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mardi 14 janvier 2020

MALI : Selon l'EMA les pertes de l’armée malienne sont dues à la jeunesse et au sous-équipement de ses soldats

En un peu plus d’un mois, les Forces armées maliennes [FAMa] ont perdu au moins 120 soldats au cours de trois attaques distinctes. La première, menée le 30 septembre 2019 et revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM], a décimé le bataillon malien de la Force conjointe du G5 Sahel, lequel a déploré 40 tués dans ses rangs ainsi que de nombreux disparus. Et il a été dit que, l’assaut ayant été lancé à l’aube, la garnison avait été surprise.

L’effet de surprise a également été avancé pour expliquer les lourdes pertes subies à In Delimane [au moins 49 tués, ndlr], lors d’une attaque revendiquée par l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] le 2 novembre, l’assaut ayant été donné à l’heure du déjeuner.

Seulement, même si elles n’avaient pas donné lieu à de tels niveaux de pertes, des attaques similaires avaient déjà été lancées par les groupes jihadistes par le passé. On pouvait donc penser que, avec les retours d’expérience [RETEX], des mesures de protection avaient été prises pour éviter ce type d’assaut. Ou du moins en limiter les effets.

Enfin, le 18 novembre, lors d’une opération transfrontalière conjointe menée avec l’armée nigérienne et appelée Tongo Tongo, une unité malienne est tombée dans une embuscade dans la vallée de Tabankort, au sud de Menaka. Selon un dernier bilan, 30 soldats maliens ont été tués et 100 autres se sont repliés au Niger. La force française Barkhane a engagé une patrouille d’hélicoptères d’attaque Tigre puis une autre de Mirage 2000, ce qui a permis de « neutraliser des terroristes armés et mettre hors d’état des ressources diverses, en deux actions distinctes », a indiqué l’État-major des armées [EMA]. Selon les FAMA, 17 terroristes ont ainsi été mis hors de combat.

Là encore, de telles embuscades avaient déjà eu lieu précédemment, notamment au Niger et au Burkina Faso. La Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] y a également été confrontée.

Quoi qu’il en soit, souligne Paris, le « nombre des attaques n’a pas nécessairement augmenté, mais elles sont de toute évidence plus meurtrières » car « l’ennemi fait face à une armée qui est jeune, dont l’équipement est perfectible, et qui est en voie d’opérationnalisation. » Et cela alors que la mission de l’Union européenne EUTM Mali, lancée en 2013, a formé 14.000 soldats maliens et qualifié 8 bataillons des FAMa.

Cela étant, il est certain que l’équipement des soldats maliens est « perfectible ». Cela avait d’ailleurs été mis en lumière en novembre 2017, lors de l’une des premières opérations menée par la Force conjointe du G5 Sahel à laquelle les FAMa contribuent.

« La capacité de la Force conjointe à concevoir, commander et conduire une opération a été validée, démontrant qu’elle dispose de cadres formés capables de mettre en œuvre des procédures communes », avait indiqué l’EMA, à l’époque. Cependant, il était apparu des lacunes dans les domaines de l’appui aérien, de la logistique, des transmissions et de l’évacuation sanitaire.

Un rapport de l’International Crisis Group [ICG] avait par ailleurs expliqué, en décembre 2017, que l’armée malienne n’existait que « sur le papier » et qu’elle n’avait « qu’une très faible capacité opérationnelle ». Et d’ajouter : « Sa refondation progresse très lentement » et elle « reste en grande partie ce corps désorganisé qu’elle était à la veille du coup d’État du capitaine Sanogo en mars 2012. »

Le sous-équipement des FAMa est régulièrement dénoncé par lors de manifestations organisées après chaque attaque meurtrière dont elles sont la cible. « Aujourd’hui, c’est un moment fort de soutien aux forces de défense et de sécurité. Nous savons qu’elles sont déterminées à accomplir leur mission. Leur détermination se nourrit également de notre détermination à nous tous », a ainsi affirmé Modibo Sidibé, un ex-Premier ministre désormais dans l’opposition, le 15 novembre.

« Nous avons également dénoncé toute la corruption et la mal gouvernance qui malheureusement ont mis nos propres armées dans des situations extrêmement difficiles. Nous avons exigé qu’il y ait un audit sérieux sur le montant alloué par l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi de programmation militaire », a également insisté Soumaïla Cissé, du Front pour la sauvegarde de la démocratie [FDS], cité par RFI.

Une autre raison avancée par l’État-major français est que les FAMa « contestent le terrain des groupes armés terroristes » et veulent « s’implanter dans le Liptako, dont elles étaient absentes il y a quelques mois encore. »

Aussi, souligne l’EMA, il « est de notre devoir de les accompagner, de souligner leurs efforts et leurs résultats, comme lors de Bourgou 4, ou la reprise du camp de Boulkessi, mais également de les soutenir lors des épisodes douloureux, qui sont malheureusement une facette de leur montée en puissance. »

Cela étant, l’EMA a rappelé la stratégie de la France au Sahel. Ainsi, l’objectif est que les États du G5 Sahel puissent avoir la « capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome ». Au niveau politique, elle repose sur une approche 3D, pour « Défense, Diplomatie et Développement. »

Le volet militaire « repose sur une stratégie zonale de résolution de crise, avec un effort concentré sur la région du Liptako-Gourma, tout en restant capable d’intervenir dans l’ensemble de la bande sahélo-saharienne en tant que de besoin », explique l’EMA. Et cela, dans un environnement à la fois rude et complexe, en raison de la diversité sociale et ethnique des populations.

« La complexité de cet environnement amène donc Barkhane à dépasser le cadre de la lutte contre les groupes armés terroristes, et à mettre en œuvre des actions ciblées regroupées sous trois objectifs distincts mais convergeant vers le même état final recherché », poursuit l’EMA.

Ces trois objectifs visent à réduire la menace terroriste et à entraver la liberté d’action des groupes jihadistes, à mettre ces derniers à portée des forces armées locales et de réduire leur influence via des actions civilo-militaires auprès des populations.

« Notre action auprès de nos partenaires suppose d’une part de les former, de les équiper et de les accompagner au combat. Elle suppose d’autre part de pouvoir les appuyer directement sur le terrain dans les domaines du renseignement, du commandement ou de l’appui aérien », souligne encore l’EMA.

Source : ZONE MILITAIRE - Crédit image AFP

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samedi 4 janvier 2020

Burkina Faso : Attaque djihadiste - 7 soldats, 35 civils, et 80 terroristes tués !

Trente-cinq civils, dont 31 femmes, ont été tués dans une attaque djihadiste à Arbinda, dans le nord du Burkina Faso, une des plus meurtrières de l'histoire de ce pays sahélien, qui a décrété 48 heures de deuil national. 

C'est le président burkinabè Roch Kaboré en personne, à qui a souvent été reproché son manque de poigne face aux groupes djihadistes, qui a annoncé sur Twitter le macabre bilan de cette «attaque barbare».

Quatre soldats et trois gendarmes ont également péri, et «80 terroristes ont été neutralisés» (tués), selon le président et l'état-major des armées burkinabè, qui avait annoncé l'attaque plus tôt dans un communiqué.  «un nombre important de terroristes ont attaqué simultanément le détachement militaire et les populations civiles d'Arbinda», dans la province du Soum, selon l'état-major des armées. L'attaque, d'une «rare intensité», a duré «plusieurs heures».

«Dans leur fuite, les terroristes ont lâchement assassiné 35 civils, dont 31 femmes, et blessé six personnes», a précisé dans un communiqué le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Remis Dandjinou. Une vingtaine de soldats ont aussi été blessés, selon le ministre. Il s'agit d'une des attaques les plus meurtrières qu'ait connus ce pays pauvre d'Afrique de l'ouest, en proie depuis 2015 à des attaques djihadistes récurrentes, comme ses voisins le Mali et le Niger. Début novembre 2019, 38 employés d'une société minière avait été massacrés lors de l'attaque de leur convoi dans l'Est du pays.

Le président Kaboré a salué «l'engagement et la bravoure» des Forces de défense et de sécurité, qui ont «repoussé l'attaque contre le détachement d'Arbinda». «Une centaine de motos, de l'armement et des munitions en grande quantité ont également été récupérés», selon l'état-major. «En ce jour de Noël, ayons une pensée pieuse pour les familles éplorées par les attaques terroristes contre notre pays et soyons en communion avec nos vaillants soldats qui se battent avec héroïsme pour assurer la sécurité du territoire national», a écrit le chef de l'Etat dans la nuit.

Depuis 2015, les attaques djihadistes au Burkina ont fait plus de 700 morts, selon un décompte de l'AFP, et environ 560.000 déplacés et réfugiés, d'après les Nations unies. Le Nord et l'Est du pays sont particulièrement touchés. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Ces attaques sont rarement revendiquées mais attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique. Les djihadistes mènent des assauts de plus en plus massifs et organisés, avait expliqué récemment à l'AFP Serge Michailof, expert à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Les forces de l'ordre burkinabè, qui paient un lourd tribut, semblent incapables d'enrayer les violences djihadistes. Elles restent sous-équipées et sous-entraînées, en dépit des discours volontaristes du gouvernement. Depuis deux mois, les forces de défense et de sécurité burkinabè ont revendiqué une série de succès, affirmant avoir tué une centaine de djihadistes au cours de plusieurs opérations. Des bilans toutefois impossibles à confirmer de source indépendante.

Face au péril djihadiste, cinq Etats sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) qui tentent depuis 2015 de mettre sur pied une force militaire conjointe de 5.000 soldats, ont appelé mi-décembre la communauté internationale à les soutenir davantage.

Malgré la présence de forces françaises (4.500 soldats de l'opération Barkhane), de l'ONU (Minusma au Mali), ainsi que de forces américaines, le Sahel subit des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012. La France a convié en janvier 2019 les cinq Etats sahéliens à un sommet pour «redéfinir plus clairement les objectifs militaires, politiques et de développement» de la lutte commune contre les groupes djihadistes, selon le président Emmanuel Macron, qui estime ambiguë l'attitude des présidents burkinabé et malien sur le soutien français.

Source : Le Figaro avec AFP - Photo AFP

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jeudi 26 décembre 2019

Mali : Des militaires russes prochainement en soutien des forces maliennes ?

Des militaires russes vont ils apporter prochainement leur soutien aux forces maliennes ?

Après les récentes attaques meurtrières subies par les Forces armées maliennes, notamment à Boulikessi et à In Delimane, des centaines de manifestants ont réclamé, à Bamako, une aide militaire de la Russie…. Pendant que d’autres voix, notamment médiatiques, ont demandé non seulement le départ de la force française Barkhane mais aussi celle de la Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA] et ses 13.000 Casques bleus.

En outre, ce sentiment pro-russe est notamment porté par le « Groupe des Patriotes du Mali », une association de la « société civile » visiblement proche de l’ambassade de Russie à Bamako…

« Certains tentent d’instrumentaliser un sentiment antifrançais afin de se positionner sur le terrain politique. Il ne faut rien généraliser sur ce sujet, la France n’est ni rejetée, ni conspuée, ce qui n’empêchera jamais les critiques à l’égard de notre action », a récemment commenté Florence Parly, la ministre des Armées, lors d’un entretien donné à l’AFP.

Cela étant, en juin dernier, le Mali et la Russie ont signé un accord de coopération militaire, en marge du salon de l’armement « ARMY 2019 », organisé à Moscou. « À notre avis, l’intensification des liens militaires est dans l’intérêt de nos deux pays. […] La Russie est prête à contribuer à la normalisation de la situation au Mali et à la création de conditions pour une paix et une stabilité durables », assura, à l’époque, Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense.

Pour la Russie, qui cherche à renforcer son influence en Afrique, comme en Centrafrique, où, en échange de concessions minières, elle a envoyé des armes et des « instructeurs » auprès des forces locales, il s’agissait ainsi de renouer le fil avec un pays qui avait gravité dans l’orbite soviétique durant la Guerre Froide, le Mali s’étant orienté, après son indépendance, vers un modèle de type « socialiste collectiviste ». Cette proximité avait évidemment une portée militaire, Moscou ayant livré des blindés, des avions de combat et autres hélicoptères à l’armée malienne.

Cela étant, et avant la signature de cet accord, la Russie avait livré deux premiers hélicoptères d’attaque Mil Mi-35M [sur 4 commandés, ndlr] à la force aérienne malienne. Il est compliqué de préciser l’usage qui est fait de ces appareils. On sait seulement qu’ils ont été réceptionnés sur la base aérienne 101 de Senou-Bamako.

Quoi qu’il en soit, le ministre malien de la Défense, le général Ibrahim Dahirou Dembele, a dû s’expliquer devant les députés au sujet des lourdes pertes subies par les FAMa au cours de ces dernière semaines. La presse malienne s’est fait l’écho des débats.

Ainsi, interpellé par le député Moussa Diarra, qui a mis en doute la « sincérité » des forces françaises au Mali, le général Dembele a été très clair. « En 2013, si la force Serval n’avait pas été là, c’était fini pour nous », a-t-il lancé.

La France et le Mali ont « des relations de coopération militaire et non d’accord de défense. La France, dans le cadre de cette coopération, appuie les troupes maliennes sur le terrain », a ensuite rappelé le ministre malien, avant de déplorer les accusations portées « à tort et à travers » contre Barkhane. « À maintes reprises les troupes françaises sont intervenues pour appuyer les FAMa. La plus récente aide a été le soutien apporté aux soldats blessés après l’embuscade contre les soldats maliens à Tabankort« , a-t-il poursuivi.

« J’attends beaucoup de nos compatriotes qui accusent la France de ne pas intervenir lorsque les soldats sont attaqués. Les troupes françaises ne peuvent que soutenir les FAMa techniquement et non de se substituer aux Forces de défense et de sécurité maliennes. C’est à nous Maliens de créer les conditions nécessaires à notre appareil de défense. Ce n’est pas quelqu’un [d’autre] qui va le faire », a ensuite fait valoir le général Dembele.

Les comptes-rendus de ces débats publiés par la presse malienne se recoupent sur les propos tenus par le ministre au sujet de la coopération militaire avec la France. Ce qui n’est pas tout à fait vrai pour celle avec la Russie.

En effet, selon le quotidien « L’indicateur du Renouveau », repris par les portails Aumali.net et Malijet.co, le général Dembele aurait annoncé « l’arrivée dans les prochaines semaines de militaires russes au Mali pour soutenir techniquement » les FAMa, et en particulier pour assurer la maintenance des deux hélicoptères Mi-35 ainsi que le « perfectionnement » de leurs pilotes.

En revanche, Maliactu.net rapporte des propos plus nuancés. « Ce n’est pas en signant une coopération avec la Russie que les Russes vont nous amener des appareils. Il faut payer. On a commandé quatre hélicoptères. Ils [en] ont donné deux et le 3e est bloqué parce que l’État n’a pas payé le reste de l’argent. Si tu ne paies rien, on ne te donne rien. Rien n’est gratuit aujourd’hui », aurait affirmé le général Dembele.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : Présidence malienne

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mercredi 18 décembre 2019

Niger : L’armée nigérienne a subi de lourdes pertes lors d’une attaque jihadiste contre le camp d’In-Atès

Devant se tenir le 16 décembre 2019 à Pau, à l’initiative du président Macron qui souhaitait obtenir des « clarifications » de la part de ses homologues du G5 Sahel [Mauritanie, Tchad, Mali, Niger et Burkina-Faso] pour décider du maintien ou non des forces françaises dans la bande sahélo-saharienne [BSS], le sommet de Pau a finalement été reporté au début de l’année prochaine.

En effet, le chef de l’Élysée a pris cette décision en accord avec Mahamadou Issoufou, le président nigérien, après une nouvelle attaque jihadiste contre le camp militaire d’In-Atès [ou I-n-Atès], commise le 11 décembre 2019.

Situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Tongo Tongo, localité connue pour avoir le théâtre d’une embuscade ayant coûté la vie à quatre commandos des forces spéciales américaines en octobre 2017, le camp militaire d’In-Atès avait en effet déjà visé par une attaque « complexe » revendiquée par l’État islamique au grand Sahara [EIGS] en juillet dernier.

Selon le ministre nigérien de la Défense, cette attaque put être repoussée grâce à un appui aérien fourni par deux Mirage 2000 de la force Barkhane. Les assaillants s’étaient ensuite repliés vers le Mali voisin. Il avait ensuite été fait état de 18 tués et de 2 disparus parmi les forces armées nigériennes.

En septembre, Niamey avait accusé le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], une organisation malienne comptant d’anciens membres du groupe jihadiste Ansar Dine sans ses rangs, d’avoir été complice des assaillants d’In-Atès.

Plus de cinq mois après la première attaque, le camp d’In-Atès a donc été une nouvelle fois visé. Et, apparemment, l’assaut livré par les jihadistes a été d’une ampleur jusqu’alors jamais vue, le ministère nigérien de la Défense ayant estimé le nombre d’assaillants à « plusieurs centaines ».

Selon la même source, les combats, « d’une rare violence combinant des tirs d’artillerie et l’emploi de véhicules kamikazes par l’ennemi », ont duré trois heures. « Malheureusement, on déplore le bilan suivant : 71 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés », a-t-elle précisé. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière subie par les forces nigériennes depuis 2015.

D’après une source sécuritaire, les jihadistes ont « pilonné le camp avec des obus » et beaucoup de soldats ont été tués « dans des explosions de dépôts de munitions et de carburant. »

Le camp aurait été encerclé par les terroristes. Puis ces derniers, visiblement très bien renseignés, ont d’abord visé l’armurerie et le centre de transmission, ce qui a privé les soldats nigériens de munitions et de communication vers l’extérieur pour demander des renforts. L’alerte a pu être donnée, explique RFI, par un véhicule de liaison ayant réussi à rejoindre le poste militaire d’Ayorou, situé à 80 km plus loin.

Le mode opératoire n’est pas sans rappeler celui qu’avait suivi l’État islamique [EI ou Daesh] pour s’emparer de bases de l’armée syrienne en 2014.

Au regard de l’importance des moyens mis en oeuvre par les assaillants, il est possible que cette attaque ait été menée par plusieurs organisations jihadistes. L’hypothèse d’une alliance de circonstance entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM] et l’EIGS n’est pas à écarter, d’autant que ces deux formations ont déjà uni leurs forces pour commettre au moins trois attaques par le passé.

Une autre hypothèse serait que l’EIGS a été renforcé par la « Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique » [ISWAP], issu du groupe jihadiste nigérian Boko Haram. L’équipe d’appui analytique et de surveillance des sanctions des Nations unies sur la mouvance jihadiste avait évoqué l’éventualité d’un rapprochement opérationnel entre ces deux groupes dans son dernier rapport.

« Il est possible que l’État islamique du Grand Sahara et le groupe ‘Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique’ aient coopéré dans l’attaque des forces nigériennes commise à Tongo Tongo en mai 2019 et qu’ils soient en train d’établir une base de soutien logistique dans la ville de Sokoto, au Nigéria », lit-on dans ce document, rendu public en juillet.

Qui plus est, au fil de ses attaques contre les forces nigérianes et camerounaises, l’ISWAP, qui compterait jusqu’à 5.000 combattants, s’est procuré un arsenal significatif, dont, par exemple, des pièces d’artillerie légères montées sur des pick-up.

Quoi qu’il en soit, ce n’est évidemment pas un hasard si le camp d’In-Atès a été une nouvelle fois attaqué… Situé près de la réserve d’Ansongo, où sont établis de nombreux jihadistes, et, surtout, de carrefours de routes empruntés pour les trafics.

Source : ZONE MILITAIRE

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mardi 26 novembre 2019

Mail : Treize militaires français sont morts lors d'une collision entre deux hélicoptères !

Mail : Mort accidentelle de 13 soldats français dans
une «opération de combat contre des jihadistes»

Un Tigre et un Cougar. Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon des sources de la défense, très probablement des forces spéciales engagés dans une opération de lutte contre le terrorisme au Sahel"

Les militaires sont morts dans la soirée du lundi 25 novembre 2019, lors d’une opération de combat contre des jihadistes.
 
Treize militaires français sont morts au Mali dans l'accident de deux hélicoptères, a annoncé l'Elysée, mardi 26 novembre. "Le Président de la République annonce avec une profonde tristesse la mort de treize militaires français survenue au Mali dans la soirée du lundi 25 novembre 2019, dans l’accident de leurs deux hélicoptères, lors d’une opération de combat contre des djihadistes", précise un communiqué.

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Treize militaires français de la force Barkhane sont morts au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi 26 novembre l'Elysée dans un communiqué. Emmanuel Macron a exprimé "son soutien le plus total à leurs camarades de l'armée de terre et des armées françaises".

Un accident survenu lundi soir. Dans son communiqué, l'Elysée précise que les deux hélicoptères sont entrés en collision dans la soirée du lundi 25 novembre, dans le cadre d'une opération de Barkhane, qui mobilise 4 500 militaires au Sahel. Cet accident provoque l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Des militaires de l'armée de terre. Le communiqué de la présidence indique qu'il s'agit de militaires de l'armée de terre : six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, "tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel". Sept soldats venaient du 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau, quatre militaires appartenaient au 4e régiment de chasseurs de Gap, un soldat venait du 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces et un militaire appartenait au 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol.

38 militaires tués au Mali depuis 2013. Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.
Source : Francetvinfo.fr

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Hommage  à nos 13 militaires morts pour la France


Décès de 13 militaires de l’opération Barkhane :
J’ai appris avec une profonde tristesse que 13 militaires de l'opération Barkhane ont péri hier soir, lundi 25 novembre 2019, lors de l'accident en vol de deux hélicoptères de l'armée de Terre au Mali, au cours d’une opération de combat.
Je présente toutes mes condoléances à leurs familles, leurs proches et leurs frères d'armes. Une enquête est ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.
Cette terrible nouvelle endeuille nos armées, la communauté de défense et la France toute entière. Je tiens à assurer aux familles endeuillées que l'institution militaire est à leurs côtés dans cette épreuve.
Je rends hommage, en mon nom et en celui du ministère des Armées, à ces 13 militaires morts pour la France :
  • Le capitaine Nicolas MÉGARD, du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le capitaine Benjamin GIREUD du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le capitaine Clément FRISONROCHE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le lieutenant Alex MORISSE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le lieutenant Pierre BOCKEL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • L’adjudant-chef Julien CARETTE du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau
  • Le capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis Antoine SERRE du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e Régiment de chasseurs de Gap
  • Le maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces
  • Le sergent-chef Andreï JOUK du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol
  • La Nation s’incline devant leur courage et leur engagement.

Source : Communiqué de Florence Parly, ministre des Armées

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dimanche 24 novembre 2019

Armement Exportation : Le Sénégal commande trois patrouilleurs hauturiers OPV 58S

Le 19 avril 1893, Ahmadou Tall, alors souverain de l’Empire Toucouleur, qui allait du Sénégal au Mali, fut défait à Bandiagara par les forces françaises alors commandées par le colonel Louis Archinard, qui, trois ans plus tard, sera promu général pour avoir conquis et pacifié le Soudan français.

À l’issue de cette bataille, ayant appartenu à Omar Saïdou Tall, dit El Hadji Omar, le père d’Ahmadou Tall, un sabre constitué d’une lame de fabrication française et d’un pommeau en forme de bec d’oiseau, fut saisi.

Calife de la confrérie Tijaniyya pour le Soudan, cet érudit musulman né au Sénégal avait décrété le « jihad » [guerre sainte] en 1850 et fondé l’Empire Toucouleur après avoir annexé le royaume Bambara du Kaarta ainsi que les territoires du Mandingue et du Bambouk. S’étant heurté aux troupes du général Louis Faidherbe, El Hadji Omar fut contraint de signer un traité de paix en 1860, avant de disparaître mystérieusement dans les montagnes de Bandiagara.

Depuis, le sabre d’El Hadji Omar fait partie des collections du Musée de l’Armée. Ou faisait partie… Car, le 17 novembre 2019, à l’occasion d’un déplacement au Sénégal pour un séminaire intergouvernemental et participer au Forum international sur la paix et la sécurité en Afrique, le premier ministre français, Édouard Philippe, l’a remis à Macky Sall, le président sénégalais.

« Nous sommes liés par l’histoire et ce lien prend un accent particulier aujourd’hui », a dit M. Phlippe, qui conserve dans son bureau, à Matignon, un sabre d’officier d’artillerie à cheval. « Le sabre qui nous réunit ici est infiniment plus prestigieux que celui que je possède, c’est celui d’un grand conquérant, celui d’un guide spirituel… le sabre d’un fondateur d’empire, l’empire Toucouleur qui comprenait la Guinée, le Mali, le Sénégal actuel, c’est le sabre d’un érudit », a-t-il continué. « C’est un amateur de sabres qui vous le dit : sa place est bel et bien ici, au cœur de l’ancien empire Toucouleur », a-t-il conclu.

Le sabre d’El Hadj Oumar Tall est un symbole de l’histoire du Sénégal et de ses pays voisins. Sa place est au Sénégal. Ce geste marque aussi la force de nos liens culturels et l’apport de l’Afrique à la culture universelle.

« Ce jour est historique. Voici que les descendants d’anciens belligérants se retrouvent et sympathisent comme pour signer définitivement la paix des braves », a répondu le président sénégalais.

Quoi qu’il en soit, cette visite à Dakar a également l’occasion de confirmer de signer des contrats. Dont un portant sur la commande de trois patrouilleurs hauturiers OPV58S proposés par Piriou, pour au moins 205 millions d’euros. Il est question également d’un achat de missiles anti-navires auprès de MBDA.

« Le Ministère des Forces Armées du Sénégal et le groupe PIRIOU, ont signé aujourd’hui, en présence du Président de la République du Sénégal et de la délégation ministérielle française, un contrat portant sur l’acquisition de trois patrouilleurs océaniques destinés à la Marine Nationale Sénégalaise. Dès la mise en vigueur de ce contrat, prévue début 2020, le groupe PIRIOU lancera le programme de construction de ces trois patrouilleurs, étalé sur une durée de 44 mois, suivi d’une période de soutien au Sénégal », a en effet annoncé le chantier naval installé à Concarneau.

Polyvalent, le patrouilleur hauturier OPV 58S affiche une longueur de 62 mètres. Présenté comme étant robuste et endurant, ce navire a été conçu pour des missions de surveillance, d’identification et d’intervention. « En complément de ses capacités de projection [embarcations commandos], il possède une capacité de dissuasion de premier rang grâce à ses systèmes d’armes de lutte anti-surface et de lutte anti-aérienne », explique Piriou.

Ces contrats s’inscrivent dans le cadre de l’effort que Dakar a lancé pour moderniser et renforcer ses forces armées, et en particulier sa marine militaire, qui doit désormais protéger les importants gisements gisements de gaz et de pétrole récemment découverts dans les eaux sénégalaises.

Et l’enjeu est de taille puisque les réserves sont estimée à trois milliards de barils de pétrole et à environ 450 milliards de mètres cubes pour le gaz. Leur exploitation devrait commencer entre 2021 et 2022.

Source : ZONE MILITAIRE


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mercredi 13 novembre 2019

OPEX - Barkhane : La France en soutient des forces sahéliennes face aux jihadistes

Comme on pouvait s’en douter, la force Barkhane a été sollicitée pour appuyer les Forces armées maliennes [FAMa] lors des combats ayant suivi les attaques jihadistes des postes de Boulikessi et de Mondoro, deux localités de la région de Mopti, situées près de la frontière avec le Burkina Faso.

Dans un communiqué publié le 2 octobre 2019, la ministre des Armées, Florence Parly, avait en effet indiqué que les unités maliennes envoyées en renfort pour « pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes » ont bénéficié d’un appui d’avions de chasse [Mirage 2000] et d’hélicoptères d’attaque Tigre.

« La détermination de ces unités [maliennes] a permis de rétablir une situation délicate et compromise, et d’infliger des pertes aux terroristes », a souligné Mme Parly.

Selon Bamako, les jihadistes auraient perdu une quinzaine de combattants durant ces combats. Mais ils ont dans le même temps infligé de lourdes pertes aux FAMa, avec au moins 25 tués et près d’une cinquantaine de disparus [11 soldats maliens ont été « récupérés » lors des opérations de ratissage menées après la reprise des postes attaqués, ndlr].

En attaquant les postes de Mondoro et de Boulikessi [qui avait déjà été ciblé en 2017…], les jihadistes ont porté un coup dur à la Force conjointe du G5 Sahel étant donné qu’une des deux unités maliennes visées était placée sous le commandement de cette dernière. Qui plus est, ils ont mis la main sur des équipements ainsi que sur d’importantes quantités d’armes et de munitions. En outre, leur opération, comme cela fut déjà le cas lors de l’attaque du camp de Dioura [le 17 mars dernier], met le gouvernement malien en difficulté face à l’opinion publique.

Et il n’est pas le seul. Au Niger, les embuscades de Baley Beri [en mai, avec 27 soldats tués] et l’attaque « complexe » du camp d’In-Ates [juillet, avec 18 tués] ont illustré les faiblesses des forces armées locales. Même chose au Burkina Faso, avec l’attaque de Koutougou [24 soldats tués le 20 août] et celles menées en septembre contre des camions [au moins 29 tués parmi les civils]. Et ces « incidents » sécuritaires donnent lieu de plus en plus souvent à des tensions entre les communautés. Tensions qui profitent aux jihadistes.

« Les forces maliennes, comme l’ensemble des forces des pays du Sahel sont engagées dans un effort exigeant et de longue durée contre l’insécurité et le terrorisme. Elles consentent des sacrifices importants et se battent sur de nombreux fronts. Elles peuvent compter sur notre soutien et sur notre détermination dans ce combat commun », a encore assuré Florence Parly.

Selon le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, l’objectif de la force Barkhane au Mali est d’affaiblir les groupes jihadistes afin de les mettre à la portée des FAMa, qui « doivent pouvoir les affronter seules ou en tout cas en étant moins accompagnées » par les troupes françaises. Et, dans le même, il s’agit de les faire « monter en puissance », notamment « dans le cadre Union Training Mission [EUTM] » et par un « accompagnement » de la MINUSMA [mission des Nations unies au Mali, ndlr].

Mais, visiblement, cela n’est pas encore suffisant. Au-delà de la formation, les questions capacitaires se posent… En outre, tant que les accords de paix d’Alger, signé par les autorités maliennes et les groupes indépendantistes touareg de l’Azawad [nord du Mali, ndlr], ne seront pas pleinement appliqués, il sera toujours compliqué de combattre les formations jihadistes, dont celles inféodées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM] et l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

D’ailleurs, et ce n’est pas nouveau, certains de ces groupes armés touareg ne jouent pas franc jeu. Tel est notamment le cas, même s’il s’en défend, du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], qui, implanté dans la région de Kidal, compte dans ses rangs de nombreux transfuges d’Ansar Dine, une formation jihadiste dont le chef, Iyad Ag Ghali, dirige le GSIM.

D’après RFI, cité par Le Point, des cadres importants du HCUA ont été impliqués dans plusieurs attaques jihadistes au Niger. Un combattant du HCUA a « participé en mai dernier à l’attaque de Tongo Tongo [ou de Baley Beri], où 27 soldats nigériens ont été tués. Les armes prises ont été acheminées par les terroristes dans la vallée d’Inadar et réceptionnées par le chef d’état-major du HCUA. En juillet dernier, d’autres armes récupérées pendant l’attaque d’Inates sont transportées toujours au Mali, près de Menaka », explique l’hebdomadaire.

Quoi qu’il en soit, l’objectif de Paris est d’impliquer davantage ses partenaires européens au Sahel. « Nous aurions tort de croire que le terrorisme est une menace pour la France seule : nos partenaires ont tous été touchés, et c’est ensemble que nous devons réagir. Et pour ceux qui n’ont pas été frappés directement, il y a le devoir de solidarité », fit ainsi valoir la ministre des Armées, lors d’un déplacement au 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales [RHFS], en juin dernier.

« Il faut accompagner les forces armées sahéliennes après les avoir formées, y compris lorsqu’elles vont au combat, et pas seulement dans les états-majors. Ce n’est pas un sport de masse, j’en conviens », avait-elle continué. Et de demander : « Si les Européens, qui sont directement concernés, ne le font pas, qui, alors, le fera? »

Lors d’une audition parlementaire, le général Lecointre avait confirmé cette intention. « Nous réfléchissons à un partenariat militaire opérationnel auquel nous devons encourager nos partenaires. Je souhaite que les Européens soient de plus en plus sensibilisés à cette possibilité. À cet égard, nous travaillons à mettre sur pied une force qui serait coordonnée à l’opération Barkhane et qui serait capable de faire ce travail d’accompagnement des Maliens au combat une fois que nous porterons notre effort dans une autre zone », avait-il indiqué.

En clair, il s’agit de solliciter les autres pays européens afin de mettre en place un système inspiré de celui des OMLT [Operational Mentor Liaison Team], qui, en Afghanistan, reposait sur la présence d’instructeurs auprès des unités locales. Trouver des contributeurs ne sera pas forcément aisé… D’autant moins qu’il faudra composer avec les règles d’engagement propres à chaque pays.

« Un des principaux effets que nous recherchons est de pouvoir compter sur des énergies nouvelles pour accompagner les forces locales. Mais il ne faut pas que cela pèse sur Barkhane qui est déjà très employée », a résumé un officier français auprès de l’AFP.

En attendant, il y a urgence… « Je crains que nous n’ayons collectivement échoué à enrayer les causes profondes de la crise – la pauvreté, les failles de gouvernance, l’impunité – qui nourrissent la montée de l’extrémisme violent. Les groupes terroristes instrumentalisent les conflits locaux et se positionnent en défenseurs des communautés », relevait récemment Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies.

D’après les chiffre qu’il a donnés, le nombre de civils tués entre 2012 et 2018 dans les seuls pays du G5 Sahel [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad] a été multiplié par quatre. Et « plus de 5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, plus de 4 millions ont été déplacées, 3 millions d’enfants ne sont pas scolarisés et près de 2 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. »

Aussi, avait prévenu M. Guterres, « soyons clairs, nous sommes en train de perdre du terrain face à la violence. Nous devons redoubler d’efforts. » D’autant plus que la menace jihadiste est désormais susceptible de s’étendre jusqu’aux pays du golfe de Guinée.

Source : ZONE MILITAIRE - Photo : © EMA

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mardi 5 novembre 2019

WANTED : 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara

Les États-Unis offrent 5 millions de dollars pour la tête du chef de l’État islamique dans le Grand Sahara !

Le 4 octobre 2017, quatre commandos américains du 3rd Special Forces Group, partis en patrouille avec un détachement de l’armée nigérienne, furent tués lors d’une embuscade tendue par des jihadistes appartenant à l’État islamique dans le grand Sahara [EIGS] dans le secteur de Tongo Tongo, près de la frontière malienne.

Deux ans plus tard, dans le cadre de leur programme « Rewards for Justice », les États-Unis ont annoncé qu’ils offriraient jusqu’à 5 millions de dollars à quiconque fournirait des informations permettant de localiser Adnan Abou Walid Sahraoui, le chef de l’EIGS. Ce dernier avait déjà été inscrit sur la « liste noire » américaine l’an passé.

En outre, une autre récompense, d’un montant identique, sera également proposée pour tout renseignement permettant « l’arrestation ou la condamnation dans n’importe quel pays de toute personne qui a commis, ourdi ou favorisé l’embuscade. »

« À ce stade, je ne pense pas que nous ayons arrêté qui que ce soit en lien avec le guet-apens », mais avec les récompenses, « nous espérons obtenir des indices ou informations qui permettent au gouvernement américain ou nigérien d’enquêter et de trouver les auteurs de cette attaque », a expliqué un responsable de la diplomatie américaine, cité par l’AFP.

Cela étant, en août 2018, l’un des responsables de l’embuscade de Tongo Tongo, un certain Mohamed Ag Almouner, a été tué par une frappe aérienne menée par la force Barkhane dans la région de Menaka [Mali].

Quant à Adnan Abou Walid Sahraoui, il est parvenu à passer entre les mailles du filet lors d’une opération française conduite à Intameda [Mali], en février 2018. Le général Bruno Guibert, qui commandait la force Barkhane à l’époque, confiera plus tard que le chef de l’EIGS s’était probablement réfugié en Mauritanie.

Pour rappel, Sahraoui a fait allégeance à l’EI en 2015, après avoir rompu avec le groupe al-Mourabitoune, qu’il avait rejoint alors qu’il était le porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest [MUJAO].

À noter que le programme « Rewards for Justice » offre des récompenses pour des renseignements concernant deux autres jihadistes actifs au Sahel, à savoir Hamad el-Khairy [pour son appartenance au MUJAO], et Malik Abou Abdelkrim [membre d’al-Qaïda au Maghreb islamique]. Le chef d’al-Mourabitoune, Mokhtar Belmokhtar, ne figure plus sur cette liste, alors que sa tête avait été mise à prix pour 5 millions de dollars. Et pour cause : il aurait été tué par une frappe aérienne française menée au sud de la Libye en novembre 2016. Mais sa mort n’a cependant jamais été officiellement confirmée.

Par ailleurs, le 19 septembre, le général Stephen Townsend, le chef de l’US AFRICOM, le commandement américain pour l’Afrique, a annoncé que les États-Unis allaient « renforcer » et « équiper » les forces armées nigériennes dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes et les activités criminelles. Et cela, alors que Niamey a autorisé les forces américaines à utiliser son territoire pour mettre en oeuvre des drones armés, notamment à partir d’Agadez.

« La mise en service effective de la base 201 d’Agadez apportera au Niger davantage de capacité de mission, d’agilité, de polyvalence et une gamme d’options de sécurité », a ainsi fait valoir le général Townsend. « Cela profitera également à la sécurité régionale dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Source : Zone Militaire

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dimanche 3 novembre 2019

Mali : Un militaire français tué par une IED, l’Etat islamique revendique l’attaque

Le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, a été tué par un engin explosif dans la région de Ménaka.

C’est le vingt-cinquième militaire français tué au Mali depuis le lancement en 2013 de l’opération française « Serval ».

Un militaire français a été tué lors d’une opération, samedi 2 novembre au matin au Mali, après « le déclenchement d’un engin explosif improvisé (IED - Improvised Explosive Device) au passage de son véhicule blindé », a indiqué l’Elysée dans un communiqué. La victime, le brigadier  24 ans, faisait partie du premier régiment de Spahis de Valence, dans la Drôme.

Dans la soirée, l’attaque a été revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI). « Les soldats du califat ont pris pour cible un convoi de véhicules des forces françaises (…) près d’Indelimane, dans la région de Ménaka, en déclenchant un engin explosif », a écrit l’EI dans un communiqué signé « Province Afrique de l’Ouest », publié sur ses chaînes de messagerie Telegram.

L’explosion de l’engin artisanal qui a tué le soldat français est survenue pendant une mission de sécurisation prévue de longue date menée près de la frontière du Niger, dans le nord-est du Mali. C’est déjà dans cette même région que 49 soldats maliens avaient été tués vendredi. Cette attaque, l’une des plus meurtrières de ces dernières années pour les forces maliennes, avait également été revendiquée par l’EI. Il n’y a toutefois « aucun lien » entre les deux attaques, a affirmé le porte-parole de l’état-major français, le colonel Frédéric Barbry.
Vingt-cinquième soldat français tué au Mali

Le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a salué « le sacrifice » du militaire et exprimé « ses pensées vers ses camarades engagés dans les opérations au Sahel », « ainsi que vers leurs frères d’armes des armées sahéliennes, qui paient un lourd tribut dans la lutte contre le terrorisme ».

La ministre des armées, Florence Parly, a, elle, annoncé qu’elle se rendrait « très prochainement au Mali, afin de s’entretenir avec les autorités maliennes ».

« Dans un contexte sécuritaire dégradé, la mort du brigadier Ronan Pointeau nous montre que le combat contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel n’est pas terminé et notre détermination à le poursuivre est entière ».

M. Pointeau, qui s’était engagé dans l’armée en 2016, est le vingt-huitième militaire français tué dans la région depuis le lancement en 2013 de l’opération française « Serval » dans ce pays, suivie de l’opération antiterroriste « Barkhane » élargie à cinq pays du Sahel en 2014.

Violences persistantes

Depuis 2012, le nord du Mali est tombé sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée. Les djihadistes en ont été en grande partie chassés ou dispersés à la suite du lancement, en janvier 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire, qui se poursuit toujours.

Malgré la mission des Nations unies au Mali (Minusma), une forte présence militaire française et la création de la force militaire régionale G5 Sahel, les violences djihadistes persistent dans le pays, avec 237 attaques recensées en 2018, selon l’Organisation des Nations unies (ONU). Des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards.
Lire aussi Au Mali, l’opération « Barkhane » ensablée en terre oubliée

Depuis 2015, les violences se sont propagées du nord au centre du pays, beaucoup plus densément peuplé, où elles se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires. Une tuerie imputée à des chasseurs dogons se présentant comme un « groupe d’autodéfense » anti-djihadiste a ainsi fait quelque 160 morts le 23 mars dans le village peul d’Ogossagou, près de la frontière burkinabée.

Les deux communiqués de l’EI ont été publiés une semaine après la mort, dimanche, du chef de l’organisation terroriste, Abou Bakr Al-Baghdadi, tué lors d’un raid américain en Syrie.

Source : Le Monde.fr

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jeudi 31 octobre 2019

Mali : Les forces maliennes disent avoir « neutralisé » une cinquantaine de jihadistes, avec l’appui de Barkhane

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, fait actuellement face à une contestation grandissante, nourrie par le contexte social, un processus de paix avec les indépendantistes de l’Azawad [nord du Mali] au point mort, des violences inter-communautaires et une insécurité chronique, due aux groupes armés terroristes [GAT] et aux trafiquants de tous poils.

Cette contestation s’est amplifiée après les attaques des bases de Mondoro et de Boulkessi, le 30 septembre dernier. Revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM], affilié idéologiquement à al-Qaïda, elles ont fait au moins 38 tués dans les rangs des Forces armées maliennes [FAMa], sans compter les disparus. Au 18 octobre, 27 manquaient encore à l’appel.

À la suite de ces attaques, les FAMa ont lancé deux opérations. La première, appelée « Renou Bravo Mike », a consisté à « ratisser » les environs de la base de Boulkessi [le « fort 11 »]. Selon un communiqué de l’état-major malien, des frappes aériennes « ont permis de neutraliser des terroristes ». Et d’ajouter : « La consolidation de l’emprise continue, avec le soutien des partenaires et un engagement très accru de la force Barkhane. »

Cette implication de Barkhane dans cette opération n’a pas été évoquée dans les deux derniers « points de situation » hebdomadaires publiés par l’État-major des armées [EMA], à Paris.

« Dans une logique d’approche zonale en bande sahélo-saharienne, la force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma – grande comme un quart du territoire métropolitain français – en appuyant les forces partenaires par le biais d’opérations conjointes et en agissant au profit de la population », répète l’EMA dans ses comptes-rendus.

Quoi qu’il en soit, l’état-major malien a indiqué que, le 16 octobre, ses troupes ont été prises à partie par des terroristes dans le village de Boulkessi, lors d'une « patrouille de reconnaissance. » Le bilan de cet accrochage est de 4 jihadistes « neutralisés » [comprendre : « tués »]. « Il a pu être établi des preuves de la participation de femmes aux côtés de l’ennemi », a-t-il par ailleurs souligné.

Dans le même temps, les FAMa ont lancé, le 7 octobre, une autre opération, qui, appelée « Éléphant », vise à rechercher et à détruire les « refuges ennemis ». « Elle se poursuit avec plus d’une vingtaine de sorties et frappes aériennes », a précisé l’état-major malien.

On ignore si les moyens aériens de Barkhane ont été de la partie. Le dernier compte-rendu de l’EMA indique que 93 sorties aériennes ont été effectuées entre les 11 et 18 octobre. Mais ce chiffre ne concerne que les avions de l’armée de l’Air. Le nombre de missions assurées par les hélicoptères du groupement aéromobile de Barkhane n’est jamais précisé.

Reste que, dans son communiqué, l’état-major malien fait état d’une « cinquantaine d’ennemis neutralisés et d’une trentaine de blessés » ainsi que de la destruction de « matériels » et d’un « important plot logistique de 35 fûts de carburant. »

Source : ZONE MILITAIRE


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lundi 23 septembre 2019

Armement : RETEX sur le drone chinois DJI Mavic Pro utilisé par les commandos paras au Sahel

Alors qu’il existe des constructeurs de drones français, comme Parrot, dont le modèle ANAFI fait partie des candidats potentiels pour équiper l’US Army, l’armée de Terre a acquis, en 2018, des appareils de type DJI Mavic Pro, de facture chinoise, pour en doter ses groupements commandos parachutistes [GCP].

Ces mini-drones, qui passent pour être très performants [auprès des civils, ndlr], ont été utilisés par le GCP du 35e Régiment d’Artillerie Parachutiste [RAP] au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane.

Utilisé pour mener des reconnaissances, chercher des points de passage à travers des obstacles naturels [oued], dresser le bilan d’un engagement [Battle Damage Assessment – BDA] ou encore collecter des renseignements, le DJI Mavic Pro a laissé un sentiment mitigé, si l’on en juge par le retour d’expérience [RETEX] qui en a été tiré dans les colonnes du dernier numéro de la revue Fantassins [.pdf].

Pouvant être rapidement mis en oeuvre, le DJI Mavic Pro permet de « sonder » une zone boisée pour repérer un possible point de passage tout en vérifiant l’absence de menace.

« Une fois cette zone localisée, un passage bas permet de déceler une menace grossièrement visible avant un check d’un binôme génie », écrit le capitaine « Kenneth », pour qui cette « situation est l’illustration de procédés nouveaux qui ont étés rendus possible par la technologie du micro-drone et démontrent de quelle manière le drone peut être un facilitateur pour la manœuvre. »

Seulement, encore faut-il que les conditions soient réunies pour un tel « procédé ». Ainsi, avance l’officier, une première difficulté est « de piloter le drone lors d’un déplacement. » Mais « hormis les secousses qui peuvent rendre le pilotage compliqué c’est surtout lors de cas non-conformes que des difficultés vont apparaître », explique-t-il.

« La fonction go-home de l’appareil en l’absence de réseau internet ne fonctionne pas avec une base en déplacement. De ce fait en cas de perte de signal ou de batterie, le drone se posera directement à la verticale de sa position. Ceci peut entraîner la perte du drone mais surtout oblige l’unité à entreprendre une manœuvre de récupération », avance-t-il. Sachant qu’un tel appareil coûte entre 1.000 et 1.500 euros dans le civil, on peut se demander s’il est pertinent de prendre des risques pour aller le récupérer…

Mais une autre limite du DJI Mavic Pro, et qui n’est sans doute pas propre à cet appareil, est liée aux conditions climatiques, lesquelles sont susceptibles d’amoindrir ses performances en vol.

« Les fortes chaleurs et le vent sont les deux facteurs qui, en augmentant, vont diminuer l’autonomie du drone. Ainsi la batterie sera plus performante le matin avec des températures ambiantes en-dessous des 30°C permettant une autonomie plus importante. La force du vent diminue de manière progressive sa portée avant d’atteindre les 10 m/s et d’empêcher le vol du drone. L’opérateur doit être particulièrement vigilant lorsqu’il envoie son drone dans le sens du vent sous peine de ne le voir jamais revenir », détaille le capitaine « Kenneth ».

Autre limite : la discrétion, qui n’est pas le point fort du DJI Mavic Pro, surtout lors d’infiltrations à pied. Qui plus est, ces dernières se faisant généralement de nuit, ce drone n’est d’aucune utilité.

« Bien que le MAVIC soit d’un faible encombrement et assez léger pour être transporté, son manque de discrétion, ses capacités vidéos limitées et sa faible autonomie n’en font pas un outil indispensable » pour ce type de mission, relève l’officier du 35e RAP.

En revanche, ce drone peut être utile lors des phases ultérieures. « La prise de vue à la verticale d’un objectif suivi d’une illustration rapide permet un compte rendu clair et précis de la situation. Les prises de vues par vidéo ou par photo […] sont également des atouts lors de la collecte de renseignements », admet le capitaine « Kenneth ». En milieu urbain, et sur des « points d’intérêt », ce drone « permet de renseigner sur la disposition des lieux et des axes d’approche en vue de monter un dossier d’objectif. Ce procédé est évidemment limité en termes de discrétion », poursuit-il.

Au regard de ces éléments, le mini-drone ne constitue pas un « facteur déterminant » mais il peut faciliter la prise de décision. Toutefois, la conclusion de ce RETEX suggère que, pour cela, la technologie de ces engins devra encore s’améliorer.

Ce qui devrait être le cas avec le drone NX-70 du constructeur français Novadem. En juin, la Direction générale de l’armement [DGA] a passé une commande portant sur 27 systèmes de deux appareils pour répondre à une « urgence opération » [UE] de l’armée de Terre.

D’une masse d’environ 1 kg, d’une autonomie en vol de 45 minutes, et doté de caméras thermiques, le NX-70 est capable d’opérer de jour comme de nuit, qui plus est dans des conditions météorologiques difficiles [vent de 65 km/h, pluie, basses comme hautes températures...

Enfin, ce moyen sera complété par le nano-drone Black Hornet. D’une masse de seulement 33 grammes, cet appareil commence à équiper les unités d’infanterie. « Capable de prendre des photos de jour et de nuit grâce à une caméra thermique, il est le maillon manquant entre le groupe en progression et les moyens d’observation de la section », explique le capitaine Nicolas, du 7e Bataillons de chasseurs alpins [BCA], dans un webdocumentaire de l’armée de Terre. « Ce système va permettre de voir quelques mètres plus loin, par-dessus le mur susceptible de cacher une cible par exemple », précise-t-il.

Source : Zone Militaire

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mardi 10 septembre 2019

Barkhane : Des soldats estoniens dans une opération franco-malienne à Gao

Depuis l’été 2018, un peloton d’infanterie estonien, fort d’une cinquantaine de militaires, est déployé à Gao [Mali] pour y assurer la surveillance et la protection de la plateforme opérationnelle « Désert » [PfoD] de la force Barkhane.

Cette mission n’est pas sans risque car, le 22 juillet, six soldats estoniens ont été blessés lors d’une attaque à la voiture piégée devant la base française.

Après cette attaque, et selon un communiqué publié par Tallinn, la ministre française des Armées, Florence Parly, avait « remercié » les soldats estoniens pour leur « action exemplaire » et souligné que leur « professionnalisme est la raison pour laquelle les militaires français ont une telle estime » à leur égard.

« Nous sommes fiers des soldats estoniens qui protègent la sécurité de l’Europe au Mali. Il est dans notre intérêt de nous tenir aux côtés de nos alliés contre les menaces, de comprendre leurs besoins réciproques et de renforcer nos relations », fit alors valoir Jüri Luik, le ministre estonien de la Défense.

Les relations entre les forces estoniennes et françaises ont pris de l’ampleur au cours de ces derniers mois dans la mesure où, outre leur coopération au titre de l’opération Barkhane, la France a déployé un sous-groupement tactique interarmes [S/GTIA Lynx] en Estonie, dans le cadre des mesures de réassurance de l’Otan face à la Russie.

Et cette coopération entre les forces estoniennes et françaises a récemment pris une nouvelle dimension.

Jusqu’à présent, ce détachement estonien n’avait pas encore pris part à une opération « antiterroriste » aux côtés des forces françaises et maliennes. C’est désormais chose faite.

En effet, selon une information de la radio-télévision nationale estonienne [Eesti Rahvusringhääling], confirmée par le ministère estonien de la Défense, le peloton « ESTPLA-32 » s’est joint « aux unités françaises et maliennes pour la première fois » afin de prendre part « à une opération dans la ville de Gao ».

« L’implication du peloton estonien dans une telle opération démontre que les unités précédentes ont gagné la confiance des alliés », a commenté le lieutenant Taavi Eesalu, qui commande l’ESTPLA-32.

« Participer à une opération de près de huit heures, dans ce climat chaud et humide était épuisant. Mais la formation et l’expérience antérieures nous ont permis de faire preuve de professionnalisme et de mener à bien cette tâche. Les Français nous ont déjà invités à participer à une autre opération similaire. Nous ferons donc tout notre possible pour assurer une coopération continue », a ajouté l’officier estonien.

Cette opération conjointe visait à saisir des « armes illégales ». Les forces françaises et estoniennes ont encerclé des bâtiments afin de permettre aux militaires de maliens de mener leurs fouilles en toute sécurité.

Les militaires estoniens qui ont pris part à cette opération viennent de relever leurs camarades de l’ESTPLA-30. L’action de ces derniers a été saluée par le colonel Nicolas James, le chef de corps du GT-D1 « Belleface ».

« Les hommes et les femmes du contingent qui s’en va ont honoré les forces de défense estoniennes par une discipline exemplaire au cours de cette mission exigeante. Je vous remercie, en mon nom personnel et au groupe de combat dans son ensemble, pour votre excellent travail », a déclaré le colonel français lors d’une cérémonie.

À noter que les forces estoniennes participent également à la mission de formation lancée par l’Union européenne au profit de l’armée malienne [EUTM MALI] ainsi qu’à la Mission des Nations unies au Mali [MINUSMA].

Source : Zone Militaire


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mardi 27 août 2019

Burkina Faso : Attaque jihadiste sur les Forces armées burkinabé, 24 soldats tués au combat !

Les tensions interethniques dont profitent les groupes armés terroristes, la faiblesses de ses forces armées ainsi que l’influence de prédicateurs radicaux auprès des populations estimant avoir été délaissées par le pouvoir central font que le Burkina Faso est considéré comme étant le maillon faible de la lutte contre la mouvance jihadiste au Sahel.

Ces derniers mois, les attaques jihadistes se sont multipliées, notamment dans l’est et le nord du pays. Et la dernière en date, commise le 19 août contre le détachement militaire de Koutougou, localité située dans parte orientale de la province du Soum, a infligé de lourdes pertes aux Forces armées du Burkina Faso [FANBF].

« Au petit matin, le détachement militaire de Koutougou, province du Soum, a été la cible d’une attaque d’envergure perpétrée par des groupes armés terroristes. 

« En réaction à cette attaque barbare, une vaste opération aérienne et terrestre de ratissage a permis de neutraliser de nombreux assaillants », a continué l’état-major, sans donne plus de détails sur les moyens engagés. Sans doute que la force française Barkhane a été sollicitée, comme le permet un accord signé par Paris et Ouagadougou en décembre 2018.

En décembre 2016, un groupe fort d’une quarantaine de jihadistes avait attaqué un poste militaire situé à une une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Mali. Douze militaires et gendarmes burkinabé y avaient laissé la vie. Depuis, l’état d’urgence a été instaurée dans cette région.

Les auteurs de cette attaque contre le détachement de Koutougou pourraient appartenir au groupe Ansarul Islam, fondé par le prédicateur Malam Dicko, tué lors d’un raid mené par force Barkhane dans la forêt de Foulsaré, au Mali, en mai 2017 [opération Bayard]. Cette organisation est en effet très active dans la province du Soum, où les prêches de son ex-chef trouvèrent un terrain favorable parmi la population.

Bien qu’indépendant, Ansarul Islam cultive des liens étroits avec des formations ayant rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM ou JNIM] d’Iyad Ag Ghali, comme la Katiba Serma et la Katiba Macina, dirigée par Amadou Koufa.

L’est du Burkina Faso est surtout le terrain du groupe État islamique dans le grand Sahara [EIGS], lui même affilié à l’ISWAP, c’est à dire la branche de Boko Haram reconnue par l’EI.

« Le Parc national du W, situé à cheval sur le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, est en train de devenir un nouveau bastion pour les groupes terroristes de la région, notamment l’État islamique du Grand Sahara, qui continue de coopérer avec JNIM au Mali et au Niger », expliquait un récent rapport des Nations unies, pour qui les « groupes terroristes implantés au Sahel empiètent de plus en plus sur les frontières du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo. »

Le président burkinabé a décrété jeudi un deuil national de 72h après la mort des 24 soldats dans l'attaque d'un détachement militaire à Koutougou dans le nord du pays.

Le deuil national va du vendredi 23 août à 0h au dimanche 25 à minuit.

Ce décret tombe alors que mercredi une rumeur dans la capitale faisait état d'un mouvement d'humeur de soldats après l'attaque de Koutougou.

Dans les casernes des rumeurs avaient parlé d'une baisse du moral de la troupe à l'annonce de la tuerie de lundi.

C'est une réaction qualifiée de compréhensible qui n'entame en rien leur détermination à tenir haut le flambeau de la nation selon l'armée.

Mais dans un communiqué l'armée qui annonce avoir retrouvé vivants les cinq soldats disparus, parle d'une émotion normale et invite les populations à faire fi des rumeurs.

Les 24 soldats tombés au combat ont été inhumés à Dori, chef-lieu de la région.

Source : Zone Militaire

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dimanche 21 juillet 2019

Mali : Pour la première fois, les VHM de l’armée de Terre en opération...

En 2009, l’armée de Terre annonçait l’acquisition d’un lot d’une cinquantaine de Véhicules Haute Mobilité [VHM] de type BvS10 Mark 2, auprès de la société suèdoise Hagglünds AB, filiale de BAE Systems. Il s’agissait alors de pouvoir remplacer les Véhicules Articulés Chenillés [VAC], alors utilisés par la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne [BIM] et les légionnaires du 3e Régiment Étranger d’Infanterie [REI].

Amphibie, articulé en deux modules grâce à un système de vérins et monté sur chenilles, le VHM peut transporter une charge de 5 tonnes. Son armement se compose d’une mitrailleuse de 12,7 mm ou de 7,62 mm [selon les versions] et son blindage le rend particulièrement résistant aux roquettes RPG ainsi qu’aux engins explosifs improvisés [IED]. D’une autonomie de 250 km, il peut rouler à la vitesse de 65 km/h. Les premiers exemplaires furent livrés à l’armée de Terre en janvier 2012.

Récemment, ces VHM ont été envoyé en Lituanie, au titre de la mission Lynx, conduite dans le cadre des mesures de réassurance décidées par l’Otan au profit des États baltes et de la Pologne. Et, jusqu’à présent, ils n’avaient jamais connu les rigueurs de la bande sahélo-saharienne. C’est désormais chose faite.

En effet, ce 11 juillet 2019, l’État-major des armées [EMA] a indiqué que le VHM a été engagé pour la première fois dans une opération menée « récemment » par le Groupement tactique n°1  [GTD-1] dans la région du Gourma, au Mali. Et visiblement, leurs capacités n’ont pas déçu.

Ainsi, explique l’EMA, ces VHM permettent à des sections de « s’affranchir des pistes et se déplacer en terrain désertique difficile, sans risque d’ensablement. » Et pour cause : ces véhicules peuvent acheminer soldats et matériels vers des zones inaccessibles aux blindés à roues.

Et cela, grâce à leurs larges chenilles qui sont particulièrement bien adaptées au désert dans la mesure où elles leurs donnent une « portance significative sur le sable. » En outre, ces VHM sont munis de « galets » qui leur permettent « d’absorber les irrégularités du terrain », ce qui, souligne l’état-major, est « apprécié » par les équipages.

Les qualités du VHM sont « réelles et en saison des pluies, il contribue pleinement à conserver l’initiative sur les groupes armés terroristes. […] Il y a une réelle plus-value à l’avoir en Afrique », a commenté un capitaine.

Les VHM arrivés en juin au Mali ont été modifiés pour la circonstances. Leur partie basse a été sur-blindée afin de prendre en compte la menace des IED. Les différentes versions [du VHM] utilisées par Barkhane [véhicule mortier, véhicule de commandement] sont en outre « toutes pourvues de mitrailleuses de 12,7 mm télé-opérés », a encore précisé l’EMA.

Source: Zone Militaire - Photo : Ministère des Armées


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mercredi 3 juillet 2019

Barkhane : Incroyable sauvetage, un Tigre sauve une Gazelle...

Lors de l’opération Aconit, menée par la force française Barkhane dans le Liptako malien, entre les 9 et 19 juin 2019, un hélicoptère d’attaque Gazelle engagé en appui a été contraint à faire un atterrissage d’urgence. En réalité, l’appareil a fait un « posé dur ». Et les trois membres de son équipage [pilote, co-pilote, tireur d’élite], blessés, ont été évacués vers un hôpital militaire en France par mesure de précaution.

L’État-major des armées [EMA] ne s’est jusqu’à présent pas attardé longuement sur cet incident. Au plus comprend-on qu’il s’est produit à un moment où les combats contre le groupe armé terroriste [GAT] visé par l’opération Aconit étaient acharnés.

Toutefois, on en sait plus grâce aux informations de RFI. Informations que l’EMA ne souhaite ni infirmer, ni confirmer, selon l’AFP.

Ainsi, d’après Olivier Fourt, de RFI, cet hélicoptère Gazelle a été touché par des tirs de mitrailleuse 7,62 mm, lesquels ont provoqué un début d’incendie. Perdant de la puissance, l’appareil a donc été obligé de faire un atterrissage forcé près des combats, dans des conditions difficiles, la visibilité du pilote ayant été réduite par le nuage de poussière soulevé par le rotor.

Le tireur d’élite qui se trouvait en place arrière a ensuite extrait de l’appareil le pilote et le co-pilote, alors plus gravement blessés que lui. Et cela, sous la surveillance d’au moins un hélicoptère d’attaque Tigre.

Dans ce genre de situation, l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] met en œuvre une procédure appelée IMEX [Extraction immédiate], qui consiste à sécuriser le périmètre où a atterri l’appareil touché [ou victime d’une avarie] en déployant des commandos au sol, débarqués d’un hélicoptère de manœuvre. Et la récupération de l’équipage se fait sous la protection d’un hélicoptère d’attaque.

Mais selon RFI, il a fallu trouver un autre mode d’extraction pour l’équipage de la Gazelle… Ainsi, son pilote et son chef de bord ont chacun été sanglés sur une ailette d’un hélicoptère EC-665 Tigre. Et le tireur d’élite a fait « sauter » l’hélicoptère accidenté avant de s’exfiltrer « dans un autre appareil».

Un tel mode d’extraction peut sembler incroyable… En tout, ce récit éclaire, sans doute, la photographie diffusée sur le compte Twitter du chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT] à l’occasion du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget. En effet, on y voit un pilote de l’ALAT juché sur un aileron d’un EC-665 Tigre pendant qu’un capitaine donne des explications aux général Jean-Pierre Bosser.

Par ailleurs, Mars Attaque a déniché [ce qui n’a pas dû être simple…] deux illustrations montrant ce que pourrait être une IMEX avec un EC-665 Tigre. Deux modes sont possibles pour récupérer un pilote : la première en l’installant sur une ailette, la seconde en le sanglant sur le marche-pied situé à l’avant du train.

Source: Zone Militaire - Photos : Armée de Terre


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