Le 21 décembre 2016, le général Matthew Isler, commandant adjoint des forces aériennes de la coalition ant-jihadiste dirigée par les États-Unis, avait indiqué que l’offensive visant à chasser l’État islamique (EI ou Daesh) était entrée dans une phase de « programmée d’ajustement opérationnel ». Et cela, alors que les forces irakiennes, en particulier les unités de l »ICTS (Iraqi Counter Terrorism Service) , ont reconquis que le quart sud de la ville, après deux mois de violents combats.

« Il s’agit d’une remise à niveau opérationnelle. Cela détermine les conditions d’une progression continue des ISF [Forces irakiennes de sécurité, ndlr], leurs plans et leurs opérations pour libérer Mossoul », avait expliqué le général Isler. « Cette pause fait suite à 65 jours de d’offensive menée sur un tempo opérationnel constamment élevé. Cela va permettre la remise en état de véhicules, un réapprovisionnement en munitions et la préparation des troupes pour la prochaine phase », avait-il ajouté.

Pour autant, l’activité aérienne de la coalition anti-EI a continué, du moins dans les environs de Mossoul. Ces derniers jours, plusieurs cibles jihadistes ont été détruites, notamment des VBIED (vehicle-borne improvised explosive device), ces véhicules transformés en bombes roulantes par Daesh.

Par ailleurs, et afin de compliquer l’envoi de renforts de Daesh vers la partie orientale de Mossoul, la coalition s’attaque aux ponts qui permettent de traverser le Tigre, fleuve qui traverse la ville selon un axe nord-sud. Récemment, un général britannique expliquait qu’il s’agissait de « mettre hors d’usage » et « non de détruire » ces ouvrages.

Et c’est ainsi que le pont « al-Atiq », le dernier qui tenait encore, a été mis « hors service » par une frappe aérienne effectuée en début de semaine. Dans ses bulletins quotidiens, la coalition n’a pas précisé si elle en avait été à l’origine. Elle a seulement indiqué avoir rendu inutilisables trois ponts « près de Mossoul » lors de raids menés les 26 et 27 décembre.

Quoi qu’il en soit, et maintenant que les ponts de Mossoul sont hors service, les forces irakiennes, appuyées par des milices chiites et des combattants kurdes, ont repris leurs opérations. « Nos troupes sont en train d’avancer. Dans les premières cinq ou dix minutes ils ont pris 500 mètres. Ils commencent à l’instant à tirer », a en effet indiqué un officier à l’agence Reuters.

« La deuxième phase a été lancée pour libérer la (partie) orientale de Mossoul », a confirmé le lieutenant-général Abdelghani al-Assadi, de l’ICTS, auprès de l’AFP. « Nos forces ont commencé à 07h00 (04h00 GMT) à progresser vers le quartier Al-Qods, et affrontent à présent l’ennemi qui résiste », a-t-il ajouté. Dans le même temps, d’autres unités irakiennes avancent sur le front nord.

Par ailleurs, le Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a estimé qu’il faudrait encore trois mois pour reprendre la ville.

« Les Américains sont très pessimistes. Ils ont parlé d’une période vraiment longue, mais les remarquables succès enregistrés par nos courageux et héroïques combattants ont permis de réduire l’échéance. Je prévois qu’en Irak, cela prendra trois mois », a-t-il affirmé, le 28 décembre.

Ce qui paraît, à l’inverse, très optimiste. Car, comme l’a souligné un officier français des forces spéciales affecté auprès des combattants kurdes et cité dans un reportage publié par le Figaro Magazine du 23 décembre, « il y a un côté Berlin en 1945, avec une logique très nihiliste. Les chefs de l’État islamique, acculés, jettent tout ce qu’il leur reste dans la bataille, tout en cherchant à préserver leurs meilleures troupes. Ils envoient donc se faire tuer les ‘lionceaux du califat’ qui sont un peu leurs jeunesses hitlériennes. »

Source : Zone Militaire

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