF) « La Caouanne », dont la mission est de récupérer les filets dérivants laissés par les contrevenants afin de les frapper durement au portefeuille (un filet de 2.500 mètres de long coûte entre 10.000 et 12.000 euros).

Cela étant, aussi efficace soit cette ERF, la pêche illégale n’a pas été totalement découragée. D’où l’opération Halicorne. Ayant remplacé le patrouilleur « La Capricieuse », le PLG « La Confiance » a donc pu montrer l’étendue de ses capacités, lesquelles, avance l’État-major des armées, ont été « structurantes pour planifier et préparer » cette mission. Au total, 9 tapouilles ont été arraisonnées lors de patrouilles menées vers le Brésil (est) et le Suriname (ouest).

« Ses radars et ses capacités optroniques lui permettent de voir sans être vu, à longue distance, de jour comme de nuit. La propulsion électrique du patrouilleur garantit la discrétion de l’intervention, conduite en un temps record grâce au système de mise à l’eau rapide via la rampe arrière du patrouilleur », explique l’EMA.

Et d’ajouter : « Les équipes de contrôle sont ainsi projetées sans délai sur des embarcations d’intervention sur-motorisées qui garantissent un effet de surprise et laissent peu de chance aux tapouilles contrevenantes. »

Les embarcations en question sont des EDO [Embarcations de drome opérationnelle, ndlr] fournies par Zodiac Milpro. Longues de 7,6 mètres, elles sont propulsées par un moteur Volvo de 260 chevaux, ce qui leur permet de naviguer à la vitesse de 35 noeuds. Elles peuvent être armées d'une mitrailleuse de 7,62mm. Ce qui n’est pas anodin quand l’on sait que les rencontres avec les pêcheurs illégaux sont parfois mouvementées…

D’ailleurs, au niveau de l’armement, le PLG « La Confiance » dispose d’un système télé-opéré Narwhal (Nexter Systems), de 2 mitrailleuses de 12.7mm et d’un canon à eau. Automatisé au maximum (d’où le besoin d’un équipage de seulement 24 marins), ce bâtiment long de 61 mètres est doté du système optronique Sea Cobra, lequel va aussi équiper les frégates légères furtives de type La Fayette.

« Après l’embarcation relève-filets l’année dernière, on monte cette année encore d’un cran notre arsenal répressif avec les patrouilleurs légers guyanais », a commenté le général Pierre-Jean Dupont, commandant des Forces armées en Guyane (FAG). « Des moyens lourds sont mis en œuvre, les illégaux doivent faire le constat que venir pêcher dans nos eaux, ce n’est pas une opération rentable pour eux », a-t-il ajouté.

Et cela d’autant plus que le second Patrouilleur léger guyanais – « La Résolue » – est attendue à Dégrad des Cannes en août prochain afin de relever le patrouilleur P400 « La Gracieuse ».   

Source : Secret Défense

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lundi 24 juillet 2017

Budget des armées : Augmentation de 1,2 milliard... Va-t-on vers un apaisement de la polémique ?

La ministre des Armées dit avoir obtenu le dégel de 1,2 milliard d’euros de crédits. 

Se pencher sur le budget des armées n’est pas simple pour le néophyte, surtout en ce moment, avec l’avalanche de chiffres donnés par l’exécutif. Résumons : pour 2017, le Parlement a alloué 32,7 milliards d’euros (dont 300 millions de recettes exceptionnelles) de à la mission « Défense ».

Sur ce montant, il a été annoncé, puis confirmé, que 2,7 milliards avaient été gelés par la précédente équipe gouvernementale. Cette pratique n’a rien d’inhabituelle : on y a droit chaque année. Il revient au ministre des Armées d’obtenir qu’ils soient débloqués au plus vite alors que Bercy souhaite au contraire les « garder au chaud » le plus longtemps possible, voire carrément les annuler.

Déjà, la ministre des Armées, Florence Parly, a perdu une première manche : 850 millions d’euros ont été annulés par le ministère de l’Action et des Comptes publics. Cette somme correspond à celle qui manquera pour financer les opérations extérieures, pour lesquelles 450 millions d’euros avaient été initialement provisionnés dans le budget des Armées.

Normalement, si la Loi de programmation militaire avait été respectée à la lettre, ces 850 millions d’euros aurait dû faire l’objet d’un financement interministériel, comme le veut la pratique depuis une dizaine d’années. Mais ce ne sera donc pas le cas : ils seront donc prélevés sur le programme 146 « Équipement des Forces ». Cette annonce a été à l’origine de la première crise du quinquennat de M. Macron, marquée par la démission du général Pierre de Villiers, alors chef d’état-major des armées (CEMA).

Avec 850 millions annulés, restait donc à Mme Parly d’obtenir le dégel de 1,85 milliard. Et visiblement, d’après ce qu’elle a affirmé dans les colonnes du Journal du Dimanche, elle pu en arracher 1,2 milliard à Bercy.

« Je suis en discussion pour que des crédits gelés en 2017 soient dégelés. C’est déjà le cas depuis jeudi pour 1,2 milliard d’euros qui nous seront restitués par anticipation dès ce mois-ci », a expliqué la ministre. Le 20 juillet, Mme Parly a rencontré, tôt le matin, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, avant de s’envoler vers Istres avec le président Macron.

Si ce dégel devrait permettre à la Direction générale de l’armement (DGA) d’éviter une cessation de paiement, la coupe de 850 millions d’euros pourrait accroître le report de charges de cette dernière. Report qui a déjà atteint le niveau, préoccupant, de 3,1 milliards d’euros fin 2016.

Cela étant, cette annonce, qui vient fort à-propos après les tensions de ces derniers jours, peut donner le sentiment à l’observateur peu au fait des questions budgétaires que le budget des Armées a été augmenté. Or, il n’en est évidemment rien. Comme le rappelle le député (LR) François Cornut-Gentille, rapporteur spécial des crédits de la défense à la commission des Finances, ce dégel « ne constitue pas un cadeau fait aux armées mais le strict respect de la loi de finances initiale. »

« Je me suis engagée à ce que les annulations de crédits n’aient pas d’impact sur le fonctionnement des armées en 2017, notamment pour les militaires en opération. C’est donc sur les grands programmes d’équipement que les ajustements seront faits par lissage », a par ailleurs souligné Mme Parly, sans donner de précision sur les programmes affectés par les coupes.

« Pour 2018, le budget de la défense augmentera de 1,8 milliard, ce qui fait une croissance de 5 % par rapport à 2017. Et, dans cette augmentation confirmée par le Président à Istres pour 2018, il est prévu 200 millions d’euros qui seront affectés à de l’équipement de base pour les militaires », a également dit la ministre, qui s’est vantée d’avoir obtenu le « meilleur budget de la Défense depuis 10 ans. » Sur ce point, on jugera au moment de son exécution.

 Source : Zone Militaire


 
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