On sait que les forces spéciales américaines « conseillent » les rebelles arabo-kurdes des FDS (Forces démocratiques syriennes) dans l’offensive qu’ils mènent dans le nord de la province de Raqqa, fief de l’État islamique (EI ou Daesh).

Et sans doute qu’il en est de même pour la bataille de Manbij, lancée le 31 mai 2016 par les FDS, afin de priver les jihadistes de leur dernier point de passage avec la Turquie, et donc, par extension, l’Europe.

Mais, qu’en est-il des forces spéciales françaises ?

Lors de son passage à l’émission « Bibliothèque Médicis » de la chaîne Public Sénat, le 3 juin 2016, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait indiqué que des Français (« un certain nombre ») combattaient à Manbij… mais dans les rangs de l’EI. Interrogé sur ce que faisait la France pour aider les combattants kurdes, il s’était montré évasif. «On appuie par des apports d’armes, de la présence aérienne et du conseil», avait-il déclaré.

Mais, une source de l’entourage du ministre est allée encore plus loin en confiant, rapporte l’AFP, que « l’offensive de Manbij est clairement soutenue par un certain nombre d’États, dont la France ». Et d’ajouter : « Le soutien, c’est le même que d’habitude, c’est du conseil. »

« Les militaires français n’interviennent pas eux-mêmes et ne sont donc pas susceptibles de combattre directement contre les militants de l’EI, notamment les Français présents à Manbij », a-t-on précisé au ministère de la Défense.

Cela étant, qu’il y ait des Français dans les rangs de Daesh ou pas, ça ne change pas grand chose, comme l’a rappelé M. Le Drian lors de l’émission de Public Sénat. « On ne distingue » pas les combattants, a-t-il dit. « Il y a des Français, des Tunisiens, des Saoudiens, des Allemands, des Belges… Bref, ce sont des combattants de Daesh, ce sont nos ennemis », a-t-il poursuivi.

De source militaire, avance l’AFP, « environ 400 soldats des forces spéciales françaises sont engagés dans 17 pays, notamment au Sahel, sur un total de 2.500 hommes. » Certains de ces militaires sont aussi présents aux côtés des combattants kurdes irakiens (Peshmergas).

« L’accompagnement (…), c’est l’équipement, l’entraînement, la connaissance mutuelle et la capacité avec quelques hommes, une dizaine, d’aider à mener un combat, en conseillant, voire en apportant quelques capacités comme le guidage d’avions, la coordination et les liaisons satellites », a expliqué un officier du Commandement des opérations spéciales (COS) à l’AFP. Et cela permet aussi de faire du renseignement.

Quant à la bataille de Manbij, au 7 juin, les FDS, appuyées par 105 frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis, avaient pris le contrôle de 58 villages des environs et étaient à 5 km au nord de la ville, à 2 km au sud et à 7 km à l’est.

Cette offensive est politiquement sensible en raison de l’hostilité de la Turquie face à la présence des 500 combattants kurdes syriens mobilisés pour cette opération. Une fois Daesh que sera chassé de Manbij, il est prévu un retrait de ces derniers, la zone restant alors sous le contrôle des 3.000 combattants arabes des FDS, notamment ceux du groupe Jaysh al-Thuwar. Il s’agit également de rassurer la population, majoritairement composée d’arabes sunnites. 

Source : Zone Militaire

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