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samedi 23 mai 2020

Turquie : Tension avec l'Union européenne sur fond de gisement gazier offshore

L’Union européenne accuse la Turquie d’aggraver les tensions en Méditerranée orientale

Étant donné la découverte, ces dernières années, d’importants gisements de gaz naturel en Méditerranée orientale, la République de Chypre a autorisé plusieurs groupes pétroliers et gaziers, comme Total, ENI et ExxonMobil, à explorer sa zone économique exclusive [ZEE], divisée en 13 blocs, en vue d’une éventuelle exploitation.

Seulement, la Turquie entend s’inviter dans ces activités, prétextant défendre les intérêts de la République turque de Chypre-Nord [RTCN], une entité créée après son intervention militaire de 1974 [opération Attila], lancée à la suite d’une tentative de coup d’État ayant cherché à rattacher Chypre à la Grèce [Énosis].

L’appétit d’Ankara explique son soutien au gouvernement d’union nationale libyen [GNA], avec lequel elle a signé un mémorandum d’accord sur ses frontières maritimes. Ainsi, ce texte lui permettrait d’étendre la superficie de son plateau de continental de plus de 30% et de « torpiller » le projet gazoduc EastMed qui, orienté vers l’Europe, est porté par la Grèce, la République de Chypre et Israël.

En attendant, la Turquie envoie régulièrement des navires dans la ZEE de la République de Chypre afin d’y mener des forages, malgré les avertissements de l’Union européenne [UE] et des États-Unis.

En juillet 2019, l’UE a sanctionné la Turquie en réduisant de 145,8 millions d’euros les fonds européens qui lui étaient destinés en 2020. Cette décision a été sans effet… Comme celle ayant consisté à geler les avoirs et interdire l’entrée à deux ressortissants turcs impliqués dans les opérations de forage dans la ZEE de la République de Chypre. Pour calmer les ardeurs européennes, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, se plaît à rappeler que son pays accueille plusieurs millions de migrants prêts à se rendre sur le Vieux Continent…

Et, depuis la fin du mois d’avril, le navire turc Yavuz croise de nouveau au large de Chypre. « La Turquie poursuit ses activités de forage et sismiques […] dans l’est de la Méditerranée sans aucune interruption », a fait valoir Fatih Donmez, expliqué le ministre turc de l’Energie, auprès de l’agence Anadulu.

D’où la déclaration faite par les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE, le 15 mai.

« Conformément aux conclusions précédentes du Conseil, l’UE est pleinement solidaire de Chypre et rappelle que des mesures concrètes doivent être prises pour créer un environnement propice au dialogue. Les questions liées à la délimitation des zones économiques exclusives et du plateau continental devraient être traitées par le dialogue et la négociation de bonne foi, dans le plein respect du droit international et du principe des relations de bon voisinage », ont d’abord rappelé les ministres des 27.

« À cet égard, nous nous félicitons une fois de plus de l’invitation du gouvernement chypriote adressée à la Turquie pour négocier de bonne foi la délimitation maritime entre leurs côtes concernées », ont-il ajouté.

« Malheureusement, les actions les plus récentes de la Turquie vont dans la direction opposée. Nous déplorons que la Turquie n’ait pas encore répondu aux appels répétés de l’Union européenne à cesser ces activités et réitérons notre appel à la Turquie de faire preuve de retenue, de s’abstenir de telles actions et de respecter la souveraineté et les droits souverains de Chypre, conformément au droit international », ont ensuite fait valoir les ministres, qui ont également condamné les « violations par la Turquie de l’espace aérien national grec, y compris les survols de zones habitées et de la mer territoriale, en violation du droit international. »

Comme on pouvait s’y attendre, Ankara a rejeté l’appel de l’Union européenne.

« La déclaration des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne sur la situation en Méditerranée orientale constitue le dernier exemple d’un discours répétitif et stérile qui ne sert à rien. Cette attitude, qui reste indifférente aux initiatives sincères de la Turquie, est un sous-produit des revendications injustes et illégales de la Grèce et de l’administration chypriote grecque [ACG] et n’a aucune chance de contribuer à la paix et à la stabilité régionales », a répondu Hami Aksoy, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères.

Quoi qu’il en soit, parmi les membres de l’Union européenne, la France est sans doute l’un des pays les plus actifs dans cette affaire [hormis, évidemment, les principaux intéressés]. Ainsi, en janvier, le président Macron a annoncé la mise en place d’un « partenariat stratégique de sécurité » entre Paris et Athènes. Partenariat qui se traduira notamment par une présence accrue de navires de la Marine nationale en Méditerranée orientale.

Le 11 mai, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, la ministre des Armées, Florence Parly, a évoqué la situation en Méditerranée orientale.

« En ce qui concerne la Grèce, […] je suis en contact permanent avec mon homologue grec. Nous avons des moyens de la Marine nationale […] mobilisés en Méditarranée orientale qui peuvent contribuer à sécuriser, si l’en était besoin, la zone économique exclusive de Chypre, qui est une zone dans laquelle il y a des contestations régulières de la part de la Turquie », a en effet assuré la ministre.

Source : zonemilitaire.fr par Laurent Lagneau

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vendredi 8 mai 2020

8 Mai : Des commémorations confinées en France et dans toute l'Europe au temps du coronavirus...

Pour que la mémoire ne s'éteigne pas !

Malgré l'épidémie de coronavirus, ce 8 Mai sera historique, car pour la première fois, l'Allemagne se joint à la célébration de la fin de la guerre.

Des commémorations du 8 mai sans grandes pompes mais, pour la première fois, avec l'Allemagne. L'Europe commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale il y a 75 ans. D'ordinaire, l'Allemagne ne célèbre pas les anniversaires du 8 mai 1945, date de la capitulation du régime nazi face aux Alliés. Cette fois, la ville de Berlin a décidé de déclarer férié ce jour synonyme de défaite, mais aussi de libération du national-socialisme et des camps de concentration. Du jamais-vu.

À l'origine, le chef de l'État Frank-Walter Steinmeier avait prévu d'organiser une grande cérémonie officielle allemande, avec 1 600 invités, mais avait dû l'annuler en raison de la pandémie. Une telle célébration pour le 8 Mai n'avait eu lieu qu'une fois en Allemagne, en 1995. À la place, il déposera avec la chancelière Angela Merkel une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes de la guerre et de l'Holocauste, qui a coûté la vie à 6 millions de Juifs, et prononcera un discours en milieu de journée. Un geste symbolique en forme de rappel à l'ordre dans un pays qui connaît une résurgence de l'antisémitisme et où le devoir de mémoire est régulièrement remis en cause par le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), entré il y a trois ans au Parlement.

Son chef de file Alexander Gauland, qui a déjà fait scandale en qualifiant la période hitlérienne entre 1933 et 1945 de « pipi de chat » dans la « grande histoire » allemande, a déclenché de nouveau une controverse autour du 8 Mai. Il a critiqué la célébration selon lui d'une « défaite absolue » pour le pays, caractérisée par la perte pour l'Allemagne d'autonomie pour « façonner son avenir ». Pour l'Afd, le jour est « ambivalent », car il signifie aussi la perte de territoires en Europe orientale et la mort de centaines de milliers de civils allemands lors des bombardements alliés.
Cérémonies perturbées à travers l'Europe

Ailleurs en Europe, la pandémie du coronavirus a aussi contrarié les projets initiaux de célébrations de l'anniversaire. À Moscou, où le « jour de la victoire » est fêté le 9 mai, le grand défilé militaire sur la place Rouge auquel étaient invités des dizaines de dignitaires étrangers, dont le président français Emmanuel Macron, a été reporté au nom de la sécurité sanitaire, seule la partie aérienne étant maintenue. Le président Vladimir Poutine doit s'adresser aux Russes qui attendent surtout des décisions pour l'après-11 mai, quand s'achève le confinement décrété depuis plus d'un mois pour empêcher la propagation du coronavirus.

À Londres, la reine Elizabeth II s'exprimera ce vendredi aux Britanniques dans un message aux Britanniques diffusé sur BBC One à 20 heures, soit « l'heure exacte où son père, le roi George VI, s'était exprimé à la radio en 1945 », a indiqué un communiqué du gouvernement. En raison de la pandémie, les fêtes de rue et autres processions de vétérans ont dû être annulées. À la place, le gouvernement encourage la population à célébrer à la maison, en leur proposant des idées de jeux ou de recettes de cuisine.

Cérémonies restreintes en France aussi, où Emmanuel Macron doit déposer une gerbe devant la statue du général de Gaulle à Paris, puis devant la tombe du Soldat inconnu. À Prague, les responsables politiques iront eux aussi déposer une couronne sur la tombe du Soldat inconnu, un par un, à dix minutes d'intervalle.

Source : LePoint.fr / AFP


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samedi 2 mai 2020

Mort pour la France : Décès du brigadier Dmytro Martynyouk de la Légion étrangère

L'Elysée annonce la mort d'un légionnaire blessé au Mali

Le brigadier Dmytro Martynyouk avait été blessé par l'explosion d'un engin explosif improvisé [IED] dans une opération contre des groupes armés terroristes.

Le Président de la République a annoncé samedi 2 mai le décès du brigadier Dmytro Martynyouk, le 1er mai à l'hôpital militaire de Percy de Clamart, des suites des blessures infligées par l'explosion d'un engin explosif improvisé, lors d'une opération contre les groupes armés terroristes, le 23 avril dernier au Mali.

Le communiqué de l'Elysée ajoute que le chef de l'Etat «s'incline avec un profond respect devant le sacrifice de ce légionnaire du 1er régiment étranger de cavalerie». «Il adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches et les assure de la solidarité de la France dans ces douloureuses circonstances.», poursuit le communiqué.

Le ministère de la Défense ajoute dans un communiqué à part que les faits ont eu lieu le 23 avril en fin d'après-midi. «Un camion-citerne militaire de la force Barkhane a été atteint par un engin explosif improvisé dans le Liptako malien alors que l'unité auquel il appartenait était engagée dans une opération contre des groupes armés terroristes.», dit le texte. Deux militaires ont été blessés dans cette attaque, dont Dmytro Martynyouk.

Le brigadier était né en Ukraine, il avait 29 ans. Il était célibataire, sans enfant.

Source : LeFigaro.fr / AFP - Photo CEMA

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jeudi 23 avril 2020

8 mai 1945 : Commémoration - Confinés, tous aux balcons !

JOURNÉE NATIONALE DU 8 MAI 2020 RELATIVE A LA COMMÉMORATION DE LA VICTOIRE DE 1945

Confinement : Fleurir et pavoiser balcons et fenêtres...

Compte-tenu de la situation exceptionnelle liée à l’état d’urgence sanitaire et aux mesures de confinement [ndlr: épidémie de coronavirus], Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées, indique que les cérémonies du 8 mai 2020 se dérouleront selon les modalités suivantes :

•    Une cérémonie, présidée par le Président de la République, aura lieu le matin à Paris, à l’Arc de triomphe, en présence d’un nombre restreint d’autorités civiles et militaires.
Cette cérémonie nationale ne sera pas ouverte au public mais sera retransmise en direct à la télévision.

•    Dans l’ensemble des départements ainsi que dans les territoires d’outre-mer, les Préfets et Hauts-Commissaires organiseront une cérémonie au monument aux morts de la commune chef-lieu dans un format restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation. Cette cérémonie ne sera pas ouverte au public.

•    Dans les communes, les maires pourront organiser, en format très restreint et en respectant strictement les mesures de distanciation, un dépôt de gerbe au monument aux morts. Cette cérémonie ne sera pas ouverte au public.

•    Afin de manifester leur participation à cette journée nationale, le Président de la République demande aux Françaises et aux Français qui le souhaitent de pavoiser leur balcon aux couleurs nationales.


Source : Secrétariat d’État auprès de la ministre des Armées Genviève DARRIEUSSECQ/ Image Slate.fr


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samedi 18 avril 2020

OTAN : Les alliés doivent protéger leurs entreprises stratégiques !

Les Alliés appelés à protéger leurs industries et infrastructures stratégiques des « adversaires » de l’Otan

La crise de la dette de la zone euro, en 2010, fut une aubaine pour la Chine, qui, deux ans plus tôt, avait réussi à traverser celle dite des subprimes sans trop de dommages. D’ailleurs, cela lui permit d’investir massivement en Europe, en particulier dans des secteurs stratégiques, tels que la finance, les télécommunications, les transports, l’énergie ou bien encore les ressources naturelles.

Il est estimé que la Chine a déboursé 145 milliards d’euros pour mettre la main sur des infrastructures et des entreprises européennes entre 2010 et 2019, les investissements les plus importants ayant été faits durant la première partie de cette décennie. Plusieurs pays, notamment du sud de l’Europe, pressés par leurs créanciers et contraints par les règles budgétaires de l’Union européenne, y ont vu un moyen de remplir facilement leurs caisses.

Ainsi, en Grèce, des investisseurs chinois ont fait main basse sur des infrastructures portuaires, comme celles du Pirée, qui font partie des plus importantes du bassin méditerranéen. Au Portugal, les privatisations menées dans le cadre du programme d’ajustement économique de l’UE et du Fonds monétaire international ont largement profité à la Chine, qui a signé 45% des opérations.

En France, le groupe chinois Casil racheta l’aéroport de Toulouse en 2015 [il l’a revendu à Eiffage quatre ans plus tard]. Dans le même temps, alors en difficulté, Peugeot SA ouvrit son capital à Dongfeng quand Club Med passa sous le pavillon du conglomérat Fosun International. Outre-Rhin, le chinois Midea fit main basse sur Kuka Robotics, le géant allemand de la robotique industrielle.

En mars 2019, sous l’impulsion de Luigi di Maio, alors vice-président du Conseil des ministres, l’Italie signa 29 accords sectoriels avec la Chine, avec, à la clé, des contrats assurés pour 7 milliards d’euros… et des financements pour moderniser et développer les ports de Gênes et de Trieste, points d’entrées en Europe de la « route pour la soie. » Ce qui n’est pas anodin… Comme les Australiens ont pu le constater avec le port de Darwin.

Enfin, l’Europe centrale et orientale n’est pas insensible aux appels du pied de la Chine, avec la création, en 2011, du Forum commercial et économique dit 16+1. Et, en 2016, par exemple, CEFC China Energy réalisa des investissements importants en République tchèque, notamment dans les domaines du transport aérien et des médias. Et le fondateur de ce groupe chinois, Ye Jianming, devint même le conseiller économique de Miloš Zeman, le président tchèque,

Ces investissements [ndlr: chinois] servent plusieurs objectifs.

Outre l’intérêt purement économique, ils permettent à la Chine [qui, par ailleurs, verrouille son marché] d’avoir accès à des technologies de pointe [en mettant la main sur des brevets], à donner du lustre à son industrie [via le rachat de marques] et à gagner en influence, les pays européens « cibles » étant moins enclin à critiquer la politique chinoise, quand ils ne s’alignent pas sur cette dernière.

Ce qui n’est pas sans conséquence au niveau de l’Union européenne, que Pékin est soupçonné de vouloir dynamiter par sa politique d’investissement. C’est d’ailleurs ce qu’a reproché à demi-mots le président Macron à son homologue chinois, Xi Jinping lors de sa venue en France, en mars 2019, en lui demandant de « respecter l’unité de l’Union européenne ».

Seulement, l’épidémie de Covid-19 ayant mis les indicateurs économiques de la plupart des pays européens dans le rouge, beaucoup d’entreprises vont être – si elles ne le sont pas déjà – fragilisées, certaines étant cotées sur les marchés financiers ayant vu leur capitalisation financière dégringoler, ce qui les rend vulnérables à l’appétit de concurrents étrangers. Ainsi, par exemple, le fabricant de semi-conducteurs français Riber a vu le cours de son action passer de 2,69 euros [au 2 janvier] à seulement 1,26 euros [au 15 avril].

Aussi, le scénario de 2010 peut se répéter… Certes, critiquant la façon dont la Chine a géré l’épidémie, dont le foyer s’est déclaré à Wuhan, chef-lieu de la province de Hubei [environ 50 millions d’habitants, ndlr], certains estiment qu’elle aura à en payer les conséquences. En clair, elle devrait être la grande perdante de la crise étant donné, pensent-ils, que l’on assistera à un grand mouvement de « relocalisation » des industries qui avaient été délocalisées dans l’Empire du milieu. Et que les consommateurs occidentaux refuseront dorénavant d’acheter des produits estampillés « Made in PRC ». Le « monde d’après » sera-t-il si différent du « monde d’avant »?

Pas si sûr, si l’on en croit l’analyste financier Marc Touati. « Certes, l’économie chinoise va fortement ralentir. Cependant, grâce à 3.000 milliards de dollars de réserves de change, environ 1.200 milliards de bons du Trésor américains et au moins autant d’obligations européennes, sans parler de ses participations dans de nombreuses entreprises à travers la planète, la Chine dispose d’un confortable matelas de sécurité. Encore pire, ce dernier pourrait être utilisé pour faire pression sur les États-Unis et l’Europe pour ne pas tourner le dos aux entreprises et aux produits chinois », écrit-il.

Aussi, la Chine aura la force de frappe nécessaire pour faire son marché, de préférence vers les entreprises ayant un potentiel stratégique. Sous-secrétaire américaine à la défense pour les acquisitions, Ellen Lord a fait une mise en garde à ce propos, le 25 mars dernier. « Il est d’une importance cruciale que nous comprenions que, pendant cette crise, la [base industrielle de défense] est vulnérable aux capitaux adverses. Nous devons donc veiller à ce que les entreprises puissent poursuivre leurs activités sans qu’elles perdent leur technologie », a-t-elle averti.

Et Defense News de rappeler que, ces dernières années, le Pentagone a régulièrement dit craindre que « des pays étrangers – principalement la Chine – investissent dans des start-up américains dont les technologies pourraient avoir des applications pour la sécurité nationale. »

Le 15 avril, à l’issue d’une réunion en vidéoconférence avec les ministres de la Défense des pays membres, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a aussi tiré le signal d’alarme.

« Les adversaires potentiels des pays de l’Otan vont tenter de profiter de la crise économique provoquée par le Covid-19 pour essayer de prendre le contrôle d’entreprises ou d’infrastructures stratégiques et de saper l’unité de l’Alliance », a en effet prévenu M. Stoltenberg.

« Cette crise pourrait avoir des effets géopolitiques majeurs » et « pourrait permettre des investissements dans des industries et des infrastructures stratégiques », a-t-il expliqué. Et d’insister : « Il est important de protéger ces entreprises » car « la vente d’infrastructures stratégiques par les pays les plus vulnérables pourrait saper la capacité de résistance des pays de l’Alliance en cas de nouvelle crise. »

Toujours selon M. Stoltenberg, les Alliés ont « besoin d’infrastructures et de télécommunications fiables en temps de crise ». De quoi remettre en question, sans le dire ouvertement, la présence de l’équipementier chinois Huawei dans les réseaux 5G…

Par ailleurs, le secrétaire général de l’Otan a également insisté sur la nécessité de « contrer les campagnes de désinformation menées par des acteurs étatiques et non étatiques sur les réseaux sociaux qui visent à nous diviser et à nous fragiliser avec de fausses informations sur l’aide mutuelle que nous nous apportons ». Sur ce point, a-t-il soutenu, la « meilleure réponse passe par une presse libre qui vérifie les faits et pose des questions parfois difficiles. » Mais c’est un autre débat…

Quoi qu’il en soit, certains pays ont déjà pris des mesures pour protéger leurs entreprises stratégiques. C’est le cas de la France, qui, en passant, a fermé la porte à l’américain Teledyne, qui lorgnait sur Photonis, spécialiste français des systèmes de vision nocturne. Plus généralement, un mécanisme européen visant à surveiller les investissements en provenance des pays tiers est entré en vigueur en avril 2019, non sans quelques difficultés. Mais les États membres disposaient de « 18 mois pour mettre en place les dispositions nécessaires à l’application de ce nouveau mécanisme. » Ce qui nous porte à l’automne 2020.

Source : ZoneMilitaire.com / 


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mercredi 15 avril 2020

Crash hélicoptère : Un Cougar du 5e RHC de Pau s'est écrasé près de Tarbes !

Hautes-Pyrénées : deux morts dans le crash d’un hélicoptère du 5e RHC de Pau au nord de Tarbes !


La Préfecture confirme un premier bilan de deux morts et de quatre blessés dans cet accident

Un hélicoptère du 5e Régiment d’hélicoptères de combat (RHC) de Pau s’est écrasé ce mercredi après-midi vers 16h30, au nord de Tarbes dans les Hautes-Pyrénées; sur la commune de Bouilh-Devant.

La Préfecture confirme un premier bilan de deux morts et de cinq blessés dans cet accident. Deux personnes sont en urgence absolue et deux personnes sont en urgence relative. Au total, 7 personnes étaient à bord.

Le ministère des Armées confirme l’information à "Sud Ouest", mais disait ne pas avoir "plus d’éléments à communiquer pour l’heure".

Mobilisé depuis quelques semaines dans le transfert médicalisé

La préfecture des Tarbes parle également d’un "accident", quand la Direction régionale des armées exprime un "posé dur".

Pour l’heure, on ne sait pas si l’hélicoptère transportait des patients du Covid-19. Depuis quelques semaines, le 5e RHC était mobilisé dans le transfert médicalisé de malades entre les hôpitaux. L’appareil qui s’est écrasé serait un Cougar.

Le 5e RHC de Pau a déjà été endeuillé en 2019 lorsque 13 militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort le 25 novembre au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des djihadistes.
7 des militaires tués dans cet accident appartenaient au 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat, basé à Pau-Uzein.

Source : SudOuest.fr /


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L'adjudant-chef Olivier Michel et le brigadier Vincent Monguillon / SIRPA Terre

mercredi 8 avril 2020

Coronavirus : Une quarantaine de marins en "quarantaine" sur le Charles de Gaulle !

Retour anticipé du CDG vers Toulon !

Coronavirus : suspicion de contaminations à bord du porte-avions Charles de Gaulle qui rentre d'urgence à Toulon

Actuellement en mission dans l’Atlantique, le porte-avions nucléaire français Charles de Gaulle vient de faire savoir à l’état-major de la Marine que plusieurs cas de contamination au Covid-19 sont suspectés à son bord.

Une quarantaine de marins présente, en effet, des symptômes compatibles avec une infection au Coronavirus. Pour l’heure, les personnels concernés sont pris en charge à bord du navire qui dispose de son propre hôpital.

Le Charles de Gaulle qui avait quitté Toulon le 21 janvier dernier, a mis aussitôt le cap sur la base navale varoise où il est attendu dans les tout prochains jours.

Dès à présent, et durant son transit vers Toulon, le navire est en ordre de bataille contre cet ennemi invisible. Les marins symptomatiques ont été isolés et l’équipe médicale du bord mobilisée à leur attention, soit une vingtaine de soignants, médecins, infirmiers et chirurgiens.

Le CDG dispose, en effet, d’un hôpital de 12 lits, équipé de respirateurs, d’un scanner et d’une salle de confinement d’une centaine de places. En parallèle, les marins procèdent à un nettoyage en règle, deux fois par jour, de tous les espaces communs, notamment les rampes, poignées et robinets, ainsi que des postes de travail, écrans et ordinateurs. En cas d’aggravation de la situation, les hélicoptères du bord pourraient à tout moment évacuer des malades vers la terre.

À noter que contrairement à l’état-major américain au sujet de son porte-avions USS Théodore Roosevelt dont le commandant a été débarqué et la mission maintenue, les autorités françaises ont décidé d’interrompre immédiatement celle du Charles de Gaulle afin de lui permettre de regagner Toulon dans les meilleurs délais.

Source : LaProvence.com - Image MER ET MARINE / GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC

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mardi 7 avril 2020

Économie : La France troisième exportateur mondial d’armement

Selon une étude publiée par le Stockholm International Peace Research Institute [SIPRI] en avril 2019, les dépenses militaires à l’échelle de la planète avaient de nouveau augmenté en 2018, avec une hausse de de +2,3%, pour atteindre 1.822 milliards de dollars, soit 2,1% du produit intérieur brut [PIB] mondial.

Le Sipri n’a pas encore évalué le niveau de ces dépenses militaires mondiales pour l’année 2019. En revanche, ce 9 mars 2020, il a publié une étude sur les « transferts internationaux d’armes majeurs au cours de la période 2015-19 » [.pdf]. Et il apparaît que ces derniers ont progressé de 5,5% par rapport à 2010-14.

Pour l’institut suédois, comparer deux périodes de cinq ans permet d’établir de grandes tendances, sachant que les exportations de matériels militaires peuvent fluctuer d’une année sur l’autre. Et l’étude qu’il vient donc de diffuser montre que deux pays ont su, mieux que d’autres, répondre à la demande liée à la hausse des dépenses militaires mondiales constatée depuis quelque temps.

En effet, les États-Unis ont encore augmenté leurs parts de marché durant ces cinq dernières années, en les portant à 36%. Et de manière significative puisque leurs exportations d’armes majeures ont augmenté 23% entre 2010-14 et 2015-19.

« Sur la période 2015-19, les exportations d’armes des États-Unis sont supérieures de 76 % à celles du deuxième exportateur d’armes au monde, la Russie. Les États-Unis ont transféré des armes majeures à un total de 96 pays », note le SIPRI.

L’Arabie Saoudite, premier importateur mondial d’armes sur la période 2015-19, durant laquelle ses importations ont augmenté de 130%, est pour beaucoup dans ce résultat. « Au cours des cinq dernières années, la moitié des exportations d’armes américaines est destinée au Moyen-Orient, et la moitié de celles-ci à l’Arabie saoudite », souligne en effet Pieter D. Wezeman, chercheur principal au SIPRI. De même que les ventes de F-35 [voire de F-16] car, ajoute-t-il, « la demande en avions militaires avancés américains a augmenté, en particulier en Europe, en Australie, au Japon et à Taïwan. »

La France, et ce n’est pas une surprise au regard des contrats remportés par ses industriels de l’armement au cours de ces cinq dernières années, a vu ses exportations progresser de 72% par rapport à la période 2010-2014. Jamais elles n’avaient atteint un tel niveau depuis 1990, selon le SIPRI.

Les commandes passées par l’Égypte, le Qatar et l’Inde expliquent en partie cette évolution, qui permet à la France de rester le troisième exportateur mondial d’armement devant… l’Allemagne qui, pourtant, assure appliquer une politique très restrictive en la matière… au point de susciter des tensions avec ses partenaires européens. Avec 5,8% de parts de marché, l’industrie allemande de l’armement a vu ses ventes progresser de 17% sur la période 2015- 2019.

Si les exportations d’armes françaises ont fortement augmenté durant ces cinq dernières années, ce n’est rien comparé à celles de la Corée du Sud, qui a vu les siennes bondir de 143% [soit 2,1% de parts de marché]. Enfin, grâce en particulier à l’Inde, les exportations d’armes israéliennes ont aussi progressé significativement [+77%] pour atteindre, selon le SIPRI. « leur niveau le plus élevé jamais enregistré. »

En revanche, d’autres pays ont vu leurs exportations diminuer, parfois fortement sur la période 2015-2019. Tel est le cas de la Russie, qui, si elle reste le second exportateur mondial d’armes, avec 21% de parts de marché, a vu ses ventes diminuer de 18% par rapport à 2010-2014.

« La Russie a perdu de son influence en Inde – principal destinataire de longue date d’armes majeures russes – ce qui a entraîné une forte diminution des exportations d’armes. Cette baisse n’a pas été compensée par l’augmentation des exportations d’armes russes vers l’Égypte et l’Irak en 2015-19 », explique Alexandra Kuimova, chercheuse au SIPRI. Sans doute que les sanctions décidées à son endroit après l’annexion de la Crimée ont également eu une influence sur ce résultat.

À noter que, dans le même temps, les exportations ukrainiennes d’armes ont lourdement chuté [-63%], au point de reléguer l’Ukraine à la 12e place du classement établi par le Sipri, avec 1% de parts de marché [contre 2,8% sur la période 2010-2014]. L’industrie britannique de l’armement a aussi connu un passage à vide, ses ventes ayant baissé de 15%. Aussi, le Royaume-Uni se fait-il désormais distancer par la… Chine qui, au cours de ces cinq dernières années, a eu pour principaux clients le Pakistan, le Bangladesh et l’Algérie.

Pour rappel, selon une précédente étude du SIPRI, la Chine serait devenue le second producteur mondial d’armement. Mais sa production est prioritairement destinées à ses propres forces armées.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : Dassault Aviation - Une sélection PC

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dimanche 5 avril 2020

Attaque terroriste au couteau : Au moins 2 morts et 7 blessés à Romans-sur-Isère !

Le parquet antiterroriste se saisit de l'enquête
Un homme a poignardé plusieurs personnes dans le centre-ville de Romans-sur-Isère

Les faits

Un homme a tué samedi matin deux personnes et en a blessé cinq autres à Romans-sur-Isère (Drôme) lors d’une attaque à l'arme blanche.

Armé d’un couteau, le suspect "s’est rendu dans un bureau de tabac" dont il a attaqué le responsable. Sa femme est intervenue et a été blessée.  L’assaillant s'est ensuite dirigé dans une boucherie. Il a pris un couteau, en sautant par-dessus le comptoir, et a poignardé un client, puis est reparti en courant. "Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain", a indiqué le patron de la boucherie. L’homme a ensuite poursuivi sa course dans le centre de cette ville de 35 000 habitants, attaquant des passants, notamment devant une boulangerie. "Ceux qui avaient la malchance de se trouver sur son passage ont été agressés", a indiqué la maire de Romans-sur-Isère.

Le suspect

Le suspect est un certain Abdallah A.-O., réfugié d’origine soudanaise né en 1987. Il a obtenu le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans en juillet de la même année. Il est inconnu des services de police ou de renseignement français ou européens. Il habitait au centre-ville de Romans-sur-Isère.

Il a été interpellé sans résistance très rapidement après les faits par l’une des nombreuses patrouilles de police chargées de faire respecter le confinement [ndlr: mesure de lutte contre le coronavirus].  "Il se trouvait à genoux sur un trottoir priant en langue arabe", selon les enquêteurs. Il a été placé en garde à vue samedi soir, tout comme "une de ses connaissances", et n’avait pas encore été auditionné.

L'enquête

Le parquet national antiterroriste a annoncé en début de soirée samedi dans un communiqué ouvrir une enquête notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".  

Les investigations ont été confiées à la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, à la Direction centrale de la police judiciaire ainsi qu’à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Les premiers éléments "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur".

Le parquet national antiterroriste indique que lors d’une perquisition à son domicile ont été retrouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", "a priori" écrits par lui.

Les victimes

Deux personnes ont été tuées : ce sont deux hommes respectivement âgés de 44 et 55 ans selon nos confrères du Dauphiné Libéré.
Un homme de 63 ans a été blessé et se trouve dans un état grave. Quatre autres personnes ont été blessées, deux hommes âgés de 65 ans et 59 ans, et deux femmes âgées de 48 et 49 ans.

Les réactions

Le chef de l’Etat Emmanuel Macron a qualifié l’attaque d’"acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines" et sur lequel "toute la lumière sera faite".

Dans l’après-midi, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner présent sur les lieux avait évoqué déjà "le parcours terroriste" du suspect. "Je salue l’engagement total des forces de sécurité qui ont interpellé rapidement le suspect et qui sont mobilisées sur cette enquête. Je veux avoir une pensée pour les victimes et leurs proches, mais aussi les personnels soignants qui sont totalement mobilisés pour le Covid-19 mais qui ont répondu présents. Je salue aussi les commerçants de Romans qui ont apporté les gestes de premiers secours aux blessés ", a-t-il déclaré sur place.

Source : Dernières Nouvelles d'Alsace - dna.fr / photo AFP


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samedi 4 avril 2020

Coronavirus : 600 militaires français sont atteints du Covid-19 !

Florence Parly annonce que 600 militaires français sont atteints du coronavirus...
Cependant, la capacité des armées françaises à accomplir ses missions "n'est pas impactée", a déclaré la ministre des Armées.


C'est 200 de cas de plus que lors du dernier bilan donné par le ministère des Armées, fin mars. Dans un entretien au groupe de presse quotidienne régionale Ebra publié samedi 4 avril, Florence Parly annonce que quelque 600 militaires français sont atteints du coronavirus. Cependant, la capacité des armées françaises à accomplir ses missions "n'est pas impactée", déclare la ministre des Armées.

"Nous avons 600 militaires atteints du Covid-19. Cela correspond à un ordre de grandeur, car il est évolutif. Nous suivons cela de très près et adaptons nos dispositifs en conséquence", mais "notre posture opérationnelle n'est pas impactée", a souligné Florence Parly, tout en rappelant qu'"un agent civil rattaché au Service d'infrastructure de la défense est décédé il y a quelques jours du Covid-19".

Évoquant les multiples contributions des armées à la lutte contre l'épidémie qui a déjà fait 6 500 morts en France, Florence Parly souligne notamment qu'"à ce stade, que cela soit en France, vers l'Allemagne, le Luxembourg ou encore la Suisse, les armées ont transféré 64 patients depuis le Grand Est", dont les hôpitaux sont saturés, vers des régions moins touchées. Par ailleurs, l'hôpital militaire de campagne déployé à Mulhouse par le Service de santé des armées (SA) accueille actuellement "27 patients" pour une capacité totale de 30 lits. "La capacité de Mulhouse et Colmar en lits de réanimation est de 70 lits. Notre contribution a permis un apport important", fait-elle valoir.

De nouveaux cas au Sahel

Au Sahel, où 4 premiers cas de coronavirus ont été déclarés cette semaine parmi les militaires de l'opération antijihadiste Barkhane, "nous notons que les premiers cas de Covid-19 commencent à se multiplier dans cette zone. La pandémie étant mondiale, ce n'est pas une surprise", souligne la ministre. Mais "nos forces restent concentrées sur leurs missions de combat anti jihadistes", et Barkhane, qui mobilise 5 100 militaires français au Sahel,"remporte des succès", assure-t-elle.

"Il est possible en effet que cette crise marque de façon durable les rapports de force et les relations internationales dans les prochaines années", estime la ministre en notant que "certaines puissances très actives dans la géopolitique mondiale le sont davantage, comme la Chine, en rivalité avec les États-Unis", une "opposition exacerbée dans le cadre de cette crise sanitaire". "Les menaces n'ont ni disparu, ni faibli, et cette crise sanitaire révèle des fragilités auxquelles nous n'avions pas prêté une attention suffisante", juge-t-elle, mais "il est trop tôt pour savoir comment cette crise peut modifier notre stratégie".

Source : Francetvinfo.fr - Image AFP


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vendredi 3 avril 2020

Barkhane : Quatre officiers français testés positifs au coronavirus...

Quatre officiers se trouvant «depuis plusieurs semaines» au Sahel ont été testés positifs au coronavirus.
Ce que l'on sait des 4 militaires français de l'opération Barkhane touchés par le Covid-19


Quatre officiers déployés au Sahel ont été testés positif. Trois d'entre eux ont été rapatriés en France. Il n'est pas indiqué s'ils ont contracté le virus sur place.

Quatre officiers français déployés au Sahel dans le cadre de l'opération anti-djihadiste Barkhane ont été testés positifs au coronavirus, a indiqué jeudi l'état-major des Armées. Il s'agit des premiers cas rendus publics parmi les forces françaises projetées en opérations extérieures [OPX]. "L'opération Barkhane a connu ses quatre premiers cas confirmés d'infection par le coronavirus", selon l'état-major.

L'opération anti-djihadiste Barkhane, forte de 5100 militaires, lutte contre les mouvements djihadistes en collaboration avec les pays du Sahel, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad. C'est la principale opération extérieure des armées françaises.
Où sont soignés ces militaires?

Parmi ces quatre officiers, "un des patients est pris en charge et soigné sur place, et trois autres ont déjà été rapatriés" vers la France, "de même qu'un autre officier symptomatique sans pour autant avoir été testé", précise le porte-parole de l'état-major, le colonel Frédéric Barbry.

Ces quatre militaires étaient "arrivés en bande sahélo-saharienne il y a plusieurs semaines", indique-t-il, sans préciser dans quel pays exact ils étaient déployés, et s'ils ont ou non contracté le virus sur place.

Quel est leur état actuel ?

Ces quatre officiers, sont "à ce stade asymptomatiques". Le diagnostic a été confirmé par des tests effectués sur place par le service de santé des armées, par un laboratoire biologique civil local ou à leur arrivée en France.

La mission Barkhane est-elle poursuivie ?

"Tous les cas 'contact' ont été identifiés et placés en quatorzaine en zone dédiée", souligne le colonel Barbry. "Ces cas de contamination" au sein de Barkhane, comme "les dispositions prises pour préserver le personnel de la force n'ont pas d'impact sur les opérations, qui se poursuivent à un rythme soutenu" dans la zone dite des trois frontières (Mali-Niger-Burkina Faso), réputée abriter le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS), assure cependant l'état-major. 

Fin mars, la France a décidé de rapatrier jusqu'à nouvel ordre ses 200 militaires déployés en Irak, pays durement frappé par le Covid-19.

Source : lexpress.fr


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mardi 31 mars 2020

Sahel : Pour le général Lecointre, la capacité de régénération des terroristes est forte...

Après le succès de l’opération Serval, lancée au Mali par la France, en 2013, et la montée en puissance d’une mission des Nations unies [MINUSMA] ainsi que la mise en place d’une mission européenne pour la formation des forces armées maliennes [FAMa], on pouvait penser que le plus dur avait été accompli contre les groupes jihadistes qui menacèrent un temps Bamako. D’où la décision de Paris de conduire une opération différente avec Barkhane, à partir d’août 2014, afin de lutter contre des groupes terroristes « résiduels » et perturber leur logistique dans la bande sahélo-saharienne [BSS].

Cependant, la question des mouvements touareg indépendantistes dans le nord du Mali [Azawad] restait encore à régler. Mais les discussions ayant abouti aux accords d’Alger, en 2015, laissait présager une issue favorable.

« À la mi 2014, la menace était résiduelle, à la portée des États de la région », a rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat dont le compte-rendu a récemment été publié. « Nous pensions alors que la peur d’un effondrement de l’État malien avait été suffisamment forte pour que les élites militaires et politiques du pays donnent à leurs forces de sécurité les moyens de se redéployer dans les zones conquises par Serval et de rétablir l’État de droit », a-t-il relaté. 

Quant à l’opération Barkhane, a souligné le CEMA, il « ne s’agissait pas de remporter une victoire militaire définitive » contre des groupes jihadistes, « trop dilués pour que nous puissions le faire, mais de maintenir au plus bas niveau possible les trafics, d’empêcher toute reconstitution d’un califat géographique et de laisser la place à l’action politique de gouvernance et de développement. »

Seulement, comme on le sait, rien ne s’est passé comme prévu. « Notre optimisme a été déçu et Barkhane n’a pas été accompagnée d’un retour de l’appareil d’État ni de la refonte efficace des forces armées, notamment maliennes. De même, l’application concrète de l’accord de paix et de réconciliation […] est restée en souffrance, maintenant le chaos dans des territoires où la présence de l’État, lorsqu’elle est préservée, est contestée sinon combattue, comme en Azawad ou dans le Liptako », a expliqué le général Lecointre.

Aussi, la menace terroriste a commencé à reprendre de la vigueur. « Elle descendue vers le sud, s’est concentrée dans la boucle du Niger élargi, puis dans l’ensemble du Liptako, avant d’atteindre le Niger et le nord du Burkina Faso. En 2019, elle a atteint la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ainsi que celle entre le Burkina Faso et le Ghana. Et l’on peut désormais craindre qu’elle ne s’étende rapidement au Sud Mali, voire au sud de Bamako », a décrit le CEMA.

Et, désormais, a-t-il continué, « nous nous trouvons donc dans une situation comparable à celle d’il y a sept ans, avec la constitution d’une zone géographique homogène dans laquelle renaît une véritable menace terroriste qui occupe un territoire et s’acharne à le vider des forces de sécurité des trois États concernés. Nous assistons à la reconstitution d’un califat territorial, l’État islamique au Grand Sahara [|EIGS], succursale de Daesh auquel il a fait allégeance en 2016. »

Pour faire face à cette situation, et jusqu’à encore récemment, la force Barkhane ne pouvait mettre que 2.000 soldats sur le terrain, sur les 4.500 dont elle disposait. « Une fois soustraits les éléments de logistique et de soutien, la capacité de protection de nos emprises […] je me trouve avec […] un volant de manœuvre de la taille d’un régiment dans cet immense espace, ce qui est très peu », avait déjà eu l’occasion de dire le général Lecointre, lors d’une précédente audition parlementaire.

D’où la décision prise après le sommet de Pau par le président Macron d’envoyer 600 militaires de plus au Sahel, de concentrer les efforts sur la zone dite des trois frontières ainsi que de renforcer la coopération entre Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel [FC-G5S]. « 600 hommes supplémentaires peuvent apparaître dérisoires compte tenu de l’étendue de cette zone. Toutefois, ce renforcement va nous permettre d’augmenter de 70% notre volume de forces déployées », a assuré le général Lecointre.

Face à Barkhane, aux armées locales et à la FC-G5S, « nous avons un ennemi au volume moyen assez faible, mais capable de mobiliser rapidement et ponctuellement des effectifs importants – de l’ordre de la centaine, à moto – pour mener des actions sur des objectifs à "forte valeur ajoutée". Le reste du temps, ils sont dilués dans la zone », a expliqué le CEMA.

Ces actions, du reste, ne font qu’augmenter la résilience de l’EIGS car « chaque attaque est l’occasion de prélever des moyens sur les armées nationales », a-t-il fait observer aux sénateurs. Qui plus est, les jihadistes « prennent progressivement un ascendant moral sur les forces de sécurité », lesquelles ont perdu entre 350 et 400 membres en 2019.

L’atout dont bénéficie l’EIGS [et qui lui permet de se « diluer »] réside dans une population locale « structurée autour de liens ethniques forts » et qui « se sent abandonnée par l’État ». Elle fournit ainsi à l’organisation terroriste des « jihadistes qui, en enfants du pays, maîtrisent parfaitement le terrain, savent pouvoir se diluer dans les villages et bénéficient du soutien des habitants », a souligné le général Lecointre.

Pourtant, et les points de situation hebdomadaires de l’État-major des armées l’assurent, les jihadistes subissent eux-aussi de lourdes pertes. Seulement, leur « capacité de régénération est forte », a affirmé le général Lecointre.

« Ils sont chez eux. Ils instrumentalisent des tensions interethniques. Ils recrutent des combattants de plus en plus jeunes. Ils bénéficient de la complicité d’une partie importante de la population, au sein de laquelle ils se fondent. Comme j’ai coutume de le dire, nous combattons un ennemi qui ne respecte aucun droit de la guerre et qui est très intriqué dans la population », a détaillé le général Lecointre. « C’est aussi une guerre de conviction auprès de la population : il faut absolument éviter que la population peule ne bascule définitivement dans les rangs ou en appui de l’EIGS et que ce conflit ne dégénère en conflit interethnique. C’est l’une de nos craintes », a-t-il insisté.

Enfin, la situation du Burkina Faso est particulièrement préoccupante. Ce pays est « en train de devenir le deuxième homme malade de la région », a estimé le général Lecointre. « Le président Kaboré considère que le Burkina Faso utile est encore sous contrôle de l’État. Or, une zone de non-droit est en train de se constituer au nord du Burkina Faso, comme au nord de Niamey. Ces dernières semaines, les attaques les plus terribles au Burkina Faso ne se sont pas déroulées contre les armées burkinabè – qui ont déserté la zone – mais contre les populations mossies du nord du pays. […] Le risque d’une dégénérescence de la crise au Burkina Faso est donc très important », a-t-il prévenu.

Source : ZONE MILITAIRE - Une sélection PC


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samedi 28 mars 2020

La FNCV est en deuil : Décès de Pierre CERUTTI

Décès de Pierre CERUTTI

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Vice-président délégué de la Fédération Nationale des Combattants Volontaires



Notre Ami, Pierre Cerutti, vice-président délégué de la Fédération, nous a quitté vendredi 27 mars 2020, victime du Corona Virus.

Pierre était notre compagnon, apprécié de tous pour sa gentillesse, sa bonne humeur, sa courtoisie, son efficacité et sa rigueur souriante.

Combattant volontaire de la Guerre d’Algérie où il avait servi au sein du commando de chasse de son régiment, blessé au combat, c’était un self made man qui, d’apprenti maçon, est devenu à force de travail, ingénieur en bâtiment, puis fondateur et président d’un cabinet d’expertise de niveau international.

Sportif accompli, il mettait son dynamisme au service de la FNCV.

Pierre Cerutti était l’un des rouages essentiels de la Fédération : Créateur du site internet, animateur du blog et rédacteur en chef de la revue « Les Volontaires »

Notre Fédération perd un administrateur fédéral compétent, concerné et autonome qu’on ne peut ni remplacer ni surtout oublier.

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Une cérémonie religieuse circonscrite se tiendra jeudi 02/04/2020, en présence de la Famille, en raison des contraintes sanitaires très strictes.
Afin de poser un acte commun, nous vous serions reconnaissants d’allumer une bougie vendredi prochain après-midi en la mémoire de Pierre.


Alain Clerc, président de la FNCV, vice-président de la FNAM

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mercredi 25 mars 2020

Barkhane : Plusieurs jihadistes neutralisés après avoir tendu une embuscade aux forces maliennes

Début février 2020, soit quelques heures après une « opération d’opportunité » conduite par la force française Barkhane ayant abouti à la neutralisation d’une « vingtaine de jihadistes dans le Gourma malien grâce à des frappes aériennes assurées notamment par des Mirage 2000D et un drone MQ-9 Reaper, une unité des Forces armées maliennes [FAMa] est tombée dans une embuscade dans les environs de Hombori, une localité située dans la région de Mopti [Gourma].

Mais la présence de « guetteurs aériens tactiques avancés » [GATA] maliens au sein de cette unité aura été déterminante étant donné que leur prompte réaction a permis de guider efficacement une patrouille de Mirage 2000D sur les lieux. Les chasseurs-bombardiers français ont alors survolé les positions tenues par les jhadistes à très basse altitude afin de leur adresser un ultime avertissement. Ce « show of force » a produit l’effet escompté puisque les assaillants ont pris la fuite.

Pour autant, l’affaire était loin d’être terminée. En effet, une patrouille d’hélicoptères Tigre engagée dans la zone a été « au contact » d’une groupe armé terroriste [GAT]. Un terroriste a été mis hors de combat.

Puis, dans la lancée, des actions de recherche ont été entreprises afin de localiser le GAT à l’origine de l’embuscade tendue dans les environs de Hombori. Ce qui s’est concrétisé, le 12 février, par une nouvelle opération menée contre un campement abritant des terroristes dans la région de Gossi. Ce dernier a été la cible de frappes réalisées par des Mirage 2000D et des hélicoptères – dont le type n’a pas été précisé par l’État-major des armées [EMA]. Puis, des commandos français ont été déployés dans la zone.

Selon l’EMA, « une quantité importante de matériel a été détruite, et plusieurs terroristes ont été mis hors de combat au cours de cette action de Barkhane. « Des motos, de l’armement et des vêtements militaires ont été saisis, de même qu’un important volume de carburant », a-t-il ensuite précisé.

Selon des médias maliens, 14 jihadistes auraient été tués lors de cette opération de Barkhane. Ce qui n’a été ni confirmé, ni infirmé par l’État-major des Armées. En revanche, ce dernier a insisté sur la réaction des FAMa lors de l’attaque d’un de leur poste à Dinangourou, au sud-ouest de Hombori, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Après avoir repoussé les assaillants au cours de violents combats qui ont permis de préserver leur emprise, les soldats ont fait appel à des renforts des forces aériennes maliennes. Leur action coordonnée a permis d’infliger de lourdes pertes au groupe terroriste les ayant attaqués. Cette réaction illustre la progression des forces armées maliennes, et est une conséquence directe des efforts fournis par Barkhane et ses partenaires dans le cadre du partenariat militaire opérationnel », a en effet souligné l’état-major français.

Enfin, sans donner de détails, ce dernier a également indiqué qu’une frappe aérienne réalisée par Barkhane avait neutralisé « près d’une dizaine de jihadistes » dans le Liptako nigérien, le 8 février. Les opérations menées par les militaires français au Niger ont été plutôt rares jusqu’à présent. L’un d’entre-elles avait été menée en décembre 2018 dans la région de Tongo-Tongo, contre des éléments de l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

Source : ZONE MILITAIRE


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mardi 24 mars 2020

Uderzo : Astérix est orphelin ! Mais les irréductibles Gaulois résistent...

Albert Uderzo, l’un des pères d’« Astérix », est mort

Le dessinateur de bande dessinée, dont le nom figure sur les centaines de millions d’exemplaires des aventures des irréductibles Gaulois vendus dans le monde depuis 1961, est décédé mardi à l’âge de 92 ans d’une crise cardiaque.

Albert Uderzo n’en faisait pas mystère : il préférait Obélix à Astérix. D’abord parce qu’il créa de lui-même le livreur de menhirs, sans René Goscinny, en 1959, quand fut lancée la série dans les pages du magazine Pilote. Ensuite parce que, sans jamais oser se l’avouer à lui-même, Obélix, c’était un peu lui.

Un souvenir revient. La Baule (Loire-Atlantique), décembre 2013 : Albert Uderzo et son épouse Ada ont accepté, après de nombreuses hésitations, de recevoir deux journalistes du Monde pour parler du litige qui les oppose depuis plusieurs années à leur fille Sylvie, sur fond d’héritage et de soupçons de manipulation. Le rendez-vous a lieu à midi dans le salon d’un hôtel de luxe ; un buffet froid est commandé.

Deux heures plus tard, le moment est venu de se dire au revoir et de payer l’addition. « C’est pour nous, évidemment », affirme-t-on. « Pas question », intervient le dessinateur. On insiste. Lui aussi. Les politesses se termineront devant la caisse enregistreuse du comptoir où un avant-bras d’une fermeté d’airain, comme trempé dans une marmite de potion magique, fera physiquement barrage à toute tentative d’atteinte à son savoir-vivre.

Force de la nature ayant vaincu une leucémie quelques années plus tôt, l’homme paraissait alors invincible, inébranlable. Le menhir a fini par tomber. C’est un monument, dans tous les sens du terme, qui est mort mardi 24 mars à l’âge de 92 ans « d’une crise cardiaque, sans lien avec le coronavirus », a annoncé sa famille. Un monstre sacré de la bande dessinée.

Besoin de reconnaissance

D’Obélix, Albert Uderzo possédait également la sensibilité à fleur de peau et cette générosité sans calcul qui lui valut, tout au long de sa carrière, de croiser un certain nombre d’aigrefins attirés par le succès commercial d’Astérix, série aux plus de 375 millions d’albums vendus. « Faut-il attendre que je meure pour qu’on parle en bien de moi ? », s’insurgeait-il en mai 2017, un mois seulement après une opération du poumon qui l’immobilisait dans son hôtel particulier de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Un article de presse évoquant la renommée mondiale de Tintin – série qui s’est bien moins vendue qu’Astérix (230 millions d’exemplaires) – l’avait mis en pétard : « Il n’y en a que pour Tintin ! Astérix est pourtant une réussite extraordinaire, mais personne n’en parle, on s’en fout ! »

« Je n’ai rien de belge. Ce sont les Américains qui m’ont appris à dessiner. J’ai fait de la BD issue de Walt Disney »

Cette reconnaissance, Albert Uderzo a toujours couru après pendant sa carrière, tout particulièrement après la mort de René Goscinny, en 1977, et sa décision de poursuivre seul les aventures de l’irréductible Gaulois, s’exposant ainsi au feu des critiques. Celles-ci ne l’épargnèrent pas. Le dessinateur souffrit en silence d’être ramené rétrospectivement à un rôle d’exécutant, lui qui travailla comme un acharné entre 14 et 84 ans.

Sa main boursouflée, à la fin de sa vie, témoignait des cadences qu’il s’imposait plus jeune, notamment pendant cette période faste où il fallait livrer chaque semaine à Pilote une page d’Astérix et une autre de Tanguy et Laverdure, deux séries réalisées dans des styles radicalement différents. Là était une autre spécificité de son esthétique : Uderzo fut, et est encore après sa mort, l’un des rares dessinateurs à avoir été aussi à l’aise dans la BD humoristique que dans la BD réaliste.

Une autre chose, enfin, l’agaçait : être rangé dans l’école de bande dessinée franco-belge. « Désolé, je n’ai rien de belge, s’amusait-il ce même jour dans le salon de sa demeure parisienne. Ce sont les Américains qui m’ont appris à dessiner. J’ai fait de la BD issue de Walt Disney. » Rappeler ses origines italiennes, en espérant l’entendre les revendiquer, était tout aussi vain. « On est très français », aimait-il marteler en incluant sa femme Ada, née de l’autre côté des Alpes et rencontrée alors qu’il avait 25 ans.

Produit de l’immigration

Albert Uderzo est né, lui, à Fismes, le 25 avril 1927, une petite ville de la Marne où son père, menuisier de profession, s’était installé après avoir quitté l’Italie. Son destin ressemble pour le coup à celui de René Goscinny, né en 1926 à Paris d’un père polonais et d’une mère ukrainienne. Cette similitude fait d’Astérix, héros très « français » au nom dérivé d’un symbole typographique (l’astérisque), un pur produit de l’immigration.

Albert Uderzo doit, lui, son patronyme à une petite ville de Vénétie, Oderzo, anciennement Opitergium. Fondée au Xe siècle av. J.-C., celle-ci a été détruite à plusieurs reprises par les Barbares avec la chute de l’empire romain. Las de ces invasions à répétition, une partie de ses habitants s’installèrent au VIe siècle sur la lagune, où ils participèrent à la fondation de Rialto, la future Venise, ne laissant que ruines et désolation derrière eux.

« On raconte alors que, au milieu de ce chaos, les marchands drapiers de Trévise ont découvert un seul être vivant : un jeune bébé qu’ils adoptèrent en lui donnant le nom de la cité détruite. Cet enfant aurait fait souche jusqu’aux représentants du nom actuel que je porte », relate le dessinateur dans son autobiographie, Albert Uderzo se raconte (Stock, 2008). Ses parents vivaient à La Spezia, en Ligurie. C’est à la suite d’une brouille avec ses frères que son père avait décidé d’émigrer vers la France, en 1923.

Alberto retirera plus tard de lui-même le « o » de son prénom, « afin de faire plus français », confiera-t-il, ayant « beaucoup souffert, pendant [son] enfance, de la mauvaise idée qu’on avait des Italiens, ces “sales Macaronis” qui venaient manger le pain des Français ». L’enfant grandit à Clichy-sous-Bois, en banlieue parisienne, où les Uderzo finirent par s’installer. L’année où ses parents obtinrent la nationalité française, 1934, est celle du premier numéro du Journal de Mickey.

Embauché comme apprenti

Albert Uderzo vécut ses premiers émois de lecteur à travers les histoires de la souris de Disney, publiées parallèlement dans Le Petit Parisien qu’achetait régulièrement son père. Il lisait aussi les autres illustrés de l’époque : Robinson, Hop-là !, L’Aventure, L’As Junior, Hourra… Il fit enfin la connaissance de Popeye, le personnage créé par E. C. Segar, qui l’influencera beaucoup plus tard, quand il lui faudra dessiner des bagarres dans Astérix. Voyant qu’il aime dessiner, son frère aîné Bruno décida de le présenter à la Société parisienne d’édition, la maison d’édition des frères Offenstadt, qui faisait alors paraître de nombreuses publications pour enfants.

Celui qui se voyait plutôt devenir mécanicien automobile n’avait pas 14 ans en cette année 1940 quand il se fit embaucher comme apprenti, chargé entre autres choses des lettrages et des retouches photo. Il parvint aussi à placer quelques illustrations. La première, dans les pages du magazine Junior, est une parodie de la fable Le Corbeau et le Renard. Mais son rêve était de faire du dessin animé. Walt Disney était son idole et Blanche Neige et les sept nains (1937) sa référence absolue. A la fin de la seconde guerre mondiale, il intégra un petit studio parisien, mais l’expérience fut de courte durée.

Il décida de revenir à la bande dessinée après la lecture d’une petite annonce dans France Soir annonçant un concours de BD organisé par un éditeur. Il imagina Clopinard, un vieux grognard de l’armée napoléonienne ayant perdu un œil et un pied pendant une bataille. Paris grouillait alors de petites maisons d’édition et d’agences de presse spécialisées dans le dessin d’humour et la BD. L’autodidacte, qui a américanisé son nom en « Al Uderzo », frappa à leur porte. Il conçut pour elles une parodie de Tarzan, qu’il appela « Zartan » puis « Zidore l’homme macaque ». Il reprit également une série américaine, Captain Marvel Junior, publiée dans un journal belge.

« Reporteur-dessinateur »

Plusieurs personnages naquirent durant ces années de formation, notamment Arys Buck, un jeune géant doté d’une force herculéenne accompagné d’un nain appelé Castagnasse, affublé d’un gros nez, de grosses moustaches et d’un casque ailé – les prémices d’Astérix. Le jeune artiste acheta sa première table à dessin, qu’il a conservé toute sa vie. Il s’installa chez ses parents, dans la salle à manger.

Le service militaire interrompit sa carrière, qui redémarra, en 1950, dans les colonnes de France Dimanche, où Albert Uderzo fut promu au rôle de « reporteur-dessinateur », dont la fonction consistait à pallier l’impossibilité d’envoyer un photographe sur les lieux d’un fait divers. Il a croqué, entre autres événements, une bagarre mémorable entre députés dans les rangs de l’Assemblée nationale. De l’Astérix avant l’heure, là aussi.

« Astérix est plutôt petit, malingre, pas beau, contrairement à l’usage qui impose que l’on crée des héros bien faits afin que les enfants s’identifient à eux »

Albert Uderzo se lia alors à Yvon Chéron, le responsable de l’agence belge International Press, qui lui présenta son beau-frère, Georges Troisfontaines, le directeur d’une autre agence spécialisée dans la livraison de contenus dessinés, la World Press. Il y fit la connaissance de Victor Hubinon, Eddy Paape, Mitacq, Jean-Michel Charlier, qui feront tous, plus tard, les riches heures de la BD franco-belge.

Il y rencontra également un jeune dessinateur arrivé directement des Etats-Unis : René Goscinny. Le courant est passé immédiatement entre eux : « Après être tombés d’accord sur l’urgence qu’il y a à apporter du sang neuf [à la bande dessinée], nous décidons de travailler en collaboration, lui pour le scénario, discipline où il se sent plus à l’aise, et moi pour le dessin, qui me convient mieux. J’ai 24 ans, lui 25, et nous voulons refaire le monde avec toute l’inconscience et toute l’audace de notre jeunesse », écrit-il dans ses Mémoires.

Leur première collaboration fut une rubrique consacrée au savoir-vivre, publiée dans l’hebdomadaire féminin Les Bonnes Soirées en 1951. Un peu plus tard, Goscinny et Uderzo se lancèrent dans les aventures d’un jeune peau-rouge du nom d’Oumpah-Pah, que l’éditeur belge Dupuis refusa, tout comme les éditeurs américains à qui René Goscinny montra les premières planches. Il fallut attendre 1958 pour que la série connaisse un petit succès, dans les pages du Journal de Tintin.

Entre-temps, le torchon a brûlé à la World Press, qui a licencié quatre de ses collaborateurs, dont Goscinny et Uderzo, coupables d’avoir voulu créer une association pour la défense de leur statut d’auteurs. Deux sociétés, à la fois agence de presse et de publicité, sont nées de cette crise : EdiFrance et EdiPresse, qui lancèrent Pilote en 1959.

Le mythe est en marche

Le premier numéro, le 29 octobre de cette année-là, vit apparaître deux séries sous le crayon d’Uderzo : Tanguy et Laverdure, duo d’aviateurs imaginé par Jean-Michel Charlier, et Astérix. Alors que Goscinny et Uderzo étaient plutôt partis sur une adaptation en BD du Roman de Renart, l’idée de ce petit Gaulois facétieux et bagarreur leur était venue, deux mois plus tôt, lors d’une soirée dans l’appartement HLM que le dessinateur occupait à Bobigny. Le mythe est en marche. Uderzo écrit :

« Mes premiers croquis laissent apparaître un personnage assez grand pour rester proche de l’image des Gaulois qui est véhiculée. René me soumet alors l’idée d’un personnage plutôt petit, malingre, pas forcément intelligent, pas beau mais roublard et futé, contrairement à l’usage en vigueur qui impose que l’on crée des héros bien faits afin que les enfants s’identifient à eux. »

Publiée en album, la première histoire d’Astérix, Astérix le Gaulois, connut des débuts modestes, les éditions Dargaud n’imprimant que 6 000 exemplaires. « Je me souviendrai toujours du monsieur de chez Dargaud qui s’occupait des ventes – un type imbu de lui-même qui se promenait dans les couloirs avec des bottes et une cravache. Un jour, je lui dis : “Ecoutez, monsieur, pourquoi ne tirez-vous pas davantage notre album ?” Il m’a répondu : “Monsieur, quand vous atteindrez les 30 000 exemplaires, on en reparlera…” Quand nous sommes arrivés au million, il n’était plus dans la maison, malheureusement », racontait Albert Uderzo au Monde en novembre 2015.

Le deuxième épisode, La Serpe d’or (1962), fut tiré à 20 000 exemplaires, et le troisième, Astérix et les Goths (1963), à 40 000. Les courbes de vente ne cessèrent plus dès lors de progresser, de manière exponentielle. Elles continuèrent de progresser après la mort prématurée de René Goscinny en 1977, à l’âge de 51 ans, Albert Uderzo ayant décidé de reprendre seul, la série, affichant au grand jour de réelles faiblesses en tant que scénariste.

Lui qui disait ne pas « avoir à rougir de [son] parcours », même s’il voyait en André Franquin, le créateur de Gaston Lagaffe, « le plus grand dessinateur de BD » ayant jamais existé, avait arrêté de dessiner il y a quelques années. Faire une simple dédicace lui était devenu impossible. « Je n’ai plus du tout la main, disait-il. Ça me travaille et me chagrine. Je me rends compte du plaisir que cela me procurait de terminer un travail. Je ne dis pas que ce que je faisais était merveilleux. Mais j’avais la satisfaction de progresser. Et cela me suffisait. »

Source : Frédéric Potet - LeMonde.fr
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