La semaine dernière, après avoir repris à l’État islamique (EI ou Daesh) la mairie de Falloujah, le Premier ministre Haider al-Abadi, avait proclamé la victoire des forces irakiennes contre les jihadistes. Seulement, il était encore trop tôt étant donné que ces derniers contrôlaient encore au moins 7 quartiers de la ville. Mais ce n’était alors qu’une question de temps.

Lancée le 23 mai 2016 avec l’appui aérien de la coalition dirigée par les États-Unis, l’offensive visant à chasser l’EI de Falloujah, bastion des jihadistes depuis janvier 2014, s’annonçait difficile. Et elle l’a effectivement été… Au terme de violents combats, le commandant des opérations, le général Abdelwahab al-Saadi, a annoncé la « libération » de la ville, après la prise de contrôle par les forces d’élite du contre-terrorisme du quartier Al-Jolan ».

« Al-Jolan, qui était le dernier bastion de Daesh dans la ville, est à présent à l’abri de ce groupe terroriste », a expliqué un porte-parole de l’armée irakienne. « Il n’a pas fallu plus de 2 heures aux ICTS [Iraqi Counter Terrorism Service, formé en partie par les militaires français de la TF Narvik, ndlr] pour s’emparer de ce quartier et Daesh n’a pas tiré une seule balle », ce qui démontre que les jihadistes avaient été « défaits avant même l’entrée des troupes dans le quartier », a-t-il ajouté.

La veille, et sans attendre la prise du quartier d’Al-Jolan, M. al-Abadi s’était rendu à Falloujah et appelé les "Irakiens (…) à sortir et célébrer [la victoire]" .

Il s’agit d’un revers majeur pour l’EI dans la mesure où Falloujah fut sa première conquête importante en Irak. En outre, cette défaite des jihadistes permettra, sans doute, d’améliorer la sécurité à Badgad étant donné que la ville servait de plateforme logistique aux jihadistes pour commettre des attentats dans la capitale irakienne.

Par ailleurs, si l’on sait que les combats ont été intenses, on ne dispose, à l’heure actuelle, d’un bilan des pertes humaines de cette bataille. Au plus sait-on que plus d’un millier de soldats irakiens ont été blessés (donc mis hors de combat).

Reste à voir maintenant ce que sera le comportement les milices chiites irakiennes des « Unités de mobilisation populaire » (Hachd al-Chaabi), même si leurs combattants n’ont pas participé directement à la libération de Falloujah, ville majoritairement sunnite.

En effet, les Hachd al-Chaabi ont été accusées d’exactions, d’exécutions sommaires et de pillages dans les villes libérées de la tutelle de l’État islamique. Le gouvernement irakien a d’ailleurs mis en place une commission des droits humains chargée d’enquêter sur ces crimes. Crimes qui sont susceptibles de pousser les civils sunnites dans les bras des jihadistes ou de tout autre mouvement contestant l’autorité du pouvoir central irakien.

Cela étant, après la reconquête de Falloujah, les regards se tournent désormais vers Mossoul, qui est l’un des deux objectifs (avec Raqqa, le fief de l’EI en Syrie) de la coalition internationale.

 Source : Zone militaire

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