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samedi 13 avril 2019

Armement : L’AirShark 765, « bateau volant » intéresse les forces spéciales françaises

Le SOFINS, salon des forces spéciales organisé tous les deux ans par le Cercle de l’Arbalète au camp de Souge [Gironde] est l’occasion pour les entreprises de présenter leurs dernières innovations susceptibles d’avoir une application concrète pour les opérations spéciales. Tel est le cas de la start-up SEAir.

En effet, cette entreprise, qui a déjà été distinguée par le Cercle de l’Arbalète en remportant le concours SOFLAB, a signé un partenariat avec Sillinger, le spécialiste du bateau pneumatique pliable et semi-rigide à usage militaire. Ce qui a donné lieu au « AirShark 765 », une embarcation pouvant s’élever d’une dizaine de centimètres au-dessus de l’eau, grâce à un système de foils rétractables.

Ce dispositif permet à l’AirShark 765 de stabiliser la gite et le roulis, d’évoluer à la vitesse maximale de 46 noeuds tout en consommant moins de carburant et de réduire les nuisances sonores.

« Les bateaux volants répondent à une véritable problématique de terrain rencontrée par les forces spéciales : diminuer la traumatologie des hommes et préserver le matériel embarqué grâce à la grande stabilité procurée par le vol d’un bateau 20cm au-dessus de l’eau. », fait valoir SEAir. Et d’ajouter : « Le système permet également d’augmenter la vitesse et l’efficacité dans les interventions [stabilité : précision du tir, discrétion : sillage et bruit moteur réduits, autonomie : rayon d’action augmenté grâce à une économie de carburant de 30%].

La mise au point de ce concept demande plusieurs compétences. Ainsi, explique SEAir, le « vol en bateau » nécessite de l’électronique embarquée [capteurs, centrale inertielle, actionneurs d’asservissement] ainsi qu’un boîtier de commande qui « permet une mobilité jusqu’à quatre axes : vertical haut/bas, longitudinal avant/arrière, rotation gauche/droite, pendule extérieur/intérieur. »

Pour fabriquer ses foils, l’entreprise a recours à l’impression 3D, laquelle est « au coeur de son ADN ». Grâce à ce procédé, elle produit des « pièces d’une géométrie complexes tant composites que carbones et bientôt métalliques ».

Pour rappel, les commandos Marine sont actuellement dotés d’embarcations commando à usage multiple embarquable [ECUME] NG, fournies par par Zodiac Milpro.

Source: Zone Militaire - Photo : Sillinger AirShark 765 par SEAir

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mercredi 10 avril 2019

Marine nationale : « Terminé, barre et machine » pour la frégate anti-aérienne Cassard

Mars 2019 - La frégate anti-aérienne [FAA] Cassard a accosté à Toulon à l’issue d’un ultime déploiement qui aura duré 4 mois et demi dans l’océan Indien. Et alors que, en 2017, le chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Christophe Prazuck, avait souligné l’urgence de le remplacer, ce navire a encore rendu de bons et loyaux service lors la mission qu’il vient de terminer.

Ayant appareillé le 31 octobre 2018, le Cassard a contribué à la sécurisation des détroits stratégiques, de Bab el-Mandeb et d’Ormuz, permis une appréciation autonome de la situation au Moyen-Orient et en mer Rouge et pris part aux opérations de la Force opérationnelle combinée 150 [Combined Task Force 150 – CTF-150], mise sur pied au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 pour surveiller les trafics de drogue dans l’océan Indien.

C’est à ce titre qu' en janvier 2019, l’équipage de la frégate a réalisé la saisie – record de 670 kg d’héroïne qui se trouvaient à bord d’un boutre et celle, un mois plus tard, de 2 tonnes de résine de cannabis.

En outre, dans le cadre d’une accord de coopération logistique mutuelle signé par la France et l’Inde en mars 2018 la frégate « Cassard » a effectué une escale « historique » à la base navale de Bombay après avoir intégré le groupe aéronaval constitué autours du porte-avions américain USS John C. Stennis et porté secours à 12 marins indiens dans le pétrolier venait de couler dans le Golfe Persique.

Ce déploiement a en outre été « marqué par de nombreuses activités de coopération dont onze escales et quatre exercices avec des pays alliés et partenaires dans la région », résume l’État-major des armées [EMA].

Comme l’avait donc indiqué l’amiral Prazuck, le remplacement des frégates anti-aériennes était devenu « urgent », malgré les modernisations successives dont elles firent l’objet. Pour autant, l’annonce du retrait du Cassard, en juillet 2018, a été une petite surprise dans la mesure où le navire qui doit lui succéder, c’est à dire « l’Alsace », une frégate multimissions aux capacités de défense aérienne renforcée [FREMM DA], ne sera pas livrée avant 2021.

Cette année, la Marine nationale prévoit également le retrait du service de la frégate anti-sous-marine de type F-70 « Primauguet » [qui termine, aussi, une mission de trois mois dans l’Atlantique Nord]. Cela permettra, avec le désarmement du Cassard, de doubler l’équipage des FREMM Aquitaine et Languedoc, conformément au plan Mercator. Enfin, le sous-marin nucléaire d’attaque [SNA] Saphir tirera aussi sa révérence.

Source : Zone Militaire

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dimanche 7 avril 2019

Armement : La DGA commande des nano-drones Black Hornet 3 pour l’armée de Terre

« Pour ce qui est de la famille des petits drones, nous accusons un certain retard. Ainsi, dans le cadre de l’opération Barkhane, nous nous efforçons de doter nos unités élémentaires d’un petit appareil », confiait, l’an passé, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], lors d’une audition parlementaire.

D’où le programme DrOP [pour Drones Opérationnels de Poche], qui a fait l’objet d’un avis d’attribution de marché publié le 17 janvier. En effet, ce document indique que la Direction générale de l’armement [DGA] a notifié à FLIR Unmanned Aerial Systems un contrat d’une valeur de près de 77,4 millions d’euros [hors TVA]. Une somme qui comprend la livraison des nano-drones ainsi que les « prestations associées. »

Par la suite, FLIR a précisé, via un communiqué, que l’appareil choisi est le Black Hornet PRS, qui passe pour être le « plus petit système aérien sans pilote [UAS] au monde ».

Ce système a été développé par la société norvégienne Prox Dynamics, laquelle est devenue par la suite une filiale du groupe américain FLIR.

« Le FLIR Black Hornet PRS équipe le fantassin non spécialiste d’un outil de perception de la situation [SA] à la fois discret et immédiat. La technologie révolutionnaire EO [électro-optique] et IR [infrarouge] comble le fossé entre capteurs aériens et capteurs terrestres, offrant la même qualité de SA que les drones plus gros et les fonctions de localisation IED des UGV [drones terrestres, ndlr]. Extrêmement léger, quasiment silencieux, avec une autonomie de vol de 25 minutes, ce Black Hornet de poche éprouvé au combat transmet à l’opérateur des vidéos en direct et des images fixes HD », explique l’industriel sur son site Internet.

D’une masse de 1,3 kg et d’un format suffisamment compact pour qu’un fantassin puisse le transporter à la ceinture, ce système, composé de 2 drones, des batteries, un pad de pilotage et un écran de contrôle, est « facile à déployer » et ne demande pas une formation spécialisée pour l’utiliser. En outre, il est très discret, ce qui permet les « opérations à couvert ».

D’une masse de 18 grammes pour une longueur de 16 cm, le Black Hornet peut voler à une vitesse de 5 mètres par seconde à une altitude de 10 mètres.

« Nous sommes honorés de soutenir la mission des Forces armées françaises avec la fourniture du PRS Black Hornet et des services associés », s’est réjoui Jim Cannon, le patron de FLIR Systems.

La British Army a disposé de nano-drones Black Hornet pendant un temps avant de les retirer (momentanément?) du service. En 2013, il avait été rapporté par la BBC que le ministère britannique de la Défense [MoD] en avait commandé pour 31,3 millions de dollars à l’époque, ce qui correspondait à environ 160 exemplaires.

Source : Zone Militaire

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jeudi 21 mars 2019

Marine nationale : Mission CLEMENCEAU - Le porte-avions Charles de Gaulle appareille de Toulon...

Cela faisait plus de deux ans que le porte-avions Charles de Gaulle n’avait plus quitté Toulon et ses environs en raison d’un arrêt technique majeur [ATM], qui aura permis de moderniser son système de combat et ses installations aéronautiques ainsi que de recharger ses chaufferies nucléaires et de vérifier plusieurs points critiques [usine électrique, les catapultes, les lignes d’arbre, et les ailerons de stabilisation].

Désormais, le porte-avions est doté de nouveaux capteurs : le radar SMART-S a remplacé les DRBJ-11B et deux tourelles optroniques EOMS NG pour la surveillance, l’acquisition et la poursuite de cible complètent désormais le système ARTEMIS, qui permet d’assurer une surveillance permanente à 360° des menaces conventionnelles et asymétriques.

Si les radars DRBV-26D [veille air lointaine en bande D, avec portée de 500 km] et l’Arabel [utilisé pour désigner les cibles aux missiles Aster 15, en bande X et d’une portée de 100 km] ont été conservés, les deux DRBN-34 ont été démontés pour mettre à la place des Terma Scanter 6000 pour la navigation.

La fibre optique a remplacé les fils de cuivre et le système d’exploitation naval des informations tactique [SENIT-8] repose sur le protocole IP. Le central opérations a été modernisé avec le remplacement des vieilles consoles par des interfaces dignes de l’époque [écrans plats, claviers, etc…]. Des écrans géants fixés sur les cloisons permettent de suivre la situation en temps réel, de même qu’une table traçante numérique tactile.

Le risque cyber a évidemment été pris en compte, comme l’explique le commandant des opérations [COMOPS] du navire dans les colonnes de la revue Air Fan.

« Les serveurs du porte-avions ont été rénovés et un système de surveillance a été installé pour contenir les cyber-attaques. Il est scindé en plusieurs centres de surveillance armés par des spécialistes formés à détecter et contrer ce type d’attaque. Nous sommes résolument entrés dans une logique de développement de la cyber-résilience à tous les niveaux. Nous avons un noyau de personnes affectées à différents services du bord. Ils s’attachent à vérifier que tous nos systèmes demeurent étanches aux éventuelles tentatives d’intrusion et de perturbation en utilisant des outils spécifiques, des sauvegardes et des techniques avancées », a confié le COMOPS.

Étant que la prédominance des systèmes informatiques, cet accent sur la défense « cyber » d’un navire tel qu’un porte-avions montre que les menaces auxquelles il s’expose désormais ne se limitent plus à une torpille bien envoyée ou à une attaque aérienne…

Après sa sortie du bassin, ses essais en mer et la qualification du groupe aérien embarqué [GAé], le porte-avions Charles de Gaulle, avec 30 Rafale à bord, a terminé sa remontée en puissance en prenant part, en février, à l’exercice FANAL, au cours duquel près de 250 catapultages et appontages ont été effectués.

Désormais fin prêt pour reprendre les opérations, le « Charles de Gaulle a donc appareillé de Toulon, ce 5 mars, pour une mission de 4 mois, appelée « Clemenceau ». Cette dernière, détaille le ministère des Armées, doit lui « permettre de participer aux opérations aéro-maritimes en Méditerranée orientale et au Levant, d’accroître la connaissance des zones traversées, de renforcer la coopération européenne et de nourrir les partenariats stratégiques que la France entretient au Proche et Moyen-Orient, ainsi qu’en océan Indien. »

Malgré la demande de Tokyo de le voir faire une escale au Japon, le groupe aéronaval français ne devrait pas s’aventurer dans les eaux de la mer de Chine méridionale. Du moins n’est-ce pas « prévu »… Il faut dire que cela froisserait Pékin…

En effet, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a ainsi récemment reconnu que l’annonce faite par Gavin Williamson, son collègue de la Défense, au sujet d’un déploiement à venir du porte-avions Queen Elizabeth en mer de Chine méridionale avait rendu plus compliquées encore les relations entre Londres et Pékin, alors que les échanges commerciaux sino-britanniques ont atteint un niveau record en 2017.

Quoi qu’il en soit, le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte auront un programme assez chargé, avec une participation à l’opération Chammal au Levant [alors que le califat auto-proclamé par l’État islamique vit ses dernières heures] ainsi qu’à plusieurs manoeuvres aéronavales [Ramsès en Égypte, « Varuna » en Inde et un exercice avec la marine japonaise dans l’océan Indien]. Enfin, il est prévu une escale à Singapour, à l’occasion de la tenue du Shangri-La Dialogue, en juin.

Pour ce déploiement, le « Charles de Gaulle » dispose de 20 Rafale Marine, de 2 E2C Hawkeye [pour le guet aérien], de 2 Dauphin Pedro et d’un hélicoptère NH-90 NFH Caïman. Son escorte [Task Force 743] se compose de la frégate de défense aérienne [FDA] « Forbin », de la frégate multi-missions [FREMM] « Provence », du Bâtiment de commandement et de ravitaillement [BCR] « Marne » et d’un sous-marin nucléaire d’attaque [SNA]. Deux autres frégates – l’une danoise [Niels Juel], l’autre portugaise [Corte Real] – complètent ce dispositif.

Car, en effet, la TF 473 accueillera, au fil de ce déploiement, d’autres navires, notamment européens. Elle « pourra en effet s’appuyer, en son sein et au cours de différents moments de la mission Clemenceau, sur des bâtiments issus de plusieurs marines étrangères. Ce sont le Portugal, le Danemark, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Australie et les Etats-Unis qui nous rejoignent dans le déploiement du groupe aéronaval », souligne le ministère des Armées.

« C’est d’abord un message européen. Car chaque frégate alliée qui se joint au GAN, chaque hélicoptère qui apponte sur le Charles de Gaulle, c’est une des étoiles de notre drapeau européen. Celles qui, ensemble forment ce cercle parfait, symbole d’unité et de coopération », a commenté Florence Parly, la ministre des Armées, en s’adressant à l’équipage du porte-avions.

Source : Zone Militaire

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mercredi 20 février 2019

Commandant "Sophie" : Première femme pilote d'essais d'hélicoptères à la DGA

La DGA « Essais en vol » accueille la première femme pilote d’essais française d’hélicoptères dans ses rangs

Elle n’est pas la première femme française à devenir pilote d’essais, Jacqueline Auriol l’ayant ainsi précédée dans les années 1950. En revanche, elle est une pionnière dans son domaine, c’est à dire celui des hélicoptères.

Officier pilote de l’armée de l’Air, le commandant « Sophie » va en effet rejoindre les rangs du centre « Essais en vol » de la Direction générale de l’armement [DGA] en janvier 2019, après avoir obtenu son brevet à l’Empire Test Pilots’ School [ETPS], l’école britannique des pilotes d’essais, implantée à Boscombe Down. Une première.

Déjà diplômée de l’École nationale supérieure l’aéronautique et de l’espace [en 2003], le commandant « Sophie » a rejoint l’armée de l’air en qualité de pilote d’hélicoptère. Affectée à l’escadron 01.067 « Pyrénées », à Cazaux, elle a effectué plus d’une centaine de missionS en Afghanistan, aux commandes d’un EC-725 Caracal. Elle a ensuite piloté un Super Puma au sein de l’escadron de transport ET60, basé à Villacoublay.

Comme Jacqueline Auriol en son temps, elle a réussi le concours d’entrée de l’École du personnel navigant d’essais et de réception [EPNER] en 2017. C’est dans le cadre d’un échange avec l’ETPS britannique qu’elle est donc devenue la première femme française pilote d’essais d’hélicoptères.

« Pendant une année, elle a été formée aux techniques des essais en vol nécessaires à l’évaluation des performances, des qualités de vol et des systèmes embarqués sur hélicoptères. Elle a ainsi eu l’occasion de voler sur différents aéronefs tels que l’Agusta A109, le Bell 412, la Gazelle, le H125 ou encore l’AH-64 Apache. Elle totalise à ce jour plus de 2.000 heures de vol », précise la DGA.

En outre, le taux de féminisation de la DGA est actuellement de 25% [sur un effectif de 9.619 personnels]. Sur 100 officiers généraux au total, 14 sont des ingénieures générales de l’armement.

Source : Zone Militaire - Photo : DGA

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mardi 5 février 2019

Armement : Barkhane – Déployé pour la première fois au Sahel, le Missile Moyenne Portée donne satisfaction

Comme annoncé au printemps 2018, la force Barkhane peut désormais compter sur une nouvelle arme : le Missile Moyenne Portée [MMP]. L’État-major des armées [EMA] en a fait l’annonce le 14 janvier 2019.

Ainsi, en décembre 2018, le MMP a été déployé pour la première fois lors d’une opération menée par le Groupement tactique Désert [GT-D] « Picardie », constitué autour du 1er Régiment d’Infanterie, dans la zone dite des trois frontières, car située aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Lancé en 2011 dans le cadre d’un contrat confié à MBDA, le MMP remplace les missiles MILAN, Javelin, HOT et ERYX. D’une très grande précision et ayant une portée supérieure à 4.000 mètres, ce système est doté d’une charge militaire polyvalente et d’un autodirecteur bi-bande visible/infrarouge non refroidi qui lui permet de viser des cibles ‘chaudes’ ou ‘froides’. Il peut donc être utilisé pour « traiter » des cibles différentes selon le mode choisi (anti-personnel, anti-véhicule, anti-infrastructures).

Pour choisir le mode correspondant à l’effet que l’on veut obtenir, il suffit simplement au tireur de cocher la bonne case en faisant défiler le menu déroulant du système.

Faisant appel à plusieurs technologies [charge multi-effets, liaison de données haute performance par fibre optique, traitement d’image, interfaces homme-machine], le MMP place « l’homme dans la boucle », c’est à dire que le tireur « voit » comme le missile et peut donc modifier sa trajectoire afin d’éviter toute méprise.

Grâce à ses fonctions, le MMP peut aussi être utilisé pour l’observation, que ce soit de jour comme de nuit. « Le mode ‘fusion’ détecte les sources de chaleur et nous permet par exemple de déceler un individu dissimulé derrière un bosquet ou un arbre », explique un sous-officier du GT-D « Picardie ». Et, toujours selon ce dernier, « le missile est équipé d’une caméra avec vision jour et nuit d’une qualité remarquable. »

Selon l’EMA, les capacités et les performances du MMP en font une « nouveau intéressante pour le théâtre d’opération qu’est la bande sahélo-saharienne alors que les flancs de certaines barres rocheuses peuvent servir d’abris aux membres des groupes armés terroristes. »

Pour rappel, la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 a revu à la hausse le nombre de MMP destinés à l’armée de Terre d’ici 2025, en le portant à 1.950 exemplaires (au lieu de 1.550). Ce système équipera aussi les Engins blindés de reconnaissance et de combat (EBRC) Jaguar ainsi que, probablement, les drones tactiques Patroller.

Source : Zone Militaire - Photo : EMA

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vendredi 4 janvier 2019

Emmanuel Macron : La construction d’un nouveau porte-avions n’est pas forcément garantie

Lors du dernier salon Euronaval, la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé le lancement des études relatives au futur porte-avions destiné à la Marine nationale, en précisant qu’elles devaient répondre à au moins trois questions à savoir les menaces que ce navire aura à affronter, les choix technologiques qu’il suppose et l’innovation qui devra l’accompagner tout au long de sa vie opérationnelle.

« Faisons de ce porte-avions, une véritable base avancée de notre marine. […] Nous devrons être réalistes mais ambitieux. Et grâce à ces études approfondies, imaginatives et rigoureuses, nous pourrons établir l’architecture de ce futur porte-avions et poser les bases de l’organisation industrielle nécessaire pour le bâtir en respectant les délais et les coûts », avait affirmé Mme Parly.

Ses propos ne laissaient guère de place au doute : la construction d’un nouveau porte-avions semblaient alors inscrite dans le marbre. Ou presque.

Seulement, lors de son intervention télévisée du 14 novembre, faite justement depuis le porte-avions Charles de Gaulle, le président Macron a laissé entendre que ce n’était pas forcément le cas.

« Dans ce lieu inouï [le Charles-de-Gaulle], le seul porte-avions européen à propulsion nucléaire, nous sommes les seuls au monde avec les Américains à disposer d’une telle technologie. […] C’est un joyau de notre armée, de notre technologie, de notre industrie de défense et de l’excellence des hommes et des femmes de notre armée », a déclaré M. Macron.

Après avoir abordé la question de l’autonomie stratégique européenne dans le domaine militaire, il a été demandé à M. Macron si la France allait « bâtir un ou deux autres porte-avions nucléaires » dans les années à venir.

« Il est trop tôt pour le dire », a répondu le président Macron. Évoquant les études en cours, dont les conclusions seront connues en 2020 (une «année charnière », a-t-il dit), il a ajouté que cela dépendra de l’évolution de la menace.

« Est-ce que c’est cet équipement qui est la meilleure réponse ou est-ce qu’il faut d’autres types de réponses?, a demandé le chef de l’Élysée. En outre, il faudra regarder l’évolution des technologies et voir aussi « comment évoluent nos partenaires ». Et donc, a-t-il continué, « c’est tout ce que nous sommes en train d’étudier ». Et d’ajouter : « Ce sont des tas de sujets stratégiques, techniques et opérationnels. »

Mais, a fait observer le président Macron, il y aura également un aspect budgétaire. « Un autre porte-avions comme celui-ci [le Charles-de-Gaulle], c’est 4 à 5 milliards d’euros. C’est aussi un coût. Donc, ce choix, on le fera en 2020 mais rien n’est exclu aujourd’hui. Ce choix sera conduit par un objectif : protéger la France et les Français » en permettant « à nos soldats d’avoir les meilleurs outils pour cela ». En un mot : «Être en capacité de répondre aux menaces du monde d’aujourd’hui et de demain ».

Si le porte-avions est un marqueur incontestable de la puissance d’une marine (et, par extension, de celle d’un État), il n’en reste pas moins que sa pertinence, telle qu’on la connaît actuellement, a été remise en cause par plusieurs rapports publiés récemment aux États-Unis par des centres de réflexion.

« Alors que la marine américaine jouit depuis longtemps d’une liberté d’action sur les océans du monde, son règne sans précédent est sur le point de s’achever. Au cours des dernières années, un certain nombre de pays, dont la Chine, la Russie et l’Iran, ont accéléré leurs investissements dans les capacités de déni et d’interdiction d’accès [A2/AD] avec des systèmes de défense anti-aérienne avancés, des missiles balistiques et de croisière anti-navires, des sous-marins et des porte-avions. Ces capacités vont probablement se multiplier dans les années à venir, imposant des contraintes plus grandes que jamais aux opérations des porte-avions américains », estimait ainsi, en 2016, le Center for a New American Security.

Ces capacités A2/AD vont ainsi obliger les porte-avions américains à opérer loin de leurs objectifs afin d’éviter de s’exposer à une telle menace. D’où d’ailleurs le développement du drone MQ-25 Stingray, destiné à ravitailler en vol les chasseurs-bombardiers embarqués.

Quant à la menace des missiles balistiques anti-navires, que la Chine est en train de développer avec le DF-21, elle suscite un certain scepticisme chez les spécialistes.

« Je n’ai pas d’éléments précis sur les missiles anti-navire chinois. J’en entends parler mais il me paraît difficile – je suis missilier balistique de formation – d’atteindre un bâtiment en mouvement avec un missile balistique. Mais pourquoi pas ? Les Chinois ont montré qu’ils étaient capables d’aveugler des satellites avec des lasers. Cependant, je me méfie », avait ainsi expliqué l’amiral Bernard Rogel, ex-chef d’état-major de la Marine nationale et actuellement chef d’état-major particulier du président Macron.

Et pour cause : un fois lancé, un missile balistique suit une trajectoire suborbitale pour ensuite se diriger vers une cible statique. Et, a priori, le DF-21 chinois, présenté comme étant un « tueur de porte-avions », n’a encore jamais touché un objectif en mouvement, ce qui relative beaucoup de chose. En revanche, tel n’est pas le cas des missiles hypervéloce (ou hypersonique), qui seront plus difficiles à repérer et à intercepter. La Russie en développerait un, à savoir le 3M22 Tsirkon.

Source : Zone Militaire

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mercredi 21 novembre 2018

Armement : Le MMP, Missile Moyenne Portée, évalué par les commandos marine

Au cours de l'été 2018, le site Mer et Marine avait indiqué que le Missile Moyenne Portée [MMP], développé par MBDA afin de remplacer les missiles Milan, Javelin, HOT et autres ERYX utilisés par l’armée de Terre, pourrait être utilisés à d’autres fins que les opérations purement terrestres. Comme dans le domaine maritime, où, par exemple, il serait employé contre des défenses côtières.

D’où la campagne d’évaluation réalisée à Djibouti entre le 25 août et le 22 septembre. Ainsi, apprend-on via une brèves de l’État-major des armées [EMA], l’objectif était de vérifier l’emploi du système d’armes MMP [SA-MMP] en milieu semi-désertique avant son déploiement prochain dans la bande sahélo-saharienne [BSS] au titre de l’opération Barkhane. Mais pas seulement.

En effet, il s’est également agi d’effectuer des tirs de ce missile depuis une Embarcation commando à usage multiple embarquable [ECUME] de la Force maritime des fusiliers marins et commandos [FORFUSCO]. En clair, les commandos (de) marine étaient à la manoeuvre.

Au total, et sous l’égide de la Section technique de l’armée de Terre [STAT], de la Direction générale de l’armement [DGA] et de MBDA, 9 tirs ont été réalisés, dont 2 depuis une ECUME (un premier tir de la mer vers la terre et un second de la mer vers la mer). Tous ont atteint leur cible.

« Les résultats confirment la fiabilité du système d’armes en environnement chaud ainsi que ses performances au cours de scénarios de tirs opérationnels », s’est félicité l’EMA. Ce qui ouvre la voie à une déploiement du SA-MMP au Sahel « dans les prochaines semaines ».

Cette évaluation réussie laisse entrevoir des perspectives intéressantes pour les opérations « spéciales » des commandos marine, au regard des performances du MMP, dont la portée peut atteindre les 5 km.

Pour rappel, conçu avec des matériaux légers qui réduise sa masse à seulement 15 kg (plus 11 kg avec le poste de tir), ce missile, dit de 5e génération, est muni d’une charge militaire polyvalente et d’un autodirecteur bi-bande visible/infrarouge non refroidi, ce qui lui permet d’atteindre les cibles chaudes ou froides. Il utilise plusieurs technologies, dont la charge multi-effets, la liaison de données haute performance par fibre optique, le traitement d’image, les interfaces homme-machine, etc. Très précis, sa trajectoire peut être modifiée en cours de vol par le tireur, ce qui réduit le risque de dommage collatéral.

Source : Zone Militaire

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samedi 8 septembre 2018

Technologie : De la soie artificielle d’araignée pour les parachutes et les gilets pare-balles de l'US Air Force

En 2016, l’unité de recherche de l’US Army a confié un contrat – confirmée l’année suivante – à la société Kraig Biocraft Laboratories, afin de mener des recherches sur la soie d’araignée, un matériau aux propriétés étonnantes.

En effet, trois fois plus résistantes que le Kevlar, utilisé pour confectionner les gilets pare-balles, la soie d’araignée peut supporter une masse de plus de 45 tonnes par cm² tout en conservant son extrême légèreté et sa flexibilité.

Seulement, disposer de suffisamment de ce matériau pour fabriquer des effets protecteurs à grande échelle n’est pas une chose aisée. Entretenir un élevage d’araignée n’est pas la solution : son rendement serait beaucoup trop faible.

D’où l’appel à Kraig Biocraft Laboratories, qui utilise des vers à soie génétiquement modifiés avec de l’ADN d’araignée. Cependant, d’autres moyens ont été étudiés pour obtenir de la soie d’araignée en grande quantité.

Comme celui imaginé par Thomas Scheibel, un biochimiste allemand qui a cofondé l’entreprise AMSilk, adossée à l’Université technique de Munich (TUM). Sans entrer dans les détails, son concept repose sur la modification génétique de bactéries E. coli avec des gènes de l’épeire diadème (araignée de jardin). La soie d’araignée peut ensuite être obtenue en grande quantité via un processus mécanique complexe qui lui a demandé plusieurs années de recherche.

Mais l’Air Force Research Laboratory [AFRL], en association avec l’Université de Purdue, compte aller plus loin en étudiant « les propriétés de refroidissement et de régulation de la température de la soie naturelle afin de l’appliquer aux fibres synthétiques telles que la soie d’araignée artificielle. »

Pour cela, les chercheurs entendent exploiter un processus appelé « refroidissement radiatif passif » qui serait propre à la soie. En clair, ce matériau permettrait à un objet de perdre naturellement de sa chaleur par rayonnement infrarouge. « Pendant les chaudes journées d’été, la (température de la) soie chute de 10 à 15 degrés Fahrenheit par rapport aux matériaux réfléchissants », explique le communiqué de l’US Air Force.

« Comprendre la soie naturelle nous permettra de concevoir des fibres multifonctionnelles avec des possibilités exponentielles. Les fibres ultra-résistantes surpassent les caractéristiques mécaniques de nombreux matériaux synthétiques ainsi que celles de l’acier », a fait valoir le Dr Augustine Urbas, en charge de cette étude.

Les applications sont nombreuses. La première est, évidemment, la conception de gilets pare-balles à la fois plus résistants, plus légers et donc plus confortables. Les tentes utilisées en opération pourraient également être fabriquées avec un tel matériau, ce qui offrirait un environnement « plus frais » aux aviateurs américains.

En outre, la soie d’araignée artificielle permettrait à l’US Air Force de disposer de parachutes plus solides, donc capables de porter des charges plus lourdes qu’actuellement.

« Les estimations indiquent que, bien que la soie d’araignée artificielle peut coûter initialement deux fois plus que le Kevlar, sa légèreté, sa force incroyable, son élasticité et sa capacité d’ adaptation potentielle pour d’autres besoins sont les caractéristiques qui améliorent son attrait commercial », fait valoir l’AFRL.

Source : Zone Militaire

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samedi 28 juillet 2018

Armement : Le drone MALE européen pourra être armé...

Le ministère des Armées confirme que le futur drone MALE européen pourra être armé.

En 2013, et après plusieurs échecs dans ce domaine (Talarion, Telemos), Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo (ex-Finmeccanica) décidèrent d’unir leurs forces pour développer un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) européen alors que plusieurs pays du Vieux Continent venaient d’acquérir des appareils américains (en l’occurrence, le MQ-9 Reaper de General Atomics).

Deux ans plus tard, ce projet – désormais appelé MALE RPAS – fit l’objet d’une lettre d’intention signée par l’Allemagne, la France et l’Italie (puis, plus tard, par l’Espagne).

Sous la conduite de l’OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) et soutenue par l’Agence européenne de défense (AED), un contrat d’études de 60 millions d’euros, financé à hauteur de 31% par l’Allemagne et à parts égales (23%) par la France, l’Italie et l’Espagne, fut notifié aux industriels concernés.

Et, à l’occasion du salon aéronautique ILA de Berlin, une maquette à échelle 1 de ce que sera ce nouveau drone MALE a été officiellement présentée. Cependant, ce projet a nourri quelques réserves. Ainsi, un rapport du Sénat estimait que cet appareil devait absolument se distinguer du MQ-9 Reaper américain « soit par des spécifications supérieures, soit par un coût moindre ».

En outre, la question de savoir s’il allait effectivement répondre aux besoins des forces françaises fut posée. « Les discussions avec nos partenaires allemands sont complexes. Ils n’ont pas les mêmes besoins que nous : eux entendent surveiller leur territoire, tandis que nous sommes engagés à l’extérieur… », avait ainsi souligné le sénateur Cédric Perrin, lors d’une audition du Délégué général pour l’armement, Joël Barre, en octobre dernier.

Une autre question restait aussi à trancher : celle de l’armement de ce MALE RPAS. Au moment de la signature de la lettre d’intention, la France s’interrogeait encore sur l’opportunité de disposer de drones armés. Désormais, ce problème est réglé puisque la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé, en septembre dernier, que les MQ-9 Reaper de l’armée de l’Air emporteront des missiles (ce qui devrait être effectif d’ici 2020, d’après le général André Lanata).

En revanche, le débat n’est toujours pas tranché en Allemagne où le projet de louer des drones israéliens Heron TP potentiellement armés est dans l’impasse, depuis que des députés sociaux-démocrates (SPD) ont exprimé leurs réserves. Et comme la nouvelle coalition gouvernementale emmenée par Angela Merkel compte des membres du SPD, la question risque d’être sur la table pendant encore quelques temps. Dans ces conditions, quid de l’armement du MALE RPAS?

Finalement, d’après le ministère des Armées, qui n’a pas donné plus de détails sur ce sujet, cet appareil aura bel et bien « la capacité de tirer des armements ». Le Pdg d’Airbus Defence & Security, Dirk Hoke, a précisé à Defense News que les « capacités de combat » du MALE RPAS « dépendront des sensibilités politique des pays utilisateurs » et que les « clients pourront choisir d’installer uniquement les fonctions de reconnaissance. »

Par ailleurs, le ministères des Armées a indiqué que la France compte acquérir « 6 systèmes Eurodrone », composés chacun de trois vecteurs aériens, et deux stations sol. Ces appareils remplaceront les MQ-9 Reaper à l’horizon 2025.

« Il s’agit de disposer d’une capacité de drone de renseignement souveraine à l’échelle européenne, essentielle pour notre capacité de décision et notre supériorité en opération, en équipant les systèmes de chaînes de mission conçues et produites en Europe sans aucune contrainte de pays tiers », fait-on valoir au ministère des Armées. Et d’ajouter : « Il est fondamental que le développement des chaînes critiques de ce système (communication, capteurs, effecteurs, cybersécurité) soit confié à l’industrie européenne, pour être libre de toute contrainte ou restriction d’utilisation. »

Source : Zone Militaire

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samedi 21 juillet 2018

Armement : Mini Hecate II, nouveau fusil de précision français des forces spéciales...

Contrairement à ce que laisse supposer le remplacement du FAMAS par le HK-416F de facture allemande, il reste encore des armuriers français capables de concevoir et fabriquer des fusils pour les forces armées. Du moins est-ce le cas de PGM Précision, une entreprise installée à Poisy, en Haute-Savoie. Seulement, cette dernière, reconnue mondialement [8.000 armes vendus à l’exportation, ndlr], exerce son activité dans ce que l’on appelle un marché de « niche », c’est à dire le tir de précision.

Créée en 1991, PGM Précision fournit notamment les fusils Hecate II aux forces spéciales (où il a remplacé le McMillan M87), au GIGN et au RAID. Cette arme équipe également d’autres unités d’élite étrangères, dont le Groupe de réaction opérationnelle et de manœuvres polonais, le Détachement de reconnaissance de l’Armée 10 en Suisse ou encore le bataillon des opérations spéciales de la marine brésilienne.

« En 1995, en plein conflit bosniaque, l’armée française passe commande du Hécate II, réputé comme étant la meilleure arme au monde dans son calibre », se plaît à rappeler PGM Précision.

Début juin 2018, soit juste avant l’édition 2018 du salon de l’armement terrestre Eurosatory, PGM Précision a lancé le dernier né de son catalogue : le mini Hecate II, dont le développement a demandé plus de cinq ans de travail.

Moins lourd et plus ergonomique, le mini Hecate II, de calibre 338 LM, a spécialement été conçu pour répondre aux besoins des forces spéciales. D’une portée de 1.400 mètres, cette arme est faite pour « traiter des objectifs intermédiaires entre le 308 W et le calibre 50 », précise l’armurier.

« La modularité innovatrice du bipied positionnable en deux points ainsi que la crosse se pliant côté culasse font de cette arme, l’outil tactique répondant à toutes les missions », ajoute-t-il.

A priori, ce nouveau fusil de précision aurait déjà été testé par le Commandement des opérations spéciales [COS]. Comme l’avait souligné François Brion, le directeur de PGM Précision, dans un entretien donné au quotidien Les Échos en 2015, l’armée française est « une vitrine » et « il n’y a pas une unité en France qui ne soit équipée d’une de nos armes ». Et de rappeler que « c’est aussi avec la France que notre activité est née. »

Pour assurer la production de ses armes, l’armurier est adossé au groupe français Teissier, spécialisé dans la mécanique et l’usinage de précision, le traitement de surface des métaux et l’assemblage de pièces mécaniques.

PGM bénéficie de l’expertise de ce groupe haut-savoyard aux références prestigieuses dans le domaine de l’armement, l’aéronautique, la robotique, le médical et le luxe. Ce savoir-faire français se décline dans les armes de haute précision que PGM conçoit et améliore sans cesse », explique l’entreprise.

Source: Zone Militaire - Photo : PGM Précision


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dimanche 1 juillet 2018

Tireurs d’élite : Le 1er Régiment de Tirailleurs remporte le challenge national des tirs longue distance

En 2012, la Direction de l’entraînement et des évaluations au tir opérationnel [DEETO] fit le constat que le niveau des tireurs d’élite des différentes compagnies d’infanterie passées au Centre d’entraînement de l’infanterie au tir opérationnel [CEITO] pouvait – et devait – s’améliorer. Les compétences des tireurs n’étaient pas en cause. Seulement, il leur manquait du temps et des munitions pour s’entraîner correctement.

Aussi, le général Hervé Wattecamps, alors commandant l’école de l’Infanterie, demanda au CEITO d’organiser un « challenge » dédié au tir longue distance [avec les fusils PGM Hecate II, FRF2 et HK-417], l’idée étant de permettre aux groupes de tireurs d’élite de s’entraîner pendant une semaine et d’échanger leurs méthodes de travail ainsi que leurs astuces.

« C’est une grande famille qui se retrouve, il n’y a pas de secret, tout ce qui peut faire avancer la qualité des équipes TELD est forcément partagé. Pour finir, il y a la compétition, le petit plus qui pousse les équipes à se dépasser », expliquait ainsi, en 2016, le lieutenant-colonel Bernard, alors patron de la DEETO.

Entre les 17 et 21 juin 2018, 19 équipes ont pris part à la 6e édition de ce « challenge national des groupes de tireurs d’élite » (ou TELD).

Étant donné que la spécialité de tireur d’élite demande des qualités particulières (calme, patience, sang-froid, rigueur, discrétion, compétences en topographie et excellente condition physique), cette compétition amicale compte 22 épreuves (dont 3 de nuit), dont une marche commando, une course d’orientation, du secourisme au combat et, évidemment, du tir à différentes distances (de 600 à 1.300 mètres).

Cette année, l’équipe du 1er Régiment de Tirailleurs (RTir) d’Épinal a terminé à la première place.

À l’occasion de l’édition 2018 de ce challenge, l’armée de Terre précise qu’elle compte plus de 900 tireurs d’élite et de précision dans ses rangs. Chaque année, 260 militaires du rang sont formés à cette spécialité.

Source : Zone Militaire - Photo : armée de Terre

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samedi 23 juin 2018

Armement : L’US Marine Corps choisit le fusil de précision Mk13 Mod 7 pour ses tireurs d’élite

Depuis la guerre du Vietnam, les tireurs d’élite du corps américain des Marines sont dotés du M40, un fusil de précision qui dérivé du Remington 700, a un un calibre 7,62×51 mm OTAN et une portée de seulement 915 mètres. Évidemment, le temps passant et la nature des engagements ayant évolué, cette arme est désormais dépassée.

D’où l’annonce récemment faite par le Marine Corps Systems Command (SYSCOM). Ainsi, l’US Marine Corps prévoit d’acquérir 356 fusils de précision Mk13 Mod 7, une arme dérivée du Mk13 de l’armurier Arsenal Democracy. Les premières livraisons seront effectuées vers la fin de cette année et se poursuivront en 2019.

« Lorsque le Mk13 Mod 7 sera opérationnel, il sera le fusil de précision principal du Corps des Marines », a déclaré le lieutenant-colonel Paul Gillikin, chef de la division « Infanterie » du Marine Corps Systems Command.

« À une époque où la technologie, les munitions et les armes légères progressent à un rythme de plus en plus rapide, il est extrêmement important de veiller à ce que le Corps des Marines soit à l’avant-garde des nouveaux systèmes d’armes », a fait valoir le SYSCOM.

Par rapport au M40A6, le Mk13 Mod7, qui équipe déjà les unités spéciales des Marines [US MARSOC] a une portée supérieure de 300 mètres. Fusil à verrou, il utilise des munitions de calibre .300 Winchester Magnum. Ces dernières, a expliqué l’adjudant-chef Tony Palzkill, sont « plus performantes que celles de calibre 7,62mm Otan, ce qui augmentera les chances de succès du tireur d’élite. »

Selon le SYSCOM, cette arme offre une « plus grande gamme de tir et davantage de précision par rapport aux systèmes actuels et anciens. » Le Mk13 Mod7 peut être doté d’une lunette de visée et d’une optique de vision nocturne, avec un réticule de type grille « amélioré ».

« Ce fusil de précision permettra aux Marines de réengager plus rapidement les cibles avec un tir précis de longue portée tout en restant dissimulé », a commenté le sergent. Randy Robles, un instructeur de l’école instructeur la Scout Sniper School de Quantico.

Les fusils Mk13 Mod7 destinés aux tireurs d’élite des Marines seront assemblés et distribués par le Naval Surface Warfare Center de Crane [Indiana]. La dernière version du M40 [le M40A6, ndlr] restera cependant en dotation pour l’entraînement et la formation des futurs tireurs d’élite.

Source : Zone Militaire - Photo : Kristen Murphy (c) USMC

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lundi 18 juin 2018

Secret-défense ! Les échecs de missiles français tirés en Syrie... Bug ou piratage ?

Syrie : enquête sur les ratés des missiles français

Des missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad.

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis bombardent la Syrie. Mais plusieurs missiles français ne partent pas à cause de défaillances. L’État se retranche derrière le secret-défense pour ne pas fournir d’explications.

"Tous les missiles français sont parvenus à leur objectif". Le 14 avril 2018, Florence Parly, la ministre des Armées, annonce que les frappes visant la Syrie qui viennent d’être conduites par la France et ses deux alliés, sont un succès. Une affirmation pourtant partielle, qui cache une réalité moins "glorieuse" pour la Défense française : quatre missiles sur les seize prévus n'ont finalement pas été tirés. Que s’est-il donc passé ce jour-là ?

Une opération coordonnée

Ces missiles français ont été tirés dans le cadre d'une opération menée dans la nuit du 13 au 14 avril 2018, opération qui a pour but de "punir" Bachar al-Assad, après l'attaque chimique commise une semaine plus tôt, le 7 avril, à Douma, que la France et ses alliés attribuent au régime de Damas. Paris, Washington et Londres décident de frapper militairement des sites de fabrication et de stockage d’armes chimiques en Syrie. Plusieurs cibles sont prévues : l’une en banlieue de Damas, visée par les britanniques et les américains, et deux autres dans le centre du pays, près de Homs, sur lesquelles vont intervenir les Français. Le 14 avril, à 3h du matin, le président américain Donald Trump annonce les frappes.

Un scénario simple qui s'enraye

Dans ce dispositif commun, l'action de la France se décompose en deux volets : l’un aérien et l’autre maritime. Côté air, onze avions de combat dont cinq Rafales sont prévus, ces derniers transportant chacun deux missiles Scalp. Côté mer, trois frégates multi-missions (FREMM) sont déployées en Méditerranée, toutes équipées pour la première fois de missiles de croisière navale (MdCN, d'une portée de 1 000 km).

Mais lors de l'opération, tout ne se passe pas comme prévu. Le 17 avril, le site La lettre A révèle que les frégates ont connu plusieurs aléas techniques. "La première frégate a fait face à un bug informatique et n'a pas pu tirer, confirme Jean-Marc Tanguy, grand reporter au magazine RAIDS. Sur la deuxième, les missiles font long feu et ne partent pas." Les commandants décident alors de recourir à la troisième frégate de secours. "C'est elle qui se charge de tirer les trois missiles MdCN, les seuls qu'elle détient à bord", poursuit le journaliste.

Cette opération militaire se déroule dans un laps de temps très court, avec un créneau de tir de seulement quelques minutes. Impossible donc pour les deux premières frégates de retenter leur chance. Résultat : au lieu des huit missiles prévus, seuls trois sont effectivement tirés.

Un des avions Rafale a lui aussi a connu des ratés. Un des dix missiles Scalp n'a pas donné toutes les garanties nécessaires à son lancement. "Quand l'ordre est donné de frapper, le missile fait lui-même ses vérifications grâce à son intelligence artificielle intégrée, explique un militaire qui préfère rester anonyme. Si tout va bien, les feux sont au vert, mais là ça n'a pas été le cas. En raison du temps très court pour mener à bien la mission, les pilotes ont préféré désactiver la charge et larguer le missile en pleine mer."

Bug ou piratage ?

Comment les autorités expliquent-elles ces bugs à répétition ? La ministre des Armées Florence Parly invoque le secret-défense sur cette opération militaire. "Nous n'avons pas l'habitude de commenter ce que nous faisons, se défend la ministre. Ce sont des informations classifiées." Pas question pour l'armée de donner des informations à l’adversaire. Malgré nos sollicitations, ni la Marine nationale, ni Naval group (l’industriel français qui construit les frégates), ni MBDA (leader européen de la fabrication de missiles) n'ont donné suite à nos demandes d'interviews.

Difficile dans ce contexte de pouvoir apporter une réponse précise sur ce qui s'est réellement passé cette nuit-là. Mais plusieurs sont évoquées pour tenter de d'expliquer ces ratés.

Les nouveaux missiles MdCN ont-ils suffisamment été testés ?

"Il n'y a eu qu'un seul test officiel effectué pour ces missiles, relève Vincent Groizeleau rédacteur en chef du magazine Mer et Marine. Ce n'est peut-être pas assez, mais cet essai a très bien fonctionné". Généralement, plusieurs essais sont réalisés avant la mise en service opérationnelle. "On a considéré que ce système était valide, constate le journaliste. L'armée a décidé qu'il n'y avait pas besoin de faire d'autres tests."

Ces bugs à répétition ont-ils été causés par un piratage russe ? "Dans la zone où sont positionnées les frégates françaises, la présence de sous-marins russes a été relevée, affirme un parlementaire membre de la commission de la Défense nationale. Les russes semblent avoir retrouvé d'importantes capacités militaires." De là à penser qu'il y a pu avoir piratage ? "C'est une question pour l'heure sans réponse."

D’autres experts considèrent que cette hypothèse ne tient pas la route. "Cela me parait peu probable, explique le chercheur Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité de l'Institut français des relations internationales. Les systèmes de tirs de ces frégates ne communiquent pas avec l'extérieur. Un sous-marin peut faire des écoutes, ou tenter de gêner le déploiement des bateaux, mais en l'occurrence les russes préfèrent rester discrets plutôt que dévoiler leurs positions et risquer de ne plus pouvoir remplir leurs missions."

Conséquences commerciales et industrielles

L’hypothèse la plus probable reste donc un problème technique. Mais en continuant d'invoquer le secret-défense, le ministère des Armées ne protègerait-t-il pas les intérêts des industriels qui fabriquent ces missiles ?

Dans cette histoire, l’enjeu est de taille pour ces derniers. Un missile MdCN coûte environ un million d’euros pièce. La France en a commandé 150 à l'entreprise MBDA, et compte potentiellement en vendre à l’étranger, mais ce type d’incident technique peut avoir des conséquences commerciales sérieuses. "La crédibilité technique et opérationnelle d'un système est importante pour convaincre des acheteurs potentiels, estime le chercheur Corentin Brustlein. On l'a vu au moment de la mise en service du Rafale, les nombreux tests effectués à l'époque ayant permis de démontrer sa valeur stratégique." Une raison qui pourrait expliquer la réticence de l'État français à communiquer autour des résultats des tirs de missiles en Syrie.

Est-ce pour autant un bon calcul de taire ces éventuels dysfonctionnements ? "Il va falloir donner une réponse, sinon l'arme risque de ne pas être déployée, prévient Jean-Marc Tanguy, du magazine Raid. Une arme qui n'est pas fiable ne peut pas être utilisée, ce qui serait une mauvaise affaire pour la défense française." Un sujet d'autant plus sensible qu'il n'y a déjà que peu de clients susceptibles d'investir dans l'achat de ces missiles.

Le secret-défense est-il pour autant nécessaire dans cette affaire ?

"Il y a des opérations qui doivent rester secrètes, comme lorsque les soldats risquent leur vie, affirme Jacques Gautier, ancien vice-président Les Républicains de la commission de Défense du Sénat. Mais lorsqu'une opération est achevée et que des dysfonctionnements sont constatés, il vaut mieux être les premiers à réagir, plutôt que d'attendre que les journalistes fassent des hypothèses. Le ministère doit réfléchir en amont à sa communication."

La ministre des Armées Florence Parly est attendue le 27 juin 2018 pour s'expliquer devant la commission à l’Assemblée nationale. Et selon nos informations, les industriels et militaires doivent quant à eux rendre un rapport exhaustif cet été sur ce qu’il s’est vraiment passé. Un rapport qui sera sans doute lui aussi classé secret-défense.

Source : francetvinfo.fr - Cellule investigation de franceinfo, Nathalie Hernandez - Radio France

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dimanche 29 avril 2018

Armement : Quel avenir pour l'Arme blindée ?

L’avenir sera-t-il aux chars de combat autonomes ou pilotés à distance ?

L’auteur américain Norman Spinrad imagine des essaims de drones et des blindés autonomes redoutables qui surveillent et protègent des installations pétrolières. Aujourd’hui, de telles armes existent ou sont sur le point de l’être, grâce en particulier aux progrès de l’intelligence artificielle.

Ainsi, lors de récents salons dédiés à l’armement, plusieurs industriels ont présenté des drones de combat terrestre. Tel est le cas de l’estonien Milrem, dont le THeMIS – un engin chenillé de plus de deux tonnes – peut être doté d’un tourelleau télé-opéré Defender de FN Herstal.

Le groupe allemand Rheinmetall a développé le "Multi Mission Unmanned Ground Vehicle" , armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm et de deux lance-roquettes Panzerfaust 3. Et l’israélien Israel Aerospace Industries n’est pas en reste avec le RoBattle qui, pouvant être autonome, a été conçu pour des missions de renseignement, de surveillance, de protection et de reconnaissance armée. D’une manière générale, Israël a un coup d’avance dans ce domaine, avec les engins AvantGuard et Guardium.

Cela étant, ces drones de combat terrestre ont des dimensions relativement réduites (le Guardium est sans doute le plus imposant puisque sa hauteur peut être comparée à celle d’une personne). Et certains pays affichent l’intention d’aller encore plus loin dans ce domaine (même si elle en a le savoir-faire, avec Nexter et ECA, la France n’en fait pas partie…). Et cela d’autant plus que les prophètes qui avaient annoncé la fin des chars de combat se sont trompés. Il suffit de considérer la plupart des conflits actuels (sud-est de l’Ukraine, Yémen, Syrie…) pour s’en convaincre.

Ainsi, la Russie a indiqué qu’une version sans équipage de son dernier char de combat, l’Armata T-14, serait prochainement disponible. «L’élaboration des dispositifs nécessaires est actuellement en cours», a en effet déclaré, en septembre 2016, le général Alexandre Chevtchenko, alors directeur de la Direction des véhicules blindés au sein du ministère russe de la Défense. Et de préciser que les travaux visaient à « élaborer un système numérique qui serait capable de prendre des décisions de manière autonome en fonction de la situation. »

La Chine suit la même voie. Selon les médias chinois, l’Armée populaire de libération (APL) a diffusé des images d’un char T-59 (version locale du T-54/55 soviétique) dirigé depuis un poste de pilotage externe. « Un grand nombre de chars Type 59 retirés du service peuvent être convertis en véhicules sans pilote s’ils sont équipés d’intelligence artificielle » a expliqué Liu Qingshan, le rédacteur en chef de Tank and Armored Vehicle, au quotidien Global Times.

« Bien que les images montrent que la Chine peut piloter des chars à distance, de nombreux problèmes techniques doivent encore être résolus avant de pouvoir atteindre les mêmes capacités de combat que ceux mis en oeuvre par des équipages », a toutefois prévenu le journal chinois.

Aux États-Unis, l’US Army a lancé le programme Next-Generation Combat Vehicle (NGCV) afin de remplacer les blindés Bradley et les chars Abrams. Le véhicule de combat de la prochaine génération « doit être révolutionnaire » et « dix fois supérieur à notre flotte [de blindés] actuelle afin de garantir notre suprématie dans le futur », a récemment fait valoir le général Robert Abrams, le chef de l’US Army Forces Command. Pour l’armée américaine, il s’agit de faire face « à des menaces telles que le char russe T-14 Armata de la Russie » et aux «efforts de la Chine pour améliorer ses véhicules terrestres.»

« L’US Army a réalisé que la robotique allait être déterminante pour son succès dans l’avenir », avait expliqué, en février, le colonel William T. Nuckols, le chef du nouveau « Project Office for Maneuver Robotics and Autonomous Systems » du TRADOC (Training and Doctrine Command).

Aussi, dans le cadre du programme NGCV, il est prévu, dans la première phase, d’expérimenter trois démonstrateurs de véhicules, dont deux seront sans équipage. Pour autant, il ne serait pas question de « droniser » un char de combat. « Vous pouvez avoir la même capacité sur un véhicule de 25 tonnes et potentiellement avoir la même létalité qu’un Abrams », avait en effet confié le colonel Nuckols.

Source : Zone Militaire

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