Lutte contre l'orpaillage clandestin : Trois militaires meurent accidentellement en Guyane !

Cinq autres militaires sont hospitalisés, dont un dans un état grave, après avoir été victimes d'émanations toxiques au fond d'une galerie.

Mercredi, trois militaires sont morts accidentellement et cinq autres ont été blessés, dont un grièvement, dans une opération contre l'orpaillage clandestin en Guyane, a indiqué ce jeudi la ministre des Armées. «J'ai appris cette nuit avec beaucoup de tristesse la mort accidentelle de trois militaires français lors d'une mission dans le cadre de l'opération Harpie de lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane», a indiqué Florence Parly.

«Alors que les militaires s'apprêtaient à disposer des charges explosives pour détruire les installations souterraines des orpailleurs, huit d'entre eux ont été victimes d'émanations toxiques au fond d'une galerie. Immédiatement évacués et pris en charge par les premiers secours, trois militaires sont décédés», a-t-elle précisé dans le communiqué. «Les cinq autres ont été évacués à Cayenne où ils ont été hospitalisés. L'un d'entre eux est dans un état grave», ajoute le texte.

L'armée de Terre en deuil

Ce jeudi matin, le général Jean-Pierre Bosser, chef d'état-major de l'armée de Terre, a exprimé sur Twitter sa «profonde tristesse» et a publié les photos des trois victimes, le sergent-chef Edgar Roellinger (27 ans), le caporal-chef de 1ère classe Cédric Guyot (31 ans) et le caporal-chef Mickaël Vandeville (30 ans). «Je reste préoccupé par l'état de santé de leurs cinq camarades blessés que j'assure de tout mon soutien», a aussi écrit le général Bosser.

De son côté, le général François Lecointre, chef d'état-major des armées, a adressé ses «pensées» à «la famille et aux frères d'armes» des trois militaires, membres du 19e régiment du génie à Besançon, qui effectuaient une mission de courte durée en Guyane.

132 sites aurifères illégaux

Le procureur adjoint de Cayenne, Jean-Claude Belot, avait confirmé à l'AFP mercredi soir (jeudi heure de Paris) une information du média local Guyane la 1ère faisant état de la mort de trois militaires. Jean-Claude Belot avait donné pour «certaine» la cause accidentelle. La zone du drame est une zone forestière isolée du sud-ouest guyanais, dans le secteur «Saint-Jean/Abounami», sans voie terrestre vers le littoral et sans réseau téléphonique, selon le parquet.

Ce secteur se situe au sein du Parc amazonien de Guyane, vaste espace protégé, où les chiffres disponibles montrent une forte présence de sites aurifères illégaux. Selon la dernière mission de survol du parc, effectuées sur plusieurs jours fin janvier dernier, 132 sites aurifères illégaux y avaient été identifiés (123 sites alluvionnaires et 9 sites d'extractions d'or primaires avec puits) soit dix de plus que fin août 2018, lors de la précédente mission aérienne. Il s'agit de l'un des chiffres les plus élevés de ces onze dernières années.

Plusieurs morts en Guyane ces dernières années

L'armée doit déplorer plusieurs décès en Guyane ces dernières années. En août 2018, un militaire du 3e régiment étranger d'infanterie est mort et treize autres ont été blessés, dont cinq gravement, dans un accident de la route

En décembre 2017, le sergent Alexandre Chan Ashing, de la 1ère compagnie du 9ème régiment d'infanterie de marine, a été mortellement blessé par un tir accidentel de sa propre arme alors qu'il regagnait en pirogue sa base de Saint-Jean-du-Maroni après une opération de lutte contre l'orpaillage dans le cadre de l'opération Harpie.


En juin 2012, lors d'une opération conjointe de l'armée et de la gendarmerie visant à lutter contre l'orpaillage - là aussi dans le cadre de l'opération Harpie -, deux militaires sont décédés après être tombés dans une embuscade. Trois gendarmes ont aussi été blessés, dont un grièvement.

Source : LeFigaro.fr / AFP

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