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Tag - Défense Nationale

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mardi 17 mars 2020

Epidémie : les armées en guerre contre le contre coronavirus... «à la hauteur de leurs moyens» limités !

Guerre contre le coronavirus !

Les hôpitaux militaires représentent 1 % de l’hôpital public et les militaires se protègent pour préserver leurs capacités opérationnelles

Le président de la République a annoncé lundi soir qu’un hôpital militaire de campagne serait déployé en Alsace où la situation sanitaire est la plus critique. Par ailleurs, les militaires participeront aux déplacements de malades d’une région à l’autre.

« Pendant la guerre contre le coronavirus, les autres guerres continuent ». C’est ainsi qu’un officier général rappelle le double défi auquel sont confrontées les armées : participer à la lutte contre l’épidémie, bien sûr, tout en se protégeant afin de « préserver leurs capacités opérationnelles ». « Notre priorité reste la lutte contre le terrorisme et les opérations extérieures (opex) », insiste-t-on au ministère des Armées, mais « personne ne comprendrait que nous n’aidions pas, si nécessaire et en fonction de nos moyens » à l’action des pouvoirs publics contre le Covid-19.

Plutôt que d’imaginer les blindés dans les rues pour garantir un couvre-feu, le grand public risque de découvrir que ces moyens sont limités. Un officier pointe le décalage « entre ce que les gens attendent de l’armée et ce qu’elle peut faire pour eux ». Le cas de Service de santé des armées (SSA) est à cet égard révélateur, car les moyens hospitaliers militaires représentent à peine 1 % de l’hôpital public : 1 750 lits sur 250 000 et 2 300 médecins sur 223 000. En se réorganisant, le SSA va pouvoir mettre à disposition des urgences de l’ordre de 70 lits supplémentaires, avec tout le personnel nécessaire, dans les huit hôpitaux d’instruction des armées (HIA, c’est leur nom officiel) que compte le pays, à Clamart, Saint-Mandé, Brest, Bordeaux, Marseille, Toulon, Lyon et Metz.

Des capacités réduites

Depuis une vingtaine d’années, avec la fin du service national, les capacités d’accueil des HIA ont été fortement réduites. Ils participent en permanence au service public hospitalier, en accueillant des civils, mais leur priorité reste le soutien des forces, notamment pour les blessés en opérations. Jeudi, la ministre des Armées Florence Parly s’était rendue à l’hôpital Bégin, à Saint-Mandé, pour rappeler l’engagement du SSA contre l’épidémie, mais « à la hauteur de ses moyens ».

Le 31 janvier, l’escadron Estérel de l’armée de l’air avait déjà rapatrié depuis Wuhan (Chine) 550 Français menacés par le coronavirus, avant que deux vols civils soient affrétés. En France, un foyer infectieux avait été découvert sur la base aérienne de Creil (Oise) – qui abrite les personnels de l’escadron Estérel – mais le ministère de la Santé a reconnu qu’aucun lien ne pouvait être établi avec la mission vers la Chine.

Si le gouvernement devait décider des mesures drastiques de contrôle du confinement, les armées pourraient être appelées à y participer d’une manière qui reste à définir. Pour l’heure, l’opération Sentinelle de sécurité intérieure n’a pas été modifiée, même si les militaires ont des consignes de « distanciation » avec le public pour éviter la propagation du virus. Ils n’ont pas reçu de masques et seuls les personnels mobilisés pour l’accueil de malades en seraient équipés.

Les militaires n’échappent pas à la maladie : vendredi, 54 cas d’infection étaient confirmés, un chiffre en augmentation de 17 dans la journée. En ce début de semaine, « on doit être autour de la centaine » avance un proche du dossier. Plus de 1 500 sont en isolement. Dans la police et la gendarmerie, le nombre de cas enregistrés est d’une trentaine. En moyenne, les personnels militaires sont jeunes, en bonne santé et bien suivis médicalement : ils ne constituent donc pas une population jugée « à risque » plus élevé que la moyenne. Aucun décès n’a pour l’instant été constaté.

Plan de continuité de l’activité

Partout dans les armées, on met désormais en œuvre le PCA, le plan de continuité de l’activité. Comme dans les entreprises, cela passe par une diminution des personnels présents, le télétravail et l’annulation de réunions et de déplacements. Les horaires des mess (cantines) sont élargis afin d’éviter les concentrations au moment des repas. Reste que « nous devons poursuivre notre préparation opérationnelle » afin de poursuivre les opérations, indique un colonel de l’armée de terre : « Les activités non-essentielles sont annulées et on regarde comment on va faire pour la suite… ».

Les armées assurent des missions permanentes, liées à la dissuasion nucléaire, à la police du ciel ou aux transmissions gouvernementales, par exemple. Hors de question de « poser le sac ». Ainsi, les équipages des sous-marins sont mis en « quatorzaine » avant le départ en patrouille. Lors de la crise du H1N1 en 2009, une centaine de marins avaient été placée dans une « zone de confinement » à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle, témoigne un officier de marine, « mais cela ne serait pas possible sur tous les bateaux, notamment les plus petits. »

Des exercices internationaux, qui avaient déjà commencés sont annulés, comme Cold Response en Norvège, auquel participaient les chasseurs alpins. Le Danemark vient de refuser une escale du Charles-de-Gaulle alors que Djibouti fait des difficultés pour accueillir les équipages de la mission Jeanne-d’Arc, avec le porte-hélicoptères Mistral et la frégate Guépratte. Quant aux relèves de personnel en opex, qui ont lieu tous les quatre mois, la dernière importante (Barkhane) a été effectuée avant le début de la crise. Seule pose problème, celle de la base aérienne H5 en Jordanie, à cause de la suspension des vols vers ce pays.

Source : lopinion.fr - Jean Dominique MERCHET / Secret Défense
Sur une idée de XAG - FNCV

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dimanche 2 février 2020

La Réserve : Les réservistes militaires devront tous signer une charte de déontologie...

Le statut général des militaires s’appliquent aux réservistes quand ils effectuent une période au sein des armées. En effet, l’article 2 de la Loi n° 2005-270 du 24 mars 2005 précise que ce statut « s’applique aux militaires de carrière, aux militaires servant en vertu d’un contrat, aux militaires réservistes qui exercent une activité au titre d’un engagement à servir dans la réserve opérationnelle ou au titre de la disponibilité et aux fonctionnaires en détachement qui exercent, en qualité de militaires, certaines fonctions spécifiques nécessaires aux forces armées. »

Seulement, certaines dispositions de cette loi s’appliquent uniquement aux militaires d’active [comme son article n°9, qui interdit d’exercer « à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit. » D’autres concernent seulement les réservistes.

Ainsi, l’article 87 de cette loi n° 2005-270 précise que « les réservistes exerçant une activité en vertu d’un engagement à servir dans la réserve opérationnelle ou de la disponibilité peuvent demeurer affiliés à des groupements politiques ou syndicaux. Ils doivent toutefois s’abstenir de toute activité politique ou syndicale pendant leur présence sous les drapeaux. »

Cela étant, le Code de la Défense prévoit des dispositions particulières censées s’appliquer aux militaires, sans pour autant préciser leur statut [engagé ou réserviste].

Par exemple, l’article L4122-3 précise que le « militaire est soumis aux obligations qu’exige l’état militaire conformément au deuxième alinéa de l’article L4111-1. Il exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. » Ce texte évoque par ailleurs les cas où un militaire se trouverait dans une position de conflit d’intérêt. S’il estime qu’il est dans une telle position, alors il doit en rendre compte « immédiatement à son supérieur hiérarchique qui apprécie. »

A priori, de telles dispositions ne s’appliquaient pas aux réservistes. D’où l’arrêté publié le 13 décembre 2019 [version consolidée] visant à instaurer une charte de déontologie pour le « réserviste militaire », quelle que soit la forme de leur engagement.

« La charte de déontologie du réserviste militaire est signée par les réservistes opérationnels et par les volontaires agréés de la réserve citoyenne de défense et de sécurité », indique en effet l’article 2 de ce texte, qui précise que les réservistes devront l’avoir signée d’ici le 31 décembre 2020.

Enfin, cette charte figure en annexe de cet arrêté. La voici :

CHARTE DE DÉONTOLOGIE DU RÉSERVISTE MILITAIRE

1. Le réserviste militaire exerce ses activités avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Il doit en particulier s’abstenir de chercher, directement ou indirectement, pour le compte d’une entreprise à obtenir des informations privilégiées, à influencer des choix contractuels ou à entreprendre des démarches de prospection commerciale.

2. Dans le cas où, par son affectation ou dans l’accomplissement de ses missions, il se trouve dans une situation de conflit d’intérêts avec ses activités civiles de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions militaires, il en rend compte immédiatement à son supérieur hiérarchique pour appréciation, notamment au regard des considérations opérationnelles.

3. Il utilise la documentation et les moyens mis à sa disposition exclusivement pour l’accomplissement de sa mission, y compris dans sa dimension de diffusion de l’esprit de défense, ou l’entretien de ses aptitudes et compétences militaires.

4. Il fait preuve de discrétion pour tous les faits, informations et documents dont il a connaissance en service afin notamment d’éviter de renseigner des personnes et des organismes poursuivant d’autres intérêts, privés ou étrangers.

5. Il doit faire de sa qualité de réserviste militaire un usage approprié, respectueux et digne, ne mettant en aucun cas le ministère des armées en difficulté.

6. Par son comportement exemplaire, il honore l’institution militaire et contribue à son rayonnement. Il entretient l’esprit de défense et maintient le lien Armées-Nation

Source : ZONE MILITAIRE


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mercredi 22 janvier 2020

Amiral Pierre Lacoste : Un grand du Renseignement nous quitte...

Hommage : L'amiral Pierre Lacoste, un « Seigneur » au service de la France !

Il y a des grands hommes, des grands chefs, des grands patrons... Mais pour les hommes du renseignement et des services secrets il y a surtout des « Seigneurs ». L'amiral Pierre Lacoste qui vient de tirer sa révérence à 96 ans fait partie de cette élite particulièrement honorée dans le monde anglo-saxon. Pour la plupart des Français son nom reste associé à la malheureuse opération du Rainbow Warrior. Pour nous qui avons servi à ses côtés il fut et il reste « l'Amiral », celui qui a protégé ses hommes et qui a sauvé les services secrets français des effets collatéraux de jeux politiciens. Il a assumé en homme d’honneur, fidèle à ses valeurs !

L'Histoire fera tôt ou tard la différence entre ce qui fut de l'ordre de la faute politique et stratégique et de ce qui relève de l'ordre de l'échec opérationnel. Quels que soient les propos toujours faciles sur ces types de sujets qui touchent à la « raison d'Etat », l’homme mérite les hommages de tous ceux qui aiment la France. Marin, diplomate, écrivain, « l'Amiral » avait toutes les qualités requises pour être un grand serviteur de l'état. Il le fut indéniablement. Mais pour tous ceux qui œuvrent dans la discrétion pour la sécurité et la défense des intérêts français il incarne bien plus ! Il fut d’abord et avant tout un visionnaire dans le domaine du renseignement et de l'anticipation stratégique. Il fut surtout un homme engagé[1] au sens noble et sacré du terme !

Qu'il s'agisse de la révolution des systèmes de communication, de la 3e révolution industrielle, de la cybersécurité, de la guerre économique, du réveil des maffias avec la mondialisation, de l'émergence de l'Asie, des mutations du terrorisme, des nouveaux rapports de force géostratégiques, des crises de modèle et de gouvernance de nos sociétés … Il a toujours eu 20 ans d'avance en termes de prospective et d'intuition. C'est sous son impulsion que nos services ont gagné plusieurs décennies sur ces sujets vitaux. Par la suite il n'a cessé d'accompagner des centaines de chercheurs, d'étudiants, de dirigeants afin de faire bouger les lignes de réflexion stratégiques et d'innover sur les méthodes de traitement de l'information.

Pour tous ceux qui ont servi, négocié, réfléchi, étudié à ses côtés il était l'homme d'un seul combat : celui de la France ! Comme la plupart des grandes figures de cette génération qui nous quittent discrètement et qui ont vécu sur un siècle : l'étrange défaite, la libération, les guerres coloniales, la guerre froide et le retour de la realpolitik, Il laisse l'image d'un homme courageux d'une grande culture et d'une profonde humanité. Nous n'oublierons pas sa force d’âme, ses messages empreints d'espérance et ses écrits d'une formidable lucidité et clairvoyance.

Merci « Amiral » !

Source : Xavier GUILHOU Contributeur de asafrance.fr

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vendredi 17 janvier 2020

Armement : Les nouveaux pistolets Glock pour L'armée française

L'armée française a commandé près de 75.000 pistolets semi-automatiques auprès de la firme autrichienne Glock pour équiper d'ici à 2022 l'ensemble de ses forces en remplacement des pistolets en service depuis les années 1950, a annoncé lundi 6 janvier 2020 le ministère des Armées.

Le marché de 74.596 pistolets passé par la Direction générale de l'armement (DGA) s'élève à 44 millions d'euros, selon un communiqué. Il comprend en outre des systèmes d'aide à la visée nocturne, également fournis par Glock qui s'est allié aux sociétés Sellier et Bellot pour les munitions et à UTM pour les kits d'entraînement. L'avis de marché public publié le 2 mars 2019 prévoyait la fourniture de 15.000 systèmes d'aide à la visée nocturne, 7.000 kits de réducteur de son et 51 millions de cartouches.

Ces pistolets visent à remplacer le MAC 50, produit initialement par la Manufacture d'armes de Châtellerault, entré en service en 1953, et les PAMAS G1, produits à Saint-Etienne dans les années 1990.

Les trois armées - terre (80% des livraisons), air (10%) et marine (8%) - et certains services interarmes sont concernés par cette acquisition. Les premières livraisons ont débuté fin 2019, précise le ministère dans son communiqué.

Glock équipe déjà de pistolets plusieurs unités françaises comme les unités d'interventions de la gendarmerie et de la police (GIGN et Raid) ou encore les forces spéciales.

«Arme indispensable au combattant, ces pistolets incarnent le renouveau des équipements 'à hauteur d'hommes' que la loi de programmation militaire permet», a salué la ministre française des Armées Florence Parly dans un tweet.

L'armée française est engagée dans un vaste processus de renouvellement des équipements de ses soldats. Le fusil d'assaut Famas est ainsi progressivement remplacé par le HK416F, de fabrication allemande, dont 12.000 exemplaires doivent être livrés en 2020.

Cette année doivent également débuter les livraisons du nouveau fusil de précision SCAR, fabriqué par le belge FN Herstal, et dont 2600 exemplaires doivent être fournis d'ici à la fin 2021. Quelque 25.000 casques doivent par ailleurs être livrés cette année ainsi qu'une partie des 96.800 gilets pare-balles à remplacer d'ici 2025.

Source : AFP et Le Figaro


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vendredi 10 janvier 2020

Armée de terre : Pour ses voeux 2020, le CEMAT fait l’éloge de la combativité

L’an passé, le général Jean-Pierre Bosser, alors chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], avait mis « l’esprit guerrier » au premier rang de ses préoccupations. « Du caporal au général, par tous et pour tous, [c’est] une action qui vise à combiner à la fois rusticité, dit autrement, ‘aguerrissement’, haute technologie et traditions militaires », avait-il expliqué.

L’esprit guerrier suppose de la combativité. Et c’est surtout sur cet aspect que le général Thierry Burkhard, qui a succédé au général Bosser en juillet 2019, a insisté lors de ses vœux pour 2020, qui sera une « année de défis et d’opportunités » pour l’armée de Terre.

« Je souhaite à chacun d’entre-vous d’être combatif, de toujours conserver cet enthousiasme et cette énergie qui nous permettent de nous dépasser et de donner le meilleur de nous-mêmes », a affirmé le CEMAT aux militaires de l’armée de Terre, depuis la Cour des Invalides.

« Soyons combatifs à l’entraînement comme en opération. La mission est sacrée. Ayons la volonté de tout mettre en œuvre pour la réaliser. Montrons l’exemple! », a enchaîné le général Burkhard.

Mais pour ce dernier, cette combativité ne doit pas seulement s’exprimer sur le terrain. « Soyons combatifs dans le service courant. Ne choisissons pas la voie de la facilité mais celle de l’excellence, celle qui nous tire vers le haut », a-t-il continué.

« Soyons aussi combatifs dans notre vie personnelle », a poursuivi le CEMAT. « Dépassons nous en toute circonstance, allons jusqu’au bout de nos projets et ne baissons jamais les bras dans la difficulté », a-t-il dit.

En conclusion, le général Burkhard a rappelé le rôle du soldat et le sens de son engagement. « En 2020, apportons plus de justice et de paix dans le monde qui nous entoure, » a-t-il lancé.

Pour rappel, le général Burkhard met actuellement la dernière touche à un nouveau plan stratégique pour l’armée de Terre afin de tirer « les conséquences de l’évolution de la conflictualité dans le milieu terrestre » car, avait-il expliquer aux parlementaires, « nous devons être prêts à nous engager en permanence et sans préavis dans des conflits plus durs. »

Ce nouveau plan visera notamment à élever le niveau d’exigence de la préparation opérationnelle et à faire en sorte de disposer des « moyens matériels nécessaires et suffisants » pour être en mesure de surclasser un adversaire symétrique.

Source : ZONE MILITAIRE

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vendredi 20 décembre 2019

Retraites : Système universel des règles spécifiques pour les militaires…

Nous reproduisons ici un extrait de la lettre de Madame la Ministre des Armées du 11 décembre 2019 :


" S’agisssant des règles spécifiques aux militaires, notamment la pension à jouissance immédiate et l’absence de restriction au cumul d’une activité et d’une pension, elles seront maintenues dans le système universel. Le président de la République et le Premier ministre s’y sont engagés."

"Par ailleurs, un dispositif permettant l’octroi de bonifications au titre des activités militaires spécifiques sera intégré au futur système universel, y compris pour les militaires ayant une carrière courte qui ne bénéficient pas aujourd’hui des bonifications acquises."

Florence PARLY
Ministère des Armées

Télécharger la version PDF : Lettre de Madame la Ministre des Armées du 11 décembre 2019


Source : FNCV

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vendredi 8 novembre 2019

Armée de l’Air : Formation de pilotes de chasse, plus vite pour deux fois moins cher...

Jusqu’en avril dernier, il fallait quatre ans pour former un pilote de chasse. Ainsi, à Salon de Provence, un jeune élève entamait son cursus par une Formation militaire initiale [FMI], suivie par une Formation militaire générale de l’officier [FMGO]. À l’issue, c’est à dire au bout d’environ un trimestre, il était initié aux rudiments de l’aéronautique au sein de l’Escadron d’instruction de vol à voile, pour un stage pouvant durer de 3 à 6 mois.

Puis, après un passage à l’Escadron d’instruction sol du personnel navigant [EISPN] pour acquérir les bases théoriques, l’élève pouvait commencer sa formation initiale en vol, à bord des Cirrus SR-20 des escadrons d’instruction en vol [EIV] 3/5 Comtat-Venaissin » et 2/93 « Cévennes ».

Ensuite, l’élève-pilote rejoignait l’École de pilotage de l’armée de l’Air implantée sur la base aérienne 709 de Cognac pour effectuer 45 missions [dont deux en solo] aux commandes d’un Grob 120. Cette phase permettait de déterminer son orientation, à savoir la chasse ou le transport.

En fonction du verdict, il poursuivait son parcours sur TB-30 Epsilon pendant 6 à 7 mois, avant de rejoindre l’École de l’Aviation de Chasse [EAC] à Tours où, il allait apprendre les rudiments de son futur métier sur un biréacteur, l’Alphajet en l’occurrence. Enfin, une fois « macaroné », il prenait la direction de Cazaux pour intégrer l’Escadron de transition opérationnelle [ETO], soit la dernière marche avant de rejoindre une unité opérationnelle.

Le projet FOMEDEC [Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse], pour lequel 17 turbopropulseurs de type Pilatus PC-21 ont été acquis, a revu ce cursus en fusionnant les phases de formation sur TB-30 Epsilon et Alphajet, l’objectif étant de gagner du temps [6 mois de formation] et de réaliser 100 millions d’euros d’économies par an. En outre, toute cette partie de l’instruction se fait une seule et même base, à savoir celle de Cognac.

C’est donc désormais ce cursus qui est en vigueur. Toutefois, l’aspirant pilote de chasse a encore à faire ses preuves aux commandes d’un Alphajet puisque la transition opérationnelle se fait toujours à Cazaux.

Lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, le général Philippe Lavigne, le chef d’état-major de l’armée de l’Air [CEMAA] a rapidement évoqué le projet « MENTOR », dont l’objectif serait de réduire davantage le temps nécessaire pour former un pilote de chasse. Sans en donner le détail, il a indiqué aux députés que le cursus pourrait être réduit… d’un an.

Dans son rapport pour avis sur les crédits de l’armée de l’Air pour 2020, le députés Jean-Jacques Ferrara a livré quelques précisions sur ce projet « MENTOR ». Ainsi, l’École de transformation opérationnel de Cazaux s’effacerait au profit d’un renforcement de la base aérienne de Cognac. Et les Alphajet ne seraient pas remplacés.

Ce projet « consisterait à substituer à la phase 4, qui se déroule actuellement sur Alphajet à Cazaux, une phase complémentaire à Cognac. Une telle évolution suppose l’acquisition de huit PC-21 supplémentaires, déployés à Cognac, celle d’un simulateur complet supplémentaire et l’affectation d’un quatrième [escadron?] instructeur », indique le député.

Et d’ajouter : « Alors que la base aérienne de Cognac a déjà entrepris un vaste programme de travaux pour accompagner la montée en puissance de l’école de pilotage – le projet de loi de finances 2020 prévoit d’ailleurs les financements pour la construction d’un bâtiment supplémentaire – il sera essentiel de veiller à ce que les ressources suffisantes soient prévues pour poursuivre cette évolution. »

Par ailleurs, la phase élémentaire, qui se déroule actuellement à Salon-de-Provence, serait également revue en l’orientant « autour de trois axes de formation au pilotage : l’acquisition des bases, la voltige, le vol en formation », indique M. Ferrara. Cela permettrait de réduire sa durée, qui passerait de 33 mois avec 315 heures de vol à 24 mois, avec 275 heures de vol.

« Sa mise en œuvre passerait par le remplacement des Cirrus par un autre appareil plus moderne équipé d’un turbopropulseur », précise le député.

« Lors de son déplacement à Salon-de-Provence, le rapporteur pour avis a constaté que la base aérienne 701 était déjà en ‘ordre de bataille’ pour MENTOR. Il a aussi pu mesurer l’ampleur des travaux à conduire : hébergement des futurs élèves ou encore rénovation de l’infrastructure aéroportuaire », lit-on également dans le rapport du député.

Avec le projet « MENTOR », il n’y aura plus besoin que deux sites principaux pour la formation des pilotes de chasse : Salon-de-Provence pour la phase initiale et Cognac.

« Cette formation rénovée permettra de réduire de près de moitié le coût de formation d’un pilote de chasse, celui-ci passant de près de 700.000 euros à environ 400.000 euros. Surtout, elle permettrait de réduire d’un an la formation à l’horizon 2025 et de mieux répondre aux besoins des forces, les jeunes équipages étant formés sur un équipement présentant une avionique proche de celle de l’avion d’arme qu’ils auront à mettre en œuvre », fait valoir le rapporteur pour avis.

Une partie des économies viendrait du retrait des Alphajet, sachant que le coût d’une heure de vol effectuée avec cet appareil est de 7.800 euros… Soit 5 fois plus par rapport à un PC-21 [1.500 euros, ndlr].

Source : Zone Militaire - Opex360.com / Photo : © armée de l’Air

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samedi 26 octobre 2019

Budget OPEX : Alerte du Sénat, il manque 300 millions d’euros pour financer les opérations extérieures !

En juillet 2019, les parlementaires ont reçu un tableau précisant les plafonds de dépense de chaque ministère pour le prochain exercice budgétaire. Et s’agissait du ministère des Armées, il y est indiqué que son budget augmenterait de 1,53 milliard d’euros. Seulement, le souci est que la trajectoire financière de la Loi de programmation militaire 2019-25 prévoit un hausse de 1,7 milliard

Comme l’a souligné le journal Le Monde, le ministère de l’Action et des Comptes publics « raisonne par rapport aux montants budgétés en 2019, lors de la loi de finances initiale, et qui peuvent donc varier par rapport aux crédits effectivement dépensés ». Et d’expliquer que cette hausse moins importante qu’attendu prendrait en compte la « démographie déclinante » de la mission « Anciens combattants ».

En tout cas, le 13 juillet, à l’Hôtel de Brienne, le président Macron avait assuré que « l’effort budgétaire pour notre défense sera […] tenu » parce que « le contexte stratégique le nécessite, parce que c’est ma responsabilité de chef des armées de voir loin, de ne jamais céder aux sirènes du court terme, mais au contraire, de maintenir notre nation dans le temps long de l’histoire. Parce que notre nation, si fière, à juste titre, de son passé, doit aussi agir aujourd’hui pour rester demain maître de son destin, aux côtés des Européens. »

Lors de l’Université d’été de la Défense, la ministre des Armées, Florence Parly, a rappelé cet engagement. La LPM « sera respectée », a-t-elle dit. Et « j’aurai l’occasion de détailler prochainement le contenu du budget 2020 lors de la présentation du projet de loi de finances en conseil des ministres à la fin du mois. » On en saura donc un peu plus à ce moment-là.

Cependant, il a déjà été précisé par l’entourage de Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, que les dépenses de l’État devraient augmenter de 4,6 milliards d’euros en 2020, ce qui permettra de financer les priorités gouvernementales, dont la Défense, la Solidarité et l’Éducation nationale. Mais « les dépenses augmentent moins vite que la croissance. Leur part va donc baisser dans le produit intérieur brut’, ont confié ces sources au quotidien Le Monde.

Mais avant d’évoquer le budget 2020, il reste à boucler l’exercice budgétaire 2019. Et comme tous les ans, à pareille époque, la question de sous-financement des opérations extérieures [dotées de 850 millions d’euros en Loi de finances initiale, ndlr] revient dans le débat.

En 2018, M. Darmanin avait annulé 404,2 millions de crédits destinés à la mission Défense pour financer les surcoûts liés aux opérations extérieures [OPEX] et aux missions intérieures [MISSINT]. Et il avait donc écarté tout recours à la solidarité interministérielle, principe pourtant réaffirmé par la LPM 2019-25. Ce qui lui valut d’être sous le feu des critiques au Parlement, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative.

À l’époque, il fut expliqué que le ministère des Armées pouvait supporter ces annulations de crédit étant donné que ses dépenses de personnel avaient été moins élevées que prévu. En outre, il pouvait puiser dans les 164 millions d’économies réalisées sur des programmes d’armement. Qu’en sera-t-il cette année, sachant que, selon toute vraisemblance, il manquerait encore 300 millions d’euros pour financer les surcoûts liés aux OPEX ?

En tout cas, le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, a d’ores et déjà pris les devants, lors d’une intervention à l’Université d’été de la Défense.

« Cette année encore, au moins 300 millions d’euros resteront à financer, si ce n’est plus. Ce surcoût doit être pris en charge par la solidarité interministérielle. C’est la loi, c’est aussi le respect de la parole donnée. 300 millions, c’est l’équivalent de trois ans de livraison des véhicules blindés Griffon : c’est donc, enfin, la condition de la modernisation des armées », a fait valoir M. Cambon, après avoir rappelé que le Sénat « avait introduit cette clause de sauvegarde dans la loi de programmation militaire (LPM), pour protéger les ressources des armées. »

La Haute-Assemblée avait également adopté une mesure visant à empêcher toute ponction du budget des Armées pour financer le Service national universel [SNU]. Or, là encore, M. Cambon a lancé un avertissement.

« A l’heure où le gouvernement chiffre le SNU à 1,5 milliard d’euros par an, je demande la création dans le projet de loi de finances pour 2020 d’une mission budgétaire spéciale, pour éviter tout risque d’un siphonnage des crédits de la défense. Chacun sait bien que le SNU n’est pas financé! », a affirmé le sénateur.

Voilà qui promet une session parlementaire animée...

Source : ZONE MILITAIRE

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mercredi 9 octobre 2019

Armée de Terre : Renouer avec l’art de la ruse et les opérations de « déception » au combat

Quel est le point commun entre la guerre de Troie, la prise du château de Grand Fougeray par le connétable Bertrand du Guesclin , l’offensive « Bagration », menée par l’armée Rouge contre la Wehrmacht en 1944 et, à la même époque, le Débarquement en Normandie ? Eh bien toutes ces batailles ont le point commun d’avoir été remportées grâce au recours de stratagèmes entrant dans le champ de ce qu’on appelle des opérations de « déception ». C’est à dire, pour faire simple, à la ruse.

Du latin « Deceptere » [attraper, tromper, abuser], la déception est un « effet résultant de mesures visant à tromper l’adversaire en l’amenant à une fausse interprétation des attitudes amies en vue de l’inciter à réagir d’une manière préjudiciable à ses propres intérêts et de réduire ses capacités de riposte », selon le vocabulaire militaire.

En clair, il s’agit de planifier un ensemble d’actions coordonnées pour tromper le commandement adverse en vue de le faire réagir dans le sens que l’on souhaite. Et les opérations de déception reposent sur trois procédés pouvant être utilisés simultanément.

Le premier est la dissimulation, qui consiste à cacher ses moyens, ses actions et ses intentions aux yeux de l’adversaire en les camouflant [camouflage « classique », contre-mesures électroniques, écrans de fumée, utilisation d’artifices, fausses désignations d’unités] ou en réduisant ses capacités en matière de renseignement [brouillage électronique, destructions de ses capteurs, etc].

Le second procédé est l’intoxication. Cela passe par la diffusion de faux ordres et de rumeurs, l’utilisation d’agents doubles ou « retournés » pour faire passer des messages soigneusement sélectionnés à l’ennemi, la multiplication d’incidents pour donner un sentiment d’habitude chez l’adversaire avant de passer réellement à l’action ou encore le recours aux actions politico-diplomatiques.

Enfin, le troisième procédé est la simulation, qui fait appel au leurrage [fausses émissions radio, faux emplacements de combat, etc], aux manoeuvres de diversion et à la feinte.

Le Débarquement en Normandie est un modèle du genre, avec l’opération Fortitude, qui consista à faire croire à l’état-major allemand que les Alliés débarqueraient dans le Pas-de-Calais. Des unités fantômes furent créées en Angleterre et en Écosse, avec des faux véhicules et des avions en bois ou gonflables, une activité radio intense, des fuites contrôlées via les canaux diplomatiques des pays neutres, le recours à des agents doubles [voire à des agents alliés sacrifiés] ou encore à des bombardements intensifs sur les prétendues zones de débarquement.

Après la Seconde Guerre Mondiale, l’armée française eut recours à ce type d’opération. En Indochine, l’interception des communications du Viet-Minh permit de fabriquer de faux documents en vue de faire croire qu’il y avait des « taupes » dans l’entourage du général Giap et celui de Ho Chi Minh. Ce qui jeta le trouble [et la suspicion] chez l’adversaire, avec quelques « purges » à la clé [*].

Le même principe fut utilisé en Algérie, avec de fausses listes de prétendus « partisans » algériens de l’armée française établies en vue d’intoxiquer le commandement de l’Armée de libération nationale [ALN] et de provoquer des purges dans les rangs de cette dernière.

Par la suite, si l’Union soviétique continua de pratiquer la « maskirovka » avec un art consommé [ce que font encore, du reste, les forces russes actuellement], les armées occidentales négligèrent les opérations de déception par la suite. La fin de la Guerre froide et la supériorité technologique face à des adversaires aux capacités limitées renforcèrent ce désintérêt. Et de « mauvais procès » en « perfidie » intentés au recours à la ruse, pour simplifier, firent le reste.

Seulement, le contexte a changé : cette supériorité militaire technologique occidentale est désormais contestée [avec la prolifération des capacités dite « nivelantes » dont disposent des groupes non-étatiques, par exemple] et la « menace de la force » a fait son apparition en même temps que les politiques d’affirmation de puissance menées par des pays comme la Russie et la Chine.

Qui plus est, la collecte du renseignement a fait des progrès majeurs, avec des capteurs toujours plus nombreux, performants et accessibles associés à des capacités de traitement des informations susceptibles de donner des niveaux d’analyses jusqu’alors jamais atteints, grâce au big data et à l’intelligence artificielle. En un mot, tromper l’adversaire sera de plus en plus compliqué, à moins de pouvoir compter sur des technologies nouvelles en matière de dissimulation, de leurrage et de contre-renseignement.

Ainsi, par exemple, un essaim de drones pourrait simuler une fausse attaque ou saturer les défenses adverses. Et c’est sans oublier que le cyberespace offre un large de champ de manoeuvre pour les opérations d’intoxications. En tout cas, cela mérite réflexion. Et l’armée de Terre pourrait s’y employer, comme l’a sous-entendu le général Jean-Pierre Bosser, son chef d’état-major [CEMAT].

En effet, lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, le général Jean-Pierre Bosser a évoqué [très brièvement] les opérations de déception au moment d’aborder les discussions qu’il a eues avec ses homologues britannique et allemand au sujet de « l’action terrestre future ».

Selon le CEMAT, quatre questions ont dominé ces échanges : la guerre de haute intensité, la robotique militaire [soit la guerre à distance et/ou par procuration], le « soldat augmenté » et… la déception.

« Dans notre doctrine d’emploi, nous avons un peu oublié les actions de déception. Nous allons fêter demain le soixante-quinzième anniversaire du Débarquement [**]. Or, l’année du Débarquement, a été conduite une opération de déception exceptionnelle, dénommée Fortitude. Si pour nos amis britanniques, la déception est restée dans la doctrine, nous l’avons un peu évacuée. C’est dommage car la déception est une capacité majeure qui va du simple camouflage jusqu’à des manœuvres de grande ampleur », a ainsi affirmé le général Bosser.

Cela étant, en France, les opérations de déception semblent avoir retrouvé un certain intérêt depuis quelque temps. Certains chercheurs ont tenté de réhabiliter la ruse [comme Jean-Vincent Holeindre, avec son livre « La ruse et la force« , mis en avant par le ministère des Armées]. Et le Centre de doctrine et d’enseignement du commandement [CDEC] de l’armée de Terre a publié plusieurs articles sur ce sujet.

Chercheur au sein du Laboratoire de Recherche sur la Défense [LRD] de l’Institut français des relations internationales [IFRI], le commandant Rémy Hemez a aussi publié une note remarquée, intitulée « Opérations de déception : repenser la ruse au XXIe siècle ». Et le prochain numéro de la revue DSI abordera cette question dans un dossier titré « La guerre des perceptions – Tromper l’ennemi pour vaincre ».

Source : Zone Militaire

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jeudi 26 septembre 2019

Marine nationale : La mixité jugée insuffisante... Comment faire évoluer la sociologie des officiers ?

Selon une étude publiée en 2010  par la sociologue Carine Le Page et le statisticien Jérôme Bensoussan, plus de 30% des militaires avaient au moins un membre de leur famille ayant fait une carrière sous l’uniforme.

« Quelle que soit l’armée, un tiers des militaires a évolué dans un environnement militaire [un des membres de la famille est militaire]. De même, que le militaire soit officier supérieur ou militaire du rang, la proportion de militaires présents dans l’environnement familial ne se distingue pas de manière significative, variant entre 31 % et 39 % d’une catégorie hiérarchique à l’autre », soulignait alors cette étude.

En outre, « le groupe des militaires recrutés en tant que militaires du rang et sous-officiers s’oppose à celui formé par les officiers : dans le premier, les militaires sont essentiellement issus de la classe des cadres moyens et de la classe ouvrière, même si une nette différence distingue les militaires du rang des sous-officiers quant à leur appartenance au milieu ouvrier [47% et 34%] et à celui des cadres moyens [19% et 28%]. En ce qui concerne les officiers, plus de 60% sont enfants de cadres supérieurs [34%] et de cadres moyens [27%] et seulement 14% sont enfants d’ouvriers », indiquait encore ce document.

Cela étant, la question qui se pose est celle de savoir si l’origine sociale a une influence sur la vocation – et donc la détermination – d’un jeune homme ou d’une jeune femme à faire une carrière militaire… En tout cas, pour l’amiral Christophe Prazuck, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], il serait souhaitable de faire évoluer la sociologie des officiers de marine. C’est en effet ce qu’il a expliqué lors de sa dernière audition à l’Assemblée nationale, au début de ce mois.

« Les ressources humaines sont la question stratégique des dix ans à venir pour la marine. Il faut impérativement élargir les viviers de recrutement. Je recrutais 2.400 jeunes il y a 5 ans et j’en recrute 3.600 aujourd’hui, que je vais chercher là où nous n’allions pas. Je dois changer mes méthodes de recrutement, encourager les services de recrutement à aller voir ailleurs. Il s’agit également de la représentation de la marine qui n’est pas un monde à part mais reflète la société et doit, de ce fait, accroître sa mixité », a en effet affirmé le CEMM.

S’agissant de l’accès à l’École navale, l’amiral Prazuck a rappelé qu’il s’appuie désormais sur la « banque d’épreuves du concours de l’École centrale, précisément afin d’élargir la base de recrutement à des jeunes qui sont a priori étrangers au monde militaire. » Mais cette mesure n’a pas fait évoluer la sociologie des élèves de la « baille » alors qu’elle avait été justement décidée pour cela.

En effet, selon le CEMM, « la part des jeunes ayant préparé l’École navale dans des lycées militaires représente toujours 50 % des élèves, l’autre moitié étant issue de classes préparatoires civiles ». Et d’ajouter : « Le changement de concours avait vocation à faire évoluer cette sociologie mais, finalement, la proportion est restée à peu près identique. » Aussi, a-t-il continué, « c’est plutôt par d’autres formes de recrutement qu’elle est susceptible d’évoluer. »

« Je pense que le brassage sociologique peut être favorisé par les officiers sous contrat [OSC], dont le recrutement n’a fait l’objet d’aucune démarche active pendant longtemps », a ensuite estimé l’amiral Prazuck.

C’est à cette fin que la Marine nationale cherche à reprendre contact avec des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur ayant échoué au concours d’entrée de l’École navale et qui se sont réorientés vers une autre voie, « ou qui fait une année de césure dans la Marine comme volontaire. »

« Nous avons allongé le cursus de formation des officiers sous contrat, en y incluant la mission Jeanne d’Arc, autrement dit 6 mois supplémentaires au contact des jeunes officiers de l’École navale », a rappelé le CEMM, pour qui ce « recrutement d’officiers sous contrat répond probablement mieux à certaines attentes de notre jeunesse, qui est toujours un peu inquiète à l’idée de signer un engagement pour 27 ans et est plus encline à signer un contrat de quelques années. » ET d’ajouter : « Nous en attendons une plus grande diversité sociologique, une plus grande variété de compétences ainsi qu’une mixité plus importante. »

La mixité justement. Là aussi, la Marine nationale veut l’encourager. « Je constate que le taux de mixité a augmenté de 0,3 %, ce qui est tout à fait insuffisant pour atteindre les 21 % que je vise en 2030, mais constitue peut-être un frémissement », a indiqué l’amiral Prazuck.

« La marine américaine est d’ailleurs féminisée à plus de 20 %. Certains porte-avions américains comportent 30 % de personnel féminin. Or il n’y a aucun doute quant à la capacité opérationnelle de nos camarades américains, pas plus qu’il n’y en a quant à celle de l’armée de l’air française qui est, elle, féminisée à 22 %. Qu’il s’agisse d’image, d’ouverture, de compétences, je suis certain des bénéfices que nous apportera une mixité élargie », a insisté le CEMM.

Selon le dernier bilan social de la Défense, le taux de féminisation de la Marine nationale est de 14,5% [30.012 hommes et 5.101 femmes]. Dans le détail, sur 4.559 officiers de marine, 510 sont des femmes [soit 11%]. Ce taux est plus élevé parmi les équipages de la flotte [16,5%] et les volontaires [25,7%].

Toujours d’après ce rapport, le taux de réussite au concours d’entrée à l’École navale [recrutement direct d’officiers] est de 2,5% pour les femmes [5 reçues sur les 203 qui se sont présentées] et de 7,7% pour les hommes [71 reçus sur 921].

« Je crois souhaitable de porter une attention particulière aux candidatures féminines à l’École navale, à chaque étape de la sélection. Entre l’admissibilité, l’oral et l’intégration, il y a beaucoup de déperdition. Dès cette année, nous allons tenter de mieux en comprendre les raisons », a ainsi constaté l’amiral Prazuck.

Effectivement, en 2018, sur les 328 candidates inscrites, 203 ont passé le concours. Puis 91 ont été déclarées admissibles et 5 ont donc été finalement définitivement admises.

Mais un autre chiffre n’a pas été commenté par le CEMM : celui des femmes candidates à un recrutement interne d’officiers de marine. En 2018, il n’y en a eu que 7 [contre 100 chez les hommes]. Pour comparer, il y en a eu 53 dans l’armée de l’Air [pour 253 hommes] et 85 dans l’armée de Terre [pour 594 hommes].

Source : Zone Militaire - Photo : defense.gouv.fr

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vendredi 30 août 2019

Défense et Sécurité : Pour le CEMA « Il faut être prêt à s’engager pour un conflit de survie »

Lors de la dernière édition de la Conférence des ambassadeurs, en août 2018, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ne put que confirmer et compléter les propos qu’il avait déjà tenus quand il était à l’Hôtel de Brienne pour décrire les dernières évolutions du contexte international.

« Nous vivons dans une période de tension et de conflictualité » avec une « rupture » sur le plan de la sécurité, « se manifestant par la multiplication des crises aux portes de l’Europe » et une autre dans celui de l’économie, « liée aux déséquilibres commerciaux que risquent d’aggraver les tentations de guerre économique », avait en effet affirmé le chef de la diplomatie française.

Lors de sa dernière à l’Assemblée nationale, le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, est entré dans le détail des menaces actuelles. Ainsi, après avoir de nouveau critiqué les « dividendes de la paix » qui, après 1991, « allaient provoquer pertes de capacités et diminution de la réactivité des armées », il a évoqué un contexte marqué par le terrorisme qui « se développe en même temps que l’expansion incessante de menaces hybrides », « l’apparition de nouveaux champs de conflictualité » et une « désinhibition tout à fait frappante de l’usage de la violence et de la force. »

Aussi, pour le CEMA, nous entrons dans une ère qui « combine, d’une certaine façon, les caractéristiques de périodes précédentes, sur fond de risque climatique, d’épuisement des ressources et d’inégalités de développement. » Et, a-t-il ajouté, elle faut « surtout réapparaître la crainte de menaces existentielles, à même de saper les fondements de notre Nation. »

Et « cette période nous expose à trois grandes formes de conflictualité, qui se conjuguent », a relevé le général Lecointre. Ainsi, a-t-il dit, « un affrontement majeur apparaît aujourd’hui comme une potentialité réelle ». Selon lui, « l’armement de la Chine, l’affirmation de puissances régionales avec des prétentions nucléaires, le jeu de la Russie, la concurrence à la puissance américaine ou les déséquilibres autour du golfe arabo-persique sont de nature à provoquer un point de rupture. »

Et cela conduit le CEMA à estimer qu’il « faut être prêt à s’engager pour un ‘conflit de survie’, seul ou en coalition, rapidement et dans la durée. » Et cela demandera des « moyens de haute technologie car ce conflit se déroulera dans les champs habituels, mais aussi dans ceux qui échappaient jusqu’ici à la conflictualité militaire. »

Et, a poursuivi le général Lecointre, « le déni d’accès de certains espaces et les stratégies indirectes, avec un rapport coût efficacité aujourd’hui à la portée de petits compétiteurs, pourraient préfigurer ce type de conflit. »

En outre, les affrontements de nature « asymétrique » n’ont pas disparu. Loin de là même. « Le terrorisme persiste. Il mute. Il intègre opportunément toutes les revendications ethniques, religieuses, idéologiques ou identitaires » tandis que les groupes terroristes « s’approprient les nouvelles technologies et savent investir tous les champs, exigeant de notre part une palette complète de réponses militaires », a expliqué le CEMA.

Enfin, ce dernier n’exclut pas qu’une ou plusieurs « crises profondes » puissent « déstabiliser sérieusement les grands équilibres mondiaux. » Ces crises pourraient être de « nature démographique, climatique ou d’accès à l’eau » et elles « ne manqueront pas d’affecter l’Afrique », ce qui aura « de lourdes conséquences pour la stabilité de l’Europe tout entière », a prévenu le général Lecointre.

« Je pense que nous devons absolument nous y préparer et l’intégrer dans notre modèle d’armée, d’autant que cette typologie de la menace n’exclut pas la simultanéité des occurrences et que chaque type d’affrontement se conjuguera dans le temps et l’espace. Nous devons être capables d’anticiper et de voir venir ces menaces ou ces conjugaisons de menaces, mais aussi de créer les coalitions qui nous permettront d’y faire face », a-t-il ensuite fait valoir auprès des députés.

Après des années de contraintes budgétaires qui ont entamé le potentiel et les capacités des forces françaises, l’exécution à l’euro près de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, qui met l’accent sur la « remontée en puissance », est essentielle.

En l’état actuel des choses, et « au rythme actuel des commandes et livraisons » des munitions, les forces françaises ne seront « toujours pas pas capables de soutenir un engagement majeur en 2022 », a souligné le général Lecointre. « Pour la défense sol-air, surface-air, l’engagement air-air, ainsi que pour la lutte antinavire, nos stocks ne nous permettent déjà pas de faire face à la situation opérationnelle de référence », a-t-il précisé.

Qui plus est, « nous avons encore des trous capacitaires, notamment dans les domaines de la projection stratégique, du renseignement par drone, du ravitaillement à la mer et de l’aéromobilité, ce qui nous rend dépendants de nos alliés américains, otaniens et européens, ainsi que des contrats d’affrètement », a encore cité le CEMA.

Enfin, a-t-il aussi fait remarquer, la « disponibilité technique opérationnelle de certaines de nos flottes d’aéronefs demeure à un niveau faible, de l’ordre de 50 % à 60 % pour les flottes d’hélicoptères de l’armée de Terre, de patrouilleurs maritimes de la Marine et d’avions de transport tactique de l’armée de l’Air. »

D’où l’importance cruciale, dans ces conditions, de la bonne exécution de la LPM, qui « prend en compte » cette nécessité de réparer nos capacités, en particulier les difficultés et les carences structurelles dont nous souffrons », a plaidé le général Lecointre.

Source: Zone Militaire - Photo : Le général LECOINTRE (c) EMA

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samedi 24 août 2019

SEA : Le Service des essences des Armées manque de sous-officiers

Sous l’effet conjugué de la réforme du ministère de la Défense et de la Révision générale des politiques publiques [RGPP], les services de soutien perdirent 20.000 postes entre 2009 et 2015. Ce qui mit l’effectif du Service des essences des Armées [SEA] sous de « fortes tensions », dans un contexte, qui plus est, marqué par une activité opérationnelle intense.

« Entre 2008 et 2011, le service des essences des armées a subi une première baisse de 11 % de ses effectifs. Dans le cadre de la LPM [Loi de programmation militaire] 2014-2019, le mandat reçu par le SEA prévoyait une nouvelle diminution de 250 ETP [12 % des effectifs], ramenée à 102 postes après l’actualisation de la LPM. Ces évolutions concernent essentiellement le personnel civil pour préserver la capacité de projection militaire du service et maintenir son niveau de réponse au contrat opérationnel », était-il ainsi souligné dans un rapport pour avis publié en novembre 2016 par l’Assemblée nationale.

Seulement, le personnel militaire du SEA était alors déployé en opérations extérieures [OPEX] plus souvent qu’à son tour, avec des « taux de projection » oscillant entre 30 et 37% sur la période 2012-15. Voire plus pour certaines spécialités. Entre 2013 et 2015, entre 50 et 60% de l’effectif des sous-officiers spécialisés en maintenance des matériels fut « projeté » en OPEX. Et s’agissant des militaires du rang, la « période comprise entre deux projections fut divisée par deux entre 2012 et 2014 ».

Avec l’entrée en vigueur de la LPM 2019-25, qui se veut à « hauteur d’homme », la situation du SEA semble s’améliorer un peu. « En 2018, le Service rencontrait encore un déficit RH de grande ampleur mais un effort partagé avec la DRH de l’armée de Terre a permis de recruter puis de former cinq contingents d’engagés volontaires », s’est félicité l’Ingénieur général de 1re classe Jean Charles Ferré, le directeur central du service des essences des armées; dans son dernier rapport d’activité [.pdf].

Mais il y a encore un gros bémol… « Néanmoins, […] le SEA demeure confronté à un déficit en sous-officiers qui nécessitera à l’avenir des efforts de compréhension et d’adaptation au marché de l’emploi », a en effet ajouté son directeur.

En 2018, le SEA comptait 1443 militaires et 675 civils [soit 0,8% de l’effectif du ministère des Armées] pour « assurer l’appui de bout en bout de l’ensemble des forces armées, sur le théâtre national comme à l’étranger. »

Le personnel civil est surtout chargé des missions d’expertise [produits, équipements, infrastructure], de maintenance et de soutien [finances, achat, ressources humaines, prévention…], ce qui permet aux militaires du SEA de se consacrer « principalement à la mission opérationnelle, en particulier la projection. »

« L’adéquation obtenue à ce jour entre personnel civil et personnel militaire, a permis de mettre en place une organisation en mesure de répondre à la fois aux besoins de projection et d’entraînement des militaires, mais également aux missions permanentes des plates-formes aéronautiques et navales sur le territoire national et aux besoins d’expertise », explique le SEA dans son rapport d’activité.

Parmi ses 1443 militaires, on compte 53 ingénieurs des essences [IME], 159 officiers logisticiens, 334 sous-officiers ainsi que 897 militaires du rang, qui « occupent des fonctions d’opérateurs avitailleurs ou de maintenanciers pétroliers au sein des dépôts. »

Le SEA comprend deux « corps » de sous-officiers : ceux qui sont recrutés comme maréchaux-des-logis, chefs de groupes puis sous-officiers adjoints au sein de ses unités, et ceux qui sont recrutés sur concours parmi les sous-officiers et militaires du rang des armées et services [15 à 20 par an]. Ces derniers « exercent des fonctions d’encadrement puis d’expertise » et ils « sont nommés agents techniques [équivalent adjudants] à l’issue de leur scolarité qui leur délivre un brevet supérieur technique. »

Source : Zone Militaire - Photo : SEA

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samedi 13 juillet 2019

Armement : Le Griffon, le nouveau blindé multi-rôles de l’armée de terre... Bientôt sur les Champs ;-)

L’armée de Terre a reçu ce jeudi 4 juillet les trois premiers Griffon. Ces véhicules blindés multi-rôles lourds doivent à terme remplacer les vieux véhicules de l’avant-blindé (VAB). Ils défileront le 14 juillet prochain sur les Champs-Élysées.

L’armée de Terre française se modernise.

La ministre des Armées Florence Parly s’est rendue en personne à Satory (Yvelines) pour la livraison des trois premiers griffons de l’armée de Terre. Comme le précise BFMTV, ces véhicules blindés multi-rôles lourds doivent à terme remplacer les 2.700 vieux véhicules de l’avant-blindé (VAB) actuellement en service. Ils défileront le 14 juillet prochain sur les Champs-Élysées. Les trois premiers véhicules sont destinés aux 3e régiment d'infanterie de Marine (Rima) de Vannes.

Ce sera ensuite le tour du 13e Bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Barby, du1er Régiment d'infanterie de Sarrebourg, du 21e régiment d'infanterie de Marine de Fréjus et du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de Marine (Rpima) de Carcassonne d’être équipés. Ces nouveaux Griffon sont de très haute technologie. Son tourelleau est en effet équipé d'armes pilotables depuis la cabine (mitrailleuse 12,7 ou 7,62 mm et lance-grenades automatiques) et de capteurs et de brouilleurs radio et infrarouge pour alerter de la présence de l’ennemi.

Le véhicule blindé a en outre été créé en plusieurs modèles : combat, transport de troupes et poste sanitaire, de commandement ou d’observation. Il a été développé par les industriels français Nexter, Arquus et Thales, dans le cadre du programme Scorpion de renouvellement des capacités de combat terrestre.
Savoir-faire unique et l'excellence de l'industrie terrestre

Florence Parly s’est félicitée sur Twitter du "savoir-faire unique et l'excellence de l'industrie terrestre et des ingénieurs français". Selon elle, le programme "Scorpion = plusieurs milliers d'emplois consolidés pour livrer 3400 véhicules blindés d'ici 2030". L’armée de Terre devrait en effet disposer de 936 Griffon d’ici fin 2025.


Source : Capital.fr

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Le GRIFFON est un véhicule blindé multi-rôles (VBMR), un engin robuste, bien protégé et mobile. Il a pour missions de transporter et d’appuyer le groupement tactique interarmes (GTIA) dans la zone des contacts.

Caractéristiques:

    Dimensions : 7,58 m de longueur ; 2,54 m de largeur et 3,50 m de hauteur ;
    Masse : 24,5 tonnes de poids total autorisé en charge ;
    Vitesse maximale route et tout terrain : 90 km/h ;
    Protections : balistique, anti-mines, engin explosif improvisé (EEI), incendie, risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC).

    Autonomie : 800 km à 60 km/h ;
    Capacité de protection du personnel ;
    Capacité de combat collaboratif au niveau GTIA ;
    Armement principal : tourelle télé-opérée mitrailleuse 12,7 mm ou MAG 58 (calibre 7,62 mm) ou lance-grenades automatique 40 mm ;
    Système de lance-grenades de type GALIX.

Présentation : Le Griffon arrive... (vidéo Armée de terre)


Source : Armée de Terre

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dimanche 7 juillet 2019

Armée de Terre : Des noms de régiments dissous pour insuffler « l’esprit guerrier »

D’ici septembre 2019, plusieurs unités de l’armée de Terre auront changé d’appellation afin de faire revivre les traditions de régiments qui ne purent échapper aux « restructurations » successives de ces dernières années.

Le Centre de Formation Initiale des Militaires du rang [CFIM] de la 11e Brigade Parachutiste a récemment ouvert le bal en se voyant attribuer l’appellation CFIM 11e BP – 6e RPIMa. Dernièrement, il a été décidé que le 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre [BCAT] prendrait le nom de « 132e Régiment d’Infanterie Cynotechnique » [RIC].

Mais d’autres formations vont suivre. En effet, tous les CFIM porteront le nom d’un régiment disparu de l’ordre de bataille de l’armée de Terre.

Ainsi, les traditions du 135e Régiment du Train [CFIM de la logistique], du 18e Régiment des Transmissions [CFIM de Dieuze], des 3e et 12e Régiments de Chasseurs d’Afrique [CFIM des 7e et 2e Brigade Blindée], du 1er Régiment du Matériel [CFIM du matériel], du 151e Régiment d’Infanterie [CFIM du renseignement], du 6e Bataillon de chasseurs alpins [CFIM de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne], des 4e et 22e RIMa [CFIM de 6e Brigade légère blindée et de 9e Brigade d’Infanterie de Marine] et du 1er Régiment d’artillerie de Marine [CFIM de la 9e BIMa à Coëtquidan] sont concernées.

Les 2e et 6e Régiments d’Hélicoptères de Combat [RHC] donneront leur nom respectivement aux écoles de l’aviation légère de l’armée de Terre [EALAT] du Cannet des Maures et de Dax.

Même les Groupements recrutement et selection [GRS] se verront accoler le nom d’un régiment dissous, dont le 8e Bataillon de chasseurs pied [GRS Île-de-France], le 8e Régiment d’artillerie [GRS Nord-Est], le 7e RIMa [GRS Sud-Ouest] et les 41e et 99e Régiments d’Infanterie [GRS Nord-Ouest et Sud-Est].

Développer davantage l’esprit guerrier

Les formations qui changeront d’appellation ont déjà, pour la plupart, la garde des étendards et drapeaux des régiments dont elles prendront le nom. Mais il s’agit donc d’aller encore plus loin car, pour le  général Jean-Pierre BOSSER, chef d’état-major de l’armée de Terre, ces changements de noms ont « pour vocation de développer davantage l’esprit guerrier dans les formations non régimentaires. »

« Une nouvelle dénomination change également la façon dont les soldats affectés dans ces organismes de recrutement et de formation vivent leur militarité. Le personnel permanent trouve une nouvelle histoire, qu’il peut faire vivre quotidiennement. Une fois la filiation reconnue, ce changement s’incarnera dans le port des attributs du régiment dissous », fait valoir l’armée de Terre.

Évidemment, précise-t-elle, « la mission première des unités, les formations qu’elles dispensent ou les informations qu’elles délivrent, ainsi que leurs infrastructures ne sont pas amenées à changer. »

Source : Zone Militaire

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samedi 29 juin 2019

Armée de Terre : Recrutement d’officiers contractuels plus important dans le futur ?

Selon son chef d’état-major [CEMAT], le général Jean-Pierre Bosser, l’armée de Terre attire d’autant plus que nos jeunes concitoyens sont à la recherche de sens et de valeurs », ce qui fait qu’elle n’a pas trop de peine à atteindre ses objectifs en matière de recrutement.

« L’armée de terre est la seule des trois armées à avoir atteint ses objectifs de recrutement en 2018. Certes, cela ne veut pas dire que tous les postes sont pourvus, mais nos taux de sélection sont satisfaisants », a ainsi fait valoir le général Bosser, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

« S’agissant des engagés volontaires de l’armée de Terre, nous n’avons pas tout à fait retrouvé le ratio de deux candidats pour un poste que nous connaissions avant 2015, mais presque. En outre, tout ce que nous avons mis en place pour faciliter le recrutement a beaucoup de succès, notamment autour des réseaux sociaux », s’est félicité le CEMAT.

S’agissant du recrutement des officiers, l’École Spéciale Militaire [ESM] et l’École militaire interarmes [EMIA] ont visiblement la cote, avec une nouvelle hausse – certes modeste – du nombre de candidats de 1%. « Je tiens à souligner aussi que, cette année, neuf polytechniciens choisiront l’armée de terre à l’issue de leur scolarité : c’est une véritable révolution! », s’est encore réjoui le général Bosser.

Cela étant, le développement du programme SCORPION, avec les avancées technologiques qu’il suppose, fera certainement évoluer le recrutement de l’armée de Terre. Notamment pour celui des officiers, lequel se fait actuellement par voie directe [30%], par promotion interne [50%] et par voie contractuelle [20%].

Alors que le système de promotion interne concernant les officiers va être revu avec la disparition des recrutements « rang » et « semi-direct tardif » au profit d’un « concours professionnel » qui s’appellera « Voies des officiers de domaines de spécialités », le recrutement d’officiers contractuels pourrait bien prendre de l’ampleur dans les années qui viennent.

« La guerre de demain crée de nouveaux besoins de compétences, notamment dans le domaine de l’espace, de la cybernétique ou du renseignement. Ce sont là des compétences d’importance majeure, que nous devons avoir à l’esprit dans nos politiques de recrutement », a souligné le général Bosser.

Aussi, a-t-il continué, le « modèle de recrutement généraliste […] n’est certainement pas celui de demain. »

« Pour l’heure, dans les spécialités que j’évoquais, nous recrutons beaucoup d’officiers sous contrat, tout l’enjeu consistant à conserver ces spécialistes aussi longtemps que nous en avons besoin » car « je ne crois pas que ce soit à l’armée de Terre de former des spécialistes dans certaines matières, comme la cybernétique et, qu’à ce titre, un recrutement sous contrat pour une durée donnée me paraît pertinent », a expliqué le CEMAT.

Aussi, a-t-il estimé, « c’est dans ce sens qu’évolue le mode de recrutement des officiers et qu’il continuera à évoluer, c’est-à-dire que cette évolution est moins déterminée par les règles de gestion des personnels que par les besoins de l’armée de Terre. »

Cela étant, ce qui est valable pour les officiers ne l’est pas forcément pour les sous-officiers.

« S’agissant du recrutement de sous-officiers, à Saint-Maixent [ENSOA, ndlr], il est satisfaisant tant en qualité qu’en quantité. Nous avons d’ailleurs ouvert des classes spécialisées pour former des étudiants dans les spécialités pour lesquelles la concurrence au recrutement est vive », a indiqué le général Bosser.

Quoi qu’il en soit, et une hausse significative du format de la Force opérationnelle terrestre [+11.000 soldats], le général Bosser a assuré que l’armée de Terre se « tient prête » à en faire encore davantage « pour le cas où le ministère pourrait accroître encore ses effectifs d’ici la fin de l’année et où les autres armées ne réussiraient pas à recruter autant que prévu. »

Étant donné qu’il a fallu pousser les murs des casernes pour accueillir les recrues supplémentaires de ces dernières années, on voit mal comment l’armée de Terre pourrait augmenter encore ses effectifs. D’autant plus que le recrutement de 11.000 soldats supplémentaires était le maximum qu’elle pouvait faire, selon les propos tenus par le même général Bosser, lors d’une audition parlementaire précédente.

Toutefois, le CEMAT n’est « pas demandeur de militaires du rang supplémentaires. » En revanche, il est favorable « à ce qu’on amplifie le recrutement d’officiers. » En effet, a-t-il expliqué, « l’ambition qui est la nôtre de peser dans les états-majors internationaux se heurte à une insuffisance de capitaines et de commandants. »

Source : Zone Militaire

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