Depuis toujours, les hommes sont confrontés à des attaques d’animaux sauvages, mais, par son ampleur, cette affaire défraya la chronique jusqu’au Royaume-Uni, en Suisse et en Allemagne. Et, depuis lors, elle n’a cessé de passionner historiens, écrivains et cinéastes.

En effet, ce sont quelque 230 agressions, dont au moins 120 s’avérèrent mortelles, qui furent recensées en seulement trois ans — entre juin 1764 et juin 1767 — dans le pays de Gévaudan (Lozère), dans le Velay (Haute-Loire), en Haute-Auvergne (Cantal), dans le Vivarais (Ardèche) et le Rouergue (Aveyron). Des agressions visant surtout des enfants ou de très jeunes gens.

Autres singularités : l’aspect étrange de cette bête, décrite par de nombreux témoins l’ayant aperçue de près comme un grand loup au pelage roux avec une raie noire tout le long du dos, mais dotée d’une tête énorme et allongée, très différente de celle du loup, et d’une queue plus longue ; son caractère insaisissable, déroutant les chasseurs les plus expérimentés ; sa familiarité avec l’homme, qu’elle ne semble pas craindre — contrairement au loup ; sa propension à narguer ses proies avant de se jeter sur elles.

Le 21 septembre 1765, un très grand loup est tué par François Antoine, lieutenant des chasses de Louis XV. Pour lui, en dépit du scepticisme des paysans et des objections du célèbre louvetier Martin Denneval, ce grand loup et la bête ne faisaient qu’un. « Il y a autre chose », insiste Denneval.

De fait, les meurtres reprennent en février 1766. Un second animal est abattu, le 19 juin 1767, par le laboureur et cabaretier Jean Chastel. Cette fois, son cadavre est reconnu comme étant celui de la bête et les agressions cesseront définitivement.

Selon Michel Louis, qui lui a consacré un ouvrage peut-être définitif (Perrin, 2000), cette bête, sans doute issue du croisement d’un gros chien et d’un fauve, aurait été ramenée d’Afrique du Nord et dressée à ne tuer que des êtres humains par l’un des fils Chastel, Jean-Antoine — aventurier devenu garde-chasse —, pour assouvir une terrible vengeance.

Source : Christian Brosio - Valeurs Actuelles


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