S'affranchissant du devoir de réserve, l'officier a publié un livre réquisitoire... 

Le général Bertrand Soubelet devrait quitter très rapidement son poste à la tête du Commandement de la gendarmerie de l’outre-mer (CGOM). Il a été informé hier soir par le DRH de l’Arme que son successeur serait bientôt nommé et que, dès lors, il se retrouverait sans affectation. Le général Soubelet n’est donc pas « viré » de la gendarmerie mais sérieusement poussé vers la porte. Ce n’est pas une surprise : lui-même s’y attendait depuis l’annonce de la parution de son livre « Tout ce qu’il ne faut pas dire » (Plon).

Général de corps d’armée (quatre étoiles), Bertrand Soubelet est à ce titre tenu à un devoir de réserve. Il a, en toute conscience, décidé de s’en affranchir en publiant un livre réquisitoire principalement consacré à la sécurité et à la justice. L’ouvrage rencontre un vrai succès de librairie (25 000 exemplaires). Rédigé avec une grande sincérité, il confine parfois à une certaine naïveté assumée, notamment sur la politique.

Ce livre est né d’un conflit entre ce général et le directeur général de la gendarmerie nationale Denis Favier - des hommes du même âge - à la suite d’une audition du premier devant une commission parlementaire sur la sécurité le 18 décembre 2013. Ses propos, directs et sans concessions, ne sont pas de ceux qu’un responsable peut, dans notre République, tenir publiquement. Alors directeur des opérations de la gendarmerie, Bertrand Soubelet a été sanctionné et rétrogradé à un poste moins important. Dès lors, un conflit l’a opposé à son chef, dont ce livre est la conséquence directe.

Désormais très médiatisé, Bertrand Soubelet se prépare à quitter la gendarmerie. C’était inévitable. Nombre d’acteurs et de témoins de cette affaire (dont le soussigné), tous attachés à la gendarmerie, ressentent un sentiment de gâchis. 

Source : Jean Dominique MERCHET - Secret Défense

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