Les forces spéciales américaines seront bientôt dotées de nouveaux submersibles de combat.

Alors qu’il était au mouillage dans le port de Pula [Croatie], à l’aube du 1er novembre 1918, le cuirassé austro-hongrois Viribus-Unitis fut secoué par de terribles explosions, qui l’envoyèrent par le fond. Et ce n’était pas un accident… En effet, deux nageurs de combat italiens avaient réussi à franchir les filets anti-torpilles protégeant l’entrée de la rade pour fixer sur la coque du navire des mines ventouses. Et cela, grâce à la Mignatta, une « torpille automotrice » mise au point par Raffaele Rossetti.

Depuis, ce concept s’est amélioré et fait partie des capacités que maîtrisent les nageurs de combat des forces spéciales, notamment pour s’infiltrer dans les zones hostiles. Mais il ne s’agit plus de bricoler une torpille. Désormais, on parle de « propulseur sous-marin » [ou de « Swimmer delivery vehicle]. Les commandos marine français disposeront d’ailleurs d’un nouveau modèle, le PSM3G [pour propulseur sous-marin de troisième génération], qu’ils pourront mettre en oeuvre depuis le hangars de pont [Dry Deck Shelter] des sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] de la classe Suffren quand ils seront en plongée.

Actuellement, aux États-Unis, les Navy Seals utilisent des Mk8 SEAL Delivery Vehicle depuis 1983. Mais le Naval Special Warfare Command a lancé un programme pour les remplacer, appelé « MK11 Shallow Water Combat Submersible » [SWCS].

Développé depuis 2011 par Teledyne Brown Engineering, ce Mk11 SWCS tient plus du submersible de poche que du propulseur sous-main. En effet, avec ses 4,5 tonnes de déplacement et ses 6,8 mètres de longueur, il sera « habité », avec deux membres d’équipage et quatre « passagers ».

Propulsé par des moteurs électriques alimentés par des batteries lithium-ion, le Mk11 SWCS sera en mesure d’évoluer à la vitesse de 6 noeuds. D’une autonomie de 12 heures et pouvant plonger jusqu’à 58 mètres de profondeur, il sera équipé d’un système de navigation inertiel, d’un sonar haute fréquence pour détecter les obstacles et les mines ainsi que d’un périscope électro-optique. En outre, il pourra être déployé depuis un sous-marin ou un navire de surface.

Pour mettre au point le Mk11 SWCS, Teledyne Brown Engineering a obtenu un contrat de 383 millions de dollars. Mais ce programme a connu des retards et des dépassements de coûts, ce qui a conduit le Congrès à trancher dans le vif lors des débats budgétaires, en 2016. Un prototype a été livré au Naval Special Warfare Command en mai 2018.

Finalement, le 27 septembre 2019, le Pentagone a annoncé qu’il venait d’attribuer un nouveau contrat de 41 millions de dollars afin de pouvoir lancer la production du MK11 SWCS. « Les travaux contractuels seront exécutés à Huntsville, en Alabama, et devraient être achevés d’ici décembre 2022 », précise l’avis.

Au total, dix exemplaires de ce MK11 SWCS doivent être livrés aux forces spéciales américaines, en particulier aux deux « SEAL Delivery Vehicle Team » [SDVT], dont l’une a été réactivée en mars dernier.

Le Special Service Boat [SBS] britannique est également intéressé par ce nouvel équipement. En septembre 2018, la Defense Security Cooperation Agency [DSCA], chargée des explorations américaines de matériels militaires, a émis un avis favorable à l’acquisition par le Royaume-Unis de trois MK11 SWCS pour un montant estimé à 90 millions de dollars [coûts de la logistique et de la formation inclus].

Source: ZONE MILITAIRE


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