Aux Jeux olympiques de Rio, l’équipe de France olympique a battu son précédent record de médailles – depuis l’après-guerre – établi à Pékin en 2008 (41). Les Bleus, emmenés par le judoka Teddy Riner, leur porte-drapeau, ont particulièrement brillé en athlétisme et en boxe, autant par leurs performances que par leur état d’esprit.

Christophe Lemaitre, vendredi 19 août, qui se jette sur la ligne d’arrivée du 200 m et arrache une improbable médaille de bronze. La pugnacité récompensée du sprinteur d’Aix-les-Bains (26 ans) apparaît comme un symbole de la réussite des Bleus aux Jeux olympiques de Rio.

Ambitieuse, la délégation tricolore rêvait de dépasser son record de médailles depuis l’après-guerre – 41 –, établi à Pékin en 2008 (1). Elle l’a fait, avec 42 médailles et une provisoire 7e place, avant même la fin des épreuves, prévue dans la nuit de dimanche à lundi 22 août.

S’il y a quatre ans à Londres, les nageurs (sept médailles dont quatre en or) et les judokas (sept médailles dont deux en or) avaient largement abondé la collection tricolore, à Rio, le bilan français a été rehaussé par les excellents résultats des Bleus en athlétisme, en boxe et en équitation.

Cohésion et solidarité

Au sein de ces disciplines, les équipes de France ont aussi brillé par leur état d’esprit et leur cohésion, loin des dissensions affichées en natation (deux médailles d’argent en bassin) et au tennis (aucune médaille).

Sur la piste du stade olympique de Rio, les athlètes tricolores ont conquis six médailles (trois en argent et trois en bronze). Si le bilan manque d’or – le perchiste Renaud Lavillenie a dû se contenter de l’argent – il faut remonter aux Jeux de 1948 pour trouver une meilleure moisson (huit médailles dont deux en or) ! À l’image de Christophe Lemaitre, revenu au sommet, après des années de vache maigre, les Bleus ont bousculé la hiérarchie mondiale.

Surtout, ils ont affiché une belle solidarité. Le décathlonien Kévin Mayer, qui a pu compter sur les conseils avisés de Renaud Lavillenie pour son épreuve de perche, a vibré pour la médaille de bronze de Christophe Lemaitre. « Moi j’ai toujours cru en lui, ça me fait vraiment plaisir parce que Christophe Lemaitre, c’est un chic type, a-t-il expliqué après la course de son compatriote. Tout ce qui lui arrive, il le mérite. ».

« Pour moi, cette équipe est comme une deuxième famille »

Une notion de groupe que les Bleus ont pu cultiver durant un stage à Sao Paulo avant le début des épreuves d’athlétisme. « C’est bien d’être avec tout le groupe, a indiqué Christophe Lemaitre. On a pu vivre 4-5 jours ensemble, ça crée une très belle ambiance. Cet esprit de groupe, c’est important pour le mental, on ne se sent pas isolé. » Même Yohann Diniz, au terme d’un 50 km marche qu’il s’est obstiné à terminer (8e) à bout de force et de souffrance, a senti cette solidarité dans les témoignages de réconfort envoyés par dizaines par des membres de l’équipe de France.

Cet état d’esprit a aussi porté la boxe tricolore, six fois sur le podium pour dix athlètes engagés. « Notre grosse force, c’est qu’on est solidaires, a assuré Mathieu Bauderlique, médaillé de bronze dans la catégorie des poids mi-lourds. Pour moi, cette équipe est comme une deuxième famille. »

Pour dépasser le cap des 41 médailles, la France a aussi pu compter sur la réussite de l’équitation (trois médailles dont deux en or), le renouveau des escrimeurs (trois médailles dont une en or) et la confirmation des judokas français (cinq médailles dont deux en or).

Des médailles historiques

Parmi eux, Teddy Riner, le porte-drapeau de la cérémonie d’ouverture, a montré la voie en conservant son titre de champion olympique comme l’avait fait son aîné David Douillet. Sa médaille d’or autour du cou, le colosse a pu donner de la voix. On l’a vu encourager avec passion les basketteurs, les handballeurs ou les boxeurs.

Et comme dans tous Jeux olympiques, il y a les belles histoires et ceux que l’on n’attendait pas sur le podium. La judoka (+ de 78 kg) Émilie Andéol, les larmes coulant sur ses joues pendant La Marseillaise, restera comme l’un des visages de la vague bleue à Rio. Les Françaises, qui ont décroché la première médaille olympique du handball féminin tricolore (l’argent), ont aussi marqué l’histoire.

Et, durant ces Jeux de Rio, le souvenir de deux champions français présents à Londres en 2012, le boxeur Alexis Vastine et la nageuse Camille Muffat, disparus l’an dernier dans un accident d’hélicoptère en Argentine durant le tournage de l’émission « Dropped », auront accompagné les athlètes tricolores et apporté un supplément d’âme pour un record.

Les pionnières du sport français

Parmi les médailles françaises à Rio, certaines ont un goût d’inédit. L’équipe de France de handball féminin, battue en finale par la Russie (19-22) a décroché, samedi, la première médaille olympique de son histoire. Estelle Mossely est, elle, devenue la première championne olympique de l’histoire de la boxe française après son sacre dans la catégorie des moins de 60 kg. Autre première en pentathlon moderne, Élodie Clouvel, vice-championne du monde de la discipline, a remporté la première médaille olympique individuelle pour la France (argent) dans un sport au programme des Jeux depuis 1912 (une épreuve féminine a été ajoutée en 2000).

Source : LaCroix.fr - Arnaud Bevilacqua (à Rio de Janeiro)

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