Aller là où les autres ne veulent pas aller

C'est la devise de l'ET 60, mais elle s'applique parfaitement à l'escadron de transport 3/60 Estérel : un de ses Airbus A340 a été chargé d'aller chercher des Français en Chine, afin de les extraire d'une zone contaminée par le coronavirus. 

On ne peut pas en être surpris, la compagnie nationale française a décliné la mission, c'est donc l’Estérel qui y est allé, pour l'instant avec un A340. Il lui reste des réserves, la flotte compte désormais des Airbus A340-200 et des Airbus A310-300, après le retrait l'an dernier d'un premier A310. Pour l'heure, la France n'a pas engagé ses plus précieux Airbus A330 Phénix (272 sièges en haute densité). 

Au retour du vol, a priori en France, les passagers subiront pendant 14 jours un sas médical. C'est le délai d'incubation de la maladie. Des  précautions particulières seront prises pour les équipages et l'avion. 

Cette première pourrait s'accompagner d'autres destinations, puisqu'il y a peu de probabilités pour que le droit de retrait des civils ne s'applique pas ailleurs. Et que le coronavirus s'éteigne tout de suite. Bref, une telle mission pourrait même, potentiellement, surpasser toutes les autres de l'escadron (un cas de figure à ne pas écarter). 

Le coronavirus fait peur, comme avaient fait peur, en leur temps, les conséquences de l'accident nucléaire de Fukushima, au Japon. L'Estérel avait alors enfourché ses Airbus pour aller chercher les Français piégés cette fois par un risque encore plus grave. A l'époque, pour gagner du temps, les avions blancs allaient chercher les Français au Japon et les déposaient en Corée, ce qui permettait d'obtenir une haute cadence d'évacuation. Les avions civils continuaient à décoller de Corée. 

Le droit de retrait n'existe pas à l'Estérel, juste le culte de la mission. Comme pour aller chercher des Français piégés aux Antilles après une tornade, des Français piégés par la guerre civile ivoirienne... 

C'est aussi le même qui transporte les militaires entre la France et les zones d'opérations : pas de chance, ce vol Coronavirus 001 (qui sera peut-être suivi par d'autres) tombe en pleine période de relève sur certains théâtres. 

Il y aura sans doute des décalages ici ou là. On n'imagine pas faire attendre plus longtemps les Français de Chine, cela ferait tout-de-suite un sujet pour le journal de 20 heures. 

A la place, on fera attendre des militaires (dont beaucoup, à tort, ont baptisé l'Estérel "Maybe Airlines") 

L’escadron de transport (ET) 3/60 « Estérel » est né de la volonté de la France de se doter de l’arme nucléaire. En 1964, en effet, la France procède à des essais nucléaires en Polynésie française. Le  DC-8-55 est alors le seul avion long-courrier dédié aux liaisons entre la métropole et la Polynésie capable de voler 12 heures sans escale. Il permet au groupe de liaisons aériennes ministérielles (GLAM) d’assurer les premières liaisons dans le Pacifique et son premier voyage officiel au profit du général Charles de Gaulle.

Aujourd’hui, le bâtiment du commandement de l’unité est installé sur la base aérienne 110 de Creil et ses cinq Airbus sont parqués à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle.

Les avions de l’ « Estérel » assurent désormais l’acheminement des soldats français sur les théâtres d’opérations extérieures et les territoires français outre-mer. Cette unité opérationnelle est également chargée des missions d’accompagnement lors des voyages officiels présidentiels ou ministériels.

Sur préavis très court, l'ET 3/60 « Estérel » effectue aussi des missions d'évacuation de ressortissants français à l'étranger. En 2011, par exemple, il a procédé à l'évacuation de 545 ressortissants au début de l'opération Harmattan en Libye et à l'évacuation de 1024 ressortissants au Japon au lendemain de l'explosion de la centrale de Fukushima.

L'escadron assure également des missions d'évacuation sanitaire (EVASAN). En juin 2017, l'escadron a ainsi rapatrié une dizaine de civils ou de soldats blessés lors d'une opération aéroportée dans le nord du Mali. Les personnels de l'escadron ont alors dû mettre en œuvre, sur très court préavis, un Airbus A340 configuré de façon à pouvoir embarquer les blessés et leur prodiguer les premiers soins en vol et les ramener en toute sécurité sur le territoire national.

L' « Estérel » effectue également des missions d'aide humanitaire au profit de populations en situation de détresse suite à des catastrophes climatiques, géologiques et humaines. Son intervention au lendemain du passage de l’ouragan Irma aux Antilles en septembre 2017 a montré une nouvelle fois la capacité de déploiement des aéronefs de l’unité sur très court préavis.

Source : FNCV

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.