En janvier 2012, les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad lancèrent les hostilités dans le nord du Mali, en attaquant plusieurs garnisons militaires avec le concours de déserteurs des forces armées maliennes [FAMa] et de groupes jihadistes qui avaient flairé le bon coup.

Puis, après avoir pris le contrôle de Kidal et de Tombouctou, ces derniers rompirent leur alliance avec les rebelles touaregs en les chassant de Gao, où le MNLA avait établi son quartier général. La suite est connue : Bamako demanda l’assistance militaire de la France, qui lança les opérations Serval [janvier 2013 – août 2014] et Barkhane.

Il était alors estimé qu’environ un millier de soldats des FAMa avaient rejoint les rangs des rebelles touareg en 2012. Et on aurait pu penser que leur choix de tourner leurs armes vers leurs camarades allait être définitif et qu’aucune mesure de mansuétude allait leur être appliquée. Finalement, ce ne sera pas le cas.

En effet, les autorités maliennes ont indiqué, le 5 février dernier, que 5.000 membres de milices et de groupes armés implantés dans le centre du pays avaient rejoint le processus « Désarmement, Démobilisation et Réinsertion » [DDR], prévu par les accords de paix d’Alger.

« À la date butoir du 31 janvier fixée par le premier ministre, 5.000 combattants ont été enregistrés comme détenant des armes de guerre, dont 600 ont déjà déposé une arme », a ainsi affirmé, auprès de l’AFP, Zahabi Ould Sidy Mohamed, le président de la Commission nationale Désarmement, Démobilisation et Réinsertion.

Et tous ne sont pas d’anciens membres de milices d’autodéfense ou de groupes armés favorables à l’indépendance de l’Azawad. « Parmi eux, il y a d’anciens jihadistes », a en effet précisé M. Ould Sidy Mohamed.

Quatre jours plus tard, le président de la commission « DDR » a indiqué que sur « un millier de déserteurs, 538 ont répondu physiquement présents » à un appel invitant les anciens militaires à se faire connaître et enregistrer. Et, visiblement, c’est une bonne nouvelle pour l’état-major des FAMa.

« Dans le cadre de la mise en oeuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation [APR] issu du processus d’Alger, des personnels anciennement membres des FAMa, mais qui avaient déserté, regagnent la famille des FAMa », s’est-il en effet réjoui. Sont concernés les officiers, les sous-officiers et les militaires du rang.

Cependant, précise l’état-major malien, ces anciens déserteurs « suivront un recyclage avant leur redéploiement. »

Pour M. Ould Sidy Mohamed, « c’est une bonne chose pour le processus du DDR et pour la paix. » Et, a priori, d’autres déserteurs pourraient prendre le même chemin. « Certains de la CMA [Coordination des mouvement de l’Azawad, ndlr] ont répondu à l’appel. Et d’autres militaires qui sont encore tapis dans les groupes armés ont déjà annoncé qu’ils arrivaient. C’est vraiment très bon signe pour le processus », a-t-il ajouté.

Cependant, la CMA regroupe des formations qui jouent un double-jeu. Tel est le cas du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad [HCUA], qui compte dans ses rangs des membres se disant en rupture de ban avec le groupe jihadiste Ansar Dine.  »

Le HCUA « est un des groupes signataires des accords d’Alger mais en même temps, clairement, il n’hésite pas à afficher une forme de proximité avec Iyad Ag Ghali et Ansar Dine, que ce soit une proximité sur le fond ou d’hommes », avait-on dénoncé au ministère français des Armées, en juin 2016. De quoi laisser craindre, dans le cas où des mesures précautions seraient insuffisantes ou incorrectement appliquées, des incidents de type « green on blue », une expression utilisée pour les cas où des soldats sont attaqués par l’un des leurs.

Source : Zone Militaire

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