Sous l’effet conjugué de la réforme du ministère de la Défense et de la Révision générale des politiques publiques [RGPP], les services de soutien perdirent 20.000 postes entre 2009 et 2015. Ce qui mit l’effectif du Service des essences des Armées [SEA] sous de « fortes tensions », dans un contexte, qui plus est, marqué par une activité opérationnelle intense.

« Entre 2008 et 2011, le service des essences des armées a subi une première baisse de 11 % de ses effectifs. Dans le cadre de la LPM [Loi de programmation militaire] 2014-2019, le mandat reçu par le SEA prévoyait une nouvelle diminution de 250 ETP [12 % des effectifs], ramenée à 102 postes après l’actualisation de la LPM. Ces évolutions concernent essentiellement le personnel civil pour préserver la capacité de projection militaire du service et maintenir son niveau de réponse au contrat opérationnel », était-il ainsi souligné dans un rapport pour avis publié en novembre 2016 par l’Assemblée nationale.

Seulement, le personnel militaire du SEA était alors déployé en opérations extérieures [OPEX] plus souvent qu’à son tour, avec des « taux de projection » oscillant entre 30 et 37% sur la période 2012-15. Voire plus pour certaines spécialités. Entre 2013 et 2015, entre 50 et 60% de l’effectif des sous-officiers spécialisés en maintenance des matériels fut « projeté » en OPEX. Et s’agissant des militaires du rang, la « période comprise entre deux projections fut divisée par deux entre 2012 et 2014 ».

Avec l’entrée en vigueur de la LPM 2019-25, qui se veut à « hauteur d’homme », la situation du SEA semble s’améliorer un peu. « En 2018, le Service rencontrait encore un déficit RH de grande ampleur mais un effort partagé avec la DRH de l’armée de Terre a permis de recruter puis de former cinq contingents d’engagés volontaires », s’est félicité l’Ingénieur général de 1re classe Jean Charles Ferré, le directeur central du service des essences des armées; dans son dernier rapport d’activité [.pdf].

Mais il y a encore un gros bémol… « Néanmoins, […] le SEA demeure confronté à un déficit en sous-officiers qui nécessitera à l’avenir des efforts de compréhension et d’adaptation au marché de l’emploi », a en effet ajouté son directeur.

En 2018, le SEA comptait 1443 militaires et 675 civils [soit 0,8% de l’effectif du ministère des Armées] pour « assurer l’appui de bout en bout de l’ensemble des forces armées, sur le théâtre national comme à l’étranger. »

Le personnel civil est surtout chargé des missions d’expertise [produits, équipements, infrastructure], de maintenance et de soutien [finances, achat, ressources humaines, prévention…], ce qui permet aux militaires du SEA de se consacrer « principalement à la mission opérationnelle, en particulier la projection. »

« L’adéquation obtenue à ce jour entre personnel civil et personnel militaire, a permis de mettre en place une organisation en mesure de répondre à la fois aux besoins de projection et d’entraînement des militaires, mais également aux missions permanentes des plates-formes aéronautiques et navales sur le territoire national et aux besoins d’expertise », explique le SEA dans son rapport d’activité.

Parmi ses 1443 militaires, on compte 53 ingénieurs des essences [IME], 159 officiers logisticiens, 334 sous-officiers ainsi que 897 militaires du rang, qui « occupent des fonctions d’opérateurs avitailleurs ou de maintenanciers pétroliers au sein des dépôts. »

Le SEA comprend deux « corps » de sous-officiers : ceux qui sont recrutés comme maréchaux-des-logis, chefs de groupes puis sous-officiers adjoints au sein de ses unités, et ceux qui sont recrutés sur concours parmi les sous-officiers et militaires du rang des armées et services [15 à 20 par an]. Ces derniers « exercent des fonctions d’encadrement puis d’expertise » et ils « sont nommés agents techniques [équivalent adjudants] à l’issue de leur scolarité qui leur délivre un brevet supérieur technique. »

Source : Zone Militaire - Photo : SEA

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