M. Le Drian souhaite relancer la production française de munitions de petit calibre avant mai 2017.

En 2012, répondant à une question écrite posée par un député, le ministère de la Défense estimait que doter à nouveau la France d’une capacité de production de munitions de petits calibres n’était pas pertinente étant donné que « la quantité de cartouches consommée par les armées françaises apparaissaient insuffisante pour permettre l’équilibre économique d’une telle filière, qui serait en outre confrontée à une concurrence étrangère capable de satisfaire les besoins de nos forces et extrêmement développée sur ce segment de marché. »

Quatre ans plus, sous l’impulsion de Jean-Yves Le Drian, le même ministère a fait machine arrière. Et ce qui ne semblait pas pertinent l’est devenu! En effet, lors de son audition par les députés de la commission de la Défense à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances 2017, le ministre a indiqué qu’une filière de production de munitions de petit calibre était de nouveau à l’ordre du jour.

« Quand j’ai découvert, un peu par hasard, que la France était le leader mondial de la fabrication des munitions de chasse, je me suis demandé pourquoi, dans ces conditions, nous n’étions pas capables de produire des munitions de guerre », a raconté M. Le Drian, dans un allusion – sans doute – à sa visite, faite en avril, de la poudrerie de Pont-de-Buis (Finistère).

« Nous savons fabriquer des Rafale, mais nous n’avons pas de fabrication française de poudre militaire pour les petites munitions », avait-il en effet remarqué à cette occasion.

Aussi, M. Le Drian a indiqué aux députés qu’il avait demandé à ses équipes « d’inciter les industriels à faire en sorte que notre pays puisse reprendre sa place dans la production des munitions de guerre de petit calibre. » Et d’ajouter : « Certes, il ne s’agirait pas d’un outil d’autonomie stratégique, mais ce serait un atout important pour notre défense. »

Et « j’ai bon espoir de parvenir à un résultat avant la fin de mes fonctions », a-t-il encore précisé. En clair, ce dossier pourrait aboutir d’ici mai 2017, c’est à dire avant la fin de ce quinquennat.

En décembre 2015, deux députés plaidèrent, dans un rapport, en faveur d’une filière française de production de munitions de petit calibre, afin d’assurer, entre autres, la continuité des approvisionnements en cas de conflit majeur (et d’éviter ainsi d’être à la merci d’un changement de législation pouvant affecter un fournisseur étranger). Pour cela, ils avaient évalué le coût d’une telle entreprise à 100 millions d’euros et estimé qu’il fallait entre 3 et 4 ans pour aboutir à une usine capable de produire jusqu’à 80 millions de cartouches par an.

Et un industriel serait intéressé par cette éventualité : TDA Armements, une filiale de Thales, qui songerait à réinstaller en France une ligne de production actuellement implantée en Australie. Pour Nexter, il n’en est pas question.

« Cela impliquerait des coûts très élevés, nous empêchant d’atteindre une compétitivité suffisante par rapport à nos concurrents qui disposent déjà d’une base industrielle et de marchés. Faute de perspectives de rentabilité satisfaisante, nous n’envisageons donc pas de nous relancer dans cette activité sur nos fonds propres », avait en effet expliqué Stéphane Mayer, le PDG de Nexter.

Source : Zone Militaire


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