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Tag - Défense Nationale

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samedi 12 août 2017

Général de Villiers : Déclarations de l'ex-CEMA devant les députés de la commission de la Défense

Que n’a-t-on pas lu et entendu après le « recadrage » du général de Villiers, alors chef d’état-major des armées (CEMA) par le président Macron !

On a vu des éditorialistes, prendre l’air docte en rappelant que, dans notre République, les « armes cèdent à la toge » (sans pour autant le dire en latin – Cedant arma togae – ce qui aurait eu plus de classe), faire des parallèles plus que douteux avec le putsch des généraux à Alger, assimiler les militaires à de la chair à canon pour mieux affirmer que, après tout, le budget des Armées était déjà bien suffisant, si pas trop élevé, etc… Même un ministre y est allé de son couplet en parlant de « poète revendicatif ».

Bref, tout ce beau monde, dont ignorait qu’il s’intéressait d’aussi près à la chose militaire, aurait mieux fait d’attendre (faute de réfléchir) le compte-rendu de l’audition du général de Villiers par les députés de la commission de la Défense plutôt que de commenter un phrase sortie de son contexte et rapportée à la presse au mépris des règles. Audition, tenue à huis-clos, à l’origine de son « recadrage » et de sa démission.

Ainsi, alors qu’il venait d’apprendre, par voie de presse, que le budget des Armées allait être amputé de 850 millions d’euros, le général de Villiers a rappelé aux députés les quatre principales responsabilités d’un CEMA lesquelles sont, « sous l’autorité du président de la République », le commandement de toutes les opérations militaires, la définition du format d’ensemble des armées et de leur cohérence capacitaire et les relations avec les armées étrangères et les structures militaires de l’Otan ainsi que de l’Union européenne.

Après avoir fait l’état des menaces et de leurs caractéristiques, le général de Villiers a fait part de ses préoccupations, en rappelant les efforts fournis par les Armées depuis 10 ans. « Le ministère de la Défense a été le plus important contributeur de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le modèle s’est alors contracté autour d’un cœur de métier minimaliste, fragilisant du même coup sa cohérence d’ensemble, au moment même où il était davantage sollicité. Lorsque les engagements sont en hausse et le budget, en baisse, j’appelle cela un grand écart. À ceux qui en douteraient, je le dis et je le répète : on a déjà donné, on a déjà tout donné », a-t-il dit, comme il avait d’ailleurs déjà fait lors d’une audition précédente.

« Il faut maintenant revivifier notre modèle, ce qui, d’ailleurs, n’exclut pas de poursuivre notre transformation permanente et nos réformes de structure pour être toujours plus efficients. Je souscris à la feuille de route qui a été envoyée par la ministre des Armées au Premier ministre en ce sens », a continué le général de Villiers.

Puis, l’ancien CEMA a abordé les questions budgétaires, sous l’angle de la condition des militaires. « En ce domaine, nous ne pouvons différer les mesures concrètes. Nos armées sont composées à 63 % de contractuels. À l’horizon 2025 – date à laquelle le budget de la défense devrait atteindre la cible de 2 % du PIB –, une majorité d’entre eux aura déjà quitté l’institution. C’est donc dès 2017-2018 que l’effort doit être fourni! », a-t-il dit.

Et d’insister : « Les familles, elles aussi, attendent un geste. Elles souffrent de l’absence accrue de leur conjoint et de l’imprévu. À cela s’ajoutent des difficultés d’accès à l’emploi ou au logement, notamment en région parisienne, où de jeunes officiers et sous-officiers n’ont pas les moyens de se loger! […] on ne va pas continuer comme cela et attendre 2025! »

Ensuite, le général de Villiers a fait valoir que la fin de gestion 2017 devait « absolument être préservée ». « En opérations extérieures comme sur le territoire national, nos armées assurent la sécurité des Français au quotidien, dans des conditions souvent très difficiles. Comment imaginer ne pas leur donner les moyens nécessaires pour remplir leurs missions? Les exécutions budgétaires ont été préservées en 2015 et 2016. Cela doit être le cas également en 2017, car les armées ne sont pas moins sollicitées, loin s’en faut », a-t-il dit.

Ensuite, l’ancien CEMA a souligné que, pour tenir l’objectif des 50 milliards d’euros pour 2025 (hors pensions et hors surcoûts des opérations extérieures), il était essentiel de ne pas rater la première marche, c’est à dire la loi de finances 2018. « Je ne suis pas un lapin de six semaines : je sais bien que, si l’objectif de 50 milliards est fixé à 2025 et que la courbe d’évolution du budget démarre très bas, l’élévation de cette courbe ne se produira qu’en fin de période. Nous connaissons la ficelle de cette ‘remontée tardive’ et l’avons déjà expérimentée sous les deux quinquennats précédents », a-t-il affirmé.

L’équation pour la loi de finances 2018 est « simple », a enchaîné le général de Villiers. « Après mise sous contrainte, le socle budgétaire ressort à 34,8 milliards d’euros, dont 32,8 milliards ouverts en loi de finances initiale auxquels il faut ajouter, d’une part, le milliard d’euros décidé par le président Hollande lors du conseil de défense du 6 avril 2016 et correspondant aux besoins supplémentaires indispensables pour faire face à la menace terroriste […]; plus 200 millions d’euros décidés ces derniers mois pour financer le service militaire volontaire, la garde nationale avec l’augmentation du nombre de réservistes et les mesures de condition du personnel », a-t-il énuméré.

En outre, il faudra également ajouter « 600 millions d’euros pour soutenir le surcroît d’engagement de nos forces et atténuer le sous-dimensionnement chronique de certains soutiens, dont l’infrastructure et enfin, 200 millions d’euros pour renforcer à très court terme la protection de nos hommes, à titre individuel et pour les équipements. »

Puis, le général de Villiers a été interpellé par plusieurs députés sur le coup de rabot de 850 millions annoncé la veille de son audition par le ministre de l’Action et des Comptes publics.

« Je ne peux guère vous en dire davantage sur les conséquences qu’aurait l’annulation de 850 millions d’euros de crédits, non pas parce que je cherche à éviter le sujet, mais parce que la décision n’a pas encore été officiellement prise par le président de la République. Attendons qu’elle le soit; en attendant, j’ignore si nous appliquerons la batterie de mesures possibles, car cela dépendra, encore une fois, du niveau de report de charges et de crédits, de la manière dont cette annulation s’articulera avec d’autres annulations et gages dans le cadre de la gestion budgétaire globale et du niveau des opérations extérieures », a répondu l’ancien CEMA.

« À l’évidence, le budget ne correspond pas à ce que j’avais demandé […] ni à ce qu’a demandé la ministre des Armées. Cela étant dit, je ne peux guère vous apporter davantage de précisions tant que la décision n’est pas officiellement prise; lorsqu’elle le sera, si elle devait l’être, votre président [Jean-Jacques Bridey] sera informé des mesures concrètes de décalage qui seront prises – puisqu’il faudrait procéder à des décalages, étant donné que je ne vois pas d’autre solution que de faire porter de telles demandes d’économies sur l’équipement des forces », a toutefois lâché le général de Villiers.

Et si une phrase devait être retenue contre lui dans le procès que quelques éditorialistes lui ont fait, c’est celle-ci : « La souveraineté économique ne s’oppose pas à la souveraineté de défense, bien au contraire. Reste qu’il faut trouver entre les deux une voie juste et équilibrée»

Mais le général de Villiers s’en est expliqué : « Le coût du renoncement serait potentiellement très élevé. Comme chef d’état-major des armées, je ne vois pas d’autre alternative que celle du désengagement opérationnel inéluctable, par manque de moyens. Se résoudre à l’option du désengagement ne se résume pas à la seule décision de quitter un théâtre d’opération. Se désengager, c’est choisir en réalité quel dispositif, intérieur ou extérieur, alléger. C’est décider quel théâtre quitter alors que les opérations qui y sont conduites contribuent à notre sécurité. C’est accepter de peser de façon moins déterminante sur la protection des Français. C’est laisser à d’autres le soin d’influer sur les grands équilibres internationaux. »

Bref, « ce serait revoir nos ambitions à la baisse, au moment même où de très nombreux États, déraisonnables pour certains, aspirent à faire entendre leur voix dans le concert des nations. Une telle décision serait respectable, mais il faut que, politiquement, les choses soient claires », a-t-il fait valoir.  

Source : Zone Militaire
 
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mercredi 9 août 2017

Sentinelle : Militaires renversés par une voiture... Un homme blessé par balle arrêté ! Attaque terroriste ?

Militaires renversés à Levallois: un homme interpellé

Le ministre de l'Intérieur a évoqué un «acte délibéré». Ce mercredi matin, des militaires de l'opération Sentinelle ont été renversés par une voiture à Levallois-Perret. Alors que le conducteur du véhicule a pris la fuite, un important dispositif a été mis en place pour le retrouver. Après plusieurs heures de traque, un individu a été interpellé en début d'après-midi par les Brigades de recherche et d'intervention (BRI) de Lille et de Rouen sur l'autoroute A16, entre Boulogne et Calais. Cet homme, né en 1980, est «susceptible d'être l'auteur» de l'attaque «car il était à bord du véhicule recherché et a tenté de prendre la fuite», a affirmé une source judiciaire à l'AFP. Selon plusieurs sources concordantes, il s'agit d'Hamou B., un individu fiché ILE (infraction à la législation sur les étrangers) qui serait entré illégalement en France.

Pour échapper à son arrestation, le conducteur a percuté un ou plusieurs véhicules, et les policiers ont fait feu à plusieurs reprises. Touché par plusieurs balles, celui qui est considéré comme le principal suspect de cette attaque a été hospitalisé à Lille, selon une source policière. Si les enquêteurs sont certains que le véhicule qu'il conduisait est bien celui qui a percuté les militaires ce matin, ils ne confirmaient pas, à ce stade, que le conducteur arrêté était bien celui qui a renversé les soldats.

L'attaque a eu lieu à 8 heures ce matin, au moment de la relève, a indiqué au Figaro la Préfecture de police de Paris. Selon nos informations, les soldats étaient à pied et rejoignaient leurs véhicules stationnés place de Verdun, non loin de la mairie. Ils se trouvaient près d'une base de cantonnement, où ils sont hébergés dans le cadre de l'opération Sentinelle, lorsqu'une voiture les a violemment percutés. Six soldats du 35e régiment d'infanterie de Belfort «ont été blessés, quatre légèrement et deux plus grièvement», toujours d'après la Préfecture de police. Leur pronostic vital n'était toutefois pas engagé et leurs blessures n'inspiraient plus d'inquiétude dans l'après-midi, selon le premier ministre Edouard Philippe, les blessures subies étant «fort heureusement légères».

«Un acte lâche»

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb et la ministre des Armées Florence Parly se sont rendus, à la mi-journée, au chevet des militaires blessés à l'hôpital militaire Bégin de Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Le locataire de la place Beauvau a dénoncé «un acte délibéré» et donné quelques détails quant au déroulé de la scène: «Une voiture qui était dans le quartier est arrivée vers le dispositif, elle roulait doucement, à 5 mètres à peu près des militaires, elle a accéléré de manière à pouvoir les percuter. (...) Nous savons que c'est un acte délibéré, ce n'est pas un acte accidentel», a-t-il affirmé.

Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, et Florence Parly, ministre des Armées, se sont rendus au chevet des militaires blessés à la mi-journée.

Plus tôt, la préfecture des Hauts-de-Seine avait également évoqué un «acte a priori volontaire». «C'est sans aucun doute délibéré», a déclaré, pour sa part, Patrick Balkany, sur BFMTV. Le maire de Levallois-Perret a précisé que les forces de l'ordre étaient à la recherche d'une voiture de marque BMW. Selon lui, le véhicule était positionné dans une impasse, ce qui laisse penser que le conducteur avait bien l'intention de foncer sur les soldats.

Des secouristes s'occupent des militaires blessés ce mercredi matin.

Dans un communiqué publié dans la matinée, la ministre des Armées a condamné «avec la plus grande fermeté cet acte lâche qui n'entame en rien la détermination des militaires à oeuvrer pour la sécurité des Français». «L'enquête en cours déterminera ses motivations et les circonstances dans lesquelles (l'auteur) a agi», a ajouté Florence Parly. Devant l'Assemblée nationale, le premier ministre Edouard Philippe a rendu hommage aux militaires et félicité «l'ensemble des forces de sécurité qui dans un délai très court ont permis d'appréhender le suspect, principal à ce stade, de cette attaque».

En fin de matinée, le parquet antiterroriste a ouvert une enquête de flagrance pour les chefs de tentatives d'assassinats sur personne dépositaire de l'autorité publique en lien avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroristes et criminelle. Les investigations ont été confiées à la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris, à la sous-direction antiterroriste et à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Un très important dispositif de police a été déployé. Des vérifications dans plusieurs endroits précis et un travail de recherche sur le véhicule - une berline de couleur sombre - et son propriétaire ont été effectués, d'après une autre source policière. Les enquêteurs ont également ont par ailleurs exploité les bandes de caméras de vidéosurveillance. Avec la ville de Nice, Levallois-Perret est une des villes les plus équipées.

Rapidement, plusieurs élus ont manifesté leur soutien aux militaires blessés, à l'image d'Éric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes.

Source : LeFigaro.fr

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jeudi 27 juillet 2017

Economie : Les industriels de l’armement dans le collimateur du président MACRON

Le budget alloué aux Armées pour l’année 2017 prévoyait une enveloppe de 17,3 milliards d’euros au titre de l’équipement des forces (programme 146). De quoi commander la rénovation de 45 Mirage 2000D, 15 pods de désignation laser de nouvelle génération, 20 engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, 319 blindés Griffon, un premier lot de véhicules blindés légers (VBL) régénérés, 12.000 fusils HK-416, 23 véhicules lourds pour les forces spéciales et un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de type Barracuda.

Seulement, les 850 millions d’euros d’économies demandés au ministère des Armées, dans le cadre des mesures prises pour la maîtrise des finances publiques (qui représentent 56% du PIB, faut-il le rappeler) seront prélevés sur le budget des équipements, ce qui se traduira par une baisse de 5% de ce dernier.

Pour autant, le président Macron assume pleinement cette décision. Et il l’a encore répété au Journal du Dimanche, ce 16 juillet, avant de revenir sur son « recadrage », deux jours plus tôt, du général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées (CEMA), qui a vivement protesté contre cette nouvelle ponction lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« La République ne marche pas comme ça. Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », a-t-il lancé.

Seulement, le général de Villiers n’a fait que son travail et son devoir, qui est de dire la vérité aux parlementaires. Pour rappel, selon ses attributions, il est le responsable de « l’expression du besoin en matière de ressources humaines civiles et militaires des armées », de la « définition du format d’ensemble des armées et de leur cohérence capacitaire » et de la « préparation et de la mise en condition d’emploi des armées. »

Aussi, au vu des engagements des forces actuellement (et ce n’est pas lui qui décide des opérations), le CEMA est parfaitement dans son rôle quand il défend le budget des armées afin de pouvoir exécuter au mieux les missions que lui confie l’exécutif.

« Il a donc toute ma confiance », a assuré M. Macron en parlant du général de Villiers. Mais à la condition de « savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l’Armée », a-t-il ajouté.

Mais, selon le JDD, le président Macron a aussi visé les industriels de l’armement. Réfutant « l’idée selon laquelle la meilleure armée serait forcément la plus riche » [qu’il se rassure, il y a encore de la marge pour arriver à la hauteur de l’armée américaine, ndlr], M. Macron s’en est pris aux industriels de l’armement.

« Moi, j’ai des soldats sur des théâtres d’opération, des gens qui attendent beaucoup, je les respecte, je leur dois la protection : l’intérêt des armées doit primer sur les intérêts industriels », a en effet lancé le chef de l’État. Voilà un point qui aurait mérité quelques développements supplémentaires…

Cela étant, il est vrai que les industriels de l’armement s’inquiétent des coupes budgétaires annoncées. Le 12 juillet, Éric Trappier, le Pdg de Dassault Aviation, dont l’activité dépend en grande partie du secteur de l’aviation d’affaire, a appelé à ne pas relâcher « notre effort de défense».

« Si les investissements dans la préparation de l’avenir devaient encore être victimes d’arbitrages budgétaires, ce sont les capacités de notre filière industrielle de continuer à fournir les matériels les plus performants qui pourraient être hypothéquées à terme. De grandes ruptures technologiques sont devant nous (intelligence artificielle, numérique, connectivité, furtivité…). Si nous les ratons, le décrochage technologique et industriel sera inévitable, et notre liberté de décision et d’action, sans laquelle il n’y a pas de souveraineté, sera remise en cause. Comme seront également remises en cause nos capacités de nous adresser au marché export face à une concurrence qui aura, elle, relevé ces défis technologiques », a ainsi prévenu M. Trappier?

Pour rappel, au cours de ces deux dernières années, l’industrie la base industrielle et technologique de défense (BITD) française, qui compte 4.000 PME et une dizaine de grands groupes, a reçu plus de 30 milliards d’euros commandes à l’exportation. En France, elle représente 4% de l’emploi industriel, soit 165.000 emplois directs non délocalisables et de haute technicité. Ses bonnes performances à l’exportation laissent présager la création de 30.000 à 40.000 emplois supplémentaires dans les années à venir.

Source : Zone Militaire


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lundi 24 juillet 2017

Budget des armées : Augmentation de 1,2 milliard... Va-t-on vers un apaisement de la polémique ?

La ministre des Armées dit avoir obtenu le dégel de 1,2 milliard d’euros de crédits. 

Se pencher sur le budget des armées n’est pas simple pour le néophyte, surtout en ce moment, avec l’avalanche de chiffres donnés par l’exécutif. Résumons : pour 2017, le Parlement a alloué 32,7 milliards d’euros (dont 300 millions de recettes exceptionnelles) de à la mission « Défense ».

Sur ce montant, il a été annoncé, puis confirmé, que 2,7 milliards avaient été gelés par la précédente équipe gouvernementale. Cette pratique n’a rien d’inhabituelle : on y a droit chaque année. Il revient au ministre des Armées d’obtenir qu’ils soient débloqués au plus vite alors que Bercy souhaite au contraire les « garder au chaud » le plus longtemps possible, voire carrément les annuler.

Déjà, la ministre des Armées, Florence Parly, a perdu une première manche : 850 millions d’euros ont été annulés par le ministère de l’Action et des Comptes publics. Cette somme correspond à celle qui manquera pour financer les opérations extérieures, pour lesquelles 450 millions d’euros avaient été initialement provisionnés dans le budget des Armées.

Normalement, si la Loi de programmation militaire avait été respectée à la lettre, ces 850 millions d’euros aurait dû faire l’objet d’un financement interministériel, comme le veut la pratique depuis une dizaine d’années. Mais ce ne sera donc pas le cas : ils seront donc prélevés sur le programme 146 « Équipement des Forces ». Cette annonce a été à l’origine de la première crise du quinquennat de M. Macron, marquée par la démission du général Pierre de Villiers, alors chef d’état-major des armées (CEMA).

Avec 850 millions annulés, restait donc à Mme Parly d’obtenir le dégel de 1,85 milliard. Et visiblement, d’après ce qu’elle a affirmé dans les colonnes du Journal du Dimanche, elle pu en arracher 1,2 milliard à Bercy.

« Je suis en discussion pour que des crédits gelés en 2017 soient dégelés. C’est déjà le cas depuis jeudi pour 1,2 milliard d’euros qui nous seront restitués par anticipation dès ce mois-ci », a expliqué la ministre. Le 20 juillet, Mme Parly a rencontré, tôt le matin, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, avant de s’envoler vers Istres avec le président Macron.

Si ce dégel devrait permettre à la Direction générale de l’armement (DGA) d’éviter une cessation de paiement, la coupe de 850 millions d’euros pourrait accroître le report de charges de cette dernière. Report qui a déjà atteint le niveau, préoccupant, de 3,1 milliards d’euros fin 2016.

Cela étant, cette annonce, qui vient fort à-propos après les tensions de ces derniers jours, peut donner le sentiment à l’observateur peu au fait des questions budgétaires que le budget des Armées a été augmenté. Or, il n’en est évidemment rien. Comme le rappelle le député (LR) François Cornut-Gentille, rapporteur spécial des crédits de la défense à la commission des Finances, ce dégel « ne constitue pas un cadeau fait aux armées mais le strict respect de la loi de finances initiale. »

« Je me suis engagée à ce que les annulations de crédits n’aient pas d’impact sur le fonctionnement des armées en 2017, notamment pour les militaires en opération. C’est donc sur les grands programmes d’équipement que les ajustements seront faits par lissage », a par ailleurs souligné Mme Parly, sans donner de précision sur les programmes affectés par les coupes.

« Pour 2018, le budget de la défense augmentera de 1,8 milliard, ce qui fait une croissance de 5 % par rapport à 2017. Et, dans cette augmentation confirmée par le Président à Istres pour 2018, il est prévu 200 millions d’euros qui seront affectés à de l’équipement de base pour les militaires », a également dit la ministre, qui s’est vantée d’avoir obtenu le « meilleur budget de la Défense depuis 10 ans. » Sur ce point, on jugera au moment de son exécution.

 Source : Zone Militaire


 
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mercredi 19 juillet 2017

CEMA : Demission de Pierre de Villiers - Nomination de François Lecointre...

= Communiqué de la FNCV=

La Fédération nationale des combattants volontaires (FNCV) prend acte de la démission du général d’armée Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées. Elle salue respectueusement le chef courageux, loyal, compétent et motivé, admiré de tous, qui nous quitte.

La FNCV forme des vœux pour que son successeur le général d’armée François Lecointre, parfaitement informé de l’état de nos forces armées par ses fonctions passées auprès des Premiers ministres qui se sont succédés, obtienne enfin et sans délai, les moyens nécessaires à la protection de la France et des Français et à la bonne exécution des missions confiées à nos armées.

La Fédération Nationale des Combattants Volontaires

 
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Démission du général Pierre de Villiers, Chef d'état-major des armées (CEMA)

Tancé publiquement par le chef de l'État, il était en désaccord sur les coupes dans le budget de la Défense. Il a annoncé sa démission mercredi matin.

Démission du général Pierre de Villiers

Sa situation devenait intenable. Tancé publiquement à deux reprises par le chef de l'État, dans les jardins de l'hôtel de Brienne, à la veille du 14 Juillet, et à nouveau dans les colonnes du Journal du dimanche, le général Pierre de Villiers a été contraint de lâcher les rênes de l'état-major des armées (EMA) mercredi matin, alors même qu'il venait d'être prolongé à son poste jusqu'en juillet 2018. Dans un communiqué, il déclare «ne plus être en mesure», «dans les circonstances actuelles», «d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel [il croit] pour garantir la protection de la France et des Français».

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Communiqué de presse du général de Villiers publié par LeFigaro

J'assume les responsabilités de chef d'état-major des armées depuis trois ans et demi. Je suis pleinement conscient de l'honneur qui m'est fait, de la confiance qui m'a été accordée et des devoirs qui sont attachés à cette fonction. J'ai toujours veillé, depuis ma nomination, à maintenir un modèle d'armée qui garantisse la cohérence entre les menaces qui pèsent sur la France et sur l'Europe, les missions de nos armées qui ne cessent d'augmenter et les moyens capacitaires et budgétaires nécessaires pour les remplir.

Dans le plus strict respect de la loyauté, qui n'a jamais cessé d'être le fondement de ma relation avec l'autorité politique et la représentation nationale, j'ai estimé qu'il était de mon devoir de leur faire part de mes réserves, à plusieurs reprises, à huis clos, en toute transparence et vérité.

Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd'hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. Par conséquent, j'ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l'a acceptée.
J'éprouve une vraie reconnaissance envers nos soldats, nos marins et nos aviateurs avec lesquels j'ai partagé ma vie, pendant quarante-trois années, au service de la nation, en toute sincérité. Je sais pour les connaître qu'ils continueront à assurer la mission aux ordres de mon successeur avec autant de détermination et de fidélité.

Je reste indéfectiblement attaché à mon pays et à ses armées. Ce qui m'importera, jusqu'à mon dernier souffle, c'est le succès des armes de la France.

Général d'armée Pierre de Villiers

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Né en juillet 1956 en Vendée, frère de l'homme politique Philippe de Villiers, Pierre Le Jolis de Villiers de Saintignon aura placé ses trois années et demie en tant que chef d'état-major des armées (Cema) sous le signe d'une défense opiniâtre des budgets de la défense. Une cause plus qu'honorable - le pays n'est-il pas «en guerre» contre le terrorisme? - qui aura néanmoins été fatale à son héraut. Pris ces derniers jours dans un maelström politico-médiatique, à la suite de propos tenus à huis clos, le général s'est trouvé confronté à l'autorité d'un jeune président de la République désireux d'affirmer sa prééminence à la tête des armées.

Le général Pierre de Villiers connaît à fond les rouages de la Défense

Saint-Cyrien (promotion capitaine Henri Guilleminot, 1975), issu de l'arme blindée cavalerie, Pierre de Villiers a servi notamment en 1999 au Kosovo - où il a commandé pendant cinq mois le bataillon mécanisé de la brigade Leclerc - et en 2006-2007 en Afghanistan. Il passe ensuite deux ans à Matignon comme chef du cabinet militaire de François Fillon. En mars 2010, le poste de chef de l'état-major du président de la République lui est promis, avant que Nicolas Sarkozy ne revienne brutalement sur sa décision, lui préférant le général Benoît Puga. Pierre de Villiers, pour qui comptent la parole donnée et le respect des formes, en est fort affecté. Sa nomination comme Cema, en février 2014, apparaît comme un juste retour des choses.

Auparavant, c'est lui qui, de 2010 à 2014, aura fait «tourner la boutique», en tant que major-général - numéro deux de l'EMA. Il connaît à fond les rouages de la Défense et doit accompagner la réduction des budgets et des effectifs prévus dans la loi de programmation militaire (LPM). Sans plaisir et avec une grande vigilance. «Le costume est taillé au plus juste», a-t-il coutume de dire, en guise de mise en garde. Et quand le seuil d'alerte est franchi, il monte en ligne…

Ainsi, en mai 2014, l'annonce par Bercy de coupes budgétaires, dans le cadre d'un plan d'économie de 50 milliards d'euros, suscite une démarche rarissime: le Cema et les chefs d'état-major d'armées (terre, air, marine) menacent de démissionner. Une initiative approuvée, sinon encouragée, par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, alors en plein bras de fer avec Michel Sapin, son collègue de l'Économie et des Finances. François Hollande arbitre alors en faveur de la Défense. Cette guérilla rapproche le Cema et le ministre breton. Deux profils et deux styles fort différents, mais qui se retrouvent sur les moyens dus aux armées. Éminemment loyal, le général de Villiers termine systématiquement chacune de ses interventions en célébrant «les armes de la France».

«L'accélération du tempo des engagements et la multiplication des crises mettent notre modèle complet d'armée sous tension et l'usent»
Général Pierre de Villiers


Les attentats terroristes de 2015 bouleversent la donne. Les Français comprennent que la période des «dividendes de la paix», ouverte après la chute du Mur, n'est plus de saison. Impossible de baisser la garde. Le général de Villiers dirige les opérations sur tous les fronts. Avec 30.000 militaires déployés, les armées françaises combattent le djihadisme, au Sahel, au Levant, mais aussi sur territoire national, avec «Sentinelle», un dispositif de 10.000 hommes mis en place en quelques jours, fin janvier 2015. Une actualisation de la LPM, en 2015, et les mesures décidées lors d'un conseil de défense, en avril 2016, mettent fin à la déflation des effectifs et des budgets de la Défense qui prévalait depuis plusieurs décennies.

Le général de Villiers ne cessera néanmoins d'alerter sur la fragilité de cette «remontée en puissance» à peine amorcée et sur la nécessité d'en poursuivre l'effort dans la durée. «L'accélération du tempo des engagements et la multiplication des crises mettent notre modèle complet d'armée sous tension et l'usent», avertit le général de Villiers, dans le quotidien Les Échos, en décembre dernier. «Tout le monde l'a compris: on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre», ajoutait-il. Dans le même temps, face au risque de voir s'éterniser l'opération «Barkhane» au Sahel, il prône une démarche de développement et de sécurité globale, car «gagner la guerre ne suffit pas pour gagner la paix».

Le Cema enfourche aussi un autre cheval de bataille: porter à 2 % la part du PIB consacrée à la défense en 2022, contre 1,78 % actuellement. Y renoncer, plaide-t-il devant les parlementaires en février 2017, «ce serait le désengagement opérationnel, rendu inéluctable par le manque de moyens (…), ce serait accepter de peser de façon moins déterminante sur la protection des Français, (…) ce serait laisser à d'autres le soin d'influer sur les grands équilibres internationaux». Pas plus tard que le 14 juillet dernier, dans une chronique publiée dansLe Figaro, il déplorait le «grand écart» entre les missions et les moyens. «Notre liberté d'action souffre déjà, ponctuellement, écrivait-il. C'est le cas, par exemple, à chaque fois qu'une opération doit être différée, voire annulée, faute de moyens disponibles…»

Pierre de Villiers devait théoriquement quitter son poste le 31 juillet

Pour atteindre l'objectif, «l'effort à consentir est globalement de 2 milliards par an», estime-t-il, évaluant à 35 milliards d'euros les besoins des armées en 2018 (contre 32,7 milliards en 2017). L'année prochaine constitue, selon lui, une «marche» décisive à franchir, pour aller de manière réaliste vers les 2 %. Faute d'être entendu, le Cema «en tirera les enseignements», souligne une note de l'EMA. En interne, il n'a pas que des soutiens, certains grands chefs estimant même qu'«il va trop loin».

Pierre de Villiers devait théoriquement quitter son poste le 31 juillet. Emmanuel Macron lui demande de rester un an de plus et lui promet de ne pas amputer le budget de la Défense, relate une bonne source. «Je ne suis pas un lapin de six semaines», a l'habitude de dire le Cema, courtois et posé, mais sachant être direct, notamment lorsqu'il s'agit de dénoncer les chausse-trappes de Bercy.

Le 12 juillet, interrogé par des députés lors d'une audition à huis clos, il exprime sans détour son intention de ne pas «se faire baiser» par les zélotes du Budget. Le propos enflamme le petit monde de la Défense. Visiblement irrité, le chef de l'État ne se privera pas de le faire savoir, sans ménagement, en invoquant le devoir de réserve et cette incontestable réalité: il ne saurait par nature y avoir le moindre désaccord entre le chef de l'État et le Cema. Dont acte.

Source : LeFigaro.fr

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Ndlr : Lettre de  départ du CEMA Pierre de Villiers à tous les militaires sous ses ordres - 19.07.17
Mon cher camarade,

J’avais encore pas mal de choses à vous dire ; et puis, – je dois bien l’avouer –  j’avais pris goût à ce rendez-vous hebdomadaire, qui me permettait d’aborder certains sujets importants, de vous faire part de mes réflexions et de recueillir vos réactions.

Mais voilà, l’heure du départ est arrivée, plus rapidement que prévu. Cela ne vous étonnera pas, vous dont l’imprévu est le pain quotidien. Depuis le premier jour, nous avons appris à avoir, avec nous, un sac prêt pour partir « au coup de sifflet bref ». Choisir d’être militaire, c’est accepter de ne plus s’appartenir, tout-à-fait.

« Je vaux ce que je veux ! »

Pour autant, la disponibilité à servir « en tous temps et en tous lieux », d’une ville à l’autre, d’un continent à l’autre, ne fait pas de nous des déracinés. Nous appartenons à une patrie que nous aimons ; nous sommes les héritiers d’une histoire qui nous a façonnés ; nous sommes porteurs de convictions qui nous font avancer. Sortir de sa zone de confort, c’est s’exposer, mais c’est aussi se révéler ; à soi-même, pour commencer. « Je vaux ce que je veux ! ».

Au moment de partir, je vous redis à quel point la vie militaire mérite d’être vécue. Aimez-la avec passion. Donnez-lui beaucoup, car on ne peut s’engager à moitié. Et si parfois il lui arrive d’être ingrate, considérez un instant tout ce qu’elle vous a donné.

A titre personnel, je reste indéfectiblement attaché à mon pays et à ses armées. Ce qui m’importera, jusqu’à mon dernier souffle, c’est le succès des armes de la France.

Fraternellement et fidèlement,

Général d’armée Pierre de Villiers
PENSEES DU TERRAIN : Lettres à un jeune engagé

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lundi 17 juillet 2017

CEMA Général de Villiers : « La confiance est une vertu vivante » qui « a besoin de gages »

Le programme présidentiel d’Emmanuel Macron faisait le constat de forces armées « utilisées au maximum de leur capacité », ce qui faisait « craindre une dégradation progressive de leur sécurité, de leur efficacité et du recrutement », tout en soulignant l’inquiétante détérioration de leurs équipements.

« Quant à nos dépenses militaires, rapportées au nombre d’habitants, elles stagnent depuis longtemps, voire diminuent, alors même que les conflits s’intensifient et que nombre de pays se réarment », pouvait-on encore y lire. D’où son engagement de porter progressivement le budget de la Défense à 2% du PIB en 2025 (hors pensions et coût des opérations). Et d’ajouter : « Cet effort est nécessaire, pour faire face au renforcement des effectifs post-attentats et pour moderniser nos équipements, mobilisés sur plusieurs fronts. »

Seulement, l’annonce de 850 millions d’euros de coupes dans les dépenses militaires ne va pas dans le sens promis par M. Macron. Et même si 1,5 milliards d’euros seront alloués au ministère des Armées en 2018, le compte n’y sera pas : il manquera en effet 500 millions pour assurer la bonne trajectoire vers l’objectif des 2% en 2025.

« Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis, ce n’est pas plus compliqué que cela », a pourtant assuré M. Macron, dans les colonnes du Journal du Dimanche, ce 16 juillet. Cela étant, le quinquennat ne fait que commencer et l’on verra si les promesses seront tenues ou pas. Mais tout de même : dire que l’on augmentera le budget des armées en commençant par le réduire pour ensuite affirmer que l’on tiendra ses engagements n’aide pas à instaurer la confiance. « Chat échaudé craint l’eau froide », dit le proverbe.

La confiance justement. Hasard ou coïncidence, c’était le thème que le général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées (CEMA), avait promis d’aborder dans sa prochaine « Lettre à un jeune engagé ». Alors qu’il vient d’être sèchement rappelé à l’ordre par le président Macron pour sa sortie contre les économies de 850 millions demandées aux armées, il a tenu parole, en publiant le texte promis le 14 juillet.

« La confiance, c’est le refus de la résignation. C’est le contraire du fatalisme, l’antithèse du défaitisme. Et, en même temps, il y a dans la confiance une forme d’abandon. Agir sans s’abandonner, c’est faire preuve d’orgueil. S’abandonner sans agir, c’est se laisser aller », a ainsi écrit le CEMA, après avoir cité le général Delestraint, le chef de l’Armée secrète mort en déportation en avril 1945 et dont le « discours est une exhortation ferme à rejeter toute ‘mentalité de chien battu ou d’esclave' ».

« Choisissons, donc, d’agir comme si tout dépendait de nous, mais sachons reconnaître que tel n’est pas le cas. Autrement dit, si toute notre foi, tout notre engagement et notre détermination sont nécessaires, ils sont à jamais insuffisants pour envisager la victoire. La vraie confiance réconcilie confiance en soi et confiance en l’autre », continue le général de Villiers.

Mais l’essentiel de cette lettre du CEMA tient dans sa conclusion. Et certains y verront sans doute une réponse au recadrage du président Macron, qu’il doit conseiller pour qu’il reste un chef des Armées et non un chef désarmé.

« Parce que la confiance expose, il faut de la lucidité. Méfiez-vous de la confiance aveugle; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité », écrit ainsi le général de Villiers.

« Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi », poursuit le CEMA, pour qui « la confiance est une vertu vivante » qui « a besoin de gages. » Et de conclure : « Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte. »

Peut-être qu’il sera question de confiance lors de l’entretien, en tête à tête, qu’aura le général de Villiers avec Emmanuel Macron le 21 juillet prochain. « Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », a déjà prévenu le chef de l’État.

Source : Zone Militaire


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mardi 13 juin 2017

Armées de terre : Enquête en ligne du CEMAT auprès des conjoints des militaires

En octobre 2016, lors de son audition devant les parlementaires dans le cadre du projet de loi de finance alors en discussion, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT) avait estimé que les paramètres alors utilisés pour évaluer le moral de ses troupes n’étaient plus assez pertinents. Pour lui, il fallait mettre l’accent sur la situation familiale des militaires et non sur leurs grades.

« Je suis en train de mettre en place une réflexion visant à modifier les capteurs d’évaluation du moral, et permettant de voir comment, en temps réel, nous pourrions mieux anticiper et faire face à une baisse brutale de moral. Franchement, ce n’est pas en évaluant le moral avec des questionnaires standardisés que nous disposerons d’une bonne vision », avait expliqué le général Bosser, qui voulait alors prendre en compte la « mobilité » et le « travail du conjoint », devenus « fondamentaux ».

La réflexion du CEMAT a trouvé un écho dans un rapport parlementaire portant sur la protection sociale des militaires. Le « moral du militaire dépend fortement de celui ou de celle, qu’on appelle sa ‘base arrière' » et le « bien-être de la famille est donc une condition essentielle de l’efficacité de nos armées », avait en effet avancé

Charles de la Verpillière, co-auteur, avec Geneviève Gosselin-Fleury, de cette étude.

D’où le lancement, par la Direction des ressources humaines de l’armée de Terre, d’une enquête en ligne s’adressant aux conjoints des militaires.

« Le fort engagement opérationnel de l’armée de Terre a de fortes répercussions sur l’entourage notamment en fonction des changements sociétaux tels que la généralisation de l’emploi du conjoint, l’augmentation du nombre de famille recomposées ou encore l’allongement de la durée des études des enfants », est-il affirmé, en guise d’introduction à cette enquête, qui concerne toutes les catégories de conjoints (mariés, pacsés, concubins, etc).

Cette étude vise précisément à connaître le « ressenti » en tant que conjoint de militaire ainsi que les « répercussions » que cela peut entraîner sur la vie de famille. Le questionnaire se décompose en trois parties : « Vous en tant que personne et en tant que conjoint de militaire » et « Les dispositifs d’aides aux familles proposés par le ministère ». La dernière vise à permettre à la DRHAT de « caractériser sociologiquement chaque sondé. »

Enfin, il est évidemment précisé qu’il « n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse » à ce questionnaire (qui demande une vingtaine de minutes à remplir) étant donné que, souligne la DRHAT, « l’important est de répondre le plus honnêtement et le plus spontanément possible. »

Source : Zone Militaire


Pour en savoir plus : Enquête en ligne sur les conjoints de militaires...


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mercredi 7 juin 2017

DGSE : Le général Jean-Pierre Palasset temporairement à la tête du Service de Renseignements

Le 21 mai 2016, le diplomate Bernard Bajolet aurait dû quitter son fauteuil de directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) qu’il occupait alors depuis trois ans pour une raison de limite d’âge. Finalement, il a été maintenu une année de plus à son poste, grâce à amendement adopté presque en catimini quelques semaines plus tôt, dans le cadre du projet de loi sur la déontologie de la fonction publique.

En effet, ce texte précisait que les « fonctionnaires occupant un des emplois supérieurs participant directement à la défense des intérêts fondamentaux de la nation et figurant sur une liste fixée par décret en Conseil d’Etat » pouvaient être prolongés « d’une année supplémentaire».

Comme le temps tourne, ce nouveau délai doit donc expirer le 21 mai prochain. Et période électorale oblige, il n’était pas possible de nommer un nouveau patron de la DGSE pour remplacer M. Bajolet. D’où la solution, logique, de nommer temporairement à sa place, son directeur de cabinet, c’est à dire son numéro deux, à savoir le général Jean-Pierre Palasset. L’annonce a été faite à l’issue du Conseil des ministres de ce 25 avril.

Saint-cyrien de la promotion de la « Grande Armée », le général Palasset a notamment commandé la brigade La Fayette en Afghanistan, après avoir dirigé l’opération Licorne, en Côte d’Ivoire, au moment où la tension était à son maximum entre les partisans du président sortant, Laurent Gbagbo, et deux du président élu, Alassane Ouattara. En outre, il a été le premier commandant de l’opération Barkhane, lancée en août 2014 dans la bande sahélo-saharienne.

Peu d’officiers généraux ont occupé les fonctions de chef de la DGSE depuis 1981, année où elle a remplacé le SDECE. Jusqu’à présent, seulement trois furent nommés à ce poste : l’amiral Lacoste, le général Imbot et le général (air) Mermet.

 Source : ZONE MILITAIRE


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jeudi 1 juin 2017

Armée de l'air : Le général SOULET nous a quittés...

Décès du général Serge Soulet, le commandant des Forces aériennes

Commandant des Forces aériennes (CFA), et donc à la tête de près de 500 unités et de 23 000 aviateurs, le général de corps aérien Serge Soulet, 55 ans, s’est éteint des suites d’une longue maladie, le 21 mai 2017.

Né à Thionville (Moselle) le 6 mai 1962, le général Soulet fut breveté pilote de chasse après avoir intégré l’École de l’Air à l’âge de 19 ans (promotion  » Colonel Rossi-Levallois »). Passé par les escadrons de chasse 2/4 La Fayette et 3/3 Ardennes, il fut affecté, au titre d’un échange, au 433ème ETAC Bagotville au Canada.

Au cours des années 1990, il devint le chef des opérations de l’EC 3/30 Lorraine avant d’en devenir le commandant en second, quatre ans plus tard. Après une année passée au Collège interarmées de défense (CID, École de guerre), il fut affecté à l’EC 1/30 Alsace. En 2000, il exerça des fonctions à l’état-major de l’armée de l’Air avant de prendre le commandement de la base aérienne 103 de Cambrai.

Auditeur, en 2007, du Centre des hautes études militaires (CHEM) et de la session nationale de l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), il devint chef de la cellule « organisation et ressources humaines » et adjoint-Air du chef du cabinet militaire du ministre de la Défense, avant de retrouver l’état-major de l’armée de l’Air en tant que « sous-chef emploi-soutien ».

Le général Soulet fut notamment l’architecte de la modernisation des structures de commandement de l’armée de l’Air, en réorganisant « la préparation opérationnelle des forces de combat conventionnelles et spéciales » et en réalisant, avec succès, la fusion des commandements des forces aériennes et du soutien des forces aériennes (CFA et CSFA) entre 2013 et 2015.

Officier sensible d’une très grande humanité (« L’humain mérite plus que notre attention et notre engagement » disait-il), charismatique et franc, « il a porté au plus haut la vertu de l’exemple par son courage et son abnégation au service de l’institution », souligne un communiqué de l’armée de l’Air. « Unanimement apprécié de ses pairs comme de ceux à qui il a commandé, il aura marqué l’armée de l’air par son altruisme, son dévouement, et son audace », poursuit le texte.

Une cérémonie militaire pour lui rendre les derniers hommages a lieu sur la base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac le 24 mai 2017.

Source : Zone Militaire

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samedi 27 mai 2017

Armée de terre : En 2018 la Légion étrangère va retrouver ses effectifs de 1998

La décision prise après les attentats de janvier 2015 de recruter 11.000 soldats supplémentaires pour les besoins de la Force opérationnelle terrestre (FOT) aura été bénéfique pour la Légion étrangère, laquelle représente actuellement environ 7% des effectifs de l’armée de Terre.

L’effort visant à porter les effectifs de la FOT de 66.000 à 77.000 soldats s’est traduit par la création de 33 unités élémentaires nouvelles, dont 12 pour la seule Légion étrangère (soit un tiers).

Le transfert de la 13e Demi-Brigage de Légion étrangère (DBLE) vers le plateau du Larzac explique, pour un grande partie, ces chiffres, dans la mesure où cette unité, appelé à (re)devenir un régiment d’Infanterie, verra ses effectifs passer de 60 à 1.300 légionnaires d’ici 2018.

Au total, la Légion étrangère comptera, d’ici l’année prochaine, 8.900 hommes, contre 6.700 en 2015 (soit une hausse de 33%). Elle aura ainsi «retrouvé ses effectifs d’il y a 20 ans», a souligné lieutenant-colonel Jean-Philippe Bourban, du commandement de la Légion étrangère (COM.LE), lors du dernier point-presse du ministère de la Défense.

Évidemment, cette remontée en puissance pose un défi en matière de recrutement et de formation. Cela étant, en raison de l’attrait qu’elle exerce, la Légion étrangère n’a pas trop de mal à attirer les candidats : 8.300 recrues potentielles (et « crédibles ») ont poussé la porte d’un bureau de recrutement en 2016. Aussi, le taux de sélection est de l’ordre de 20%.

Près de 160 nationalités sont représentées au sein de la Légion étrangère, laquelle reste ouverte « à tous ceux qui réussissent les tests de sélection sur simple déclaration d’identité». Mais seuls les meilleurs pourront prétendre à porter le képi blanc.

Source : ZONE MILITAIRE

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mercredi 17 mai 2017

Gouvernement Macron - Philippe : Sylvie Goulard Ministre de la Défense et des Armées...

Ministère de la Défense et des Armées du Gouvernement de Edouard Philippe

Sylvie Goulard est nommée ministre des Armées, l'ancien ministre Jean-Yves Le Drian devient ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Nous reproduisons ci-dessous un récent article publié sur La-Croix.fr ou Mme Sylvie Goulard, évoque, entres autres, sa vison de l'Europe et de la Défense

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« Il faut sérieusement élever le niveau d’ambition en Europe »


Sylvie Goulard est députée européenne (centre droit), elle revient sur le livre blanc publié par la Commission européenne le mercredi 1er mars.


La Croix : Que peut-on attendre du livre blanc sur l’avenir de l’Europe publié aujourd’hui par la commission européenne ?

Sylvie Goulard : La commission a choisi une approche intelligente qui consiste à mettre les États membres devant leurs responsabilités. Depuis plusieurs années, face à un certain nombre d’évolutions en Europe, les migrants, la crise, etc., on fait comme si le statu quo ou l’inaction n’avait aucun coût.

Sur les cinq scénarios, quel est celui auquel vous croyez le plus ?

S.G. : Le scénario du statu quo est un scénario d’acceptation du déclin. On ne peut pas dire à la fois que la situation n’est pas satisfaisante et s’en contenter. Ce n’est pas le plus probable. Cela dépendra des choix politiques qui seront faits. Je me refuse de raisonner dans l’idée que tous les scénarios ambitieux sont exclus. On se rend compte qu’il faut sérieusement élever le niveau d’ambition en Europe, non pas pour se faire plaisir, mais pour apporter aux citoyens ce qu’ils attendent.

La capacité de l’UE est ce que nous en faisons. Il y a des événements extérieurs comme l’élection de Donald Trump qui peuvent complètement changer la donne si on n’est pas dans le déni. Il est évident que dans ce cas, les besoins en matière de sécurité et de défense autonome de l’Europe se posent différemment.

Pensez-vous à un possible 6e scénario ?

S.G. : On peut combiner des avancées en piochant dans les différents scénarios. L’intérêt est d’identifier ce qu’il y a à faire. L’un des scénarios prévoit d’avancer à quelques-uns, ce qui est déjà le cas. Si on veut faire avancer l’euro ou l’espace Schengen, cela ne concerne pas tout le monde. Sur les frontières extérieures, il faut agir à quelques-uns, c’est-à-dire avec les États membres de Schengen. Par exemple, si on veut empêcher que rentrent en France des personnes en provenance de pays des Balkans comme l’Albanie, qui ne répondent pas aux critères de demandeur d’asile, il faut avoir des contrôles aux frontières extérieures de l’Union européenne. La frontière extérieure de la France en matière de demande d’asile n’est pas entre la France et l’Italie, elle est à la frontière extérieure de Schengen.

Si on veut remettre de la prospérité en Europe, il faut travailler à 19 dans la zone euro. Ce qui n’empêche pas de vouloir faire avancer le marché unique du numérique à 27, cela n’empêche pas d’avoir un budget de l’UE dans son ensemble plus intelligemment financé par des ressources propres pour pouvoir développer des politiques du futur, de recherches et d’innovations, de transition énergétique.

Le 6 mars, quatre pays, France, Italie, Espagne et Allemagne se réunissent en comité restreint, est-ce une méthode à privilégier ?

S.G. : Ce n’est pas nouveau et il n’y a aucune illégitimité à se voir en petit groupe. Quand Mario Monti était premier ministre en Italie, il a fait plusieurs réunions en petits comités. L’essentiel est de se parler entre Européens. Ces 4 pays qui se réuniront le 6 mars représentent un nombre de citoyens et une part du PIB de la zone euro et de ses forces démocratiques énormes, ce qui ne signifie pas qu’il faut sortir du cadre institutionnel et exclure d’autres pays légitimes à se joindre. Il faut le faire de manière plus souple. Il ne faut pas reconstituer des institutions dans les institutions.

L’Europe est-elle condamnée si elle ne bouge pas ?

S.G : Si nos pays n’avancent pas, ils sont condamnés, si les individus ne s’adaptent pas à la modernité, ils sont condamnés. Il y a des pays qui se disloquent, on voit les tensions nées du Brexit entre le Royaume-Uni et l’Écosse et l’Irlande du nord, on le voit aussi en Espagne avec les velléités indépendantistes de la Catalogne. Nos pays sont confrontés à des changements profonds, technologiques, d’évolution des populations, de crise financière et toutes les structures doivent évoluer. Ce serait une grave erreur de penser que l’Europe pourrait ne pas avancer et nos pays rester sans bouger. Ils se détruiraient.

L’enjeu est celui-ci : soit nous arrivons à remettre une impulsion européenne et nous allons conforter les pays qui la composent, rester dans la course mondiale et ce sera gagnant-gagnant, soit nous croyons qu’il est possible de ne pas avancer et nous perdrons sur les deux tableaux.

Source : La-Croix.com
Propos recueillis par Agnès Rotivel, le 01/03/2017 à 18h45


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vendredi 28 avril 2017

Garde Nationale : Décret destiné à stimuler le volontariat et le recrutement de réservistes

Quand la Garde nationale a été mise sur les rails, en octobre 2016, il était question de prendre des mesures devant faciliter le recrutement de volontaires pour rejoindre les réserves opérationnelles des ministères de la Défense et de l’Intérieur.

L’objectif alors affiché était de recruter 85.000 volontaires d’ici la fin 2018 afin de pouvoir en engager quotidiennement 9.000 sur le terrain. Actuellement, la Garde nationale en compte 65.700, dont 6.000 mobilisés tous les jours aux côtés des unités d’active des forces armées et de police.

Les mesures « d’attractivité » annoncées ont été adoptées par un décret qui a été publié dans le Journal Officiel du 15 mars. Ainsi, il a été décidé d’instaurer une prime annuelle de fidélité de 250 euros destinée à tout réserviste renouvelant son contrat initial d’engagement pour un contrat de 3 ans minimum et effectuant au moins 37 jours d’activité de réserve par an.

Les étudiants âgés de moins de 25 ans auront droit à une « allocation d’étude » mensuelle de 100 euros à la condition de signer un contrat d’engagement initial de 5 ans au sein de la Garde nationale et sous réserve d’effectuer 37 jours d’activité dans l’année.

Enfin, les volontaires âgés de moins de 25 ans, qu’ils soient étudiants ou déjà dans la vie active, pourront bénéficier d’une aide de 1.000 euros pour passer leur permis de conduire B, à la condition toutefois d’avoir effectué au moins 50 jours d’activité de réserve et d’être à plus de deux ans du terme du contrat.

Par ailleurs, une instruction fiscale visant à réduire les impôts des entreprises qui facilitent l’engagement de leurs salariés dans la Garde nationale est entrée en vigueur le 8 février.   

Source : Zone Militaire


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dimanche 2 avril 2017

Paris : Le monument dédié aux militaires morts en OPEX attendra encore...

Le 23 mars 2017, le président Hollande devait poser la première pierre du monument dédié aux militaires morts en opérations extérieures lors d’une cérémonie organisée dans le XVe arrondissement de Paris, précisément au parc André-Citroën.

« J’ai voulu que le 23 mars, une cérémonie puisse marquer le lancement d’un projet de monument des opérations extérieures. Il sera érigé à Paris en mémoire de nos 600 soldats, aviateurs et marins morts pour la France en opérations extérieures depuis 50 ans », avait en effet déclaré le chef de l’État, à l’occasion de ses voeux aux armées, le 6 janvier 2016.

« Enfin ! », pouvait-on penser. L’idée de ce monument avait été avancée en octobre 2011, dans un rapport remis par le général Bernard Thorette, un ancien chef d’état-major de l’armée de Terre. Alors que le projet aurait pu être rapidement lancé, il s’est enlisé dans une polémique à n’en plus finir sur le choix du lieu ainsi que dans des procédures administratives et juridiques dont la France a le secret.

Et il aura donc fallu plus de 5 ans pour lever tous les obstacles à la construction de ce monument. Le 17 mars 2017, l’agenda de Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire (SEDAC) confirmait la date de la cérémonie ainsi que «le dévoilement de la maquette du projet du Mémorial national en hommage aux morts en opérations extérieures ».

Seulement, l’agenda du SEDAC a été mis à jour le 22 mars. Et là, il n’est plus question de dévoiler la maquette du mémorial puisque M. Todeschini doit, à la place, assister à la remise des insignes d’officier de la Légion d’honneur à la résistante Odette Nilès à Drancy ainsi qu’au lancement de la rénovation du Musée de la Marine.

Quant à l’agenda de M. Hollande, aucune référence à cette cérémonie n’y figure. Et pour cause : l’Élysée l’a reportée, au dernier moment, à une date ultérieure. Pour quelle raison ?

D’après la mairie de Paris, qui a répondu à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, Anne Hidalgo ne pouvait pas être présente à la cérémonie étant donné qu’elle est « en déplacement en Afrique, comme cela était prévu et annoncé de longue date ». Mais dans ce cas, pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ?

En réalité, Mme Hidalgo doit co-présider, le 23 mars, à Abidjan, un séminaire francophone sur « les stratégies municipales de lutte contre le VIH/Sida » en tant que présidente de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF). Cela étant, elle aurait très bien se faire représenter par son premier adjoint (comme c’est le cas partout ailleurs). Mais, a priori, le président « tenait à faire la première pierre avec la maire », explique la Ville de Paris. En tout cas, les familles des militaires tombés en opération, prévenue seulement quelques jours avant l’annulation, apprécieront…

Source : Zone Militaire


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mardi 28 mars 2017

OTAN : La France envoie 4 chars LECLERC et 13 VBCI en Estonie

Mission LYNX - La France envoie 4 chars LECLERC et 13 VBCI à Tapa en Estonie, dans le cadre de l'OTAN

Lors du dernier sommet de l’Otan, organisé en juillet 2016 à Varsovie, les Alliés ont confirmé le renforcement du flanc oriental de l’Alliance (enhanced Forward Presence, eFP) au bénéfice des pays baltes et de la Pologne, inquiets des intentions russes au regard de la situation dans le sud-est de l’Ukraine.

Cette mesure, qui vient s’ajouter à la création d’une force de réaction très rapide [Very High Readiness Joint Task Force, VHRJT) forte de 5.000 soldats ainsi qu’à l’ouverture de 6 centres de commandement en Europe de l’Est, vise à déployer, par rotation, 4 bataillons internationaux en Pologne, en Estonie, en Lettonie et en Lituanie.

Désigné pour être la nation-cadre pour l’Estonie, le Royaume-Uni va fournir le commandement et le gros des effectifs et des moyens (avec des Challenger 2 et des Warrior) d’un bataillon qui prendra ses quartiers à Tapa, où la France va envoyer un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) d’environ 300 militaires répartis en trois sections du 2e Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa), dotées chacune de 4 Véhicules Blindés de Combat d’Infanterie (VBCI), d’un peloton de 4 chars Leclerc et d’une section du génie. Un VBCI de commandement, des VAB et des Véhicules blindés légers (VBL) ainsi que des éléments de liaison et d’observation d’artillerie compléteront ce dispositif.

La France contribue à ce bataillon multinational sous commandement britannique « principalement en termes de force de manœuvre, tout en assurant le contrôle national de son engagement dans chaque fonction clef », précise l’État-major des armées (EMA). Ce déploiement a été appelé «mission Lynx».

Ce SGTIA « Lynx » aura essentiellement pour tâche de mener des entraînements aux côtés des militaires britanniques et estoniens. Mais l’objectif premier de ces bataillons multinationaux est de dissuader toute tentative de déstabilisation des pays baltes et de la Pologne qui serait en deçà du seuil de déclenchement de la clause de défense collective de l’Otan (article 5 du Traité de l’Atlantique-Nord). 

Source : Zone Militaire

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