La France a la chance de pouvoir compter non pas des « start-up » (ce mot étant souvent utilisé à tort et à travers) mais des PME qui ont su s’imposer rapidement grâce à leur capacité d’innovation. Tel est le cas de TRA-C, une société créée en 2001, désormais leader européen de la conception, de la fabrication et de l’installation mécanique.

Et la solution innovante que propose cette PME lyonnaise a de quoi intéresser particulièrement la Direction générale de l’armement (DGA) dont l’un des axes de travail vise à renforcer la structure des véhicules blindés tout en réduisant leur masse. « Un défi permanent », dit-elle.

Surtout que les véhicules militaires sont soumis à rude épreuve étant donné qu’ils évoluent dans des conditions extrêmes (comme au Sahel par exemple) tout en étant soumis à la menace des engins explosifs improvisés (IED). Or, il apparaît que les zones de soudage constituent un point faible.

D’où l’intérêt de la solution de TRA-C, qui consiste à souder deux pièces sans ajout de matière. Pour cela, elle utilise un procédé complexe appelé FSW (Friction Stir Welding). Pour faire simple, il permet d’assembler des éléments par « friction malaxage ». D’après la DGA, ce procédé permet d’obtenir des soudures plus résistantes et des « conceptions en moyenne 30% plus légères. » C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle a soutenu cette PME via son dispositif RAPID (Régime d’Appui pour l’Innovation Duale).

Le procédé utilisé par TRA-C remplace le traditionnel joint de soudage par un « pion métallique » qui évolue à grande vitesse entre deux pièces à assembler. Il va ainsi « frictionner » et « malaxer » les matériaux à réunir en les faisant passer dans état mi-liquide, mi-solide afin de les mélanger et, donc, de les souder.

« Avec ce procédé révolutionnaire, le soudage est beaucoup plus résistant car il permet de préserver 95% des propriétés mécaniques de la matière, contre 60% avec un procédé traditionnel », explique la DGA, qui a mis en avant TRA-C lors de son dernier Forum dédié à l’innovation, organisé le 7 décembre 2017.

Mais ce n’est pas tout : avec cette solution, il est possible d’assembler des matériaux qui ne pouvaient pas l’être (ou difficilement, du moins) avec les techniques classiques de soudage.

Actuellement, TRA-C est la seule entreprise en Europe à être en mesure de souder en série, via ce procédé, des pièces de plus de 4 cm d’épaisseur. « un prérequis essentiel pour assembler des pièces de structures de véhicules blindés », souligne la DGA. Et cela rapidement puisqu’en réussissant à souder 2m/min, la production de la PME est 10 fois plus rapide qu' un soudage classique.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’entreprise lyonnaise a été retenue pour la fabrication du treillis moteur du Véhicule blindé multi-rôles (VBMR, Griffon) et celle du châssis principale de la tourelle téléopérée ARX25 de Nexter.

Dans le domaine civil, TRA-C a déjà remporté plusieurs marchés, dont l’un visant à produire des pièces pour le projet ITER (le réacteur de recherche à fusion nucléaire situé à Cadarache) et autre pour développer des éléments de satellites, en soudant des pièces de fabrications additives (obtenues par impression 3D).

Source : Zone Militaire - Illustration : armée de Terre

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *