FNCV Infos et Actualités des Combattants Volontaires

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lundi 23 octobre 2017

Finance : Transport aérien stratégique - Enquête du Parquet financier

Étant donné que les moyens de l’armée de l’Air en matière de transport aérien stratégique sont plus que limités et que les besoins ne cessent de croître dans ce domaine, le ministère des Armées a recours des sociétés privées, généralement russes et ukrainiennes, qui disposent d’avions gros porteurs de type N-124, IL-76 et AN-225.

Deux types de procédures pour l’affrètement aérien existent : celle basée sur le contrat SALIS, dans le cadre de l’Otan, et celle dite « à bons de commande », dont le marché a été attribué à la société International Chartering Systems (ICS), qui, elle-même, fait appel à des sous-traitants (Transaviaexport, Ukraine Air Alliance, Flight Unit 224 – TTF Air 224 TH et Aviacon Zitotrans). Ce qui représente une charge importante au niveau financier.

S’agissant des affrètements via le dispositif SALIS, il n’y a pas de surprise. En 2017 comme en 2016, le coût de l’heure de vol (38.600 euros tout de même) n’a pas changé. En revanche, il en va tout autrement pour la procédure à bons de commande, la société ICS ayant augmenté ses tarifs de 37% en un an, ce qui fait qu’une heure de vol est facturée 67.500 euros au lieu de 49.000 euros.

De quoi faire tousser les magistrats de la Cour des Comptes, lesquels ont saisi, nous apprend le quotidien Le Monde, le Parquet national financier (PNF) avant l’été. Ce qui pose problème est l’opacité qui entoure le marché attribué à ICS. Un point qui avait déjà été souligné par la rue Cambon en octobre 2016, qui avait constaté des « anomalies. »

Puis, en mars, le député François Cornut-Gentille s’était interrogé sur ce recours « privilégié » des Armées à ICS depuis plusieurs années. Recours qui, selon lui, « défie la logique financière ». Autre élément qui a troublé le parlementaire : le ministère paie les factures de cette société via un compte à Singapour, ce qui est toutefois légal. D’après Le Monde, il a adressé une nouvelle question écrite pour interpeller Mme le ministre des Armées, Florence Parly, sur ce dossier.

Source : Zone Militaire

 
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samedi 14 octobre 2017

Marine nationale : Projet d'alliance avec l'Italie pour la construction des navires de surface

En juillet 2017, peu après l’annonce de la nationalisation « temporaire » du chantier naval STX France, faute d’avoir pu trouver un accord sur sa reprise par le groupe italien Fincantieri, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait annoncé son intention d’étendre les discussions avec Rome à la construction navale militaire.

« Jusque-là, on partait sur une base de coopération dans le secteur industriel civil : la réalisation de paquebots de plaisance, pour résumer. Eh bien, nous disons à nos amis italiens : regardons aussi ce que nous pouvons faire dans le secteur militaire, dans les navires de surface précisément, et bâtissons un grand champion de l’industrie navale européenne », avait en effet déclaré M. Le Maire, dans les colonnes du Journal du Dimanche.

En quelque sorte, mettre sur la table la perspective d’une telle coopération dans la construction navale militaire devait permettre à Paris d’arrondir les angles avec les autorités italiennes, froissées par la nationalisation temporaire de STX France.

Le 1er août 2017, ayant exprimé « leur intention de dépasser leurs différences sur l’équilibre de la structure du capital de STX » dans une déclaration conjointe, les ministres français et italiens en chargé de ce dossier ont « exprimé leur souhait de faciliter la création d’une industrie navale européenne plus efficace et plus compétitive. Ils partagent l’objectif d’avancer vers une alliance forte entre les deux pays, à la fois dans le domaine civil et militaire. »

Et d’ajouter : « Rapprocher les forces de Fincantieri, de STX et de Naval Group permettrait de créer un leader européen global qui aura pour objectif d’être le plus grand exportateur sur les marchés civils et militaires, avec une activité significative dans les systèmes et les services. »

L’alliance entre Naval Group (ex-DCNS) et Fincantieri, qui ont déjà travaillé ensemble par le passé (FREMM, frégates Horizon) refaisait ainsi surface, après avoir été évoquée à plusieurs reprises au cours de ces dernières années. Seulement, comme le dossier de la reprise de STX est lié, l’affaire s’annonce compliquée, d’autant plus que Rome n’a pas changé d’idée et réclame toujours la majorité du capital du chantier naval de Saint-Nazaire.

Quoi qu’il en soit, le 5 septembre, à l’occasion de l’Université d’été de la Défense, la ministre des Armées, Florence Parly, a fait part de sa détermination à nouer une alliance avec l’Italie dans le domaine de la construction navale militaire.

« Nous travaillons avec nos collègues italiens à la constitution d’une alliance entre les industries navales militaires française et italienne, dans le domaine des bâtiments de surface, avec l’ambition de constituer à terme un leader mondial », a déclaré la ministre, depuis la base navale de Toulon. « Ce projet ambitieux avance, en concertation étroite avec les industriels concernés », a-t-elle ajouté, sans donner de détails.

Reste à connaître les modalités qui seront retenues pour ce rapprochement. Sera-t-il question de participations croisées ? De former une co-entreprise sur le modèle de l’alliance de Nexter et de Krauss Maffei Wegmann dans le secteur de l’armement terrestre ?
Quid de l’activité civile de Fincantieri, alors que Naval Group est absent du marché des paquebots mais détient une compétence reconnue dans le domaine des sous-marins (qui ne fera pas partie de l’accord) ?

Quelle valeur, dans ces conditions, aura l’ex-DCNS, dont le carnet de commandes est bien rempli grâce, notamment, au contrat visant livrer 12 submersibles Shortfin Barracuda ? Enfin, que deviendra Kership, l’entreprise que le groupe a créée avec le chantier naval Piriou ? Les réponses à ces questions (ainsi qu’à d’autres) devraient sans doute être données lors du sommet annuel franco-italien, le 27 septembre 2017.

Source : Zone Militaire

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samedi 12 août 2017

Général de Villiers : Déclarations de l'ex-CEMA devant les députés de la commission de la Défense

Que n’a-t-on pas lu et entendu après le « recadrage » du général de Villiers, alors chef d’état-major des armées (CEMA) par le président Macron !

On a vu des éditorialistes, prendre l’air docte en rappelant que, dans notre République, les « armes cèdent à la toge » (sans pour autant le dire en latin – Cedant arma togae – ce qui aurait eu plus de classe), faire des parallèles plus que douteux avec le putsch des généraux à Alger, assimiler les militaires à de la chair à canon pour mieux affirmer que, après tout, le budget des Armées était déjà bien suffisant, si pas trop élevé, etc… Même un ministre y est allé de son couplet en parlant de « poète revendicatif ».

Bref, tout ce beau monde, dont ignorait qu’il s’intéressait d’aussi près à la chose militaire, aurait mieux fait d’attendre (faute de réfléchir) le compte-rendu de l’audition du général de Villiers par les députés de la commission de la Défense plutôt que de commenter un phrase sortie de son contexte et rapportée à la presse au mépris des règles. Audition, tenue à huis-clos, à l’origine de son « recadrage » et de sa démission.

Ainsi, alors qu’il venait d’apprendre, par voie de presse, que le budget des Armées allait être amputé de 850 millions d’euros, le général de Villiers a rappelé aux députés les quatre principales responsabilités d’un CEMA lesquelles sont, « sous l’autorité du président de la République », le commandement de toutes les opérations militaires, la définition du format d’ensemble des armées et de leur cohérence capacitaire et les relations avec les armées étrangères et les structures militaires de l’Otan ainsi que de l’Union européenne.

Après avoir fait l’état des menaces et de leurs caractéristiques, le général de Villiers a fait part de ses préoccupations, en rappelant les efforts fournis par les Armées depuis 10 ans. « Le ministère de la Défense a été le plus important contributeur de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le modèle s’est alors contracté autour d’un cœur de métier minimaliste, fragilisant du même coup sa cohérence d’ensemble, au moment même où il était davantage sollicité. Lorsque les engagements sont en hausse et le budget, en baisse, j’appelle cela un grand écart. À ceux qui en douteraient, je le dis et je le répète : on a déjà donné, on a déjà tout donné », a-t-il dit, comme il avait d’ailleurs déjà fait lors d’une audition précédente.

« Il faut maintenant revivifier notre modèle, ce qui, d’ailleurs, n’exclut pas de poursuivre notre transformation permanente et nos réformes de structure pour être toujours plus efficients. Je souscris à la feuille de route qui a été envoyée par la ministre des Armées au Premier ministre en ce sens », a continué le général de Villiers.

Puis, l’ancien CEMA a abordé les questions budgétaires, sous l’angle de la condition des militaires. « En ce domaine, nous ne pouvons différer les mesures concrètes. Nos armées sont composées à 63 % de contractuels. À l’horizon 2025 – date à laquelle le budget de la défense devrait atteindre la cible de 2 % du PIB –, une majorité d’entre eux aura déjà quitté l’institution. C’est donc dès 2017-2018 que l’effort doit être fourni! », a-t-il dit.

Et d’insister : « Les familles, elles aussi, attendent un geste. Elles souffrent de l’absence accrue de leur conjoint et de l’imprévu. À cela s’ajoutent des difficultés d’accès à l’emploi ou au logement, notamment en région parisienne, où de jeunes officiers et sous-officiers n’ont pas les moyens de se loger! […] on ne va pas continuer comme cela et attendre 2025! »

Ensuite, le général de Villiers a fait valoir que la fin de gestion 2017 devait « absolument être préservée ». « En opérations extérieures comme sur le territoire national, nos armées assurent la sécurité des Français au quotidien, dans des conditions souvent très difficiles. Comment imaginer ne pas leur donner les moyens nécessaires pour remplir leurs missions? Les exécutions budgétaires ont été préservées en 2015 et 2016. Cela doit être le cas également en 2017, car les armées ne sont pas moins sollicitées, loin s’en faut », a-t-il dit.

Ensuite, l’ancien CEMA a souligné que, pour tenir l’objectif des 50 milliards d’euros pour 2025 (hors pensions et hors surcoûts des opérations extérieures), il était essentiel de ne pas rater la première marche, c’est à dire la loi de finances 2018. « Je ne suis pas un lapin de six semaines : je sais bien que, si l’objectif de 50 milliards est fixé à 2025 et que la courbe d’évolution du budget démarre très bas, l’élévation de cette courbe ne se produira qu’en fin de période. Nous connaissons la ficelle de cette ‘remontée tardive’ et l’avons déjà expérimentée sous les deux quinquennats précédents », a-t-il affirmé.

L’équation pour la loi de finances 2018 est « simple », a enchaîné le général de Villiers. « Après mise sous contrainte, le socle budgétaire ressort à 34,8 milliards d’euros, dont 32,8 milliards ouverts en loi de finances initiale auxquels il faut ajouter, d’une part, le milliard d’euros décidé par le président Hollande lors du conseil de défense du 6 avril 2016 et correspondant aux besoins supplémentaires indispensables pour faire face à la menace terroriste […]; plus 200 millions d’euros décidés ces derniers mois pour financer le service militaire volontaire, la garde nationale avec l’augmentation du nombre de réservistes et les mesures de condition du personnel », a-t-il énuméré.

En outre, il faudra également ajouter « 600 millions d’euros pour soutenir le surcroît d’engagement de nos forces et atténuer le sous-dimensionnement chronique de certains soutiens, dont l’infrastructure et enfin, 200 millions d’euros pour renforcer à très court terme la protection de nos hommes, à titre individuel et pour les équipements. »

Puis, le général de Villiers a été interpellé par plusieurs députés sur le coup de rabot de 850 millions annoncé la veille de son audition par le ministre de l’Action et des Comptes publics.

« Je ne peux guère vous en dire davantage sur les conséquences qu’aurait l’annulation de 850 millions d’euros de crédits, non pas parce que je cherche à éviter le sujet, mais parce que la décision n’a pas encore été officiellement prise par le président de la République. Attendons qu’elle le soit; en attendant, j’ignore si nous appliquerons la batterie de mesures possibles, car cela dépendra, encore une fois, du niveau de report de charges et de crédits, de la manière dont cette annulation s’articulera avec d’autres annulations et gages dans le cadre de la gestion budgétaire globale et du niveau des opérations extérieures », a répondu l’ancien CEMA.

« À l’évidence, le budget ne correspond pas à ce que j’avais demandé […] ni à ce qu’a demandé la ministre des Armées. Cela étant dit, je ne peux guère vous apporter davantage de précisions tant que la décision n’est pas officiellement prise; lorsqu’elle le sera, si elle devait l’être, votre président [Jean-Jacques Bridey] sera informé des mesures concrètes de décalage qui seront prises – puisqu’il faudrait procéder à des décalages, étant donné que je ne vois pas d’autre solution que de faire porter de telles demandes d’économies sur l’équipement des forces », a toutefois lâché le général de Villiers.

Et si une phrase devait être retenue contre lui dans le procès que quelques éditorialistes lui ont fait, c’est celle-ci : « La souveraineté économique ne s’oppose pas à la souveraineté de défense, bien au contraire. Reste qu’il faut trouver entre les deux une voie juste et équilibrée»

Mais le général de Villiers s’en est expliqué : « Le coût du renoncement serait potentiellement très élevé. Comme chef d’état-major des armées, je ne vois pas d’autre alternative que celle du désengagement opérationnel inéluctable, par manque de moyens. Se résoudre à l’option du désengagement ne se résume pas à la seule décision de quitter un théâtre d’opération. Se désengager, c’est choisir en réalité quel dispositif, intérieur ou extérieur, alléger. C’est décider quel théâtre quitter alors que les opérations qui y sont conduites contribuent à notre sécurité. C’est accepter de peser de façon moins déterminante sur la protection des Français. C’est laisser à d’autres le soin d’influer sur les grands équilibres internationaux. »

Bref, « ce serait revoir nos ambitions à la baisse, au moment même où de très nombreux États, déraisonnables pour certains, aspirent à faire entendre leur voix dans le concert des nations. Une telle décision serait respectable, mais il faut que, politiquement, les choses soient claires », a-t-il fait valoir.  

Source : Zone Militaire
 
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dimanche 6 août 2017

Armement : Achat de 477 VBMR Griffon et EBRC Jaguar envisagé par le ministère de la Défense belge

La Belgique veut commander 477 véhicules blindés auprès de la France pour 1,1 milliard d’euros.

Le ministère belge de la Défense a annoncé, ce 22 juin 2017, son intention d’acquérir, auprès de la France, 417 Véhicule blindé multi-rôles (VBMR) « Griffon » et 60 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) « Jaguar », dans le cadre de son programme « Camo » [capacité motorisée, ndlr]. Le montant de cette opération, qui passera par un accord de gouvernement à gouvernement, est évalué à 1,1 milliard d’euros.

En effet, les Griffon et les Jaguar sont actuellement développés par Nexter Systems, Renault Trucks Defense et Thales pour les besoins du programme SCORPION, lequel vise à renouveler une partie des blindés de l’armée de Terre. En avril, le ministère français de la Défense a commandé 319 VBMR (sur 1.722 attendus) et 20 EBRC (sur 248 prévus).

S’agissant de la composante terrestre de la Défense belge, ces véhicules remplaceront les Dingo II et les Piranha III actuellement utilisés par ses 5 bataillons de manœuvre. Les Griffon et les Jaguar entreront en service entre 2025 et 2030. Et « partenariat étroit avec la France » devrait bientôt prendre forme.

« L’objectif est d’établir un partenariat fondé sur des véhicules de combat français et belges identiques. La Belgique et la France auront, entre autres, une organisation commune et la formation, l’entraînement et le soutien logistique seront organisés conjointement », a expliqué le ministère belge de la Défense.

Et ce dernier d’ajouter : « Comme annoncé dans la vision stratégique, l’opérationnalité et l’efficacité des forces terrestres belges sont ainsi renforcées et, en même temps, la construction d’une défense plus européenne, de bas en haut. »

« Avec cet investissement, le gouvernement choisit explicitement de moderniser les forces terrestres motorisées existantes afin que celles-ci puissent continuer à rester le fer de lance de l’engagement belge dans le cadre de la sécurité collective. Les nouveaux véhicules de combat sont nécessaires pour continuer à jouer un rôle dans les opérations et pour assurer la sécurité individuelle des militaires », a fait valoir Steven Vandeput, le ministre belge de la Défense.

Cela étant, cette décision peut être vue comme étant un signal positif pour la candidature du Rafale F3R à l’appel d’offres lancé par Bruxelles pour remplacer ses F-16, dans le cadre du programme Air Combat Capability (ACCap), même si deux appareils européens – l’Eurofighter Typhoon et le Gripen E/F – sont en lice.

Enfin, ce choix dela Belgique en faveur du Griffon et du Jaguar pourrait influencer le choix du repreneur de Renault Trucks Defense, dans la mesure où le belge CMI Group s’est porté candidat.

Source : Zone Militaire


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jeudi 27 juillet 2017

Economie : Les industriels de l’armement dans le collimateur du président MACRON

Le budget alloué aux Armées pour l’année 2017 prévoyait une enveloppe de 17,3 milliards d’euros au titre de l’équipement des forces (programme 146). De quoi commander la rénovation de 45 Mirage 2000D, 15 pods de désignation laser de nouvelle génération, 20 engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, 319 blindés Griffon, un premier lot de véhicules blindés légers (VBL) régénérés, 12.000 fusils HK-416, 23 véhicules lourds pour les forces spéciales et un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de type Barracuda.

Seulement, les 850 millions d’euros d’économies demandés au ministère des Armées, dans le cadre des mesures prises pour la maîtrise des finances publiques (qui représentent 56% du PIB, faut-il le rappeler) seront prélevés sur le budget des équipements, ce qui se traduira par une baisse de 5% de ce dernier.

Pour autant, le président Macron assume pleinement cette décision. Et il l’a encore répété au Journal du Dimanche, ce 16 juillet, avant de revenir sur son « recadrage », deux jours plus tôt, du général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées (CEMA), qui a vivement protesté contre cette nouvelle ponction lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« La République ne marche pas comme ça. Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », a-t-il lancé.

Seulement, le général de Villiers n’a fait que son travail et son devoir, qui est de dire la vérité aux parlementaires. Pour rappel, selon ses attributions, il est le responsable de « l’expression du besoin en matière de ressources humaines civiles et militaires des armées », de la « définition du format d’ensemble des armées et de leur cohérence capacitaire » et de la « préparation et de la mise en condition d’emploi des armées. »

Aussi, au vu des engagements des forces actuellement (et ce n’est pas lui qui décide des opérations), le CEMA est parfaitement dans son rôle quand il défend le budget des armées afin de pouvoir exécuter au mieux les missions que lui confie l’exécutif.

« Il a donc toute ma confiance », a assuré M. Macron en parlant du général de Villiers. Mais à la condition de « savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l’Armée », a-t-il ajouté.

Mais, selon le JDD, le président Macron a aussi visé les industriels de l’armement. Réfutant « l’idée selon laquelle la meilleure armée serait forcément la plus riche » [qu’il se rassure, il y a encore de la marge pour arriver à la hauteur de l’armée américaine, ndlr], M. Macron s’en est pris aux industriels de l’armement.

« Moi, j’ai des soldats sur des théâtres d’opération, des gens qui attendent beaucoup, je les respecte, je leur dois la protection : l’intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels », a en effet lancé le chef de l’État. Voilà un point qui aurait mérité quelques développements supplémentaires…

Cela étant, il est vrai que les industriels de l’armement s’inquiétent des coupes budgétaires annoncées. Le 12 juillet, Éric Trappier, le Pdg de Dassault Aviation, dont l’activité dépend en grande partie du secteur de l’aviation d’affaire, a appelé à ne pas relâcher « notre effort de défense».

« Si les investissements dans la préparation de l’avenir devaient encore être victimes d’arbitrages budgétaires, ce sont les capacités de notre filière industrielle de continuer à fournir les matériels les plus performants qui pourraient être hypothéquées à terme. De grandes ruptures technologiques sont devant nous (intelligence artificielle, numérique, connectivité, furtivité…). Si nous les ratons, le décrochage technologique et industriel sera inévitable, et notre liberté de décision et d’action, sans laquelle il n’y a pas de souveraineté, sera remise en cause. Comme seront également remises en cause nos capacités de nous adresser au marché export face à une concurrence qui aura, elle, relevé ces défis technologiques », a ainsi prévenu M. Trappier?

Pour rappel, au cours de ces deux dernières années, l’industrie la base industrielle et technologique de défense (BITD) française, qui compte 4.000 PME et une dizaine de grands groupes, a reçu plus de 30 milliards d’euros commandes à l’exportation. En France, elle représente 4% de l’emploi industriel, soit 165.000 emplois directs non délocalisables et de haute technicité. Ses bonnes performances à l’exportation laissent présager la création de 30.000 à 40.000 emplois supplémentaires dans les années à venir.

Source : Zone Militaire


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lundi 24 juillet 2017

Budget des armées : Augmentation de 1,2 milliard... Va-t-on vers un apaisement de la polémique ?

La ministre des Armées dit avoir obtenu le dégel de 1,2 milliard d’euros de crédits. 

Se pencher sur le budget des armées n’est pas simple pour le néophyte, surtout en ce moment, avec l’avalanche de chiffres donnés par l’exécutif. Résumons : pour 2017, le Parlement a alloué 32,7 milliards d’euros (dont 300 millions de recettes exceptionnelles) de à la mission « Défense ».

Sur ce montant, il a été annoncé, puis confirmé, que 2,7 milliards avaient été gelés par la précédente équipe gouvernementale. Cette pratique n’a rien d’inhabituelle : on y a droit chaque année. Il revient au ministre des Armées d’obtenir qu’ils soient débloqués au plus vite alors que Bercy souhaite au contraire les « garder au chaud » le plus longtemps possible, voire carrément les annuler.

Déjà, la ministre des Armées, Florence Parly, a perdu une première manche : 850 millions d’euros ont été annulés par le ministère de l’Action et des Comptes publics. Cette somme correspond à celle qui manquera pour financer les opérations extérieures, pour lesquelles 450 millions d’euros avaient été initialement provisionnés dans le budget des Armées.

Normalement, si la Loi de programmation militaire avait été respectée à la lettre, ces 850 millions d’euros aurait dû faire l’objet d’un financement interministériel, comme le veut la pratique depuis une dizaine d’années. Mais ce ne sera donc pas le cas : ils seront donc prélevés sur le programme 146 « Équipement des Forces ». Cette annonce a été à l’origine de la première crise du quinquennat de M. Macron, marquée par la démission du général Pierre de Villiers, alors chef d’état-major des armées (CEMA).

Avec 850 millions annulés, restait donc à Mme Parly d’obtenir le dégel de 1,85 milliard. Et visiblement, d’après ce qu’elle a affirmé dans les colonnes du Journal du Dimanche, elle pu en arracher 1,2 milliard à Bercy.

« Je suis en discussion pour que des crédits gelés en 2017 soient dégelés. C’est déjà le cas depuis jeudi pour 1,2 milliard d’euros qui nous seront restitués par anticipation dès ce mois-ci », a expliqué la ministre. Le 20 juillet, Mme Parly a rencontré, tôt le matin, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, avant de s’envoler vers Istres avec le président Macron.

Si ce dégel devrait permettre à la Direction générale de l’armement (DGA) d’éviter une cessation de paiement, la coupe de 850 millions d’euros pourrait accroître le report de charges de cette dernière. Report qui a déjà atteint le niveau, préoccupant, de 3,1 milliards d’euros fin 2016.

Cela étant, cette annonce, qui vient fort à-propos après les tensions de ces derniers jours, peut donner le sentiment à l’observateur peu au fait des questions budgétaires que le budget des Armées a été augmenté. Or, il n’en est évidemment rien. Comme le rappelle le député (LR) François Cornut-Gentille, rapporteur spécial des crédits de la défense à la commission des Finances, ce dégel « ne constitue pas un cadeau fait aux armées mais le strict respect de la loi de finances initiale. »

« Je me suis engagée à ce que les annulations de crédits n’aient pas d’impact sur le fonctionnement des armées en 2017, notamment pour les militaires en opération. C’est donc sur les grands programmes d’équipement que les ajustements seront faits par lissage », a par ailleurs souligné Mme Parly, sans donner de précision sur les programmes affectés par les coupes.

« Pour 2018, le budget de la défense augmentera de 1,8 milliard, ce qui fait une croissance de 5 % par rapport à 2017. Et, dans cette augmentation confirmée par le Président à Istres pour 2018, il est prévu 200 millions d’euros qui seront affectés à de l’équipement de base pour les militaires », a également dit la ministre, qui s’est vantée d’avoir obtenu le « meilleur budget de la Défense depuis 10 ans. » Sur ce point, on jugera au moment de son exécution.

 Source : Zone Militaire


 
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samedi 24 juin 2017

Indonésie : DCNS a signé un protocole d’accord pour moderniser la marine

Avec une croissance de son PIB de 5% en 2016, l’Indonésie est sans nul doute l’un des pays les plus dynamiques, sur le plan économique, d’Asie du Sud-Est. Dans le même temps, après des années d’embargo sur les armes imposé par les États-Unis entre 1991 et 2005 en raison de la situation au Timor, les besoins des forces armées indonésiennes sont importants. D’où d’ailleurs, l’objectif de Jakarta de porter ses dépenses militaires à 20 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), elles ont déjà augmenté de 150% entre 2006 et 2015.

Aussi, le marché indonésien de la Défense a de quoi intéresser les industriels européens et français de l’armement. Récemment, Nexter a décroché un nouveau contrat pour livrer 18 CAESAR (camion équipé d’un système d’artillerie) supplémentaires, après une première commande portant sur 37 exemplaires. Et, il y a quelques jours, Jakarta a confirmé son intention d’acquérir des avions de transport A400M Atlas auprès d’Airbus.

Dans le secteur maritime, DCNS n’est pas en reste. En marge de la visite du président Hollande en Indonésie, le 30 mars 2017, l’industriel français a signé un protocole d’accord avec le constructeur naval PT PAL pour renforcer leur coopération dans les domaines des sous-marins et des navires de surface, dans le cadre du dialogue de défense franco-indonésien (IFDD, Indonesia France Defense Dialogue).

Cela fait maintenant quelques années que DCNS espère livrer des sous-marins Scorpène 1000 à Jakarta. Ce navire « est particulièrement adapté pour la marine indonésienne, compte-tenu du fait qu’il s’agit d’un archipel », expliquait le constructeur naval français, en octobre 2015. « Ce sous-marin a été conçu pour naviguer dans des eaux peu profondes et il est très difficile à détecter à cause de la faible profondeur des eaux littorales », avait-il aussi fait valoir.

Actuellement, la marine indonésienne dispose de deux sous-marins Type 209 d’origine allemande. Et trois autres, acquis auprès de la Corée du Sud, seront prochainement mis en service.

Dans son communiqué annonçant la signature de ce protocole d’accord, DCNS rappelle qu’il a déjà coopéré, ces dernières années, avec PT PAL pour « identifier la meilleure solution industrielle permettant aujourd’hui d’offrir un sous-marin à usages multiples de la dernière génération de la classe Scorpène ». Il s’agit désormais d’aller plus loin en étudiant de nouvelles possibilités concernant les corvettes et les frégates, c’est à dire les navires Gowind 2500, les FREMM, voire les frégates de taille intermédiaire (FTI).

« En tant que leader européen des systèmes de combat naval, concepteur de navire de guerre et constructeur, DCNS s’est engagé à établir des partenariats à long terme avec l’industrie indonésienne pour améliorer ses capacités et ses compétences sur des systèmes de haute technologie », a commenté Hervé Guillou, le PDG de DCNS.

Et d’ajouter : « Notre coopération avec le plus grand chantier naval indonésien PT PAL illustre parfaitement cette ambition et nous sommes impatients d’apporter notre solide expertise en matière de transferts de technologie sur des programmes navals complexes, afin de développer des projets industriels et la capacité opérationnelle de la marine indonésienne. »

Source : Zone Militaire


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dimanche 18 juin 2017

Flyboard Air : Une invention marseillaise interdite de vol par les autorités françaises

A l’été 2016, la société américaine Implant Sciences Corporation (ISMC), alors spécialisée dans la détection d’explosifs, annonçait avoir signé une lettre d’intention (LoI) pour acquérir Zapata Industries, avec l’idée de trouver des applications militaires aux technologies développées par cette jeune pousse (start-up) marseillaise.

En effet, l’entreprise française, dirigée par Franky Zapata, un ancien champion de jet-ski, a mis au point le Flyboard Air, c’est à dire une sorte de planche de surf volante pouvant atteindre les 10.000 pieds d’altitude et la vitesse maximale de 150 km/h. Et cela grâce à 6 moteurs et surtout grâce à un algorithme qui ajuste en permanence l’inclinaison des 4 turbo-réacteurs ainsi que la vitesse des turbines latérales. Les résultats, abondamment diffusés sur les réseaux sociaux, sont spectaculaires.

De quoi remettre au goût du jour un le HZ-1 Aerocycle, un concept imaginé dans les années 1950 par la société américaine De Lackner pour des missions de reconnaissance… Cela étant, ISMC n’a, a priori, pas pu être en mesure de financer l’acquisition de Zapata Industries (pour 15 millions de dollars). En novembre 2016, d’après le site boursier Seeking Alpha, qui citait un document de la Securities and Exchange Commission [SEC, gendarme de la Bourse américaine, ndlr] l’entreprise a fait savoir qu’elle jetait l’éponge.

Mais visiblement, cet épisode a coïncidé avec le début des ennuis de Franky Zapata. L’entrepreneur a en effet été prié de mettre un terme aux vols du Flyboard Air. Convoqué, a-t-il dit, par la Gendarmerie de l’Air, il a été menacé d’être mis en examen et condamné à une peine de prison en cas de récidive.

« J’ai enfreint trois lois : la conduite d’un aéronef sans permis, la conduite d’un aéronef non homologué [ce qui est normal puisque le Flyboard Air n’a pas d’équivalent, ndlr], et le survol d’une agglomération avec un aéronef. Donc, toutes ces infractions, c’est des peines de prison assez conséquentes, ça peut aller jusqu’à dix ans », a-t-il témoigné auprès de France 3. En outre, il a précisé avoir eu des contacts avec les forces spéciales françaises, qui « ont besoin du produit [le Flyboard Air] pour travailler. »

En clair, la menace qui plane sur Franky Zapata va évidemment entraver le développement de son Flyboard et mettre en péril son entreprise, qui emploie 17 personnes. Ce dernier a d’ailleurs évoqué un départ de France, affirmant avoir « refusé des avances de l’armée américaine ». Au quotidien La Provence, cependant, il a confié qu’il lui a été proposé « d’effectuer ses essais dans une zone semi-militaire, hors de vue du public et des médias. »

Cela étant, l’on peut s’étonner de la réaction si tardive des autorités : les vidéos montrant le Flyboard Air en action sont disponibles depuis des mois sur les sites de partage, où elles ont été vues des millions de fois, et l’on ne compte plus les articles de presse à son sujet.

En attendant, la mésaventure de M. Zapata suscite l’indignation sur les réseaux sociaux, où son message relatant son « coup de gueule » a été relayé plus de 140.000 fois. Une pétition en ligne a même été lancée et elle a recueilli près de 13.000 signatures. Et plusieurs médias ont évoqué son cas. A priori, cette mobilisation a fait bouger les lignes : «Merci beaucoup les amis d’avoir partagé ! Ça bouge et c’est grâce à vous!», a fait savoir l’ex-champion de jet ski sur sa page Facebook.  

Source : Zone Militaire


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mardi 18 avril 2017

France : Billet spécial élections présidentielle...

Sans nommer personne, pour détendre l'atmosphère, laissons la parole à Gérard LENORMAN, qui s'y connaît...

Si j’étais Président...


Gérard Lenorman...

Il était une fois à l'entrée des artistes
Un petit garçon blond au regard un peu triste
Il attendait de moi une phrase magique
Je lui dis simplement : Si j'étais Président

Si j'étais Président de la République
Jamais plus un enfant n'aurait de pensée triste
Je nommerais bien sur Mickey premier ministre
De mon gouvernement, si j'étais président

Simplet à la culture me semble une évidence
Tintin à la police et Picsou aux finances
Zorro à la justice et Minnie à la danse
Est c'que tu serais content si j'étais Président ?

Tarzan serait ministre de l'écologie
Bécassine au commerce, Maya à l'industrie,
Je déclarerais publiques toutes les pâtisseries
Opposition néant, si j'étais Président

Si j'étais Président de la République
J'écrirais mes discours en vers et en musique
Et les jours de conseil on irait en pique-nique
On f'rait des trucs marrants si j'étais Président

Je recevrais la nuit le corps diplomatique
Dans une super disco à l'ambiance atomique
On se ferait la guerre à grands coups de rythmique
Rien ne serait comme avant, si j'étais Président

Au bord des fontaines coulerait de l'orangeade
Coluche notre ministre de la rigolade
Imposerait des manèges sur toutes les esplanades
On s'éclaterait vraiment, si j'étais président !

Chœur des enfants...

Si t'étais Président de la République
Pour nous, tes p'tits copains, ça s'rait super pratique
On pourrait rigoler et chahuter sans risques
On serait bien contents si t'étais Président

Gérard Lenorman...

Je s'rai jamais Président de la République
Vous les petits malins vous êtes bien sympathiques
Mais ne comptez pas sur moi pour faire de la politique
Pas besoin d'être Président, pour aimer les enfants.

Source : Musique et interprétation : Gérard LENORMAN  /  Paroles : Pierre DELANOE

Écoutez en direct la chanson "Si j’étais Président" sur FNCV.COM


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mercredi 5 avril 2017

Armement : La France va à nouveau produire des munitions de petit calibre

Au tournant des années 2000, la France perdit deux capacités industrielles, avec la fermeture du site de la Manufacture d’armes de Saint-Étienne, qui fabriquait le fusil d’assaut « FAMAS », et celle de l’établissement de GIAT Industries implanté au Mans, qui produisait des munitions de petit calibre.

La France, leader mondial de la fabrication des munitions de chasse

Du coup, pour s’approvisionner en cartouches 5,56 mm OTAN, les forces françaises durent alors se tourner vers l’étranger, avec des fortunes diverses, la qualité n’ayant pas été toujours au rendez-vous… Aussi, des parlementaires firent part de leurs inquiétudes.

Mais à chaque fois, le ministère de la Défense se montra rassurant. Quant à l’idée de réinstaller, en France, une filière de munitions de petit calibre, il n’en était pas question. Et d’expliquer : « La quantité de cartouches consommée par les armées françaises apparaît insuffisante pour permettre l’équilibre économique d’une telle filière, qui serait en outre confrontée à une concurrence étrangère capable de satisfaire les besoins de nos forces et extrêmement développée sur ce segment de marché. »

Seulement, il en fallait plus pour convaincre. Certes, les cartouches produites par GIAT Industries étaient chères par rapport à celles disponibles sur le marché international. Mais comme l’ont soutenu les députés Nicolas Bays et Nicolas Dhuicq dans un rapport sur la filière française des munitions, une telle production installée en France permettrait de sauvegarder « l’indépendance et de la souveraineté de nos approvisionnements. »

« La France serait-elle visionnaire en la matière alors que ses voisins ont pour la plupart conservé une industrie nationale de munitions de petit calibre qui alimente nos armées? Comment est-il possible de s’assurer qu’aucun de nos fournisseurs ne sera contraint de cesser ses livraisons en raison d’une législation nationale? Comment est-on certain d’un approvisionnement en cas de conflit majeur et pourquoi serions-nous dans ce cas les premiers servis? Pourquoi, si nos voisins parviennent à faire vivre une industrie de munitions de petit calibre, ne le pourrions-nous pas? », avaient demandé les deux députés.

Et puis, lors de la visite de la poudrerie de Pont-de-Buis [Finistère], le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, apprit que la France était le leader mondial de la fabrication des munitions de chasse. Un paradoxe ! Aussi, au cours d’une audition à l’Assemblée nationale, en octobre dernier, il annonça son intention de relancer la production française de munitions de petit calibre. « Certes, il ne s’agirait pas d’un outil d’autonomie stratégique, mais ce serait un atout important pour notre défense », fit-il valoir, avant de préciser qu’il entendait faire aboutir ce dossier d’ici mai 2017.

La voie était alors étroite : Nexter avait déjà savoir qu’il n’était pas intéressé pour réintroduire une telle filière en France, estimant que les coûts afférents n’en valaient pas la peine. En revanche, TDA Armements, filiale de Thales, s’était montré intéressé.

Finalement, le ministre a largement tenu les délais. À l’occasion d’une nouvelle visite à Pont-de-Buis, ce 17 mars 2017, M. Le Drian a annoncé la création d’une filière française de munitions de petit calibre, avec trois acteurs : Thales, Manurhin pour les machines outils et NobelSport pour la poudre.

« C’est une question de souveraineté nationale », a lancé M. Le Drian aux salariés de NobelSport. « On fait du made in France en action, et pas en paroles », a-t-il ajouté. L’objectif est de produire jusqu’à 100 millions de cartouches par an, principalement destinées aux forces françaises. Cela supposera la création de plusieurs dizaines d’emplois à Pont-de-Buis. 

Source : Zone Militaire


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samedi 25 mars 2017

Armement Export : Nouveau succès du CAESAR avec le Danemark

Le Danemark choisit la dernière version du CAESAR pour moderniser son artillerie 

En 2015, le Français Nexter avait perdu un gros marché au Danemark, son Véhicule Blindé de CombaT d’Infanterie (VBCI) ayant été écarté au profit du Piranha 5 8×8 de Mowag/General Dynamics pour remplacer les blindés de transport de troupes M-113, entrés en service dans les années 1960.

Moins de deux ans plus tard, Nexter, qui fait désormais cause commune avec l’allemand Krauss-Maffei Wegmann au sein du groupe KNDS, a finalement réussi à s’imposer au Danemark avec la dernière version de son Camion équipé d’un système d’artillerie (CAESAR). En effet, le ministère danois de la Défense a annoncé, cette semaine, son intention d’en commander 15 exemplaires (et 6 en option), qui remplaceront les systèmes M-109, en service depuis 1965.

Le K9 Thunder de Samsung Techwin et l’ATMOS (Autonomous Truck Mounted howitzer System) du tandem Elbit/Soltam Systems étaient notamment en lice pour remporter ce marché, dont l’attribution avait été retardée pour des raisons budgétaires.

L’armée danoise disposera donc du CAESAR 8×8, une version plus « robuste » que celle mise en oeuvre par son homologue française. D’une masse d’environ 30 tonnes, il a une capacité accrue d’emport de munitions (30 obus au lieu de 18) pour alimenter son canon de 155 mm et offre une meilleure protection à son équipage, grâce à une cabine blindée de niveau 2A ou 2B.

Cependant, avec ses 30 tonnes, le CAESAR 8×8 est difficilement aérotransportable. Mais, au moment de sa présentation, en septembre 2015, Nexter fit valoir que « beaucoup de clients n’étaient pas intéressés par le transport via C-130 ». Ce qui s’est donc révélé exact.

Il s’agit du second contrat remporté par le CAESAR cette année. Outre les 15 exemplaires destinés au Danemark, l’Indonésie a annoncé, en février 2017, son intention de disposer de 18 unités de plus, lesquelles viendront s’ajouter aux 37 déjà commandées en 2012.

Source : Zone Militaire


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jeudi 23 février 2017

Export Armement : France - Record historique de vente d'armes en 2016

Record historique : 20 milliards de ventes d’armes françaises en 2016

Lors de ses voeux, jeudi 19 janvier 2017 au Musée de la Marine, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian n’a pas caché sa satisfaction en matière d’exportations d’armement. 

Après un record à 17 milliards en 2015, 2016 devrait faire mieux, même si tous les comptes ne sont pas consolidés : les prises de commandes s’élèvent à 20 milliards, grâce notamment au Rafale indien et à la vente de douze sous-marins à l’Australie, le plus gros contrat jamais signé par l’industrie d’armement française. Avant 2013, le montant de ces ventes d’armes se situait autour de 5 milliards par an.

Source : Secret Défense - Jean Luc Merchet


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samedi 14 janvier 2017

Armement exportation : L'armée de l'Air indienne aurait besoin de 200 avions RAFALE supplémentaires....

En septembre 2016, l’Inde signait le contrat portant sur l’acquisition de 36 avions Rafale pour 7,8 milliards d’euros, à l’issue de négociations qui durèrent près d’un an et demi. Pour les observateurs, cette commande était alors suceptible d’en annoncer d’autres, l’Indian Air Force (IAF) ayant en effet exprimé le souhait d’équiper au moins 5 escadrons avec l’appareil de Dassault Aviation (soit 80 unités).

« On a toutes les raisons de penser que les Indiens ont intérêt à acquérir davantage d’avions mais pas à démultiplier les flottes s’ils veulent contenir les coûts de maintien en condition opérationnelle », avait-on d’ailleurs souligné du côté du ministère français de la Défense au moment de la signature du contrat indien.

Pour atteindre les objectifs définis par son contrat opérationnelle, la force aérienne indienne doit disposer de 42 escadrons de chasse. Or, elle n’en compte actuellement que 33. Mais ce « n’est qu’une valeur numérique. Ce qui compte, c’est d’avoir un mélange de capacités », a fait valoir l’Air Chief Marshal Arup Raha, le chef d’état-major de l’IAF, qui partira en retraite le 31 décembre [Il sera remplacé par l'Air Marshal Birender Singh Dhanoa, ndlr].

Selon lui, l’IAF dipose suffisamment de chasseurs lourds Su-30 MKI de facture russe, ces appareils devant rester en service pendant 30 ou 40 ans. Même chose pour les avions « légers » HAL Tejas, commandés 123 exemplaires.

En revanche, pour la catégorie des avions « poids moyens », comme le Rafale, c’est loin d’être le cas. « Nous avons besoin de plus d’avions de cette catégorie », a-t-il dit, le 28 décembre, avant d’estimer à 200 le nombre idéal d’appareils que New Delhi devrait acquérir.

Cela étant, l’Air Chief Marshal Raha aurait pu évoquer l’achat d’un autre avion appartenant à la même catégorie que celle de l’avion français. Mais il a été très clair : le Rafale « est un avion multi-rôle qui peut être utilisé de façon très efficace. Il peut prouver sa valeur en toute situation », a-t-il avancé. « Mais nous venons d’en commander 36 et nous avons besoin de plus d’avions dans cette catégorie ‘poids moyen’ pour disposer de tout le spectre de la capacité », a-t-il insisté.

Un autre dossier avancé par le chef de l’IAF est celui des avions ravitailleurs. Et la question est sensible car les Iliouchine Il-78 qui assurent les missions de ravitaillement en vol accumulent les problèmes techniques et leur maintenance est compliquée. Pour remédier à ce déficit capacitaire, New Delhi a lancé deux appels d’offres pour 6 appareils, chaque fois remportés par l’A330 MRTT d’Airbus. Mais la dernière procédure a été annulée en septembre.

« Malheureusement, il y a eu certains problèmes dans le [processus] d’acquisition. Un nouvel appel d’offres sera bientôt lancé », a assuré l’Air Chief Marshal Raha.

Source : Zone Militaire


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jeudi 20 octobre 2016

Loi de finance 2017 : Revalorisation de la retraite du combattant

La retraite du combattant va être revalorisée.

Mercredi 5 octobre 2016, le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, Jean-Marc Todeschini, a annoncé à la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale la prochaine revalorisation de la retraite du combattant.

Le Projet de loi de Finance pour 2017 prévoit une augmentation de quatre points, deux au 1er janvier et deux au 1er septembre ce qui porterait son montant annuel à 750 € fin 2017 alors qu’elle est de 674 € actuellement, ce qui représente une hausse de 11% sur un an.

« C’est une très bonne nouvelle pour nos anciens combattants qui ont mis leur vie au service de la France et une reconnaissance des services qu’ils ont rendus lors des opérations extérieures menées par les armées françaises », commente le député du Pas-de-Calais et vice-président de la commission, Nicolas Bays.


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vendredi 23 septembre 2016

France : Dassault Aviation vend 36 avions de combat Rafale en Inde...

Dassault signe pour 36 Rafale en Inde... et rêve de 90 de plus

Après neuf ans de négociations, Delhi a enfin signé un contrat pour 36 Rafale, contre 126 prévus dans l'appel d'offres initial. Mais Dassault compte bien surfer sur ce contrat pour placer 90 chasseurs supplémentaires.

C'était l'Arlésienne de l'aviation de combat. Le contrat qu'on n'osait plus évoquer, de peur d'une énième désillusion, d'un report supplémentaire, d'une annulation de dernière minute. Mais neuf ans après le lancement par Delhi de l'appel d'offres initial pour 126 chasseurs, le signe indien a bel et bien été brisé ce vendredi 23 septembre. Dassault a enfin signé, en présence du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, de son homologue indien Manohar Parrikar et des industriels du "Team Rafale" (Dassault, Thales, Safran), un contrat pour 36 Rafale estimé à 8 milliards d'euros, armement compris. "Une décision historique qui ouvre un nouveau chapitre de nos relations", s'est réjoui Jean-Yves Le Drian. Dans son entourage, on souligne que l'accord est le plus gros contrat, en valeur, de l'histoire de l'aéronautique militaire française.

Après des années d'atermoiements, de psychodrames et de négociations tendues, le contrat est donc, cette fois, ferme et définitif. Les livraisons doivent débuter en 2019 et s'étaler sur une trentaine de mois. Les industriels français se sont aussi engagés à réinvestir en Inde 50% du montant du contrat à travers des "offsets" (achat de matériels, investissements dans l'industrie indienne, partenariats, transferts de technologies). Après les 24 appareils commandés par l'Egypte et les 24 autres par le Qatar, le Rafale cumule ainsi 84 commandes export en moins de deux ans. Une passe de trois impensable il y a quelques années.

L'appel d'offres initial aux oubliettes

"36 Rafale en Inde, c'est bien, mais c'est bien moins que les 126 prévus à l'origine", rétorqueront les statisticiens les plus affutés. De fait, l'appel d'offres pour 126 avions, lancé en 2007 et remporté début 2012 par Dassault, s'est révélé impossible à mettre en œuvre. Trop ambitieux, trop complexe, cet accord, qui prévoyait l'assemblage en Inde de 108 des 126 Rafale commandés, avait été jeté aux oubliettes en avril 2015, lors de la visite du Premier ministre indien Narendra Modi à Paris. Et remplacé par une négociation, plus modeste, sur 36 Rafale fabriqués en France à livrer le plus vite possible, dans le cadre d'un accord inter-gouvernemental (AIG). Le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier assure n'avoir aucun regret: "Je préfère une commande réelle de 36 Rafale à un contrat virtuel de 126, indique-t-il. Avec ce contrat, c'est à la fois une histoire qui continue depuis la commande de chasseurs Ouragan par l'Inde en 1953, et l'amorce d'une collaboration avec l'Inde qui va monter en puissance."

Dassault se verrait bien surfer sur le contrat signé pour vendre 90 avions supplémentaires à l'Inde. Le besoin est là, et il est urgent: de l'aveu même de l'armée de l'air indienne, Delhi ne peut compter que sur 32 escadrons de 18 appareils, quand il en faudrait 42 pour faire face aux menaces chinoise et pakistanaise aux frontières. Les Sukhoi Su-30 et MiG-29 russes ainsi que le petit chasseur indien Tejas, en cours de développement, ne suffiront pas à répondre à cet énorme besoin d'avions. D'autant qu'ils ne sont pas aussi multirôle que le Rafale, qui peut aussi bien mener à bien des missions de frappes au sol et de police de l'air que de reconnaissance.

La concurrence sera rude

Encore faudra-t-il devancer les concurrents américains (F-18, F-16), européen (Eurofighter Typhoon) ou suédois (Gripen), qui se sont déjà positionnés sur les fameux 90 avions. Le camp français s'estime bien armé: "Nous avons toutes les raisons de croire que les Indiens ont intérêt à prendre plus de Rafale, assure-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. D'abord, l'Inde a déjà une flotte très éparse d'avions de combat: introduire un nouvel avion américain ou suédois n'aurait pas beaucoup de sens. L'autre raison, c'est que l'Inde finance, dans le cadre du contrat actuel, son propre standard du Rafale. Des commandes supplémentaires permettraient d'amortir ces coûts fixes".

Le Rafale dispose d'un autre atout de poids: à l'inverse du Typhoon, du Gripen, ou du F-16, il est doté d'une version navale, embarquable sur porte-avions, qui a fait ses preuves sur le théâtre irako-syrien. Un argument-clé sur le long terme, l'Inde désirant se doter d'un nouveau porte-avions pour répondre à la montée en puissance de la marine chinoise. Des discussions préliminaires ont déjà eu lieu avec Dassault et la Marine française. "Si les Indiens veulent un chasseur pour leur marine, ça sera un duel France-Etats-Unis", assure Eric Trappier.

Chez Dassault, on se dit en tout cas prêt à jouer le jeu du "Make In India" à 100%. "Nous amorçons une implantations industrielle en Inde, assure Eric Trappier. On va ouvrir une filiale avec un partenaire local. S'il y a d'autres tranches de commandes Rafale, ça aidera, évidemment." L'installation d'une usine d'assemblage sur place n'est pas non plus exclue, en fonction, là encore, des commandes indiennes.

Source : Challenge.fr

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