Première phase de l’opération EUNAVFOR MED contre les passeurs en Méditerranée

En avril dernier, suite à la mort de 900 migrants en Méditerranée, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Union européenne décidèrent de renforcer les moyens de l’opération Triton, menée sous l’égide de Frontex, l’agence chargée de la surveillance des frontières extérieures de l’espace Schengen, et de planifier une opération navale, EUNAVFOR MED, pour mettre en échec les passeurs qui opèrent le plus souvent depuis les côtes libyennes.

Un mois plus tard, les grandes lignes de cette opération furent approuvées par les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des États membres. Dans le même temps, l’amiral italien Enrico Credendino était désigné pour en prendre le commandement depuis un quartier général installé à Rome. En outre, 11,82 millions d’euros devaient être mobilisés pour en financer les coûts communs pendant une phase de démarrage de 2 mois et un mandat initiale d’un an.

Puis, ce 22 juin, EUNAVFOR MED a officiellement été lancée, à l’issue d’une nouvelle réunion à Luxembourg. Plus précisément, il s’agit de la première phase de cette opération qui peut commencer, c’est à dire celle qui consiste à collecter du renseignement sur les réseaux de passeurs. La seconde visera à intercepter les embarcations de ces derniers dans les eaux internationales, dans L'Union Européenne lance : EUNAVFOR MED mais dans la limite de ce qu’autorise le droit international.

Après, ce sera plus compliqué, faute, pour le moment, d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui autoriserait l’arraisonnement des navires de trafiquants dans les eaux territoriales libyennes (le gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale s’y oppose).

« Avant de passer à la phase deux et la phase trois de l’opération, le Conseil évaluera si les conditions de transition au-delà de la première phase ont été respectées », a expliqué Federica Mogherini, Mme le Haut-représentant de l’Union pour les  Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

« Les premiers déploiements de navires, sous-marins, d’avions patrouilleurs et de drones européens sont attendus dans une semaine. La décision a été prise par les chefs de la diplomatie de l’Union européenne à l’ouverture de leur réunion mensuelle », a indiqué une porte-parole.

Pour le moment, on ignore la contribution exacte des pays membres à cette opération. La France y prendra sa part, conformément à ce qu’avait annoncé le président Hollande en avril 2015. « Nous sommes en situation, grâce à l’ensemble de nos outils, de contribuer », à cette première phase, a ainsi indiqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le 21 juin, lors de l’émission politique d’Europe1/Le Monde/iTélé.

Ce dernier a par ailleurs mis en garde contre le risque de voir l’État islamique (EI), qui a déjà conquis 200 km du littoral libyen, de se livrer au trafic d’êtres humains, lequel constituerait une source de financement. À la question de savoir si cette éventualité serait une « arme politique » pour mettre l’Europe sous pression, M. Le Drian a répondu « oui, sans doute demain », si rien n’est fait et/ou si aucun accord politique entre les deux principales factions libyenne n’est trouvé.

Source : Zone Militaire

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