L’avenir sera-t-il aux chars de combat autonomes ou pilotés à distance ?

L’auteur américain Norman Spinrad imagine des essaims de drones et des blindés autonomes redoutables qui surveillent et protègent des installations pétrolières. Aujourd’hui, de telles armes existent ou sont sur le point de l’être, grâce en particulier aux progrès de l’intelligence artificielle.

Ainsi, lors de récents salons dédiés à l’armement, plusieurs industriels ont présenté des drones de combat terrestre. Tel est le cas de l’estonien Milrem, dont le THeMIS – un engin chenillé de plus de deux tonnes – peut être doté d’un tourelleau télé-opéré Defender de FN Herstal.

Le groupe allemand Rheinmetall a développé le "Multi Mission Unmanned Ground Vehicle" , armé d’une mitrailleuse de 12,7 mm et de deux lance-roquettes Panzerfaust 3. Et l’israélien Israel Aerospace Industries n’est pas en reste avec le RoBattle qui, pouvant être autonome, a été conçu pour des missions de renseignement, de surveillance, de protection et de reconnaissance armée. D’une manière générale, Israël a un coup d’avance dans ce domaine, avec les engins AvantGuard et Guardium.

Cela étant, ces drones de combat terrestre ont des dimensions relativement réduites (le Guardium est sans doute le plus imposant puisque sa hauteur peut être comparée à celle d’une personne). Et certains pays affichent l’intention d’aller encore plus loin dans ce domaine (même si elle en a le savoir-faire, avec Nexter et ECA, la France n’en fait pas partie…). Et cela d’autant plus que les prophètes qui avaient annoncé la fin des chars de combat se sont trompés. Il suffit de considérer la plupart des conflits actuels (sud-est de l’Ukraine, Yémen, Syrie…) pour s’en convaincre.

Ainsi, la Russie a indiqué qu’une version sans équipage de son dernier char de combat, l’Armata T-14, serait prochainement disponible. «L’élaboration des dispositifs nécessaires est actuellement en cours», a en effet déclaré, en septembre 2016, le général Alexandre Chevtchenko, alors directeur de la Direction des véhicules blindés au sein du ministère russe de la Défense. Et de préciser que les travaux visaient à « élaborer un système numérique qui serait capable de prendre des décisions de manière autonome en fonction de la situation. »

La Chine suit la même voie. Selon les médias chinois, l’Armée populaire de libération (APL) a diffusé des images d’un char T-59 (version locale du T-54/55 soviétique) dirigé depuis un poste de pilotage externe. « Un grand nombre de chars Type 59 retirés du service peuvent être convertis en véhicules sans pilote s’ils sont équipés d’intelligence artificielle » a expliqué Liu Qingshan, le rédacteur en chef de Tank and Armored Vehicle, au quotidien Global Times.

« Bien que les images montrent que la Chine peut piloter des chars à distance, de nombreux problèmes techniques doivent encore être résolus avant de pouvoir atteindre les mêmes capacités de combat que ceux mis en oeuvre par des équipages », a toutefois prévenu le journal chinois.

Aux États-Unis, l’US Army a lancé le programme Next-Generation Combat Vehicle (NGCV) afin de remplacer les blindés Bradley et les chars Abrams. Le véhicule de combat de la prochaine génération « doit être révolutionnaire » et « dix fois supérieur à notre flotte [de blindés] actuelle afin de garantir notre suprématie dans le futur », a récemment fait valoir le général Robert Abrams, le chef de l’US Army Forces Command. Pour l’armée américaine, il s’agit de faire face « à des menaces telles que le char russe T-14 Armata de la Russie » et aux «efforts de la Chine pour améliorer ses véhicules terrestres.»

« L’US Army a réalisé que la robotique allait être déterminante pour son succès dans l’avenir », avait expliqué, en février, le colonel William T. Nuckols, le chef du nouveau « Project Office for Maneuver Robotics and Autonomous Systems » du TRADOC (Training and Doctrine Command).

Aussi, dans le cadre du programme NGCV, il est prévu, dans la première phase, d’expérimenter trois démonstrateurs de véhicules, dont deux seront sans équipage. Pour autant, il ne serait pas question de « droniser » un char de combat. « Vous pouvez avoir la même capacité sur un véhicule de 25 tonnes et potentiellement avoir la même létalité qu’un Abrams », avait en effet confié le colonel Nuckols.

Source : Zone Militaire

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