FNCV Infos et Actualités des Combattants Volontaires

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samedi 14 juillet 2018

Retraite du combattant : Remise en cause par la Cour des comptes et la direction du Budget !

Créée en 1930, la retraite du combattant se veut être un témoignage de la reconnaissance de la Nation à l’égard des anciens combattants. D’un montant, actuellement, de 748,80 euros par an et cumulable avec une pension professionnelle, elle est versée à chaque titulaire de la carte du combattant, à partir de 65 ans (voire 60 ans dans certains cas particuliers). En outre, elle n’est ni imposable, ni saisissable.

Les militaires ayant pris part à une opération extérieure pendant au moins 4 mois y ont droit. Mais d’autres critères peuvent être pris en compte, comme « avoir participé personnellement à 5 actions de feu ou de combat » ou « avoir appartenu à une unité ayant connu 9 actions de feu ou de combat pendant son temps de présence » ou encore « avoir été évacué pour une blessure reçue ou une maladie contractée pendant le service dans une unité reconnue comme combattante ».

Mais, visiblement, ce dispositif n’est pas du goût de tous, certains y voyant une possible piste d’économies. L’an passé, les crédits destinés à la retraite du combattant ont atteint 741 millions d’euros, soit 3,7 millions d’euros de plus qu’en 2016, sa revalorisation ayant plus importante que la baisse du nombre de bénéficiaires.

Lors d’une réunion de la commission de la Défense relative à l’exécution des crédits de la mission « Anciens combattants, mémoire et lien avec la Nation », le député Philippe Michel-Kleisbauer a invité ses collègues à la vigilance sur ce point.

« Il apparaît que Bercy et la Cour des comptes remettent en cause les justifications historiques de la retraite du combattant, devenues obsolètes selon eux, au prétexte que les armées sont composées de professionnels, qui y acquièrent des droits à retraite, que la carte du combattant, dont l’obtention permet de bénéficier de la retraite du combattant, est attribuée dès 120 jours d’OPEX, sans qu’il soit nécessaire d’avoir participé à des combats, ou encore que les blessures psychiques sont prises en compte par les pensions militaires d’invalidité. En d’autres termes, l’on nous explique que d’autres dispositifs existent… », a en effet affirmé M. Michel-Kleisbauer.

Et ce qu’a dit le député figure noir sur blanc dans la note d’exécution budgétaire (NEB) [.pdf] de la Cour des comptes relative à l’exécution des crédits de la mission « Anciens combattants, mémoire et lien avec la Nation », publiée en mai dernier. Et la retraite du combattant n’est pas la seule concernée : la retraite mutualiste du combattant, qui est un autre dispositif mis en place au lendemain de la Première Guerre Mondiale, est aussi dans le collimateur.

« La Cour relève que les documents budgétaires ne permettent pas d’apprécier complètement la justification de fond de certaines des politiques mises en œuvre au profit des anciens combattants. Il s’agit plus particulièrement de la retraite du combattant, des rentes mutualistes et des dépenses fiscales associées », lit-on dans ce document.

Citant la direction du Budget [DB] de Bercy, cette note rappelle que « ces dispositifs ont été créés, dans les années qui ont suivies la fin de la Première Guerre mondiale et dans un contexte où les pensions n’étaient pas généralisées, pour indemniser ‘la fatigue’, ‘l’usure’, ‘la vieillesse prématurée et les blessures invisibles (psychiques, psychologiques)' » avant d’estimer que, « aujourd’hui, ces justifications historiques sont devenues obsolètes. »

Car, explique la note de la Cour des comptes, en se référant encore à la direction du Budget, les « armées sont composées de professionnels, qui y acquièrent des droits à retraite », que la « carte du combattant est attribuée dès 120 jours d’OPEX, sans qu’il soit nécessaire d’avoir participé à des combats » et que les « blessures psychiques sont prises en compte par les PMI » [pensions militaires d’invalidité].

Par ailleurs, toujours dans cette note, la Cour des comptes recommande d’examiner « les conditions de transfert des crédits des ‘pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre’, acquises à titre militaire, du programme 169 vers le programme 212 de la mission ‘Défense’, sur lequel sont déjà imputées les dépenses d’accidents du travail et de maladies professionnelles du personnel civil du ministère ».

Pour rappel, le programme 169 a pour intitulé « Reconnaissance et réparation en faveur du monde combattant ». Et ce que recommande les magistrats de la rue Cambon viendrait à assimiler une blessure reçue au combat à un « accident du travail »…

Quoi qu’il en soit, le député Michel-Kleisbauer a bien souligné que cette remise en question de la retraite du combattant « n’est pas un projet concret » à l’heure actuel mais relève de « quelques commentaires. » « Ne nous nous scandalisons pas encore. Il ressort de ces documents budgétaires l’existence d’une certaine redondance, les justifications de la retraite du combattant étant jugées, je l’ai dit ‘obsolètes' », a-t-il ajouté.

Toutefois, « il nous faut monter la garde sur cette question de manière à ce que les parlementaires conservent la responsabilité de la décision politique. Si nous pouvons comprendre que l’administration cherche à rationaliser des dispositifs existants, nous nous devons de préserver la retraite du combattant », a affirmé le député du Var.

Et même s’il n’est absolument pas question pour la ministre des Armées, Florence Parly, et la secrétaire d’État, Geneviève Darrieussecq, de remettre en cause la retraite du combattant, M. Michel-Kleisbauer estime qu’il faut néanmoins rester « vigilant face à cette idée qui s’insère sournoisement dans certains documents administratifs. »

Source : Zone Militaire

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Ndlr : 14 juillet 2018 - En ce jour de Fête Nationale, un bon défilé et un bon feu d'artifice à tous ;-)

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samedi 9 juin 2018

Troupes de montagne : Quatre chasseurs alpins escaladent la tour de la Part-Dieu à Lyon...

Pour fêter les 130 ans de la création des troupes de montagne...

Les chasseurs alpins du 7e régiment du matériel ont escaladé la tour de la Part-Dieu ce mercredi après-midi pour fêter les 130 ans de cette unité des troupes de montagne...

Ils ont escaladé à mains nues la tour de la Part-Dieu.

Dans le cadre de la commémoration des 130 ans de la création des troupes de montagne, le 7e régiment du matériel a escaladé la tour de la Part-Dieu.
Quatre militaires se sont relayés tous les 35 mètres pour atteindre le sommet de la tour à mains nues.

Le «crayon» ou tour de la Part-Dieu culmine à 140 mètres.

Ils sont nombreux à s’arrêter en ce mercredi après-midi ensoleillé de juin. Il est vrai que le spectacle est plutôt inhabituel ! Quatre militaires s’apprêtent à escalader le « crayon », la tour emblématique de la Part-Dieu. Haute de 140 mètres, elle semble être un terrain de jeu parfait pour les hommes du 7e régiment du matériel.

Le régiment, qui compte 650 hommes, fête cette année les 130 ans de la création des troupes des montagnes (dont font partie les chasseurs alpins) et pour l’occasion, les soldats ont décidé de relever ce défi un peu fou. « Le but de cette opération, c’est vraiment de montrer les capacités du régiment comme l’escalade à mains nues », explique le colonel Laurent Kuntzmann.

Une occasion de montrer les capacités du 7e régiment

Certains s’interrogent sur les capacités que demande une telle ascension. « C’est sûr que ce n’est pas monsieur tout le monde qui peut le faire. Il faut avoir d’excellentes conditions physiques », ajoute le colonel.

Au pied de la tour, un stand a été installé pour répondre aux questions de chacun. « Et pourquoi pas déclencher des vocations ». Car l’objectif est également de faire connaître le régiment, le seul implanté à Lyon. « Nous n’avons pas pour vocation d’être des combattants mais nous nous occupons de monter du matériel et du personnel. On intervient sur les catastrophes naturelles par exemple », répond le militaire.

Le vent complique la tâche

Vers 14 heures, le premier grimpeur s’élance à mains nues. Il met à peine 10 minutes pour rejoindre le deuxième, qui se trouve 35 mètres plus haut. C’est là que les choses se compliquent un peu. Le vent souffle en rafale. « Il rend l’ascension plus difficile », annonce l’adjudant Raphaël, en lien direct avec les grimpeurs par talkie-walkie pendant toute la montée.

Le premier ayant attaqué la façade de biais, à cause des rafales de vent, le second n’a pas d’autres choix que de changer de tactique. Il décide alors de monter en escaladant la façade de face. Raphaël, qui suit toutes les opérations depuis le sol, s’inquiète un peu : « A cet instant on ne sait pas si le vent va permettre de continuer ».

Moins de 40 minutes pour escalader le « Crayon »

Après une ascension chaotique pour le second grimpeur, le troisième s’élance malgré les rafales qui sont de plus en plus fortes. « C’est le job. On n’a pas le choix ! Il faut y aller quand même », rappelle l’adjudant. Même s’il s’agit d’un exercice, les conditions restent les mêmes que pour n’importe quelle opération.

A plus de 100 mètres de haut, ce n’est pas encore terminé pour le dernier soldat. Il doit avant tout changer de fissure dans lequel il prend appui pour se hisser. Il prend le temps de longer la fenêtre avant d’attaquer la dernière partie. Le vent finit par se calmer et en moins de 40 minutes, le militaire atteint le sommet de la Tour Part-Dieu. S’il a le « luxe » de redescendre en ascenseur, les trois autres descendent en rappel sous les applaudissements des curieux.

Source : 20minutes.fr - Garance Ferrard

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dimanche 27 mai 2018

Charles de Gaulle voilé : La statue du Général “voilée” lors d'une cérémonie à Lourdes !

Mais que s'est-il passé à Lourdes lors du pèlerinage militaire international ?

Lors d'une cérémonie officielle en présence de la secrétaire d'Etat Geneviève Darrieussecq, la statue du général de Gaulle a été "emballée" pour d'obscures raisons.

A Lourdes, on sait sans doute mieux qu'ailleurs que les voies du Seigneur sont impénétrables mais on ignorait que celles de l'administration peuvent parfois l'être tout autant.

Car ce qui s'est passé le samedi 19 mai est assez incroyable : lors du Pélerinage Militaire International (PMI), une cérémonie au square Foch a eu lieu, en présence de la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq. Une cérémonie au cours de laquelle, la statue du Général de Gaulle qui se trouve à cet endroit a été "bâchée", "enveloppée", "voilée", etc...

Lors de la préparation de cette cérémonie, le 11 mai, l'idée avait été proposée, officiellement (selon un document préfectoral que nous avons consulté) par le représentant de la Délégation Militaire Départementale (DMD). Ce qui posait problème c'est que le square héberge deux statues qui se font face, celle de de Gaulle et celle du Maréchal Foch.


Voici ce qui est écrit sur le compte rendu de cette réunion préparatoire sur place :

"Dans la mesure où les deux statues qui composent le lieu se font face et afin d'éviter tout malentendu de positionnement vis à vis des délégations étrangères, la DMD a suggéré d'apposer un voile sur la statue du Général de Gaulle.

Cette dernière option n'est pas préconisée par la directrice de cabinet (NDLR : de la préfecture) en raison du risque de polémique que cela pourrait engendrer (extrait d'une note de la préfecture des Hautes-Pyrénées du 11 mai 2018)"


Aujourd'hui, la préfecture des Hautes-Pyrénées nous confirme que la préfète "n'a donné aucune instruction" pour voiler cette statue et a même "parfaitement déconseillé" de le faire. On imagine mal en effet, la représentante de l'Etat dans le département donner ce genre d'instruction, surtout en présence d'un membre du gouvernement !

En revanche, la préfecture indique ignorer totalement qui est à l'origine de cette couverture de la statue du général de Gaulle. La ville de Lourdes que nous avons cherché à joindre, ne nous avait pas encore répondu au moment de publier cet article.

Mise à jour du 24 mai :

La Fondation Charles de Gaulle a vivement réagi en demandant de "laver l'affront injuste" fait au général de Gaulle.

Jointe par France 3, la mairie de Lourdes parle d'une "maladresse partagée". Selon elle, les instructions de la préfète n'ont pas été transmises et les services municipaux, qui ont procédé aux installations, l'ont fait sous les ordres des militaires. Il s'agit d'une "boulette sans volonté de nuire". La ville se dit prête à trouver une solution, en accord avec la fondation Charles de Gaulle, pour honorer la mémoire du général et tourner la page.

Source : france3-regions.francetvinfo.fr  .3Occitanie

Ndlr : Une info en ce jour de Fête de Mère... La statue de Père voilée ! Restauration en cours, pour masquer des tags, une dégradation ou voile pudique ???!!!
Bonne Fête à toutes les maman ;-)

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samedi 26 mai 2018

Histoire - Indicatif "Clochette" : L'équipe médicale du 2e REP saute sur Kolwezi

« À l’impossible nul n’est tenu », dit-on. Pourtant, de la cuvette de Dien Bien Phu aux sables du Sahel, en passant par l’opération Bonite, c’est ce que font les médecins militaires affectés auprès des unités aéroportées de la Légion étrangère, pour sauver leurs camarades blessés au combat depuis 1948.

Justement, ce 20 mai 2018 marque le quarantième anniversaire de l’opération menée à Kolwezi par le 2e Régiment Étranger de Parachutistes (REP) de Calvi, qui est aujourd’hui la seule unité aéroportée de la Légion étrangère.

Le 11 mai 1978, environ 4.000 rebelles katangais, lourdement armés et transportés par le 2e division cubaine à travers la Zambie, s’emparent de Kolwezi, un ville stratégique au coeur du Katanga minier [Zaïre devenu « République démocratique du Congo »], et se livrent à des pillages et à des exactions contre les 3.000 ressortissants européens et la population locale. En trois jours, plus de 700 civils sont massacrés.

Devant la gravité de la situation, le président zaïrois, Joseph-Désiré Mobutu, demande l’aide de la France, de la Belgique et des États-Unis. À Paris, une intervention militaire – l’opération Bonite – est donc rapidement décidée. Dans la nuit du 17 au 18 mai, 700 légionnaires du 2e REP prennent la direction de Kinshasa, dont une équipe médicale de seulement 9 membres, dirigée par le médecin principal Jean-Noël Ferret.

Le 19 mai, une première vague de légionnaires saute sur Kolwezi. Seulement 4 membres de l’équipe médicale (le médecin, 2 infirmiers et un brancardier) équipés du strict minimum, en font partie. Et encore, leur présence n’est due qu’à un heureux concours de circonstances car elle n’était initialement pas prévue.

Une fois au sol, l’équipe médicale installe immédiatement un poste de secours de fortune afin de soigner les trois premiers blessés de l’opération, victimes d’incidents lors du saut.

L’objectif prioritaire est alors l’hôpital de la Gécamines [nom de la compagnie minière de Kolwezi]. Seulement, il a été saccagé et pillé par les rebelles. Heureusement, une clinique, toute proche, a été épargnée. Son ambulance 504 Peugeot est réquisitionnée par l’équipe médicale du 2e REP afin de pouvoir évacuer les blessés.

En fin d’après-midi, un poste de secours est installé avec le PC du 2e REP dans l’enceinte d’un lycée. Le lendemain, dès l’aube, une deuxième vague de légionnaires saute à son tour. Cette fois, l’équipe du médecin-principal Ferret est au complet, avec la totalité de son matériel. Là encore, elle s’emploie sans tarder à soigner quatre parachutistes qui, victimes d’un incident de saut, souffrent de fractures.

Puis viennent les premiers blessés au combat. Grâce à l’ambulance réquisitionnée, le médecin-principal Ferret peut les évacuer vers l’aéroport de Kolwezi, où les paras-commandos belges ont installé une antenne médico-chirurgicale, chargée d’accueillir les ressortissants européens évacués. Mais ce déploiement sera de courte durée : le 21 mai, le détachement belge se replie, avec les quelques médecins et chirurgiens civils travaillant à Kolwezi…

Le 2e REP devra donc faire sans soutien chirurgical et ses blessés devront attendre plusieurs heures avec d’être évacués vers Lumbumbashi ou Kinshasa par les Transall C-160 de l’armée de l’Air. Dans le même temps, le médecin-principal Ferret demande l’envoi de son adjoint, le médecin des armées Jean-Louis Morcillo. Ce dernier arrivera le 26 mai.

Entretemps, l’équipe du médecin-principal Ferret s’active auprès des légionnaires blessés au gré des accrochages avec les rebelles katangais. Malheureusement, les circonstances feront que tous ne pourront pas être sauvés, comme le caporal Jules Harte, qui, souffrant d’une grave blessure, décèdera avant son admission à l’hôpital de Kinshasa, son évacuation sanitaire ayant pris trop temps.

À la fin de l’opération Bonite, le 2e REP déplore 5 tués au combat et une vingtaine de blessés. Plus d’une centaine de légionnaires ont été soignés par l’équipe médicale du régiment pour des problèmes médicaux (hyperthermies, diarrhées de type salmonellose, infections palustres). Si cette intervention a été un succès (2.200 Européens sauvés, de même que 3.000 civils africains), elle a révélé une logistique médicale inadaptée (sous-dimensionnement des équipements médicaux, sous-effectif de l’équipe médicale, absence d’une antenne chirurgicale). Ce constat sera à l’origine d’importantes améliorations par la suite.

Le dévouement de l’équipe médicale dirigée par le médecin-principal Ferret n’est qu’un exemple pris parmi ceux décrits par le livre « Indicatif Clochette », dédiés aux membres du Service de Santé des Armées (SSA) qui ont servi auprès des unités aéroportées de la Légion étrangère depuis 1948.

D’ailleurs, la dernière commémoration de la bataille de Camerone, le 30 avril 2018, leur a rendu hommage, la main articulée du capitaine Danjou ayant été portée par le médecin-colonel (er) Jean-Louis Rondy, qui fut médecin-lieutenant au 1er bataillon étranger parachutiste pendant toute la bataille de Dien-Bien-Phu.

Cet ouvrage, que l’on doit au médecin en chef Luc Aigle, est une mine d’informations sur ces médecins au service des légionnaires-parachutistes. Outre des portraits de certains d’entre eux (qui ne peuvent susciter que de l’admiration), ce livre est émaillée de photographies souvent inédites. Évoquant des opérations récentes (dont Sangaris et Barkhane), il fait la part belle aux anecdotes, dont certaines donnent un peu de légèreté à un sujet grave.

Car comme le rappelle le général Jean Maurin, le commandant de la Légion étrangère (COM. LE), « au cours des guerres et en opérations extérieures, vingt et un médecins sont morts au combat dans nos rangs, et l’avant dernier nom d’officier inscrit sur les murs de la crypte d’Aubagne est celui d’un ‘Clochette’! ».

Source : Zone Militaire

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samedi 5 mai 2018

Profanation : Le monument aux Morts de l'Ecole Normale Supérieure tagué par les étudiants !

Normale Sup : Tags et graffitis sur le monument des Normaliens morts à la guerre...

La prestigieuse école du quartier latin à Paris est occupée depuis mercredi soir par des étudiants.

Plusieurs personnalités politiques ont dénoncé, ce jeudi 3 mai 2018, la dégradation du monument aux morts de l'École normale supérieure (ENS) de Paris. L'établissement, l'un des plus prestigieux et des plus sélectifs de l'enseignement supérieur français, est fermé jeudi après une nuit d'occupation par des opposants aux nouvelles modalités d'accès à la fac, facteurs selon eux de sélection.

 "À nos morts tués par votre police", proclame un des tags écrits en travers de la liste des Normaliens morts à la guerre. Selon des étudiants qui étaient dans l'École avant que les entrées ne soient bloquées et ont pris des photos, des couloirs ont également été tagués et des portes forcées. "Les graffitis sur le monument aux morts n'ont pas fait l'unanimité", a déclaré l'un d'eux, sans souhaiter donner son nom.

Source: Le HuffPost avec AFP

NB: Une école normale supérieure ou ENS est en France un établissement d'éducation supérieure public assurant la formation de chercheurs et d'enseignants dans les disciplines littéraires, scientifiques et technologiques. Appartenant aux grandes écoles les plus sélectives, et étant considérées comme les plus sélectives d'entre elles, les ENS françaises sont placées sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

En l'espèce, il s’agit de l’École normale supérieure, située rue d'Ulm à Paris, la plus ancienne des ENS dans le monde, qui existe sous sa forme actuelle depuis 1826 et remonte à l’École normale de l’an III de 1794-1795. L'adjectif « supérieure » a été ajouté au nom de l'École normale en 1845 pour éviter la confusion avec les écoles normales primaires destinées à la formation des instituteurs.

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samedi 7 avril 2018

Etats-Unis : Donald Trump, les forces américaines défileront le 11 novembre à Washington...

« Un des plus beaux défilés que j’ai jamais vus.... quels grands guerriers il y a en France »

Lors de sa visite en France, le 14Juillet 2017, le président américain, Donald Trump, avait été impressionné par le défilé militaire sur les Champs-Élysées.

« Je dois dire que c’était un des plus beaux défilés que j’ai jamais vus. C’était deux heures de puissance militaire. […] Les gens ne savent pas quels grands guerriers il y a en France », avait même affirmé le locataire de la Maison Blanche, qui, en conséquence, a demandé au Pentagone d’en faire de même à Washington, pour le Jour de l’Indépendance [le 4 juillet, ndlr].

« Le président Trump est complètement solidaire des militaires qui risquent leur vie chaque jour pour garantir la sécurité de notre pays. Il a demandé au département de la Défense d’étudier la création d’une cérémonie au cours de laquelle tous les Américains pourront exprimer leur reconnaissance », a ainsi annoncé, en février, une porte-parole de la Maison Blanche.

Et cela n’a pas manqué de susciter des commentaires acides, voire parfois virulent, comme ceux de cet élu du Massachussets, Jim McGovern, pour qui le président Trump, avec cette initiative, se conduit « plus comme un dictateur que comme un président » parce que, selon lui, seules les armées des pays autoritaires se livrent à un tel exercice (pourtant, la France, l’Espagne, la Grèce et la Belgique ne sont pas classés comme tels…).

Quoi qu’il en soit, et malgré les critiques, un défilé militaire aura bien lieu à Washington, précisément entre la Maison Blanche et le Capitole. Mais pas à l’occasion du Jour de l’Indépendance, comme le voulait initialement M. Trump.

En effet, a annoncé le Pentagone, dans un mémo diffusé le 10 mars 2018, ce défilé sera organisé le 11 novembre prochain, à l’occasion du Veterans Day. Il « se concentrera sur les contributions de nos anciens combattants à travers l’histoire de l’armée américaine, depuis la guerre d’indépendance et la guerre de 1812 jusqu’aujourd’hui, en mettant l’accent sur le prix de la liberté », a-t-il précisé. Aussi, il intégrera des représentants d’associations d’anciens combattants.

Quant au contenu de ce défilé, il ne sera pas question d’y faire participer les blindés lourds, afin d’éviter « d’endommager les infrastructures ». En revanche, « d’importants moyens aériens », dont d’anciens avions, seront de la partie. Des vétérans défileront « en formations et en uniformes d’époque », précise le document.

Enfin, ce défilé se déroulera en mesure, avec le Old Guard Fife and Drum, c’est à dire la fanfare de l’US Army, dont les membres portent l’uniforme de la guerre d’Indépendance.

Cela étant, reste à voir si le président Trump sera présent pour assister à ce défilé étant donné que son homologue français, Emmanuel Macron, a indiqué qu’il inviterait à Paris, pour commémorer le centenaire de l’armistice du 11-Novembre, « près de 80 chefs d’Etat et de gouvernement des pays belligérants. » Sans doute que le vice-président américain, Mike Pence, représentera le chef de la Maison Blanche.

Source : Zone Militaire

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dimanche 28 janvier 2018

Histoire : Le mystère de la disparition du sous marin La Minerve au large de Toulon...

Il y a 50 ans disparaissait le sous-marin La Minerve, fleuron de la Marine française...

Jeudi 2 février 1968, à Toulon. Les opérations de sauvetage du sous-marin La Minerve sont suspendues. Cinq jours après la disparition du submersible, l’espoir de retrouver des survivants s'est évanoui. "Dès le début de l’opération de sauvetage, on n’y croyait pas trop de toute façon", se rappelle Georges Kévorkian. A l'époque, ce jeune ingénieur de la Direction des constructions navales avait été chargé de mener les secours à partir du lundi 29 janvier, deux jours après la dernière communication enregistrée avec le sous-marin.

La Minerve et son équipage ne seront jamais retrouvés. Et cinquante ans après le drame, le mystère plane toujours. Comment le sous-marin a-t-il coulé ? Avarie ? Erreurs humaines ? Problèmes techniques ? Une conjonction des trois ? Les familles des victimes, qui commémorent le 50e anniversaire de la disparition à Toulon le 27 janvier 2018, attendent encore les réponses. Visée, l'armée n'a jamais levé les zones d'ombre qui entourent ce drame. Un silence suspect, selon certains.

Dernière plongée de "La Minerve", sous-marin français disparu le 27 janvier 1968.
A 7h55, "La Minerve" plonge dans le silence


En ce début d’année 1968, les eaux de la Méditerranée sont agitées. Le mistral souffle à 100 km/h. C’est dans ces conditions que La Minerve s’apprête à effectuer un exercice avec un avion. "Le premier qui voit l’autre a gagné", éclaire Georges Kévorkian. Le sous-marin plonge alors que le Bréguet Atlantic, qui a décollé quelques minutes plus tôt de la base aéronavale de Nîmes-Garons, arrive sur zone à 7h15. Un premier contact entre les deux appareils est pris quatre minutes plus tard. Mais les conditions climatiques rendent les communications difficiles. A 7h45, l’avion annonce qu’il renonce à sa dernière vérification radar, raconte Libération. Dix minutes plus tard, réponse de La Minerve par la voix du second maître Nicolas Migliaccio, en charge des liaisons radio :

    Je comprends que vous annuliez cette vérification. M'avez-vous entendu ?
    Nicolas Migliaccio, second maître à bord de La Minerve


Ce sera le dernier signe de vie du sous-marin.

La suite ? Mystère. A terre et dans l’avion, en raison de la météo, on ne s’inquiète pas vraiment de ce silence. La Minerve doit rentrer au port au plus tard dimanche 28 janvier, à 1 heure du matin. A l’heure fatidique, toujours rien. Georges Kévorkian raconte la scène dans son livre, Accidents de sous-marins français 1945-1983 (éd. Marines) : "Chef, j’ai vu des matafs [matelots] ce matin... qui m’ont dit que La Minerve était perdue : elle n’est pas retournée à la base comme prévu", rapporte un ouvrier.

Les recherches sont officiellement lancées à 2h15. Soit 18 heures et 25 minutes après la dernière communication du sous-marin. La Minerve dispose d'une centaine d'heures d'oxygène, le temps presse. Le matériel à l’époque ne permet pas de sonder les fonds marins très profondément. Or, au large de Toulon, ils peuvent atteindre 2 000 m. C’est justement dans ce secteur, au sud du cap Sicié, que La Minerve menait son exercice. Malgré la vingtaine de bateaux venus aider pour les recherches, des hélicoptères, des avions et même la soucoupe plongeante du commandant Cousteau, le submersible reste introuvable.

    'La Minerve' a probablement coulé par 1 000 m de profondeur. La seule trace visible du naufrage fut une tache d'huile en surface.
    Le Service d'informations et de relations publiques des armées (Sirpa)


Présent sur le porte-avions Clémenceau mobilisé pour les recherches, Joël Lannuzel, 30 ans au moment du drame, raconte avoir "fait des tours et des tours en Méditerranée". "On n’a jamais entendu parler d’une seule tache d’huile", soutient-il. Second maître radio sur La Minerve de mars 1962 à octobre 1965, il connaissaît le bâtiment "comme sa poche". Pour lui, seul un "abordage avec un autre navire" a pu couler La Minerve. Une hypothèse parmi d’autres.

La soucoupe plongeante du commandant Cousteau, mobilisée lors de l'opération de recherche de "La Minerve" le 31 janvier 1968.

Une vérité qui n'émerge jamais

Comment ce monstre de 800 tonnes a-t-il pu disparaître sans laisser la moindre trace ? Le flou demeure un demi-siècle plus tard. "Pendant huit, dix jours, on a dit tout et n’importe quoi, se rappelle Thérèse Scheirmann-Descamps, veuve du second maître Jules Descamps. On m’avait même demandé de ne pas lire les journaux." On peut y voir fleurir des théories farfelues comme un coup de force russe. D’autres sont plus plausibles.

La plus répandue ? Un problème de "schnorchel". Il s'agit en fait de deux tubes, l'un alimente en air le sous-marin, l’autre permet de rejeter les gaz d’échappement. Quand le bâtiment est en immersion périscopique, c'est-à-dire à quelques mètres de la surface, ces tuyaux sortent et de l’eau peut y rentrer. En temps normal, un clapet se referme pour empêcher l’inondation. Ce 27 janvier 1968, un incident a pu empêcher ce clapet de bien fonctionner, La Minerve s’est alors remplie et a coulé irrémédiablement.

Ce sous-marin de type Daphné pouvait plonger jusqu’à 525 m. Au-delà, la coque ne peut résister à la pression. En coulant dans cette zone au large de Toulon, La Minerve est descendu bien plus bas et a dû imploser. Dans son livre, Georges Kévorkian fait état d’un "signal susceptible de résulter de l’écrasement brutal vers 700 m de profondeur d'un 'récipient' contenant environ 600 m3 d’air à la pression atmosphérique". Une description qui pourrait correspondre au sous-marin disparu. Ce signal a été enregistré par différentes stations sismologiques "à 7 heures 59 minutes et 23 secondes, à quelques secondes près". Soit quatre minutes après la dernière communication de La Minerve.

Cette théorie du schnorchel est toutefois repoussée par l’écrivain puisque "quelques minutes avant sa disparition, il n’est pas avéré que le sous-marin naviguait au schnorchel". La thèse de l’abordage, défendue par Joël Lannuzel, a également été envisagée. Le secteur était largement emprunté par des bateaux commerciaux. Mais là encore, ce n’est resté qu’une possibilité parmi d’autres.

    On a pensé bien sûr à une collision. Mais contre quoi ? A-t-on retrouvé un bateau ou un quelconque objet ?
    Le Sirpa


Reste l’erreur humaine, que tout le monde réfute. Les regards se sont tournés vers le commandant André Fauve. Aurait-il pu engager une manœuvre trop périlleuse, comme le sous-entend Georges Kévorkian ? L’amiral Thierry d’Arbonneau, jeune officier au moment de l’accident, a été un des élèves du capitaine Fauve. Sa description d'un homme "hyper-compétent" rend peu probable cette hypothèse. "C’était notre officier de manœuvre, il nous apprenait à naviguer. Il avait une aura évidente, il était jeune, calme, pondéré", explique l'amiral. Pourtant, malgré un capitaine "respecté et reconnu", un équipage entraîné et un bâtiment en bon état, La Minerve n'est jamais remontée.

L’impossible deuil des familles

En coulant au large de Toulon, La Minerve a laissé derrière elle 52 familles endeuillées, 28 orphelins et 17 veuves. Martine Coustal est l’une d’elles. Elle avait 18 ans à l’époque et devait se marier avec Marcel Coustal, électromécanicien embarqué à bord, quelques jours après le retour du sous-marin. Cinquante ans après, cette femme à l’accent chantant du sud de la France n'a rien oublié. "On y pense toujours, souffle-t-elle, mais le plus émouvant, c’est d’être sur les lieux de la commémoration."

La "Grande Muette" se tait

Cinquante ans plus tard, avec l’amélioration des techniques, de nouvelles recherches auraient pu être menées, mais rien n’a jamais été entrepris. "On aurait pu les relancer, s’insurge Patrick Meulet. Dire qu’on ne peut pas le retrouver, c’est choquant, d’autant qu’on connaît le secteur où il est censé être." Le président de l’AGASM est entré dans la marine un an, jour pour jour, après le drame de La Minerve et accompagne le désir de vérité des familles.

Comment ? Pourquoi ? Où ? Voilà les questions qui résonnent dans les têtes.
"Pourquoi un tel mutisme ?" s’interroge Thérèse Scheirmann-Descamps. Des choses seraient-elles cachées ? "Comment voulez-vous expliquer un accident alors que l'on n'a jamais rien retrouvé ?" se défendait le Service d'informations et de relations publiques des armées en 2000.

    Les autorités ne pouvaient décemment pas répéter éternellement 'nous ne savons rien'. A quoi cela aurait-il servi ? Mais elles n'ont pas cherché à cacher quoi que ce soit.
    Le Sirpa


Dix-huit ans plus tard, le discours n'a pas changé. Le capitaine Bertrand Dumoulin, porte-parole de la Marine nationale, confirme que "les causes de l'accident n'ont jamais pu être élucidées".

"L'Eurydice a bien été retrouvé alors qu’on est descendu à 1 000 m", conteste Patrick Meulet. Il sait de quoi il parle. Patrick Meulet était à bord du submersible, un autre sous-marin de type Daphné, trois mois avant son naufrage, le 4 mars 1970. Avant de couler en Méditerranée, l'Eurydice avait d'ailleurs servi pour l'hommage national rendu à l'équipage de La Minerve par le général De Gaulle, le 8 février 1968.

L'Eurydice et La Minerve, deux "Daphné", faisaient le prestige de la marine française – et il y aurait pu avoir un troisième drame mais le Flore a évité le naufrage le 19 février 1971 (le schnorchel avait été clairement mis en cause et des améliorations avaient été faites dans la foulée pour éviter de nouveaux accidents). Entre 1965 et 1975, une dizaine de submersibles de type Daphné ont été vendus à l’Afrique du Sud, au Pakistan ou encore à l’Espagne. Les intérêts économiques ont-il dicté le silence de l’armée ? "Clairement, non ! répond Bertrand Dumoulin. Si la cause de l'accident était connue, il eut été absurde de ne pas la communiquer à nos partenaires étrangers."

    Vingt ans après le drame, on nous a dit d’attendre. A trente et quarante ans aussi. Il y a des limites, ça commence à bien faire.
    Thérèse Scheirmann-Descamps


Elle espère. Car l’armée pourrait très bien taire d'éventuelles réponses. Et justifier une fois de plus son surnom de "Grande Muette". Patrick Meulet soupire : "On espère qu’au bout de cinquante ans, on va réussir à la faire parler."

Source : Franceinfo.fr

Ndlr : Nous vous invitons à retrouver l'intégralité de ce passionnant article de Benoît Jourdain, sur Franceinfo.fr...

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mercredi 30 août 2017

Honneurs militaires : Jean Vilalta soldat français tué en Algérie, a été rapatrié en France...

Tué en 1956 lors du conflit avec l'ex-territoire français, Jean Vilalta a reçu les honneurs militaires lors de ses obsèques officielles ce samedi dans les Pyrénées-Orientales.

C'est une première depuis 1962. Un soldat français a été exhumé du sol algérien, rapatrié et enterré samedi à Argelès-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales. Les autorités algériennes avaient autorisé en juin dernier le rapatriement du corps du sergent Jean Vilalta, tué en juillet 1956, pendant la guerre d'Algérie.

Les honneurs militaires lui ont été rendus samedi matin par un détachement du 3e Régiment parachutiste d'infanterie de marine de Carcassonne (3e RPIMa) à la cathédrale d'Elne, près de Perpignan. La famille du défunt était accompagnée de la sous-préfète des Pyrénées-Orientales Hélène Girardot, d'élus locaux et de représentants d'une cinquantaine d'associations d'anciens combattants et de rapatriés d'Algérie.

«C'est une première et certainement une dernière», selon le lieutenant-colonel Christophe Corréa, délégué départemental des armées. «Cela a pu se faire car le corps a été exhumé d'une nécropole française. Il faut obtenir l'autorisation de l'État algérien et de l'État français», a-t-il dit, invoquant les difficultés des démarches et le coût très lourd pour les familles.

400 soldats français inhumés en Algérie

Jean Villalta est âgé de seulement 22 ans quand il est mobilisé sur le front algérien, en mars 1956. Quatre mois plus tard, il succombe à une décharge de chevrotine et est enterré au cimetière national militaire du Petit Lac à Oran. À partir du milieu des années 70, la famille du militaire fait plusieurs demandes de rapatriement de sa dépouille à la présidence de République, au cabinet du ministre de la Défense, puis à l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre d'Alger.

Mais faute d'informations précises sur l'emplacement de sa tombe, les requêtes restent sans suite... jusqu'en 2015. Cette année-là, la sœur du défunt trouve par hasard une lettre sur laquelle est inscrit dessus le rang, le carré mais aussi le numéro de la tombe de son frère. La famille contacte alors l'Ambassade de France à Oran pour savoir si Jean Vilalta était bien enterré à cet emplacement là-bas». Après deux ans d'attente et plus de 3500 euros déboursés pour le transport de la dépouille, le rapatriement a enfin lieu le 21 juin 2017.

«Il est possible que cela entraîne d'autres familles à réclamer les dépouilles de leurs proches. Pour l'instant, moins d'une dizaine de demandes de ce type ont été référencées par nos services», précise au Figaro la Capitaine Marie Pérochain, officier de presse au Ministère des Armées. De 1954 à 1962, la France a mobilisé plus de 1,5 million de jeunes appelés pour combattre sur le sol algérien. 

Selon les chiffres officiels de l'armée française, plus de 20.000 soldats sont morts lors des combats ou attentats et environ 400 seraient inhumés en Algérie. 

Source : Le Figaro.fr

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jeudi 16 février 2017

Néo repentance : Macron déclare en Algérie, la colonisation "C'est un crime contre l'humanité" !

Néo repentance... Macron provoque une vive polémique !

Bien qu'il appelle à ne «pas balayer tout ce passé», le leader d' En Marche! estime toutefois que la France doit présenter ses «excuses à l'égard de celles et ceux vers lesquels (elle a) commis ces gestes» de «barbarie». Sa sortie a provoqué de vives réactions. 

Voilà une sortie qui pourrait faire couler beaucoup d'encre. En marge de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé une interview au média local Echorouk News. L'occasion pour lui de revenir sur un sujet encore brûlant entre les deux pays: la colonisation. «C'est un crime. C'est un crime contre l'humanité. C'est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes», dénonce-t-il. Des mots très forts, mais qui ne traduisent pas une condamnation sans réserve pour autant. En effet, le leader d'En marche! a tempéré ses propos dans la foulée, empruntant ce qu'il a lui-même appelé un «chemin de crête».

«En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé, et je ne regrette pas cela parce qu'il y a une jolie formule qui vaut pour l'Algérie: “La France a installé les Droits de l'Homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire”. C'est une formule assez particulière pour expliquer ce qu'est cette période, c'est-à-dire qu'il y a eu des crimes terribles, il y a eu de la torture, il y a eu de la barbarie - parce que la colonisation est un acte de domination et de non-reconnaissance de l'autonomie d'un peuple. Mais en même temps, je ne veux pas qu'on tombe, tout en reconnaissant ce crime, dans la culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien», a-t-il exhorté, dans une sorte de synthèse.

Le leader d'En Marche! est également revenu sur des propos qu'il avait tenus en novembre 2016, au moment de la parution de son livre Révolution: «Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l'émergence d'un État, de richesses, de classes moyennes, c'est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie», avait-il jugé, provoquant une vive polémique. «Non (je ne regrette pas ces propos), ils ont été sortis de leur contexte parce que je ne parlais pas que de l'Algérie», assure-t-il aujourd'hui. Avant de toutefois demander à ce qu'on ne lise pas ses propos «comme des éléments qui nient le fait de la colonisation et sa barbarie: si certains l'ont vu comme tel, je m'en excuse auprès d'eux».  

Source : LeFigaro.fr


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vendredi 3 février 2017

Grand combattant : Décès de Paul Chouteau, un des derniers survivants du Commando Kieffer et du Jour J

On a appris, auprès du Musée des fusiliers marins et commandos et de la préfecture du Calvados, la disparition de Paul Chouteau, l’un des derniers membres du Commando Kieffer ayant débarqué sur la plage « Sword », en Normandie, le 6 juin 1944.

Né le 3 mars 1922 à Gray (Haute-Saône), Paul Chouteau se destinait à exercer le métier de peintre en bâtiment quand il décide de s’engager, à l’âge de 17 ans, dans la Marine nationale. Après avoir été breveté canonnier le 11 novembre 1939, il est affecté à bord de navires assurant la protection des convois en mer du Nord.

En juin 1940, alors que les armées françaises cèdent devant l’avancée allemande, le jeune marin embarque à bord de l’aviso « Commandant Dominé », entré en service quelques mois plus tôt. Mais le bâtiment sera capturé par les Britanniques, qui le remettront plus tard aux Forces navales françaises libres (FNFL).

Quant à Paul Chouteau, et comme l’ensemble de ses camarades, il se retrouve interné au camp d’Aintree, près de Liverpool. Là, il aurait pu choisir de rejoindre la France Libre… Mais il en fera autrement. Renvoyé en France à sa demande, il ne tarde pas à regretter sa décision. Après diverses affectations, notamment en Afrique du Nord, il finit par embarquer à bord du croiseur « Émile Bertin », qui se trouve alors aux Antilles françaises.

Là, en avril 1943, et avec un camarade, il déserte et s’enfuit à bord d’un kayak pour rejoindre Sainte-Lucie. Le tout avec une météo difficile et des creux de 6 à 8 mètres. Les deux hommes finiront par atteindre le Royaume-Uni à bord d’un navire américain. À Londres, Paul Chouteau s’engage dans les FNFL et intègre le 1er Bataillon de Fusiliers-Marins Commandos de la France Libre du commandant Philippe Kieffer.

À l’issue d’un rude et rigoureux entraînement en Écosse, il est affecté à la No. 8 Troop (1ère compagnie). C’est avec elle qu’il débarquera le 6 juin 1944 sur la plage de Sword, avec 40 kg de matériel sur le dos. « C’était lourd pour marcher. Mais on n’avait pas peur », témoingera-t-il, en 2014, dans les colonnes d’Ouest France. « Il n’y avait personne devant, les balles sifflaient. On est tombé directement dans les barbelés. Tout était bouclé », ajoutera-t-il.

La mission de la No. 8 Troop est alors de neutraliser une batterie d’artillerie allemande. Seulement, Paul Chouteau, ayant reçu 5 éclats d’obus dans le dos, ne l’atteindra pas. Il sera évacué en Angleterre. Mais pas pour longtemps car un peu plus d’un mois plus tard, il retrouve le Commando Kieffer en Normandie. Puis il ira ensuite combattre aux Pays-Bas, où, d’après lui, « c’était aussi dur que le 6-Juin ».

Démobilisé en 1945 avec le galon de quartier-maître, Paul Chouteau s’installe à Paris et entame une nouvelle carrière dans la police, en restant très discret sur ce qu’il a vécu avec le Commando Kieffer. 

Il a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles la Croix de guerre avec étoile d’argent, la Médaille commémorative des services militaires volontaires dans la France Libre et la Médaille militaire du 31 décembre 1973. Il a par ailleurs été promu officier de la Légion d’honneur en 2014.

Il a passé la fin de sa vie sur la Côte Fleurie entre Houlgate et Saint-Arnoult.  Ses obsèques seront célébrées le jeudi 2 février 2017 à 14 h 30 à l’église de Houlgate. 

Source : Zone Militaire


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mercredi 28 décembre 2016

Etats Unis : Général James Mattis, futur secrétaire américain de la Défense

Etats-Unis - James Mattis, futur secrétaire américain à la Défense, c’est le général Patton au Pentagone

Donald Trump s’apprête à le nommer. L’ancien général des marines est un dur, prêt à en découdre avec tous les ennemis, réels ou supposés, de l’Amérique : les islamistes, les Iraniens, les Russes.

« C’est le truc le plus proche du général Patton que l’on ait en magasin » - « the closest thing we have to General George Patton ». C’est ainsi que Donald Trump décidément fasciné par le monde militaire a annoncé, jeudi soir, son intention de nommer le général James Mattis, 66 ans, comme secrétaire à la Défense.

Trump n’a pas tort, il y a du Patton chez Mattis. Et ce n’est pas rassurant... La ressemblance est telle que leurs deux visages - longs et lisses - ne sont pas sans traits communs. Ils ont surtout le même langage fleuri et sans doute une vision du monde assez proches. « Votre devoir n’est pas de mourir comme un con pour votre pays, mais de faire en sorte que le con d’en face meure pour le sien », disait Patton à ses troupes. Dans la bouche de Mattis, cela donne : « Il y a des trous du cul dans le monde qui ont juste besoin d’être descendus » ou encore « Je viens en paix, mais si vous me baisez, je vous tuerai tous ». Des propos d’adjudant-chef qui ont toujours beaucoup de succès dans les casernes. Sans doute un peu moins dans les cercles diplomatiques...

Le général Patton (1885-1945) fut l’un des plus grands chefs militaires de la Seconde guerre mondiale et Mattis, un vieux célibataire voué au service des armes, a une très belle carrière derrière lui en Afghanistan et surtout en Irak, lors de la bataille de Falloujah en 2004. Il a occupé de nombreux postes opérationnels, notamment le plus important d’entre eux, le Central command en charge des guerres du Moyen-Orient. Si Patton était un cavalier, Mattis est un « marine », un fusilier marin. L’un et l’autre sont de grands lecteurs nourris d’histoire militaire.

Faucon. Reste que le talent militaire – incontestable – ne garantit pas le succès politique. Patton était un chien fou et si l’Amérique a gagné la guerre, c’est d’abord grâce à la sagesse de généraux comme Marshall ou Eisenhower qui ont tenu les rênes au plus haut niveau, quand Patton chevauchait avec ses blindés, réalisant des percées spectaculaires en France. Patton ne s’est jamais caché de ses convictions proches de l’extrême droite : raciste, antisémite, tellement anticommuniste . 

Source : L'Opinion

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mardi 13 septembre 2016

Aviation : Un Nord Atlas reprend du service pour l'entraînement des parachutistes

L’information, donné par Air&Cosmos, a de quoi surprendre : un avion de transport Noratlas 2501, utilisé par l’armée de l’Air entre 1956 et 1986, vient de reprendre du service pendant trois jours pour les besoins d’un stage d’entraînement (ou plutôt de cohésion) du 1er Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa), une unité qui dépend du Commandement des forces spéciales Terre (CFST).

L’avion en question, le Noratlas n°105, appartient à l’association « Noratlas de Provence » , qui a réussi à le faire classer « monument historique ». Et pour cause : il s’agit du seul exemplaire en état de vol.

D’habitude, ce Noratlas, qui affiche plus de 13.000 heures de vol au compteur, participe à des manifestations aériennes (meetings, sauts pour les anciens, anniversaire d’unité, etc…). Mais, il arrive qu’il soit aussi sollicité pour des missions d’entraînement au profit des forces armées et… du Service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

En effet, dans un bulletin édité par l’association et revenant sur les activités de l’année 2012, l’on apprend que le Noratlas n°105 a effectué plusieurs vols pour des largages en ouverture automatique et retardée (OA et OR) pour le compte du Centre parachutiste d’entraînement spécialisé (CPES) de Cercottes, près d’Orléans.

En avril 2014, la « Grise » a effectué le même type de prestation dans la région de Perpignan, où sont installés le Centre national d’entraînement commando et le Centre parachutiste d’instruction spécialisés (CPES) de la DGSE. Cependant, l’association n’a pas précisé l’unité pour laquelle elle est intervenue.

Pour cette année, le Noratlas n°105 a d’autres engagements prévus pour les besoins des forces armées. Il sera de nouveau sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy pour des parachutages OA/OR en septembre. Et, sous réserves, il est attendu à Toulouse-Francazal pour des largages au profit du 1er Régiment du Train Parachutiste ainsi qu’à Bordeaux-Mérignac pour l’entraînement du Commando Parachutiste de l’Air n°30 et le 13e Régiment de Dragons Parachutistes (RDP).

Source : Zone Militaire

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jeudi 1 septembre 2016

Daesh : Mort d'Al-Adnani, leader de l'EI. La "décapitation" une stratégie efficace contre l'Etat islamique ?

Abou Mohammed al-Adnani est le troisième haut responsable djihadiste liquidé en cinq mois. Abou Bakr al-Baghdadi, introuvable chef de l'EI dont la tête est mise à prix par les Etats-Unis, se trouve plus isolé que jamais.

La stratégie dite de "décapitation" est-elle efficace ?

Abou Mohammed al-Adnani, stratège et architecte des opérations extérieures de l'Etat islamique (EI) et porte-parole de l'organisation terroriste, a été tué dans une frappe dont les Etats-Unis et la Russie se disputent la paternité. Sa tête était mise à prix à 5 millions de dollars. Comme des dizaines d'autres terroristes, ils faisaient partie de la liste officielle américaine antiterroriste des personnes recherchées, Rewards for Justice, où l'on trouve également le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri (25 millions de dollars de récompense), le chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi (10 millions) ou encore l'ancien chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau (7 millions).

Al-Adnani, "ministre des attentats" et porte-parole de Daech

Comme au temps d'Oussama Ben Laden, les Américains ont fait de la "stratégie de la décapitation", méthode militaire qui consiste à éliminer physiquement des "cibles à hautes valeurs" pour affaiblir une organisation terroriste, un mode opératoire de plus en plus utilisé, surtout depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche.

Mais cette tactique militaire compte autant de détracteurs que d'adeptes. Les premiers estiment qu'elle déstabilise certes un groupe, temporairement, mais qu'elle n'anéantit jamais l'organisation d'un réseau structuré. Les seconds pensent au contraire que supprimer ces cibles accroît les chances de victoire du contre-terrorisme et diminue la violence d'un conflit. Bruno Tertrais, politologue et maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, considère ce procédé "limité" mais indispensable.


La "stratégie de la décapitation", qui vise les "cibles à haute valeur", est-elle efficace pour affaiblir l'EI ?

- Rappelons d'abord que la "décapitation" n'est pas une stratégie spécifiquement américaine. Les Russes et les Israéliens ont largement utilisé cette technique, les uns contre la rébellion tchétchène, les autres contre des leaders du Hamas au début des années 2000.

Est-ce efficace ? L'historiographie des mouvements totalitaires et des Etats autoritaires a mis en exergue le rôle important des leaders.

Exemple : si Hitler avait été ciblé personnellement à la fin des années 30, il n'est pas certain qu'un autre leader aurait amené l'Europe, et l'Allemagne en particulier, à sa perte comme Hitler l'a fait. De même, plusieurs études, dont celle de l'université d'Harvard de 2012, montrent que la "stratégie de la décapitation" contre le terrorisme et la contre-insurrection est efficace, oui. 

D'autres chercheurs, au contraire, pensent que les groupes terroristes résistent à la mort de l'un de leurs leaders...

- Oui, avec deux arguments à l'appui -mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas efficace. D'une part, ils estiment que la mort d'un chef en fait un martyr qui attirera de nouvelles recrues et qu'il sera dans tous les cas remplacé. Ce qui n'est pas tout à fait exact : on a démontré que l'effet martyr n'existe pas ou en tout cas qu'il est surévalué. Et la possibilité pour un leader d'être remplacé n'est pas une raison pour ne pas l'éliminer. Second argument : le réservoir des leaders charismatiques et efficaces n'est pas nécessairement inépuisable. Et de fait, le successeur d'Oussama Ben Laden à la tête d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, n'avait pas la même aura.

Ce qui a marché pour Al-Qaïda peut-il fonctionner pour l'EI ?

- L'élimination physique des principaux leaders opérationnels est certainement de nature à troubler ou à désorganiser la planification faite d’actions locales et à l'étranger. Mais ça n'élimine évidemment pas la menace.

D'ailleurs, personne ne peut prétendre que l'élimination du chef de l'EI, Al-Baghdadi, par exemple, aurait le même effet en 2016 qu'aurait eu l'élimination d'Hitler en 1940. L'EI est une mouvance particulière, bien structurée. Tuer ses leaders aura une efficacité limitée mais ce n'est pas une raison pour ne pas le faire.

Quelles sont les limites de cette stratégie ?

- Les leaders ne sont jamais seuls. Ce ne sont pas des mécanismes dont il y aurait une pièce maîtresse, une clé de voûte, sans laquelle tout s'effondre. Les organisations terroristes ne sont pas des Etats totalitaires, elles sont souvent décentralisées et fluides et leur influence est tout autant idéologique qu'opérationnelle. Personne ne pense qu'il suffit de "décapiter" pour que les mouvements terroristes disparaissent. L'efficacité ne veut pas dire suffisance.

Pourtant les Etats-Unis ont bâti un récit autour du "wanted dead or alive" en matière de lutte contre le terrorisme.

- Dans l'élimination des leaders terroristes, il y a aussi une dimension de morale et de justice, c'est une manière de montrer que les agressions ne restent pas impunies. L’expression 'Wanted : Dead or Alive' est effectivement américaine – Bush l'avait d’ailleurs utilisée à propos de Ben Laden – mais n’oublions pas que la promesse de récompense existe dans d’autres pays.

Mais il est vrai que contrairement à d'autres – je pense par exemple aux Israéliens – les Américains se réjouissent publiquement de leurs prises car c'est ce qui est le plus visible, cela crée des effets d'annonce. Mais cela ne veut pas dire que la "décapitation" soit centrale dans leur stratégie.

Est-ce que l'élimination d'Abou Bakr al-Baghdadi est activement souhaitée, recherchée et espérée comme quelque chose qui pourrait affecter le sort de l'EI ? Je ne connais pas la réponse à cette question. Quoi qu'il en soit, on cherche toujours à se débarrasser de l'ennemi. Il ne faut pas négliger la force symbolique de ce genre d'assassinat. L'élimination Abou Moussab al-Zarqaoui, premier leader de l'EI, avait contribué à ce que le mouvement s'éteigne presque. Cela avait été un vrai succès.

Source : NOUVELOBS.COM
Interview de Bruno Tertrais -Propos recueillis par Sarah Diffalah pour l'Obs

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lundi 22 août 2016

JO de Rio 2016 : La France bat son record avec 42 médailles olympiques, dont 10 en or...

Aux Jeux olympiques de Rio, l’équipe de France olympique a battu son précédent record de médailles – depuis l’après-guerre – établi à Pékin en 2008 (41). Les Bleus, emmenés par le judoka Teddy Riner, leur porte-drapeau, ont particulièrement brillé en athlétisme et en boxe, autant par leurs performances que par leur état d’esprit.

Christophe Lemaitre, vendredi 19 août, qui se jette sur la ligne d’arrivée du 200 m et arrache une improbable médaille de bronze. La pugnacité récompensée du sprinteur d’Aix-les-Bains (26 ans) apparaît comme un symbole de la réussite des Bleus aux Jeux olympiques de Rio.

Ambitieuse, la délégation tricolore rêvait de dépasser son record de médailles depuis l’après-guerre – 41 –, établi à Pékin en 2008 (1). Elle l’a fait, avec 42 médailles et une provisoire 7e place, avant même la fin des épreuves, prévue dans la nuit de dimanche à lundi 22 août.

S’il y a quatre ans à Londres, les nageurs (sept médailles dont quatre en or) et les judokas (sept médailles dont deux en or) avaient largement abondé la collection tricolore, à Rio, le bilan français a été rehaussé par les excellents résultats des Bleus en athlétisme, en boxe et en équitation.

Cohésion et solidarité

Au sein de ces disciplines, les équipes de France ont aussi brillé par leur état d’esprit et leur cohésion, loin des dissensions affichées en natation (deux médailles d’argent en bassin) et au tennis (aucune médaille).

Sur la piste du stade olympique de Rio, les athlètes tricolores ont conquis six médailles (trois en argent et trois en bronze). Si le bilan manque d’or – le perchiste Renaud Lavillenie a dû se contenter de l’argent – il faut remonter aux Jeux de 1948 pour trouver une meilleure moisson (huit médailles dont deux en or) ! À l’image de Christophe Lemaitre, revenu au sommet, après des années de vache maigre, les Bleus ont bousculé la hiérarchie mondiale.

Surtout, ils ont affiché une belle solidarité. Le décathlonien Kévin Mayer, qui a pu compter sur les conseils avisés de Renaud Lavillenie pour son épreuve de perche, a vibré pour la médaille de bronze de Christophe Lemaitre. « Moi j’ai toujours cru en lui, ça me fait vraiment plaisir parce que Christophe Lemaitre, c’est un chic type, a-t-il expliqué après la course de son compatriote. Tout ce qui lui arrive, il le mérite. ».

« Pour moi, cette équipe est comme une deuxième famille »

Une notion de groupe que les Bleus ont pu cultiver durant un stage à Sao Paulo avant le début des épreuves d’athlétisme. « C’est bien d’être avec tout le groupe, a indiqué Christophe Lemaitre. On a pu vivre 4-5 jours ensemble, ça crée une très belle ambiance. Cet esprit de groupe, c’est important pour le mental, on ne se sent pas isolé. » Même Yohann Diniz, au terme d’un 50 km marche qu’il s’est obstiné à terminer (8e) à bout de force et de souffrance, a senti cette solidarité dans les témoignages de réconfort envoyés par dizaines par des membres de l’équipe de France.

Cet état d’esprit a aussi porté la boxe tricolore, six fois sur le podium pour dix athlètes engagés. « Notre grosse force, c’est qu’on est solidaires, a assuré Mathieu Bauderlique, médaillé de bronze dans la catégorie des poids mi-lourds. Pour moi, cette équipe est comme une deuxième famille. »

Pour dépasser le cap des 41 médailles, la France a aussi pu compter sur la réussite de l’équitation (trois médailles dont deux en or), le renouveau des escrimeurs (trois médailles dont une en or) et la confirmation des judokas français (cinq médailles dont deux en or).

Des médailles historiques

Parmi eux, Teddy Riner, le porte-drapeau de la cérémonie d’ouverture, a montré la voie en conservant son titre de champion olympique comme l’avait fait son aîné David Douillet. Sa médaille d’or autour du cou, le colosse a pu donner de la voix. On l’a vu encourager avec passion les basketteurs, les handballeurs ou les boxeurs.

Et comme dans tous Jeux olympiques, il y a les belles histoires et ceux que l’on n’attendait pas sur le podium. La judoka (+ de 78 kg) Émilie Andéol, les larmes coulant sur ses joues pendant La Marseillaise, restera comme l’un des visages de la vague bleue à Rio. Les Françaises, qui ont décroché la première médaille olympique du handball féminin tricolore (l’argent), ont aussi marqué l’histoire.

Et, durant ces Jeux de Rio, le souvenir de deux champions français présents à Londres en 2012, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat, disparus l’an dernier dans un accident d’hélicoptère en Argentine durant le tournage de l’émission « Dropped », auront accompagné les athlètes tricolores et apporté un supplément d’âme pour un record.

Les pionnières du sport français

Parmi les médailles françaises à Rio, certaines ont un goût d’inédit. L’équipe de France de handball féminin, battue en finale par la Russie (19-22) a décroché, samedi, la première médaille olympique de son histoire. Estelle Mossely est, elle, devenue la première championne olympique de l’histoire de la boxe française après son sacre dans la catégorie des moins de 60 kg. Autre première en pentathlon moderne, Élodie Clouvel, vice-championne du monde de la discipline, a remporté la première médaille olympique individuelle pour la France (argent) dans un sport au programme des Jeux depuis 1912 (une épreuve féminine a été ajoutée en 2000).

Source : LaCroix.fr - Arnaud Bevilacqua (à Rio de Janeiro)

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mercredi 8 juin 2016

Grand Combattant : René Rossey, ancien du Commando Kieffer, vient de nous quitter...

Après François Andriot et Louis Bégot, un autre Français libre du Commando Kieffer, René Rossey, nous a quittés cette année. Résidant à Maurepas (Yvelines), il s’est éteint le 19 mai 2016.

Né le 30 août 1926, à Tunis, René Rossey n’a que 16 ans quand il s’engage au sein des Forces françaises libres, après avoir triché sur son âge. Il rejoint, par ses propres moyens, le Liban, où il reçoit une formation militaire élémentaire.

Puis, deux mois plus tard, il part au Royaume-Uni, où il est affecté au camp de Camberley, avant d’être affecté à la caserne « Bir Hakeim », à Londres. Il y rencontre le commandant Philippe Kieffer, qui le recrute pour le 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos.

À l’issue de son stage commando, effectué au camp de Wrexham, René Rossey intègre la section des mitrailleuses K-Gun du commando « Kieffer ».

Le 6 juin 1944, il est le plus jeune des 177 Français qui débarquent sur la plage de Colleville-sur-Orne (ou Colleville-Montgomery). Il n’a que 17 ans et c’est la première fois de sa vie qu’il voit la France…

Après la Bataille de Normandie, le Commando Kieffer retourne en Angleterre pour une période de repos. Qui sera de courte durée puisque, en novembre 1944, il est à nouveau sollicité pour débarquer sur l’île de Walcheren, dans le but de s’emparer du port de Flessingue (Pays-Bas), alors fortement défendu par l’ennemi. Et René Rossey en sera.

L’opération sera un succès éclatant. Malgré une défense acharnée des troupes allemandes, trois fois plus nombreuses, le port de Flessingue est conquis en moins de 7 heures et le reste de l’île tombera  une semaine plus tard, après la reddition de la garnison allemande. Le haut commandement allié décrira ce fait d’armes comme « l’un des plus braves et des plus audacieux de la guerre. »

Après la capitulation de l’Allemagne nazie, René Rossey, qui s’était engagé pour la durée de la guerre, retrouve la vie civile. À Paris, sans diplôme et sans le sou, il bat le pavé sans trouver de situation (il est ce que l’on appelle aujourd’hui un SDF). Comme le dira Léon Gautier, un autre ancien du commando Kieffer, « rien n’était prévu pour nous et lui le Tunisien qui s’était engagé pour libérer la France, c’était pareil. » Il décide alors de retourner en Tunisie.

En 1954, marié, et de retour à Paris, il retrouve le commandant Kieffer, qui le recommande auprès de Total : René Rossey y restera 34 ans.

Très modeste sur ses faits d’armes et d’une extrême gentillesse d’après ceux qui l’ont connu, René Rossey avait été promu officier de la Légion d’Honneur en 2014. Après sa disparition, il ne reste plus que 6 survivants du commando Kieffer, dont Léon Gautier, Jean Masson, Yves Meudal, Paul Chouteau, Jean Morel et Hubert Faure.

Source : Zone Militaire


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