Début novembre 2018, le ministre nigérien de l’Intérieur, Mohamed Bazoun, a indiqué que deux opérations antiterroristes venaient d’être lancées dans la région de Tillabéri, frontalière avec le Burkina Faso, pays en proie à des infiltrations et des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes.

La région de Tillabéri fait partie du Litpako Gourma, situé dans le secteur dit des trois frontières [Niger, Mali, Burkina Faso]. Lors d’une réunion du G5 Sahel, à Niamey, fin octobre, le chef d’état-major de l’armée nigérienne, le général Ahmed Mohamed, avait prévenu que ce dernier était en « passe de devenir un sanctuaire de groupes terroristes et criminels. »

Si la présence de groupes terroristes dans cette région est avérée depuis maintenant plusieurs années, le fait nouveau est que les jihadistes, «lourdement armés», rançonnent les civils au titre de la « zakat », c’est à dire une sorte d’impôt religieux qui constitue le troisième pilier de l’islam. « Si vous refusez de payer, ils vous tuent. […] Ces bandits obligent les villageois à écouter leurs prêches et vont brûler les écoles après, avait témoigné un élu.

Selon M. Bazoun, les opérations menées par les forces de sécurité nigériennes avaient pour objectif de « nettoyer » les camps jihadistes implantés dans le Tillabéri. Pour autant, Niamey vient d’y décréter l’état d’urgence dans trois nouveaux départements de cette région.

« Le Conseil des ministres a examiné et adopté le projet de décret portant proclamation de l’état d’urgence dans les départements de Say, de Torodi et de Téra dans la région de Tillabéri », a en effet annoncé le gouvernement nigérien, via une déclaration lue à l’antenne de la télévision d’État.

Les trois départements cités « font l’objet d’attaques organisées, perpétrées par des groupes terroristes, mettant en péril l’ordre public et la sécurité des personnes et des biens », a-t-il été expliqué dans le texte. Et il est donc « nécessaire et urgent » de prendre cette « mesure pour faire face à la situation », a encore fait valoir le gouvernement nigérien.

La décision d’y instaurer l’état d’urgence est la conséquence de la situation dans le nord et l’est du Burkina-Faso, où les attaques jihadistes se sont intensifiées ces derniers mois. Ce qui a d’ailleurs motivé l’intervention, en octobre, de la force française Barkhane.

Concrètement, l’état d’urgence donne des pouvoirs élargis aux autorités civiles et militaires en matière de police et de justice. Cela étant, il est déjà en vigueur depuis mars 2017 dans cinq autres départements de Tillabéri, en raison d’incursions de jihadistes venus du Mali. La région de Diffa, dans le sud-est, est également concernée par une telle mesure, à cause, cette fois, des attaques du groupe jihadiste nigérian Boko Haram.

Source : Zone Militaire


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