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samedi 18 mai 2013

Guerre du Mali : Des attaques - suicide près de Gao...

Le 4 mai 2013, un attentat-suicide commis à une quarantaine de kilomètres de Gao, a tué deux militaires maliens ainsi que 5 jihadistes. Etant donné que le Mujao avait déjà, par le passé, revendiqué de telles actions, l’on pouvait penser que ce groupe terroriste était une nouvelle fois à l’origine de cette attaque.

Mais, visiblement, il semblerait que ce soit plus compliqué que ça. Le site “The Long War Journal” rapporte en effet que les 4 jihadistes tués (le chiffre de 5 avaient été initialement annoncé) au cours de cette attaque, seraient de nationalité égyptienne.

Et Site Intelligence Group, un centre de recherches américain spécialisé dans la surveillance des activités de la mouvance d’al-Qaïda sur Internet, a repéré des messages diffusés sur le forum “Shumukh al Islam” annonçant la mort de “4 jihadistes égyptiens au Mali” dans une opération visant à “chercher le martyre”. Parmi eux figurerait un certain Abu Obeida Sharif Khattab.

D’après les explications données à l’Associated Press par le lieutenant-colonel Souleymane Maiga, porte-parole de l’armée malienne, des soldats en patrouille ont arrêté un suspect circulant sur une motocyclette à hauteur du village d’Hamakouladji, à 40 km au nord de Gao. Quand ils se sont approchés de lui pour le fouiller, une voiture a alors surgi et trois hommes à bord on tiré avec des armes automatiques. C’est à ce moment que le kamikaze s’est fait exploser sur son deux-roues.

Les informations concernant Abu Obeida Sharif Khattab sont parcellaires. Il aurait tenté de rejoindre le Sinaï, le Yémen et l’Irak pour y combattre. Apparemment sans succès. Selon un membre du forum “Shumukh al Islam”, il aurait rejoint la Libye après avoir été emprisonné pour un motif qui reste encore à déterminer.

“Après l’invasion française de la nouvelle maison de l’islam dans l’Azawad, notre frère a mené une lutte digne d’éloges, jusqu’à ce que lui a accordé le martyre”, a écrit, à son sujet, un autre intervenant du forum, toujours d’après les traductions fournies par Site Intelligence.

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’Abu Obeida Sharif Khattab a été filmé et photographié à plusieurs reprises avec Mohammed al-Zawahiri, le frère de l’actuel chef d’al-Qaïda “canal historique”, sans doute réfugié au Pakistan.

Il a également été vu en compagnie du cheikh Adel Shehato, un dirigeant du Jihad islamique égyptien, formation dont sont issus les frères Zawahiri, libéré en 2011 à la faveur de la chute du régime d’Hosni Moubarak.

En janvier dernier, Mohammed al-Zawahiri avait fait parler de lui en protestant devant l’ambassade de France au Caire contre l’intervention militaire française au Mali. Récemment, quelques médias (Le Point, le JDD), se sont intéressés à ce personnage. De quoi lui donner l’occasion de proférer les habituelles menaces de la mouvance jihadiste.

“En attaquant le Mali, la France a allumé la mèche et elle va en subir les conséquences. La réaction des combattants djihadistes risque d’être forte, que ce soit au Mali ou sur le territoire français”, avait-il expliqué, le mois dernier, au Point, estimant que “l’enlèvement de Français est une réaction normale et légitime”.

Des propos venant en écho à ceux de son frère, qui avait averti que la France connaîtrait au Mali “le même sort que l’Amérique en Irak et en Afghanistan.” 

Source : Zone Militaire

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jeudi 16 mai 2013

Kaboul : Un monument à la mémoire des militaires français morts en Afghanistan

Afghanistan : Un monument à la mémoire des militaires français morts pour la France inauguré à Kaboul

L’Etat-major des armées a annoncé, le 4 avril 2013, qu’il ne restera plus que 1.100 soldats français encore présents en Aghanistan d’ici les prochains jours. Fin mars, les 40 derniers militaires déployés en dehors de Kaboul, à savoir les gendarmes qui ont contribué à la formation de 6.000 policiers afghans dans la province du Wardak, ont en effet regagné la capitale afghane.

C’est la fin de la guerre pour la France. (…) Avec la fin de la mission dans le Wardak, la France n’a plus de présence militaire hors de Kaboul. C’est une autre étape qui s’engage”, a commenté Bernard Bajolet, l’ambassadeur de France à Kaboul.

Désormais, les forces françaises n’ont plus que 3 missions à assurer : la gestion de l’aéroport et de l’hôpital militaire de Kaboul ainsi que la formation de l’armée afghane. D’ici juillet, leurs effectifs dans le pays seront de 500 personnels.

Quant aux équipements qu’il reste à faire revenir en France, le général Soriano, qui vient d’être remplacé par le général Philippe Adam à la tête du contingent français à Kaboul, a indiqué qu’une partie allait être rapatriée par la route passant par l’Asie centrale et la Russie, alors que jusqu’à présent, la voie mixte (par les airs jusqu’aux Emirats arabes unis puis par la mer) était jusque-là privilégiée.

“On a commencé à acheminer du matériel par convois-test”, a-t-il en effet affirmé ajoutant que cela concerne seulement le matériel non urgent et non sensible. Cette solution aurait pu être mise en oeuvre plus tôt, ce qui aurait pu faire économiser quelques dizaines de millions d’euros. Mais, a souligné le général Soriano, “les démarches administratives et notamment douanières, complexes, justifient le retard.”

Pour autant, tout ne pourra pas être rapatrié. “On ne laissera pas de parc échantillonnaire car les Afghans n’auraient pas les moyens de l’entretenir. Mais on leur cèdera d’autres choses, comme la base de Warehouse ou encore des équipements sportifs ou informatiques”, a expliqué l’officier.

Par ailleurs, les 88 militaires français morts en Afghanistan ne seront pas oubliés. Un monument a été érigé pour leur rendre hommage dans la cour de l’ambassade de France à Kaboul. Son inauguration a eu lieu le 4 avril.

“C’était clair qu’on voulait que la mémoire de nos camarades soit sur un espace de Kaboul qui reste un espace français”, a expliqué le général Adam sur les ondes de RFI. “Il y a beaucoup de monde qui vient ici à l’ambassade. Et ça permettra à tout en chacun de garder en mémoire nos camarades qui sont malheureusement décédés au combat”, a-t-il ajouté.

Source: Zone Militaire


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vendredi 3 mai 2013

Service de santé des armées : Le Drian confirme les neuf hôpitaux militaires HIA...

Jean-Yves Le Drian confirme le maintien des neuf hôpitaux militaires français
et rappelle l'excellence de notre service de santé des armées

En visite à Marseille, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, s'est rendu à l'Hôpital d'instruction des armées (HIA) de Laveran pour y rencontrer le personnel, en compagnie de Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion.  

Le ministre de la Défense a tenu à rassurer le personnel et les usagers sur l'avenir de cet hôpital qui dessert les 13e et 14e arrondissements de Marseille : « Nos HIA, et Laveran en particulier, jouent un rôle premier dans l'entretien du lien armée-nation, par l'offre de soins souvent unique qu'ils garantissent dans les territoires. C'est notamment pour cette  raison que j'ai pris la décision de ne fermer aucun des neuf hôpitaux militaires, en particulier Laveran, qui est précieux à nos armées ainsi qu'à la ville de Marseille. Je sais l'inquiétude qui a pu s'exprimer à ce sujet et je tenais à vous rassurer ».

Pour Jean-Yves Le Drian, cette visite était aussi l'occasion de rappeler l'excellence de notre service de santé des armées que ce soit sur les théâtres de guerre, comme en Afghanistan, en Jordanie à la frontière syrienne ou encore très récemment au Mali, ou dans la médecine hospitalière de proximité, comme dans les quartiers Nord de Marseille avec Laveran.

Jean-Yves Le Drian a par ailleurs annoncé qu'il avait demandé au directeur central du service de santé des armées, Jean-Marc Debonne, de conduire un projet novateur qui reposera sur deux piliers : la médecine au profit des forces et la médecine hospitalière. Ce projet a pour but notamment de permettre au service de santé des armées de s'insérer au mieux dans l'offre de soins territoriale afin de « favoriser un recentrage sur les capacités techniques et l'émergence de véritables pôles de compétences densifiés, notamment en traumatologie et en médecine d'urgence ».

Pour Jean-Yves le Drian, l'objectif est clair : « Ce projet renforcera, au niveau territorial et dans le cadre de la stratégie nationale de santé, les moyens de réponses aux enjeux de résilience de la Nation et aux besoins des forces armées ».

Source : Dicod


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jeudi 18 avril 2013

Afghanistan : Deux otages français libérés après plusieurs mois de captivité

Deux Français, un ancien humanitaire passionné de photographie et un salarié de l'ONG Acted, ont été libérés après respectivement quatre et deux mois de captivité en Afghanistan, pays en proie à une recrudescence des enlèvements d'Occidentaux, a-t-on appris lundi 8 avril 2013 de sources concordantes.

Deux dossiers indépendants. Les deux rapts, survenus à deux mois d'intervalle, n'étaient pas liés, pas plus que les deux libérations, pourtant survenues à moins de 24 heures l'une de l'autre, ont expliqué des connaisseurs du dossier. Aucune information n'avait filtré dans les médias pour accroître les chances des deux otages.

Pierre Borghi, un humanitaire devenu photographe.

Pierre Borghi, 29 ans, ancien employé de l'ONG française "Solidarités International", était revenu à Kaboul en novembre 2012 pour réaliser un projet photographique. Il avait été kidnappé en novembre dans la capitale afghane par quatre individus armés. "Nos gardes l'ont retrouvé près d'un de nos postes de sécurité à Maydan Shar vers 18h30 dimanche 7 avril. Apparemment, il avait échappé à ses ravisseurs. Nous l'avons ramené à Kaboul", a raconté Shoaib Sharifi, le directeur de la Force de protection publique afghane (APPF).

Charles, un salarié d'Acted.

L'autre Français libéré, Charles, occupait la fonction de directeur financier d'Acted. Il avait été kidnappé le 27 janvier 2013 alors qu'il se rendait en voiture sur son lieu de travail en plein centre de Kaboul. Quatre hommes armés avaient bloqué le 4X4 d'Acted, menacé son chauffeur, avant de s'emparer d'un des deux expatriés présents dans le véhicule, d'après un rapport d'Anso, une organisation chargée de la sécurité des ONG en Afghanistan. Les modalités de sa libération de sont pas connues. "Acted est très heureux de la libération d'un de ses collaborateurs en Afghanistan. Il va bien", s'est réjoui Adrien Tomarchio, le porte-parole de cette ONG. 

Source : Europe 1


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mercredi 10 avril 2013

Défense Nationale : Les commandos-marine de retour à la mer

Alors que les commandos-marine se battent depuis plusieurs années loin des rivages (actuellement dans le nord du Mali, après trois années dans les vallées afghanes), la Force maritime des fusiliers marins et commandos (Forfusco) souhaite aujourd'hui un "retour à la mer", c'est-à-dire au cœur de l'identité marine des commandos.

Le métier spécifique des commandos-marine est en effet d'opérer en mer contre des bateaux (anti-piraterie, lutte contre le narcotrafic, contre-terrorisme, surveillance d'embargos...) et à partir de la mer vers les côtes. Cette dernière fonction, tombée en désuétude ces dernières années, a été réactivée lors de l'opération Harmattan en Libye,   avec des raids contre des objectifs à terre depuis des bateaux au large.

Ce retour à la mer passe aussi par la livraison de nouveaux équipements, notamment Ecume, la nouvelle embarcation des commandos deux fois plus grosses que les actuels Etraco et, pour les nageurs de combat, le Propulseur sous-marin (PSM) de nouvelle génération qui sera mis en oeuvre depuis les sous-marins Barracuda.

L'un des points forts de la Forfusco est son nouveau commando Kieffer, qui regroupe des spécialistes travaillant pour les autres - "c'est la start-up" de Lorient, comme disent les commandos. Composé d'une cinquantaine d'hommes (et de quelques chiens), on y trouve par exemple un pilote d'Atlantique 2 ou un spécialiste de la guerre électronique de l'armée de terre. Les membres de ce commando ne sont plus astreints à suivre le très difficile stage commando, contrairement à ce qu'il se passait lors de sa création en 2008.  La Forfusco dispose également d'importants moyens de transmissions projetables, l'équivalent de ce qu'on trouve à bord d'une frégate !

Les commandos marine sont régulièrement employés, par petits détachements, dans la lutte contre le narcotrafic - une mission interministérielle. Leurs prises récentes (par exemple plus de deux tonnes de cocaïne) aurait une valeur marchande extrêmement importante - de quoi s'offrir un porte-avions !

Aujourd'hui, plusieurs dizaines de commandos-marine - sous les ordres du COS - sont engagés discrètement au Mali, en particulier dans la zone de Kidal.

Source : Secret Défense


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dimanche 7 avril 2013

Edouard Guillaud, l'amiral qui gagne les guerres...

Parfois critiqué au sein de la Défense, le chef d'état-major des armées présente pourtant un bilan militaire impressionnant

Il est brillant, sûr de lui-même et parfois de mauvaise foi. Qui plus est marin... Autant dire qu'il n'a pas que des amis au sein des armées et de la Défense. Et pourtant, l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées depuis trois ans (25 fevrier 2010), aligne un bilan impressionnant sur son cœur de métier : gagner les guerres que la France lui demande de faire.

Au lendemain de la bataille de la Marne, en 1914, on prêta à Joffre une réflexion désabusée sur la paternité de la victoire. Nombreux se l'attribuèrent alors. Mais si la Marne avait été une défaite, Joffre savait qu'il en aurait porté seul la responsabilité. Serait-ce différent avec Harmattan ou Serval ?

Le Mali aujourd'hui, la Libye en 2011, la fin du régime Gbagbo en Cote d'Ivoire au printemps 2011, le retrait d'Afghanistan en cours: qui dit mieux ? Les prédécesseurs de l'amiral Guillaud, les généraux Bentégeat et Georgelin avaient, eux aussi, conduit des opérations difficiles avec succès. Mais ces trois dernières années sont exceptionnelles par la diversité des actions menées, que ce soit sur un plan purement militaire (opératif, comme disent les spécialistes) ou politico-militaire.

Reprenons.  L'affaire malienne - qui entre aujourd'hui dans son troisième mois - est un succès remarquable des armes de la France. Fulgurance de la réaction, contre-attaque dans la profondeur, destruction de l'ennemi : Serval restera dans les annales. Il n'est pas question ici d'en discuter les buts politiques - qui relèvent du pouvoir politique, élu et légitime. Simplement de l'aspect militaire des choses, comme c'était déjà le cas lors de l'opération Harmattan contre le régime libyen. Là, encore, chapeau bas. Kadhafi est tombé, sans une égratignure côté français et pour un coût financier raisonnable (un peu plus de 1% du budget de la défense...)

Ces deux guerres ne doivent pas nous faire oublier deux manœuvres très délicates : le coup de pouce donné pour faire tomber Gbagbo en Cote d'Ivoire (avril 2011), en plein cœur d'Abijdan et le retrait accéléré des troupes d'Afghanistan, en particulier de la Kapisa, qui se déroule comme si nous étions à Canjuers... Tout cela témoigne d'une chose : l'armée française est très professionnelle et elle est bien commandée.

Stratégie navale appliquée à la stratégie globale

L'amiral Guillaud est un vrai chef militaire. Certes, l'uniforme qu'il porte n'est pas celui de l'armée de terre - dans un pays dont les racines, militaires et autres, sont d'abord terriennes. C'est assurément pour lui un handicap. Mais il a su le transformer en atout, en réflechissant et en conduisant les guerres d'aujourd'hui en marin.  Comme sur mer, où les bateaux font aussi de la diplomatie navale, la conduite des opérations intègre la dimension stratégique, en apportant un soin particulier à la gestion des coalitions et des alliances. Comme ses prédécesseurs, il a noué des liens très étroits avec ses homologues étrangers - qui constituent un niveau de coopération infra-politique et discret. C'est, par exemple, cela qui a permis d'obtenir des alliés la mise à disposition d'avions de transport pour le Mali, alors que la France souffrait d'un vrai déficit.

Autre exemple de stratégie navale appliquée à la stratégie globale - la manière dont AQMI a été "traitée" au Mali et qui a surpris tous les observateurs : "Sur mer, il est très long d'obtenir le contact avec l'ennemi , mais quand on a le contact on ne le lâche plus". La progression des forces ne s'est pas faite de manière linéaire - terrienne, en quelque sorte - mais par bonds, sans occuper le territoire. Gardons nous des comparaisons abusives, mais la greffe d'une pensée militaire navale ou aérienne sur des opérations terrestres peut parfois donner des résultats spectaculaires. Qu'on se souvienne du plan Challe, un aviateur, en Algérie. (Ndlr :Les "têtes chercheuses" du général Challe)

L'une des constantes des récentes opérations est leur caractère "combiné" - selon la vieille tradition britannique de Mountbatten - un marin. C'est un pas de plus dans l'interarmisation, dont les raids d'hélicoptères sur Brega (Libye) resteront l'un des exemples les plus aboutis. Un moyen aérien mis en œuvre par l'armée de terre à partir de plates-formes navales (avec des commandos de l'air pour le secours des équipages...)  Dans le quotidien des opérations, la couleur de l'uniforme n'a plus guère de sens : dans le ciel malien, des aéronefs de l'Armée de l'air, de l'Armée de terre et de la Marine nationale opèrent de manière intégrée.

L'amiral Guillaud sait déléguer les responsabilités

L'amiral Guillaud n'est évidemment pas seul à faire tourner la machine militaire. Il s'est entouré d'officiers généraux qu'il suit depuis longtemps (Castres, Baduel, Lefebvre, par exemple) et mise sur les commandants locaux (Palasset, Saint-Quentin,..) auxquels il accorde une véritable autonomie, comme au commandant d'un bateau à la mer.

Certes, le rééquilibrage entre civils et militaires au sommet du pouvoir politico-militaire ne se fait pas sans douleur. Certes, les ambitions des généraux qui aspirent à remplacer l'amiral Guillaud avant terme (juillet 2014) s'expriment sans trop d'élégance. Mais comme "technicien" de la chose militaire, l'amiral n'a pas à craindre aujourd'hui beaucoup de concurrence.  

Source : Secret Défense - Jean Dominique Merchet

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samedi 2 mars 2013

Guerre de Libération du Mali : Mort possible d'Abou Zeid un des chefs d'AQMI

La mort éventuelle d'Abou Zeid ne signifie pas la fin de la guerre de libération du Mali

Aqmi est constituée de nombreuses katibates. Si la mort d'Abdelhamid Abou Zeid est confirmée, elle n'annoncera pas pour autant la fin de l'organisation...

Il serait naïf de croire que la mort d'Abou Zeid, si elle était confirmée, marquerait la fin d'Aqmi au nord du Mali, et encore moins celle d'al-Qaida au Maghreb islamique. Pas plus que la mort d'Oussama Ben Laden n'a été la fin d'al-Qaida, même si elle a porté un rude coup à l'organisation basée en Afghanistan. Pour être le plus connu des combattants d'Aqmi dans le nord du Mali, Abou Zeid n'en était pourtant pas le chef. Aqmi compte d'autres groupes armés que la katibate (compagnie, NDLR) d'Abou Zeid, et au nord du Mali, les militaires français et africains affrontent aussi les hommes du Mujao (des Arabes et des Africains) et les Touareg d'Ansar Dine.

L'émir d'al-Qaida au Maghreb islamique, Abdelkader Droukdel, se cache dans un maquis de Kabylie. C'est de là qu'il dirige Aqmi au nord du Mali, et c'est lui qui va nommer un successeur à Abou Zeid. Certains spécialistes parlent de Mokhtar Belmokhtar. Celui-ci, mi-combattant islamiste mi-trafiquant, a rompu avec Aqmi l'été dernier pour mésentente avec Abou Zeid. Il n'en est pas moins le chef historique d'Aqmi dans la région. En outre, tous, Abou Zeid comme Belmokhtar, doivent compter avec le coordinateur nommé par Droukdel pour transmettre ses ordres aux différents chefs de guerre qui se veulent indépendants, mais se reconnaissent dans Aqmi pour se trouver un label.
Spécialiste de l'enlèvement d'Européens

Plusieurs raisons expliquent pourquoi Abou Zeid semblait être le chef d'Aqmi. La première, sa katibate, Tarik ibn Ziyad, constituée en 2002 par Abderrazak el-Para, un ancien militaire algérien, est la plus ancienne de la région. Elle rassemble aussi le plus d'hommes : entre 1 000 et 2 000 l'an passé. Son noyau dur serait fort actuellement de 500 combattants, bien armés et bien entraînés. La majorité d'entre eux est constituée d'Algériens issus, comme Abou Zeid, des maquis de l'ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat, NDLR) en Kabylie, voire des GIA (Groupes islamiques armés, NDLR). C'est contre eux que se battent les militaires français et tchadiens dans le massif du Tigharghar, au coeur de l'Adrar des Ifoghas.

La seconde raison : Abou Zeid, de son vrai nom Mohamed Ghdiri, Algérien âgé d'une quarantaine d'années, s'est fait le spécialiste de l'enlèvement d'otages européens. C'est cet homme de petite taille, d'allure presque chétive, taiseux, ne faisant confiance à personne, et qui déteste l'Occident "impie", qui détient les quatre otages français d'Areva et de Satom, kidnappés à Arlit en septembre 2011. Probablement dans le massif du Tigharghar, où se déroulent actuellement les combats. Ce sont les rançons payées en contrepartie des libérations d'otages européens qui lui ont permis de se constituer une caisse noire, d'acheter des armes, des moyens de transmission et de payer des recrues locales. Certaines sont reparties chez elles depuis le début de la guerre.

Si la mort d'Abou Zeid était confirmée, sa katibate pourrait être déstabilisée dans un premier temps, mais la guerre ne serait pas terminée pour autant. Reste à espérer que son successeur serait plus enclin à négocier une libération des otages. Quinze otages français sont aujourd'hui toujours détenus en Afrique.

Source : LePoint.fr
"Chroniques de l'Afrique et du Proche-Orient" par Mireille Duteil

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dimanche 10 février 2013

Armée de terre : L'Arme du Matériel à l'honneur !

L’Etendard du 4ème Régiment du Matériel décoré de la Croix de la valeur militaire avec palme.

Les projecteurs ne sont pas souvent braqués sur les militaires des unités de soutien de l’armée de Terre. Pourtant, ils assurent au quotidien des tâches indispensables au bon fonctionnement des troupes dites de contact et, par conséquent, au maintien des capacités opérationnelles des forces terrestres.

Comme plusieurs unités des trois armées avant lui, le 4ème Régiment du Matériel (RMAT) a reçu des mains du général Bertrand Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), la Croix de la Valeur Militaire avec palme, au début du mois. Il a ainsi été le premier régiment de soutien à recevoir une telle distinction.

“Les raisons pour lesquelles le régiment a été décoré de la Croix de la Valeur Militaire avec palme sont liées à sa mission dans le cadre de l’opération Pamir. Pendant l’engagement du régiment, un certain nombre d’actions se sont produites avec notamment une prise à partie des convois, des maintenanciers et des escadrons de transport” a expliqué le colonel Olivier Valade, le chef de corps du 4ème RMAT.

Le régiment, implanté depuis 1999 à Nîmes, a notamment armé le bataillon de commandement et de soutien (BCS) “Vulcain” lors du mandat d’hiver 2009-2010 en Afghanistan.

Créé en 1985, et relevant depuis 2010 du Service de la maintenance industrielle terrestre (SMITer), le 4ème RMAT est “une formation polyvalente et modulaire apte à fournir les éléments indispensables de soutien aux formations qui lui sont rattachées, tout en participant aux interventions hors métropole, souvent dans un cadre interarmées ou multinational (ONU-OTAN).”

Par exemple, en octobre 2012, la 1ère compagnie du 4ème RMAT est intervenue auprès du 2ème Régiment Etranger de Génie et a “réalisé en une semaine l’équivalent de trois semaines de production, en oeuvrant jour et nuit pour fournir huit véhicules entièrement révisés”, ses personnels étant “ainsi intervenus sur les PVP (petit véhicule protégé), VAB (véhicules de l’avant blindé), GBC et Minotaure” tout en effectuant une “préparation en vue de leur projection au Tchad au printemps prochain.”

Source : Zone Militaire


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mercredi 23 janvier 2013

Guerre de Libération du Mali : Deux compagnies du 92e RI et des VBCI pour l'opération Serval

Finalement, ce n’est pas une mais deux compagnies que le 92ème Régiment d’Infanterie de Clermont-Ferrand va envoyer au Mali, dans le cadre de l’opération Serval.

Dès le 12 janvier 2013, la 4ème compagnie du régiment, qui avait déjà pris en compte ses Véhicules blindés de combat d’Infanterie (VBCI), a commencé à préparer ces derniers en vue d’un prochain déploiement sur le théâtre des opérations malien. Près d’une semaine plus tard, soit le 18 janvier, la 1ere compagnie a reçu ses VBCI du parc d’alerte de la 5e base de soutien du matériel de Carpiagne (5e BSMAT).

Le lendemain, les fantassins de la 4e compagnie ont rejoint Miramas (Bouches-du-Rhône) et sa zone de regroupement et d’attente, lieu de destination d’autres unités de l’armée de Terre appelées à être prochainement projetées au Mali. Pendant ce temps, les VBCI ont été acheminés à Toulon par voie ferrée, afin d’être embarqués à bord du Bâtiment de projection et de commandement (BPC) Dixmude. La destination du navire de la Marine nationale n’a pas été précisée. En tout, le voyage devrait durer au moins 10 jours.

Le VBCI a notamment été engagé en Afghanistan et les retours d’expérience (RETEX) qui ont été faits par la suite ont été très positifs. D’une masse de près de 29 tonnes, il a un effet dissuasif sur les combattants adverses. Sur le théâtre afghan, seulement une roquette sur une quinzaine tirées par les insurgés ont atteint ces véhicules. Et encore, sans faire de dégâts. “On peut estimer que c’est en partie dû à la pression imposée au tireur par l’agressivité des tourelles”, pouvait-on lire dans un compte-rendu écrit par un capitaine du 35e RI, l’été dernier.

Un autre point fort du VBCI est sa grande mobilité (8 roues motrices), ce qui permet de s’approcher au plus près des positions tenues par l’adversaire et de le “déstabiliser”. Enfin, le véhicule offre une protection accrue aux fantassins. Pendant le mandat afghan, un engin explosif a ainsi “lacéré” deux pneus d’un blindé de ce type, sans que cela l’ait empêché de rejoindre sa base avancée et de repartir en mission deux heures plus tard.

Source : Zone Militaire

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lundi 3 décembre 2012

Défense nationale... A chacun son métier !

Soldat, le « métier » des armes
Au service de la défense et de la survie de la collectivité

Décidément, nos démocraties - et particulièrement la nôtre - sont bien malades car incapables d’affronter avec responsabilité et dignité certaines réalités.

Alors que la société pourrait, sous l’action militante de certains groupes de pression bien-pensants, s’acheminer vers la légalisation de l’euthanasie, c’est à dire donner la mort à un être humain en fin de vie, non pas finalement pour le délivrer de son calvaire mais bien plutôt pour supprimer le plus vite possible la souffrance morale que certains refusent d’assumer face à la souffrance physique de l’autre, elle récuse à présent - c’est nouveau - la mort de soldats tombés en opérations.

Alors que le lien fort qui existait entre la nation et son armée se délite peu à peu en raison notamment de l’abandon de la conscription, la professionnalisation des forces a rendu nos armées plus vulnérables dans leur relation avec la société civile avec le risque d’être discréditées à tort car considérées dorénavant comme une institution comme une autre, employant des professionnels comme une quelconque grande entreprise du CAC 40.

Bien que le « métier » des armes implique un rôle particulier au service de la défense et de la survie de la collectivité, c’est à dire de la nation, de ses intérêts ainsi que des valeurs qu’elle porte, avec des risques qui sont pleinement assumés par les intéressés, il semble que nos soldats qui tombent en opérations sont désormais passés du statut de héros à celui de victimes. Il est probable que la paix qui règne en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et la construction de l’Union européenne qui a suivi, d’une part, et l’apparition avec la première guerre du Golfe en 1990 de concepts ou d’idées utopiques comme le fameux concept de « zéro-mort », d’autre part, ont faussé la perception de la guerre dans l’opinion publique et contribué à ce refus qui devient obsessionnel aujourd’hui pour certains s’agissant de la mort de soldats en opérations sur des théâtres extérieurs.
On rendait généralement hommage à des héros mais on plaint dorénavant des victimes. Et si ce sont des victimes, c’est que des fautes ont été commises et il faut donc trouver un responsable.

C’est ainsi que les familles de deux de nos héros tombés en Afghanistan, à Uzbin, en 2008, ont saisi la justice en portant plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », initiative malheureuse qui non seulement soulève des questions délicates à la fois juridiques et déontologiques mais qui, de surcroît, pourrait avoir des conséquences dont on ne mesure pas l’étendue sur le plan opérationnel.

Contre l’avis du parquet, la Cour d’appel de Paris a donné son feu vert à l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « homicides involontaires » sur la mort de dix soldats français. Comme s’il s’agissait d’un accident du travail provoqué par la faute d’un chef d’entreprise ou d’un chef de chantier négligents en matière se sécurité. En fait, un fait divers comme un autre.

Les juges considèrent donc la plainte recevable alors qu’ils auraient dû la rejeter en se déclarant incompétents, ce qu’ils sont précisément ici car nous ne sommes pas dans un contexte de paix régi par le droit mais dans une situation de guerre, par définition incontrôlable, où s’affrontent avec la plus extrême violence deux camps et dans laquelle le soldat peut, du fait de sa fonction, donner la mort tout en sachant qu’il peut perdre sa propre vie.

Par ailleurs, comment codifier dans le droit des actions qui deviendraient pour le coup suicidaires sur le terrain en appliquant un corps de « règles » que de toutes façons l’adversaire ignore. Nous ne sommes plus au temps des chevaliers. En revanche nous vivons là en plein délire et le citoyen est en droit de se poser quelques questions.
Tout d’abord, quelle compétence et quelles connaissances les juges peuvent-ils revendiquer en matière d’opérations de guerre pour déterminer si une faute a été commise par la hiérarchie militaire ? Et s’il y a eu faute, à quel niveau pourraient-ils la situer ? Au niveau du commandant du dispositif qui se déplaçait sur le terrain, au niveau du commandant du bataillon, du régiment ou de la brigade concernés, au niveau du général commandant les éléments français ?

Par ailleurs encore, il ne doit pas échapper aux juges que nos forces en Afghanistan agissent sous mandat de l’ONU au sein d’une coalition dirigée par l’OTAN qui décide des missions et des moyens à engager sur le terrain quotidiennement. La chose n’est pas simple. Alors permettons-nous une digression. Le chef est toujours responsable, et chez le militaire ce principe est toujours appliqué et assumé contrairement à d’autres milieux. Mais si l’avocat d’une des familles plaignantes a pu affirmer qu’ "on n'avait pas le droit d'envoyer des soldats à la mort sans leur donner les moyens de se défendre, sans leur donner les moyens d'échapper à un guet-apens construit par la négligence, par le laxisme de la hiérarchie" ( !), on pourrait rappeler à ce dernier et à ceux qui pensent comme lui que les armées, et en particulier leurs chefs, obéissent au politique qui décide de les engager sur tel ou tel théâtre de guerre.

Du reste, c’est bien le président de la République qui est LE chef des armées et est donc responsable de leur engagement. Et puis, s’agissant des moyens mis à la disposition de nos forces armées rappelons également que les lois de programmation votées n’ont jamais été respectées et les budgets alloués sans cesse réduits par les élus de la République eux-mêmes. Chacun sait, c’est une constante, que les budgets de la Défense ont régulièrement joué la variable d’ajustement.

Et si nos soldats sur le terrain ne disposent pas de tous les moyens adaptés pour assurer leur sécurité, les politiques n’en sont-ils pas les premiers responsables ? Responsables mais pas coupables ? Alors, faudra-t-il désigner un bouc émissaire, un chef militaire de préférence, décrété coupable par les juges pour endosser une responsabilité qui n’est pas la sienne ? Pas responsable mais coupable tout de même ? Cela serait à l’évidence plus facile que de condamner l’Etat, ou le politique qui n’a pas fourni au chef militaire les moyens adaptés pour remplir sa mission.

D’autre part, cette initiative malheureuse des familles plaignantes n’est pas comprise et est très mal accueillie par nos soldats sur le terrain qui par le biais notamment de l’internet ont qualifié cette démarche d’« injure », de « honte » ou de « traîtrise » à la mémoire de leurs compagnons tombés. Elle marque un nouveau pas dans la judiciarisation des opérations militaires, ce qui posera indéniablement un problème complexe et risque de créer des situations dangereuses pour la vie de nos soldats en paralysant l’action militaire. En effet, dans les situations critiques, on attend des chefs une réaction rapide, parfois instinctive. Ils pourraient à présent être inhibés et être amenés à décider à contretemps, voire à ne pas décider ce qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques non seulement sur l’intégrité physique de nos soldats mais également sur la crédibilité et l’image de notre armée qui reposent, mais pour combien de temps encore, sur le sens du devoir, le professionnalisme et le sacrifice de ceux qui la servent malgré le manque de plus en plus criant de moyens.

Mais cette démarche inédite des familles qui se retournent contre l’institution militaire pour une action qui relève du « métier » de soldat met en évidence une réalité typique de l’évolution de notre société qui se caractérise par le déni de la mort. Et nous sommes en présence d’une contradiction totale avec l’engagement non pas consenti mais voulu par le soldat. Ce dernier est volontaire et sait qu’en opérations il risque sa vie en remplissant sa mission. Il est peut-être temps, si on veut éviter cette dérive mortelle que constitue cette judiciarisation des opérations pour nos armées, que le politique réfléchisse aux mesures nécessaires pour adapter le cadre juridique aux opérations de guerre pour les dégager clairement du droit du temps de paix.

Enfin, en étant impertinent et donc politiquement incorrect, le citoyen pourrait s’étonner que les juges aient accepté d’instruire une telle procédure, car pour instruire honnêtement à charge et à décharge, comptent-ils convoquer les chefs talibans à l’origine de l’embuscade meurtrière dans laquelle eux-mêmes ont perdu de nombreux combattants ? Envisagent-ils une reconstitution sur les lieux du combat ? La justice, mission régalienne de l’Etat, doit assurer la protection de la société, la sanction des comportements interdits et l’arbitrage des conflits entre personnes. Elle doit donc garantir le respect du droit par tous et sanctionner les infractions à la loi à partir de règles qui s’appliquent dans un Etat de droit et contenues dans le code de procédure pénale.

La guerre n’est en rien concernée par ce code de procédure. La Défense nationale, autre mission régalienne de l’Etat, assure, elle, l’intégrité du territoire et la protection de la population contre les agressions armées. Par ailleurs, en connexion avec notre diplomatie, elle doit être en mesure de remplir des missions qui découlent de nos obligations internationales, notamment sous mandat de l’ONU et qui s’exercent, c’est une évidence, dans un état de non droit qui comporte des risques énormes pour la vie de nos soldats. Alors, de grâce, à chacun son « métier » 

Source : Général (2S) Antoine Martinez


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