Grand succès outre-mer, le service militaire adapté - SMA - est importé en métropole sous la forme du SMV.

Le SMV, une expérimentation très modeste

Des promesses déjà revues à la baisse

L'ambition, toute louable qu'elle fut, était déjà fort modeste : un service militaire volontaire (SMV) pour 2000 jeunes dès l'année prochaine. C'était encore trop. Moins d'un mois plus tard, la promesse, faite le 27 avril 2015 par le président de la République lors d'un déplacement à Alençon (Orne), a déjà été revue à la baisse. Le projet de loi adopté mercredi 20 mai 2015 en conseil des ministres ne parle plus que d'un «maximum de 1000». Deux fois moins...

Qu'importe puisque le mot magique de «service militaire» est prononcé ! Dans l'émotion des attentats de janvier, chacun y était allé de sa proposition d'un retour à une forme de service national ou universel, à la fois creuset de l'identité républicaine et gilet de sauvetage pour les jeunes en échec scolaire.

Vers une renaissance du service militaire volontaire ?

Voici donc le service militaire volontaire, sous forme d'une timide «expérimentation» au cours des deux prochaines années. En 2015, à peine 300 jeunes pourront se porter volontaire à un dispositif conçu pour «favoriser l'insertion professionnelle». Trois centres seront ouverts sur des sites militaires : à Montigny-lès-Metz (Moselle), à Brétigny (Essonne) et dans une ville du sud de la France. L'ouverture de quatre autres centres en 2016 a été promise par le chef de l'Etat.

Ce SMV s'adresse à des jeunes Français de 17 à 26 ans, pour une durée de six à douze mois. Ils y serviront sous statut militaire et seront encadrés par des personnels de l'armée de terre. Pour un millier de jeunes, il est prévu pas moins de 250 cadres militaires. Les jeunes toucheront une solde mensuelle de 340 euros et bénéficieront des avantages liés à l'état militaire, comme le quart de place à la SNCF ou un hébergement gratuit en caserne.

Ce système est un décalque de celui en vigueur outre-mer, où il fonctionne depuis 1961 sous le nom de service militaire adapté. Ce SMA est un succès qui a permis à des générations de jeunes en situation précaire de se trouver du travail. L'an dernier, 5670 jeunes ultra-marins, dont un quart de filles, y ont participé. Si l'on rapporte ce chiffre à celui de la population d'outre-mer, il faudrait créer plus de 120.000 places de SMV en métropole ! On n'y est pas.

Il faut résoudre le problème du financement

Avec cette expérimentation, «nous allons voir si cela marche, si c'est attractif», explique-t-on au ministère de la Défense, et surtout «si c'est soutenable financièrement». Pour l'heure, seul le ministère va mettre la main à la poche à hauteur de 35 millions. Il espère mobiliser des financements régionaux et européens, comme c'est le cas outre-mer. Après une formation militaire élémentaire, ce SMV proposera des formations professionnelles, si possible en partenariat avec des entreprises. Trois domaines sont explorés : l'hôtellerie-restauration, la sécurité et le BTP.

Ce n'est pas la première fois que le ministère de la Défense lance un tel projet. En 2005, déjà, il avait mis en place les Etablissements publics d'insertion de la Défense (Epide). Lors de leur création, le gouvernement évoquait la perspective de 50.000 jeunes concernés. Dix ans plus tard, on est à 3500 par an dans 17 centres. Ceux-ci relèvent des ministères de l'Emploi et de la Ville, et n'ont plus de Défense que le nom.

Autre formule, celle du service civique, qui n'a absolument rien de militaire. Il concerne plus de 35.000 jeunes volontaires, mais dont moins d'un quart est issu des quartiers difficiles. Le nombre de place devrait être porté à 150.000, a promis François Hollande.

Plus que le SMV, c'est l'armée qui fournira finalement le plus d'opportunités aux jeunes. Avec le maintien de 18.750 postes qui devaient être supprimés et la montée en puissance de la Force opérationnelle terrestre (+11.000 hommes) pour la sécurité intérieure, la seule armée de terre va recruter pas moins de 12.000 jeunes cette année et autant l'année prochaine. Son chef d'état-major, le général Bosser, se réjouit d'être «le premier recruteur de France».

Pour être sûr de faire le plein, il propose même aux anciens engagés qui ont quitté l'armée depuis peu de revenir frapper à la porte de leur garnison.

Source : Jean Dominique Merchet- Secret Defense

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