Eugène Weidmann est resté dans la mémoire collective des Français comme le dernier condamné à mort à avoir été guillotiné en public, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Mais son histoire, auréolée de mystères et qui fit alors grand bruit, a été, depuis, largement oubliée. Tout commence le 8 décembre 1937 avec l’arrestation mouvementée, dans une petite villa de la rue Pigault-Lebrun à La Celle-Saint-Cloud, d’un Allemand de 29 ans, Eugène Weidmann, arrivé en France six mois plus tôt “pour affaires”.

Grand, brun, élégant, visage de jeune premier, il ne tarde pas à avouer six assassinats.

Ses victimes ? Une jeune danseuse américaine en villégiature à Paris ; un chauffeur de taxi ; un imprésario ; un compatriote juif communiste ; une jeune gouvernante ; enfin, un agent immobilier. Ses mobiles ? Certainement pas l’argent : la somme dérobée sur chacune de ses proies est dérisoire.

A-t-il agi seul ? L’enquête de police, puis l’instruction conduisent à se demander qui était vraiment Eugène Weidmann. Condamné en 1932, en Allemagne, à cinq ans de prison pour une attaque à main armée, libéré le 2 décembre 1936, celui-ci a été, alors, interrogé quatre jours durant par la Gestapo, la police politique du nouveau régime hitlérien. Sept mois plus tard, il arrivait à Paris.

Était-il un agent nazi, chargé d’infiltrer les exilés allemands ? Était-il un agent du Komintern ? Il avait des relations parmi les communistes clandestins de son pays et, à peine arrivé en France, il était entré en contact avec deux de ses compatriotes trotskistes — qui déclareront qu’il était chargé de les éliminer.

Ses crimes semblent pourtant n’avoir aucun rapport avec ces activités supposées. Son procès, en mars 1939, devant les assises de Versailles, attira le Tout-Paris. Weidmann accueillit la sentence de mort avec un « indéfinissable sourire ». Son exécution, à l’aube du 17 juin 1939, fut un événement mondain — des femmes en tenue de soirée rôdèrent toute la nuit autour de la guillotine —, qui donna lieu à de tels débordements que, huit jours plus tard, Édouard Daladier signait un décret-loi interdisant les exécutions capitales en public. 

Source : Christian Brosio - Valeurs Actuelles


CGU : Nous utilisons des cookies pour améliorer le fonctionnement, le contenu et la sécurité de notre site. En visitant notre site, et tout particulièrement avant de poster un commentaire, vous reconnaissez avoir lu et accepté nos Conditions Générales d'Utilisation. Merci.

* * *