Les forces armées philippines sont toujours à la peine face aux jihadistes d’Abu Sayyaf et du groupe Maute qui, liés à l’État islamique, occupent une partie de la ville de Marawi, située dans l’île méridionale de Mindanao, depuis le 23 mai 2017.

Début juillet, 1.500 bâtiments échappaient toujours aux forces gouvernementales. Et, selon un dernier bilan officiel publié le 5 août, les combats ont fait plus de 700 tués (dont 119 civils et 523 jihadistes). Quant aux troupes philippines, elles ont perdu 122 hommes et compte plus de 900 blessés et 60 disparus dans leurs rangs.

La difficulté qu’éprouvent les forces armées du pays à reprendre le contrôle de Marawi s’explique en grande partie par le fait qu’elles sont peu rompues au combat urbain. En outre, elles manquent de moyens, tant au niveau des matériels que des effectifs.

Le problème est que l’état-major philippin a dû dégarnir plusieurs régions où la situation sécuritaire est tendue à cause de la présence des rebelles communistes de la Nouvelle Armée du Peuple (NPA), pour renforcer ses troupes à Marawi. Et, avec 165.000 militaires, les effectifs des forces philippines, déjà notoirement sous-équipées, sont clairement insuffisants.

D’où l’annonce faite le 6 août par Rodrigo Duterte, le président philippin. Ainsi, il a demandé au Congrès d’approuver le recrutement de 20.000 soldats supplémentaires.

« La demande présidentielle de 20.000 soldats supplémentaires entre dans le cadre de notre politique de sécurité pour protéger les parties du pays où les menaces pour la sécurité sont persistantes », a précisé Ernesto Abella, le porte-parole du président philippin. « Le déploiement de troupes à Marawi et d’autres sites de Mindanao doit être rééquilibré pour assurer une efficacité maximale », a-t-il ajouté.

Cet effort en matière de recrutement s’accompagnera, pour l’an prochain, d’une hausse de 5,5% des dépenses militaires, lesquelles seront portées à 145 milliards de pesos philippins (soit un peu plus de 2,4 milliards d’euros). Le budget de la Défense avait déjà annoncé en hausse de 18% cette année par rapport à 2016.

La question de Marawi est essentielle dans la mesure où l’EI peut se servir de cette ville (et plus largement, de l’île de Mindanao) comme d’un point d’appui pour élargir son recrutement à l’ensemble de la région.

Or, pour le moment, les forces philippines se trouvent relativement seules, même si elles sont conseillées par les forces spéciales américaines et que les États-Unis ainsi que l’Australie leur fournissent des capacités ISR (Intelligence, surveillance, reconnaissance). Á noter que Manille et Jarkarta ont mené des patrouilles maritimes conjointes le long de la mer de Célèbes afin d’empêcher l’infiltration de jihadistes.

Source : Zone Militaire

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