Déjà que les relations entre la Russie et la Turquie ne sont pas au mieux, après l’affaire du bombardier tactique russe Su-24 «Fencer» abattu par un F-16 turc, un nouvel incident a donné lieu à des protestations d’Ankara.

Ainsi, le 6 décembre 2015, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Casuvoglu, a dénoncé une provocation russe après la diffusion d’une photographie montrant un soldat russe portant, à l’épaule, un lance-missile sol-air à bord du navire amphibie Caesar Kunikov, alors que ce dernier se trouvait dans les eaux turques, avant de franchir le détroit du Bosphore.

« Oui, c’est une provocation », a estimé M. Casuvoglu, à l’occasion d’un passage sur les plateaux de la chaîne de télévision privée NTV. « Ce soldat à bord de ce navire de guerre russe, avec ce qui ressemble à un missile… c’est juste une provocation », a-t-il insisté. Et d’ajouter : « Si nous percevons une quelconque menace, nous saurons y apporter la réponse nécessaire ».

Cet incident a valu à l’ambassadeur russe en poste à Ankara d’être convoqué par le ministère turc des Affaires étrangères, lequel, ont précisé des sources diplomatiques, lui a rappelé son « souhait de ne pas voir se répéter des actions non conformes à la convention de Montreux ou encore à l’esprit du droit international, qui n’ont aucun lien direct avec le passage (du navire) ».

L’allusion à la convention de Montreux n’est pas anodin. Signée en 1936, elle garantit la liberté de navigation aux navires militaire dans les détroits du Bosphore et des Dardanelles, y compris en temps de guerre, sauf si la Turquie est partie au conflit ou si elle s’estime menacée.

En attendant, Ankara va devoir gérer les conséquences des sanctions décidées par Moscou. Et sachant que les économies russe et turque sont fortement liées, notamment dans les domaines de l’énergie et du tourisme, la facture s’annonce lourde. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a estimé qu’elles coûteraient à la Turquie entre 0,3 et 0,7% de point de croissance.

Environ un tiers des besoins turcs en pétrole sont ainsi assurés par la Russie. Idem pour 55% des besoins en gaz. Le 5 décembre 2015, le président turc, Tayyep Recip Erdogan, a affirmé qu’Ankara allait chercher de nouveaux fournisseurs, qui pourraient être le Qatar et l’Azerbaïdjan.

Source : Zone Militaire

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