Le ministère des Armées confirme que le futur drone MALE européen pourra être armé.

En 2013, et après plusieurs échecs dans ce domaine (Talarion, Telemos), Airbus Defence & Space, Dassault Aviation et Leonardo (ex-Finmeccanica) décidèrent d’unir leurs forces pour développer un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) européen alors que plusieurs pays du Vieux Continent venaient d’acquérir des appareils américains (en l’occurrence, le MQ-9 Reaper de General Atomics).

Deux ans plus tard, ce projet – désormais appelé MALE RPAS – fit l’objet d’une lettre d’intention signée par l’Allemagne, la France et l’Italie (puis, plus tard, par l’Espagne).

Sous la conduite de l’OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement) et soutenue par l’Agence européenne de défense (AED), un contrat d’études de 60 millions d’euros, financé à hauteur de 31% par l’Allemagne et à parts égales (23%) par la France, l’Italie et l’Espagne, fut notifié aux industriels concernés.

Et, à l’occasion du salon aéronautique ILA de Berlin, une maquette à échelle 1 de ce que sera ce nouveau drone MALE a été officiellement présentée. Cependant, ce projet a nourri quelques réserves. Ainsi, un rapport du Sénat estimait que cet appareil devait absolument se distinguer du MQ-9 Reaper américain « soit par des spécifications supérieures, soit par un coût moindre ».

En outre, la question de savoir s’il allait effectivement répondre aux besoins des forces françaises fut posée. « Les discussions avec nos partenaires allemands sont complexes. Ils n’ont pas les mêmes besoins que nous : eux entendent surveiller leur territoire, tandis que nous sommes engagés à l’extérieur… », avait ainsi souligné le sénateur Cédric Perrin, lors d’une audition du Délégué général pour l’armement, Joël Barre, en octobre dernier.

Une autre question restait aussi à trancher : celle de l’armement de ce MALE RPAS. Au moment de la signature de la lettre d’intention, la France s’interrogeait encore sur l’opportunité de disposer de drones armés. Désormais, ce problème est réglé puisque la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé, en septembre dernier, que les MQ-9 Reaper de l’armée de l’Air emporteront des missiles (ce qui devrait être effectif d’ici 2020, d’après le général André Lanata).

En revanche, le débat n’est toujours pas tranché en Allemagne où le projet de louer des drones israéliens Heron TP potentiellement armés est dans l’impasse, depuis que des députés sociaux-démocrates (SPD) ont exprimé leurs réserves. Et comme la nouvelle coalition gouvernementale emmenée par Angela Merkel compte des membres du SPD, la question risque d’être sur la table pendant encore quelques temps. Dans ces conditions, quid de l’armement du MALE RPAS?

Finalement, d’après le ministère des Armées, qui n’a pas donné plus de détails sur ce sujet, cet appareil aura bel et bien « la capacité de tirer des armements ». Le Pdg d’Airbus Defence & Security, Dirk Hoke, a précisé à Defense News que les « capacités de combat » du MALE RPAS « dépendront des sensibilités politique des pays utilisateurs » et que les « clients pourront choisir d’installer uniquement les fonctions de reconnaissance. »

Par ailleurs, le ministères des Armées a indiqué que la France compte acquérir « 6 systèmes Eurodrone », composés chacun de trois vecteurs aériens, et deux stations sol. Ces appareils remplaceront les MQ-9 Reaper à l’horizon 2025.

« Il s’agit de disposer d’une capacité de drone de renseignement souveraine à l’échelle européenne, essentielle pour notre capacité de décision et notre supériorité en opération, en équipant les systèmes de chaînes de mission conçues et produites en Europe sans aucune contrainte de pays tiers », fait-on valoir au ministère des Armées. Et d’ajouter : « Il est fondamental que le développement des chaînes critiques de ce système (communication, capteurs, effecteurs, cybersécurité) soit confié à l’industrie européenne, pour être libre de toute contrainte ou restriction d’utilisation. »

Source : Zone Militaire

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