Depuis le début de cette année, les forces spéciales américaines ont mené au moins deux raids contre al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQAP), la filiale sans doute la plus dangereuse de l’organisation terroriste, dont un qui, conduit le 29 janvier 2017, a prêté le flanc à la polémique en raison de victimes civiles supposées et de la mort d’un Navy Seal.

En outre, depuis le 28 février, l’aviation américaine a effectué pas moins de 80 frappes aériennes dans ce pays, essentiellement contre des cadres d’AQAP mais aussi en soutien des forces émiraties de la coalition arabe dirigée par l’Arabie Saoudite afin de soutenir les troupes du président Abdrabbo Mansour Hadi face aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Mais l’engagement des États-Unis au Yémen ne s’arrête pas là. En effet, le 4 août, le capitaine de vaisseau Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone, a indiqué que des membres des forces spéciales américaines avait été déployés auprès des forces émiraties et yéménites, alors engagées, depuis la ville de Moukalla, dans une opération visant à chasser AQAP de la province stratégique de Chabwa [sud-est du pays].

Ainsi, selon le capitaine de vaisseau Davis a précisé que l’objectif de cette opération, lancée le 1er août, visait à « détruire » les capacités de l’organisation jihadiste à préparer des attaques. « Cela implique un très petit nombre de soldats américains sur le terrain qui sont avant tout là pour faciliter le flux des informations », a-t-il souligné, tout en admettant qu’ils pouvaient être toujours être pris dans des combats.

Par ailleurs, le porte-parole a pris soin de préciser que le navire d’assaut amphibie Bataan, qui compte, à son bord, plusieurs centaines de soldats du corps des Marines, n’était pas impliqué dans l’offensive.

Finalement, cette opération n’aura duré que quelques jours. Hormis un attentat suicide commis lors de son premier jour contre les soldats yéménites (lesquels ont eu 7 tués), les combattants d’AQAP ont été fidèles à leur habitude, c’est à dire qu’ils ont esquivé le combat pour se réfugier dans la province voisine d’Abyane, située plus à l’ouest. Des témoins ont en effet dit avoir vu une colonne jihadiste de 45 véhicules se diriger vers cette région.

« Les combattants d’Al-Qaïda évoluaient en toute liberté en l’absence de l’armée et des forces de l’ordre », a raconté un civil à l’AFP. « Mais ils sont partis, certains dans des zones désertiques environnantes et d’autres dans la province proche d’Abyane », a-t-il ajouté.

Le contrôle de la province de Chabwa était un objectif prioritaire pour le gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi dans la mesure où elle abrite plusieurs gisements d’hydrocarbures et le terminal gazier de Belhaf, qui est la plus importante installation énergétique du Yémen. Jusqu’en 2015, il était géré par le groupe français Total.  

Source : Zone Militaire

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