Établi en 1966, sous le règne du roi Hassan II, le service militaire que devait effectuer chaque jeune marocain pour une durée de 18 mois, tomba progressivement en désuétude. Réduit à une année en 1999, il fut finalement peu appliqué en raison de contraintes budgétaires. Puis il fut supprimé quarante ans après avoir été instauré. À l’époque, l’une des raisons avancées était qu’il fallait empêcher l’infiltration d’extrémistes dans les rangs de l’armée.

S’appuyant sur l’article 38 de la Constitution, qui stipule que « tous les citoyens et les citoyennes contribuent à la défense de la patrie et de son intégrité territoriale contre toute agression ou menace », le gouvernement marocain a adopté, le 20 août, le projet de loi n°44-18, lequel vise à rétablir la conscription pour tous les jeunes âgés de 19 et 25 ans. Femmes et hommes compris. La durée de ce service militaire a été fixée à 12 mois.

Ce projet de loi, qui doit encore être approuvé par les deux chambres du Parlement, a pour objectif de « renforcer le sens de citoyenneté chez les jeunes, dans le cadre d’une corrélation entre les droits et les devoirs de citoyenneté » et de leur ouvrir « la voie de l’intégration dans la vie professionnelle et sociale, notamment pour ceux qui font montre de compétences et de sens de citoyenneté et de discipline, particulièrement en termes d’intégration dans les différentes forces militaires et de sécurité. »

Ce rétablissement du service militaire a annoncé en même temps qu’une réforme de l’éducation, laquelle prévoit de scolariser les enfants à partir de 4 ans, de rendre l’enseignement obligatoire jusqu’à 16 ans (contre 15 ans actuellement) et d’instaurer un « nouveau modèle pédagogique » censé être plus performant. Il s’agit ainsi de « mettre en place des mécanismes garantissant l’accès de tous à l’éducation, de mettre fin à la déperdition scolaire, et garantir la pérennisation de l’apprentissage en vue d’éradiquer l’analphabétisme. »

« Nous ne devons plus accepter que notre système éducatif fonctionne comme une machine à fabriquer des légions de chômeurs », a fait valoir le roi Mohammed VI, lors d’un discours prononcé le 20 août 2018.

S’agissant du service militaire, le projet de loi relatif à son instauration fixe les cas de dispenses et d’exemptions ainsi que des mesures «découlant de cessation du motif de dispenses jusqu’à l’âge de 40 ans. » Et en seront exclus, tant qu’ils ne seront pas réhabilités, les individus «condamnés à une peine criminelle ou à une peine d’emprisonnement ferme supérieure à six mois. »

Cela étant, ce projet suscite un certain scepticisme dans la mesure où rien n’est prévu, à l’heure actuelle, pour le financer. A priori, il est à l’étude depuis longtemps.

« Une décision aussi lourde de conséquences économiques et sécuritaires ne se prend pas du jour au lendemain. La ré-instauration de service militaire obligatoire nécessite un travail minutieux et une préparation de plusieurs années », a résumé une source gouvernementale dans les colonnes du quotidien marocain Libération, lequel souligne que, « financièrement », cette mesure « coûter énormément aux finances publiques», ne serait que pour accueillir, habiller, héberger, former et nourrir les conscrits.

« L’armée ne pourra pas le faire avec son budget actuel. Il en faudra plus, voire le double », ont estimé des sources citées par le journal.

Source : Zone Militaire - Photo :  Forces armées royales marocaines

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