Sans l’intervention décisive d’un policier, le bilan aurait pu être lourd. Le 26 février 2017, vers 21h00, un homme portant une ceinture d’explosifs a en effet été neutralisé, près du commissariat de Constantine, à plus de 400 km à l’est d’Alger.

« Un policier qui était devant le siège du commissariat situé au-dessous d’un bâtiment abritant une dizaine de familles a riposté énergiquement et héroïquement, après plusieurs sommations, ciblant avec précision la ceinture explosive portée par un terroriste », a ainsi expliqué la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) algérienne.

Seulement, le tir du policier a provoqué une explosion, laquelle aurait légèrement blessé, selon les médias locaux, deux fonctionnaires de police. Une enquête a immédiatement été ouverte après cet « attentat terroriste », a précisé la DGSN.

Moins de 24 heures plus tard, cette tentative d’attentat suicide a été revendiquée par l’État islamique (EI ou Daesh), via son agence de presse «Amaq». Dans le texte, il y est écri qu’un certain « Abou el-Hassan Alo a réussi à atteindre le commissariat de police de Bab el-Kantara à Constantine et à y faire détoner son son sac piégé. » L’organisation jihadiste justifie cette action en accusant la police algérienne «d’apostasie».

Jusqu’à présent, l’EI n’a pas réussi à s’implanter en Algérie, foyer d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En septembre 2014, le Jund al-Khilafah (Soldats du califat), qui lui avait prêté allégeance, s’était fait connaître avec l’assassinat le français Hervé Gourdel. L’armée algérienne démantèlera cette faction jihadiste au cours des mois suivants, en neutralisant son chef, Abdelmalek Gouri, ainsi que, plus tard, le successeur de ce dernier, Abou Abdallah Othman al-Asimi.

En juillet 2015, trois ressortissants algériens membres de l’EI menacèrent Alger. « Aux militaires algériens, nous disons que nous vous ferons la guerre jusqu’à la reconquête de l’Andalousie. Repentez-vous avant l’arrivée de nos épées », avait lancé l’un d’eux.

Mais ces menaces ne furent pas suivies d’effet. A priori, l’EI ne ferait pas recette en Algérie. C’est, du moins, ce qu’il ressort d’une enquête publiée en octobre 2016 par le réseau mondial d’information Irin (Integrated regional information networks), sur la base de chiffres du Soufan Group. Ainsi, il était estimé, à l’époque, que Daesh comptait entre 200 et 250 Algériens. Un effectif bien loin des 6.000 à 7.000 Tunisiens et des 1.200 à 1.500 Marocains.

Cependant, d’autres groupes jihadistes, autrefois affiliés à AQMI, et à l’image du Jund al-Khilafah, ont fait allégeance à l’EI. Le chef de l’un d’eux, Abou Al-Moundhir, un vétéran du jihad algérien, a été abattu en mars 2016 par l’armée algérienne. Selon cette dernière, il était à la tête d’une soixantaine de combattants. En outre, des filières de recrutement ont aussi été démantelées par les services de sécurité.

Mais le défi qui se pose à Alger est la surveillance de sa longue frontière avec la Libye, où l’EI a subi un revers à Syrte. « Il est hors de question qu’il y ait un libyenistan en face de nous », avait d’ailleurs affirmé, en août 2014, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal.

Un autre défi concerne la Tunisie, où l’on craint une possible guerre civile avec le retour des combattants tunisiens de Daesh.

« L’Algérie veut absolument éviter que son voisin ne bascule dans une logique de guerre civile et de terrorisme comme peuvent la connaître en ce moment la Syrie ou l’Irak. Il serait alors à craindre que d’importantes villes algériennes à la frontière soient à la portée d’attaques de terroristes venus de Tunisie, et l’État algérien veut absolument éviter ce scénario », expliquait, l’an passé, Akram Kharief, le responsable du site Secretdifa3.net.  

Source : Zone Militaire

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