Le 15 octobre 2015, le premier centre du Service militaire volontaire (SMV) ouvrira ses portes, à Montigny-lès-Metz (Moselle). Suivront ensuite le centre de Brétigny-sur-Orge en novembre, puis celui de La Rochelle, en janvier 2016. Dans un premier temps, il est question d’accueillir 200 volontaires pour une durée de 6 mois à 1 an. Ensuite, ce nombre sera porté à 300 puis à 1.000.

Ce SMV s’inspire du Service militaire adapté (SMA), mis en place en 1961 dans les départements et territoires d’Outre-Mer. L’idée est donc de proposer aux jeunes âgés de 18 à 25 ans en situation d’échec scolaire, une formation avec un encadrement militaire afin de favoriser leur insertion sociale et professionnelle.

Reste maintenant à voir si ce SMV va séduire ce public… En Belgique, un Service militaire volontaire (EVMI) s’adressant au moins de 25 ans sans expérience professionnelle avait été créé en 2009. En 5 ans, il n’a attiré que 348 recrues pour 840 places ouvertes. Et 201 volontaires ont mis fin à leur période d’engagement… Soit un taux d’attrition de 57,75%!

« C’était prévisible. Dans l’EVMI, on apprend juste aux jeunes à tenir un fusil. Ils ne reçoivent aucune formation complémentaire (mécanicien, par exemple). Ça signifie qu’au moment de quitter l’armée, ils n’auront rien à faire valoir auprès d’un futur employeur », a expliqué Patrick Descy, un responsable d’un syndicat militaire.

Cela étant, la philosophie du SMV français n' est pas du tout la même que l’EVMI belge puisque justement, il s’agit de former des jeunes en situation d’échec et non de constituer un « réservoir de forces ». Ces stagiaires pourront toutefois être sollicités pour des missions de soutien aux populations, le cas échéant, voire participer à « des chantiers d’application » pour le compte des collectivités locales ou d’associations reconnues d’utilité publique dans le cadre de leur formation. Mais pas davantage.

Ainsi, il ne sera pas question de les engager dans l’opération intérieure Sentinelle. Chargé de mettre en place ce SMV, le général (2S) Bertrand Clément-Bollée a même précisé, lors d’une audition à l’Assemblée, que la formation militaire des stagiaires ne comporterait aucune instruction au tir.

Pendant la durée de leur service, les stagiaires percevront une solde mensuelle de 370 euros, tout en étant logés, nourris et « soutenus ». Ils pourront en outre passer gratuitement le permis de conduire. Tous ces arguments seront-ils attrayants pour ces jeunes en difficulté ? Sans doute… Mais à condition de savoir où et comment les recruter.

Pour cela, le général Clément-Bollée compte sur des « prescripteurs », comme les Missions locales ou encore l’AFPA. La Journée Défense Citoyenneté, dont la fin a pourtant été annoncée par le président Hollande, serait une occasion de faire passer le message. Enfin, les candidats à l’engagement ayant été éliminés pour un SIGYCOP insuffisant (c’est à dire inaptes médicalement) pour intégrer les forces pourraient se voir proposer de devenir stagiaires du SMV.

Si ce Service militaire volontaire donne satisfaction, alors se posera la question de le maintenir et de l’étendre. À terme, selon le général Clément-Bollée, 13 centres pourraient être ouverts (soit un par grande région). Pour le moment, seule l’armée de Terre fournit les cadres nécessaires au SMV. Il serait donc question de mettre à contribution l’armée de l’Air et la Marine nationale.

Quant au financement, il est exclu qui soit pris en charge par le ministère de la Défense, ce dernier ne devant exercer qu’une tutelle administrative. Pour le moment, cette expérimentation menée sur les 3 centres coûtera 40 millions d’euros, dont 30 millions pour les soldes et le fonctionnement courant et 10 millions pour la remise à niveau des infrastructures.

Source : Zone Militaire - Photo SIRPA

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