Attaque terroriste programmée pour 2015-2016

Cette attaque – encore à l’état de projet – était programmée entre décembre 2015 et janvier 2016, une période jugée propice parce que le nombre de militaires armés serait moins élevé à ce moment de l’année, et pour se laisser le temps de préparer leur action, ont-ils expliqué aux enquêteurs de la DGSI, seul service saisi de l’enquête. Leurs déclarations, qui ont fluctué depuis lundi, sont néanmoins susceptibles d’évoluer jusqu’à la fin de leur garde à vue.

L’un des principaux « instigateurs » de ce projet – le mineur de 17 ans – avait été repéré fin 2014 pour son « activisme sur les réseaux sociaux » et ses « velléités de départ » en Syrie dans le cadre du dispositif mis en place par le gouvernement pour prévenir les filières djihadistes, a précisé le ministre. Il avait fait l’objet d’un entretien administratif par la DGSI en octobre 2014 et était, selon une source proche du dossier, en relation avec un autre jeune parti en Syrie et placé sous contrôle judiciaire à son retour.

Sa surveillance a ensuite permis d’identifier les trois autres individus avec qui il était en relation et d’entrevoir leur dessein. Selon les informations du Monde, ce jeune candidat au djihad de 17 ans voulait passer à l’acte, mais c’est l’ancien militaire de la marine qui aurait apporté des idées précises, en proposant de cibler une base du sud de la France dans laquelle il avait servi avant d’être réformé. Le troisième gardé à vue, âgé de 19 ans, avait lui aussi été repéré pour ses liens avec la mouvance radicale.

Selon une source proche du dossier, un renseignement « étranger » aurait contribué à attirer l’attention des services français sur leurs intentions. L’analyse des ordinateurs et téléphones portables des gardés à vue devrait permettre de déterminer si leur projet était coordonné avec un correspondant en Syrie.

Annonce précoce

La précision de leurs conversations sur des forums cryptés a en tout cas conduit la DGSI à demander le 23 juin au parquet de Paris l’ouverture d’une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme. Une enquête éclair… qui aura duré moins de trois semaines. Selon une source proche du dossier, c’est la nature de leur cible et « l’imminence de la fête nationale », le 14 juillet, qui a « précipité leur interpellation », et ce « même si le projet pouvait paraître lointain ».

L’annonce à la presse de cette affaire flatteuse pour la DGSI a elle aussi été quelque peu précipitée, au grand dam des services d’enquête. Sans attendre leur éventuel déferrement devant un juge antiterroriste, prévu au plus tard vendredi, c’est le président de la République, François Hollande, qui a révélé mercredi en fin de journée en marge d’un déplacement à Marseille que des « actes terroristes » avaient été « prévenus » cette semaine. « Le ministre de l’intérieur fera une communication demain [jeudi] à cet effet », avait-il précisé à quelques journalistes qui l’accompagnaient.

Cette annonce précoce de François Hollande a bouleversé le plan de communication de la place Beauvau, qui avait en effet prévu d’annoncer ce coup de filet jeudi après-midi. Face à l’effervescence provoquée dans les médias par la phrase sibylline du chef de l’Etat, Bernard Cazeneuve a finalement été contraint d’avancer dans la précipitation sa communication à mercredi soir, sur le coup de 21 h 30.

Le ministre a profité de cette prise de parole pour présenter les derniers bilans chiffrés de la lutte contre les filières djihadistes. Depuis la mise en place du numéro vert il y a un an et demi, quelque 2 500 personnes ont été signalées pour « radicalisation ». Un travail de suivi important pour les services de renseignement, qui a notamment permis de repérer le plus jeune des suspects encore en garde à vue. Malgré ce dispositif préventif mis en place en avril 2014, le contingent de Français partis en Syrie a atteint près de 500 individus depuis le début de la guerre civile.

Source : Lemonde.fr

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