Frappes russes en Syrie : Seules 5% cibleraient Daesh, affirme la Grande-Bretagne

Vladimir Poutine est arrivé avec une ponctualité inhabituelle au palais de l’Elysée, à 12 h 01, vendredi 2 octobre, attendu par des dizaines de journalistes russes venus spécialement de Moscou. Le retour du président russe sur le devant de la scène, après son passage très scruté à New York, doit se voir sur les télévisions du pays.

M. Poutine participait à Paris à un sommet sur l’Ukraine dit du « format de Normandie », au côté des dirigeants français, allemand et ukrainien. Mais le début des frappes russes en Syrie, mercredi, a changé la donne, reléguant le dossier ukrainien au second plan.

Le président russe a été accueilli sans effusion apparente par son homologue français, François Hollande, qui lui a tout de même donné du « bienvenue, président Vladimir ». Les deux hommes se sont ensuite enfermés pour une rencontre bilatérale d’une heure et quart.

Avant le début des discussions sur l’Ukraine, cette rencontre en tête à tête, comme celle entre M. Poutine et la chancelière allemande, a été largement consacrée à la situation en Syrie. Avec, selon des sources à l’Elysée, trois points principaux au menu : la réalité des frappes russes sur les positions de l’Etat islamique, la sécurité des civils et les conditions d’une éventuelle transition politique. MM. Hollande et Poutine ont « essayé de rapprocher les points de vue sur la transition politique » en Syrie, a indiqué la présidence de la République, alors que la France continue de s’opposer à Moscou en maintenant que s’allier avec Bachar Al-Assad n’est pas une solution.

Pour Obama, la stratégie de la Russie en Syrie est « une catastrophe assurée »

  • Le président américain Barack Obama a critiqué vendredi 2 octobre la politique frappes aériennes en Syrie en soutien au président syrien Bachar Al-Assad. Il a accusé la Russie de ne pas faire la distinction entre l’Etat islamique et les groupes d’insurgés plus modérés. « De leur point de vue, ce sont tous des terroristes », a déclaré le président américain lors d’une conférence de presse. « Et cela, c’est une catastrophe assurée. »

    La Russie a effectué vendredi en Syrie une troisième journée de frappes aériennes en visant essentiellement des zones tenues par des mouvements rebelles autres que l’Etat islamique (EI) qu’elle dit viser, s’attirant une réponse de plus en plus irritée de la part de l’Occident. M. Obama a cependant jugé « possible » de trouver avec Moscou une solution politique si la Russie reconnaît « qu’il doit y avoir un changement de gouvernement » dans ce pays.

« Daech et uniquement Daech »

« Nous avons tous les deux insisté sur le fait que l’EI est l’ennemi que nous devons combattre », a rapporté, lors d’un point de presse en début de soirée, François Hollande. Le chef de l’Etat a indiqué avoit répété à Vladimir Poutine que « les frappes doivent concerner Daech [acronyme arabe de l’Etat islamique] et uniquement Daech ». C’est cette position qu’avait déjà réaffirmée jeudi Laurent Fabius dans un entretien au Monde, dans lequel il déclarait « disposer de renseignements » qui lui permettaient d’assurer que « jusqu’ici les Russes ont plutôt concentré leurs frappes sur l’opposition modérée que sur Daech et Al-Qaida ».

Cette position a été appuyée vendredi matin par un communiqué commun de sept pays participant à la coalition internationale (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Turquie, Qatar, Arabie saoudite), qui redoutent une « nouvelle escalade » :

« Nous demandons instamment à la Fédération de Russie de mettre immédiatement fin à ses attaques contre l’opposition et la population civile syriennes et de concentrer ses efforts sur le combat contre Daech. Ces opérations militaires constituent une nouvelle escalade et ne feront qu’attiser l’extrémisme et la radicalisation. »

Comme en réponse à ces critiques, la Russie a continué ses frappes et a annoncé vendredi avoir visé la province de Rakka, considérée comme la capitale de l’Etat islamique. Moscou a aussi fait savoir que sa campagne en Syrie était durable et continuerait « trois à quatre mois ».

Source : LeMonde.fr

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