Un régiment ne meurt jamais : il est seulement mis en sommeil

Évoquer le 6e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa] fait immanquablement penser à la guerre d’Indochine et au général Marcel Bigeard. Sous les ordres de ce dernier, cette unité, alors appelée « 6e Bataillon de Parachutistes Coloniaux » [BPC] participa aux combats de Tu Lê, en octobre 1952, lors d’une offensive du Vietminh sur Nhia Lo, et s’illustra notamment lors de l’opération Hirondelle qui, menée en juillet 1953, consista à détruire des dépôts d’approvisionnement ennemis à Lang Son.

Mais la grande affaire du 6e BPC/RPIMa sera la bataille de Dien Bien Phu. Toujours sous les ordres du commandant Bigeard, la bataillon fut sollicité une première fois pour prendre le contrôle de la « cuvette » lors de l’opération Castor… Et une seconde fois, le 16 mars 1954, pour la défendre, au prix de combats héroïques et de lourdes pertes. Dissous, il fut recréé sous le nom de 6e Régiment de Parachutistes Coloniaux [RPC] à Marrakech, en 1955, avant d’être transféré en Algérie, où il prendra notamment part à aux opérations « Kabylie 16 » et « Jumelles » ainsi qu’aux violents combats du secteur de Djelfa-Bou Saâda.

En 1961, sous l’appellation de 6e RPIMa, le régiment s’installa à Mont-de-Marsan. Pouvant être projeté sur des théâtres extérieurs avec des appelés du contingent, il fut engagé au Liban, au Cambodge et en ex-Yougoslavie, où il fut déployé sur l’aéroport de Sarajevo.

Avec la fin annoncée du service national, prise en 1996, le 6e RPIMa fut de nouveau dissous. Mais un régiment ne meurt jamais : il est seulement mis en sommeil.

En 2017, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Jean-Pierre Bosser, décida de confier la garde d’étendards d’unités dissoutes aux Centre de Formation Initiale des Militaires du rang [CFIM]. Et, presque naturellement, celui de la 11e Brigade Parachutiste, installé à Caylus, reçut le drapeau du 6e RPIMa.

« Symboles de valeurs et de passé prestigieux, ces emblèmes serviront de guide qui nourrira le quotidien du personnel qui y sert ou y est formé », avait expliqué l’armée de Terre, à l’époque.

Pour l’anecdote, le sous-officier qui mit « sous cloche » le drapeau du 6e RPIMa au moment de sa dissolution, en 1998, fut le même qui le récupéra pour le remettre au CFIM/11e BP de Caylus.

Mais le CEMAT, il s’agissait d’aller encore plus loin. Ainsi, il a décidé d’associer chaque CFIM au nom d’un régiment dissous. D’où la nouvelle appellation de celui de la 11e BP, qui porte désormais le nom de 6e RPIMa. Cette décision a été annoncée dans l’ordre du jour n°18, signé par le général Patrick Collet, le commandant de la 11e Brigade Parachutiste.

« Sur ordre du général Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre, je déclare que le CFIM de la 11e BP porte désormais le nom de 6e RPIMa. En ce lieu, en cet instant, les paras du 6, ceux de Mao Khé, de Tulé [Tu Lê, ndlr], de Dien Bien Phu, des Aurès, du Liban, du Cambodge, du Tchad, de Sarajevo… reprennent pleinement leur place dans nos rangs », lit-on dans cet ordre du jour.

Source : Zone Militaire - Photo : Armée de Terre


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