Les années se suivent et se ressemblent pour ce qui concerne l’infrastructure – c’est à dire les casernes – de l’armée de Terre. Tous les ans, les chefs d’état-major ont régulièrement fait part de leurs préoccupations sur ce sujet lors de leurs auditions devant les députés et les sénateurs. Et, le recrutement de 11.000 soldats supplémentaires pour la Force opérationnelle terrestre (FOT) ne fait qu’aggraver une situation déjà bien difficile.

Pour loger ces nouvelles recrues – 40 nouvelles unités élémentaires auront été créées en 2017 au sein des régiments déjà existants – un effort particulier a été fait en matière d’infrastructure. « Entre ‘rénover le vieux pour faire du neuf’ et ‘faire du totalement neuf durable’, nous avons choisi une solution intermédiaire avec la livraison, en fin d’année, grâce à l’entreprise Bouygues, de neuf bâtiments modulaires durables CATALPA sur les quinze bâtiments commandés en janvier 2016″, a ainsi expliqué le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

En outre, le plan d’urgence qui avait été décidé en 2014 par Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, pour corriger « 700 points noirs » alors identifiés a été réalisé « à hauteur de 82 % pour le ministère, et de 75 % pour l’armée de Terre », a précisé le général Bosser.

Cependant, a prévenu le CEMAT, ces « actions ‘coup de poing’ ne doivent pas masquer une situation globalement préoccupante. » Ainsi, des besoins, pourtant jugés prioritaires, comme les aménagements prévus pour l’accueil des drones tactiques Patroller au sein du 61e Régiment d’Artillerie (RA) de Chaumont ou encore le renforcement des capacités des forces spéciales à Pau, ont été décalés.

Mais le plus préoccupant reste encore l’entretien du parc immobilier, notamment « celui de nos quartiers, qui constituent de plus en plus la maison de nos soldats, qui reviennent s’y installer. »

Car en effet, et c’est une tendance nouvelle et « extrêmement lourde », pour des raisons économiques et/ou de sécurité, « on assiste à un retour au quartier » des soldats qui, après la professionnalisation, choisissaient d’habiter en ville. Cela « nous impose d’imaginer une vie au régiment comme une vie à la maison : des infrastructures de qualité, avec des espaces de détente, de lavage du linge, etc », a commenté le général Bosser, pour « c’est sans doute une des évolutions majeures dont il faudra tenir compte dans les cinq années qui viennent. »

Or, les crédits alloués à l’entretien du parc immobilier de l’armée de Terre a fondu comme neige au soleil en moins de 10 ans. « Le parc se détériore au fil du temps, du fait d’un effort de maintenance qui est passé progressivement, en dix ans, de 6 euros du mètre carré en 2007 à 2 euros aujourd’hui. Les crédits accordés au titre du PLF 2017 permettront tout juste de freiner la dégradation du patrimoine », a expliqué le général Bosser.

« Tous ceux qui sont propriétaires de biens savent que si on n’entretient pas sa maison au fur et à mesure, le jour où il faut la réparer, la somme est trop élevée. En fait, je veille à ce que la dégradation ne nous amène pas à un point de non-retour. Deux euros du mètre carré, c’est insuffisant », a fait valoir le CEMAT.

Source : Zone Militaire

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