FNCV Infos et Actualités des Combattants Volontaires

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi 31 mars 2020

Sahel : Pour le général Lecointre, la capacité de régénération des terroristes est forte...

Après le succès de l’opération Serval, lancée au Mali par la France, en 2013, et la montée en puissance d’une mission des Nations unies [MINUSMA] ainsi que la mise en place d’une mission européenne pour la formation des forces armées maliennes [FAMa], on pouvait penser que le plus dur avait été accompli contre les groupes jihadistes qui menacèrent un temps Bamako. D’où la décision de Paris de conduire une opération différente avec Barkhane, à partir d’août 2014, afin de lutter contre des groupes terroristes « résiduels » et perturber leur logistique dans la bande sahélo-saharienne [BSS].

Cependant, la question des mouvements touareg indépendantistes dans le nord du Mali [Azawad] restait encore à régler. Mais les discussions ayant abouti aux accords d’Alger, en 2015, laissait présager une issue favorable.

« À la mi 2014, la menace était résiduelle, à la portée des États de la région », a rappelé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat dont le compte-rendu a récemment été publié. « Nous pensions alors que la peur d’un effondrement de l’État malien avait été suffisamment forte pour que les élites militaires et politiques du pays donnent à leurs forces de sécurité les moyens de se redéployer dans les zones conquises par Serval et de rétablir l’État de droit », a-t-il relaté. 

Quant à l’opération Barkhane, a souligné le CEMA, il « ne s’agissait pas de remporter une victoire militaire définitive » contre des groupes jihadistes, « trop dilués pour que nous puissions le faire, mais de maintenir au plus bas niveau possible les trafics, d’empêcher toute reconstitution d’un califat géographique et de laisser la place à l’action politique de gouvernance et de développement. »

Seulement, comme on le sait, rien ne s’est passé comme prévu. « Notre optimisme a été déçu et Barkhane n’a pas été accompagnée d’un retour de l’appareil d’État ni de la refonte efficace des forces armées, notamment maliennes. De même, l’application concrète de l’accord de paix et de réconciliation […] est restée en souffrance, maintenant le chaos dans des territoires où la présence de l’État, lorsqu’elle est préservée, est contestée sinon combattue, comme en Azawad ou dans le Liptako », a expliqué le général Lecointre.

Aussi, la menace terroriste a commencé à reprendre de la vigueur. « Elle descendue vers le sud, s’est concentrée dans la boucle du Niger élargi, puis dans l’ensemble du Liptako, avant d’atteindre le Niger et le nord du Burkina Faso. En 2019, elle a atteint la frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ainsi que celle entre le Burkina Faso et le Ghana. Et l’on peut désormais craindre qu’elle ne s’étende rapidement au Sud Mali, voire au sud de Bamako », a décrit le CEMA.

Et, désormais, a-t-il continué, « nous nous trouvons donc dans une situation comparable à celle d’il y a sept ans, avec la constitution d’une zone géographique homogène dans laquelle renaît une véritable menace terroriste qui occupe un territoire et s’acharne à le vider des forces de sécurité des trois États concernés. Nous assistons à la reconstitution d’un califat territorial, l’État islamique au Grand Sahara [|EIGS], succursale de Daesh auquel il a fait allégeance en 2016. »

Pour faire face à cette situation, et jusqu’à encore récemment, la force Barkhane ne pouvait mettre que 2.000 soldats sur le terrain, sur les 4.500 dont elle disposait. « Une fois soustraits les éléments de logistique et de soutien, la capacité de protection de nos emprises […] je me trouve avec […] un volant de manœuvre de la taille d’un régiment dans cet immense espace, ce qui est très peu », avait déjà eu l’occasion de dire le général Lecointre, lors d’une précédente audition parlementaire.

D’où la décision prise après le sommet de Pau par le président Macron d’envoyer 600 militaires de plus au Sahel, de concentrer les efforts sur la zone dite des trois frontières ainsi que de renforcer la coopération entre Barkhane et la Force conjointe du G5 Sahel [FC-G5S]. « 600 hommes supplémentaires peuvent apparaître dérisoires compte tenu de l’étendue de cette zone. Toutefois, ce renforcement va nous permettre d’augmenter de 70% notre volume de forces déployées », a assuré le général Lecointre.

Face à Barkhane, aux armées locales et à la FC-G5S, « nous avons un ennemi au volume moyen assez faible, mais capable de mobiliser rapidement et ponctuellement des effectifs importants – de l’ordre de la centaine, à moto – pour mener des actions sur des objectifs à "forte valeur ajoutée". Le reste du temps, ils sont dilués dans la zone », a expliqué le CEMA.

Ces actions, du reste, ne font qu’augmenter la résilience de l’EIGS car « chaque attaque est l’occasion de prélever des moyens sur les armées nationales », a-t-il fait observer aux sénateurs. Qui plus est, les jihadistes « prennent progressivement un ascendant moral sur les forces de sécurité », lesquelles ont perdu entre 350 et 400 membres en 2019.

L’atout dont bénéficie l’EIGS [et qui lui permet de se « diluer »] réside dans une population locale « structurée autour de liens ethniques forts » et qui « se sent abandonnée par l’État ». Elle fournit ainsi à l’organisation terroriste des « jihadistes qui, en enfants du pays, maîtrisent parfaitement le terrain, savent pouvoir se diluer dans les villages et bénéficient du soutien des habitants », a souligné le général Lecointre.

Pourtant, et les points de situation hebdomadaires de l’État-major des armées l’assurent, les jihadistes subissent eux-aussi de lourdes pertes. Seulement, leur « capacité de régénération est forte », a affirmé le général Lecointre.

« Ils sont chez eux. Ils instrumentalisent des tensions interethniques. Ils recrutent des combattants de plus en plus jeunes. Ils bénéficient de la complicité d’une partie importante de la population, au sein de laquelle ils se fondent. Comme j’ai coutume de le dire, nous combattons un ennemi qui ne respecte aucun droit de la guerre et qui est très intriqué dans la population », a détaillé le général Lecointre. « C’est aussi une guerre de conviction auprès de la population : il faut absolument éviter que la population peule ne bascule définitivement dans les rangs ou en appui de l’EIGS et que ce conflit ne dégénère en conflit interethnique. C’est l’une de nos craintes », a-t-il insisté.

Enfin, la situation du Burkina Faso est particulièrement préoccupante. Ce pays est « en train de devenir le deuxième homme malade de la région », a estimé le général Lecointre. « Le président Kaboré considère que le Burkina Faso utile est encore sous contrôle de l’État. Or, une zone de non-droit est en train de se constituer au nord du Burkina Faso, comme au nord de Niamey. Ces dernières semaines, les attaques les plus terribles au Burkina Faso ne se sont pas déroulées contre les armées burkinabè – qui ont déserté la zone – mais contre les populations mossies du nord du pays. […] Le risque d’une dégénérescence de la crise au Burkina Faso est donc très important », a-t-il prévenu.

Source : ZONE MILITAIRE


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

mercredi 25 mars 2020

Barkhane : Plusieurs jihadistes neutralisés après avoir tendu une embuscade aux forces maliennes

Début février 2020, soit quelques heures après une « opération d’opportunité » conduite par la force française Barkhane ayant abouti à la neutralisation d’une « vingtaine de jihadistes dans le Gourma malien grâce à des frappes aériennes assurées notamment par des Mirage 2000D et un drone MQ-9 Reaper, une unité des Forces armées maliennes [FAMa] est tombée dans une embuscade dans les environs de Hombori, une localité située dans la région de Mopti [Gourma].

Mais la présence de « guetteurs aériens tactiques avancés » [GATA] maliens au sein de cette unité aura été déterminante étant donné que leur prompte réaction a permis de guider efficacement une patrouille de Mirage 2000D sur les lieux. Les chasseurs-bombardiers français ont alors survolé les positions tenues par les jhadistes à très basse altitude afin de leur adresser un ultime avertissement. Ce « show of force » a produit l’effet escompté puisque les assaillants ont pris la fuite.

Pour autant, l’affaire était loin d’être terminée. En effet, une patrouille d’hélicoptères Tigre engagée dans la zone a été « au contact » d’une groupe armé terroriste [GAT]. Un terroriste a été mis hors de combat.

Puis, dans la lancée, des actions de recherche ont été entreprises afin de localiser le GAT à l’origine de l’embuscade tendue dans les environs de Hombori. Ce qui s’est concrétisé, le 12 février, par une nouvelle opération menée contre un campement abritant des terroristes dans la région de Gossi. Ce dernier a été la cible de frappes réalisées par des Mirage 2000D et des hélicoptères – dont le type n’a pas été précisé par l’État-major des armées [EMA]. Puis, des commandos français ont été déployés dans la zone.

Selon l’EMA, « une quantité importante de matériel a été détruite, et plusieurs terroristes ont été mis hors de combat au cours de cette action de Barkhane. « Des motos, de l’armement et des vêtements militaires ont été saisis, de même qu’un important volume de carburant », a-t-il ensuite précisé.

Selon des médias maliens, 14 jihadistes auraient été tués lors de cette opération de Barkhane. Ce qui n’a été ni confirmé, ni infirmé par l’État-major des Armées. En revanche, ce dernier a insisté sur la réaction des FAMa lors de l’attaque d’un de leur poste à Dinangourou, au sud-ouest de Hombori, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Après avoir repoussé les assaillants au cours de violents combats qui ont permis de préserver leur emprise, les soldats ont fait appel à des renforts des forces aériennes maliennes. Leur action coordonnée a permis d’infliger de lourdes pertes au groupe terroriste les ayant attaqués. Cette réaction illustre la progression des forces armées maliennes, et est une conséquence directe des efforts fournis par Barkhane et ses partenaires dans le cadre du partenariat militaire opérationnel », a en effet souligné l’état-major français.

Enfin, sans donner de détails, ce dernier a également indiqué qu’une frappe aérienne réalisée par Barkhane avait neutralisé « près d’une dizaine de jihadistes » dans le Liptako nigérien, le 8 février. Les opérations menées par les militaires français au Niger ont été plutôt rares jusqu’à présent. L’un d’entre-elles avait été menée en décembre 2018 dans la région de Tongo-Tongo, contre des éléments de l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

Source : ZONE MILITAIRE


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

vendredi 20 mars 2020

Mali : Barkhane inflige de lourdes pertes aux jihadistes de la région de Mopti

Un récent rapport du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné la situation préoccupante de la région de Mopti [centre du Mali], où 85% des violences commises à l’égard des populations civiles y avaient été commises durant le dernier trimestre de l’année 2019. En outre, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA] y avait subi pas moins de 46 attaques [sur les 68 constatées durant cette période].

En outre, a encore relevé M. Guterres, toujours au sujet du centre du Mali, « les violences intercommunautaires continuent de faire de nombreuses victimes et sont mises à profit par des groupes extrémistes, les cercles de Bandiagara, Bankass et Koro étant les plus touchés. »

Si la force Barkhane se concentre en particulier sur la région dite des trois frontières, c’est à dire dans un secteur situé aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, elle ne se désintéresse pas pour autant de celle de Mopti, où elle a mené une série d’opérations entre le 9 et le 17 février 2020.

Le mode opératoire de ces dernières aura été identique à celui qui a été suivi pour les actions précédemment conduites dans le Liptako-Gourma. Ainsi, précise l’État-major des armées [EMA] dans son compte-rendu hebdomadaire, ces opérations se sont déroulées en deux phases.

Lors de la première, qui a eu lieu les 9 et 10 février, au nord-ouest de la ville de Mopti, des frappes aériennes effectuées par des Mirage 2000D, un drone MQ-9 Reaper ainsi que l’engagement d’hélicoptères d’attaque ont permis de mettre hors de combat une vingtaine de jihadistes, et notamment un cadre de l’État islamique au grand Sahara [EIGS] dont l’identité n’a pas été précisée.

Cette action a été suivie par une seconde action menée cette fois au sud de Mopti, les 16 et 17 février, contre la katiba Macina. Elle a mobilisé à nouveau des Mirage 2000D, un drone Reaper ainsi que des hélicoptères de combat. À l’issue des frappes réalisés par ces moyens aériens, un assaut héliporté a été conduit par Barkhane. Là, une trentaine de jihadistes ont été neutralisés [comprendre : tués, blessés ou capturés].

Au total, plus de 50 terroristes ont été mis hors de combat. En outre, une trentaine de motos et deux pick-up ont été détruits. Et de l’armement a été saisi, de même que des téléphones et du matériel électronique. Leur exploitation permettra sans doute d’obtenir de nouveaux renseignements utiles pour planifier de nouvelles actions.

Ces deux opérations « au bilan matériel et humain très lourd » ont « concrétisé un travail de préparation et de renseignement permettant de caractériser avec certitude l’activité des groupes armés terroristes », a souligné l’EMA.

À noter que l’état-major des Forces armées maliennes [FAMa] a annoncé avoir mené une opération dans le secteur de Somadougou, situé également dans la région de Mopti.

« Les hélicos FAMa ont mené des frappes aériennes avec précision aux alentours de Somadougou jusque dans le village de Diallo route de Bankass », a-t-il relaté. Et d’annoncer que « 3 chefs terroristes étrangers ont été capturés » durant cette action, au cours de laquelle « plusieurs » jihadistes ont été tués.

Par ailleurs, dans le même temps, le groupement tactique désert « Acier » a mené une opération dans le Liptako malien, plus précisément dans une zone reculée où les jihadistes « optent régulièrement pour une stratégie de dissimulation au sein de la population, qu’ils maintiennent sous pression par la menace, tout en s’appuyant sur des plots logistiques dans lesquels ils peuvent cacher armes et équipements », a expliqué l’état-major.

Lors d’un contrôle de zone près d’un village, les militaires français ont surpris des terroristes. Lors d’un échange de tir, l’un d’eux a été « neutralisé » et sa moto détruite. Une opération de ratissage a ensuite été lancée dans le secteur, certains oueds semblant plus intéressant que d’autres… étant donné qu’ils dissimulaient « plusieurs ressources » appartenant aux groupes armés terroristes [GAT]. Finalement, un point d’approvisionnement jihadiste a été découvert, avec de nombreuses munitions et motos.

Source : ZONE MILITAIRE


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

lundi 9 mars 2020

Sénégal : Décès du capitaine Sangiovanni du 19e Régiment du Génie

Le 17 février 2020, 19e Régiment du Génie a annoncé le décès de l’un de ses officiers, à savoir le capitaine François Sangiovanni, à l’âge de 35 ans. Ce saint-cyrien [promotion « capitaine Beaumont »] servait au sein des Éléments français au Sénégal depuis décembre 2019.

Selon les explications données par le 19e RG, le capitaine Sangiovanni a perdu connaissance au cours d’un « entraînement de boxe en service », le 14 février, en fin de journée. Admis à l’hôpital principal de Dakar où il a été opéré, il a été évacué vers Paris à bord d’un Falcon 2000, le lendemain. À son arrivée à l’hôpital d’instruction des armées « Percy », à Clamart, les médecins ont malheureusement constaté son décès.

Pour rappel, les Éléments français au Sénégal constituent un « pôle opérationnel de coopération » à vocation régionale. Leurs missions visent à assurer la protection et la sécurité des ressortissants français, d’appuyer les déploiements opérationnels dans la région et à contribuer à la coopération militaire avec les forces armées locales. Le capitaine Sangiovanni, précise le 19e REG, « participait à la conduite opérationnelle et à la planification des opérations » au sein de cette formation.

« Le colonel Fabien Delacotte [chef de corps, ndlr], les officiers, les sous-officiers, les sapeurs d’Afrique, et le personnel civil du 19e régiment du génie, rendent hommage à leur frère d’armes, un officier du génie humble, courageux et travailleur qui est mort en service alors qu’il était engagé en mission au Sénégal », assure le 19e RG.

En mémoire du capitaine Sangiovanni, l’Amicale des sapeurs d’Afrique a ouvert une cagnotte officielle sur la plateforme Leetchi. L’ensemble des dons sera intégralement reversé à sa conjointe.

La cagnotte : https://www.leetchi.com/c/a-la-memoire-du-capitaine-sangiovanni

Source : ZONE MILITAIRE


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

samedi 22 février 2020

Golfe de Guinée : Le Togo redoute la contagion jihadiste

En mars 2019, lors de l’opération antiterroriste Otapuanu, menées dans l’est du Burkina Faso, les forces de sécurité locales capturèrent un certain Oumarou Diallo [alias Diawo Oumarou], le chef de la katiba jihadiste appelée « groupe de Diawo ».

Lié au prédicateur Amadou Koufa, qui dirige la katiba « Macina », une formation membre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM, lié à al-Qaïda], cet individu s’était fait connaître au Mali, avant de s’établir au Burkina Faso. Lors de son arrestation, il se trouvait non loin de la frontière du Togo, pays où il s’avéra qu’il possédait quelques contacts, comme également au Bénin et au Ghana.

Justement, toujours durant l’opération Otapuanu, en avril, les autorités togolaises firent savoir que leurs forces de sécurité avaient arrêté plus d’une vingtaine de jihadistes en provenance du Burkina Faso et dont certains « étaient en possession de sommes d’argent importantes. »

Cet épisode illustre la menace à laquelle sont exposés certains pays côtiers du golfe de Guinée. En effet, les groupes jihadistes ne font pas mystère de leur intention d’y étendre leur influence, d’autant plus que ces États présentent; par certains côtés, les mêmes fragilités que leurs homologues du Sahel [communautés se sentant négligées, si ce n’est abandonnées par l’État central, tensions inter-ethniques, développement inégal, etc].

Dans une vidéo diffusée le 8 novembre 2018, les principaux responsables du GSIM [les maliens Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa ainsi que l’algérien Yahya Abou al-Hammam, alias Djamel Okacha] avaient appelé les Peuls à la guerre sainte [jihad] dans plusieurs africains, dont la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Nigéria, le Cameroun et le Bénin.

Si certains d’entre-eux étaient alors déjà aux prises avec la menace jihadiste, la Côte d’Ivoire et le Bénin en étaient relativement éloignés, même si le territoire ivoirien fut le théâtre d’une attaque commise en 2016 à Grand-Bassam et de quelques incidents isolés à sa frontière avec le Mali.

Quoi qu’il en soit, la pression, exercée par les différentes formations jihadistes actives dans la région, se fait de plus en plus forte sur les pays du golfe de Guinée. Ainsi, la province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest [ISWAP] profite de l’insécurité qui règne dans l’État nigérian de Zamfara pour étendre son influence vers le nord du Bénin et le sud du Niger, où, précisément, l’État islamique au Grand Sahara [EIGS], avec lequel elle a intensifié ses relations au cours de ces derniers mois, tente de s’ouvrir un corridor passant par Dogondoutchi afin de relier le nord du Mali au nord-ouest du Nigéria.

Mais la situation sans doute la plus préoccupante concerne le Burkina Faso, régulièrement visé par des attaques jihadistes. Or, ce pays fait la jonction entre le Sahel et le golfe de Guinée, via le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Bénin.

Le Bénin justement. En mai 2019, ce pays a été confronté une première fois au terrorisme avec l’enlèvement de deux ressortissants français dans le parc de Pendjari [même s’il a été question de « bandits » devant « revendre » leurs otages à un groupe jihadiste].

Plus récemment, c’est à dire le 9 février dernier, le poste de police de Kérémou [à 700 km au nord de Cotonou, près de la frontière avec le Burkina Faso] a été attaqué par une demi-douzaine d’individus, à moto, armés de machettes et de fusil de chasse. Officiellement, pour les autorités béninoises, il s’agirait l’oeuvre de « bandits » et de « braconniers », qui courent toujours. Mais la rumeur évoque un acte terroriste… Une hypothèse que semble reprendre à son compte Faure Gnassingbé, le président togolais.

Le 17 février, lors d’une visite aux forces togolaises déployées le long de la frontière avec le Burkina Faso, M. Gnassingbé a affirmé que la pression jihadiste se fait « très forte » dans l’extrême-nord de son pays.

« La menace est réelle et la pression est très forte […] nous avons connu récemment des combats jusqu’à 7 km de notre frontière », a confié le président togolais à l’AFP. « Nous notons que les attaques [au Burkina Faso] sont de plus en plus meurtrières, malheureusement le Bénin aussi vient de subir un coup, donc cette pression là, nous la ressentons chaque jour un peu plus », a-t-il ajouté.

Pour contrer cette menace, M. Gnassingbé, actuellement en campagne pour la prochaine élection présidentielle, a dit vouloir « tirer les leçons de ce qui se passe ailleurs ». Et d’ajouter : « c’est pour cela que j’essaie de dire aux populations, aux leaders religieux, aux chefs traditionnels […] qu’ils doivent aider les forces de défense et de sécurité », lesquelles « doivent « éviter les brimades, les petites corruptions qu’on voit parfois sur nos routes. »

Faute de quoi, a-t-il poursuivi, « notre principale richesse c’est la stabilité et la sécurité, si nous perdons cela tous nos projets de développement seront compromis et remis en cause. »

Cependant, M. Gnassingbé se refuse à dire qu’il y ait des « cellules » jihadistes « constituées » dans son pays. Mais « elles sont tellement poreuses » qu’il « y a certainement des éléments qui sont en transit ou qui séjournent un temps et qui repartent. »

Cela étant, le Togo a déjà pris quelques mesures, comme avec une nouvelle loi sur la sécurité intérieure et la création, en mai 2019, d’un « Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent » [CIPLEV] dont la mission est « d’œuvrer à éradiquer ou à réduire sensiblement la propagation de l’extrémisme violent en donnant aux communautés de base les outils et le soutien dont elles ont besoin pour lutter contre ce fléau et de renforcer la coopération et la collaboration entre l’administration, les forces de défense et de sécurité pour une prévention et une lutte efficace. »

Source : ZONE MILITAIRE


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

mardi 18 février 2020

OPEX : Décès d'origine inconnue du sergent-chef Morgan Henry au Burkina Faso

Un soldat français de la force Barkhane a été retrouvé mort, dimanche 16 février dans son campement au Burkina Faso, a indiqué le ministère des Armées. La cause du décès est pour l'instant inconnue.

Un soldat de la force française Barkhane, déployée au Sahel pour lutter contre les djihadistes, a été retrouvé mort dans son campement au Burkina Faso, a indiqué lundi 17 février le ministère des Armées, précisant ne pas connaître l'origine du décès.

Le sergent-chef Morgan Henry, du 54ème régiment de transmissions de Haguenau (est de la France), est décédé dimanche. «Il a été découvert mort au sein de son campement. Les causes du décès ne sont pas connues», a indiqué le ministère dans un communiqué. Une enquête de gendarmerie a été ouverte.

Le militaire opérait au sein de Barkhane depuis novembre. La force Barkhane vient d'annoncer son passage de 4500 à 5100 hommes d'ici fin février, concrétisation de la volonté de la France d'inverser le rapport de forces sur le terrain.

Les groupes djihadistes du Sahel multiplient depuis des mois les attaques, entretenant une insécurité chronique pour les civils et infligeant des pertes régulières aux armées locales. La France a perdu 13 soldats en novembre au Mali, dans un accident entre deux hélicoptères au combat.

Source : LeFigaro.fr avec AFP

Né le 17 mars 1991 à Gruchet-Le-Valasse [Seine Maritime], Morgan Henry avait été admis à l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent en octobre 2012. Nommé sergent à l’issue de sa formation militaire initiale, il obtint son brevet supérieur de l’armée de Terre en 2014. Affecté au 54e Régiment de Transmissions l’année suivante, il prit part une première fois à l’opération Barkhane, au Mali, de mai à septembre 2016.

Puis, un an plus tard, il participa à l’opération Chammal, en Irak, où il se distingua « particulièrement par ses initiatives », au point d’obtenir une citation comportant l’attribution de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile de bronze.

Ce sous-officier « particulièrement brillant », selon sa hiérarchie, a effectué deux autres missions en Irak, au titre de l’opération Chammal. Ses compétences et son sang-froid firent « l’unanimité » à chaque fois. Il fut ainsi de nouveau cité avec attribution de la médaille d’or de la défense nationale avec étoile d’argent.

Le sergent-chef Henry était titulaire de la Croix du combattant, de la médaille outre-Mer avec agrafes « Moyen-Orient » et « Sahel », de la médaille de la reconnaissance de la Nation et de la médaille d’argent de la Défense nationale, avec agrafes « Transmissions » et « Missions d’opérations extérieures ».

Pour rappel, le 54e Régiment de Transmissions est une unité spécialisée dans la guerre électronique. Ses missions consistent à collecter du renseignement d’origine électromagnétique [ROEM] et d’attaquer les réseaux radioélectriques adverses. « Son but majeur est d’intercepter, définir et rendre intelligible des signaux imperceptibles pour des oreilles non averties », explique l’armée de Terre.

Source : ZONE MILITAIRE

 

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

jeudi 30 janvier 2020

Sahel : La France pourrait recevoir un soutien de l’Otan... Si elle le demande...

Actuellement, au Sahel, la France peut compter sur l’appui de plusieurs pays, par ailleurs membres de l’Otan. Pour autant, cela ne veut pas dire que l’Otan, en tant qu’organisation, lui fournit une aide, comme celle qu’elle avait apportée lors de l’intervention en Libye, avec l’opération « Unified Protector ».

« Proclamer son attachement à la sécurité collective ne suffit pas. Une véritable alliance, ce sont des actes, pas des mots », a cependant affirmé le président Macron, le 28 novembre 2019, après avoir reçu Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan. Cela veut-il dire que Paris s’apprête à solliciter l’organisation atlantique?

En tout cas, pour le moment du moins, la priorité de la France est de convaincre ses partenaires européens de s’engager militairement au Sahel, notamment via l’opération Takuba.

« Notre objectif, c’est aussi d’avoir plus d’Européens en première ligne. C’est par exemple l’objet de la mission de la force Takuba, que nous préparons afin de disposer de forces spéciales européennes pour accompagner les unités locales au combat. Les Tchèques, les Belges et les Estoniens ont répondu les premiers. D’autres suivront une fois que leur Parlement aura validé leur déploiement », a ainsi rappelé Florence Parly, la ministre des Armées, dans les colonnes du Journal du Dimanche [édition du 1er décembre 2019].

Cela étant, interrogé par France24, M. Stoltenberg a évoqué un éventuel soutien de l’Otan au Sahel. « Les alliés de l’Otan soutiennent la France au Sahel. Surtout les États-Unis, qui fournissent un soutien significatif », a rappelé l’ex-Premier ministre norvégien. Il aurait pu également citer les contributions de l’Estonie, de l’Espagne ou encore du Royaume-Uni [et bientôt du Danemark]…

Mais l’Otan, en tant que telle, pourrait soutenir la France au Sahel à condition que Paris lui en fasse formellement la demande, a indiqué M. Stoltenberg. « Je ne vais pas spéculer. Mais si la France demande le soutien de l’Otan, je m’attends à ce que les alliés considèrent la question très sérieusement pour faire face au[x] défi[s] du Sahel », a-t-il dit.

« L’Otan a des structures de commandement et des capacités en matière de renseignement et d’entraînement. Nous avons souvent mené des opérations de combat. Nous l’avons fait dans les Balkans […], en Afghanistan, en Irak et ailleurs », a affirmé M. Stoltenberg.

« Donc, l’Otan a les capacités de faire face à une grand nombre de défis pour soutenir la France au Sahel, mais elle ne le fera pas sans demande de la France », a insisté le secrétaire général, avant d’estimer qu’une telle requête ne pourrait qu’être examiné très sérieusement pas les alliés « compte tenu de l’importance du combat contre le terrorisme dans la région ».

Á ce titre, il serait intéressant de voir la position de la Turquie, après les insultes proférées par le président Recep Tayyip Erdogan à l’adresse de M. Macron…Quoi qu’il en soit, M. Stoltenberg a aussi rappelé que la cohérence de l’Otan était de « pouvoir relever les défis sécuritaires d’où qu’ils viennent », c’est à dire du Sud à l’Est en passant par le cyberespace.

Reste que les propos du président sur la « mort cérébrale » de l’Otan ont fait couler beaucoup d’encre… Et le sommet de l’Alliance, qui aura lieu les 3 et 4 décembre à Londres, s’annonce tendu. « L’attitude unilatérale de la Turquie en Syrie a mis à rude épreuve l’unité de l’Alliance. La mise en évidence d’un risque de mort cérébrale de l’Otan a été qualifiée par la presse anglo-saxonne de sonnerie de réveil. Le président de la République a mis des mots sur des questions qui se posent depuis longtemps au sein de l’organisation », a expliqué Mme Parly au Journal du Dimanche. « Certains en veulent au messager, mais notre message est de vouloir ouvrir un débat utile et salutaire pour redynamiser les fondamentaux de cette Alliance nécessaire. C’est cela qui doit être au cœur du débat que nous aurons mercredi à Londres au sommet des chefs d’État de l’Otan », a-t-elle ajouté.

Enfin, toujours au sujet de l’Otan, et réaffirmant que l’article 5 [clause de défense collective, ndlr] ne devait pas devenir l’article F-35, Mme Parly a estimé que « l’Europe n’a pas encore les outils militaires pour être à la hauteur de ce qu’elle est en tant que puissance économique et politique » et que « l’Otan ne sera jamais l’outil de notre souveraineté ». Et d’insister : « C’est aux Européens de construire leur propre souveraineté. »

« Mais il faut arrêter de faire croire que nous devons choisir entre l’Europe et l’Otan. Nous voulons l’Europe souveraine et l’Alliance transatlantique. Les deux doivent pouvoir se renforcer mutuellement », a conclu la ministre.

Source : ZONE MILITAIRE

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.


* * *

mardi 14 janvier 2020

MALI : Selon l'EMA les pertes de l’armée malienne sont dues à la jeunesse et au sous-équipement de ses soldats

En un peu plus d’un mois, les Forces armées maliennes [FAMa] ont perdu au moins 120 soldats au cours de trois attaques distinctes. La première, menée le 30 septembre 2019 et revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM], a décimé le bataillon malien de la Force conjointe du G5 Sahel, lequel a déploré 40 tués dans ses rangs ainsi que de nombreux disparus. Et il a été dit que, l’assaut ayant été lancé à l’aube, la garnison avait été surprise.

L’effet de surprise a également été avancé pour expliquer les lourdes pertes subies à In Delimane [au moins 49 tués, ndlr], lors d’une attaque revendiquée par l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] le 2 novembre, l’assaut ayant été donné à l’heure du déjeuner.

Seulement, même si elles n’avaient pas donné lieu à de tels niveaux de pertes, des attaques similaires avaient déjà été lancées par les groupes jihadistes par le passé. On pouvait donc penser que, avec les retours d’expérience [RETEX], des mesures de protection avaient été prises pour éviter ce type d’assaut. Ou du moins en limiter les effets.

Enfin, le 18 novembre, lors d’une opération transfrontalière conjointe menée avec l’armée nigérienne et appelée Tongo Tongo, une unité malienne est tombée dans une embuscade dans la vallée de Tabankort, au sud de Menaka. Selon un dernier bilan, 30 soldats maliens ont été tués et 100 autres se sont repliés au Niger. La force française Barkhane a engagé une patrouille d’hélicoptères d’attaque Tigre puis une autre de Mirage 2000, ce qui a permis de « neutraliser des terroristes armés et mettre hors d’état des ressources diverses, en deux actions distinctes », a indiqué l’État-major des armées [EMA]. Selon les FAMA, 17 terroristes ont ainsi été mis hors de combat.

Là encore, de telles embuscades avaient déjà eu lieu précédemment, notamment au Niger et au Burkina Faso. La Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] y a également été confrontée.

Quoi qu’il en soit, souligne Paris, le « nombre des attaques n’a pas nécessairement augmenté, mais elles sont de toute évidence plus meurtrières » car « l’ennemi fait face à une armée qui est jeune, dont l’équipement est perfectible, et qui est en voie d’opérationnalisation. » Et cela alors que la mission de l’Union européenne EUTM Mali, lancée en 2013, a formé 14.000 soldats maliens et qualifié 8 bataillons des FAMa.

Cela étant, il est certain que l’équipement des soldats maliens est « perfectible ». Cela avait d’ailleurs été mis en lumière en novembre 2017, lors de l’une des premières opérations menée par la Force conjointe du G5 Sahel à laquelle les FAMa contribuent.

« La capacité de la Force conjointe à concevoir, commander et conduire une opération a été validée, démontrant qu’elle dispose de cadres formés capables de mettre en œuvre des procédures communes », avait indiqué l’EMA, à l’époque. Cependant, il était apparu des lacunes dans les domaines de l’appui aérien, de la logistique, des transmissions et de l’évacuation sanitaire.

Un rapport de l’International Crisis Group [ICG] avait par ailleurs expliqué, en décembre 2017, que l’armée malienne n’existait que « sur le papier » et qu’elle n’avait « qu’une très faible capacité opérationnelle ». Et d’ajouter : « Sa refondation progresse très lentement » et elle « reste en grande partie ce corps désorganisé qu’elle était à la veille du coup d’État du capitaine Sanogo en mars 2012. »

Le sous-équipement des FAMa est régulièrement dénoncé par lors de manifestations organisées après chaque attaque meurtrière dont elles sont la cible. « Aujourd’hui, c’est un moment fort de soutien aux forces de défense et de sécurité. Nous savons qu’elles sont déterminées à accomplir leur mission. Leur détermination se nourrit également de notre détermination à nous tous », a ainsi affirmé Modibo Sidibé, un ex-Premier ministre désormais dans l’opposition, le 15 novembre.

« Nous avons également dénoncé toute la corruption et la mal gouvernance qui malheureusement ont mis nos propres armées dans des situations extrêmement difficiles. Nous avons exigé qu’il y ait un audit sérieux sur le montant alloué par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de programmation militaire », a également insisté Soumaïla Cissé, du Front pour la sauvegarde de la démocratie [FDS], cité par RFI.

Une autre raison avancée par l’État-major français est que les FAMa « contestent le terrain des groupes armés terroristes » et veulent « s’implanter dans le Liptako, dont elles étaient absentes il y a quelques mois encore. »

Aussi, souligne l’EMA, il « est de notre devoir de les accompagner, de souligner leurs efforts et leurs résultats, comme lors de Bourgou 4, ou la reprise du camp de Boulkessi, mais également de les soutenir lors des épisodes douloureux, qui sont malheureusement une facette de leur montée en puissance. »

Cela étant, l’EMA a rappelé la stratégie de la France au Sahel. Ainsi, l’objectif est que les États du G5 Sahel puissent avoir la « capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome ». Au niveau politique, elle repose sur une approche 3D, pour « Défense, Diplomatie et Développement. »

Le volet militaire « repose sur une stratégie zonale de résolution de crise, avec un effort concentré sur la région du Liptako-Gourma, tout en restant capable d’intervenir dans l’ensemble de la bande sahélo-saharienne en tant que de besoin », explique l’EMA. Et cela, dans un environnement à la fois rude et complexe, en raison de la diversité sociale et ethnique des populations.

« La complexité de cet environnement amène donc Barkhane à dépasser le cadre de la lutte contre les groupes armés terroristes, et à mettre en œuvre des actions ciblées regroupées sous trois objectifs distincts mais convergeant vers le même état final recherché », poursuit l’EMA.

Ces trois objectifs visent à réduire la menace terroriste et à entraver la liberté d’action des groupes jihadistes, à mettre ces derniers à portée des forces armées locales et de réduire leur influence via des actions civilo-militaires auprès des populations.

« Notre action auprès de nos partenaires suppose d’une part de les former, de les équiper et de les accompagner au combat. Elle suppose d’autre part de pouvoir les appuyer directement sur le terrain dans les domaines du renseignement, du commandement ou de l’appui aérien », souligne encore l’EMA.

Source : ZONE MILITAIRE - Crédit image AFP

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

samedi 4 janvier 2020

Burkina Faso : Attaque djihadiste - 7 soldats, 35 civils, et 80 terroristes tués !

Trente-cinq civils, dont 31 femmes, ont été tués dans une attaque djihadiste à Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, une des plus meurtrières de l'histoire de ce pays sahélien, qui a décrété 48 heures de deuil national. 

C'est le président burkinabè Roch Kaboré en personne, à qui a souvent été reproché son manque de poigne face aux groupes djihadistes, qui a annoncé sur Twitter le macabre bilan de cette «attaque barbare».

Quatre soldats et trois gendarmes ont également péri, et «80 terroristes ont été neutralisés» (tués), selon le président et l'état-major des armées burkinabè, qui avait annoncé l'attaque plus tôt dans un communiqué.  «un nombre important de terroristes ont attaqué simultanément le détachement militaire et les populations civiles d'Arbinda», dans la province du Soum, selon l'état-major des armées. L'attaque, d'une «rare intensité», a duré «plusieurs heures».

«Dans leur fuite, les terroristes ont lâchement assassiné 35 civils, dont 31 femmes, et blessé six personnes», a précisé dans un communiqué le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Remis Dandjinou. Une vingtaine de soldats ont aussi été blessés, selon le ministre. Il s'agit d'une des attaques les plus meurtrières qu'ait connus ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest, en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes, comme ses voisins le Mali et le Niger. Début novembre 2019, 38 employés d'une société minière avait été massacrés lors de l'attaque de leur convoi dans l'Est du pays.

Le président Kaboré a salué «l'engagement et la bravoure» des Forces de défense et de sécurité, qui ont «repoussé l'attaque contre le détachement d'Arbinda». «Une centaine de motos, de l'armement et des munitions en grande quantité ont également été récupérés», selon l'état-major. «En ce jour de Noël, ayons une pensée pieuse pour les familles éplorées par les attaques terroristes contre notre pays et soyons en communion avec nos vaillants soldats qui se battent avec héroïsme pour assurer la sécurité du territoire national», a écrit le chef de l'Etat dans la nuit.

Depuis 2015, les attaques djihadistes au Burkina ont fait plus de 700 morts, selon un décompte de l'AFP, et environ 560.000 déplacés et réfugiés, d'après les Nations unies. Le Nord et l'Est du pays sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Ces attaques sont rarement revendiquées mais attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique. Les djihadistes mènent des assauts de plus en plus massifs et organisés, avait expliqué récemment à l'AFP Serge Michailof, expert à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Les forces de l'ordre burkinabè, qui paient un lourd tribut, semblent incapables d'enrayer les violences djihadistes. Elles restent sous-équipées et sous-entraînées, en dépit des discours volontaristes du gouvernement. Depuis deux mois, les forces de défense et de sécurité burkinabè ont revendiqué une série de succès, affirmant avoir tué une centaine de djihadistes au cours de plusieurs opérations. Des bilans toutefois impossibles à confirmer de source indépendante.

Face au péril djihadiste, cinq Etats sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) qui tentent depuis 2015 de mettre sur pied une force militaire conjointe de 5.000 soldats, ont appelé mi-décembre la communauté internationale à les soutenir davantage.

Malgré la présence de forces françaises (4.500 soldats de l'opération Barkhane), de l'ONU (Minusma au Mali), ainsi que de forces américaines, le Sahel subit des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012. La France a convié en janvier 2019 les cinq Etats sahéliens à un sommet pour «redéfinir plus clairement les objectifs militaires, politiques et de développement» de la lutte commune contre les groupes djihadistes, selon le président Emmanuel Macron, qui estime ambiguë l'attitude des présidents burkinabé et malien sur le soutien français.

Source : Le Figaro avec AFP - Photo AFP

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

jeudi 26 décembre 2019

Mali : Des militaires russes prochainement en soutien des forces maliennes ?

Des militaires russes vont ils apporter prochainement leur soutien aux forces maliennes ?

Après les récentes attaques meurtrières subies par les Forces armées maliennes, notamment à Boulikessi et à In Delimane, des centaines de manifestants ont réclamé, à Bamako, une aide militaire de la Russie…. Pendant que d’autres voix, notamment médiatiques, ont demandé non seulement le départ de la force française Barkhane mais aussi celle de la Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] et ses 13.000 Casques bleus.

En outre, ce sentiment pro-russe est notamment porté par le « Groupe des Patriotes du Mali », une association de la « société civile » visiblement proche de l’ambassade de Russie à Bamako…

« Certains tentent d’instrumentaliser un sentiment antifrançais afin de se positionner sur le terrain politique. Il ne faut rien généraliser sur ce sujet, la France n’est ni rejetée, ni conspuée, ce qui n’empêchera jamais les critiques à l’égard de notre action », a récemment commenté Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’un entretien donné à l’AFP.

Cela étant, en juin dernier, le Mali et la Russie ont signé un accord de coopération militaire, en marge du salon de l’armement « ARMY 2019 », organisé à Moscou. « À notre avis, l’intensification des liens militaires est dans l’intérêt de nos deux pays. […] La Russie est prête à contribuer à la normalisation de la situation au Mali et à la création de conditions pour une paix et une stabilité durables », assura, à l’époque, Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense.

Pour la Russie, qui cherche à renforcer son influence en Afrique, comme en Centrafrique, où, en échange de concessions minières, elle a envoyé des armes et des « instructeurs » auprès des forces locales, il s’agissait ainsi de renouer le fil avec un pays qui avait gravité dans l’orbite soviétique durant la Guerre Froide, le Mali s’étant orienté, après son indépendance, vers un modèle de type « socialiste collectiviste ». Cette proximité avait évidemment une portée militaire, Moscou ayant livré des blindés, des avions de combat et autres hélicoptères à l’armée malienne.

Cela étant, et avant la signature de cet accord, la Russie avait livré deux premiers hélicoptères d’attaque Mil Mi-35M [sur 4 commandés, ndlr] à la force aérienne malienne. Il est compliqué de préciser l’usage qui est fait de ces appareils. On sait seulement qu’ils ont été réceptionnés sur la base aérienne 101 de Senou-Bamako.

Quoi qu’il en soit, le ministre malien de la Défense, le général Ibrahim Dahirou Dembele, a dû s’expliquer devant les députés au sujet des lourdes pertes subies par les FAMa au cours de ces dernière semaines. La presse malienne s’est fait l’écho des débats.

Ainsi, interpellé par le député Moussa Diarra, qui a mis en doute la « sincérité » des forces françaises au Mali, le général Dembele a été très clair. « En 2013, si la force Serval n’avait pas été là, c’était fini pour nous », a-t-il lancé.

La France et le Mali ont « des relations de coopération militaire et non d’accord de défense. La France, dans le cadre de cette coopération, appuie les troupes maliennes sur le terrain », a ensuite rappelé le ministre malien, avant de déplorer les accusations portées « à tort et à travers » contre Barkhane. « À maintes reprises les troupes françaises sont intervenues pour appuyer les FAMa. La plus récente aide a été le soutien apporté aux soldats blessés après l’embuscade contre les soldats maliens à Tabankort« , a-t-il poursuivi.

« J’attends beaucoup de nos compatriotes qui accusent la France de ne pas intervenir lorsque les soldats sont attaqués. Les troupes françaises ne peuvent que soutenir les FAMa techniquement et non de se substituer aux Forces de défense et de sécurité maliennes. C’est à nous Maliens de créer les conditions nécessaires à notre appareil de défense. Ce n’est pas quelqu’un [d’autre] qui va le faire », a ensuite fait valoir le général Dembele.

Les comptes-rendus de ces débats publiés par la presse malienne se recoupent sur les propos tenus par le ministre au sujet de la coopération militaire avec la France. Ce qui n’est pas tout à fait vrai pour celle avec la Russie.

En effet, selon le quotidien « L’indicateur du Renouveau », repris par les portails Aumali.net et Malijet.co, le général Dembele aurait annoncé « l’arrivée dans les prochaines semaines de militaires russes au Mali pour soutenir techniquement » les FAMa, et en particulier pour assurer la maintenance des deux hélicoptères Mi-35 ainsi que le « perfectionnement » de leurs pilotes.

En revanche, Maliactu.net rapporte des propos plus nuancés. « Ce n’est pas en signant une coopération avec la Russie que les Russes vont nous amener des appareils. Il faut payer. On a commandé quatre hélicoptères. Ils [en] ont donné deux et le 3e est bloqué parce que l’État n’a pas payé le reste de l’argent. Si tu ne paies rien, on ne te donne rien. Rien n’est gratuit aujourd’hui », aurait affirmé le général Dembele.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : Présidence malienne

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mercredi 18 décembre 2019

Niger : L’armée nigérienne a subi de lourdes pertes lors d’une attaque jihadiste contre le camp d’In-Atès

Devant se tenir le 16 décembre 2019 à Pau, à l’initiative du président Macron qui souhaitait obtenir des « clarifications » de la part de ses homologues du G5 Sahel [Mauritanie, Tchad, Mali, Niger et Burkina-Faso] pour décider du maintien ou non des forces françaises dans la bande sahélo-saharienne [BSS], le sommet de Pau a finalement été reporté au début de l’année prochaine.

En effet, le chef de l’Élysée a pris cette décision en accord avec Mahamadou Issoufou, le président nigérien, après une nouvelle attaque jihadiste contre le camp militaire d’In-Atès [ou I-n-Atès], commise le 11 décembre 2019.

Situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Tongo Tongo, localité connue pour avoir le théâtre d’une embuscade ayant coûté la vie à quatre commandos des forces spéciales américaines en octobre 2017, le camp militaire d’In-Atès avait en effet déjà visé par une attaque « complexe » revendiquée par l’État islamique au grand Sahara [EIGS] en juillet dernier.

Selon le ministre nigérien de la Défense, cette attaque put être repoussée grâce à un appui aérien fourni par deux Mirage 2000 de la force Barkhane. Les assaillants s’étaient ensuite repliés vers le Mali voisin. Il avait ensuite été fait état de 18 tués et de 2 disparus parmi les forces armées nigériennes.

En septembre, Niamey avait accusé le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], une organisation malienne comptant d’anciens membres du groupe jihadiste Ansar Dine sans ses rangs, d’avoir été complice des assaillants d’In-Atès.

Plus de cinq mois après la première attaque, le camp d’In-Atès a donc été une nouvelle fois visé. Et, apparemment, l’assaut livré par les jihadistes a été d’une ampleur jusqu’alors jamais vue, le ministère nigérien de la Défense ayant estimé le nombre d’assaillants à « plusieurs centaines ».

Selon la même source, les combats, « d’une rare violence combinant des tirs d’artillerie et l’emploi de véhicules kamikazes par l’ennemi », ont duré trois heures. « Malheureusement, on déplore le bilan suivant : 71 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés », a-t-elle précisé. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière subie par les forces nigériennes depuis 2015.

D’après une source sécuritaire, les jihadistes ont « pilonné le camp avec des obus » et beaucoup de soldats ont été tués « dans des explosions de dépôts de munitions et de carburant. »

Le camp aurait été encerclé par les terroristes. Puis ces derniers, visiblement très bien renseignés, ont d’abord visé l’armurerie et le centre de transmission, ce qui a privé les soldats nigériens de munitions et de communication vers l’extérieur pour demander des renforts. L’alerte a pu être donnée, explique RFI, par un véhicule de liaison ayant réussi à rejoindre le poste militaire d’Ayorou, situé à 80 km plus loin.

Le mode opératoire n’est pas sans rappeler celui qu’avait suivi l’État islamique [EI ou Daesh] pour s’emparer de bases de l’armée syrienne en 2014.

Au regard de l’importance des moyens mis en oeuvre par les assaillants, il est possible que cette attaque ait été menée par plusieurs organisations jihadistes. L’hypothèse d’une alliance de circonstance entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM] et l’EIGS n’est pas à écarter, d’autant que ces deux formations ont déjà uni leurs forces pour commettre au moins trois attaques par le passé.

Une autre hypothèse serait que l’EIGS a été renforcé par la « Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique » [ISWAP], issu du groupe jihadiste nigérian Boko Haram. L’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions des Nations unies sur la mouvance jihadiste avait évoqué l’éventualité d’un rapprochement opérationnel entre ces deux groupes dans son dernier rapport.

« Il est possible que l’État islamique du Grand Sahara et le groupe ‘Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique’ aient coopéré dans l’attaque des forces nigériennes commise à Tongo Tongo en mai 2019 et qu’ils soient en train d’établir une base de soutien logistique dans la ville de Sokoto, au Nigéria », lit-on dans ce document, rendu public en juillet.

Qui plus est, au fil de ses attaques contre les forces nigérianes et camerounaises, l’ISWAP, qui compterait jusqu’à 5.000 combattants, s’est procuré un arsenal significatif, dont, par exemple, des pièces d’artillerie légères montées sur des pick-up.

Quoi qu’il en soit, ce n’est évidemment pas un hasard si le camp d’In-Atès a été une nouvelle fois attaqué… Situé près de la réserve d’Ansongo, où sont établis de nombreux jihadistes, et, surtout, de carrefours de routes empruntés pour les trafics.

Source : ZONE MILITAIRE

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 26 novembre 2019

Mail : Treize militaires français sont morts lors d'une collision entre deux hélicoptères !

Mail : Mort accidentelle de 13 soldats français dans
une «opération de combat contre des jihadistes»

Un Tigre et un Cougar. Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon des sources de la défense, très probablement des forces spéciales engagés dans une opération de lutte contre le terrorisme au Sahel"

Les militaires sont morts dans la soirée du lundi 25 novembre 2019, lors d’une opération de combat contre des jihadistes.
 
Treize militaires français sont morts au Mali dans l'accident de deux hélicoptères, a annoncé l'Elysée, mardi 26 novembre. "Le Président de la République annonce avec une profonde tristesse la mort de treize militaires français survenue au Mali dans la soirée du lundi 25 novembre 2019, dans l’accident de leurs deux hélicoptères, lors d’une opération de combat contre des djihadistes", précise un communiqué.

***

Treize militaires français de la force Barkhane sont morts au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi 26 novembre l'Elysée dans un communiqué. Emmanuel Macron a exprimé "son soutien le plus total à leurs camarades de l'armée de terre et des armées françaises".

Un accident survenu lundi soir. Dans son communiqué, l'Elysée précise que les deux hélicoptères sont entrés en collision dans la soirée du lundi 25 novembre, dans le cadre d'une opération de Barkhane, qui mobilise 4 500 militaires au Sahel. Cet accident provoque l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Des militaires de l'armée de terre. Le communiqué de la présidence indique qu'il s'agit de militaires de l'armée de terre : six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, "tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel". Sept soldats venaient du 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau, quatre militaires appartenaient au 4e régiment de chasseurs de Gap, un soldat venait du 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces et un militaire appartenait au 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol.

38 militaires tués au Mali depuis 2013. Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.
Source : Francetvinfo.fr

***

Hommage  à nos 13 militaires morts pour la France


Décès de 13 militaires de l’opération Barkhane :
J’ai appris avec une profonde tristesse que 13 militaires de l'opération Barkhane ont péri hier soir, lundi 25 novembre 2019, lors de l'accident en vol de deux hélicoptères de l'armée de Terre au Mali, au cours d’une opération de combat.
Je présente toutes mes condoléances à leurs familles, leurs proches et leurs frères d'armes. Une enquête est ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.
Cette terrible nouvelle endeuille nos armées, la communauté de défense et la France toute entière. Je tiens à assurer aux familles endeuillées que l'institution militaire est à leurs côtés dans cette épreuve.
Je rends hommage, en mon nom et en celui du ministère des Armées, à ces 13 militaires morts pour la France :
  • Le capitaine Nicolas MÉGARD, du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le capitaine Benjamin GIREUD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le capitaine Clément FRISONROCHE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le lieutenant Alex MORISSE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le lieutenant Pierre BOCKEL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • L’adjudant-chef Julien CARETTE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis Antoine SERRE du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces
  • Le sergent-chef Andreï JOUK du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol
  • La Nation s’incline devant leur courage et leur engagement.

Source : Communiqué de Florence Parly, ministre des Armées

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

dimanche 24 novembre 2019

Armement Exportation : Le Sénégal commande trois patrouilleurs hauturiers OPV 58S

Le 19 avril 1893, Ahmadou Tall, alors souverain de l’Empire Toucouleur, qui allait du Sénégal au Mali, fut défait à Bandiagara par les forces françaises alors commandées par le colonel Louis Archinard, qui, trois ans plus tard, sera promu général pour avoir conquis et pacifié le Soudan français.

À l’issue de cette bataille, ayant appartenu à Omar Saïdou Tall, dit El Hadji Omar, le père d’Ahmadou Tall, un sabre constitué d’une lame de fabrication française et d’un pommeau en forme de bec d’oiseau, fut saisi.

Calife de la confrérie Tijaniyya pour le Soudan, cet érudit musulman né au Sénégal avait décrété le « jihad » [guerre sainte] en 1850 et fondé l’Empire Toucouleur après avoir annexé le royaume Bambara du Kaarta ainsi que les territoires du Mandingue et du Bambouk. S’étant heurté aux troupes du général Louis Faidherbe, El Hadji Omar fut contraint de signer un traité de paix en 1860, avant de disparaître mystérieusement dans les montagnes de Bandiagara.

Depuis, le sabre d’El Hadji Omar fait partie des collections du Musée de l’Armée. Ou faisait partie… Car, le 17 novembre 2019, à l’occasion d’un déplacement au Sénégal pour un séminaire intergouvernemental et participer au Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, le premier ministre français, Édouard Philippe, l’a remis à Macky Sall, le président sénégalais.

« Nous sommes liés par l’histoire et ce lien prend un accent particulier aujourd’hui », a dit M. Phlippe, qui conserve dans son bureau, à Matignon, un sabre d’officier d’artillerie à cheval. « Le sabre qui nous réunit ici est infiniment plus prestigieux que celui que je possède, c’est celui d’un grand conquérant, celui d’un guide spirituel… le sabre d’un fondateur d’empire, l’empire Toucouleur qui comprenait la Guinée, le Mali, le Sénégal actuel, c’est le sabre d’un érudit », a-t-il continué. « C’est un amateur de sabres qui vous le dit : sa place est bel et bien ici, au cœur de l’ancien empire Toucouleur », a-t-il conclu.

Le sabre d’El Hadj Oumar Tall est un symbole de l’histoire du Sénégal et de ses pays voisins. Sa place est au Sénégal. Ce geste marque aussi la force de nos liens culturels et l’apport de l’Afrique à la culture universelle.

« Ce jour est historique. Voici que les descendants d’anciens belligérants se retrouvent et sympathisent comme pour signer définitivement la paix des braves », a répondu le président sénégalais.

Quoi qu’il en soit, cette visite à Dakar a également l’occasion de confirmer de signer des contrats. Dont un portant sur la commande de trois patrouilleurs hauturiers OPV58S proposés par Piriou, pour au moins 205 millions d’euros. Il est question également d’un achat de missiles anti-navires auprès de MBDA.

« Le Ministère des Forces Armées du Sénégal et le groupe PIRIOU, ont signé aujourd’hui, en présence du Président de la République du Sénégal et de la délégation ministérielle française, un contrat portant sur l’acquisition de trois patrouilleurs océaniques destinés à la Marine Nationale Sénégalaise. Dès la mise en vigueur de ce contrat, prévue début 2020, le groupe PIRIOU lancera le programme de construction de ces trois patrouilleurs, étalé sur une durée de 44 mois, suivi d’une période de soutien au Sénégal », a en effet annoncé le chantier naval installé à Concarneau.

Polyvalent, le patrouilleur hauturier OPV 58S affiche une longueur de 62 mètres. Présenté comme étant robuste et endurant, ce navire a été conçu pour des missions de surveillance, d’identification et d’intervention. « En complément de ses capacités de projection [embarcations commandos], il possède une capacité de dissuasion de premier rang grâce à ses systèmes d’armes de lutte anti-surface et de lutte anti-aérienne », explique Piriou.

Ces contrats s’inscrivent dans le cadre de l’effort que Dakar a lancé pour moderniser et renforcer ses forces armées, et en particulier sa marine militaire, qui doit désormais protéger les importants gisements gisements de gaz et de pétrole récemment découverts dans les eaux sénégalaises.

Et l’enjeu est de taille puisque les réserves sont estimée à trois milliards de barils de pétrole et à environ 450 milliards de mètres cubes pour le gaz. Leur exploitation devrait commencer entre 2021 et 2022.

Source : ZONE MILITAIRE


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mercredi 13 novembre 2019

OPEX - Barkhane : La France en soutient des forces sahéliennes face aux jihadistes

Comme on pouvait s’en douter, la force Barkhane a été sollicitée pour appuyer les Forces armées maliennes [FAMa] lors des combats ayant suivi les attaques jihadistes des postes de Boulikessi et de Mondoro, deux localités de la région de Mopti, situées près de la frontière avec le Burkina Faso.

Dans un communiqué publié le 2 octobre 2019, la ministre des Armées, Florence Parly, avait en effet indiqué que les unités maliennes envoyées en renfort pour « pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes » ont bénéficié d’un appui d’avions de chasse [Mirage 2000] et d’hélicoptères d’attaque Tigre.

« La détermination de ces unités [maliennes] a permis de rétablir une situation délicate et compromise, et d’infliger des pertes aux terroristes », a souligné Mme Parly.

Selon Bamako, les jihadistes auraient perdu une quinzaine de combattants durant ces combats. Mais ils ont dans le même temps infligé de lourdes pertes aux FAMa, avec au moins 25 tués et près d’une cinquantaine de disparus [11 soldats maliens ont été « récupérés » lors des opérations de ratissage menées après la reprise des postes attaqués, ndlr].

En attaquant les postes de Mondoro et de Boulikessi [qui avait déjà été ciblé en 2017…], les jihadistes ont porté un coup dur à la Force conjointe du G5 Sahel étant donné qu’une des deux unités maliennes visées était placée sous le commandement de cette dernière. Qui plus est, ils ont mis la main sur des équipements ainsi que sur d’importantes quantités d’armes et de munitions. En outre, leur opération, comme cela fut déjà le cas lors de l’attaque du camp de Dioura [le 17 mars dernier], met le gouvernement malien en difficulté face à l’opinion publique.

Et il n’est pas le seul. Au Niger, les embuscades de Baley Beri [en mai, avec 27 soldats tués] et l’attaque « complexe » du camp d’In-Ates [juillet, avec 18 tués] ont illustré les faiblesses des forces armées locales. Même chose au Burkina Faso, avec l’attaque de Koutougou [24 soldats tués le 20 août] et celles menées en septembre contre des camions [au moins 29 tués parmi les civils]. Et ces « incidents » sécuritaires donnent lieu de plus en plus souvent à des tensions entre les communautés. Tensions qui profitent aux jihadistes.

« Les forces maliennes, comme l’ensemble des forces des pays du Sahel sont engagées dans un effort exigeant et de longue durée contre l’insécurité et le terrorisme. Elles consentent des sacrifices importants et se battent sur de nombreux fronts. Elles peuvent compter sur notre soutien et sur notre détermination dans ce combat commun », a encore assuré Florence Parly.

Selon le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, l’objectif de la force Barkhane au Mali est d’affaiblir les groupes jihadistes afin de les mettre à la portée des FAMa, qui « doivent pouvoir les affronter seules ou en tout cas en étant moins accompagnées » par les troupes françaises. Et, dans le même, il s’agit de les faire « monter en puissance », notamment « dans le cadre Union Training Mission [EUTM] » et par un « accompagnement » de la MINUSMA [mission des Nations unies au Mali, ndlr].

Mais, visiblement, cela n’est pas encore suffisant. Au-delà de la formation, les questions capacitaires se posent… En outre, tant que les accords de paix d’Alger, signé par les autorités maliennes et les groupes indépendantistes touareg de l’Azawad [nord du Mali, ndlr], ne seront pas pleinement appliqués, il sera toujours compliqué de combattre les formations jihadistes, dont celles inféodées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM] et l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

D’ailleurs, et ce n’est pas nouveau, certains de ces groupes armés touareg ne jouent pas franc jeu. Tel est notamment le cas, même s’il s’en défend, du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], qui, implanté dans la région de Kidal, compte dans ses rangs de nombreux transfuges d’Ansar Dine, une formation jihadiste dont le chef, Iyad Ag Ghali, dirige le GSIM.

D’après RFI, cité par Le Point, des cadres importants du HCUA ont été impliqués dans plusieurs attaques jihadistes au Niger. Un combattant du HCUA a « participé en mai dernier à l’attaque de Tongo Tongo [ou de Baley Beri], où 27 soldats nigériens ont été tués. Les armes prises ont été acheminées par les terroristes dans la vallée d’Inadar et réceptionnées par le chef d’état-major du HCUA. En juillet dernier, d’autres armes récupérées pendant l’attaque d’Inates sont transportées toujours au Mali, près de Menaka », explique l’hebdomadaire.

Quoi qu’il en soit, l’objectif de Paris est d’impliquer davantage ses partenaires européens au Sahel. « Nous aurions tort de croire que le terrorisme est une menace pour la France seule : nos partenaires ont tous été touchés, et c’est ensemble que nous devons réagir. Et pour ceux qui n’ont pas été frappés directement, il y a le devoir de solidarité », fit ainsi valoir la ministre des Armées, lors d’un déplacement au 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales [RHFS], en juin dernier.

« Il faut accompagner les forces armées sahéliennes après les avoir formées, y compris lorsqu’elles vont au combat, et pas seulement dans les états-majors. Ce n’est pas un sport de masse, j’en conviens », avait-elle continué. Et de demander : « Si les Européens, qui sont directement concernés, ne le font pas, qui, alors, le fera? »

Lors d’une audition parlementaire, le général Lecointre avait confirmé cette intention. « Nous réfléchissons à un partenariat militaire opérationnel auquel nous devons encourager nos partenaires. Je souhaite que les Européens soient de plus en plus sensibilisés à cette possibilité. À cet égard, nous travaillons à mettre sur pied une force qui serait coordonnée à l’opération Barkhane et qui serait capable de faire ce travail d’accompagnement des Maliens au combat une fois que nous porterons notre effort dans une autre zone », avait-il indiqué.

En clair, il s’agit de solliciter les autres pays européens afin de mettre en place un système inspiré de celui des OMLT [Operational Mentor Liaison Team], qui, en Afghanistan, reposait sur la présence d’instructeurs auprès des unités locales. Trouver des contributeurs ne sera pas forcément aisé… D’autant moins qu’il faudra composer avec les règles d’engagement propres à chaque pays.

« Un des principaux effets que nous recherchons est de pouvoir compter sur des énergies nouvelles pour accompagner les forces locales. Mais il ne faut pas que cela pèse sur Barkhane qui est déjà très employée », a résumé un officier français auprès de l’AFP.

En attendant, il y a urgence… « Je crains que nous n’ayons collectivement échoué à enrayer les causes profondes de la crise – la pauvreté, les failles de gouvernance, l’impunité – qui nourrissent la montée de l’extrémisme violent. Les groupes terroristes instrumentalisent les conflits locaux et se positionnent en défenseurs des communautés », relevait récemment Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.

D’après les chiffre qu’il a donnés, le nombre de civils tués entre 2012 et 2018 dans les seuls pays du G5 Sahel [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad] a été multiplié par quatre. Et « plus de 5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, plus de 4 millions ont été déplacées, 3 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et près de 2 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. »

Aussi, avait prévenu M. Guterres, « soyons clairs, nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence. Nous devons redoubler d’efforts. » D’autant plus que la menace jihadiste est désormais susceptible de s’étendre jusqu’aux pays du golfe de Guinée.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : © EMA

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

mardi 5 novembre 2019

WANTED : 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara

Les États-Unis offrent 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara !

Le 4 octobre 2017, quatre commandos américains du 3rd Special Forces Group, partis en patrouille avec un détachement de l’armée nigérienne, furent tués lors d’une embuscade tendue par des jihadistes appartenant à l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] dans le secteur de Tongo Tongo, près de la frontière malienne.

Deux ans plus tard, dans le cadre de leur programme « Rewards for Justice », les États-Unis ont annoncé qu’ils offriraient jusqu’à 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant de localiser Adnan Abou Walid Sahraoui, le chef de l’EIGS. Ce dernier avait déjà été inscrit sur la « liste noire » américaine l’an passé.

En outre, une autre récompense, d’un montant identique, sera également proposée pour tout renseignement permettant « l’arrestation ou la condamnation dans n’importe quel pays de toute personne qui a commis, ourdi ou favorisé l’embuscade. »

« À ce stade, je ne pense pas que nous ayons arrêté qui que ce soit en lien avec le guet-apens », mais avec les récompenses, « nous espérons obtenir des indices ou informations qui permettent au gouvernement américain ou nigérien d’enquêter et de trouver les auteurs de cette attaque », a expliqué un responsable de la diplomatie américaine, cité par l’AFP.

Cela étant, en août 2018, l’un des responsables de l’embuscade de Tongo Tongo, un certain Mohamed Ag Almouner, a été tué par une frappe aérienne menée par la force Barkhane dans la région de Menaka [Mali].

Quant à Adnan Abou Walid Sahraoui, il est parvenu à passer entre les mailles du filet lors d’une opération française conduite à Intameda [Mali], en février 2018. Le général Bruno Guibert, qui commandait la force Barkhane à l’époque, confiera plus tard que le chef de l’EIGS s’était probablement réfugié en Mauritanie.

Pour rappel, Sahraoui a fait allégeance à l’EI en 2015, après avoir rompu avec le groupe al-Mourabitoune, qu’il avait rejoint alors qu’il était le porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest [MUJAO].

À noter que le programme « Rewards for Justice » offre des récompenses pour des renseignements concernant deux autres jihadistes actifs au Sahel, à savoir Hamad el-Khairy [pour son appartenance au MUJAO], et Malik Abou Abdelkrim [membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique]. Le chef d’al-Mourabitoune, Mokhtar Belmokhtar, ne figure plus sur cette liste, alors que sa tête avait été mise à prix pour 5 millions de dollars. Et pour cause : il aurait été tué par une frappe aérienne française menée au sud de la Libye en novembre 2016. Mais sa mort n’a cependant jamais été officiellement confirmée.

Par ailleurs, le 19 septembre, le général Stephen Townsend, le chef de l’US AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique, a annoncé que les États-Unis allaient « renforcer » et « équiper » les forces armées nigériennes dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes et les activités criminelles. Et cela, alors que Niamey a autorisé les forces américaines à utiliser son territoire pour mettre en oeuvre des drones armés, notamment à partir d’Agadez.

« La mise en service effective de la base 201 d’Agadez apportera au Niger davantage de capacité de mission, d’agilité, de polyvalence et une gamme d’options de sécurité », a ainsi fait valoir le général Townsend. « Cela profitera également à la sécurité régionale dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Source : Zone Militaire

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *

- page 1 de 20