Le 14 février 1945, le capitaine Antoine Allard, 24 ans, décolle de Tavaux, près de Dôle, où s’est installé le Groupe de chasse 1/4 Navarre, aux commandes de son P-47 Thunderbolt pour une mission dans le secteur de Baden Baden. Son unité a la tâche, depuis juillet 1944, d’harceler les troupes allemandes alors en retraite.

Malheureusement, le jeune aviateur ne reviendra pas. Au cours du vol, selon les témoignages, il entre en collision avec son ailier (le sous-lieutenant de Pradel?)… Son P-47 s’écrase dans un verger, Ottersweier, une localité du Bade-Wurtemberg, en Allemagne. Il n’a pas pu sauter en parachute, contrairement à son équipier, qui sera fait prisonnier.

Depuis, et alors que le lieu de la chute de son appareil était connu depuis 70 ans, rien n’avait été fait pour exhumer les restes du pilote français jusqu’au 8 août 2015.

Des fouilles, organisée à l’initiative de Uwe Benkel, qui s’est donné pour tâche de retrouver les restes des pilotes disparus en Allemagne, ont permis de faire remonter à la surface les restes du P-47 et la dépouille du capitaine Allard, alors enfouis sous 4 mètres de terre. Des réservistes allemand étaient présents, de même qu’une délégation de l’Escadron de chasse 1/3 Navarre.

Âgé de 7 ans au moment des faits dont il fut un témoin direct, Werner Doll, un habitant d’Ottersweier, a raconté à l’agence de presse DPA qu’il adressait « quelques mots » au capitaine Allard chaque fois qu’il passait devant le lieu où son avion s’était écrasé.

S’agissant du capitaine Allard, on ne sait que peu de choses, si n’est qu’il était né en septembre 1920 à Paris.

À partir de sa création jusqu’à la fin de la guerre, le GC 1/4 Navarre aura perdu 16 pilotes. Ses pertes augmentèrent significativement à partir du moment où il laissa ses avions P-39 pour les P-47 Thunderbolt, en juillet 1944.

Devant alors effectuer des missions d’attaque au sol, plusieurs de ses appareils furent en effet abattus par la « flak », c’est à dire la DCA allemande. Au total, le groupe aura effectué 2.826 sorties pour 6.240 heures de vol pour un bilan éloquent, avec la destruction de 120 locomotives, 1.419 wagons, 342 camions, 250 autres véhicules, 88 péniches, 2 centrales électriques et 1 bateau. 

Source : Forces Aériennes

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