Attentat terroriste de Nice : La sécurité du feu d’artifice remise en cause

Les élus locaux du parti Les Républicains ont déclenché une violente polémique sur le dispositif prévu pour le 14 Juillet.

Le deuil n’aura duré que quelques heures, à peine plus d’un jour, avant d’être chassé par une polémique sur la sécurité entourant le feu d’artifice de jeudi soir à Nice. L’ancien maire devenu premier adjoint Christian Estrosi (LR) a consacré une partie de ses prises de parole publique de samedi à critiquer le dispositif mis en place par la préfecture des Alpes-Maritimes en visant, au-delà, l’exécutif : «Vous êtes ministre de l’Intérieur, vous êtes chef de l’État, vous êtes responsables de l’action gouvernementale, vous déclarez que votre pays est en guerre, vous prenez des mesures d’état d’urgence, cela veut dire que vous êtes censés regarder quelles sont les armes préconisées par l’ennemi pour vous abattre et que vous prenez toutes les précautions pour pouvoir contrecarrer l’utilisation de ces armes.»

Pour Estrosi, l’encadrement n’était pas à la hauteur : insuffisants les soixante-quatre agents de la police nationale déployés, dont il doute même qu’ils aient tous été présents : «Ils n’étaient pas plus de la moitié. C’est un mensonge d’Etat et je pèse mes mots. L’enquête le démontrera», a lancé l’élu, sûr de son fait, devant les policiers municipaux réunis à l’hôtel de ville. Dès samedi matin, la préfecture avait tenté de désamorcer les critiques venues de la mairie, indiquant que le dispositif de sécurité «avait été élaboré […] en partenariat avec la Ville de Nice». Même réplique du ministre de l’Intérieur, qui a rappelé samedi en début d’après-midi que «l’État comme la municipalité pouvait décider de procéder à l’interdiction des festivités entourant le 14 juillet», si l’un ou l’autre estimait que les conditions n’étaient pas satisfaisantes. Deux réunions de préparation avaient eu lieu le 28 juin et le 7 juillet à la préfecture.

«La situation était très différente des fan zones»

«Le dispositif était conséquent», juge Fabrice Devesa, policier à la direction départementale de la sécurité publique et secrétaire départemental du syndicat Unsa Police. Outre les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, quarante-deux policiers municipaux et dix militaires étaient positionnés «en périphérie immédiate», selon la place Beauvau. «La situation était très différente des fan zones», ces esplanades en plein air où étaient projetés les matchs de l’Euro, poursuit Devesa : «Les gens y étaient parqués, tandis qu’il y avait du monde tout le long de la promenade à Nice pour le feu d’artifice, 30 000 personnes sur 4 ou 5 kilomètres. L’accès à la promenade n’était pas réglementé. Il aurait fallu des barrages dans toutes les rues adjacentes.»

Le chauffeur du camion a commencé son massacre au niveau de l’hôpital Lenval, soit bien avant le périmètre sécurisé pour le feu d’artifice : une petite partie de l’avenue, d’environ un kilomètre, fermée à la circulation ce soir-là. La préfecture et Bernard Cazeneuve ont indiqué de concert que le camion avait contourné ce barrage, situé devant le glacier au coin du boulevard Gambetta, en passant par le trottoir. Plusieurs riverains confirment avoir vu à cet endroit un dispositif assez léger comprenant des «séparateurs de voies» (sorte de plots rectangulaires rouges et blancs) et des voitures de police.

«Tirer à l'arrière d'un camion ne sert à rien»

Trop léger ? «Rien ne peut arrêter 19 tonnes à 60 km/heure, sinon un mur en béton armé» affirme Luc Poignant, d’Unité SGP-Police, qui a passé seize ans à la circulation. Pour le syndicaliste policier, le mode opératoire utilisé par le terroriste, complètement nouveau, explique l’inadéquation de la sécurité prévue pour l’événement : «Le but était de vérifier que les gens ne soient pas virulents, et d’éviter une quelconque intrusion, mais pas celle d’un camion ! Personne ne pouvait penser qu’un camion de 19 tonnes allait se lancer sur la foule.» Son homologue d’Unsa Police, Fabrice Devesa, avoue lui aussi l’impuissance des forces de l’ordre face à ce genre d’attaque : «Même les herses qu’on utilise lors des barrages autoroutiers ne sont pas prévues pour arrêter des camions.»

Ce seront finalement des tirs de policiers qui stopperont la course meurtrière de Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Sont-ils intervenus trop tard ? Forcément, vu le nombre de victimes… «Malgré tout, le temps [environ 2 minutes en tout, NDLR] et la distance étaient très courts», commente Poignant. D’après les différents témoignages, les premiers fonctionnaires ouvrent le feu devant l’hôtel Negresco, une centaine de mètres après le barrage. «Tirer à l’arrière d’un camion ne sert à rien. Il faut être face à face. Il n’y a que dans les films que les pneus sont percés par des balles.»

Source : Libération.fr

Un attentat revendiqué, ou plutôt récupéré de façon opportuniste* par Daech

Les enquêteurs tentent toujours de cerner la personnalité de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l'auteur de l'attentat de Nice qui a fait 84 morts. Les interpellations se poursuivent.

• Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait repéré les lieux, et orchestré le massacre des jours auparavant. L'auteur de l'attentat de la Promenade des Anglais de Nice avait repéré les lieux les 12 et 13 juillet avec son poids lourd loué, qui a servi à perpétrer le carnage du 14 juillet, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. Et selon les informations de notre journaliste Christophe Cornevin, le tueur a réservé dès le 4 juillet le camion frigorifique à Saint-Laurent-du-Var. Comme l'a précisé le procureur Molins, il a ensuite récupéré l'engin de 19 tonnes le 11 juillet et devait le rendre la veille de son équipée sanglante.

• Des centaines de témoins déjà entendus. Plusieurs témoins interrogés, parmi la centaine déjà entendue, ont évoqué la religiosité du Tunisien. Son père avait pourtant affirmé qu'il n'avait «aucun lien avec la religion». L'auteur de l'attentat, revendiqué par le groupe État islamique, semblait jusque-là avoir davantage un profil de déséquilibré, inconnu des services de renseignement français, seulement connu pour des faits de délinquance ordinaire. «Il semble» que le chauffeur livreur tunisien de 31 ans se soit «radicalisé très rapidement», a ainsi déclaré samedi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Un «frimeur» et un «dragueur». Dans la petite salle de sport du centre de Nice que fréquentait jusqu'à il y a deux ans environ Mohamed Lahouaiej Bouhlel, les abonnés se souviennent d'un «frimeur», un «dragueur», a raconté dimanche à l'AFP un témoin. «Limite, il était lourd», rapporte ce témoin. Une femme qui avait eu à subir ses avances évoque «quelqu'un qui draguait tout ce qui bouge». Selon un autre témoin de cette salle de sport, cité par Nice-Matin, Mohamed Lahouaiej «prenait pas mal de trucs pour se muscler, il se piquait avec des stéroïdes anabolisants, pour la gonflette».

Source : LeFigaro.fr

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* Ndlr : Selon David Thomson, journaliste, spécialiste de la mouvance djihadiste, « jusqu’ici, l’Etat islamique n’a jamais rien revendiqué de façon opportuniste ».

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