Des débris du Mirage 2000 retrouvés sur le secteur Mignovillard

L'avion de chasse Mirage 2000 a disparu des radars ce mercredi 9 janvier peu avant midi. Le mirage 2000D biplace en provenance de la base aérienne de Nancy-Ochey en Lorraine transportait deux militaires.

Par France 3 Franche-Comté Publié le 09/01/2019 à 12:56 Mis à jour le 09/01/2019 à 19:24
Un mirage 2000D biplace en provenance de la base aérienne de Nancy-Ochey a disparu des radars de surveillance peu avant midi ce mercredi 9 janvier. Le plot radar a disparu des écrans alors qu'il survolait le massif du Jura en fin de matinée. L'appareil était non armé. Deux personnels militaires, pilote et navigateur étaient à bord.
 
Le secteur de Mignovillard situé dans le Jura, à la limite du département du Doubs est bien la zone du crash

Des débris de l'appareil ont été retrouvés dans le secteur de la Combe Noire à plus de 1000 mètres d'altitude à Mignovillard. Ces débris sont répartis sur plusieurs hectares. Aucune trace de vie des deux militaires qui étaient à bord.
Selon une journaliste présente à la conférence de presse de l'Armée de l'Air ce soir à Paris, il n'y a pas eu de signal des différentes balises de détresse, ni celle - automatique du siège éjectable, ni celle de l'équipage.

Le secteur où s'est écrasé l'avion comporte une grande quantité d'hydrocarbures, des équipes spécialisées de l'Armée sont attendues sur place. "Les recherches se poursuivent ce soir. La zone est difficile d'accès, les conditions météorologique sont difficiles" a confié sur France 3 Lorraine le commandant Yann Burion de la base aérienne de Nancy-Ochey.

Les routes tout autour de la zone du crash sont bloquées par les gendarmes. Selon notre équipe sur place, les pompiers avaient quitté en fin de journée la zone de crash.

Une espérance de vie réduite en cas de crash à basse altitude
Arnaud Delalande spécialiste des questions de défense estime sur France Soir que les pilotes n'ont peut être pas eu le temps de s'éjecter car ils volaient à basse altitude. "Les ingestions de volatiles sont plus fréquentes et bien sûr les temps de réaction sont inférieurs. L'éjection reste possible mais l'espérance de survie est réduite. Avant de s'éjecter, le pilote doit également s'assurer que son appareil ne se crashera pas sur une zone habitée" explique-t-il à nos confrères.

Des bruits d'explosion et des flammes aperçues dans le secteur

Un centre opérationnel de recherches a été installé à Mignovillard, dans le Jura. Un boom a été entendu dans le secteur de Mignovillard, Frasne et Bonnevaux. Les secours affluent sur la zone concernée depuis plusieurs heures. Selon un témoin qui skiait dans le secteur, "il est passé au dessus des pistes du chalet de la Bourre ce mercredi matin vers 10h30 et en effet il y a eu un claquement, comme un moteur qui a pèté, au moment de son passage... une sorte de claquement ou toute petite explosion se fait ressentir comme un coup du mur du son mais en bien plus petit. Ce qui me fait m'arrêter dans mon élan. Mais ayant entendu l'avion continuer, je ne me suis pas inquiété" confie le fondeur.

Un employé d'une scierie confie avoir vu tomber l'appareil après Mignovillard direction Mouthe dans la forêt. "Mes collègues et moi avons vu un champignons de flammes" confie l'homme sur les réseaux sociaux.  

Deux appareils étaient en mission d'entraînement à basse altitude


Selon, nos confrères de France 3 Lorraine, deux avions étaient en patrouille ce matin au dessus du massif jurassien. L'un est rentré, l'autre n'est pas revenu à base. A bord de l'avion porté disparu, un pilote et son navigateur système, dont les âges et sexe n'ont pas été précisés. Les radios amateurs du secteur ont été sollicités. En effet, les membres de l'équipage, s'ils ont été éjectés, doivent disposer d'une radio et d'une balise.

La gendarmerie du Jura a lancé en début d'après-midi un appel à témoins. "Toute personne ayant des informations sur l'éventuel lieu du crash ou sur les pilotes est priée de contacter la gendarmerie en composant le 17" expliquent les gendarmes sur leur page Facebook.
 
Une visibilité nulle en raison de la neige


Les centres opérationnels de défense, Doubs et Jura sont activés. Des pompiers sont déployés sur le terrain, ainsi que des gendarmes. Selon la Préfecture, en début d'après midi le survol de la zone était impossible, la visibilité nulle pour l'hélicoptère de la sécurité civile Dragon 25 en raison de la neige tombée en abondance ce matin. Le plan SATER (Sauvetage Aéro-Terrestre) a été déclenché par la préfecture du Doubs.
 

Qu'est-ce que le plan SATER ?  Le plan SATER est un dispositif qui organise la recherche d'aéronefs civils ou militaire à l'aide de moyens aériens, terrestres ou radioélectriques. Il est déclenché et mis en œuvre au niveau départemental par le Préfet en coordination avec l'Armée de l'Air. Il précise les moyens qui y sont affectés (plus d'infos).
 
Le dernier crash mortel de Mirage 2000 en France remonte à l'année 2011


Le dernier accident mortel en date ayant affecté l'Armée de l'air remonte au 1er mars 2011. Le pilote et le navigateur d'un Mirage 2000, basé à Luxeuil-les-Bains, s'étaient tués dans le crash de leur appareil en Creuse.
Plus récemment, le 28 septembre 2017, un Mirage 2000 français s'était écrasé au décollage sur la base de N'Djamena au Tchad. Le pilote et le navigateur étaient toutefois parvenus à s'éjecter.
Parmi les autres accidents survenus ces dernières années, un Alphajet s'était écrasé le 10 décembre 2014 à l'entraînement sur un foyer pour handicapés proche de Tours, faisant un mort et quatre blessés au sol.
Auparavant, le 5 juin 2013, un Mirage 2000-5 s'était crashé en Haute-Saône peu après son décollage de la base de Luxeuil-les-Bains, une turbine ayant happé un oiseau. Le pilote, qui s'était éjecté, avait été blessé à une jambe.

Source : France3-Regions.fr


Décès de l'équipage du Mirage 2000 disparu !

Vendredi 11 janvier 2019. Les deux membres d'équipage du Mirage 2000D, dont des débris ont été retrouvés mercredi dans le Jura sont morts, a annoncé jeudi 10 janvier au soir la ministre des Armées Florence Parly. L'appareil avait disparu des écrans radar mercredi vers 11 heures avec deux personnes à son bord. Jeudi, une large opération de recherches avait mobilisé plus de 150 gendarmes afin de retrouver les membres d'équipage.


"Les opérations de recherche du Mirage 2000D, dont le signal avait été perdu mercredi dans la matinée, ont malheureusement conduit à la confirmation du décès des deux membres d'équipage, le capitaine Baptiste Chirié et la lieutenant Audrey Michelon", affirme Florence Parly, en soulignant que "les circonstances précises de cet accident restent à établir".

Une enquête a été ouverte pour "recherche des causes de l'accident" par le parquet de Metz, compétent pour les affaires pénales militaires dans la zone Est.

Source : Franctvinfo.fr

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