Principal suspect dans l'affaire Maëlys, Nordahl Lelandais a été placé en garde à vue lundi matin dans le cadre d'une enquête sur la disparition d'un jeune militaire survenue au printemps dernier à Chambéry.

Il est le principal suspect dans l'affaire de la petite Maëlys, disparue lors d'une soirée de mariage à Pont-de-Beauvoisin, en Isère, dans la nuit du 26 au 27 août. Il a même été mis en examen le 30 novembre dernier pour le meurtre et l'enlèvement de la fillette, âgée de neuf ans. Nordahl Lelandais a été placé en garde à vue lundi matin dans le cadre d'une deuxième enquête, portant sur la disparition d'un jeune militaire au printemps dernier à Chambéry. Si les deux affaires n'ont a priori aucun lien entre elles, toutes deux se déroulent dans un périmètre d'une trentaine de kilomètres seulement.

Incarcéré dans la prison iséroise de Saint-Quentin-Fallavier, il a été extrait pour être entendu à partir de 10h30 par les gendarmes de la section de recherche de Chambéry. Sa cellule et le domicile de ses parents où il vivait avant son incarcération, à Domessin en Savoie, ont été perquisitionnés et différents prélèvements réalisés, selon Le Dauphiné Libéré . Mardi matin, la juge d'instruction a prolongé sa garde à vue, nous rapporte une source judiciaire.

Arthur Noyer, 23 ans, a disparu dans la nuit du 11 au 12 avril dernier. Ce caporal du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA) avait passé une soirée en boîte de nuit avec des camarades dans le centre-ville de Chambéry. Puis avait décidé de rentrer seul à la caserne, située à Barby, à cinq kilomètres de là. «Il marchait le long de la route et n'avait plus de veste (...)», raconte un témoin à l'époque auprès de la presse locale. Il avait été vu pour la dernière fois vers 04h00 du matin alors qu'il faisait du stop dans une rue de Chambéry et avait ensuite disparu sans laisser de traces. Son téléphone s'était éteint vers 5H00 du matin.

Le caporal ne s'était pas présenté à son poste le lendemain. Le 13e BCA avait donc donné l'alerte et les gendarmes de Challes-les-Eaux avaient lancé un appel à témoins. Ils avaient déployé d'importants moyens pour les recherches comme des plongeurs pour sonder plusieurs plans d'eau autour de la ville. Sans succès. Le parquet de Chambéry avait finalement ouvert une enquête le 20 avril pour enlèvement et séquestration, huit jours après sa disparition.
Plusieurs éléments troublants

Huit mois après cette disparition, les enquêteurs s'interrogent aujourd'hui sur le rôle de Nordahl Lelandais. Plusieurs éléments les intriguent. À commencer par les téléphones portables des deux hommes qui ont borné dans la même zone le soir de la disparition, rapporte France Info. Un témoin aurait même vu l'ancien militaire de 34 ans dans cette fameuse boîte de nuit où Arthur Noyer a passé la soirée, selon Le Parisien . Une discothèque dans laquelle le suspect avait ses habitudes, confirme son ex-petite amie. Dès lors, les enquêteurs pensent que les deux hommes ont pu se croiser cette nuit du 11 au 12 avril. «Les deux téléphones se sont même déplacés ensemble», croit savoir France Info.

Toujours selon Le Parisien, les gendarmes s'interrogent aussi sur un autre élément troublant: pourquoi Nordahl Lelandais a-t-il longuement fait des recherches sur Internet pour savoir comment faire disparaître définitivement un corps? Selon une source à l'AFP, le suspect aurait fait ces recherches après la disparition du caporal Noyer. L'un était militaire, l'autre l'avait été en tant que maître-chien. Les enquêteurs vont également s'attacher à vérifier si les deux hommes se connaissaient et si oui, dans quel contexte.

On ignore encore à ce stade comment Nordahl Lelandais, déjà mis en examen pour le meurtre et l'enlèvement de la petite Maëlys, réagit face aux questions des gendarmes. Lui qui a toujours nié toute implication dans la disparition de la fillette de 9 ans doit désormais s'expliquer sur son emploi du temps durant cette nuit d'avril et ses étranges recherches Internet qu'il avait faites sur son téléphone et son ordinateur à la même époque. Depuis le début de sa garde à vue, son avocat Me Alain Jakubowicz n'a fait aucune déclaration.

Selon de nombreux témoignages dans les médias locaux, Arthur Noyer était un adulte «heureux et épanoui dans son bataillon», membre d'une «famille soudée». Avis de recherche placardés dans les rues de Chambéry, articles dans la presse locale et nationale... Pendant des mois, ses parents, Cécile et Didier Noyer, se sont démenés pour le retrouver. En vain. Après l'annonce de cette nouvelle garde à vue, tous deux se sont montrés prudents. «J'attends de voir ce que va donner l'enquête», a confié sa mère au Parisien . À l'époque, son père avait émis l'hypothèse d'un accident de la route dont l'auteur aurait voulu dissimuler sa victime.

Source : LeFigaro.fr

CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *