Grande Bretagne : Attentat-suicide meurtrier à Manchester revendiqué par l'EI

L’attaque a été perpétrée par un homme seul, qui a déclenché une charge explosive qu’il portait sur lui dans une salle de concert. Elle a fait au moins vingt-deux morts et cinquante-neuf blessés.

La Grande-Bretagne a été frappée, lundi 22 mai, par l’attentat le plus meurtrier depuis douze ans sur son territoire. L’attaque a fait au moins vingt-deux morts et cinquante-neuf blessés à l’issue d’un concert pop lundi soir à Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Des jeunes et des enfants font partie des victimes. L’organisation djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l’attentat par son organe de propagande Amaq, selon le site spécialisé SITE.

Explosion en fin de concert d’Ariana Grande

La Manchester Arena est la plus grande salle de concert britannique, avec une capacité de 21 000 personnes.

Selon la police de Manchester, une puissante explosion a eu lieu dans l’enceinte de la Manchester Arena, à l’une des entrées de la salle pouvant accueillir 21 000 personnes, à la fin du concert de la chanteuse américaine Ariana Grande, diva du R’n’B et coqueluche des adolescents. L’explosion a eu lieu vers 22 h 30 (23 h 30 en France).

Des témoins cités par des médias britanniques ont évoqué une « déflagration » à la fin du concert, vers 22 h 30 (23 h 30 en France), alors que les lumières venaient de se rallumer. De nombreux enfants et adolescents assistaient au concert. L’explosion a semé la panique dans la salle de concert mais aussi dehors, où des parents attendaient la sortie de leurs enfants.

La police a confirmé un bilan de vingt-deux morts, dont des enfants, et cinquante-neuf blessés. Parmi les blessés figure notamment un couple de Leeds venu chercher ses enfants à la sortie du concert, Gary Walker et sa femme, qui ont témoigné sur la radio 5 de la BBC. M. Walker a dit avoir été blessé au pied par un éclat de métal et sa femme a été blessée à l’estomac. « Il y avait des corps partout », a rapporté au Guardian Elena Semino, qui attendait sa fille de 17 ans au guichet de vente des billets lors de l’explosion et qui a elle-même été blessée.

Venu assister au concert avec sa sœur, Oliver Jones, 17 ans, a dit au quotidien The Guardian avoir « entendu une détonation » lorsqu’il était aux toilettes, au moment où le spectacle venait de s’achever. « J’ai vu les gens crier et courir dans une direction, avant de repartir en sens inverse », témoigne-t-il, se disant « choqué et effrayé ». « On voit ça tout le temps aux informations, mais on ne s’attend pas à ce que cela nous arrive. »

A Manchester, les témoins décrivent un « bang » et un mouvement de panique

La foule a été prise dans des mouvements de panique et de confusion. « Des gens criaient qu’ils avaient vu des gens recouverts de sang mais d’autres disaient que c’étaient des ballons éclatés ou un haut-parleur », a déclaré Robert Tempkin, 22 ans, de Middlesbrough, à la BBC.

La ministre de l’intérieur, Amber Rudd, a dénoncé une « attaque barbare visant délibérément parmi les plus vulnérables de notre société : des jeunes et des enfants sortis pour aller voir un concert pop ».

La reine Elizabeth II a exprimé sa « plus profonde sympathie à tous ceux qui ont été affectés par ce terrible événement, en particulier aux familles et aux proches de ceux qui ont été tués ou blessés » dans cet « acte barbare ».

Un attentat-suicide commis par un seul homme

La première ministre britannique, Theresa May, s’exprime depuis le 10 Downing Street, mardi 23 mai.

L’attaque a été perpétrée par un homme seul, qui est mort en faisant détoner « un engin explosif improvisé », a précisé Ian Hopkins, commissaire de police de Manchester. L’assaillant est mort sur le coup. La police cherche à établir « s’il a agi seul ou s’il a reçu l’appui d’un réseau ».

A l’origine de l’attentat de Manchester, un assaillant avec une « charge explosive artisanale »

La police a annoncé à la mi-journée l’arrestation au sud de Manchester d’un homme de 23 ans en lien avec l’attentat, sans donner plus de précisions.

« La police et les services de renseignement pensent connaître l’identité [de l’auteur de l’attaque] mais ne peuvent confirmer son nom à ce stade », a déclaré la première ministre Theresa May, soulignant qu’« établir ces faits prendra du temps ».

L’EI a revendiqué l’attentat via son canal de propagande Amaq, précisant qu’un « des soldats du califat a placé une bombe dans la foule » lors du concert, et menaçant également d’autres attaques.

Dénonçant « une attaque terroriste épouvantable », Mme May a dénoncé la « lâcheté » de l’auteur de l’attentat, mort dans l’explosion, qui a « délibérément visé des enfants innocents et sans défense ».

Le bilan était susceptible de s’aggraver puisque de nombreux blessés, orientés vers huit hôpitaux de la ville, étaient dans un état grave, selon Mme May qui devait se rendre dans la journée à Manchester.

Un élan de solidarité

Le trafic ferroviaire vers la gare de Manchester Victoria, proche de la salle de concert, sera suspendu mardi toute la journée, a prévenu l’opérateur Northern Railway. Au lendemain du drame, l’adjoint du chef de la police des transports, Robin Smith, a annoncé un « renforcement des patrouilles dans les principales gares ferroviaires ainsi que dans les trains à travers le pays ».

Rapidement après le drame, des centaines d’habitants de Manchester se sont manifestés sur Twitter pour offrir des lits ou des chambres aux personnes bloquées dans la ville, avec le hashtag #RoomForManchester. Une initiative encouragée par le maire du Grand Manchester, Andy Burnham (Parti travailliste), sur le réseau social : « Suivez #MissinginManchester et #RoomForManchester, qui montrent le vrai esprit de notre ville face à une tragédie aussi dévastatrice. »

Cet élan de solidarité rappelle celui qui s’était manifesté le soir du 13 novembre 2015 à Paris, les riverains avaient alors utilisé le mot-clé #Porteouverte. Comme lors de ces attentats ou de ceux de Berlin, le réseau social Facebook a activé son « Safety Check », un outil qui permet aux internautes d’informer leurs amis qu’ils sont en sécurité.

Mardi, de nombreux parents désespérés étaient toujours à la recherche de leurs enfants, tentant de s’aider des réseaux sociaux, alors qu’une structure d’accueil a été mise en place au stade de football de Manchester City pour apporter un soutien aux victimes et aux proches.

Attentat le plus meurtrier depuis 2005

L’attentat est le plus meurtrier visant le Royaume-Uni depuis douze ans. En juillet 2005, une série d’attentats-suicides revendiqués par un groupe se réclamant d’Al-Qaida avaient fait cinquante-six morts, dont les quatre kamikazes, et sept cents blessés dans les transports londoniens.

Ce dernier attentat a été perpétré deux mois jour pour jour après celui de Londres, près du Parlement, qui avait fait cinq morts et avait été revendiqué par l’EI.


Des réactions émues du monde entier

La chanteuse Ariana Grande a rapidement réagi sur Twitter. Son message avait été retweeté plus de 500 000 fois en milieu de matinée :

    « Brisée. Du fond de mon cœur, je suis tellement désolée. Je ne trouve pas les mots. »

France, Allemagne, Etats-Unis, Russie… des dirigeants du monde entier ont condamné cet attentat et fait part de leur solidarité. En France, une minute de silence sera observée à 15 heures en haut des marches au Festival de Cannes, et la tour Eiffel sera symboliquement éteinte à partir de minuit pour rendre hommage aux victimes.

La présidence et le gouvernement français ont également manifesté leur soutien. M. Macron se rendra en début d’après-midi à l’ambassade de Grande-Bretagne à Paris pour exprimer sa « pleine solidarité » avec le peuple britannique.

Source : LeMonde.fr


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