Valéry Tholy, lieutenant
du 17e RGP, mort pour la France en Afghanistan
Un lieutenant appartenant au 17e Régiment du Génie Parachutiste (17e
RGP) de Montauban a été mortellement touché, ce 7 septembre 2011, lors
d’un accrochage sérieux avec les insurgés afghans dans la
province de Kapisa, dans le cadre d’une opération de contrôle
de zone menée conjointement avec l’armée nationale afghane.
Environ 200 soldats afghans ont lancé une mission de fouille dans les
environs du village de Mobayan, à l’origine de plusieurs tirs de
roquettes vers des bases avancées françaises et
afghanes. Un détachement de 200 militaires français du Groupement
tactique interarmes « Raptor » a été également engagé en couverture du
dispositif.
Ce sont les unités françaises d’appui qui ont été violemment prise à partie
par les insurgés lors de la phase de désengagement des soldats afghans. La
violence des combats a demandé l’intervention de renforts. Des appuis-
feu ont été également délivrés par l’artillerie, ainsi que par
des drones, des hélicoptères et des
avions de combat. Leur tâche a été compliquée par
l’imbrication des rebelles au sein de la population civile. Il est à noter que
le mode opératoire des rebelles est quasiment identique à celui qu’ils ont
utilisé lors des combats près du village de Nawrozkhel, le 7 août dernier, au
cours desquels deux légionnaires du 2e REP ont été tués.
Au cours des combats, un lieutenant a donc été tué et plusieurs
militaires français ont été blessés. Parmi ces derniers, un a
été gravement atteint et deux autres sérieusement touchés. Ils ont été évacués
vers l’hôpital militaire français de Kaboul et celui de Bagram.
Une journaliste de TF1, Patricia Allemonière, qui suivait les soldats
français, a été légèrement blessée. La reporter a parlé d’une « embuscade
impressionnante », sans donner d’autres informations.
Selon l’Etat-major des armées, une douzaine d’insurgés ont été neutralisés
lors de la riposte des forces de la coalition et de l’armée afghane. Une
dizaine d’autres ont été fait prisonniers pendant l’opération de fouille.
Le décès de cet officier porte à 75 le nombre de militaires français
tués en Afghanistan depuis 2001. Le 17ème Régiment de Génie
Parachutiste avait déjà été endeuillé, cette année, avec la perte du sergent
Guillaume Nunes-Patego, et des adjudants-chefs Emmanuel Techer et Jean-Marc
Gueniat. Cette unité avait également déploré le décès du 1ere classe Kamel
Elward, le 15 mai 2006.
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L’officier du 17e Régiment du Génie Parachutiste (RGP) qui a été
mortellement touché lors d’un sérieux accrochage avec les insurgés afghans, ce
7 septembre, en Kapisa, est le lieutenant Valéry Tholy.
Originaire de Dijon, Valéry Tholy est admis à l’Ecole nationale des
sous-officiers d’active (ENSOA) de Saint-Maixent en septembre 1997. Nommé
sergent à l’issue de sa formation initiale, il rejoint l’Ecole supérieure et
d’application du Génie (ESAG) d’Angers en mars de l’année suivante.
Après sa spécialisation, il est affecté au 31e Régiment du Génie de
Castelsarrasin en qualité de chef de groupe de combat. Promu sergent-chef en
2003, il est muté au Centre national d’entraînement commando de Mont-Louis deux
ans plus tard, en tant qu’instructeur des techniques
commandos. Dans le même temps, il prépare avec succès le
concours d’officier d’active des écoles d’armes.
Nommé aspirant en septembre 2007, il retrouve l’ESAG dans la foulée. Major
de sa promotion à l’issue de sa formation initiale d’officier d’active, il est
affecté au 17e RGP en 2008, avec les galons de sous-lieutenant.
Ayant suivi la formation d’équipier commando parachutiste, il est promu au
grade supérieur le 1er août 2009. Selon sa hiérarchie, le lieutenant Tholy
était doté de « belles qualités humaines » et du « sens de l’équité ». Il était
en outre un « officier solide et déterminé, (…), particulièrement aguerri et
expérimenté, possédant un sens tactique développé et commandant avec charisme
et justesse ».
Au cours de ses 13 années de service, le lieutenant Tholy a été déployé en
Yougoslavie, en Côte d’Ivoire, à
Djibouti et en République
Centrafricaine. Il était présent en Kapisa depuis le 1er août
dernier, avec le Groupement tactique interarmes (GTIA) Raptor.
Il était titulaire de Croix de la valeur militaire avec
étoile d’argent, de la Croix du combattant, de la médaille
d’outre-mer avec agrafes « République de Côte d’Ivoire » et « République
centre-africaine », de la médaille d’argent de la Défense nationale avec
agrafes « Génie » et « mission d’assistance extérieure », du titre de
reconnaissance de la Nation, de la médaille commémorative française avec agrafe
« ex-Yougoslavie » et de la médaille OTAN « Kosovo ». Il était
également chevalier de l’ordre du Mérite ivoirien.
Âgé de 36 ans, marié, le lieutenant Valéry Tholy laisse trois enfants, âgés
de 5, 7 et 9 ans.
Source : Zone Militaire
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