Dans une vidéo retrouvée dans son portable, le terroriste explique vouloir se venger "des Allemands qui se mettent en travers de la voie de l'islam".

Le Syrien qui s'est fait exploser dimanche soir près d'un festival de musique à Ansbach en Allemagne (Sud) avait « fait allégeance » au groupe djihadiste État islamique (EI), d'après une vidéo retrouvée sur son téléphone portable, a annoncé lundi le ministre bavarois de l'Intérieur. « Il a explicitement annoncé [agir] au nom d'Allah, a fait allégeance [au chef du groupe EI], Abou Bakr al-Baghdadi [...] et annoncé expressément une vengeance contre les Allemands qui se mettent en travers de la voie de l'islam », a déclaré Joachim Hermann, s'appuyant sur une première traduction de cette vidéo en arabe, au lendemain de cet attentat à la bombe qui a fait 15 blessés et tué son auteur.

Le demandeur d'asile est mort dans l'explosion de sa bombe. Les secours ont tenté en vain de le ranimer. Le directeur adjoint de la police d'Ansbach, Roman Fertinger, a parlé d'« indices » selon lesquels des pièces de métal ont été ajoutées à l'explosif.

L'auteur de l'attentat, dont la demande d'asile avait été rejetée il y a un an, avait l'intention d'« empêcher » la tenue du festival de musique pop en plein air auquel participaient plus de 2 500 personnes dans la ville, selon le ministre Joachim Hermann. Il a essayé d'entrer sur les lieux mais a dû faire demi-tour dans la soirée faute de ticket d'entrée. La bombe a détonné peu après, vers 22 heures (20 heures GMT), devant un restaurant du centre-ville, à proximité immédiate du festival. Le Syrien, qui résidait à Ansbach, avait tenté par deux fois dans le passé de mettre fin à ses jours et séjourné dans une clinique psychiatrique, selon le ministre, qui a précisé ne pas savoir si l'homme était aussi animé d'intentions suicidaires.

Troisième attentat en Bavière

Cet attentat survient à un moment où le pays est sous haute tension après une série de tragédies, dont celle de Munich (Sud) qui a fait neuf morts et onze blessés vendredi soir. Par ailleurs, il touche l'Allemagne, qui, comme le reste de l'Europe, connaît actuellement un contexte de crainte d'attentats djihadistes. L'Europe a été frappée à plusieurs reprises cette année (à Nice en France le 14 juillet, à Bruxelles en Belgique le 22 mars) par des attaques meurtrières revendiquées par le groupe État islamique.

C'est aussi la troisième fois en une semaine que l'État régional de Bavière est frappé par un drame. Vendredi soir, un jeune homme de 18 ans souffrant également de troubles psychiatriques, obsédé par les tueries de masse mais a priori sans lien avec le djihadisme, avait tué neuf personnes à Munich et en avait blessé grièvement onze autres lors d'une fusillade. Le 18 juillet, un demandeur d'asile se disant de nationalité afghane avait déjà blessé à la hache cinq personnes dans un train à Wurtzbourg, lors d'une attaque revendiquée par le groupe djihadiste EI.

Éviter tout amalgame

Enfin, non loin de la Bavière, un demandeur d'asile syrien de 21 ans a tué dimanche à la machette une femme avec qui il venait de se disputer et a blessé trois autres personnes, dans une crise de rage a priori passionnelle, à Reutlingen, localité de 100 000 habitants proche de Stuttgart (sud-ouest).

Même si le gouvernement insiste pour éviter tout amalgame, cette accumulation est de nature à redonner de l'ardeur aux opposants à la politique d'ouverture généreuse de la chancelière Angela Merkel à l'égard des réfugiés en 2015. Le ministre bavarois Joachim Hermann s'est dit inquiet que le droit d'asile soit « discrédité » par les événements d'Ansbach. La Bavière, où se sont déroulées les tragédies de Wurtzbourg et Ansbach, est à la fois la porte d'entrée en Allemagne des migrants et une région dirigée par les plus farouches détracteurs de l'ouverture aux réfugiés, le parti conservateur » CSU. Ce dernier a de nouveau réclamé la semaine dernière un plafonnement de leur nombre en Allemagne.

Source : AFP.FR

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