Le 17 juin 2019, l’État-major des armées [EMA] a publié un communiqué pour annoncer que, quatre jours plus tôt, dans le Liptako malien, la force Barkhane venait de mettre hors de combat un groupe armé terroriste [GAT] fort d’une vingtaine de combattants liés à l’État islamique au grand Sahara [EIGS].

Il aura fallu attendre quelques jours de plus pour en savoir davantage. Ainsi, appelée « Aconit », l’opération qui a permis ce résultat a été planifiée et conduite avec « un très faible préavis », à la demande du président nigérien Mahamadou Issoufou, en réponse à l’embuscade qui, tendue par l’EIGS à Baley Beri [Niger], fit plus d’une vingtaine de tués parmi les forces armées nigériennes [FAN], le 13 mai dernier.

Cette opération a été mené en partenariat avec les Forces armées maliennes [FAMA] et nigériennes. La coordination entre les différents acteurs a été primordiale étant donné que plusieurs secteurs, situés de part et d’autre de la frontière séparant le Mali et le Niger, ont été concernés par cette intervention [comme les villages d’Akabar, In Taglal, Kosseye, Tongo Tongo, Tabarkone, Zongo Dey et In Foukareteine].

Au total, la force Barkhane a engagé la quasi-totalité de ses composantes et fourni le gros des troupes, avec 400 militaires et près d’une centaine de véhicules du Groupement tactique désert [GTD] « Edelweiss », dont des AMX-10RC qui ont eu à faire parler la poudre. À cela, il faut ajouter les groupes commandos, le groupe tactique « aérocombat » Hombori 22, des Mirage 2000 du détachement Chasse de Niamey, des drones MQ-9 Reaper et un avion Atlantique 2 de la Marine nationale.

« À leurs côtés, les forces armées maliennes et nigériennes ont respectivement engagé une section et une compagnie, combattant aux côtés de Barkhane sur leurs territoires respectif », a précisé l’EMA.

Tout s’est joué grâce à l’exploitation rapide des renseignements fournis par les FAN. Dès que la présence du groupe jihadiste a été confirmée dans la forêt d’Azambara, une « série d’actions dans la profondeur a été lancée […], mêlant héliportage de commandos, frappes aériennes par les hélicoptères du GTD aérocombat ‘Hombori 22’ ainsi que par les Mirage 2000, opération de bouclage – ratissage par le GTD ‘Edelweiss' », raconte l’EMA.

« Cette rapidité d’exécution et la rapidité de la manœuvre ont permis de créer un effet de choc sur le groupe armé terroriste clairement identifié, appartenant à l’Etat islamique au Grand Sahara, et de le contraindre à l’affrontement », fait-il encore valoir.

Lors de cette opération, un hélicoptère d’attaque Gazelle a dû faire à un atterrissage d’urgence. Et son équipage [trois militaires] a été évacué vers la France par « mesure de précaution ». Dans les explications qu’il a données ce 20 juin, l’EMA ne revient pas sur cet incident. Comme il passe aussi sous silence certaines affirmations du gouvernement nigérien, lequel a évoqué un « soutien du partenaire américain », via un communiqué publié ce 20 juin.

Par ailleurs, le ministère nigérien de la Défense a donné le bilan de « 18 terroristes neutralisés » et de « 5 terroristes, dont trois Nigériens, faits prisonniers. »

Quoi qu’il en soit, ce groupe armé terroriste était certainement lié à l’embuscade de Baley Beri.

« L’opération ACONIT aura permis de neutraliser plus d’une vingtaine de terroristes et de saisir un volume conséquent de ressources comprenant des armes de petits calibre, un lance-roquette, une vingtaine de motos et des moyens de communication. Le matériel saisi a permis de confirmer le lien entre ce groupe terroriste et l’attaque contre les FAN du 14 mai 2019 à Baley Beri. En particulier, des moyens optiques dérobés au FAN à cette occasion ont été retrouvés », a en effet indiqué l’EMA.

Source : Zone Militaire - Photos : État-major des armées


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