FNCV Infos et Actualités des Combattants Volontaires

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samedi 28 juillet 2018

Armement : Le drone MALE européen pourra être armé...

Le ministère des Armées confirme que le futur drone MALE européen pourra être armé.

En 2013, et après plusieurs échecs dans ce domaine (Talarion, Telemos), Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo (ex-Finmeccanica) décidèrent d’unir leurs forces pour développer un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) européen alors que plusieurs pays du Vieux Continent venaient d’acquérir des appareils américains (en l’occurrence, le MQ-9 Reaper de General Atomics).

Deux ans plus tard, ce projet – désormais appelé MALE RPAS – fit l’objet d’une lettre d’intention signée par l’Allemagne, la France et l’Italie (puis, plus tard, par l’Espagne).

Sous la conduite de l’OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) et soutenue par l’Agence européenne de défense (AED), un contrat d’études de 60 millions d’euros, financé à hauteur de 31% par l’Allemagne et à parts égales (23%) par la France, l’Italie et l’Espagne, fut notifié aux industriels concernés.

Et, à l’occasion du salon aéronautique ILA de Berlin, une maquette à échelle 1 de ce que sera ce nouveau drone MALE a été officiellement présentée. Cependant, ce projet a nourri quelques réserves. Ainsi, un rapport du Sénat estimait que cet appareil devait absolument se distinguer du MQ-9 Reaper américain « soit par des spécifications supérieures, soit par un coût moindre ».

En outre, la question de savoir s’il allait effectivement répondre aux besoins des forces françaises fut posée. « Les discussions avec nos partenaires allemands sont complexes. Ils n’ont pas les mêmes besoins que nous : eux entendent surveiller leur territoire, tandis que nous sommes engagés à l’extérieur… », avait ainsi souligné le sénateur Cédric Perrin, lors d’une audition du Délégué général pour l’armement, Joël Barre, en octobre dernier.

Une autre question restait aussi à trancher : celle de l’armement de ce MALE RPAS. Au moment de la signature de la lettre d’intention, la France s’interrogeait encore sur l’opportunité de disposer de drones armés. Désormais, ce problème est réglé puisque la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé, en septembre dernier, que les MQ-9 Reaper de l’armée de l’Air emporteront des missiles (ce qui devrait être effectif d’ici 2020, d’après le général André Lanata).

En revanche, le débat n’est toujours pas tranché en Allemagne où le projet de louer des drones israéliens Heron TP potentiellement armés est dans l’impasse, depuis que des députés sociaux-démocrates (SPD) ont exprimé leurs réserves. Et comme la nouvelle coalition gouvernementale emmenée par Angela Merkel compte des membres du SPD, la question risque d’être sur la table pendant encore quelques temps. Dans ces conditions, quid de l’armement du MALE RPAS?

Finalement, d’après le ministère des Armées, qui n’a pas donné plus de détails sur ce sujet, cet appareil aura bel et bien « la capacité de tirer des armements ». Le Pdg d’Airbus Defence & Security, Dirk Hoke, a précisé à Defense News que les « capacités de combat » du MALE RPAS « dépendront des sensibilités politique des pays utilisateurs » et que les « clients pourront choisir d’installer uniquement les fonctions de reconnaissance. »

Par ailleurs, le ministères des Armées a indiqué que la France compte acquérir « 6 systèmes Eurodrone », composés chacun de trois vecteurs aériens, et deux stations sol. Ces appareils remplaceront les MQ-9 Reaper à l’horizon 2025.

« Il s’agit de disposer d’une capacité de drone de renseignement souveraine à l’échelle européenne, essentielle pour notre capacité de décision et notre supériorité en opération, en équipant les systèmes de chaînes de mission conçues et produites en Europe sans aucune contrainte de pays tiers », fait-on valoir au ministère des Armées. Et d’ajouter : « Il est fondamental que le développement des chaînes critiques de ce système (communication, capteurs, effecteurs, cybersécurité) soit confié à l’industrie européenne, pour être libre de toute contrainte ou restriction d’utilisation. »

Source : Zone Militaire

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samedi 21 juillet 2018

Armement : Mini Hecate II, nouveau fusil de précision français des forces spéciales...

Contrairement à ce que laisse supposer le remplacement du FAMAS par le HK-416F de facture allemande, il reste encore des armuriers français capables de concevoir et fabriquer des fusils pour les forces armées. Du moins est-ce le cas de PGM Précision, une entreprise installée à Poisy, en Haute-Savoie. Seulement, cette dernière, reconnue mondialement [8.000 armes vendus à l’exportation, ndlr], exerce son activité dans ce que l’on appelle un marché de « niche », c’est à dire le tir de précision.

Créée en 1991, PGM Précision fournit notamment les fusils Hecate II aux forces spéciales (où il a remplacé le McMillan M87), au GIGN et au RAID. Cette arme équipe également d’autres unités d’élite étrangères, dont le Groupe de réaction opérationnelle et de manœuvres polonais, le Détachement de reconnaissance de l’Armée 10 en Suisse ou encore le bataillon des opérations spéciales de la marine brésilienne.

« En 1995, en plein conflit bosniaque, l’armée française passe commande du Hécate II, réputé comme étant la meilleure arme au monde dans son calibre », se plaît à rappeler PGM Précision.

Début juin 2018, soit juste avant l’édition 2018 du salon de l’armement terrestre Eurosatory, PGM Précision a lancé le dernier né de son catalogue : le mini Hecate II, dont le développement a demandé plus de cinq ans de travail.

Moins lourd et plus ergonomique, le mini Hecate II, de calibre 338 LM, a spécialement été conçu pour répondre aux besoins des forces spéciales. D’une portée de 1.400 mètres, cette arme est faite pour « traiter des objectifs intermédiaires entre le 308 W et le calibre 50 », précise l’armurier.

« La modularité innovatrice du bipied positionnable en deux points ainsi que la crosse se pliant côté culasse font de cette arme, l’outil tactique répondant à toutes les missions », ajoute-t-il.

A priori, ce nouveau fusil de précision aurait déjà été testé par le Commandement des opérations spéciales [COS]. Comme l’avait souligné François Brion, le directeur de PGM Précision, dans un entretien donné au quotidien Les Échos en 2015, l’armée française est « une vitrine » et « il n’y a pas une unité en France qui ne soit équipée d’une de nos armes ». Et de rappeler que « c’est aussi avec la France que notre activité est née. »

Pour assurer la production de ses armes, l’armurier est adossé au groupe français Teissier, spécialisé dans la mécanique et l’usinage de précision, le traitement de surface des métaux et l’assemblage de pièces mécaniques.

PGM bénéficie de l’expertise de ce groupe haut-savoyard aux références prestigieuses dans le domaine de l’armement, l’aéronautique, la robotique, le médical et le luxe. Ce savoir-faire français se décline dans les armes de haute précision que PGM conçoit et améliore sans cesse », explique l’entreprise.

Source: Zone Militaire - Photo : PGM Précision


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dimanche 1 juillet 2018

Tireurs d’élite : Le 1er Régiment de Tirailleurs remporte le challenge national des tirs longue distance

En 2012, la Direction de l’entraînement et des évaluations au tir opérationnel [DEETO] fit le constat que le niveau des tireurs d’élite des différentes compagnies d’infanterie passées au Centre d’entraînement de l’infanterie au tir opérationnel [CEITO] pouvait – et devait – s’améliorer. Les compétences des tireurs n’étaient pas en cause. Seulement, il leur manquait du temps et des munitions pour s’entraîner correctement.

Aussi, le général Hervé Wattecamps, alors commandant l’école de l’Infanterie, demanda au CEITO d’organiser un « challenge » dédié au tir longue distance [avec les fusils PGM Hecate II, FRF2 et HK-417], l’idée étant de permettre aux groupes de tireurs d’élite de s’entraîner pendant une semaine et d’échanger leurs méthodes de travail ainsi que leurs astuces.

« C’est une grande famille qui se retrouve, il n’y a pas de secret, tout ce qui peut faire avancer la qualité des équipes TELD est forcément partagé. Pour finir, il y a la compétition, le petit plus qui pousse les équipes à se dépasser », expliquait ainsi, en 2016, le lieutenant-colonel Bernard, alors patron de la DEETO.

Entre les 17 et 21 juin 2018, 19 équipes ont pris part à la 6e édition de ce « challenge national des groupes de tireurs d’élite » (ou TELD).

Étant donné que la spécialité de tireur d’élite demande des qualités particulières (calme, patience, sang-froid, rigueur, discrétion, compétences en topographie et excellente condition physique), cette compétition amicale compte 22 épreuves (dont 3 de nuit), dont une marche commando, une course d’orientation, du secourisme au combat et, évidemment, du tir à différentes distances (de 600 à 1.300 mètres).

Cette année, l’équipe du 1er Régiment de Tirailleurs (RTir) d’Épinal a terminé à la première place.

À l’occasion de l’édition 2018 de ce challenge, l’armée de Terre précise qu’elle compte plus de 900 tireurs d’élite et de précision dans ses rangs. Chaque année, 260 militaires du rang sont formés à cette spécialité.

Source : Zone Militaire - Photo : armée de Terre

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samedi 23 juin 2018

Armement : L’US Marine Corps choisit le fusil de précision Mk13 Mod 7 pour ses tireurs d’élite

Depuis la guerre du Vietnam, les tireurs d’élite du corps américain des Marines sont dotés du M40, un fusil de précision qui dérivé du Remington 700, a un un calibre 7,62×51 mm OTAN et une portée de seulement 915 mètres. Évidemment, le temps passant et la nature des engagements ayant évolué, cette arme est désormais dépassée.

D’où l’annonce récemment faite par le Marine Corps Systems Command (SYSCOM). Ainsi, l’US Marine Corps prévoit d’acquérir 356 fusils de précision Mk13 Mod 7, une arme dérivée du Mk13 de l’armurier Arsenal Democracy. Les premières livraisons seront effectuées vers la fin de cette année et se poursuivront en 2019.

« Lorsque le Mk13 Mod 7 sera opérationnel, il sera le fusil de précision principal du Corps des Marines », a déclaré le lieutenant-colonel Paul Gillikin, chef de la division « Infanterie » du Marine Corps Systems Command.

« À une époque où la technologie, les munitions et les armes légères progressent à un rythme de plus en plus rapide, il est extrêmement important de veiller à ce que le Corps des Marines soit à l’avant-garde des nouveaux systèmes d’armes », a fait valoir le SYSCOM.

Par rapport au M40A6, le Mk13 Mod7, qui équipe déjà les unités spéciales des Marines [US MARSOC] a une portée supérieure de 300 mètres. Fusil à verrou, il utilise des munitions de calibre .300 Winchester Magnum. Ces dernières, a expliqué l’adjudant-chef Tony Palzkill, sont « plus performantes que celles de calibre 7,62mm Otan, ce qui augmentera les chances de succès du tireur d’élite. »

Selon le SYSCOM, cette arme offre une « plus grande gamme de tir et davantage de précision par rapport aux systèmes actuels et anciens. » Le Mk13 Mod7 peut être doté d’une lunette de visée et d’une optique de vision nocturne, avec un réticule de type grille « amélioré ».

« Ce fusil de précision permettra aux Marines de réengager plus rapidement les cibles avec un tir précis de longue portée tout en restant dissimulé », a commenté le sergent. Randy Robles, un instructeur de l’école instructeur la Scout Sniper School de Quantico.

Les fusils Mk13 Mod7 destinés aux tireurs d’élite des Marines seront assemblés et distribués par le Naval Surface Warfare Center de Crane [Indiana]. La dernière version du M40 [le M40A6, ndlr] restera cependant en dotation pour l’entraînement et la formation des futurs tireurs d’élite.

Source : Zone Militaire - Photo : Kristen Murphy (c) USMC

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lundi 18 juin 2018

Secret-défense ! Les échecs de missiles français tirés en Syrie... Bug ou piratage ?

Syrie : enquête sur les ratés des missiles français

Des missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis bombardent la Syrie. Mais plusieurs missiles français ne partent pas à cause de défaillances. L’État se retranche derrière le secret-défense pour ne pas fournir d’explications.

"Tous les missiles français sont parvenus à leur objectif". Le 14 avril 2018, Florence Parly, la ministre des Armées, annonce que les frappes visant la Syrie qui viennent d’être conduites par la France et ses deux alliés, sont un succès. Une affirmation pourtant partielle, qui cache une réalité moins "glorieuse" pour la Défense française : quatre missiles sur les seize prévus n'ont finalement pas été tirés. Que s’est-il donc passé ce jour-là ?

Une opération coordonnée

Ces missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad, après l'attaque chimique commise une semaine plus tôt, le 7 avril, à Douma, que la France et ses alliés attribuent au régime de Damas. Paris, Washington et Londres décident de frapper militairement des sites de fabrication et de stockage d’armes chimiques en Syrie. Plusieurs cibles sont prévues : l’une en banlieue de Damas, visée par les britanniques et les américains, et deux autres dans le centre du pays, près de Homs, sur lesquelles vont intervenir les Français. Le 14 avril, à 3h du matin, le président américain Donald Trump annonce les frappes.

Un scénario simple qui s'enraye

Dans ce dispositif commun, l'action de la France se décompose en deux volets : l’un aérien et l’autre maritime. Côté air, onze avions de combat dont cinq Rafales sont prévus, ces derniers transportant chacun deux missiles Scalp. Côté mer, trois frégates multi-missions (FREMM) sont déployées en Méditerranée, toutes équipées pour la première fois de missiles de croisière navale (MdCN, d'une portée de 1 000 km).

Mais lors de l'opération, tout ne se passe pas comme prévu. Le 17 avril, le site La lettre A révèle que les frégates ont connu plusieurs aléas techniques. "La première frégate a fait face à un bug informatique et n'a pas pu tirer, confirme Jean-Marc Tanguy, grand reporter au magazine RAIDS. Sur la deuxième, les missiles font long feu et ne partent pas." Les commandants décident alors de recourir à la troisième frégate de secours. "C'est elle qui se charge de tirer les trois missiles MdCN, les seuls qu'elle détient à bord", poursuit le journaliste.

Cette opération militaire se déroule dans un laps de temps très court, avec un créneau de tir de seulement quelques minutes. Impossible donc pour les deux premières frégates de retenter leur chance. Résultat : au lieu des huit missiles prévus, seuls trois sont effectivement tirés.

Un des avions Rafale a lui aussi a connu des ratés. Un des dix missiles Scalp n'a pas donné toutes les garanties nécessaires à son lancement. "Quand l'ordre est donné de frapper, le missile fait lui-même ses vérifications grâce à son intelligence artificielle intégrée, explique un militaire qui préfère rester anonyme. Si tout va bien, les feux sont au vert, mais là ça n'a pas été le cas. En raison du temps très court pour mener à bien la mission, les pilotes ont préféré désactiver la charge et larguer le missile en pleine mer."

Bug ou piratage ?

Comment les autorités expliquent-elles ces bugs à répétition ? La ministre des Armées Florence Parly invoque le secret-défense sur cette opération militaire. "Nous n'avons pas l'habitude de commenter ce que nous faisons, se défend la ministre. Ce sont des informations classifiées." Pas question pour l'armée de donner des informations à l’adversaire. Malgré nos sollicitations, ni la Marine nationale, ni Naval group (l’industriel français qui construit les frégates), ni MBDA (leader européen de la fabrication de missiles) n'ont donné suite à nos demandes d'interviews.

Difficile dans ce contexte de pouvoir apporter une réponse précise sur ce qui s'est réellement passé cette nuit-là. Mais plusieurs sont évoquées pour tenter de d'expliquer ces ratés.

Les nouveaux missiles MdCN ont-ils suffisamment été testés ?

"Il n'y a eu qu'un seul test officiel effectué pour ces missiles, relève Vincent Groizeleau rédacteur en chef du magazine Mer et Marine. Ce n'est peut-être pas assez, mais cet essai a très bien fonctionné". Généralement, plusieurs essais sont réalisés avant la mise en service opérationnelle. "On a considéré que ce système était valide, constate le journaliste. L'armée a décidé qu'il n'y avait pas besoin de faire d'autres tests."

Ces bugs à répétition ont-ils été causés par un piratage russe ? "Dans la zone où sont positionnées les frégates françaises, la présence de sous-marins russes a été relevée, affirme un parlementaire membre de la commission de la Défense nationale. Les russes semblent avoir retrouvé d'importantes capacités militaires." De là à penser qu'il y a pu avoir piratage ? "C'est une question pour l'heure sans réponse."

D’autres experts considèrent que cette hypothèse ne tient pas la route. "Cela me parait peu probable, explique le chercheur Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales. Les systèmes de tirs de ces frégates ne communiquent pas avec l'extérieur. Un sous-marin peut faire des écoutes, ou tenter de gêner le déploiement des bateaux, mais en l'occurrence les russes préfèrent rester discrets plutôt que dévoiler leurs positions et risquer de ne plus pouvoir remplir leurs missions."

Conséquences commerciales et industrielles

L’hypothèse la plus probable reste donc un problème technique. Mais en continuant d'invoquer le secret-défense, le ministère des Armées ne protègerait-t-il pas les intérêts des industriels qui fabriquent ces missiles ?

Dans cette histoire, l’enjeu est de taille pour ces derniers. Un missile MdCN coûte environ un million d’euros pièce. La France en a commandé 150 à l'entreprise MBDA, et compte potentiellement en vendre à l’étranger, mais ce type d’incident technique peut avoir des conséquences commerciales sérieuses. "La crédibilité technique et opérationnelle d'un système est importante pour convaincre des acheteurs potentiels, estime le chercheur Corentin Brustlein. On l'a vu au moment de la mise en service du Rafale, les nombreux tests effectués à l'époque ayant permis de démontrer sa valeur stratégique." Une raison qui pourrait expliquer la réticence de l'État français à communiquer autour des résultats des tirs de missiles en Syrie.

Est-ce pour autant un bon calcul de taire ces éventuels dysfonctionnements ? "Il va falloir donner une réponse, sinon l'arme risque de ne pas être déployée, prévient Jean-Marc Tanguy, du magazine Raid. Une arme qui n'est pas fiable ne peut pas être utilisée, ce qui serait une mauvaise affaire pour la défense française." Un sujet d'autant plus sensible qu'il n'y a déjà que peu de clients susceptibles d'investir dans l'achat de ces missiles.

Le secret-défense est-il pour autant nécessaire dans cette affaire ?

"Il y a des opérations qui doivent rester secrètes, comme lorsque les soldats risquent leur vie, affirme Jacques Gautier, ancien vice-président Les Républicains de la commission de Défense du Sénat. Mais lorsqu'une opération est achevée et que des dysfonctionnements sont constatés, il vaut mieux être les premiers à réagir, plutôt que d'attendre que les journalistes fassent des hypothèses. Le ministère doit réfléchir en amont à sa communication."

La ministre des Armées Florence Parly est attendue le 27 juin 2018 pour s'expliquer devant la commission à l’Assemblée nationale. Et selon nos informations, les industriels et militaires doivent quant à eux rendre un rapport exhaustif cet été sur ce qu’il s’est vraiment passé. Un rapport qui sera sans doute lui aussi classé secret-défense.

Source : francetvinfo.fr - Cellule investigation de franceinfo, Nathalie Hernandez - Radio France

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dimanche 29 avril 2018

Armement : Quel avenir pour l'Arme blindée ?

L’avenir sera-t-il aux chars de combat autonomes ou pilotés à distance ?

L’auteur américain Norman Spinrad imagine des essaims de drones et des blindés autonomes redoutables qui surveillent et protègent des installations pétrolières. Aujourd’hui, de telles armes existent ou sont sur le point de l’être, grâce en particulier aux progrès de l’intelligence artificielle.

Ainsi, lors de récents salons dédiés à l’armement, plusieurs industriels ont présenté des drones de combat terrestre. Tel est le cas de l’estonien Milrem, dont le THeMIS – un engin chenillé de plus de deux tonnes – peut être doté d’un tourelleau télé-opéré Defender de FN Herstal.

Le groupe allemand Rheinmetall a développé le "Multi Mission Unmanned Ground Vehicle" , armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm et de deux lance-roquettes Panzerfaust 3. Et l’israélien Israel Aerospace Industries n’est pas en reste avec le RoBattle qui, pouvant être autonome, a été conçu pour des missions de renseignement, de surveillance, de protection et de reconnaissance armée. D’une manière générale, Israël a un coup d’avance dans ce domaine, avec les engins AvantGuard et Guardium.

Cela étant, ces drones de combat terrestre ont des dimensions relativement réduites (le Guardium est sans doute le plus imposant puisque sa hauteur peut être comparée à celle d’une personne). Et certains pays affichent l’intention d’aller encore plus loin dans ce domaine (même si elle en a le savoir-faire, avec Nexter et ECA, la France n’en fait pas partie…). Et cela d’autant plus que les prophètes qui avaient annoncé la fin des chars de combat se sont trompés. Il suffit de considérer la plupart des conflits actuels (sud-est de l’Ukraine, Yémen, Syrie…) pour s’en convaincre.

Ainsi, la Russie a indiqué qu’une version sans équipage de son dernier char de combat, l’Armata T-14, serait prochainement disponible. «L’élaboration des dispositifs nécessaires est actuellement en cours», a en effet déclaré, en septembre 2016, le général Alexandre Chevtchenko, alors directeur de la Direction des véhicules blindés au sein du ministère russe de la Défense. Et de préciser que les travaux visaient à « élaborer un système numérique qui serait capable de prendre des décisions de manière autonome en fonction de la situation. »

La Chine suit la même voie. Selon les médias chinois, l’Armée populaire de libération (APL) a diffusé des images d’un char T-59 (version locale du T-54/55 soviétique) dirigé depuis un poste de pilotage externe. « Un grand nombre de chars Type 59 retirés du service peuvent être convertis en véhicules sans pilote s’ils sont équipés d’intelligence artificielle » a expliqué Liu Qingshan, le rédacteur en chef de Tank and Armored Vehicle, au quotidien Global Times.

« Bien que les images montrent que la Chine peut piloter des chars à distance, de nombreux problèmes techniques doivent encore être résolus avant de pouvoir atteindre les mêmes capacités de combat que ceux mis en oeuvre par des équipages », a toutefois prévenu le journal chinois.

Aux États-Unis, l’US Army a lancé le programme Next-Generation Combat Vehicle (NGCV) afin de remplacer les blindés Bradley et les chars Abrams. Le véhicule de combat de la prochaine génération « doit être révolutionnaire » et « dix fois supérieur à notre flotte [de blindés] actuelle afin de garantir notre suprématie dans le futur », a récemment fait valoir le général Robert Abrams, le chef de l’US Army Forces Command. Pour l’armée américaine, il s’agit de faire face « à des menaces telles que le char russe T-14 Armata de la Russie » et aux «efforts de la Chine pour améliorer ses véhicules terrestres.»

« L’US Army a réalisé que la robotique allait être déterminante pour son succès dans l’avenir », avait expliqué, en février, le colonel William T. Nuckols, le chef du nouveau « Project Office for Maneuver Robotics and Autonomous Systems » du TRADOC (Training and Doctrine Command).

Aussi, dans le cadre du programme NGCV, il est prévu, dans la première phase, d’expérimenter trois démonstrateurs de véhicules, dont deux seront sans équipage. Pour autant, il ne serait pas question de « droniser » un char de combat. « Vous pouvez avoir la même capacité sur un véhicule de 25 tonnes et potentiellement avoir la même létalité qu’un Abrams », avait en effet confié le colonel Nuckols.

Source : Zone Militaire

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vendredi 16 mars 2018

Armement et IA : Intelligence artificielle des forces armées - Quel impact et où finit-elle ?

L’intelligence artificielle fait douter le chef du Pentagone...

« Utilisez votre cerveau avant d’utiliser votre arme » car les « 6 pouces [15 cm, ndlr] les plus importants sur le champ de bataille sont entre vos deux oreilles », a dit un jour, à ses hommes, le général James Mattis, l’actuel secrétaire américain à la Défense. Mais que deviendra ce conseil avec l’impact qu’aura l’intelligence artificielle sur les conflits armés ?

« La guerre est un caméléon qui change de nature à chaque engagement », estimait le stratégiste allemand Carl von Clausewitz. Pour le général Mattis, interrogé sur l’usage de l’intelligence artificielle par les forces armées, l’essence de la guerre est immuable, « parce qu’humaine ».

« La nature fondamentale de la guerre c’est (…) l’équipement, la technologie, le courage, la compétence, l’intégration des capacités, la peur, la lâcheté, toutes ces choses qui donnent une nature fondamentale de la guerre très imprévisible », a expliqué James Mattis aux journalistes qui l’accompagnaient dans l’avion le ramenant à Washington, après une réunion des ministres de la Défense de l’Otan, à Bruxelles. En revanche, a-t-il continué, le « caractère de la guerre change tout le temps. Un vieil Allemand défunt [Clausewitz, ndlr] l’appelait un caméléon, car il change pour s’adapter à son temps, à la technologie, au terrain. »

Dans un avenir pas si lointain, et grâce à l’intelligence artificielle, les armes pourront « apprendre seules, s’adapter et s’auto-déclencher», a souligné le chef du Pentagone. Et cela pourrait changer la « nature fondamentale » de la guerre.

« L’arme de notre arsenal la plus mal nommée est l’avion sans pilote : il n’y a peut-être personne dans le cockpit, mais il y a quelqu’un qui le dirige, quelqu’un d’autre derrière son épaule (…) plus ceux qui téléchargent ses informations, ceux qui décident d’y attacher des bombes, des cameras de surveillance », a expliqué M. Mattis. Or, a-t-il poursuivi, si nous arrivons un jour au point ou on est complètement en pilote automatique, nous sommes tous des spectateurs. Cela ne sert plus un objectif politique », sachant qu’un « conflit est un problème social, qui nécessite des solutions sociales, des solutions humaines. »

Aussi, en l’état actuel des choses, M. Mattis a admis qu’il lui était impossible de répondre à la question de l’impact de l’intelligence artificielle sur le conflits armés. « Mais il est certain que je remets en question mon postulat original sur la nature fondamentale de la guerre qui ne changera pas. Aujourd’hui, il faut en douter », a-t-il dit.

Ce point a aussi été récemment évoqué par le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT). Comme M. Mattis, il a avancé, dans l’une des dernières Lettres du CEMAT, que « l’art de la guerre est scandé de mutations » et qu' »ouverture, agilité, réactivité, créativité sont les maîtres-mots pour se mettre en situation de les anticiper et de les intégrer. » Cependant, il est essentiel à ses yeux, d’être « à l’avant-garde de l’innovation sans jamais renoncer aux vertus militaires antiques » qui font la force d’une armée. 

Source : Zone Militaire

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mardi 13 février 2018

US Navy : Des Rafale M prochainement embarqués à bord du PA George H. Bush

Le porte-avions Charles de Gaulle étant immobilisé à Toulon pour son second arrêt technique majeur jusqu’à l’été 2018, les pilotes de l’aéronautique navale ont à préparer la remontée en puissance du groupe aéronaval. D’où l’idée, avancée dès mars 2016, d’une coopération avec l’US Navy à cette fin.

« Apponter n’est pas un sport de masse (…) Il faut maintenir ce savoir-faire », avait souligné, à l’époque, le contre-amiral René-Jean Crignola, alors commandant du groupe aéronaval français lors du déploiement Arromanches 2.

Depuis l’immobilisation du Charles-de-Gaulle, des Rafale M ont été déployés en Jordanie afin de prendre part aux opérations aériennes de la force Chammal au Levant. Leur mission a pris fin en décembre dernier. En outre, ils ont également participé à la posture permanente de sûreté aérienne à Lann-Bihoué.

Mais, comme l’avait dit l’amiral Christophe Prazuck, le chef d’état-major de la Marine nationale (CEMM) en octobre 2017, les pilotes de la chasse embarquée doivent faire « leurs gammes d’appontage ». « Les États-Unis ont mis à leur disposition à cet effet un de leurs porte-avions pendant plusieurs jours », avait-il ajouté.

L’attaché naval français en poste à Washington, le capitaine de vaisseau Jean Emmanuel Roux de Luze, a donné quelques détails, rapportés par le site spécialisé USNI News.

Ainsi, dans le cadre d’un accord conclu en décembre par l’amiral Prazuck et le chef des opérations navales de l’US Navy, l’amiral John Richardson, 350 marins français, des Rafale M et un avion de guet aérien E-2C Hawkeye de la flottille 4F prendront la direction de la base aéronavale d’Oceana, à Virginia Beach, en avril 2018.

Puis, après une phase d’exercices à terre avec leurs homologues américains, les équipages de Rafale M et de l’E-2C Hawkeye ainsi que le personnel technique embarqueront à bord du porte-avions USS George H.W Bush, vraisemblablement en mai. Ils seront intégrés à une escadre aérienne embarquée américaine.

Selon le capitaine de vaisseau Roux de Luze, il s’agit de démontrer la capacité de l’aéronautique navale française à opérer au sein d’un environnement opérationnel américain. « Nous voulons montrer que nous faisons l’entretien, démontrer que nous pouvons charger des armes », a-t-il dit. « Aujourd’hui, nous sommes interopérables à 95% » mais « notre préoccupation est de savoir si nos marines seront capables de travailler ainsi dans 10 ans, dans 15 ans », a-t-il ajouté.

La coopération entre la Marine nationale et l’US Navy dans le domaine aéronaval est ancienne, d’autant plus que les porte-avions français et américains fonctionnent de la même manière (ce sont les seuls à être en configuration dite CATOBAR, c’est à dire qu’ils sont dotés de catapultes et de brins d’arrêt).

La recherche d’une interopérabilité étroite est une constante. Ainsi, en 2010, pour la première fois, une équipe technique de la Flottille 12F avait changé un des deux moteurs d’un Rafale M F3 à bord de l’USS Harry S. Truman tandis que des F/A-18 effectuaient une série de « touch and go » sur le pont du Charles-de-Gaulle.

Cette coopération a même atteint un niveau inédit lors de la mission Arromanches 2. Alors que l’US Navy n’était pas en mesure de disposer d’un porte-avions dans la zone des opérations, le groupe aéronaval français avait pris la tête d’une « task force » américaine afin d’assurer la permanence de la capacité aéronavale de la coalition anti-État islamique (EI ou Daesh).

« Atteindre ce niveau d’interopérabilité au point que le groupe aéronaval du Charles-de-Gaulle puisse prendre le commandement de la Task Force 50 – c’était la toute première fois qu’un bâtiment non-américain prenait le commandement d’une de nos task-forces – illustre notre partenariat et la capacité d’exécuter des missions du plus haut niveau », avait commenté, en juin 2016, l’amiral John Richardson.  

Source : Zone Militaire

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lundi 5 février 2018

LPM - Loi de programmation militaire : Renouvellement des blindés de l'armée de Terre accéléré

Selon le général Bosser, la Loi de programmation militaire prévoit d’accélérer le renouvellement des blindés de l’armée de Terre.

Après avoir gagné la « bataille des effectifs », le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT) vient d’en gagner une autre, également très importante : l’accélération du programme SCORPION [Synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation] dans le cadre de la prochaine Loi de programmation militaire [LPM].

Pour rappel, selon les plans actuels, le programme SCORPION prévoit la livraison de 1.668 Véhicules blindés multi-rôles de type « Griffon » et de 248 Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) de type « Jaguar » afin de remplacer les Véhicules de l’avant blindé (VAB) qui ont largement fait leur temps ainsi que les chars AMX-10RC et ERC-90 Sagaie.

En outre, le premier Groupement tactique interarmes (GTIA) « SCORPION » est prévu pour être projetable à partir de 2021, et la première brigade « SCORPION » en 2023. Accélérer le ce programme permettrait à l’armée de Terre de disposer, d’ici 2025, de 1.310 Griffon au lieu de 800 et de 143 Jaguar au lieu de 110.

Lors de ses vœux au personnel de l’armée de Terre, diffusé via Twitter (où, a-t-il dit, il a l’intention d’intervenir très régulièrement à l’avenir), le général Bosser a estimé que cette future LPM serait « exceptionnelle », en étant à la fois à « hauteur d’homme et de haute technologie. »

« Nous devrions moderniser nos équipements, accélérer les livraisons de SCORPION et du [fusil d’assaut] HK-416F, par exemple, et donc favoriser la modernisation notamment du segment médian », a annoncé le général Bosser.

L’accélération du programme SCORPION était l’un des chevaux de bataille du CEMAT. Et c’est une mesure de bon sens. En effet, maintenir en service des véhicules très éprouvés par le rythme opérationnel auquel ils ont été soumis pendant des années ne peut faire qu’augmenter les dépenses pour leur maintien en condition opérationnelle (MCO), sans pour autant régler les problèmes d’obsolescence et d’usure.

Dans ces conditions « retaper » un VAB selon les exigences de SCORPION coûterait ainsi 1,4 million d’euros alors que l’accélération des livraisons des Griffon, même si elle est plus coûteuse dans l’immédiat (188 millions d’euros de plus), est cependant plus avantageuse sur le long terme.

En effet, comme l’a expliqué le député Thomas Gassiloud dans un récent rapport, « au regard des coûts d’entretien et des durées d’amortissement de chacun de ces matériels, la possession d’un Griffon est plus économique que celle d’un VAB modernisé ».

Qui plus est, et comme l’a souvent souligné le général Bosser lors de ses auditions au Parlement, accélérer la livraison des Griffon permettrait d’améliorer grandement la protection et l’efficacité de ses troupes.

Par ailleurs, le CEMAT a également indiqué que « l’amélioration des conditions de vie du soldat et des familles » est prévue par la prochaine LPM. De même qu’un effort sur les « petits équipements », dits de « cohérence ». Ces derniers (lunettes de vision nocturne, protection, etc) ont souvent été négligés par le passé étant donné qu’ils n’ont pas la même visibilité que les grands programmes d’armement. Seulement, ils restent nécessaires pour « surclasser » l’adversaire.

Enfin, le général Bosser a également évoqué un « effort dans le domaine nouveau de l’innovation », pour lequel « l’armée de Terre a énormément de projets ». Il ne les a évidemment pas cités… Mais il pourrait être question de lancer des études sur un nouveau char de combat appelé à succéder au Leclerc, du « Système commun de feux indirects » (CIFS, pour Common Indirect Fire System) qui permetrait de remplacer à la fois le CAESAr et le Lance-roquettes unitaire (LRU) ou encore du programme système futur sol-air en basse couche (SABC).

Source : Zone Militaire

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samedi 27 janvier 2018

Qatar : Poursuite des contrats d'armement avec la France

L’émirat va acheter 12 Rafale supplémentaires et négocie l’acquisition de près de 400 VBCI. Après la Belgique et les EAU, c’est le troisième succès de l’équipe Macron-Parly.

Joli succès pour les exportations françaises au Qatar, notamment dans l’armement. A l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron, l’émirat a confirmé son intention d’acheter 12 Rafale supplémentaires,après les 24 acquis en 2015. Le contrat serait supérieur à un milliard, alors que le Qatar a pris une nouvelle option pour 36 nouveaux appareils. Avec les précédents contrats égyptien et indien, l’avion de combat de Dassault s’est donc déjà exporté à 96 exemplaires.

Ce chiffre est à comparer avec la commande de 180 appareils par la France, dans l’attente d’une dernière tranche qui permettrait d’atteindre l’objectif affiché de 225. L’Egypte pourrait, elle aussi, lever prochainement son option sur 12 Rafale supplémentaires. Plusieurs autres prospects existent, notamment en Malaisie. La Suisse va relancer un appel d’offres pour un avion de combat. Enfin la Belgique est fortement courtisée par la France mais « ne sait pas comment dire non aux Américains », indique un proche du dossier.

Parallèlement au Rafale, le Qatar a signé une lettre d’intention pour l’achat de véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI), un engin construit par Nexter et qui n’avait, jusqu’à présent, pas trouvé de client à l’exportation. Le Qatar envisage d’en acquérir pas moins de 490 (à titre de comparaison, 630 ont été livrés à l’armée de terre française). Le VBCI, qui a été engagé en Afghanistan et au Mali, est un blindé à roues (8 X 8) d’une trentaine de tonnes. 

Avec le Qatar, les discussions restent ouvertes sur la tourelle qui doit équiper l’engin, qui sera différente du modèle français. La version qatarie (T40), plus lourde, aurait un canon de 40mm et pourrait tirer des missiles antichar américains Javelin.

Source : Secret Defense

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dimanche 21 janvier 2018

Armement : TRA-C, une entreprise lyonnaise qui innove en matière de soudage de blindés légers

La France a la chance de pouvoir compter non pas des « start-up » (ce mot étant souvent utilisé à tort et à travers) mais des PME qui ont su s’imposer rapidement grâce à leur capacité d’innovation. Tel est le cas de TRA-C, une société créée en 2001, désormais leader européen de la conception, de la fabrication et de l’installation mécanique.

Et la solution innovante que propose cette PME lyonnaise a de quoi intéresser particulièrement la Direction générale de l’armement (DGA) dont l’un des axes de travail vise à renforcer la structure des véhicules blindés tout en réduisant leur masse. « Un défi permanent », dit-elle.

Surtout que les véhicules militaires sont soumis à rude épreuve étant donné qu’ils évoluent dans des conditions extrêmes (comme au Sahel par exemple) tout en étant soumis à la menace des engins explosifs improvisés (IED). Or, il apparaît que les zones de soudage constituent un point faible.

D’où l’intérêt de la solution de TRA-C, qui consiste à souder deux pièces sans ajout de matière. Pour cela, elle utilise un procédé complexe appelé FSW (Friction Stir Welding). Pour faire simple, il permet d’assembler des éléments par « friction malaxage ». D’après la DGA, ce procédé permet d’obtenir des soudures plus résistantes et des « conceptions en moyenne 30% plus légères. » C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle a soutenu cette PME via son dispositif RAPID (Régime d’Appui pour l’Innovation Duale).

Le procédé utilisé par TRA-C remplace le traditionnel joint de soudage par un « pion métallique » qui évolue à grande vitesse entre deux pièces à assembler. Il va ainsi « frictionner » et « malaxer » les matériaux à réunir en les faisant passer dans état mi-liquide, mi-solide afin de les mélanger et, donc, de les souder.

« Avec ce procédé révolutionnaire, le soudage est beaucoup plus résistant car il permet de préserver 95% des propriétés mécaniques de la matière, contre 60% avec un procédé traditionnel », explique la DGA, qui a mis en avant TRA-C lors de son dernier Forum dédié à l’innovation, organisé le 7 décembre 2017.

Mais ce n’est pas tout : avec cette solution, il est possible d’assembler des matériaux qui ne pouvaient pas l’être (ou difficilement, du moins) avec les techniques classiques de soudage.

Actuellement, TRA-C est la seule entreprise en Europe à être en mesure de souder en série, via ce procédé, des pièces de plus de 4 cm d’épaisseur. « un prérequis essentiel pour assembler des pièces de structures de véhicules blindés », souligne la DGA. Et cela rapidement puisqu’en réussissant à souder 2m/min, la production de la PME est 10 fois plus rapide qu' un soudage classique.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’entreprise lyonnaise a été retenue pour la fabrication du treillis moteur du Véhicule blindé multi-rôles (VBMR, Griffon) et celle du châssis principale de la tourelle téléopérée ARX25 de Nexter.

Dans le domaine civil, TRA-C a déjà remporté plusieurs marchés, dont l’un visant à produire des pièces pour le projet ITER (le réacteur de recherche à fusion nucléaire situé à Cadarache) et autre pour développer des éléments de satellites, en soudant des pièces de fabrications additives (obtenues par impression 3D).

Source : Zone Militaire - Illustration : armée de Terre

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mercredi 10 janvier 2018

Armée de l'Air : Bientôt un A 400 M Atlas capable de ravitailler les avions de chasse en vol

La France a reçu, le 22 novembre 2017, son 12e avion de transport A 400 M « Atlas », à savoir le MSN62, sur les 50 qu’elle a commandés. La Direction Générale de l’Armement (DGA) vient de l’annoncer via un communiqué diffusé ce jeudi. Cet appareil rejoindra la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy d’ici les prochains jours.

Par rapport aux précédents A 400 M livrés par Airbus, le MSN 62 est le premier à être doté de 2 nacelles permettant de ravitailler en vol les avions de combat (et, plus généralement, les appareils à voilure fixe).

« Les autres avions de la flotte seront progressivement dotés de cette capacité lors de campagnes de "rétrofit" », précise la DGA dans son communiqué.

L’an passé, à la même époque, Airbus avait indiqué avoir procédé à des essais de ravitaillement en vol entre deux A 400 M.

En configuration « ravitailleur », l’Atlas a une capacité d’emport de 63.500 litres de carburant, voire près de 78.000 litres si deux réservoirs supplémentaires lui sont ajoutés. Le débit, via l’une ou l’autre nacelle, est d’environ 1.500 litres par minute.

Cela étant, l’A400M n’est toujours pas en mesure de ravitailler les hélicoptères en vol, à cause de turbulences créées par son déplacement et ses stabilisateurs horizontaux. Le retard pris dans le développement de cette capacité a conduit le ministère des Armées à commander 4 avions de transport C-130J (dont deux en version ravitailleur).

Toutefois, en juin 2016, une solution consistant à utiliser un tuyau à la fois moins rigide et plus long (mais avec un diamètre plus petit pour le faire loger dans le pod Cobham) semblait prometteuse. Mais depuis, on ignore où en sont ces travaux.

Source : Zone Militaire 


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dimanche 7 janvier 2018

France - Egypte : Renforcement de la coopération militaire, armement, lutte antiterroriste...

En novembre 2017, l’Égypte a connu l’attentat le plus meurtrier de son histoire avec l’attaque de la mosquée soufie de Bir Al-Abeb, dans le nord du Sinaï, au cours de laquelle 305 personnes ont perdu la vie sous les balles d’une quarantaine de jihadistes appartenant probablement à la branche égyptienne de l’État islamique.

Un mois plus tôt, un convoi de la police égyptienne avait été attaqué à moins de 200 kilomètres au sud-ouest du Caire par un groupe islamiste. Au moins 35 policiers furent tués.

Ces deux évènements récents illustrent les défis sécuritaires que l’Égypte doit relever, avec, en prime, une situation en Libye qui complique la donne. La priorité est donc d’éviter une déstabilisation de ce pays, laquelle aurait des conséquences pour l’ensemble de la région, voire au-delà.

D’où la levée, en 2015, des restrictions sur la livraison d’armes aux forces égyptiennes décidées par l’administration Obama après la destitution du président Mohamed Morsi deux ans plus tôt (et son remplacement par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi), de l’implication plus grande de la Russie et le soutien indéfectible de Paris au Caire.

La coopération militaire entre la France et l’Égypte est ancienne, avec notamment la mise en place d’une Commission militaire armement stratégie franco-égyptienne (CAMAS) et l’organisation régulière d’exercices conjoints.

« Le plan annuel de coopération de défense entre l’Égypte et la France comporte aujourd’hui plus de 70 actions de coopération. Il englobe tous les aspects propres aux relations de défense, que ce soit en matière de formation et d’échanges, d’exercices, d’équipements ou de dialogue stratégique », fait ainsi valoir le Quai d’Orsay.

Ces deux dernières années, sous l’impulsion de Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense passé depuis aux Affaires étrangères) cette coopération franco-égyptienne a pris un nouvel élan, avec la signature d’importants contrats d’armement (24 Rafale, 2 Bâtiments de projection et de commandement, 1 frégate multi-missions, 4 corvettes Gowind et 1 satellite de communication militaire).

Ces excellentes relations militaires (mais pas seulement) entre la France et l’Égypte s’expliquent par le fait que ces deux pays ont des intérêts communs, dont la lutte contre les groupes terroristes. Sur ce point, le règlement de la crise libyenne est primordiale.

« Nous ne pouvons laisser prospérer à la frontière égyptienne, aux portes de l’Europe, une instabilité dont profitent les terroristes et les trafiquants en tous genre », expliquait, en juin dernier, M. Le Drian.

Cela étant, il est question d’aller plus loin. À l’occasion d’une visite, au Caire, de Florence Parly ministre des Armées, le président Abdel-Fattah al-Sissi a affirmé que son pays « aspire à à développer des liens militaires avec la France dans la période à venir. »

Selon la présidence égyptienne, lors de cet entretien, M. Al-Sissi a « souligné l’importance d’une coordination continue et d’une consultation intensive entre les deux pays sur plusieurs questions d’intérêt bilatéral dans la période à venir ».

Toujours d’après la même source, Mme Parly a souligné « l’importance que Paris donne au renforcement du partenariat entre la France et l’Égypte dans tous les domaines, particulièrement dans ceux de la sécurité et de la défense. »

Ce partenariat militaire pourrait prendre la forme de nouveaux contrats d’armement. Selon La Tribune, Le Caire envisagerait la commande d’un nouveau lot d’avions de combat Rafale (12 ou 24, le nombre fait toujours l’objet de discussions) et de deux corvettes Gowind supplémentaires. Quant aux facilités de paiement demandées par l’Égypte, ce ne serait plus un problème. « Bercy ne bloque plus les négociations à la demande de l’Elysée », a en effet écrit le journal.

L’attentat contre la mosquée de Bir Al-Abeb a fait l’objet d’une revendication par un groupe appelé « Harakat Abna Yeshua » (Mouvement des fils de Jésus), jusqu’alors inconnu. Mais les analystes estiment qu’il s’agit d’une manipulation de l’EI afin de dresser chrétiens et musulmans les uns contre les autres

Source : Zone Militaire

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vendredi 5 janvier 2018

Armement : NANO NOXCERA, un blindage plus résistant et deux fois plus léger

Avec le soutien de la Direction générale de l’armement (DGA), via le dispositif RAPID, et en partenariat avec le CTTC (Centre de transfert de technologies céramiques) de Limoges, la PME française Marion Technologies a mis au point un procédé de fabrication qui, appelé « NANO NOXCERA », permet de produire des blindages 20% plus résistants par rapport aux standards actuels du marché tout en étant deux fois plus légers.

Présentée lors du dernier forum DGA Innovation, NANO NOXCERA s’appuie sur les nanotechnologies et allie deux innovations « majeures. »

La première porte sur la production d’une poudre céramique à base de carbure de bore, de taille nanométrique. Les propriétés de ce matériau se rapprochent de celles du diamant, du moins pour ce qui concerne sa dureté. « Plus le grain est fin, plus la dureté, ‘propriété naturelle’ de cette matière est préservée », explique la DGA.

La seconde innovation fait appel à un procédé appelé « frittage flash », que maîtrisent le CTTC et le laboratoire de recherche « Science des procédés céramiques et de traitements de surface » (SPCTS) de l’Université de Limoges.

Avec ce procédé, la poudre de carbure de bore est consolidée par un courant pulsé de haute intensité, tout en étant soumise à une haute pression et à une température de 1.600°C. « La matière est transformée vingt fois plus vite qu’avec un procédé standard », souligne la DGA. Et d’ajouter : « Le matériau produit est nano-structuré, c’est à dire que ces grains de très petite taille lui procurent une dureté et une résistance améliorée, ce qui est particulièrement intéressant pour les applications en blindage. »

Cette innovation a des applications militaires évidentes. Mais pas seulement car elle peut aussi intéresser l’industrie nucléaire pour la mise au point de barres neutroniques.

Source : Zone Militaire


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vendredi 29 décembre 2017

Finances publiques : Coup de gel sur le budget des Armées 2018-2022

Il y a des sujets autrement plus importants qu’un séjour présidentiel au château de Chambord qui mériteraient de faire l’objet d’une polémique…

Ainsi en est-il, par exemple, des 700 millions d’euros du budget des armées encore gelés par le ministère de l’Action et des Comptes publics, ou encore de l’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques (LPFP) pour les années 2018-2022, examiné par les députés le 15 décembre 2017 au soir.

L’un des premiers à avoir mis en garde contre les conséquences potentiellement dévastatrices de ce texte pour les Armées est le député (LR) François Cornut-Gentille. Lors de son intervention en commission élargie, lors de l’examen des crédits de la mission « Défense » pour 2018, le parlementaire avait interpellé Mme le ministre des Armées, Florence Parly, sur ce point.

« L’article 14 du projet de loi de programmation des finances publiques gèle le reste à payer pour les années à venir au montant de celui de 2017 soit environ 100 milliards pour l’Etat, dont 50 milliards pour le ministère des armées dont 35 milliards pour le seul programme 146 [équipement des forces, ndlr]. Dans ces conditions, la modernisation des équipements militaires au cœur de la prochaine loi de programmation militaire risque d’être sérieusement mise à mal. En effet, les équipements militaires obéissent à une logique pluriannuelle incompatible avec le couperet » de ce texte, avait prévenu M. Cornut-Gentille.

« La stricte mise en œuvre de l’article 14 ne risque-t-elle pas d’entraîner le retour des fameuses sociétés de projet ou d’autres types d’achat en leasing, au final plus coûteux que l’acquisition patrimoniale ? », s’était en outre inquiété le député de la Haute-Marne.

Interrogée, plus tard, sur cet article 14 par les sénateurs, Mme Parly avait admis que « s’il devait devait être appliqué de manière unilatérale au seul ministère des Armées, ce serait évidemment un frein majeur à la modernisation des équipements. » Et d’assurer qu’elle serait «extrêmement attentive à ce que ne soit pas le cas et que la capacité d’engagement du ministère dont les programmes d’équipement s’étalent sur un grand nombre d’années soit préservée. »

Seulement, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ne l’entend pas de cette oreille. Si les sénateurs ont exclu le ministère des Armées de cet article 14, le gouvernement a en effet soumis au vote l’amendement n°45 pour rétablir ce texte dans sa version initiale.

« Cet article vise avant tout à assurer une meilleure transparence et information du Parlement. Il concerne l’ensemble du budget général de l’État et ne cible aucune mission en particulier. Exclure les investissements du ministère des armées (sauf la mission ‘Anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation’) aurait par conséquent peu de sens », est-il avancé dans cet amendement. Peu de sens, vraiment?

Poids lourd de la majorité et président de la commission de la Défense, le député Jean-Jacques Bridey a croisé le fer quand cet amendement a été discuté dans l’Hémicycle, le 15 décembre.

Sans remettre en cause l’objectif de contenir la hausse des « restes à payer », M. Bridey a toutefois fait remarquer que le mécanisme imaginé pour les limiter « fait cependant peser plusieurs risques sur la prochaine loi de programmation militaire. »

Parmi ces risques, le président de la commission de la Défense a cité une gestion plus difficile « des aléas inhérents aux programmes d’armement », un « effet de ciseaux » et un « plafonnement des restes à payer, qui pourrait inciter à recourir à des stratégies de contournement », avec le retour possible des « sociétés de projets envisagées dès 2015 pour s’exonérer des contraintes budgétaires ».

S’agissant plus particulièrement de « l’effet de ciseaux », M. Bridey a rappelé que, selon la volonté du gouvernement, il « suffirait que les autorisations d’engagement d’autres ministères soient couvertes par des crédits de paiement pour redonner des marges de manœuvre au ministère des armées. » Or, a-t-il demandé, « est-il bien raisonnable de soumettre la programmation de la défense nationale à la rigueur d’autres ministères, ou de prendre par exemple le risque d’une remise en cause très rapide de ce plafond s’il se révélait intenable? »

Enfin, le député a souligné un risque « plus paradoxal ». Alors que cet article 14 est « vendu » comme étant un élément de bonne gestion, « le plafonnement trop rigide des restes à payer pourrait empêcher la réalisation d’économies d’échelle dans le cadre de commandes globales », a-t-il dit.

« L’amendement du gouvernement présente donc un risque sérieux de remise en question de nos ambitions stratégiques telles qu’elles ont été élaborées de manière consensuelle dans la récente revue stratégique et telles que nous aurons à les traduire prochainement lors de nos débats sur la programmation militaire », a ensuite conclu Jean-Jacques Bridey.

Mais ses arguments n’ont pas été entendus… et l’article 14 a été rétabli dans sa version initiale. Ce qui a fait réagir le député Cornut-Gentille. «Cinglant camouflet infligé cette nuit par Bercy au ministère des Armées via la loi de programmation des finances publiques : la majorité LREM a privé la future loi de programmation militaire de tout levier budgétaire », a-t-il dénoncé via Twitter.

« En intégrant la Défense dans le plafonnement des restes à payer, Bercy prive Florence Parly de la capacité à lancer de nouveaux programmes pour moderniser les équipements de la Marine nationale, de l’armée de Terre et de l’armée de l’Air. On comprend mieux la priorité donnée au MCO [Maintien en condition opérationnelle, ndlr] », a encore ironisé le député de la Haute-Marne.

Avec la coupe de 850 millions d’euros faite cet été dans le programme 146 « Équipements des Forces », les 700 millions d’euros encore gelés (et qui concernent le même programme) et l’adoption de cet article 14 de la LPFP, cela fait beaucoup en si peu de temps pour le ministère des Armées, que l’on croyait pourtant prioritaire.

Source : Zone Militaire

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