Des professionnels de santé sont mobilisables en cas de catastrophe sanitaire ou d’épidémie !

Pour faire face à une catastrophe sanitaire ou une épidémie de grande ampleur, la France dispose, entre autres, d’une « réserve sanitaire ».
Ces professionnels de santé, volontaires, peuvent être mobilisés partout en France pour venir en appui d’autres soignants.

Qui sont-ils ? Comment sont-ils mobilisés ? Que font-ils dans le cadre de la lutte contre le coronavirus ? « 20 Minutes » fait le point.

Comment mobiliser du jour au lendemain des infirmières, des psychologues, des radiologues pour faire passer des milliers de tests et soigner des centaines de patients en cas d’épidémie, voire de pandémie de coronavirus ?
Des soignants, volontaires, peuvent quitter leurs fonctions et partir pour une mission précise très rapidement en cas de catastrophe ou d’urgence sanitaire : ils font partie de ce qu’on appelle la « réserve sanitaire ».

Ce dispositif, déjà sollicité, qui pourrait s’avérer bien utile dans les semaines à venir.

Qui peut être réserviste ?

Des médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, psychologues, mais aussi des agents hospitaliers non soignants (cadres, ingénieurs) peuvent faire partie de cette « réserve sanitaire ». Elle est composée de professionnels de santé volontaires en activité – qui travaillent dans le public, dans le privé, en libéral –, mais également de retraités et d’internes et étudiants en pharmacie.

« La constitution de la réserve doit tenir compte de la diversité des ressources et mettre en adéquation les profils aux missions », précise ce document du ministère de la Santé. Santé Publique France, qui chapeaute ce dispositif, précise que cet engagement ne nécessite pas une préparation physique particulière. Et qu’il suffit, pour rejoindre cette réserve sanitaire, de s’inscrire sur une plateforme.

Dans quels cas sollicite-t-on les réservistes ?

Plusieurs cas de figure : des phénomènes infectieux épidémiques (grippe, chikungunya, dengue ou, comme c’est le cas actuellement, le nouveau coronavirus), des situations climatiques extrêmes et durables (canicule, grand froid) susceptibles d’entraîner des tensions sur l’offre de soins. Autres situations, où cette fois la réponse doit être plus rapide : accident technologique, action terroriste.

Ces professionnels viennent en appui dans les hôpitaux, pour les maraudes, les campagnes de vaccinations, pour les réponses téléphoniques urgentes ou encore pour accompagnement médicalement les rapatriés.

Qui décide de mobiliser la réserve sanitaire ?

Si c’est Santé Publique France (qui a remplacé en 2016 l’Institut de veille sanitaire) qui organise ce dispositif, il faut, pour le mobiliser, qu’une demande soit effectuée par le ministère de la Santé, un autre ministère (Affaires étrangères, Défense…), ou bien une Agence régionale de Santé. Comment cela se passe-t-il alors ? Aucun réserviste n’est obligé de partir sur-le-champ. « Lorsqu’une mission est déclenchée, un appel urgent à candidatures – une « alerte »- est adressé par Santé publique France, par mail, à l’ensemble des réservistes de la ou des professions recherchées, précise l'autorité de santé. L’appel à candidatures présente précisément la mission, la ou les dates de départs programmées, les compétences professionnelles recherchées, les conditions d’aptitude éventuellement exigées. ». Combien sont-ils en tout ? Autour de 3.500, à en croire nos confrères de LCI.

Sont-ils déjà mobilisés ?

Oui, depuis un arrêté publié le 30 janvier au Journal officiel. Qui précise que la ministre des Solidarités et de la Santé avait alors mobilisé la réserve sanitaire à hauteur de 50 réservistes, à compter du 25 janvier 2020 pour une durée de 4 semaines renouvelable une fois. Ce contingent a évolué depuis.  Dans cette interview publiée sur le site Santé Publique France, Catherine Lemorton, cheffe de la réserve sanitaire, explique que dans le cadre du coronavirus, le ministère a attribué deux missions aux 700 réservistes qui se sont portés volontaires : informer et accueillir les rapatriés de Chine, dont les réservistes assurent le suivi médico-psychologique.
Une équipe de réservistes a en effet été envoyée à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône), zone où des Français ont été maintenus en quarantaine pendant quatorze jours et où l’ancienne ministre, Agnès Buzyn, a salué leur engagement.

Comment sont-ils organisés ?

Santé Publique France souligne que deux équipes fonctionnent différemment. Une première, qui informe à Roissy les personnes en provenance de Chine, est composée de trois binômes médecin/infirmier, qui se relaient sur les plages horaires d’arrivée des avions (4h30-9h30 et 15h30-19h30). Une seconde est mobilisée « pour l’accueil de nos ressortissants et leur suivi pendant les 14 jours de confinement. Les équipes sont composées de 3 médecins, 3 infirmiers, 3 psychologues, 3 hygiénistes, 1 épidémiologiste et 1 référent chef de mission. Soixante réservistes sanitaires se relaient 24h/24 et 7 j/7 pour un des sites, 2 médecins, 2 infirmiers, 2 psychologues, 1 épidémiologiste et 1 référent chef de mission pour l’autre site », précise la cheffe de la réserve sanitaire. 

Des mesures qui pourraient être amplifiées si le nombre de cas de coronavirus augmentait en France...

Source : 20minutes.fr

Ndlr : En soutien de ce dispositif civil, les réservistes du Service de Santé des Armées (SSA) pourraient eux aussi êtres mobilisés. Par ailleurs certains hôpitaux d'instruction des armées (HIA) sont d'ores et déjà intégrés à la lutte contre contre le Corona-virus, comme par exemple, les HIA Lavéran à Marseille, Sainte-Anne à Toulon ou Bégin à Saint-Mandé.